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2.09.1916:22

L’article de S.E.M. Igor BELIAEV, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de Russie en Algérie intitulé « Le début de la deuxième guerre mondiale: des lessons que l’on ne doit pas oublier » publié le 31 aout 2019 dans l’Expression

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Le 1 Septembre 2019 le monde commémora avec tristesse et chagrin le 80ème anniversaire du début de la Deuxième Guerre Mondiale qui a été une des tragédies les plus horribles pour toute la civilisation humaine, non seulement pour celle d’Europe, et a divisé le XXème siècle en deux périodes – «avant» et «après».

L’agression d’Allemagne hitlérienne contre la Pologne a été pour la Russie un prologue à la Grande Guerre Patriotique, le 75ème anniversaire de la victoire dans laquelle nous célèbrerons au mois de mai prochain. Cette guerre a été un terrible coup pour le peule Soviétique. L’agression allemande contre notre pays a été la plus brutale et impitoyable. Hitler a tenté non seulement de briser notre volonté, d’asservir la Russie et les autres républiques soviétiques faisant partie de l’URSS, mais aussi d’exterminer la majorité de leur population. Nos pères et grands-pères se sont vu obligés non seulement de protéger leur propre pays mais aussi de contribuer de manière décisive à la défaite du nazisme, à la libération du monde entier de l’asservissement nazi.                  

27 millions de morts – c’est un prix qu’aucun Etat n’a jamais payé pour une victoire pendant toute l’histoire de l’humanité. Des avis de décès arrivaient chez chaque (sans exagération !) famille russe. C’était toute une génération dont la routine a été cassée. Même les problèmes démographiques d’aujourd’hui représentent en grande partie l’héritage de la guerre. Il est impossible de comprendre la Russie et ses soucis si on n’est pas conscient de ce que notre peuple a survécu pendant cette guerre et de l’expérience tragique qu’il a acquise au front et à l'arrière-front. On ne percevra pas notre attitude particulaire envers l’armée et les défenseurs de la Patrie. On ne comprendra pas d’où notre rejet de toute forme de guerre vient.

De vifs souvenirs du temps difficile et menaçant de la guerre, l’hommage et reconnaissance aux vétérans de la guerre, le deuil intemporel du peuple sont indissociables pour toujours dans les cœurs de notre peuple. Ayant autant souffert les héros de cette guerre ont non seulement survécu mais aussi  tenu bon et gagné. C’est pourquoi il n’est pas par hasard qu’aujourd’hui des millions de descendants reconnaissants sortent chaque 9 mai dans les rues de villes dans notre pays et à l’étranger pour le défilé majestueux du «Régiment immortel».

L’histoire de la Deuxième Guerre Mondiale a été réécrite a maintes reprises. Malheureusement, aujourd’hui il y a trop de mensonge éhonté autour de cet évènement. D’aucuns mû par leurs intérêts privés conjoncturels s’attribuent les mérites qui ne les reviennent pas, d’autres essaient de se décharger la responsabilité des crimes commises, les autres ne cessent à exploiter le mémoire des victimes et des héros tombés.

Il y a quelques décennies personne n’aurait l’idée de comparer l’agression nazie visant à l’asservissement et l’extermination de peuples entiers aux mesures défensives de l’Union Soviétique qui s’est révélé la seule puissance du monde capable de vaincre l’Etat nazi criminel. Pourtant aujourd’hui nous voyons déjà des tentatives flagrantes de le faire. Car chaque année il reste de moins en moins de vrais témoins de cette tragédie pour qui la rapidité de l’offensive de l’Armée Rouge a été une question de vie ou de mort.

Il n’est pas très surprenant que de telles tentatives sont essentiellement entreprises par  des pays qui ont démontré juste avant la Deuxième Guerre Mondiale des modèles d’hypocrisie historique jusqu’à ici inégalés. En particuliers, pour ne pas parler de la trahison de Munich de 1938 (ses participants ont été l’Allemagne, la France, L’Angleterre et l’Italie) qui a mené à l’occupation de la Tchécoslovaquie aussi bien qu’à la signature ultérieure de la déclaration de non-agression mutuelle anglo-allemande et franco-allemande, certains partenaires occidentaux tiennent à mettre l’accent sur  le pacte Molotov-Ribbentrop  de 1939 qui a été pour notre pays une mesure nécessaire de défense dans les conditions de la réorientation de l’agression allemande vers l’Orient ayant pour cause des efforts des Etats susmentionnés.     

La politisation de l’histoire  s'est transformée en affaire d’Etat dans plusieurs pays. De fait, ces falsificateurs oublient souvent ce qu’ils ont obtenu garce à la campagne de libération par l’Armée Rouge, y compris sur le plan territorial. La victoire sur le nazisme et les évènements qui avaient précédé la guerre, quelle que soit l’attitude envers eux, ont donné à tous les pays d’Europe Centrale, de l’Est, du Sud-Est ainsi que de l’espace postsoviétique les frontières modernes qui ne suscitent pas l'objection de la majorité écrasante des pays du monde.  

La négation du rôle clé de l’Union Soviétique dans la victoire сcommune sur le nazisme, qui a servi de motivation puissante d'unification pour tous les membres de la Coalition antihitlérienne, paraît fortement ridicule et même absurde. En même temps peu de monde se pose la question à savoir qui a nourri et a provoqué l’agression d’Hitler contre l’URSS ? Qui a sapé tous les efforts de notre pays d’assurer la paix en Europe ? Et qui a subi finalement le coup principal et ensuite a repoussé l’invasion nazie ? Permettez-moi de vous rappeler que les trois quarts des forces armées d'Allemagne nazie, à savoir ses unités les plus expérimentées et prêtes au combat, ont été vaincues par notre pays seul, et seulement un quart a été battu par les autres alliés ensemble. Et ce sont, après tout, les États qui ont poursuivi à l’époque une politique de pacification d'Allemagne nazie.

La guerre a révélé l'échec de la politique européenne, quelle que soit la forme de gouvernement adoptée dans divers pays. Le nazisme dans toute son essence écœurante a été une réponse aux contradictions de la société européenne que la Première Guerre Mondiale n'avait pas réussi à résoudre. Selon les historiens, le vicieux système de Versailles, avec lequel la Russie n’avait rien à voir, avait rendu inévitable la militarisation des relations internationales et par conséquent a permis de rapprocher la guerre en Europe.

Il est possible que ce n’est pas un hasard que toutes les tragédies des derniers siècles, y compris les crimes du colonialisme et l’émergence de théories socio-politiques extrémistes telles que le nazisme ou le fascisme, se sont produites précisément à l’époque où la civilisation occidentale dominait la politique, la science et l’économie mondiales.

Notre Patrie a payé un prix énorme pour la victoire sur le nazisme pour que nous altérions sa sainte mémoire. Et si quelqu'un aujourd’hui veut compliquer la situation internationale, les tentatives de transformer l'histoire en un instrument de la politique moderne représentent un chemin droit vers ce but. En même temps de telles actions vont empoisonner l'atmosphère de nos relations avec les pays respectifs, entraver la solution des problèmes mondiaux par des efforts communs et aggraver les contradictions qui s'accumulent. Nous ne le voulons pas.

Préservons ensemble la pure vérité sur ce qui ne devrait plus jamais se reproduire et sur ceux, grâce à qui nous avons un ciel paisible au-dessus de nous.