29.10.2018:43

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 29 octobre 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

La dynamique de prolifération du nouveau coronavirus dans le monde au cours des deux derniers mois n'est pas rassurante. Malgré les efforts des épidémiologistes, des gouvernements nationaux et de toute la communauté internationale, le progrès atteint cet été dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 a commencé à s'atténuer. La hausse journalière globale du nombre de personnes infectées dans le monde entier, qui dépasse de 2 à 3 fois les indicateurs du printemps, témoigne de l'escalade de la morbidité. Selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), récemment, sur fond d'une hausse journalière moyenne de 350.000 cas, des sursauts journaliers record de plus de 465.000 malades ont été enregistrés. Le nombre de cas confirmés de contamination a dépassé la barre des 44 millions, dont près de 25% en octobre. Plus d'un million d'habitants de la planète sont morts de l'épidémie. Plus de la moitié de ces statistiques concernent les États-Unis, l'Inde et le Brésil. Une hausse record du nombre de personnes infectées a été constatée cette semaine en France, au Royaume-Uni, en Belgique, en Italie et en Espagne. Cette liste n'est pas exhaustive. Toute l'Europe se retrouve en "zone rouge". La situation ne s'améliore pas en Amérique latine et dans plusieurs pays d'Asie.

Selon les termes du Directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l'heure actuelle a été atteinte une "période critique de la pandémie actuelle, notamment dans l'hémisphère Nord". Dans les mois à venir, selon la plupart des experts médicaux, notamment des spécialités du Centre européen de contrôle et de prévention des maladies, la situation dans la plupart des pays ne fera que se détériorer. Dans ces conditions, les gouvernements nationaux sont contraints de durcir les mesures de quarantaine avec un accent sur les méthodes déjà appliquées, et qui ne nuiraient pas à l'économie - significativement affectée par la première vague de pandémie.

La situation épidémiologique autour des stations balnéaires étrangères traditionnellement prisées par nos touristes suit la tendance mondiale, bien que les autorités locales déploient des efforts actifs pour contrôler la prolifération de la Covid-19. Nous partons du principe que la situation au niveau des destinations touristiques reste très instable. Elle peut prendre à tout moment une tournure plus dramatique, se détériorer, comme c'est déjà le cas dans certaines régions du monde.

Conformément au décret 2649-r du Premier ministre de la Fédération de Russie Mikhaïl Michoustine du 14 octobre 2020, la communication aérienne réciproque a été rétablie avec la Serbie et Cuba, et à partir du 1er novembre reprendra la communication aérienne avec le Japon. Nous prions de nouveau nos citoyens de peser minutieusement tous les paramètres quand il prennent la décision de partir à l'étranger, tout en évitant des risques injustifiés.

 

Sur l'aide humanitaire accordée par le Vietnam à la Russie pour lutter contre la pandémie de coronavirus

 

Depuis le début de la pandémie, le gouvernement du Vietnam, plusieurs ministères, institutions et services municipaux, dans un esprit d'amitié et de partenariat stratégique global, ont transmis gratuitement à la Fédération de Russie plusieurs lots de masques de protection (près de 1 million d'unités au total) ainsi que de produits sanitaires et d'hygiène. La majeure partie a été envoyée à Vladivostok et sera remise à la Direction générale du Ministère russe des Situations d'urgence pour la région du Primorié. La réception par la Russie de 500 respirateurs artificiels assemblés au Vietnam sous la licence de l'un des plus grands producteurs mondiaux d'équipements médicaux est à l'étude. Nous remercions sincèrement nos partenaires vietnamiens pour leur aide et leur soutien.

Conformément aux accords à haut niveau et au sommet, la Russie et le Vietnam établissent une coopération étroite dans la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus entre les autorités et les organisations compétentes des deux pays. Une coopération efficace se poursuit sur la base du Centre tropical de recherche et de technologie russo-vietnamien. Nous procédons à un échange de spécialistes, et les contacts s'approfondissent au niveau des structures de recherche compétentes. De février à mai 2020, un groupe de virologues russes était présent au Vietnam, et le laboratoire mobile pour le diagnostic d'infections virales dangereuses transmis plus tôt aux chercheurs vietnamiens fonctionnait avec succès.

 

Sur les activités à venir au niveau du Ministère russe des Affaires étrangères

 

Cette semaine s'achève la présidence russe du Conseil de sécurité des Nations unies. Dans l'ensemble, on peut dire qu'elle a été nourrie et productive. Nous vous informerons en détail de ses résultats ultérieurement.

Aujourd'hui, sous la présidence du représentant permanent de la Russie auprès de l'Onu Vassili Nebenzia, se tiendront des débats ouverts du Conseil de sécurité sur le thème "Femmes, paix et sécurité". Je rappelle que cette année marque le 20e anniversaire de l'adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies à ce sujet.

Demain vendredi, le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko rencontrera la directrice politique du Ministère des Affaires étrangères du Portugal Madalena Fischer. Nous publierons un communiqué sur le site de notre ministère à l'issue de leur entretien.

 

Sur la situation au Haut-Karabakh

 

Nous continuons de recevoir beaucoup de questions concernant la situation autour du Haut-Karabakh. Pendant la précédente conférence de presse, j'ai commenté en détail une série de sujets liés à ce thème. Malheureusement, la situation dans la zone de conflit du Haut-Karabakh reste compliquée. La confrontation militaire perdure.

Dans ces conditions, pour la désescalade au plus vite du conflit et pour relancer les négociations, nous continuons d'entreprendre des efforts actifs aussi bien à titre national qu'au sein du Groupe de Minsk de l'OSCE.

Le Président russe Vladimir Poutine communique régulièrement avec les dirigeants de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie. La situation autour du Haut-Karabakh a été abordée par Vladimir Poutine avec le Président turc Recep Tayyip Erdogan le 27 octobre, par Sergueï Lavrov avec le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu le 27 octobre et avec le Ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian le 28 octobre. Le thème du Haut-Karabakh a été évoqué dans l'interview accordée par Sergueï Lavrov le 26 octobre 2020 à l'agence de presse Athènes-Macédoine.

Les communiqués de presse à l'issue des derniers contacts reflètent l'ossature principale de notre position. Je répète le plus important. Nous sommes très préoccupés par les activités militaires qui perdurent, l'implication de plus en plus grande dans les affrontements de mercenaires étrangers du Moyen-Orient. Le coût économique et social pour les parties en conflit a nettement augmenté. Nous sommes convaincus de l'absence d'alternative au règlement pacifique du problème, et de la nécessité de relancer les négociations dans le cadre des efforts des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE.

Vous le savez, le 23 octobre 2020 à Washington se sont déroulées des rencontres à part des ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan avec le Secrétaire d’État américain et les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. A l'issue de ces pourparlers, les parties ont réaffirmé leur intention de rétablir une trêve humanitaire à partir de 8 heures le 26 octobre 2020. Malheureusement, cette nouvelle tentative de la communauté internationale de faire cesser les activités militaires dans les délais impartis a échoué.

Afin d'évoquer les démarches à suivre, il a été convenu d'organiser une nouvelle rencontre des ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie avec les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE à Genève le 30 octobre 2020.

 

Sur la situation au Kirghizistan

 

La Russie continue de suivre l'évolution de la situation au Kirghizistan amical. Nous notons avec satisfaction qu'à l'heure actuelle la situation se stabilise progressivement.

Nous espérons que le nouveau gouvernement de la république fera tout pour consolider la situation dans le pays uniquement dans le cadre du droit, poursuivra la ligne de partenariat stratégique et d'alliance avec la Fédération de Russie, respectera les accords conclus plus tôt dans le domaine politique, militaire, économique, culturel et d'autres de la coopération bilatérale, ainsi que dans le cadre de l'UEE, de l'OTSC, de la CEI et de l'OCS.

 

Sur la réaction à la déclaration du Président de la Fédération de Russie concernant les démarches supplémentaires pour la désescalade de la situation en Europe dans les conditions de l'expiration du Traité FNI

 

Le 26 octobre, le Président russe Vladimir Poutine a évoqué des démarches supplémentaires pour la désescalade de la situation. Sa déclaration a réaffirmé la proposition aux pays de l'Otan de décréter un moratoire sur le déploiement en Europe de missiles terrestres à portée intermédiaire, identique au moratoire décrété par la Russie. Il a été proposé d'étudier des mesures de vérification pour répondre aux préoccupations réciproques en la matière.

A cet égard, on notera la rapidité avec laquelle certains membres de l'Otan, sans même chercher à comprendre le fond des propositions russes, les rejettent. Difficile de considérer cette position des Européens autrement que comme un signe de réticence à chercher ensemble une solution mutuellement acceptable à la crise dans le domaine des missiles, dont les États-Unis et leurs alliés de l'Otan qui soutiennent inconditionnellement Washington sont entièrement responsables.

Nous notons en particulier que dans sa déclaration, le Président russe a proposé d'étudier des mesures de vérification mutuelle concrètes qui répondraient directement aux préoccupations à la fois de la Russie et de l'Otan. Nous espérons que les capitales des pays de l'Alliance pourront analyser de manière impartiale l'initiative russe. Nous comptons sur une réaction constructive. La Russie reste ouverte à un travail équitable et constructif visant à minimiser les conséquences négatives de l'effondrement du Traité FNI par la faute des États-Unis, à rétablir la confiance et à renforcer la sécurité régionale et internationale.

 

Sur l'entrée en vigueur du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires

 

Le 22 janvier 2021 entrera en vigueur le Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN), qui a récemment réuni le nombre nécessaire de ratifications des pays signataires. L'évolution de la situation autour de ce document controversé est regrettable.

Nous rappelons que ce Traité a été élaboré sans la participation de la Russie et d'autres puissances nucléaires. Les raisons pour lesquelles nous n'avons pas participé à son élaboration sont bien connues.

Premièrement, nous ne constatons aucune "lacune juridique" dans le domaine du désarmement nucléaire. Nous notons que le TIAN a été élaboré sans tenir compte des principes fondamentaux du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) qui, selon nous, doivent être appliqués de manière consécutive et sans déformations.

Deuxièmement, nous sommes convaincus que c'est uniquement sur la base d'un consensus entre tous les intéressés, y compris les pays disposant de l'arme nucléaire conformément au TNP, qu'il est possible de s'entendre sur une question aussi sérieuse que le désarmement nucléaire

Troisièmement, nous jugions inacceptable le cadre conceptuel des négociations sur le TIAN, qui ignoraient au fond le contexte stratégique et analysaient la suppression des armes nucléaires de façon détachée des réalités de la sécurité internationale.

Nous respectons les opinions de ceux qui prônent l'abandon de l'arme nucléaire. La Russie est immuablement attachée au noble objectif qu'est la construction d'un monde non nucléaire. Cependant, nous ne partageons pas les approches pour atteindre cet objectif qui impliquent un forçage artificiel et non préparé du processus de désarmement nucléaire. C'est pourquoi nous considérons l'élaboration du TIAN et sa promotion comme une erreur.

Nous ne voyons pas comment le TIAN pourra apporter une contribution pratique au processus de réduction des armes nucléaires. De plus, il est évident pour nous que ce Traité provoque des différends supplémentaires et un isolement entre les États. Il pourrait infliger un préjudice irréparable au TNP et au système de non-prolifération nucléaire construit sur sa base.

Nous sommes convaincus qu'un véritable progrès sur la voie du désarmement nucléaire ne peut être garanti que sur la base d'un consensus, dans des conditions de stabilité et de sécurité internationales en renforçant la sécurité de tous les pays sans exception. Le TIAN ne répond clairement pas à ces critères. Nous ne soutiendrons pas, ne signerons pas et ne ratifierons pas ce Traité. Il ne sera pas obligatoire pour la Fédération de Russie. Nous ne pensons pas qu'il fixe de nouveaux standards ou normes, et estimons qu'il ne contribue pas au développement du droit international ordinaire.

Comme avant, la Russie est prête à continuer d'apporter une grande contribution pour libérer le monde de la menace représentée par l'arme nucléaire. Dans ce contexte, nous restons attachés à la poursuite des efforts individuels et collectifs dans le cadre du TNP afin de réaliser les fins et les objectifs du désarmement nucléaire dans les conditions d'une sécurité égale et indivisible pour tous.

 

Sur les déclarations des États-Unis sur le déploiement d'armes hypersoniques et balistiques en Europe pour contenir la Russie

 

Nous avons remarqué les déclarations faites le 28 octobre par le conseiller du Président américain à la sécurité nationale Robert O'Brien lors d'une activité de l'ONG washingtonienne Hudson Institute, selon lesquelles les États-Unis seraient prêts à déployer des armes hypersoniques et balistiques en Europe pour "contenir la Russie".

Compte tenu des déclarations que se permettent les représentants politiques américains, je suggère à l'élite politique américaine de ne pas contenir la Russie, mais de se contenir elle-même.

L'obstination avec laquelle les États-Unis cherchent à créer des prémisses à l'apparition en Europe d'une nouvelle "crise de missiles" est vraiment consternante.

Les propos concernant le déploiement de missiles américains en Europe sont particulièrement cyniques suite à la déclaration du Président russe du 26 octobre 2020, qui a non seulement réaffirmé l'attachement de notre pays au moratoire sur le déploiement de missiles terrestres à portée intermédiaire dans la région européenne, mais a également proposé aux pays de l'Otan, et donc aux États-Unis, plusieurs idées pratiques pour mettre en place des mesures de vérification réciproques afin de répondre aux préoccupations en matière de missiles.

Nous appelons Washington et ses alliés à étudier attentivement notre initiative et à y réagir de manière constructive.

Nous avons déjà expliqué plusieurs fois que le déploiement d'armements balistiques interdits auparavant serait une démarche extrêmement risquée et déstabilisante. C'est pourquoi la Russie a décrété un moratoire unilatéral sur le déploiement de tels systèmes dans les régions où n’apparaîtront pas de systèmes américains similaires. Cet engagement reste entièrement en vigueur.

Nous sommes certains que les actes évoqués par Robert O'Brien ne renforceront pas du tout la sécurité des États-Unis et de leurs alliés. La seule chose que Washington réussira à "contenir" par de telles méthodes, ce sont les tentatives des Européens de faire preuve d'autonomie et d'établir des relations constructives avec la Russie en matière de sécurité et de stabilité. De toute évidence, c'est précisément l'objectif visé aujourd'hui par Washington.

Nous sommes convaincus que dans ce contexte, la seule démarche raisonnable et justifiée serait de chercher ensemble une solution mutuellement acceptable à la situation actuelle par des méthodes politiques et diplomatiques. La Russie reste ouverte à un travail équitable et constructif pour rétablir la confiance, renforcer la sécurité internationale et la stabilité stratégique.

 

Sur l'interview du Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg accordée aux médias norvégiens

 

Nous avons remarqué l'interview accordée par le Secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg aux médias norvégiens, publiée à l'issue de la réunion (en visioconférence) des ministres de la Défense des pays membres de l'Alliance atlantique les 22 et 23 octobre 2020.

Malheureusement, ses déclarations ne contiennent rien de nouveau. Rien de positif non plus. Il répète la thèse selon laquelle "l'Otan doit faire face aux menaces de l'Est", parmi lesquelles la Russie est considérée comme la principale, évidemment. Cela nécessite, selon Jens Stoltenberg, de nouvelles sanctions, de renforcer les armements et les exercices militaires, d'acheter de nouveaux moyens de défense antiaérienne et antimissile, ainsi que de renforcer la défense civile et la protection de l'infrastructure.

Il est évident que l'Alliance continue d'utiliser le mythe de la prétendue "menace russe" pour justifier le renforcement de son potentiel militaire déjà gonflé sans fondement au lieu de réagir aux défis réels.

Le Secrétaire général de l'Otan a également abordé le thème de l'espace, qui a été reconnu par l'Alliance comme un autre milieu opérationnel en plus de la terre, de la mer, de l'air et du cyberespace lors du sommet de 2019 à Londres. Jens Stoltenberg affirme qu'il n'y a pas de plan de militariser l'espace, mais cela suscite de sérieux doutes. Jusqu'à présent, les actions de l'Alliance dans chaque milieu opérationnel étaient soumises à une seule logique: obtenir la supériorité militaire. Cette ligne risque de provoquer une course aux armements et un renforcement de la confrontation. Il faut tout faire pour que l'espace reste l'arène d'une coopération internationale pacifique, pour créer des mécanismes juridiques fiables afin d'empêcher sa militarisation.

 

Sur les déclarations antirusses du Ministère des Affaires étrangères du Danemark

 

Malheureusement, la rhétorique antirusse dans l'espace public est devenue une habitude chez les partenaires danois. En témoigne de nouveau la récente déclaration du Ministère des Affaires étrangères du Danemark, qui a soutenu les accusations du Ministère américain de la Justice contre les renseignements russes, responsables selon eux d'une cyberattaque avec le virus NotPetya en 2017.

Les autorités danoises esquivent une discussion objective sur les préoccupations réciproques lors des contacts bilatéraux, et nos multiples propositions pour la recherche de solutions conjointes en matière de cybersécurité restent sans réponse.

Les déclarations infondées sur la nécessité de traduire en justice les responsables pour préserver un cyberespace libre et ouvert, ainsi que les accusations gratuites de citoyens russes d'implication dans des cyberattaques ajoutent de la négativité aux relations bilatérales qui se sont déjà significativement dégradées ces dernières années par la faute de Copenhague.

 

Sur le maintien de la ligne de Kiev visant à durcir la censure contre la production imprimée russe

 

Le Comité d’État ukrainien pour la télévision et la radio s'est récemment distingué par une nouvelle action antirusse. Il a interdit l'entrée en Ukraine de plusieurs livres éducatifs pour enfants publiés en Russie. Selon le régulateur ukrainien, ils contiennent une propagande de "l’État-agresseur" et du régime communiste. Cela inclut des livres comme "Transport" et "Pourquoi le ciel est bleu". Les autorités ukrainiennes y voient une idéologie totalitaire.

La décision de ce Comité stipule que depuis mai 2017, quand est entré en vigueur le décret du Cabinet ukrainien sur la régulation de l'entrée de production imprimée depuis "l’État-agresseur", ont été annoncés 4162 refus de délivrer des autorisations pour l'entrée de produits de l'édition de Russie. Depuis mars 2019, sur décision du Conseil de sécurité nationale et de défense de l'Ukraine concernant des sanctions supplémentaires contre les personnes physiques et morales russes, le Comité a suspendu 11.894 autorités délivrées plus tôt pour l'entrée de produits imprimés russes.

Ces informations confirment ce que nous disons depuis longtemps: l'Ukraine mène une guerre ouverte contre la langue russe, enfreint les droits de millions de citoyens russophones. Ils sont simplement privés d'accès à la littérature scientifique, journalistique, de fiction et pour enfants, aux films, aux émissions de télévision et à l'éducation en russe. Les concerts d'artistes, de musiciens et d'autres personnalités culturelles russes sont interdits.

Malheureusement, les structures internationales des droits de l'homme ne réagissent pas dûment à cette ukrainisation forcée, ce qui permet aux autorités ukrainiennes de sentir leur impunité et de continuer d'ignorer les normes des droits de l'homme. Je voudrais répéter qu'on ne parle pas ici d'une violation des droits des minorités nationales, mais des droits des millions d'habitants russophones dont les Russes ethniques, les Ukrainiens, les Biélorusses, les Arméniens, les Juifs et bien d'autres nationalités.

Nous appelons la communauté internationale à ne pas ignorer l'arbitraire juridique en Ukraine et à appeler Kiev à respecter ses engagements en matière de droits de l'homme, y compris en garantissant les droits et les libertés légitimes des citoyens russophones de ce pays.

 

Sur l'inaction des forces de l'ordre américaines après une attaque contre des journalistes russes à Philadelphie

 

Des informations très négatives nous sont parvenues aujourd'hui des États-Unis concernant des journalistes russes. Nous sommes indignés par l'inaction scandaleuse des représentants des forces de l'ordre américaines face à l'attaque contre les correspondants de l'équipe de tournage de Perviy Kanal à Philadelphie le 28 octobre 2020. Alors qu'ils tournaient un reportage pratiquement au centre de la ville, les journalistes russes ont été encerclés par des maraudeurs et ont dû se défendre par leurs propres moyens. Malgré la résistance qu'ils ont opposée, ils ont perdu tous leurs équipements professionnels et ont été blessés.

Les forces de l'ordre non seulement n'étaient pas à proximité au moment même de l'attaque, mais n'ont apporté aucune contribution quand les journalistes blessés ont directement demandé de l'aide à la patrouille de police la plus proche, qui a simplement refusé de se rendre sur les lieux. Les agents de police à qui les Russes ont ensuite demandé de l'aide n'ont pas non plus pu aider les victimes de l'attaque.

Un tel niveau d'impunité pour des crimes contre des journalistes ressemble davantage aux chroniques des théâtres d'opérations extérieures et ne correspond pas du tout à l'image de défenseur des valeurs démocratiques que les États-Unis promeuvent d'eux sur la scène internationale. Après cette histoire, honnêtement, j'ai une question pour Michael McFaul, ancien Ambassadeur de Barack Obama en Russie. Quel pays avez-vous qualifié de "barbare"? Je comprends qu'il n'y aura pas de réponse concrète ou que la réponse sera donnée dans un style particulier. Je peux peut-être moi-même répondre à cette question: simplement, vous avez bien appris à cacher pendant des décennies les problèmes dans votre propre pays et à accuser de tout les autres pays.

L'inaction des forces de l'ordre américaines semble particulièrement cynique à l'approche de la Journée internationale de la fin de l'impunité pour les crimes commis contre des journalistes, à l'occasion de laquelle les États-Unis, qui font partie du Groupe des amis pour la sécurité des journalistes à New York, devraient adhérer à la déclaration conjointe en la matière. Je rappelle que cette journée est célébrée le 2 novembre.

Nous exigeons de Washington qu'une enquête rigoureuse soit menée sur toutes les attaques contre des journalistes russes.

Un autre incident extrêmement révoltant est survenu le 27 octobre à l'aéroport de New York, cette fois ayant touché un correspondant de RT. Les forces de l'ordre avaient, au contraire, beaucoup de temps libre pour organiser un interrogatoire détaillé du journaliste russe. La raison principale et non dissimulée de leurs provocations était la citoyenneté russe du journaliste, ainsi que son activité professionnelle.

Ces actions des renseignements du pays "le plus démocratique du monde", comme il se proclame, la pratique de l'intimidation, de la pression et de l'oppression contre des journalistes, la discrimination nationale de citoyens russes, suscitent une indignation et une déception globales. Nous considérons ces actions des États-Unis comme une entrave directe au travail des médias libres et indépendants, une restriction de la liberté d'expression - ce qui est contraire aux engagements internationaux des États-Unis.

Dans l'ensemble, il faut replacer cette situation dans une certaine conformité, la reconduire dans un état harmonieux. La police doit rétablir l'ordre et défendre les journalistes contre les actions illégitimes, et non les interroger quand ils exercent leur activité professionnelle.

 

Sur la signature, par le Président russe Vladimir Poutine, de la loi fédérale sur la ratification de la Convention européenne relative à la suppression de la légalisation des actes établis par les agents diplomatiques ou consulaires

 

Le 27 octobre 2020, le Président de la Fédération de Russie a signé la loi fédérale sur la ratification de la Convention européenne relative à la suppression de la légalisation des actes établis par les agents diplomatiques ou consulaires.

Cette Convention prévoit une simplification de la procédure de reconnaissance des documents délivrés par les ambassades et les établissements consulaires des pays membres de la Convention. Les signataires sont exemptés de la légalisation de documents rédigés par les agents diplomatiques ou consulaires.

La Convention européenne a été signée par la Fédération de Russie le 22 janvier 2016. Conformément au paragraphe 3 de l'article 6 de la Convention, elle entrera en vigueur en Russie trois mois après la remise de la lettre de ratification de la Convention au Secrétaire général du Conseil de l'Europe, qui est le dépositaire des traités européens.

24 pays participent à cette Convention, dont le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et la Turquie. Environ 1,5 million de Russes vivent sur le territoire des États parties de la Convention.

La simplification dans la reconnaissance des documents instaurée par la Convention européenne s'appliquera également aux citoyens des États parties de la Convention quand ils présenteront aux organisations russes des documents délivrés par les établissements diplomatiques et consulaires de ces pays.

 

Sur la première réunion de la commission pour la mise en œuvre de l'accord sur la coopération commerciale et économique entre l'UEE et la Chine

 

Le 28 octobre 2020 s'est tenue la première réunion de la Commission conjointe pour la mise en œuvre de l'accord sur la coopération commerciale et économique entre, d'un côté, l'UEE et ses pays membres, et, de l'autre, la Chine, signé en mai 2018 et entré en vigueur en octobre 2019.

La mise en place de cette plateforme constitue le début d'une nouvelle étape de l'association de l'UEE avec l'initiative chinoise "La Ceinture et la Route". Je rappelle que ce travail a duré cinq ans, conformément à l'entente entre nos dirigeants. La Chine est le principal partenaire commercial et une source d'investissements importante pour la plupart des pays membres de l'UEE: sa part dans les échanges totaux de l'Union avoisine les 20%.

Notre disposition commune à créer en Eurasie un espace de coopération équitable et mutuellement avantageuse donne une actualité particulière au transfert du projet d'association du plan des initiatives d'intégration vers celui de la pratique. Un grand espoir repose aujourd'hui sur le renforcement de l'intégration régionale en tant que moyen efficace pour surmonter les conséquences économiques de la pandémie du nouveau coronavirus.

La Chine soutient l'initiative de créer le Grand partenariat eurasiatique avancée par le Président russe Vladimir Poutine, et l'association des plans de développement de l'UEE avec la stratégie "La Ceinture et la Route" est appelée à créer pour cela une solide base normative et de projets.

La réunion a débouché sur la validation du Règlement de la Commission conjointe, un accord sur la préparation d'une feuille de route d'association, la mise au point d'un schéma de travail des "points de contact" des parties, ainsi que la planification de solutions pour relancer le commerce et les principaux domaines de la coopération sectorielle: les exportations en Chine de produits agricoles écologiquement propres, le développement de l'infrastructure logistique et de transport, la numérisation, les technologies intelligentes, et la coopération dans la régulation douanière. Les interlocuteurs sont convenus de se soutenir dans le cadre de l'OMC et d'autres mécanismes multilatéraux afin de lutter contre le protectionnisme d'autres pays et protéger les intérêts des compagnies de l'UEE et de la Chine.

Les collègues chinois ont proposé d'organiser la prochaine réunion de la Commission conjointe en 2021 à Pékin.

Je voudrais ajouter qu'à la veille de la réunion du 28 octobre, la Commission économique eurasiatique et le Ministère chinois du Commerce ont organisé  les 26 et 27 octobre un grand forum vidéo sur le thème de l'association de l'Union économique eurasiatique et de l'initiative "La Ceinture et la Route". Ses sessions ministérielle et d'experts ont permis d'évoquer en détail le renforcement de la coopération avec la Chine dans différents domaines. Le forum a suscité un grand intérêt parmi les représentants des milieux d'affaires et de la communauté d'experts.

 

Sur les anniversaires de l'indépendance d'Antigua-et-Barbuda et du Commonwealth de Dominique

 

A l'approche de la célébration des anniversaires de l'indépendance d'Antigua-et-Barbuda (1er novembre 1981) et du Commonwealth de Dominique (3 novembre 1978), nous voudrions féliciter ces pays des Caraïbes.

Beaucoup les associent à l'image d'îles tropicales exotiques. Sans diminuer leurs avantages touristiques, je voudrais mettre l'accent sur autre chose: pour la Russie, ces pays des Caraïbes, malgré les milliers de kilomètres qui nous séparent, sont depuis longtemps devenus proches spirituellement et dans leur aspiration à défendre leurs intérêts nationaux et leur souveraineté. Il est rare de voir aujourd'hui un tel niveau de véritable indépendance même chez les pays ayant une histoire bien plus longue.

Nous sommes ravis d'avoir, en la personne des peuples de ces pays, des amis sincères dans la région ouverts au développement d'une coopération constructive basée sur le respect mutuel et l'équité aussi bien au format bilatéral que sur les plateformes multilatérales.

J'en profite donc pour féliciter, au nom du Ministère, les peuples de ces pays et leurs gouvernements à l'occasion de leur fête, ainsi que pour exprimer nos meilleurs vœux de paix et de prospérité.

 

Réponses aux questions:

Question: Hier est apparue une information sur "l'ingérence" de la Russie dans les relations hispano-catalanes. Une investigation espagnole indique que le Kremlin serait soupçonné de désinformation et de déstabilisation de la situation. De plus, une conversation téléphonique a été interceptée dans laquelle un représentant russe proposerait au président catalan 10.000 soldats et un remboursement total de la dette. Cette affaire est actuellement examinée au tribunal. Que pouvez-vous dire de ces déclarations?

Réponse: Nous avons reçu des questions similaires de la part d'autres médias, notamment de la chaîne espagnole TVE.

Nous avons remarqué les publications de plusieurs médias espagnols hier, se référant à un enquêteur espagnol participant au procès sur les circonstances liées au "référendum" catalan de 2017. Ces publications parlent de prétendues preuves d'ingérence de la Russie dans ce processus, du côté des forces séparatistes.

Il s'agit d'accusations - d'une absurdité hors normes - contre un "certain groupe de citoyens russes" qui auraient été prêts en 2017 à apporter à la Catalogne en 2017 une aide financière et même militaire en cas de proclamation par cette communauté espagnole autonome de son indépendance de l'Espagne. Ces déclarations s'appuient uniquement sur les dépositions des représentants des forces séparatistes qui sont poursuivis. Ces personnes sont manifestement prêtes à tout, même aux déclarations les plus incroyables et aventureuses, dans un seul but: internationaliser à tout prix le procès et attirer le plus possible l'attention de la communauté internationale sur leur bataille contre l’État espagnol. Le calcul est clair. La mention de notre pays dans ce contexte, certainement, s'inscrit on ne peut mieux dans le cadre de la propagande antirusse attisée en Occident ces dernières années, et doit sembler véridique.

Nous y réagissons calmement. Mais ce qui étonne et surprend est la disposition de certains médias espagnols à croire à de tels fakes, à prendre au sérieux et à relayer des accusations notoirement mensongères et infondées contre la Russie, relevant du registre de la "presse jaune", en négligeant les faits objectifs. Ces actions ne mènent à rien d'autre qu'à un préjudice pour les relations russo-espagnoles.

Je voudrais également attirer votre attention sur les déclarations faites par la Russie, notamment au niveau du Ministère russe des Affaires étrangères, au moment où ces événements se sont produits. C'est la position officielle de la Fédération de Russie, qui a non seulement été déclarée, mais appliquée.

Question: Hier a été bombardée la ville pacifique de Barda, en Azerbaïdjan, qui se trouve loin de la zone des activités militaires. Plus de 20 personnes ont été tuées et plus de 70 ont été blessées. Que pouvez-vous dire au sujet de cette situation du point de vue du droit international? C'est une violation de la Convention de Genève et un crime de guerre.

Quel objectif poursuit l'Arménie en bombardant des villes pacifiques en Azerbaïdjan, où il n'y a absolument aucun site militaire?

Réponse: Nous sommes très préoccupés par la mort de civils des deux côtés durant le conflit. Depuis le début, nous essayons de faire cesser le feu pour que la situation entre dans un cadre politique et diplomatique.

Comme je l'ai déjà mentionné pendant cette conférence de presse, des représentants de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan se rencontreront demain à Genève avec les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE.

A l'ordre du jour de cette réunion figureront également des questions relatives au droit international humanitaire, notamment à la mise en œuvre des accords conclus à Moscou le 10 octobre (sur le cessez-le-feu et l'échange de prisonniers et des corps des défunts).

Question: Selon les dernières informations, des frappes ont été portées hier par des avions turcs F-16 contre des sites civils de l'infrastructure d'Artsakh: une maternité et une école ont été touchées. La Turquie déclare ouvertement son plein soutien, notamment militaire, à l'Azerbaïdjan. Compte tenu de la situation dans le Haut-Karabakh, y a-t-il des raisons d'instaurer, conformément au droit international, un embargo international sur la fourniture de produits militaires contre la Turquie afin d'éviter l'envoi d'armes et d'équipements militaires, ainsi que d'effectifs, dans la zone du conflit du Haut-Karabakh afin que les parties reviennent à la table des négociations? Que pense la Russie d'une telle option?

Réponse: Nous avons déjà répondu à cette question. Je peux répéter en citant une récente interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov: "Nous appelons tous les acteurs extérieurs à tout faire pour empêcher l'escalade du scénario militaire, à refroidir les émotions des parties, à intensifier le travail pour créer les conditions pour relancer le processus de paix." Nous faisons tout (j'en ai déjà parlé aujourd'hui) pour faire passer la situation dans un cadre politique, diplomatique et pacifique.

Question: Êtes-vous satisfaite de l'évolution des relations entre la Russie et les États-Unis depuis quatre ans?

Réponse: C'est une drôle de question, essayons d'y répondre sérieusement. Évaluer les quatre années de présidence de Donald Trump du point de vue du développement des relations russo-américaines peut se faire de nombreuses manières. D'un côté, nous avons vu la volonté de Donald Trump d'améliorer les relations bilatérales, il a établi un bon dialogue avec le Président russe Vladimir Poutine, certains accords ont été conclus. Malheureusement, la normalisation de la coopération a été sérieusement entravée par le fait que les relations avec la Russie se sont retrouvées en otage des querelles politiques américaines intérieures. Le thème russophobe était constamment attisé par certaines forces pour ternir les concurrents et marquer des points politiques. Ce qui empêchait évidemment une coopération normale.

De notre côté, nous avons tenté de changer quelque chose, essayé d'entamer un dialogue constructif avec les partenaires américains. Mais souvent Washington refusait même les contacts sur les problèmes dont le règlement serait particulièrement bénéfique pour les États-Unis.

Certes, il y a eu des choses positives. Le dialogue politique a été maintenu à haut niveau et au sommet, notamment sur la stabilité stratégique. Non sans problèmes, mais d'une manière assez intense, nous avons coordonné le règlement de crises régionales. En particulier directement entre les ministères de la Défense. A titre d'exemple: la pratique productive de la désescalade en Syrie, dont nous vous avons régulièrement informés - dommage que CNN ait diffusé peu de reportages sur ce thème. Des contacts se sont poursuivis au niveau des entreprises, tout comme la coopération entre les structures sociales, les établissements scientifiques et éducatifs. Malheureusement, une grande partie du travail positif s'est retrouvée dans l'ombre de l'hystérie antirusse qui a frappé l'Amérique et qui prend de l'ampleur à l'approche de l'élection présidentielle.

Question: Dans quelle mesure êtes-vous préoccupée par le fait que les relations entre les pays vont se détériorer indépendamment de savoir qui sera le prochain président des États-Unis?

Réponse: Nous évaluons de manière réaliste les perspectives de la coopération dans les conditions actuelles et ne plaçons pas la barre des attentes plus haut. La politique de Washington est aujourd'hui ouvertement antirusse: les autorités américaines continuent de décréter des sanctions contre nos pays, ce qui est un exemple scandaleux de "jeu malhonnête" de Washington qui cherche ainsi à s'assurer des avantages concurrentiels déloyaux dans l'économie mondiale. Des démarches hostiles sont engagées, telles que les tentatives de bloquer le projet de gazoduc Nord Stream 2. La situation dans le secteur militaro-politique est très alarmante. Les actions pratiques des États-Unis revêtent depuis longtemps un caractère destructif. Je fais allusion au déploiement de l'ABM, à l'effondrement du Traité FNI, à l'indétermination qui perdure concernant la prolongation du START.

Néanmoins, nous ne perdons pas espoir qu'après les élections le bon sens prendra progressivement le dessus. Que Washington comprendra enfin que miser sur l'imposition de mythes antirusses ne nous nuit pas mais contribue plutôt à l'attisement de passions politiques et de l'atmosphère de méfiance au sein même de la société américaine.

Nous espérons également que les collègues américains prendront conscience du fait que les plus grands problèmes de notre époque, de la maîtrise des armements au règlement des crises régionales en passant par la pandémie de coronavirus, ne peuvent être réglés qu'en unissant les efforts et les potentiels des principaux acteurs mondiaux. Dans ce sens, la coopération durable et prévisible entre la Russie et les États-Unis en tant que garants responsables de la stabilité et de la sécurité internationales repose sur la prise en compte des intérêts réciproques et correspond aux besoins de toute la communauté internationale.

Question: La Russie et les États-Unis peuvent-ils normaliser les relations pendant la prochaine présidence, ou les relations sont-elles sont désespérément détériorées?

Réponse: Bien évidemment, le flux interminable de mesures antirusses, la rhétorique franchement antirusse et les mesures hostiles de Washington ont infligé un sérieux préjudice aux relations russo-américaines qui, il faut le dire (je pense que la chaîne CNN le sait bien), étaient déjà dans un état déplorable avant l'arrivée au pouvoir de l'administration Trump. Pour une raison qu'on ignore, cela n'inquiétait pas CNN à l'époque. Dans les conditions d'une telle orientation antirusse de l'establishment washingtonien, il ne faut pas exclure de nouvelles tentatives d'enterrer définitivement la coopération bilatérale.

Néanmoins, nous espérons que quand les passions électorales s'apaiseront aux États-Unis, ils feront également preuve de leur disposition ou au moins de leur intérêt à redresser les relations.

Nous avons répété plusieurs fois que nous étions prêts à faire notre partie du chemin dans la normalisation des relations bilatérales avec les États-Unis, bien évidemment, en présence d'une disposition réciproque de l'autre côté de l'océan. Nous sommes ouverts à une coopération en plein format, sachant que nous comprenons et espérons qu'elle s'appuiera sur les principes d'équité et de respect des intérêts nationaux réciproques.

Je voudrais souligner une nouvelle fois que nous sommes prêts au dialogue et au travail commun avec le vainqueur de la course présidentielle, indépendamment de son parti. Et si la situation changeait dans le sens positif, je pense que dans un avenir prévisible s'ouvriraient des possibilités pour faire quelque chose de palpable, avancer dans la recherche de solutions mutuellement acceptables sur les problèmes d'actualité figurant à l'ordre du jour bilatéral et international.

Question: Le représentant spécial des États-Unis pour l'Afghanistan Zalmay Khalilzad a déclaré qu'il était déçu par la réticence des parties afghanes à se réconcilier compte tenu du niveau de violence qui ne s'apaise pas dans le pays. Selon lui, cette opportunité de règlement politique pourrait être perdue.

La Russie avait déjà organisé plusieurs négociations interafghanes sur son territoire. Quelles démarches pourrait entreprendre la Russie si les négociations au Qatar n'apportaient pas de résultats?

Réponse: Cette question est déjà orientée d'une certaine manière sur l'échec du processus de paix interafghan lancé dans la capitale du Qatar. Abstenons-nous pour l'instant de telles formulations. Malgré une certaine stagnation pour déboucher sur un consensus entre les délégations de Kaboul et des talibans sur les questions procédurales, nous espérons tout de même que les parties feront preuve de souplesse et entameront les négociations sur le fond, faisant ainsi bouger le processus du point mort.

Même si, effectivement, à l'aube du dialogue interafghan la Russie a mis plusieurs fois à disposition sa plateforme pour la réunion de différentes forces politiques de l'Afghanistan et des talibans afin de régler la situation et d'instaurer la paix en Afghanistan. La réunion de 2019 à Moscou a permis d'intensifier le processus de paix en Afghanistan. Les participants à cette activité avaient noté la grande importance de nos efforts pour contribuer à la réconciliation nationale.

Nous n'excluons pas à terme l'organisation de négociations interafghanes sur le territoire russe si les parties impliquées en exprimaient la volonté.

 

 

 

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