10.10.1919:18

Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, suite à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays de la CEI, Achkhabad, 10 octobre 2019

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Nous sommes très reconnaissants envers la partie turkmène pour l'organisation excellente du travail du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays de la CEI.

Nous avons finalisé aujourd'hui la concertation d'un texte très important, initié par le Président turkmène Gurbanguly Berdimuhamedow: le Programme d'action pour l'intensification du partenariat entre les ministères des Affaires étrangères des pays membres de la Communauté des États indépendants. Il s'agit d'un document très important qui définit les repères de notre travail futur au sein des organisations internationales et sur d'autres plateformes, y compris celle des structures régionales telles que l'OSCE. C'est très utile.

Nous avons adopté le projet d'Appel des chefs d'État de la Communauté des États indépendants aux pays de la Communauté et à l'opinion publique internationale à l'occasion des 75 ans de la Victoire du peuple soviétique dans la Grande Guerre patriotique 1941-1945, qui sera examiné demain par les chefs d'État. Nous nous sommes accordés pour promouvoir les événements commémoratifs relatifs à cet anniversaire dans le cadre de l'Onu et de l'OSCE.

Nous avons adopté, selon la proposition russe, un nouveau document pour notre Conseil: la Déclaration des pays membres de la Communauté des États indépendants "Sur le soutien aux actions pratiques visant à prévenir la course aux armements dans l'espace". On constate dans ce domaine une accumulation de signes inquiétants témoignant de l'existence de projets de ce genre dans certains États. Il est très important d'attirer l'attention sur ce point et d'assurer le travail sur les plateformes de négociations pour concerter les conditions du non-déploiement des armes dans l'espace.   

Nous avons adopté le projet de Stratégie de maintien de la sécurité de l'information des pays membres de la Communauté des États indépendants, ainsi que des projets de documents sur le renforcement de la coopération militaire, y compris pour la création d'une unité commune de déminage humanitaire et la formation de systèmes de communication conjoints.

L'ordre du jour est, dans l'ensemble, très chargé. Je pense que nous avons bien préparé le sommet de demain. Je suis certain que les chefs d'État adopteront des décisions stratégiques importantes visant l'approfondissement et le renforcement de la CEI.

Question: Que pensez-vous de l'état actuel des relations russo-turkmènes?

Sergueï Lavrov: L'état de nos relations est très bon. Elles progressent en permanence. Nos présidents se rencontrent régulièrement, nous maintenons des contacts permanents au niveau des ministères des Affaires étrangères, notamment des chefs de diplomatie, des départements et des vice-ministres. Nous concertons tout un nombre de questions qui constituent ensuite des sujets très importants de l'ordre du jour de l'Onu, coopérons sur le problème de la mer Caspienne. Nous soutenons activement les initiatives du Turkménistan en ce qui concerne les principes de la coopération internationale dans le domaine énergétique.

La visite d'aujourd'hui a confirmé la progression des relations bilatérales. Nous avons toutes les raisons d'estimer que les ententes des chefs d'État seront mises en œuvre dans tous les domaines.  

Question: La Turquie a tout de même lancé une opération militaire en Syrie. Quelle est la position actuelle de Moscou concernant ce scénario? Comment tout cela pourrait-il influer sur le règlement politique de la crise syrienne?

Sergueï Lavrov: Dès le début de la crise en Syrie, nous avons infailliblement attiré l'attention sur le fait que nous comprenions la préoccupation légitime de la Turquie concernant la sécurité de ses frontières. Parallèlement, nous avons souligné par tous les moyens la nécessité de répondre à ses préoccupations dans le cadre des ententes existantes entre Damas et Ankara, notamment l'accord d'Adana de 1998. La mise en œuvre efficace de cet accord, prévoyant des efforts communs dans la lutte contre les actions terroristes à la frontière turco-syrienne, s'est malheureusement heurtée aux difficultés créées par les actions des Américains et de leur coalition sur la rive orientale de l'Euphrate. Nous soulignons depuis des années le danger de l'expérience lancée dans cette région par les Américains, qui opposent par tous les moyens les Kurdes aux tribus arabes. Nous avons mis en garde contre l'utilisation de la carte kurde, qui pourrait se solder par des répercussions très graves, dont nous avions été avertis par nos collègues d'autres pays de la région où vivent de grandes communautés kurdes.

Ainsi, nous soulignons aujourd'hui la nécessité d'un dialogue entre la Turquie et la Syrie. Nous estimons que cela répond aux intérêts des deux parties. Nous promouvrons en même temps l'établissement de contacts entre Damas et les organisations kurdes, dont les actions rejettent l'extrémisme et les méthodes terroristes. Nous avons constaté l'intérêt des représentants des autorités syriennes et des organisations kurdes à ce que la Russie utilise ses bonnes relations avec tous les participants à ce processus afin de favoriser l'établissement de ce dialogue.

Comme vous le savez, le Président turc Recep Tayyip Erdogan a téléphoné au Président russe Vladimir Poutine. Avant cela, j'avais reçu un appel du Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu. Nous avons un canal de prévention des conflits, un canal de communications régulières. Nos militaires maintiennent des contacts. Nous avons intérêt à calmer le plus rapidement possible la situation, tout d'abord sur la base du principe de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie. 

Question: L'Ukraine affirme que le retrait des forces à Petrovskoïe et à Zolotoïe exige préalablement sept jours de silence. Existe-il une entente en ce sens?

Sergueï Lavrov: Quand les leaders du format Normandie ont initialement établi en octobre 2016 l'entente sur le retrait des forces dans trois localités pilotes - Stanitsa Louganskaïa, Petrovskoïe et Zolotoïe  dans les deux derniers cas l'évacuation a été effectuée assez rapidement et s'est avérée stable, ce dont tout le monde était satisfait. Quant à Stanitsa Louganskaïa, les autorités ukrainiennes exigeaient sept jours de silence total préalables. Cette condition n'a pas été évoquée par rapport au nouveau retrait à Zolotoïe et à Petrovskoïe.

Quand le régime de Piotr Porochenko utilisait la demande de silence de sept jours pour faire traîner en longueur la mise en œuvre des ententes sur Stanitsa Louganskaïa, nous saisissions la Mission spéciale d'observation de l'OSCE. Cette dernière a confirmé à plusieurs reprises - plus de 50 fois - que selon ses statistiques, le régime de silence avait été respecté pendant plus d'une semaine. Les Ukrainiens affirmaient chaque fois le contraire car ils auraient entendu quelques tirs.  

Alors que tout cela traînait en longueur, le retrait des forces et des moyens à Petrovskoïe et à Zolotoïe a été violé, car les Ukrainiens ont discrètement fait revenir leurs forces armées dans ces régions. Aujourd'hui, quand on a constaté en juin le retrait à Stanitsa Louganskaïa, que tout le monde a salué, on s'attendait au nouveau retrait à Petrovskoïe et à Zolotoïe. Personne n'a avancé cette fois aucun ultimatum de sept jours. Après que le retrait n'avait pas pu s'effectuer plusieurs fois, on a constaté il y a quelques jours de nouvelles conditions. Je n'y vois qu'une seule raison: quelqu'un ne veut pas respecter les ententes. Quand on tente actuellement de nous accuser de vouloir reporter le sommet du format Normandie, on utilise des moyens très malhonnêtes. J'ai l'impression que la signature de la formule Steinmeier avec des réserves peu compréhensibles et sous des formes étranges et compliquées, ainsi que la situation actuelle avec le retrait ou le non-retrait des forces et des moyens à Petrovskoïe et à Zolotoïe, visent à soulever la question du sommet du format Normandie, l'organisation de cette rencontre. J'ai également d'autres soupçons: j'ai l'impression que l'Ukraine exige l'organisation du sommet du format Normandie afin de revoir les ententes obtenues lors des rencontres précédentes des leaders de la Russie, de l'Ukraine, de l'Allemagne et de la France. Je pense que cela porterait un coup dur à la réputation de ce groupe. Nous ferons tout notre possible pour l'empêcher. 

 

 

 

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