17.07.1921:01

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 17 juillet 2019

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Sur la rencontre du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec Tatiana Valovaïa, Directrice générale de l'Office des Nations Unies à Genève

 

Lundi 22 juillet, à Moscou, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec Tatiana Volovaïa, nommée récemment Directrice générale de l'Office de l'Onu à Genève, ainsi qu'avec les dirigeants du Centre d'information de l'Onu et des bureaux russes des organisations internationales ayant leur siège à Genève.

Il est prévu d'évoquer un large éventail de questions politiques, sociales et économiques débattues sur la plateforme de l'Onu à Genève, ainsi que les perspectives de renforcement de l'efficacité de la coopération dans le cadre des organisations internationales mentionnées.

La nomination de Tatiana Volovaïa à ce poste à responsabilités constitue une reconnaissance de ses qualités professionnelles et personnelles, de ses mérites en tant que membre du Collège (Ministre) de la Commission économique eurasiatique, et de sa contribution au développement des ensembles d'intégration dans le cadre de la résolution de problèmes économiques au niveau national et de la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030. Grâce à ses initiatives, la Commission a été la première, parmi ses analogues, à présenter son rapport concernant la réalisation des Objectifs de développement durable au cours du Forum politique pour le développement durable de 2017.   

Nous comptons sur un renforcement de la contribution de Genève dans le développement de la coopération globale, le maintien de son rôle important en tant que plateforme dépolitisée de résolution et d'examen des problèmes internationaux, dans le développement de la coopération dans différents secteurs sans porter préjudice à des personnes, des pays ou des groupes de personnes isolés.

 

Sur la future visite en Fédération de Russie de Lamberto Zannier, Haut-Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales

 

Lamberto Zannier, Haut-Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales, se rendra en Fédération de Russie du 22 au 26 juillet.

Le programme de son séjour en Russie prévoit des rencontre au niveau des organes du pouvoir fédéral à Moscou, notamment avec les dirigeants de la Douma de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie et de l'Agence fédérale pour les questions de nationalités.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov accueillera Lamberto Zannier le 23 juillet. Ils devraient évoquer, entre autres questions, l'aggravation de la situation des russophones en Ukraine et dans les pays baltes.

Le Haut-Commissaire devrait également se rendre à Kazan (du 24 au 25 juillet) afin de s'entretenir avec le Président de la République du Tatarstan Roustam Minnikhanov et plusieurs autres chefs de ministères et d'institutions.

 

Sur le déplacement du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Amérique latine

 

La tournée du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Amérique latine se déroulera du 23 au 27 juillet. Il se rendra en visite officielle à Cuba (du 23 au 24 juillet) et au Suriname (du 26 au 27 juillet), et prendra part également à la réunion des chefs de diplomatie des BRICS qui se déroulera au Brésil du 25 au 26 juillet.

Le 24 juillet, Sergueï Lavrov s'entretiendra à La Havane avec son homologue cubain Bruno Rodríguez Parrilla pour évoquer les questions-clés de l'agenda bilatéral, international et régional. Il devrait également rencontrer plusieurs représentants du pouvoir cubain.

Du 25 au 26 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra au Brésil pour prendre part à la rencontre des chefs de diplomatie des BRICS.

La réunion de Rio de Janeiro permettra d'évoquer les problèmes mondiaux et régionaux, le maintien de la paix et de la sécurité, ainsi que le règlement des conflits internationaux les plus aigus. Elle mettra l'accent sur la concertation des approches des pays des BRICS sur les principales plateformes internationales, l'intensification des efforts conjoints dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé transnational, ainsi que sur la garantie de la sécurité de l'information internationale.   

Les ministres examineront la coopération stratégique au sein des BRICS dans trois domaines-clés - politique, économie et social - et débattront des préparatifs du XIe sommet de l'organisation qui se déroulera les 13 et 14 novembre à Brasilia.

Le 26 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec son homologue brésilien Ernesto Henrique Fraga Araújo en marge de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des BRICS à Rio de Janeiro. Ils examineront en détail la coopération russo-brésilienne menée dans le cadre du partenariat stratégique, notamment dans le domaine commercial, économique, d'investissement, scientifique, technique, etc. Ils accorderont une attention spéciale aux problèmes régionaux, ainsi qu'aux perspectives de la coopération sur les principales plateformes internationales telles que l'Onu, les BRICS ou le G20.

Le 27 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra à Paramaribo avec la Ministre des Affaires étrangères du Suriname Yldiz Pollack-Beighle. Ils analyseront les perspectives de développement des relations bilatérales dans différents domaines. Sergueï Lavrov devrait également participer à une rencontre protocolaire avec le Président du Suriname Desi Bouterse.

Ces futurs contacts témoignent du renforcement progressif de la coopération entre la Russie et ses partenaires en Amérique latine et dans les Caraïbes.   

 

Sur la rencontre du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec María Fernanda Espinosa Garcés, Présidente de la 73e session de l'Assemblée générale de l'Onu

 

María Fernanda Espinosa Garcés, Présidente de la 73e session de l'Assemblée générale de l'Onu, s'entretiendra le 29 juillet avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans le cadre de sa visite à Moscou.

Ils envisagent d'évoquer les principales questions politiques, sociales et économiques à l'ordre du jour de ce principal organe consultatif des Nations unies, notamment la réforme du Conseil de sécurité de l'Onu, l'intensification du travail de l'Assemblée générale, le changement climatique et la mise en œuvre du Programme de développement durable à l'horizon 2030.

Moscou apprécie grandement le travail de María Fernanda Espinosa Garcés au poste de Présidente de la 73e session de l'Assemblée générale de l'Onu. Nous constatons ses efforts actifs orientés vers le renforcement de l'ordre mondial multipolaire, la recherche de réponses collectives aux défis et aux menaces contemporaines, et l'établissement d'une coopération constructive à l'Assemblée générale.

 

Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Royaume de Thaïlande

 

Les 30 et 31 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov effectuera une visite de travail à Bangkok, où il s'entretiendra avec son homologue thaïlandais Don Pramudwinai. Ils évoqueront en détail l'état et les perspectives de l'élargissement de la coopération bilatérale dans le domaine politique, économique et social en mettant l'accent sur les accords au sommet. Les deux ministres vérifieront également leurs approches des problèmes régionaux et internationaux d'actualité.

 

Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle Russie-ASEAN

 

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prendra part à une nouvelle réunion avec ses homologues de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) le 31 juillet à Bangkok. Il s'agira de la première rencontre dans ce format après le sommet Russie-ASEAN en novembre 2018 à Singapour, qui avait fait passer les relations entre Moscou et cette association régionale à un niveau de partenariat stratégique. A cette occasion, les chefs de diplomatie se focaliseront sur la mise en œuvre des décisions adoptées au sommet.

Nos efforts viseront la promotion des intérêts à long terme de la Russie dans la région Asie-Pacifique, le renforcement de sa coopération avec l'Association, notamment sur les plateformes associées telles que le Sommet d'Asie de l'Est ou le Forum régional de l'ASEAN sur la sécurité, ainsi que la création dans la région de relations interétatiques équilibrées, équitables et conformes aux réalités contemporaines. 

Il est également prévu d'analyser les mesures adoptées par les parties dans le domaine politique, commercial, économique, socioculturel et humain, ainsi que de concerter les initiatives visant à élargir davantage notre coopération. Parmi les priorités communes, il faut notamment citer l'approfondissement de la coopération sur les principaux problèmes internationaux et régionaux, l'intensification des efforts conjoints dans la lutte contre les nouveaux défis et menaces, notamment le terrorisme, et la préservation d'une utilisation sécurisée des technologies de l'information et de la communication.

Sur le plan pratique, nous mettrons l'accent sur la coopération dans les domaines des hautes technologies et des innovations, et attirerons l'attention de nos partenaires d'ASEAN sur nos acquis dans le secteur de l'économie numérique, de l'énergie et du perfectionnement de l'infrastructure.

Dans le contexte de la mise en œuvre de l'initiative du Président russe Vladimir Poutine de formation d'un Grand Partenariat eurasiatique, nous évoquerons le développement des liens de l'ASEAN avec l'UEEA et l'OCS compte tenu de la similitude des idées fondatrices et des principes de fonctionnement des trois organisations.

 

Sur l'entrée en vigueur de la loi "Sur la garantie du fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue nationale" en Ukraine

 

On se souviendra de la journée d'hier, le 16 juillet, comme d'une triste date de l'histoire de l'Ukraine contemporaine.

La loi discriminatoire "Sur la garantie de fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue nationale" est entrée en vigueur sur le territoire du pays. Il ne s'agit pas de son titre officiel, mais de son sens. Elle légalise dans les faits l'ukraïnisation forcée de la société multiethnique du pays, dont la majorité écrasante préfère utiliser le russe au quotidien.

J'ai suivi hier les débats et les propos des politiciens ukrainiens. Franchement, je ne sais pas comment il faut considérer Pavel Klimkine: comme un ancien ministre, un ministre actuel, un politicien… Je ne m'oriente pas assez bien dans les réalités politiques ukrainiennes en ce qui concerne les postes et les mandats des responsables dans ce pays. C'est pourquoi je vais l'appeler tout simplement Pavel Klimkine. En commentant de manière sarcastique les propos des représentants des structures internationales spécialisées et des associations civiles, Pavel Klimkine a dit: "Qu'ils viennent à Kiev, se promènent dans les rues de différentes villes ukrainiennes, écoutent quelle langue est utilisée par la population". D'après Pavel Klimkine, la population parle russe. Ce fait n'a jamais suscité aucun doute. Mais la loi ne dit rien de cette situation, voire affirme l'inverse. Quant à nous, nous savons bien dans quelle langue on parle et on réfléchit en Ukraine.

Par ailleurs, les responsables internationaux qui espéraient porter des corrections à cette loi et la mettre en conformité avec la réalité doivent dû être déçus par cette décision, selon moi. Nous avons en effet constaté toute une vague de critiques adressées à Kiev par ceux qui sont mandatés pour surveiller le respect des engagements pris par les États.

Selon la loi, l'ukrainien doit désormais devenir obligatoire dans tous les domaines de l'activité quotidienne de l'État: les organes de pouvoir (centraux ou locaux), la santé publique, la culture, l'éducation, les médias, ou encore les services collectifs et de logement. Hier, la blogosphère y a consacré à mon avis beaucoup d'attention et de temps. Comment peut-on considérer les russophones ukrainiens comme une minorité? C'est une absurdité. L'utilisation des langues des minorités est désormais limitée à la communication quotidienne et aux rites religieux. La loi introduit un système de punition absolument impensable au XXIe siècle, prévoyant notamment de grandes amendes administratives en cas de violation.

L'adoption de la loi a constitué une violation des droits de l'homme et de la Constitution, n'a pas pris en considération l'opinion des citoyens ukrainiens et des experts du droit international. Qui plus est, la politique d'ukraïnisation totale contredit l'ensemble de mesures pour la mise en œuvre des Accords de Minsk établi par la résolution 2202 du Conseil de sécurité de l'Onu et stipulant le droit des habitants du Donbass à l'autodétermination linguistique. Je voudrais rappeler que c'est la question linguistique qui a joué le rôle de catalyseur de la crise intérieure à l'est de l'Ukraine. L'entrée en vigueur de la loi sur la langue nationale éloignera encore les perspectives du règlement pacifique dans le Donbass et pourrait se solder par une aggravation future de la situation dans la région.      

Dans ce contexte, nous jugeons nécessaire d'attirer l'attention sur cette violation scandaleuse des Accords de Minsk par l'Ukraine. Le 16 juillet, le Conseil de sécurité de l'Onu a organisé - à l'initiative russe - une réunion à l'occasion de l'entrée en vigueur de la loi susmentionnée. 

Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, a reconnu au cours de la réunion la nécessité d'un respect absolu des particularités nationales, culturelles et linguistiques de tous les groupes de la population ukrainienne, alors que Lamberto Zannier, Haut-Commissaire de l'OSCE pour les minorités nationales, a appelé Kiev à prendre en considération l'opinion des minorités ethniques lors de l'élaboration des textes de ce type.

Je cite des articles de conventions internationales et les propos des responsables internationaux concernant les minorités nationales. Je voudrais répéter que je ne comprends absolument pas comment on peut considérer les gens qui parlent russe, pensent en russe et utilisent principalement cette langue dans leur vie quotidienne comme une minorité en Ukraine.

Un autre événement qui a attiré notre attention hier a été la décision de la Cour constitutionnelle ukrainienne de déclarer conforme à la Constitution la loi odieuse "Sur l'éducation" qui avait suscité un rejet non seulement dans le pays, mais aussi à l'étranger. Il est regrettable que l'organe destiné non seulement à surveiller la situation, mais aussi à lutter pour le respect de la Constitution, se laisse influencer par la conjoncture politique.

La Président ukrainien Vladimir Zelenski a promis au cours de la campagne électorale d'accorder une attention spéciale à la question linguistique en Ukraine, qui suscite toujours des débats acharnés. Il s'agit d'un choix fatidique pour l'Ukraine. Mais nous constatons toujours des signaux contradictoires émanant de Kiev. Il n'existe visiblement pas de position unifiée à ce sujet. 

Un signe des divergences persistantes au sein du milieu politique ukrainien réside dans le projet de loi sur l'annulation de la loi "Sur la garantie du fonctionnement de la langue ukrainienne en tant que langue nationale", présenté hier à la Rada. On dit que ces divergences et ces agitations témoignent de la liberté de pensée, du caractère démocratique de l'Ukraine et de la formation d'un nouvel État ukrainien. Personnellement, je pense qu'il s'agit plutôt de l'inverse: du chaos dans le pays et de l'absence de consensus national, voire même de tentatives d'élaborer ce dernier.

Je pense que l'objectif de n'importe quel pouvoir n'est pas de diviser mais de consolider la société, notamment dans le contexte du conflit intérieur qui persiste depuis des années. Nous suivrons les développements de la situation et attirerons l'attention de l'opinion publique mondiale sur les violations des droits linguistiques en Ukraine.

 

Sur la situation autour du Venezuela

 

Nous soutenons totalement l'attitude des représentants du Gouvernement et de l'opposition concernant la poursuite des négociations directes afin de parvenir au règlement intérieur de la crise vénézuélienne. Les informations actuelles sur la nouvelle étape de dialogue à la Barbade, avec la médiation de la Norvège, suscitent un optimisme modéré. Il s'agit évidemment d'un processus assez lent qui a sa dynamique propre. Nous espérons que les parties s'abstiendront de tout échange de prétentions politiques. Nous voulons vraiment espérer qu'elles se focaliseront, lors des négociations, sur un examen constructif des moyens mutuellement avantageux de faire revenir le Venezuela sur la voie du développement stable.

Dans le contexte actuel, alors que nous constatons presque chaque jour des violations flagrantes du droit international à l'encontre du Venezuela (des sanctions, une ingérence directe dans les affaires intérieures, une agression ouverte), il est nécessaire de suivre le principe-clé de l'éthique médicale: ne pas nuire. Cette règle concerne toute les autres initiatives internationales visant à aider le peuple vénézuélien. Leurs auteurs doivent se demander si des efforts supplémentaires pourraient nuire au "format norvégien" qui fonctionne actuellement. Dans le cas contraire, il s'agit de tentatives de suivre un autre principe qui est tout sauf humaniste: diviser pour régner. Il faut absolument l'éviter. L'utilisation du deuxième principe par certaines forces politiques est la seule explication possible aux démarches de certains acteurs, qui incitent les militaires vénézuéliens à rompre leur serment. C'est la seule explication à l'aggravation des sanctions unilatérales qui frappent les couches les plus vulnérables de la population, à la volonté d'"échanger" le traitement des enfants souffrant du cancer contre certaines concessions politiques de la part des autorités vénézuéliennes légitimes. Cette approche est tout sauf responsable.        

Dans ce contexte, nous voudrions appeler encore une fois les acteurs internationaux et régionaux réellement intéressés par une amélioration de la situation au Venezuela à suivre les appels des médiateurs norvégiens et à faire preuve de retenue dans leurs propos et leurs actions, afin de ne pas perturber les négociations dont les contours sont seulement en train d'être définis.

La Russie envisage d'agir exactement de cette manière.

 

Sur les mercenaires américains en Syrie

 

Selon les dernières informations, le commandement des forces armées des États-Unis augmente - en raison de la réduction planifiée de son contingent en Syrie - le nombre des employés des société militaires privées (SMP) au Nord et au Nord-est du pays.

Selon certaines estimations, les effectifs des SMP américaines en Syrie dépassent déjà 4 000 personnes. 540 militaires, notamment 70 officiers et instructeurs, se seraient rendus dans le pays seulement dans la deuxième moitié du mois de juillet.

Les mercenaires sont transportés par groupes de 12 à 16 personnes en convois automobiles.

Les objectifs principaux des SMP sont de former des groupes armés loyaux à Washington, de protéger les sites d'infrastructure pétrogazière et de maintenir la sécurité.

Ce sujet n'aurait mérité une mention spéciale s'il n'y avait une caractéristique notable: les activités des SMP sont gérées par le Commandement central des forces armées des États-Unis.

Tout le monde est au courant des "exploits" des employés des SMP américaines, par exemple en Irak. Ce sont des exemples récents. On doute que la structure du travail de ces "soldats de fortune" américains ait considérablement changé depuis.

Un élément encore plus odieux de la situation est que les mercenaires américains se trouveront sur le territoire syrien de manière illégale, en violation de toutes les normes et règles internationales.

 

Sur la conférence de presse russo-syrienne "Qui utilise l'arme chimique en Syrie?" à la Haye le 12 juillet 2019

 

En ce qui concerne la Syrie, je voudrais revenir aux événements de la fin de la semaine dernière.

La Haye a accueilli le 12 juillet une conférence de presse importante sur le thème "Qui utilise l'arme chimique en Syrie?" Elle était présentée par Alexandre Choulguine, Représentant permanent de la Russie auprès de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques et modérateur de cet événement, Bassam Sabbagh, Représentant permanent de la Syrie auprès de l'OIAC, Sergueï Kikot, commandant adjoint des Forces de protection radiologique, chimique et biologique, et Maxim Grigoriev, directeur de la Fondation d'étude des problèmes de la démocratie.   

Malgré le fait que les États-Unis et leurs alliés avaient interdit aux représentants de l'UE et de l'Otan d'assister à cet événement (quand nous parlons de démocratie), ce dernier a réuni environ 100 personnes, notamment des journalistes des principales agences de presse occidentales - de Reuters (Royaume-Uni), de l'AFP (France) - et d'autres médias de toute l'Europe et du monde.

Je ne vais pas répéter le contenu de cette conférence de presse, car son texte est accessible en russe et en anglais sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères, ainsi que sur nos pages sur les réseaux sociaux. Sa version vidéo est également disponible pour ceux qui préfèrent les informations audiovisuelles. 

Je voudrais attirer votre attention sur les faits. Ces derniers temps, on tente malheureusement de nous persuader de l'existence d'un univers parallèle, ce que beaucoup d'Occidentaux acceptent. On nous tente de persuader que, dans cette réalité parallèle, la notion de "très probable" constitue un argument imparable. C'est tout simplement surréaliste. L'existence ou l'absence de preuves ne sont plus vraiment importants. La position "nous pensons qu'il est très probable" est actuellement assimilée à la vérité. La conférence de presse de la Haye a cependant montré que l'information pouvait toujours être objective. Vous ne trouverez dans cette conférence de presse pratiquement aucun jugement de valeur mais des témoignages, des faits et des questions pratiques (rhétoriques dans la plupart des cas) nécessitant, selon nous, des réponses. Nous estimons qu'il est nécessaire de répondre à ces dernières pour que la communauté internationale comprenne dans quelle réalité elle se trouve. 

Il existe un rapport de la Mission d'établissement des faits de l'OIAC sur l'incident dans la ville syrienne de Douma en avril 2018, qui présente des données. Il existe également des faits témoignant d'inexactitudes ou de divergences, voire de falsifications. Rien de personnel, comme on dit. Nous constatons tout simplement les faits et posons les questions. 

Je voudrais remarquer encore une fois que la Russie, soutenue par plusieurs autres délégations, a proposé - afin d'éclaircir la situation sur les événements survenus dans la ville de Douma et d'obtenir des réponses exhaustives - d'organiser dans le cadre de la prochaine 91e session du Conseil exécutif de l'OIAC une large conférence de presse réunissant tous les experts de la Mission de l'OIAC ayant participé à la rédaction du rapport. Nous nous sommes cependant heurtés à un refus. Le Secrétariat technique de l'OIAC s'est référé au vote pendant la session de mars du Conseil technique, lors de laquelle les États-Unis et leurs alliés avaient empêché de débattre concrètement du rapport.

Je vais vous citer les thèses évoquées concernant le travail de l'OIAC et les faits dont disposent la Russie et la Syrie et que nous voudrions vous présenter, en soulignant encore une fois leur importance. Nous souhaiterions que l'OIAC les prenne également en considération et, surtout, lance sur leur base un travail pratique.

- Souhaitant saboter l'enquête menée par la Mission de l'OIAC à Douma, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé des frappes aériennes et de missile massives sur le territoire syrien quelques heures avant l'arrivée des experts de l'OIAC à Damas. Ils ont ainsi montré leur attitude réelle envers l'organisation. Ils affirment en paroles leur attachement au désarmement chimique et se prononcent officiellement pour le renforcement du rôle de l'OIAC, mais ignorent en réalité l'organisation ou tentent de la manipuler (ou les deux à la fois). La Syrie et les militaires russes ont créé les conditions les plus favorables pour le travail des représentants de l'OIAC et ont assuré leur sécurité physique.     

- Le rapport de 100 pages n'a même pas mentionné la conférence de presse qui s'était déroulée en 2018 au siège de l'OIAC et avait réuni 11 Syriens qui avaient été contre leur gré figurants de la vidéo bien connue des Casques blancs, et avaient dévoilé qu'il s'agissait d'une mise en scène et d'une provocation. Cela témoigne des méthodes vicieuses de travail de la Mission qui préfère les contacts avec les représentants des ONG, malgré leur coopération étroite avec des bandes et des groupes terroristes, et ignore en même temps les informations vérifiées des sources syriennes officielles et des témoins qui étaient prêts à parler ouvertement. Autrement dit, le travail de l'OIAC prend en considération des rapports et des vidéos mis en scène, tout en ignorant les témoignages de ceux qui étaient sur les lieux et peuvent non seulement parler des événements, mais aussi répondre à des questions supplémentaires. 

- Les conclusions du rapport officiel de la Mission ont été démenties par un rapport publié par l'expert australien Ian Henderson, membre de la Mission. Le rapport de la Mission indique que deux ballons de chlore retrouvés sur les lieux ont été jetés depuis une altitude importante, ce qui présume automatiquement la responsabilité des forces syriennes qui utilisent l'aviation. Le rapport de Ian Henderson, qui a participé à la partie technique de l'enquête, indique cependant que les deux ballons "auraient pu être placés sur les deux lieux manuellement et pas à l'aide d'un aéronef". Comme Douma se trouvait entre les mains des combattants le 7 avril, ils étaient évidemment la seule force capable d'y transporter ces ballons. 

- L'interrogation des témoins a fait l'objet d'une approche sélective: seulement 7 des 33 témoins ont été interrogés en Syrie, alors que le lien des 26 personnes questionnées hors du pays avec cet incident est infondé et douteux. Le rapport a exclu toutes les informations sur les groupes terroristes ayant accès aux substances toxiques et a ignoré les liens des Casques blancs avec le Front al-Nosra et d'autres groupes terroristes.

- Les preuves des experts russes confirmant le fait que les ballons de chlore avaient été manuellement placés et n'avaient pas été jetés depuis un aéronef, ont été transmises par la Russie au Directeur de l'OIAC et au Secrétariat technique de l'Organisation.

- Sur la base des interviews et des sondages menés par des volontaires syriens après de 300 habitants de Douma (enquête de Maxim Grigoriev) on peut conclure que les habitants qui se trouvaient chez eux le jour et la nuit de l'attaque présumée (ce sont des personnes vivantes qui ont un nom, une adresse, des papiers, et qui sont prêtes à parler de ce qu'elles ont vu et vécu, mais personne ne veut les écouter), n'ont pas été touchés et n'ont remarqué aucune attaque chimique. Parmi les corps montrés dans la vidéo utilisée par le rapport de la Mission, il n'y avait aucun habitant de cet immeuble, voire de tout le quartier. Est-ce réaliste? Ces données sont sans équivoque: les corps ont été apportés de l'extérieur afin d'organiser la falsification, et que l'incident du 7 avril 2018 était une mise en scène.  

- Des témoignages indiquent que des combattants sont arrivés avec les Casques blancs, ont apporté des corps et, en menaçant les habitants avec leurs armes, ont chassé les uns dans la rue ou bloqué les autres dans leurs appartements. Ils ont ensuite réalisé le tournage et ont sorti les corps dans la rue. Selon les témoins, les corps ont été apportés depuis la prison d'al-Toba, où étaient détenus les prisonniers des combattants, notamment des femmes et des enfants, et les personnes présentées dans la vidéo ont été spécialement tuées pour cette falsification. Maxim Grigoriev a notamment présenté le témoignage d'un syrien qui avait reconnu son frère, tué par des tirs d'artillerie et utilisé par les Casques blancs comme "victime" de l'attaque chimique.

- Les autorités syriennes n'ont pas refusé de fournir aux membres de la Mission un accès aux tombes pour exhumer les dépouilles. Il s'agissait tout simplement de respecter les traditions des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord. Ce sont les Casques blancs qui ont brûlé les corps avant l'arrivée des autorités syriennes dans cette région. Comme nous le savons, la situation a été plus tard présentée de la manière inverse: les falsificateurs se sont transformés en source des informations, alors que les sources réelles ont été accusées de désinformation.

Cette situation compliquée au sein de l'OIAC résulte des tentatives des États-Unis de substituer leurs propres "règles" au droit international. Sous la pression des Américains et de leurs alliés, on confère à l'Organisation des fonctions qui ne lui reviennent pas pour la désignation des responsables de l'utilisation des armes chimiques, ce qui contredit la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et contourne les prérogatives du Conseil de sécurité de l'Onu. Tous ces faits ont été pointés et prouvés, notamment au cours de la conférence de presse susmentionnée.   

Les Américains imposent leurs règles à la Mission et les utilisent à leurs propres fins. D'abord, ils ont exigé que tout le monde reconnaisse toutes les conclusions de la Mission, composée des "meilleurs professionnels" comme on nous l'affirmait. Ensuite, quand l'opinion de ces derniers a cessé de coïncider avec celle des États-Unis, les Américains ont appelé à faire confiance à certains experts extérieurs au lieu de la Mission. Mais de quels experts s'agit-il? Quel est leur niveau d'expertise? Pouvons-nous leur faire confiance? Dans tous les cas, nous voudrions en savoir plus sur eux.  

Même si l'on nous a assuré de la fiabilité des experts, on n'a divulgué sur eux aucune information, y compris leurs noms. Selon nos données, l'un de ces spécialistes est pourtant tout sauf un modèle d'objectivité et d'honnêteté. Il n'existe évidemment aucune explication satisfaisante au fait qu'il est "impossible" de présenter ces experts à la structure internationale, aux pays membres, aux délégations et aux professionnels, de mener un dialogue normal entre les spécialistes, de poser des questions.

On justifie tout cela par des raisons de sécurité. Est-il dangereux pour les experts de s'exprimer à la Haye? En réalité, on refuse de les présenter, car les questions qu'on leur adresserait concerneraient également les Américains. Et leurs réponses ne coïncideraient certainement pas avec les conclusions qu'on nous impose. 

En tirant des parallèles entre la situation actuelle et l'incident chimique de Khan-Cheikhoun, qui avait joué le rôle de prétexte formel pour une frappe aérienne américaine contre la base aérienne d'al-Chaayrate, les participants à la conférence de presse ont souligné l'inadmissibilité de la répétition de tels actes punitifs organisés par les États-Unis et leurs alliés uniquement sur la base de provocations mises en scène par leurs protégés des Casques blancs. Ils ont également noté la nécessité urgente de réformer la Mission qui a de plus en plus souvent recours dans son travail à une altération consciente de la réalité et à l'évitement des faits. Les représentants russes ont appelé au respect absolu de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et de la réglementation interne de l'Organisation.    

Je vous recommande, je vous prie, encore une fois, avec insistance, d'accorder une attention spéciale à ce texte et à cette vidéo. Je ne peux pas citer tous les arguments et je ne veux pas le faire, car toutes les informations sont déjà disponibles sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. Il y a des vidéos, des interviews, des chiffres, des faits, des emplacements géographiques etc. Consultez tout cela attentivement encore une fois, s'il vous plaît. Je vous assure que vous y trouverez beaucoup d'informations intéressantes, si vous vous occupez en effet de ce problème.  

 

Sur la 41e session du Conseil des droits de l'homme de l'Onu

 

La 41e session du Conseil des droits de l'homme de l'Onu s'est déroulée du 24 juin au 12 juillet à Genève.

Elle a permis d'évoquer en détail un large éventail de questions d'actualité relatives à la défense des droits de l'homme au niveau international, notamment la lutte contre le racisme et la traite des êtres humains, les exécutions extrajudiciaires, l'indépendance des juges et des avocats, le respect de la liberté d'expression et des manifestations pacifiques, ou encore la protection des droits des immigrés et des personnes déplacées. Les participants ont également validé les résultats du passage de l'Examen périodique universel par 14 États membres de l'Onu. La session a adopté au total 26 résolutions consacrées à différents aspects de la défense des droits de l'homme.

La délégation de la Fédération de Russie a activement participé aux travaux de la session en promouvant auprès des partenaires étrangers la compréhension de l'importance de la dépolitisation de la défense des droits de l'homme et de l'inadmissibilité de son utilisation en tant que prétexte d'ingérence dans les affaires intérieures des États souverains, ainsi que de la nécessité d'établir un dialogue constructif et mutuellement avantageux dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l'homme.

 

Sur les propos concernant l'"ingérence russe" dans les élections en Argentine

 

Nous avons constaté les propos récents d'une parlementaire argentine particulièrement émotive, qui, à l'approche des élections générales en Argentine (le 27 octobre), a tenté d'accuser la Russie d'"ingérence" dans les affaires intérieures de ce pays par son soutien à un candidat d'opposition à la présidence.

Nous voudrions souligner clairement que l'Argentine est un partenaire stratégique et un pays ami de la Russie. Nos relations se développent sur le long terme et ne dépendent pas de la conjoncture, se caractérisent par une continuité qui témoigne du fait que le développement de liens bons et constructifs répond aux intérêts des principales forces politiques et des couches les plus larges de la société argentine.

Nos deux pays ont intérêt à renforcer leur coopération dans tous les domaines. Elle a sa propre valeur et ne se développe contre personne, en Argentine ou à l'extérieur.

Tout le monde ne l'apprécie visiblement pas. C'est pourquoi on constate régulièrement dans l'espace médiatique des fake news sur la prétendue "ingérence russe". Ces propos contiennent parfois des références directes aux sources gouvernementales à Washington.    

Tout cela est démodé. Je voudrais dire, notamment à certains politiciens argentins, que ce sont les tendances de l'année dernière. Il est aujourd'hui en vogue de coopérer avec la Russie. Si vous ne l'avez pas encore compris, je vous l'explique. Tout cela ne mériterait probablement pas de réaction s'il n'y avait deux éléments.

Premièrement. L'utilisation de la "carte russe" est malheureusement déjà devenue un outil des technologies politiques. Cette méthodologie s'est épuisée. Il faut éviter ces pièges, notamment s'ils viennent de l'étranger.

Deuxièmement. Nous avons noté avec satisfaction des réactions raisonnables à ces propos en Argentine, dans le camp du gouvernement et de l'opposition. L'absurdité de ces insinuations a presque immédiatement été soulignée. Nous ne pouvons que saluer ce bon sens. Si quelqu'un a besoin de garanties supplémentaires, nous sommes prêts à développer avec tous les pays, y compris avec l'Argentine, la coopération dans le domaine de la sécurité de l'information internationale, à promouvoir le partenariat multilatéral ou bilatéral. D'ailleurs, nous avons déjà établi une coopération assez efficace avec nos collègues argentins dans ce domaine. 

 

Sur les auditions au Congrès américain concernant la "lutte contre la propagande russe"

 

Notre attention a été retenue par les auditions à la Chambre des représentants du Congrès américain sur les efforts de l'administration de Donald Trump dans la lutte contre la "propagande et l'influence malveillante de la Russie".

Sont notamment intervenus Lea Gabrielle, directrice du Centre de coopération globale auprès du Département d'État, Jim Kulikowski, coordinateur du Département d'État dans le domaine de l'aide à l'Europe, à l'Eurasie et à l'Asie centrale, et John Lansing, directeur de l'Agence pour les médias globaux, qui ont activement dressé devant les congressistes le tableau de l'"ingérence globale de la Russie" dans les affaires des États-Unis et de leurs alliés.    

Ils ont affirmé, entre autres, que les "opérations du Kremlin" incluaient l'éventail de méthodes suivantes: le "sabotage" des élections, la désinformation, la corruption, le chantage et le financement d'"agents d'influence" prorusses. Bref, toute l'étendue des témoignages primaires des fous avec qui l'on évoque la manie de l'espionnage et tout ce qui s'y rapporte. Comme d'habitude, Russia Today et Sputnik ont été présentés comme les "outils" principaux de Moscou, alors que l’Église orthodoxe a été qualifiée d'élément-clé de son "soft power". Qui plus est, Lea Gabrielle a ouvertement accusé la Russie d'assassinats politiques et de tentatives de coups d'État visant à affaiblir le leadership global des États-Unis. On pourrait corriger un peu sa phrase: affaiblir le leadership global des États-Unis dans le domaine des assassinats politiques et des tentatives des coups d'État. Je pense qu'elle a tout simplement oublié de l'ajouter. On a également souligné que la Russie tentait d'ébranler l'unité transatlantique. Nous avons récemment été, contre notre gré, obligés de lire des lettres qui ne nous étaient pas destinées. Je ne l'aurais pas lue dans d'autres circonstances, mais la correspondance de l'Ambassadeur britannique avec le centre a été rendue publique. C'est pourquoi, s'il vous plaît, ne nous parlez pas de l'unité transatlantique ou des prétendues tentatives russes de l'ébranler. Si quelqu'un tente de l'ébranler, cherchez les coupables chez vous. Relisez la correspondance de l'Ambassadeur britannique avec Londres. Elle est très éloquente. Le rôle principal de la Russie est, comme toujours, de déstabiliser l'Occident en général, selon Lea Gabrielle. Il est très stable, et nous tentons de le déstabiliser.     

Il est donc peu étonnant que les représentants invités aux auditions ont affiché leur résolution de combattre l'"offensive russe" et ont appelé à élargir le financement des structures propagandistes liées au Département d'État américain. Autrement dit, ils avaient besoin de l'argent, mais n'avaient pas de prétexte. Ils ont donc décidé de s'en prendre à la Russie. Selon les informations disponibles, le Département d'État américain a octroyé à la "lutte contre l'influence russe" dans les pays d'Europe, d'Eurasie et d'Asie centrale 103 millions de dollars en 2017 et 54 millions de dollars en 2018. Ces fonds ont été utilisés pour pousser des médias "fakes" hors de l'espace médiatique international et les remplacer par de "bons" médias. Autrement dit, cet argent a servi à modifier l'espace médiatique. Les participants aux auditions ont naturellement exprimé leur volonté de voir des journalistes locaux loyaux à Washington prendre la direction de ces structures médiatiques. C'est également compréhensible.

Ils ont spécialement souligné le rôle des ambassades américaines en Ukraine, au Monténégro, en Bosnie-Herzégovine et dans d'autres États dans la préparation des structures publiques et de la société civile à "riposter aux attaques propagandistes de Moscou", et ont évoqué la nécessité de combattre la "désinformation du Kremlin à l'intérieur de la Russie". Ce sont les dernières actualités américaines. Les États-Unis sont aujourd'hui préoccupés par cela au lieu de développer une coopération normale et mutuellement avantageuse avec la Russie. On a même établi un projet visant à atteindre cet objectif: la promotion sur le territoire de la Russie et des pays voisins d'un média alternatif aux chaînes de télévision russes.      

Nous avons donc l'impression que l'injection d'une nouvelle dose de russophobie à l'establishment politique américain vise non seulement à atteindre des objectifs politiques intérieurs, mais aussi à assurer plus de financement budgétaire pour l'armée des structures propagandistes américaines qui ne cesse de croître. L'objectif est absolument clair: influencer le public à l'intérieur et l'extérieur du pays.  

 

Sur la Conférence mondiale sur la liberté de la presse à Londres

 

Je me dois de revenir sur la Conférence mondiale sur la liberté de la presse qui s'est déroulée à Londres. Nous avons déjà commenté la situation en conférence de presse et dans nos réponses à certains médias concernant l'événement des 10 et 11 juillet à Londres. Je rappelle que les organisateurs ont refusé à plusieurs médias, notamment Russia Today et Sputnik, l'accès à cet événement international consacré à la liberté de la presse, en motivant leur décision par "leur rôle actif dans la propagation de la désinformation". Nous avons laissé du temps à Londres pour se rétracter ou pour apporter des preuves confirmant ses allégations. Ni l'un ni l'autre n'a été fait. Nous avons enregistré cet acte absolument agressif dans le secteur médiatique, entrepris par Londres et plus précisément par le Foreign Office, comme un exemple classique de fake-attaque et de désinformation. Si vous accusez quelqu'un de quelque chose, vous devez apporter les preuves appropriées pour appuyer votre version. Si vous n'apportez aucune preuve, la discussion est close et c'est vous le désinformateur, pas les médias russes.

Comme nous l'avons déjà dit, les Britanniques se sont également opposés à la participation d'une délégation russe officielle à cet événement. Mes collègues avaient des choses à dire mais on ne les a pas laissés faire, c'est pourquoi c'est moi qui parlerai.

Faisons le bilan de la conférence. Nous le ferons pendant longtemps. Vous avez fait barrage, avez empêché de parler, n'avez pas donné la parole: récoltez les fruits.

Le simple fait que Londres a organisé cet événement a mis en lumière la lutte entre les États occidentaux pour la palme d'or dans le secteur médiatique international, plus simplement: celui qui défendra plus fort que les autres la liberté d'expression et le journalisme indépendant aura l'air bon. Une logique étrange. Mais nous constatons qu'une véritable bataille se déroule entre les pays occidentaux pour l'organisation d'activités de plus en plus vastes et pompeuses appelées à défendre la liberté d'expression, à la protéger contre les fakes et la désinformation. Maintenant, penchons-nous sur le contenu de cette activité. La pompe intentionnelle et la prétendue large représentation internationale des participants (en effet, les délégués étaient nombreux et le niveau était conséquent) résidaient en réalité dans le fait que les organisateurs de la conférence avaient profité de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du Commonwealth qui se déroulait dans les salles voisines. Ils ont simplement changé de salle pour assurer la présence. C'est la vérité.

Il est également facile de comprendre que cet événement a été organisé dans le cadre de la lutte politique intérieure du chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt pour le poste de leader du Parti conservateur, où il n'est pas en tête à l'heure actuelle. Bien sûr, c'était une plateforme pour la lutte politique intérieure. Tous les moyens étaient bons. Cet événement n'a rien à voir avec la coopération internationale dans le domaine des médias et de la protection de la liberté d'expression. Je vais le prouver faits en main.

Le leitmotiv des nombreuses décisions de la conférence était le slogan: protégeons les journalistes contre leurs propres gouvernements. Ainsi, le Ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt et la Ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland ont annoncé le lancement d'une nouvelle coalition pour la liberté des médias. Selon les organisateurs, il est également prévu de créer une sorte de "groupe-cible international" qui "aidera les gouvernements à remplir leurs engagements en matière de liberté des médias". De plus, il est prévu d'organiser des réunions annuelles en marge de l'Assemblée générale des Nations unies pour analyser le travail du groupe et élaborer des recommandations pour les pays où "les problèmes sont réglés le moins efficacement". On formera un "groupe de contact des pays adhérents" qui, selon l'idée des créateurs, devra prendre "à l'unisson" la défense de la liberté des médias dans tous les cas où cette liberté, selon lui, sera menacée. A cet égard, nous voudrions rappeler aux représentants britanniques et canadiens (qui étaient en coulisses et dirigeaient cette activité, avant d'en sortir pour la mener), qu'à l'heure actuelle il existe de nombreuses plateformes internationales spécialisées pour évoquer la sécurité et la protection des droits des journalistes, les problèmes de la liberté d'expression et de prise de décisions. Il s'agit notamment de l'Onu, de l'Unesco, du Conseil de l'Europe, ou encore de l'OSCE, notamment de l'institut du Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias. Ne faudrait-il pas poursuivre le travail dans les formats qui existent déjà au lieu de faire des doublons, de créer des clones politisés et des "bulles de savon"? Et, surtout, de privatiser la liberté d'expression et de s'octroyer des fonctions pour la réguler? C'est la dernière chose dont la communauté journalistique a besoin.

On a également annoncé la création d'un certain "Fonds mondial de protection des médias" qui sera géré par l'Unesco. Le Royaume-Uni y allouera trois millions de livres au cours des cinq prochaines années, le Canada un million de dollars canadiens. Ils suggèrent de "faire la quête" auprès d'autres pays également. Les principaux objectifs déclarés de ce Fonds sont: le soutien juridique des journalistes, la sécurité des journalistes, et la création de communautés journalistiques. Autrement dit, les journalistes, dont l'indépendance était prônée pendant tant d'années notamment par les gouvernements, doivent créer leurs communautés en utilisant des mécanismes étatiques financés par l’État et contrôlés quelque part entre le Royaume-Uni et le Canada (le centre de contrôle doit être visiblement concentré à cet endroit). On réfléchit également à la création de telles communautés pour les journalistes pigistes.

Au niveau du Ministère britannique du Développement international sera lancé un programme de protection de la liberté des médias financé à hauteur de 15 millions de livres, qui serviront à "éliminer les causes primaires de la crise actuelle des médias indépendants". On devine facilement à quel effet sera en réalité dépensé cet argent. Tout simplement pour la propagande, je pense.

A noter également l'initiative de l'envoyée spéciale du Foreign Office pour la liberté des médias Amal Clooney, qui a convoqué un "groupe d'experts juristes" pour créer et renforcer de prétendus mécanismes juridiques dans le domaine de la protection des droits des journalistes, ainsi que pour des consultations juridiques des gouvernements sur leur respect. Je comprends que tous les hauts fonctionnaires britanniques se posent toujours la question de savoir ce qu'ils feront quand ils quitteront leur poste de haut fonctionnaire. Ils se mettent immédiatement à consulter les gouvernements sur les questions et les problèmes qu'ils ont eux-mêmes créés en étant à la tête de l’État ou en occupant des postes haut placés.

Je voudrais rappeler à quel point tout ce qui a été dit à Londres est important, les grandes et belles paroles, à quel point il est important de défendre la liberté d'expression et celle des journalistes. Et j'ai l'impression que Londres a déjà fait le premier pas dans ce sens: Julian Assange est bien protégé et protégé précisément à Londres. Désormais plus rien ne peut le menacer d'aucune manière de la part de la société ouverte. Les juristes et les avocats britanniques ont si bien "bouclé" Julian Assange que, je le crains, nous ne le verrons pas ni ne l'entendrons de sitôt. C'est d'un cynisme consternant: créer toute une conférence et parler de la liberté d'expression dans le pays où il a été détenu pendant de nombreuses années en tant qu'otage et individu sur lequel ont été menées des expériences morales et psychologiques, où il a été appréhendé, arrêté et se trouve en détention depuis des années. Toute cette conférence, alors même que Julian Assange est emprisonné à Londres, ressemble à un colloque de chats sur la protection des droits des souris.

La figure de la deuxième organisatrice de la conférence n'est pas moins intéressante: il s'agit de la Ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui affirme combattre la désinformation et protéger la liberté de la presse. Cette situation exige de rappeler quelques faits. 

En 2015, Chrystia Freeland a expliqué dans une interview accordée au quotidien Toronto Star que son grand-père Mikhaïlo Khomiak et sa grand-mère - que la ministre canadienne a qualifiés de réfugiés - avaient quitté l'Ukraine juste après la signature du pacte Molotov-Ribbentrop. Ces propos étaient visiblement censés susciter de l'empathie envers ses grands-parents. C'est elle qui l'a dit.

Les informations des archives polonaises déclassifiées et des archives officielles de la province canadienne d'Alberta contenant des effets personnels, des lettres et des extraits des journaux relatifs au grand-père de Chrystia Freeland ont cependant dressé un tableau plus détaillé.

Ainsi, on y apprend que Mikhaïlo Khomiak a été un collaborateur volontaire des nazis dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Les autorités d'occupation ont "nettoyé" pour lui le poste de rédacteur en chef du journal Krakovskie vesti de Kraków. Moche Kafner, ancien rédacteur en chef, a été transféré au camp de concentration de Bełżec où il est mort en 1942. Mikhaïlo Khomiak a établi des liens d'amitié avec le chef de la presse nazie en Pologne, Emil Gassner, pour devenir le directeur du principal quotidien nazi en Galicie. Krakovskie vesti promouvait un antisémitisme agressif, publiait des justifications de la formation de 14e division SS Galicie à Lviv, des crimes de guerre des nazis à Babiy Yar et d'autres "exploits" des occupants. Dans le contexte de l'offensive de l'Armée rouge, Mikhaïlo Khomiak a fui avec ses protecteurs nazis à Vienne où il a poursuivi son activité propagandiste au service des intérêts du IIIe Reich.

Suite à la libération de l'Europe et à la défaite du nazisme, Mikhaïlo Khomiak et sa famille se sont retrouvés en Bavière, où il y avait à l'époque une base de renseignement de l'armée de terre des États-Unis. Il s'est mis à coopérer activement avec le renseignement américain en échange d'une prise en charge complète - il était nourri, logé et payé. Il menait une bonne vie. Cependant, la police polonaise a recherché Mikhaïlo Khomiak en raison de ses crimes de guerre jusqu'à sa mort dans les années 1980.

Qu'est-ce que tout cela a à voir avec Chrystia Freeland et le forum de Londres? La ministre canadienne combat la désinformation. Elle a écrit en 2016 sur Twitter qu'elle était "fière de son grand-père". Elle a également souligné que Mikhaïlo Khomiak avait "fait beaucoup d'efforts pour rendre la liberté et la démocratie à l'Ukraine".

Quand la vérité sur Mikhaïlo Khomiak a fait surface dans l'espace médiatique canadien, les journalistes ont commencé à poser à la ministre des questions dérangeantes. Mais Chrystia Freeland, cette combattante éminente contre la désinformation et les fake news, a non seulement refusé de reconnaître le passé collaborationniste de son grand-père, mais aussi considéré ces publications des médias comme une nouvelle manifestation de la "désinformation russe". Quelque temps après, elle a pourtant reconnu - via son porte-parole - ces faits et les a considérés comme des "pages difficiles du passé" de son grand-père défunt. Cette personne mène aujourd'hui la lutte mondiale contre la désinformation? Remarquez le niveau impressionnant de manipulation de la conscience sociale. Et elle parle actuellement au monde entier de la liberté du journalisme et affirme protéger les journalistes?     

Je voudrais dire pour conclure que ce show de Londres constitue une nouvelle tentative de monopoliser l'espace médiatique international en créant des "bulles de savon". Pourquoi n'a-t-on pas laissé entrer une délégation officielle de la Russie et les médias russes? Parce que nous aurions dit tout cela ouvertement. Parce qu'ils ont dû faire tout leur possible - ne pas octroyer les visas, annuler l'accréditation, barrer physiquement le chemin - pour que nous n'ayons pas la possibilité de dire tout cela au cours de la conférence, de poser des questions et de simplement présenter énormément de textes internationaux relatifs aux droits de l'homme qui ne fonctionnent pas pour certaines raisons, notamment à cause de nos partenaires occidentaux. La communauté internationale a-t-elle réellement besoin de nouveaux textes pour protéger la liberté d'expression si elle n'utilise déjà pas les matériaux et les documents de l'Onu, du Conseil de l'Europe, de l'OSCE et de beaucoup d'autres structures? Nous aurions posé ces questions, mais on a tout fait pour ne pas laisser passer la délégation russe.

 

Sur la non-délivrance de visas aux enseignants de l'école anglo-américaine

 

Nous avons lu beaucoup de choses au sujet de l'école américaine à Moscou. Nous avons d'abord pris connaissance de la publication du journal américain The New York Times et avons marqué une pause. Vous l'avez probablement remarqué, nous commentons tout rapidement mais cette fois nous avons marqué une pause parce qu'il s'agissait d'un article. Il affirmait que la Russie avait de nouveau fait preuve de ses mauvaises qualités et n'avait pas délivré de visas aux enseignants américains qui devaient travailler à l'école américaine, enseigner aux enfants, faire une chose absolument noble.

Pourquoi avons-nous marqué une pause et ne l'avons pas publié dans la rubrique des désinformations de notre site? Parce que nous avons laissé la possibilité à nos partenaires américains d'éclaircir eux-mêmes la situation. Pourquoi devons-nous constamment travailler pour deux? On voudrait représenter seulement la partie russe et parler uniquement de notre position. Pourquoi devons-nous tout le temps parler des faits dont devraient parler nos amis américains?

Quand l'Ambassade américaine a publié ses explications, honnêtement nous étions découragés. Parce qu'au mensonge flagrant publié dans l'article s'est ajouté le mensonge flagrant des diplomates américains accrédités à Moscou. Ils ont diffusé l'information selon laquelle, effectivement, les autorités russes n'accorderaient pas de visa aux enseignants américains, perturbant ainsi le processus scolaire, en ajoutant que les diplomates américains ne comprenaient pas pourquoi les autorités russes agissaient ainsi. A nos yeux, cela prouve que l'article du New York Times n'est pas apparu par hasard. J'en suis certaine et j'ai des preuves irréfutables que des fuites ont eu lieu au niveau de Washington et que l'article a été publié "sur ordre".

Bien évidemment, c'est un nouveau grand fake. C'est un nouveau fake de dire que la Russie n'accorde pas de visa aux enseignants américains qui travaillent à Moscou. C'est un mensonge éhonté car la partie américaine (aussi bien les journalistes que les diplomates) a caché la vérité. Et si vous ne présentez pas la vérité dont vous disposez depuis des années, que vous connaissez le fond de la question, c'est un fake. Vous créez une certaine perception sociale du sujet dans le sens voulu, qui ne correspond pas du tout à la réalité. Maintenant passons aux faits. Les enseignants de l'école américaine à Moscou sont envoyés en Russie depuis les États-Unis en tant que collaborateurs de l'ambassade avec des passeports diplomatiques, alors que l'école fonctionne en tant qu'entreprise commerciale. Je m'explique: en effet, il existe des écoles qui travaillent sur le territoire des ambassades. C'est une pratique de la vie diplomatique. Les diplomates de la plupart des pays partent en mission à l'étranger avec leurs enfants. Ces enfants ont besoin de faire leurs études, de recevoir une éducation dans le cadre du programme national, c'est pourquoi des écoles sont installées sur les territoires ayant un statut approprié - diplomatique. Le statut diplomatique est attribué entre autres aux écoles qui s'y trouvent. Ces écoles servent avant tout, et pour la plupart, aux enfants des collaborateurs concernés. Mais cela n'a rien à voir avec l'école anglo-américaine à Moscou.

Je voudrais rappeler que le déplacement de l'école depuis le complexe de l'Ambassade des États-Unis à Moscou a eu lieu dans les années 1990 sans aucune concertation avec le Ministère russe des Affaires étrangères, même si cela était prescrit par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques pour tous les services des ambassades étrangères. Il s'agissait de l'école auprès de l'Ambassade des États-Unis, qui est devenue une école américaine à part. De plus, cette école se situe dans une autre partie de la ville et les enfants des diplomates s'y sont retrouvés en minorité absolue. C'est une information ouverte. L'accent a été mis sur une offre de services éducatifs payants pour tous. En d'autres termes, dans le langage juridique, l'école s'est transformée en structure commerciale. Cela ne peut être qualifié autrement: elle ne se trouve pas sur le territoire d'une représentation diplomatique, elle exerce une activité commerciale, accorde un grand nombre de services commerciaux ouverts à tous. Elle procède de manière autonome à la sélection des individus qui peuvent recevoir un service éducatif payant. Cela ne correspond à aucune norme diplomatique. Par conséquent, de quelle délivrance de passeports diplomatiques et de quel travail des enseignants américains avec des passeports diplomatiques peut-il être question? C'est un non-sens et une sauvagerie. Sachant qu'il s'agit d'un pays toujours si minutieux concernant la correspondance du but de la visite avec le visa, de la couleur du passeport avec l'activité exercée. Nous voyons à quel point les autorités américaines sont rigoureuses envers tous ceux qui arrivent aux États-Unis et la véracité de l'objectif de l'activité exercée aussi bien par des structures que par des particuliers.

Malgré tout cela, les enseignants de l'école sont envoyés par le Département d’État américain et continuent de venir en Russie avec des passeports diplomatiques. En d'autres termes, les enseignants américains sont des diplomates américains. L'Ambassade américaine demande de les accréditer en tant que leurs collaborateurs administratifs et techniques possédant toutes les immunités et privilèges des diplomates. Autrement dit, un enseignant de l'école américaine dispose du même passeport et du même statut que l'Ambassadeur des États-Unis à Moscou. Cette école ne se trouve pas sur le territoire de la représentation diplomatique, elle exerce une activité commerciale. Vous pouvez regarder la liste des prix vous-mêmes: les tarifs sont très intéressants. Si vous vous référez à l'information diffusée aujourd'hui dans les médias selon laquelle tout à coup la Russie a revu, n'a pas accordé, a refusé le visa, c'est faux. Pendant au moins quinze ans nous avons demandé et proposé aux partenaires américains, enfin, en s'appuyant sur le droit international, sur la Convention de Vienne, sur la base de la réciprocité, des relations normales et des pourparlers, de régler ce problème. Cela dure depuis au moins quinze ans - plus en réalité - à tous les niveaux: des ambassades, des ministres, des correspondances. Nous avons constamment répété la même chose: régularisons le statut de votre école et de vos enseignants. Au lieu de cela nous avons constaté un refus de coopérer, une réticence à parler à ce sujet, des actions provocantes, des désinformations, et aujourd'hui des fakes flagrants. C'est une campagne médiatique dont on ignore le but.

Je voudrais répéter (c'est très important) que nous avons proposé à plusieurs reprises et continuons de proposer aux États-Unis de régler le statut de cette école qui fonctionne hors de l'ambassade et fournit des services commerciaux. Nous avons proposé et proposons toujours aux États-Unis de la mettre en conformité avec la législation. Je souligne encore une fois que ce sont les Américains qui refusent de le faire. Ils mettent toujours les professeurs sur la liste des collaborateurs de leur Ambassade, car ils ne veulent pas isoler l'école en tant que structure commerciale respectant les lois russes, mais tentent de la lier à l'Ambassade et insistent sur l'immunité et le statut de l'établissement et des professeurs.

Nous sommes très surpris par le fait que l'Ambassade américaine a dissimulé tous ces faits en présentant ces informations aujourd'hui. Car les faits que je vous présente actuellement ne concernent pas en premier lieu la Russie, mais les États-Unis. Les causes de cette dissimulation des faits suscitent des interrogations considérables.

Aujourd'hui, les politiciens américains ont de fait pris en otage les enfants dont les parents paient un prix énorme pour l'enseignement dans cet établissement.

Washington ne cesse d'envoyer à Moscou des professeurs ayant des passeports diplomatiques et de les accréditer en tant que collaborateurs administratifs et techniques de l'Ambassade. En même temps, les Américains refusent d'octroyer des visas aux représentants de la catégorie similaire des collaborateurs administratifs et techniques des misions russes. Les organes du pouvoir américain ont visiblement voulu créer une impasse afin d'inventer un nouveau scandale ou une provocation en sacrifiant de manière éhontée les intérêts des citoyens, américains ou russes.

Mais ce n'est pas le pire. Nous avons appris que les Américains étaient allés plus loin depuis une semaine et s'étaient mis à intimider et à faire chanter certains parents des élèves de l'école. Ces derniers reçoivent des lettres qui leur proposent de "réfléchir à l'avenir" et de trouver une issue à la situation. L'éducation des enfants est donc mise en situation de dépendance envers les actions de leurs parents qui devraient trouver des solutions ou contacter des personnes influentes. Ces parents nous demandent ce qu'il faut faire.

Je voudrais souligner que les représentants de l'école gardent le silence, car ils comprennent parfaitement que cette histoire est allée trop loin et que l'établissement a été attiré dans des manipulations politiques. Mais on ne comprend pas absolument pourquoi se sont les enfants, les parents et les citoyens ordinaires qui doivent en souffrir.

Un autre élément important. Je voudrais rappeler que les autorités américaines ont lancé il y a plus de deux ans une "guerre de visas" contre les consulats russes aux États-Unis, c'est-à-dire des missions diplomatiques réelles conformes à toutes les conventions, bilatérales ou multilatérales, qui ne mènent pas des activités commerciales et ne sont pas situés dans des endroits extérieurs. Ce sont les Américains qui, depuis des mois, voire des années, n'octroient pas de visas aux nouveaux employés des missions diplomatiques russes. Ils le font de manière consciente et volontaire. On nous empêche sciemment de remplacer nos collaborateurs afin de compliquer le travail normal de l'Ambassade et des consulats généraux russes, ainsi que de l'Ambassade de la Russie auprès de l'Onu à New York. Qui plus est, les autorités américaines ne se limitent pas à créer des barrières de visa, mais causent des problèmes et tentent de les élargir sur un nombre d'autres domaines. Comme vous le comprenez bien, la Russie a commencé il y a quelque temps à utiliser des mesures de riposte dans le domaine des visas. Il s'agit pour nous d'une mesure forcée. Comme les Américains empêchent d'entrer aux États-Unis les diplomates russes qui doivent remplacer leurs collègues en fin de mission, nous sommes obligés de lier cette situation à l'entrée des collaborateurs américains en Russie. Nous l'avons répété à plusieurs reprises, publiquement ou dans le cadre de nos pourparlers. Cela est notamment nécessaire pour améliorer la situation des collaborateurs administratifs et techniques des missions diplomatiques russes, y compris des professeurs des écoles secondaires auprès de l'Ambassade à Washington et de la Représentation russe auprès de l'Onu à New York. L'Ambassade américaine est parfaitement au courant de la situation grâce à notre correspondance et à nos négociations, mais elle préfère garder le silence.        

Je voudrais souligner un point très important. Nos écoles travaillent sur le territoire des établissements diplomatiques et n'exercent pas d'activité commerciale. Ce sont les États-Unis qui envoient à Moscou des enseignants de l'école anglo-américaine en tant que collaborateurs administratifs et techniques de leur Ambassade, tout en refusant l'autorisation d'entrée aux mêmes collaborateurs de nos établissements diplomatiques à l'étranger. Pourquoi ni le New York Times ni l'Ambassade américaine ne l'ont dit?

Ceci étant dit, affirmer que la Russie a refusé l'entrée aux enseignants américains est un mensonge flagrant. La Russie n'a rien refusé à personne. Au contraire, nous sommes prêts à délivrer des visas à tous les collaborateurs des représentations diplomatiques américaines dans notre pays, y compris les enseignants, et ce très rapidement, à condition que Washington fasse de même vis-à-vis du personnel russe. Et nos partenaires américains le savent très bien.

Nous avons proposé à plusieurs reprises au Département d’État américain de normaliser la délivrance réciproque des visas, mais avons reçu un refus. C'est pourquoi nous attendions une évolution constructive précisément du côté américain. Au lieu de cela, vous avez vu la manipulation qui a été opérée via les médias.

Les reproches concernant le retard de l'arrivée des enseignants de l'école auprès de l'Ambassade américaine ne s'adressent certainement pas à Moscou mais à Washington. C'est des autorités américaines que dépend entièrement le déblocage du processus de visa. Elles doivent cesser de refuser les visas. Vous savez qu'elles le font régulièrement. Nous en parlons depuis longtemps. De notre côté, nous ne faisons rien pour compliquer le contact entre les hommes, que ce soit les diplomates, les enseignants ou les touristes. Et vous le savez parfaitement.

Je voudrais rappeler une histoire qui est entrée dans les annales des relations internationales, et en réalité dans le chapitre des manuels sur les non-relations internationales. Vous vous souvenez, fin 2016, en passant manifestement sa colère pour la défaite de sa collègue du Parti démocrate, le Président Barack Obama avait décidé d'expulser des diplomates russes des États-Unis. Cela avait été fait de manière barbare, en leur laissant littéralement deux jours pour partir. Parmi eux se trouvaient des collaborateurs diplomatiques, des membres de leur famille, des mineurs et des nourrissons, des femmes enceintes. Il a été demandé à nos collaborateurs envoyés de Moscou et reçus sur place en parfaite conformité avec toutes les conventions diplomatiques et consulaire de faire leurs bagages immédiatement, or c'était avant le Nouvel an.

Vous souvenez-vous de la réaction russe? Je pose cette question à tous ceux qui ont écrit aujourd'hui sur la barbarie avec laquelle Moscou avait refusé les visas, avait retardé leur délivrance, etc. Vous souvenez-vous de la réaction? Je vais vous la rappeler. En réponse, nous avons envoyé des invitations pour le Sapin du Kremlin aux collaborateurs de l'Ambassade des États-Unis à Moscou. Or beaucoup, notamment notre société, exigeaient à l'époque des mesures drastiques. Mais même malgré cette honteuse action nous avons une nouvelle fois tendu la main à nos partenaires. Parce que nous pensions que ce n'était pas simplement une erreur, mais une atteinte aux relations bilatérales et aux citoyens de nos pays. Simplement les sapins ne sont pas organisés au Kremlin en été, c'est pourquoi nous n'avons pas envoyé d'invitations aujourd'hui.

Je serais prête à répondre à des questions supplémentaires sur le sujet en présentant des faits. Je vous prie de ne pas vous référer aux fakes des journaux américains, mais aux informations réelles. Or les autorités américaines en disposent. Je vous prie de leur demander des précisions en fonction de ce que j'ai raconté aujourd'hui. La question la plus importante est de savoir pendant combien de temps les autorités russes ont proposé à Washington de régler ces questions et de mener des pourparlers à ce sujet.

 

Sur l'importance de souscrire une assurance médicale en partant à l'étranger

 

La saison des vacances bat son plein, de nombreux Russes partent se reposer à l'étranger. Je voudrais rappeler les normes de la législation en vigueur concernant le paiement des dépenses médicales sur le territoire des pays étrangers.

Conformément à l'art. 14 de la Loi fédérale 114-FZ du 15/08/1996 sur la procédure de sortie de Fédération de Russie et d'entrée en Fédération de Russie, le paiement pour l'aide médicale apportée à un citoyen russe à l'étranger est effectué conformément aux conditions du contrat sur les services médicaux et du contrat d'assurance. Ce règlement s'étend notamment aux cas d'évacuation médicale d'un citoyen depuis un État étranger en Fédération de Russie, ainsi que de rapatriement de la dépouille en cas d'issue létale.

En l'absence de ces documents, toutes les dépenses sont prises en charge par l'individu ou les intéressés pour lui apporter une aide médicale.

De plus, la législation de nombreux pays étrangers prescrit directement la prise en charge des soins pour les touristes se trouvant sur leur territoire. Par exemple, la décision de la prise en charge intégrale des soins par les touristes étrangers indépendamment du statut public ou privé de l'établissement médical a été prise en novembre 2018 par les autorités de l’État de Goa (Inde), destination prisée par les Russes.

Nous préconisons de nouveau à tous les citoyens russes partant en dehors de la Fédération de Russie, indépendamment du but du voyage et des délais de leur séjour à l'étranger, de souscrire préalablement un contrat d'assurance médicale. Il convient de prêter une attention particulière au montant de remboursement par l'assurance: son seuil minimal est établi à hauteur de deux millions de roubles selon le cours de la banque de Russie à la date de signature du contrat d'assurance.

Nous recevons de nombreuses lettres, demandes et appels à l'aide quand quelque chose arrive aux citoyens russes n'ayant pas souscrit d'assurance à l'étranger pendant leurs vacances. Cela engendre de gros problèmes notamment par rapport aux nombreuses normes juridiques en vigueur dans les pays où partent nos touristes. Vous êtes priés d'accorder une attention particulière à cette question.

 

Sur l'influence potentielle des sanctions contre l'Iran sur la participation de la Russie à la construction du 2e bloc de la centrale nucléaire de Bouchehr et à la reconstruction du réacteur d'Arak

 

La construction de la centrale nucléaire de Bouchehr est notre projet principal sur le territoire iranien. Le premier bloc de la centrale fonctionne de manière stable et couvre les besoins en électricité du pays. La construction du deuxième bloc progresse selon le calendrier établi.

Bien sûr, les sanctions illégitimes des États-Unis compliquent les affaires avec l'Iran, mais nous ne restons pas les bras croisés, nous nous adaptons, élargissons avec nos partenaires iraniens l'éventail des mesures de protection de l'ensemble de nos liens commerciaux et économiques très prometteurs. Même si nous comprenons que beaucoup de forces tentent de l'empêcher.

En ce qui concerne la reconstruction du réacteur d'Arak, nous suivons évidemment avec attention cette question. Elle était notamment centrale lors de la réunion de la Commission commune des participants au Plan d'action global commun de règlement de la situation autour du programme nucléaire iranien. Je voudrais rappeler que conformément au Plan, tous les pays membres ont assumé certains engagements. La Russie a lancé la reconversion du site d'enrichissement d'uranium de Fordo, alors que la Chine et le Royaume-Uni ont exprimé leur volonté d'assurer la reconstruction du réacteur d'Arak.

Nous estimons que les pays membres du Plan doivent jouer le rôle de garant collectif des projets concertés faisant partie intégrante des accords, et afficher leur volonté de lutter ensemble pour leur mise en œuvre future malgré les initiatives unilatérales illégitimes des États-Unis.

 

Sur la situation du président de l’"École russe d'Estonie" Mstislav Roussakov

 

Au cours de la dernière conférence de presse, on m'avait demandé de commenter les publications des médias indiquant que la police estonienne avait lancé une enquête concernant Mstislav Roussakov, président de l'association "École russe d'Estonie".

Nous suivons attentivement la situation déclenchée par les actions des structures de force estoniennes contre Mstislav Roussakov, représentant éminent de la diaspora russophone de l'Estonie et directeur de l'ONG Kitej.

Nous appelons les autorités estoniennes à éviter la pression sur le militant russe, motivée politiquement et liée notamment à son activité visant à maintenir la langue russe et l'éducation des minorités nationales dans cette république balte.

 

Réponses aux questions:

Question: L'attention de la communauté internationale est actuellement rivée sur l'acquisition de systèmes antiaériens russes S-400 par Ankara et le mécontentement que cette transaction suscite du côté des États-Unis et de l'Otan. Prochainement, la Bulgarie sera forcée d'acheter aux États-Unis des chasseurs F-16 techniquement capables d'embarquer des bombes nucléaires B61. Si les États-Unis décidaient de retirer leurs équipements d'Incirlik pour les déployer sur une autre base, pourrait-il y avoir une menace nucléaire pour l'Europe?

Réponse: La menace nucléaire pour l'Europe n'a pas disparu, malheureusement. Vous connaissez probablement la quantité de matériaux nucléaires se trouvant sur le territoire des pays d'Europe, et même de ceux qui ne sont pas membres du "club nucléaire" car il s'agit de l'arme nucléaire américaine. Il faut toujours s'en souvenir, même si certains l'ignorent. Il y a quelques années, les Européens ont été choqués d'apprendre que sur leur territoire se trouvait une arme nucléaire qui ne leur appartenait pas et qu'ils ne contrôlaient pas. Alors que dire de la menace pour la sécurité? Il faut le savoir et vivre avec d'une manière ou d'une autre.

Nous n'avons pas d'informations sur les plans de Washington de déplacer ses bombes nucléaires de Turquie pour les déployer sur le sol bulgare ou ailleurs sur le territoire des pays membres de l'Otan. De temps à autre nous avons constaté des spéculations à ce sujet. Mais en ce qui concerne les faits, nous n'avons aucune information confirmée. Il y a presque trois ans sont apparues de prétendues "informations" sur la projection de l'arme nucléaire américaine de Turquie en Roumanie, mais elles ont été démenties.

La position russe vis-à-vis du déploiement par les États-Unis de leurs armes nucléaires en Europe reste inchangée. Toutes les bombes B61 doivent être rapatriées dans le pays qui en est propriétaire, à savoir les États-Unis. Il convient également de supprimer toute l'infrastructure étrangère qui assure le déploiement de ces armements. Sachant qu'il faut cesser évidemment la pratique des "missions nucléaires conjointes" de l'Otan, qui inclut des éléments de planification nucléaire et l'entraînement des aptitudes à manipuler l'arme nucléaire américaine et à l'utiliser en faisant appel aux États non nucléaires. De telles actions sont en contradiction directe avec les articles I et II du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Nous jugeons inadmissible et irresponsable cette approche des États-Unis de l'accomplissement de leurs engagements dans le cadre du TNP. Cela ne contribue pas du tout à la désescalade de la tension et reste l'un des plus sérieux défis dans le secteur nucléaire, ce à quoi la communauté internationale doit prêter la plus grande attention.

Question: Que pensez-vous de l'adoption de sanctions contre la Turquie par l'UE?

Réponse: Cette question relève évidemment des relations bilatérales entre la Turquie et l'UE. Nous avons entendu la déclaration de la Turquie à ce sujet. Et vous connaissez notre position.

Nous partons du principe que la pression par les sanctions n'est pas un instrument, même si, malheureusement, c'est déjà un facteur des relations internationales contemporaines. Cela ne fait certainement pas partie des outils de la diplomatie et ne doit certainement pas se trouver à la base de la politique internationale. Cela entraîne des conséquences déplorables: l'érosion du droit international et des formes de communication civilisées. Cela pourrait ressembler à une figure de style, mais d'une manière ou d'une autre cela conduit à la "déshumanisation" des processus internationaux dans le sens où naît une animosité entre les pays et les peuples. Les gens ne comprennent pas pourquoi ils sont punis ainsi. Les gens comprennent quand des négociations sont menées, quand les parties peuvent trouver des dénouements mutuellement acceptables, certains pourraient être plus astucieux, d'autres plus combatifs. Mais les gens ne comprennent pas du tout pourquoi les avantages qui constituaient pendant des années la base de la politique coloniale doivent être utilisés contre les pays et les peuples. C'est complètement incompréhensible. Nous connaissons l'histoire et la manière dont certains pays européens, notamment les fleurons de l'UE, ont obtenu des avantages économiques et financiers, au détriment de quels pays, peuples et continents ils ont créé leur base financière et économique.

Nous percevons toute activité de sanctions n'ayant pas reçu l'aval du Conseil de sécurité des Nations unies de manière très négative. A titre de contremesure, par contre, force est de constater que cela fait partie des réalités d'aujourd'hui. Mais nous ne pouvons pas accepter une telle politique menée illégalement, unilatéralement, à titre de pression agressive pour imposer ses propres intérêts.

Question: Certains médias ont indiqué que lors du sommet du G20, la Russie avait refusé d'évoquer avec le Japon le transfert de deux îles de l'archipel des Kouriles à cause de ses inquiétudes liées à l'alliance militaire américano-japonaise. Est-ce juste? Pourriez-vous préciser les raisons de ce refus?

Réponse: Nous n'avons pas dit que ces informations étaient justes. Nous avons dit que c'était de l'amateurisme. C'est ce que j'ai répondu à la question que Vladimir Soloviev m'a posée à ce sujet dans le cadre d'une interview à la chaine Rossiya 1.

La Russie ne négocie avec le Japon rien d'autre qu'un traité de paix, si nous parlons dans ce contexte. Nous menons évidemment des négociations dans le domaine économique et humain, mais, dans le contexte de votre question, nous ne négocions avec le Japon qu'un traité de paix sur une plateforme appropriée.

Je ne peux en aucune façon confirmer ces fruits de l'imagination, ces récits artistiques sur ce qui n'existe pas.

En répondant à cette question des journalistes, j'ai attiré l'attention sur le fait que nous nous étions accordés avec les Japonais pour créer une atmosphère médiatique appropriée. Nous nous étions engagés à nous abstenir de spéculations, de fuites ou d'autres moyens de présenter nos préoccupations via les médias. S'il y a des questions, des experts peuvent y répondre. C'est le sens de notre entente.

L'essentiel est que ce sont les Japonais qui ont toujours insisté pour faire tout de manière très respectueuse, sans proclamations bruyantes, au niveau des experts. Quelque chose n'a visiblement pas marché. Ce n'est pas la première fois que nous constatons des violations de cette atmosphère constructive par les Japonais, notamment des fuites dans les médias japonais. Je ne sais pas qui se trouve derrière ces dernières (on a cité certaines sources diplomatiques), mais ce n'est certainement pas la Russie.

Question: Le 17 juillet, une vidéo appelant à organiser de nouveaux attentats en Tunisie a été publiée sur internet. Une citoyenne russe a été blessée en 2015 à cause d'un attentat dans ce pays. Quelle est la situation actuelle en Tunisie? Est-il probable que la communication aérienne avec ce pays soit interrompue?

Réponse: Toutes les recommandations que nous avons formulées il y a un mois sur la Tunisie restent d'actualité aujourd'hui. Vous pouvez en prendre connaissance sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

Question: Selon certains médias, les États-Unis pourraient solliciter la médiation russe dans le règlement de la situation avec Téhéran compte tenu des bonnes relations entre la Russie et l'Iran. Quelle serait la réaction de la Russie à une telle opportunité?

Réponse: J'ai déjà formulé des réponses exhaustives à cette question au cours des conférences de presse précédentes. Nous estimons qu'il ne faut pas, premièrement, susciter de tension dans la région. Il est inacceptable d'avoir une rhétorique agressive envers un État souverain, de le menacer par la force et de s'ingérer dans ses affaires intérieures. Deuxièmement, les pays doivent résoudre les questions existantes par les négociations et dans le cadre du travail diplomatique, en impliquant des experts et des professionnels. Troisièmement, j'ai souligné des exemples de la coopération entre Washington et Téhéran. Ainsi, l'élaboration du Plan d'action global commun a pris plusieurs années: c'était un travail difficile, mais absolument constructif. Et il a donné des résultats concrets. C'est pourquoi les États-Unis et l'Iran ont toutes les chances de résoudre leurs litiges. Washington doit simplement renoncer aux provocations, aux instigations et à sa rhétorique agressive. S'il y a des questions, il est nécessaire de les régler à l'aide des méthodes diplomatiques appropriées.  

Question (traduite de l'anglais): Le Président américain Donald Trump s'est retiré du Plan d'action global commun. Dans quelle mesure cette démarche était-elle justifiée, selon vous?

Réponse: Nous observons depuis plus d'un an comment la politique des États-Unis, menée par l'administration du Président en place, vise à briser le Plan d'action. Depuis le début nous avons donné notre avis sur le caractère erroné de ces actions de Washington. Le Plan d'action et le travail effectué sur celui-ci ont apporté des résultats concrets pour une réelle désescalade de la tension et déterminer le passage au niveau supérieur de la construction d'un ordre mondial stable et dans le respect réciproque dans cette partie du monde. L'élaboration du Plan d'action a montré que toutes les discussions sur l'incapacité à s'entendre et à s'écouter des pays ayant des ordres étatiques, des valeurs et des repères politiques différents étaient un mythe. Malgré des objectifs et des buts différents, les pays peuvent très tranquillement, même si parfois avec des difficultés, élaborer un agenda commun et des décisions. Nous considérons que cette voie des États-Unis est erronée et le disons publiquement, ainsi que directement à nos partenaires américains.

Question (traduite de l'anglais): Quel est le résultat des négociations entre le gouvernement et les talibans sur le processus de paix afghan? Quelle est la position de la Russie à ce sujet?

Réponse: J'ai reçu des questions à ce sujet et je vais donc y répondre en un bloc en parlant du processus de paix afghan globalement, en tenant compte des rencontres internationales qui se sont déroulées à Doha et à Pékin.

Le dialogue interafghan et les consultations des représentants spéciaux pour l'Afghanistan au format "trois plus" (Russie-États-Unis-Chine et Pakistan), selon nous, sont aujourd'hui des mécanismes politiques clés et complémentaires contribuant au processus de paix en Afghanistan.

La Russie, vous le savez, a déjà déclaré à plusieurs reprises que durant les réunions interafghanes à Moscou et à Doha avait été créée une plateforme unique pour le dialogue entre les représentants d'un large spectre de forces sociopolitiques de l'Afghanistan, y compris l'opposition armée, visant à contribuer au lancement au plus vite du processus de paix dans ce pays. L'inclusivité de ce format offre la possibilité de prendre en compte au maximum les intérêts de toutes les couches de la société afghane pour parvenir à la paix en Afghanistan. D'autant que le dialogue est mené par les Afghans eux-mêmes, ce qui permet de compter sur la non-ingérence de forces extérieures dans le déroulement de ce processus.

D'autre part, pendant les consultations au format "trois plus" est mené un travail pour créer un consensus international afin de créer des conditions extérieures favorables pour lancer le processus de paix en Afghanistan. Au fur et à mesure que le processus de réconciliation nationale dans ce pays avancera, la composition des participants à ce format s'élargira. Pendant la dernière réunion à Pékin, les belligérants afghans ont été appelés à entreprendre des démarches concrètes pour réduire la violence, qui conduiraient à un cessez-le-feu global et au lancement des négociations interafghanes avec l'adoption d'un accord détaillé sur un futur ordre politique acceptable pour tous les Afghans.

Nous sommes certains que le travail productif de ces deux mécanismes consultatifs, avec l'avancée des négociations entre les États-Unis et les talibans, contribueront indéniablement au règlement du problème afghan.

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