12 novembre 201520:56

Conférence de presse de la porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, Moscou, 12 novembre 2015

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Sur la participation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov aux négociations sur le processus de paix en Syrie

 

Le Groupe de soutien à la Syrie se réunira au niveau ministériel à Vienne le 14 novembre. Il est prévu que le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participe à ce rendez-vous.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie et les efforts de la Russie pour régler le conflit syrien

 

En Syrie, la phase active de confrontation entre l'armée gouvernementale et les extrémistes des organisations terroristes continue dans la province de Hama, près d'Alep et dans les banlieues de Damas. Le cessez-le-feu contrôlé par des représentants de l'Onu reste en vigueur dans les villes de Zabadani, Madaya, Fuaa et Kafr-Khan.

Le gouvernement syrien a récemment publié une importante déclaration, dans laquelle il réaffirmait son engagement à ne pas faire usage des armes sans distinction au cours des opérations. Comme l'indique le communiqué, cette annonce fait suite à des contacts avec la partie russe. Le lendemain, le 10 novembre, les terroristes ont intensivement bombardé les quartiers résidentiels de la Lattaquié: cette attaque barbare a fait plus de 20 morts civils et des dizaines de blessés. Telle est aujourd'hui la réalité syrienne: toute démarche des autorités visant la paix et la confiance rencontre l'opposition des forces voulant poursuivre l'effusion de sang et élargir la zone de chaos.

Nous notons que les radicaux de l’État islamique (EI) et du Front al-Nosra reçoivent d'importantes livraisons d'armes et de munitions. Près de Palmyre, l'EI met en place une puissante ligne défensive pour enrayer l'offensive de l'armée syrienne. Comme nous pouvons le constater, la question constamment soulevée par la Russie des sources de financement et d'équipement des groupes terroristes reste sans réponse.

Nous accordons une grande importance au développement du potentiel constructif du Groupe de soutien à la Syrie, qui se réunira à Vienne le 14 novembre au niveau ministériel. En nous basant sur la ligne fondamentale de la Russie sur le processus de paix en Syrie, nous avons l'intention de poursuivre un travail actif pour parvenir à une compréhension commune claire concernant l'appartenance de tel ou tel groupe de combattants syriens aux organisations terroristes, ainsi que pour promouvoir le processus de paix sur la base du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 et de la déclaration finale de la réunion de Genève du 30 octobre 2015.

Malheureusement, le fonctionnement de ce mécanisme d'accompagnement diplomatique du processus de paix en Syrie, que Moscou juge efficace depuis son lancement il y a deux semaines, subit déjà des tentatives de déformer son objectif fondamental. On a l'impression que tout le monde n'a pas compris correctement la vocation de ce format. De notre point de vue, il permet précisément et de manière franche (ce qui est important) de dialoguer et surtout d'avancer vers le rapprochement des positions.

A la veille de la réunion ministérielle, les États-Unis ont très hâtivement suggéré d'organiser le travail de trois groupes – sur l'opposition, la lutte antiterroriste et les aspects humanitaires. Je souligne qu'il n'y a eu aucune consultation préalable avec la partie russe quant à la date et le lieu des réunions. Nous percevons clairement une aspiration à travailler de manière unilatérale et séparer les pays du groupe de Vienne en "meneurs" et "suiveurs". Nous ne pouvons pas accepter de telles règles du jeu.

Dans le contexte de la contribution russe au travail d'élaboration d'une plateforme collective d'unification sous l'égide de l'émissaire spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura, afin de lancer à terme le processus de paix inclusif avec le gouvernement syrien, nous avons organisé cette semaine au Ministère russe des Affaires étrangères une série d'entretiens avec des délégations de l'opposition syrienne – du Comité national de coordination, du Front pour le changement et la libération, ainsi qu'avec le Groupe de suivi de la mise en œuvre du message adressé au Secrétaire général de l'Onu par les participants aux consultations intersyriennes sur la plateforme de Moscou.

 

Sur l'initiative américaine de créer des groupes de travail sur la Syrie

 

Le Ministère russe des Affaires étrangères a récemment reçu un courrier électronique de l'Ambassade des États-Unis à Moscou (comme vous le savez, les contacts entre nos services diplomatiques continuent via les canaux habituels - personne ne les a supprimés) concernant l'organisation de groupes de travail à Vienne les 12 et 13 novembre. Cette initiative nous a surpris car personne ne nous avait consultés préalablement à ce sujet: ni sur le thème des groupes, ni sur la date ou le lieu des réunions, ni sur le niveau des représentants ou la composition des participants. On ignore également leurs tâches.

Nous avions pourtant convenu de respecter l'esprit et la lettre de la déclaration de Vienne adoptée le 30 octobre 2015, qui stipule clairement que le processus de paix sera mené par les Syriens eux-mêmes, et que c'est le peuple syrien qui décidera de l'avenir de son pays. Ainsi, conformément au document adopté, toute tentative d'imposer des solutions toutes prêtes de l'extérieur avait été dissipée.

Dans ces conditions, on est en droit de supposer que tout travail d'experts sur l'accompagnement extérieur du processus de paix intersyrien, à l'étape actuelle, doit être associé à l'activité des quatre groupes thématiques intersyriens créés par le représentant spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Staffan de Mistura à Genève. C'est à Genève, dans ce format, que les experts seraient utiles pour imaginer d'éventuelles solutions sur des questions complexes et soumettre des propositions appropriées à l'étude des participants syriens.

Il convient de noter tout particulièrement la composition des groupes de travail de Vienne suggérée par les Américains. Comme je l'ai déjà indiqué, personne ne s'est concerté avec la partie russe à ce sujet.

Je voudrais attirer votre attention sur le fait qu'aucun de ces groupes de travail ne prévoit la participation de l'Iran, de l'Irak, du Liban, de l'Italie et de l'UE. En fait, la porte est fermée une nouvelle fois à ces acteurs qui avaient été invités dans le Groupe de soutien à la Syrie de Vienne principalement grâce à la position intransigeante de la Russie. Leur format de participation est délibérément restreint. Peut-on vraiment, dès lors, déboucher sur des positions constructives et des consensus dans le but de surmonter réellement la crise en Syrie, au lieu de faire semblant?

Nous considérons ces agissements des USA comme une expérience ratée.

Pour ceux qui ne suivent pas très attentivement l'évolution de la situation, je voudrais dire que tout cela a mystérieusement coïncidé avec une nouvelle campagne de désinformation qui s'est largement répandue à travers le monde: je veux parler des communiqués de l'agence Reuters, qui aurait eu accès des informations sur un prétendu document que la Russie compterait présenter à la réunion de Vienne.

Je vais vous expliquer comment cet article de Reuters a été préparé: elle nous a effectivement contacté pour écrire cette information, les journalistes de l'agence à Moscou ont reçu des commentaires détaillés expliquant que c'était faux. Nous avons dit que nous étions effectivement en contact avec nos partenaires, que nous travaillions avec eux et les consultions, mais qu'il n'était pas question d'un quelconque document. Une heure et demie plus tard le communiqué, qui a été largement repris par  tous les médias internationaux, a été publié sans le commentaire de notre ministère des Affaires étrangères. Mais on y avait inclus des citations de sources anonymes. De cette manière, ce média, qui a une longue histoire, a opté pour la publication du point de vue de sources anonymes alors qu'il avait obtenu un commentaire officiel du Ministère des Affaires étrangères. Seulement dans la soirée, quelques heures plus tard, après des contacts actifs avec la représentation moscovite de l'agence, nous avons réussi à faire ajouter le commentaire officiel du Ministère des Affaires étrangères concernant une question directement liée à la politique étrangère russe. Vous comprenez bien que cela n'intéressait plus personne, car le "scoop" s'était déjà répandu.

A notre question posée à l'agence "comment cela a-t-il pu se produire?", on a répondu que l'article avait été préparé par le bureau londonien. J'ai donc une question légitime pour l'agence Reuters qui est représenté à Moscou par une cinquantaine de correspondants: "Êtes-vous vraiment des journalistes? Si vous ne travaillez pas et ne traitez pas les commentaires moscovites, si tout est écrit à votre place à Londres, alors que faites-vous en aussi grand nombre à Moscou?".

Cette improvisation américaine ratée se déroulait, je n'en doute pas, sur ce fond médiatique mis en scène.

Pour en revenir au processus de Vienne, nous appelons tous les partenaires à un travail coordonné sur la base des accords déjà conclus, sans improvisation unilatérale, sans prendre les devants et sans hâte excessive. Nous avons élaboré un plan collectif à Vienne qui a été convenu avec tous les participants. Il faut se tenir aux accords. La délégation russe qui se rendra à la réunion ministérielle de Vienne est disposée à un tel travail collectif.

 

Sur la 27e réunion des ministres des Affaires étrangères et du Commerce au forum de l'APEC

 

La 27e réunion des ministres des Affaires étrangères et du Commerce au forum de la Coopération économique en Asie-Pacifique (APEC) se tiendra à Manille (Philippines) les 16 et 17 novembre. Côté russe, on prévoit la participation du Ministre russe du Développement économique Alexeï Oulioukaev et du Vice-ministre des Affaires étrangères Igor Morgoulov.

Cette rencontre ministérielle constituera l'étape finale des préparatifs de la 23e réunion des chefs d’État et de gouvernement au forum de l'APEC (18-19 novembre, Manille).

Le forum de l'APEC, fondé en 1989, est un mécanisme de dialogue multilatéral. Il n'a pas de statut d'organisation internationale.

La tâche stratégique de l'APEC consiste à créer en Asie-Pacifique un système libre et ouvert d'activité commerciale et d'investissement par le biais de la promotion du dialogue sur un grand éventail de questions relatives à l'intégration régionale.

Le consensus et le volontariat sont les fondements du travail de l'APEC, qui permettent de prendre en compte les intérêts de tous les participants et contribuent à l'affirmation d'une coopération multilatérale équitable dans les affaires internationales.

La participation active de la Russie aux activités de l'APEC correspond à l'un des axes de travail définis par le Président russe Vladimir Poutine: accroître la coopération de la Russie avec les pays de l'Asie-Pacifique sur tous les plans afin de remplir les objectifs de développement socioéconomique, avant tout pour accélérer le développement de la Sibérie et de l'Extrême-Orient russe.

Au sein de cette structure de dialogue, nous promouvons activement les propositions et les initiatives russes visant à renforcer la sécurité énergétique et alimentaire, le développement de l'infrastructure de transports, la diversification des itinéraires des livraisons commerciales, la lutte contre le terrorisme et la corruption, la préparation aux situations de crise et à la coopération dans les innovations et l'enseignement.

Nous apprécions grandement l'approche énergique et l'esprit d'initiative des Philippines, en tant que pays d'accueil, pour remplir ses fonctions de président de l'APEC en 2015. Cette attitude a permis d'assurer la continuité dans l'activité du forum.

L'un des principaux acquis de cette année est le lancement de travaux concrets pour mettre en œuvre la feuille de route adoptée au sommet de l'APEC de 2014 à Pékin sur la zone de libre-échange en Asie-Pacifique. Nous pensons qu'il est fondamental de fixer et de développer la ligne adoptée à l'APEC afin de renforcer le rôle du forum en tant que coordinateur de diverses initiatives d'intégration et former dans la région un marché commun ouvert et sans discrimination.

Au cours de la réunion ministérielle à venir, les discussions se concentreront sur les questions relatives à la croissance globale à travers l'approfondissement de l'intégration économique et le règlement des problèmes sociaux pertinents dans les domaines tels que le développement des ressources humaines, la sécurité alimentaire et énergétique et la réaction d'urgence.

A l'issue de la réunion ministérielle, il est prévu d'adopter une déclaration commune reflétant les approches du développement à long terme de la coopération au sein de l'APEC.

 

Sur les mesures pour le rapatriement de citoyens russes d’Égypte

 

Les autorités russes ont entrepris des démarches pour assurer la sécurité nationale de la Fédération de Russie et protéger ses citoyens des actes criminels et illégaux. Le Président russe Vladimir Poutine a adopté un décret instaurant des restrictions temporaires sur les communications aériennes entre la Russie  et l'Égypte et la vente des produits touristiques associés aux citoyens du pays.

Concrètement, les avions continuent de partir en Égypte sans transporter de passagers, puis rapatrient uniquement en Russie nos touristes en vacances en Égypte. Je souligne qu'il ne s'agit pas d'une évacuation ou d'un changement des dates de vacances des citoyens russes – ils reviennent aux dates prévues de leur séjour. Comme cela a déjà été annoncé, les bagages des passagers sont transportés séparément. Un QG opérationnel spécial a été créé pour organiser le retour de nos touristes en Russie sous la direction du Vice-premier ministre russe Arkadi Dvorkovitch. Un représentant du Ministère des Affaires étrangères en fait également partie.

A ce sujet, je voudrais dire quelques mots sur le travail du Ministère des Affaires étrangères en ce sens. Immédiatement après la signature du décret présidentiel susmentionné, l'Ambassade de Russie en Égypte  a envoyé des groupes opérationnels de diplomates dans les aéroports du Caire, de Charm el-Cheikh et de Hurghada pour communiquer avec les autorités et assister le retour des citoyens russes. Ces groupes ont été renforcés par le personnel de la Représentation commerciale de la Russie au Caire, du Ministère russe des Situations d'urgence et de l'Agence fédérale russe pour le tourisme. Dans le cadre des mesures durables pour assurer le retour sûr et libre des citoyens russes, ainsi que des procédures pour le transport de bagages non accompagnés en Russie le 9 novembre, un groupe de contact supplémentaire parlant arabe du Département consulaire, du Département pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord et du Centre russe des situations de crise a été envoyé de Moscou à Charm el-Cheikh avec pour mission principale d'apporter leur aide aux touristes russes dans les aéroports, y compris dans les zones de contrôle douanier et des passeports.

Je voudrais rappeler qu'afin d'informer rapidement les citoyens russes, des hotlines ont été mises en place au Ministère russe des Situations d'urgence, de l'Agence de protection des consommateurs Rospotrebnadzor (pour le remboursement et la protection des droits des consommateurs), de l'Agence fédérale russe pour le tourisme, ainsi qu'auprès des opérateurs touristiques et de l'Association des opérateurs touristiques.

 

Sur l'usage de l'arme chimique par des organisations terroristes en Syrie et en Irak

 

Selon nos informations, l’État islamique (interdit en Russie) et d'autres groupes islamistes radicaux au Moyen-Orient ont mis la main sur les substances et les technologies de production - du moins dans des conditions artisanales - d'armes chimiques. Ils ont également commencé à les utiliser plus activement en Syrie et en Irak. Jusqu'à présent, le chlore industriel ou ménager était utilisé comme arme chimique. Aujourd'hui, nous disposons d'informations confirmant l'usage de véritables agents toxiques, notamment de l'ypérite dans les opérations contre les forces gouvernementales, ainsi que pour perpétrer des attentats contre la population locale et des actes de provocation afin de discréditer le gouvernement syrien aux yeux de la communauté internationale. Les preuves de ces actes sont apportées aussi bien par les sources gouvernementales en Syrie et en Irak que par les médias, y compris occidentaux, se référant aux dirigeants officiels et aux représentants du renseignement.

A ce titre, il faut souligner la parution du rapport préliminaire de la mission spéciale de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) concernant l'enquête sur les cas d'usage de l'arme chimique en Syrie, qui confirme l'utilisation d'ypérite dans des villes à proximité d'Alep en août 2015. Bien que ce rapport ne pointe pas directement l'EI, on peut affirmer avec une grande part de probabilité que cette zone contrôlée à l'époque par les unités de l'opposition syrienne a été bombardée par des substances toxiques depuis les positions occupées par l'EI.

Le rapport de l'OIAC ne nous a pas surpris. Depuis le printemps 2014, la Russie pointe régulièrement du doigt ce problème aussi bien au sein de l'OIAC que du Conseil de sécurité des Nations unies. A New York nous avons suggéré d'étendre le mandat du Mécanisme conjoint OIAC-ONU créé conformément à la résolution 2235 du Conseil de sécurité des Nations unies pour enquêter sur les cas supposés d'usage de l'arme chimique en Syrie et sur le territoire irakien. Pas plus tard qu'en septembre, nos représentants ont soumis au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution en ce sens.

Malheureusement, elle n'a pas eu l'écho escompté, notamment de la part de nos partenaires occidentaux. La question, malheureusement, se pose: faut-il attendre un nouveau drame de la part des terroristes, une grande attaque à l'arme chimique, pour convaincre enfin nos collègues occidentaux d'entreprendre dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies des démarches décisives et résolues pour contrer cette menace? On voudrait que cette question, comme d'autres d'ailleurs, ne reste pas sans réponse et rhétorique.

 

Sur l'adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies d'une résolution sur la Somalie

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le 9 novembre à l'unanimité la résolution 2245, qui modifie le mandat du Bureau de l'Onu pour la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Nous pensons que la situation militaro-politique tendue dans ce pays nécessite une intensification de la lutte armée contre al-Chabab en renforçant le potentiel de ce bureau et de l'armée somalienne, ce qui demande d'accroître le soutien de l'Onu, notamment matériel et technique.

Nous sommes préoccupés par la montée en puissance d'al-Chabab aussi bien en Somalie qu'en dehors du pays, ainsi que par la coordination des actions des extrémistes somaliens avec d'autres organisations terroristes en Afrique.

Nous pensons qu'il est nécessaire de maintenir la pression militaire sur les extrémistes somaliens. La communauté internationale doit poursuivre ses efforts pour renforcer le potentiel de l'armée somalienne et de l'Amisom.

Nous apprécions grandement les efforts du Bureau de l'Onu pour la Mission de l'Union africaine en Somalie.

De son côté, la Russie apporte régulièrement une aide humanitaire au Gouvernement fédéral somalien et aux réfugiés somaliens dans les pays voisins en versant de l'argent aux fonds des organisations de l'Onu. Entre 2011 et 2014, notre contribution totale a dépassé 12 millions de dollars. Dans le cadre du Programme alimentaire mondial de l'Onu, la Russie a alloué 1 million de dollars pour la Somalie et 2 millions de dollars pour 1 million de réfugiés somaliens au Kenya.

 

Sur l'adoption d'une résolution relative à la Bosnie-Herzégovine par le Conseil de sécurité des Nations unies

 

Le 10 novembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution 2247 sur la Bosnie-Herzégovine, dont le projet a été préparé par la Fédération de Russie.

Ce document proroge le mandat de la force de l'Union européenne en Bosnie-Herzégovine (connue comme EUFOR Althéa) afin d'assurer la sécurité dans ce pays au vu de la mise en application des accords de paix de Dayton (je rappelle qu'ils ont 20 ans cette année). Aujourd'hui, on constate un progrès suite aux transformations engagées dans le pays par les autorités et nous confirmons que les organismes publics de la Bosnie-Herzégovine doivent être directement responsables de la mise en œuvre des réformes à l'avenir.

Nous sommes certains que la situation actuelle dans le pays permet aux Bosniaques de gérer eux-mêmes les questions complexes qui figurent à l'ordre du jour national. Les problèmes non réglés doivent être résolus par le biais d'un dialogue inclusif avec l'accord des trois peuples qui forment l’État. A cet égard, nous pensons que conserver la "surveillance extérieure" de l'Appareil du Haut représentant sous la même forme que lors de sa création est obsolète. On peut dire qu'il est temps de l'abroger. Avant que ce soit le cas, nous appelons le Haut représentant à ne pas sortir du cadre de son mandat et à concentrer son énergie pour remplir sa principale mission: disposer toutes les parties bosniaques au dialogue et contribuer à la recherche de points de convergence.

 

Sur les négociations concernant le problème chypriote

 

Nous suivons attentivement les négociations qui se poursuivent à Chypre entre les communautés grecque et turque de l'île. Le processus de paix est relativement difficile. Il s'agit d'un problème international de longue date et très complexe qui peine à être réglé depuis plusieurs dizaines d'années.

A cet égard, notre attention a été attirée par la récente déclaration des autorités chypriotes sur l'éventualité de trouver un accord d'ici mai 2016. La Russie, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, salue évidemment l'établissement d'une paix durable sur l'île de Chypre le plus rapidement possible, ce qui mettrait un terme à plus de 40 ans de division de l'île et aurait un impact positif sur la situation dans la région tumultueuse de l'est de la Méditerranée.

Nous avons toujours considéré que la solution au problème chypriote, quelle qu'elle soit, devait être le résultat de négociations et d'une entente entre les communautés chypriotes. Nous connaissons bien le résultat des tentatives passées d'imposer aux Chypriotes un cadre temporaire artificiel et des solutions qui ne prenaient pas en compte leurs propres intérêts.

Une forte pression extérieure, visant à clore le problème au plus vite au lieu d'aider les Chypriotes à trouver des solutions globales, justes et viables, est contreproductive.

 

Sur les déclarations du chef du Pentagone Ashton Carter

 

Pour terminer je voudrais m'arrêter sur certains aspects des relations russo-américaines, plus concrètement sur ceux qu'on aurait voulu éviter d'inscrire dans l'histoire de nos relations bilatérales. Malheureusement, nous ne pouvons pas passer à côté.

Au lieu d'entreprendre des actions pragmatiques et développer les relations bilatérales, nous devons une fois de plus de faire face à une nouvelle campagne médiatique antirusse de l'Administration américaine.

Le Secrétaire à la Défense américain Ashton Carter a récemment accusé la Russie de "bruit de sabre" et de saper la stabilité internationale. Pour donner une appréciation diplomatique à ces propos (je ne peux pas me permettre de faire autrement), ces déclarations n'ont rien à voir avec la vérité.

Nous réfutons résolument de telles déclarations et accusations à notre égard. Les actions entreprises par la Russie pour renforcer sa défense s'expliquent en grande partie par les agissements des USA, y compris le perfectionnement du potentiel nucléaire américain, le déploiement du bouclier antimissile global afin de briser la parité stratégique et la progression de l'infrastructure de l'Otan vers les frontières russes. Nous ne pouvons évidemment pas rester les bras croisés ou ignorer ces tentatives d'affaiblir notre sécurité.

En parlant de stabilité internationale et des accusations de Washington selon lesquelles la Russie l'enfreindrait, je voudrais rappeler que nous avons parlé à plusieurs reprises de l'implication de Washington dans des processus illégitimes de renversement du pouvoir dans divers pays, ce qui a entraîné des conséquences tragiques, notamment en Ukraine. En regardant plus loin vers le passé, on constate que Washington a envahi l'Irak sous un faux prétexte. Voilà pour ce qui est de la stabilité internationale. Nous nous souvenons tous du résultat de cette invasion – elle a provoqué un chaos de longue durée dans ce pays. Nous avons assisté au sort tragique de la Libye, non seulement de son dirigeant, mais également de l'ensemble du pays. Nous voyons le résultat du mépris des USA et leurs alliés vis-à-vis de la résolution libyenne du Conseil de sécurité des Nations unies.

Je me dois d'attirer l'attention sur le fait que pendant de longues années, Washington a affiché une certaine tolérance envers l'activité de l’État islamique. Il ne faut pas non plus l'oublier quand nos collègues américains parlent de stabilité internationale. A l'époque on misait et on comptait visiblement sur le fait que cette organisation puisse renverser le gouvernement légitime en Syrie. Les exemples de ce genre sont innombrables.

Je voudrais poser une autre question aujourd'hui: la pratique, devenue habituelle, du renversement de régimes indésirables par la force correspond-elle précisément à "l'ordre international intransigeant" que le chef du Pentagone promet de défendre?

Je pense que monsieur Carter pourrait élargir son horizon et ses connaissances des fondements de l'ordre mondial s'il prenait connaissance des mémoires de l'ex-président américain George H. W. Bush publiés récemment, où il critique son fils George W. Bush (également ex-président américain) pour ses propos concernant "l'axe du mal" en faisant référence à l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord. Selon lui, cette approche était contreproductive. C'est l'avis d'un homme de premier plan aux USA. Je le répète, du point de vue de l'ex-président américain, un homme très respecté dans son pays, le terme "axe du mal" et la politique construite autour de cette vision étaient contreproductifs. Les représentants américains l'ont reconnu des années plus tard. Comme ils ont reconnu la fausseté de leurs agissements en Irak. Il ne reste qu'à imaginer ce qui sera dit dans plusieurs années sur les événements en Syrie ou en Ukraine.

 Je rappelle qu'à une époque, le terme "axe du mal" n'était pas seulement largement répandu, mais que toute la géopolitique de l'Occident se construisait autour de lui.

Monsieur Carter ferait mieux de prendre connaissance des appréciations de l'ex-président français Valéry Giscard d'Estaing sur la situation et les perspectives du processus de paix en Syrie dans sa récente interview accordée à la radio RTL. Voici ses principales thèses: le problème des réfugiés en Europe ne pourra pas être réglé sans rétablir la paix en Syrie; le seul moyen de dénouer le nœud syrien est de réunir une conférence internationale où seraient représentées toutes les forces politiques syriennes, sauf l'EI et d'autres extrémistes; il est très imprudent de chercher à faire partir le Président Bachar al-Assad au début du processus de paix; l'expérience de l'Irak et de la Libye montre qu'en agissant selon ce scénario, le dernier îlot de stabilité représenté par Damas plongerait également dans le chaos; aucune des parties n'est capable de remporter une victoire rapide, etc.

Je répète ce que j'ai déjà dit: si vous ne nous croyez pas, écoutez au moins vos propres experts dont l'avis a du poids dans vos pays.

Autre exemple avec l'article intitulé "Russie, le retour" écrit par l'ex-ambassadeur de Belgique en Russie Michel Carlier et paru dans La Libre Belgique. Il se demande notamment si, "avec le temps, les peuples d’Europe parviendront-ils à comprendre que leur intérêt n’est plus de se contenter de la vassalité à l’égard de Washington, mais d’instaurer sur le Vieux Continent une vaste zone de paix et de prospérité. […] Et, nos dirigeants feront-ils preuve de réalisme et de courage? Il serait temps qu’ils admettent que leur politique syrienne a échoué et qu’il faut maintenant négocier avec tous les acteurs, à savoir les Russes […]". Je souligne que ces lignes sont écrites par un ambassadeur belge, et non russe. Je pense que vous pouvez lire cet article – je ne vais pas faire votre travail à votre place.

Je ne peux pas non plus passer à côté des déclarations de Benjamin Ziff, adjoint du chef de département d’État américain sur les affaires de l'Europe et de l'Eurasie, au Comité du Sénat américain pour les Affaires étrangères. Monsieur Ziff est intervenu sur les problèmes de renforcement du travail de propagande médiatique contre la Russie. Il est à noter que les audiences se déroulaient sous l'intitulé "L'invasion de Poutine en Ukraine et la propagande menaçant l'Europe", qui réunit en une phrase toutes les peurs actuelles de Washington.

Lors de cette réunion, il a été souligné que le Département d’État américain considérait comme l'une des principales tâches le "soutien aux médias indépendants et l'amélioration de l'accès aux informations professionnelles et objectives" pour l'opposition à la "politique médiatique agressive du Kremlin" (l'information objective fait probablement référence aux déclarations de monsieur Ashton et aux sources anonymes du Pentagone et du Département d’État). Autres axes prioritaires: la "dénonciation de la désinformation" (particulièrement d'actualité si l'on prend l'exemple de Reuters susmentionné) et la "construction d'une puissance société civile". Près de 86 millions de dollars devraient être alloués à cet effet en 2016, dont 16 millions pour la presse indépendante.

Nous sommes loin, avec vous, des cours de mathématiques, mais je pense qu'on pourrait déjà écrire la formule: médias "indépendants" + financement "indépendant" = couverture "objective". Il a été souligné que cette requête budgétaire pour l'année prochaine avait été établie compte tenu des directives du Président américain. Comme en 2015, l'argent sera dépensé à travers le Département d’État et l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Les déclarations de monsieur Ziff indiquent que l'argent ne sera pas réparti uniquement dans l'espace russophone, mais aussi dans les pays des "Balkans occidentaux" où le "Kremlin a une grande influence".

Le rapport entrouvre publiquement le rideau du mécanisme intérieur de formation de l'opinion publique pour telle ou telle raison médiatique. Je voudrais attirer une fois de plus votre attention sur le fait que la formation et le soutien aux médias dits "indépendants" se feront via les ressources officielles des USA. Comment est-ce possible?

Un exemple: il est noté qu'"immédiatement après l'incident du vol malaisien MH17 dans le ciel ukrainien l'an dernier, le Département d’État américain a immédiatement envoyé à l'ambassade de Moscou plus de 130 spécialistes parlant russe. En unissant leurs efforts ils ont préparé et diffusé des sélections d'actualité mises à jour toutes les heures pour former l'information "objective" sur le Boeing par 130 spécialistes américains. Et avec l'argent prévu pour les médias "indépendants", qui consommeront cette information "objective", on imagine le tableau qui sera présenté.

 

Extraits des réponses à la presse:

Question: Le nouveau Ministre polonais des Affaires étrangères Witold Waszczykowski a déclaré que Varsovie saisirait une cour internationale pour faire rapatrier les débris de l'avion présidentiel victime d'un crash en avril 2010 en Russie, et pour que Moscou explique pourquoi l'enquête sur la catastrophe durait aussi longtemps. Le ministre a déclaré également que la conservation des débris de l'avion en Russie était un "acte inamical" et que la Pologne comptait demander de l'aide aux organisations internationales, à l'UE et à l'Otan. Que pouvez-vous en dire?

Réponse: Le Ministre polonais des Affaires étrangères peut s'exprimer quant il le juge opportun, car il est le représentant d'un pays souverain et peut se prononcer à ce titre.

En ce qui concerne le fond de la question, je voudrais souligner la coopération constructive et totale des experts russes et polonais sur cette tragédie. J'ai déjà commenté la situation relative aux débris de l'avion et leur envoi en Pologne (votre collègue, un journaliste polonais, avait même suggéré d'en faire don). Cette question ne peut pas être perçue sous cet angle. Elle relève de la compétence des autorités russes, en vertu de la loi russe et des activités menées en Russie dans le cadre de l'enquête.

Je pense que sur les questions relatives à cette catastrophe - comme à chaque fois qu'il s'agit de tragédies affectant deux parties - nous ne devons pas nous baser sur les opinions politiques, qui plus est politiquement engagées, mais agir en conformité avec les normes procédurales en apportant une contribution et une aide réciproque maximale. Je répète: il est évident que la Russie a fait preuve d'une transparence maximale en la matière, qu'elle a coopéré et contribué au maximum aux efforts des experts polonais pour élucider cette catastrophe.

Question: Est-ce que les propositions russes concernant les négociations de paix syriennes à Vienne impliquent le soutien du Président syrien Bachar al-Assad?

Réponse: Mettre entre parenthèses le sort du Président Bachar al-Assad fut l'un des aboutissements et une sage décision prise par les pays réunis il y a deux semaines à Vienne pour se pencher sur le processus de paix en Syrie. Cela a été fait entre autres sur la base du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 stipulant clairement que cette question devait être réglée par les Syriens eux-mêmes, que le sort de la Syrie se trouvait entre les mains du peuple syrien. Les représentants des pays réunis le 30 octobre à Vienne ont fait preuve d'une approche sage – laisser "entre parenthèses" les questions sur lesquelles beaucoup de pays campent sur des positions diamétralement opposées et se concentrer sur les blocs qui sont effectivement des bases pour le processus de paix syrien.

Nous avons répété à plusieurs reprises que de notre point de vue, ces bases étaient: premièrement, la coordination et l'aboutissement à une compréhension commune pour savoir qui étaient les terroristes et les organisations terroristes en Syrie; et, deuxièmement, l'établissement de la liste des membres de l'opposition qui pourraient s'asseoir à la table des négociations concernant la transition politique. D'après nous, c'est sur ces deux éléments que doit se concentrer la réunion de samedi à Vienne. Vous savez combien d'heures le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a passé au téléphone ces derniers temps avec ses homologues, combien de réunions ont été organisées par le représentant spécial du Président russe pour le Moyen-Orient et l'Afrique, le Vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, ainsi que par nos experts. Nous vous en avons informé. Nous avons appelé nos collègues, publiquement et lors des contacts diplomatiques, à ce que tous les pays fassent leurs "devoirs" et arrivent à une entente sur ces deux questions qui doivent être présentées sous une forme élaborée durant la réunion ministérielle.

Question: Le Président syrien Bachar al-Assad est accusé de réprimer ses propres citoyens par milliers. Comment surmonter cela durant le processus de paix?

Réponse: Je le répète: nous n'avons jamais déclaré que le régime de Bachar al-Assad était "blanc comme neige" et irréprochable, nous n'avons jamais dit qu'il était parfait et que le Président syrien ne prenait que des bonnes décisions. Nous nous sommes effectivement concentrés pour régler ces questions via des canaux diplomatiques lors des contacts avec Damas. J'ai cité l'exemple de la déclaration de la partie syrienne sur le non-usage de certains types d'armes qui a été faite à la demande de la Russie. Et les exemples sont nombreux. Nous n'en faisons pas une campagne de promotion, mais nous travaillons effectivement avec la partie syrienne sur les questions qui nous préoccupent, avec lesquelles nous ne sommes pas d'accord. Nous n'avons jamais idéalisé ce qui se passait en Syrie.

Nous continuerons de dire, publiquement et dans les contacts avec nos collègues syriens à Damas, ce que nous jugeons incorrect et inadmissible. Ce n'est pas une révélation, nous l'avons toujours dit, aussi bien publiquement qu'au cours des contacts avec les autorités syriennes.

Question: Les agences de presse ont diffusé aujourd'hui un communiqué annonçant que le Président russe Vladimir Poutine ne participerait pas au sommet de l'APEC à Manille et que la Russie serait représentée par le Premier ministre Dmitri Medvedev. Du coup, la rencontre du Président russe ou la préparation de la rencontre dans un autre format dans le cadre du Ministère russe des Affaires étrangères aura-t-elle lieu?

Réponse: Tout ce qui concerne le Président russe ou le Premier ministre russe est commenté par leur service de presse. Je vous suggère de poser cette question au service de presse du Premier ministre russe.

Question: Que pouvez-vous dire du rapport publié récemment par l'Agence mondiale antidopage  concernant le travail des services antidopage russes?

Réponse: La réponse à votre question a été donnée hier par le Président russe Vladimir Poutine durant une réunion à Sotchi. Elle est disponible en accès libre. Je rappelle simplement qu'il a ordonné à notre fédération d'athlétisme, au Ministre des Sports et à tous ceux qui sont concernés d'accorder une grande attention à ce problème et de mener une enquête interne en assurant la coopération la plus ouverte et professionnelle possible avec les organismes antidopage internationaux. Je le répète, tout cela est en accès libre, vous l'avez tous entendu hier. Le Président russe a noté qu'en Russie, nous devions tout faire pour éradiquer ce problème.

En ce qui concerne la position de la Commission spéciale pour le dopage vis-à-vis des athlètes russes, elle nous paraît très partiale et politisée. Malheureusement, personne ne demande ni n'entend les arguments russes. Toutes les accusations sont fondées sur des informations provenant de sources très douteuses et sous forme orale. Nous n'avons toujours pas pu prendre connaissance du rapport de l'AMA cité par divers médias.

En l'occurrence nous constatons une tentative d'appliquer, dans le domaine du sport, le principe de punition collective: nous jugeons cette approche complètement inacceptable. Le problème est global, mais pour une raison qu'on ignore ce sont précisément les sportifs russes qui font l'objet d'une attention particulière.

Je voudrais rappeler une fois de plus qu'avant les Jeux olympiques de Sotchi, l'Agence antidopage russe RUSADA avait été officiellement attestée et que l'AMA lui avait attribué la meilleure note pour son activité.

Question: Ma question concerne la liste des groupes antiterroristes, actuellement préparée pour la réunion de Vienne. Le Ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a déclaré récemment que la Russie interprétait trop largement la définition des terroristes en Syrie. Que pouvez-vous en dire?

Réponse: Où l'a-t-il déclaré?

Question: Philip Hammond l'a dit dans une conversation privée avec des journalistes à Washington.

Réponse: Autrement dit, ce n'est pas une citation directe mais un discours rapporté par des journalistes occidentaux, et nous ne pouvons pas prendre connaissance du texte de la déclaration du Ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond?

Question: Probablement non.

Réponse: Cela ressemble à l'histoire du "document russe" que les médias occidentaux affirment posséder. Quand j'ai demandé aux journalistes le texte en question ils ont répondu: "Nous l'avons vu mais nous ne pouvons rien vous montrer".

Question: Le fait est que la position du Ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond est connue, ce n'est pas une nouveauté. Que pouvez-vous dire au sujet du choix de la Russie d'inclure certains groupes à cette liste des organisations terroristes?

Réponse: Je ne peux pas commenter une déclaration transmise de "main tierce". Après ce que j'ai vu, je ne peux pas faire confiance à toutes les informations transmises par les médias occidentaux. On ignore si Philip Hammond l'a dit ou non. S'il l'a dit, je peux affirmer que nous n'étions pas les seuls à proposer (cela a été fixé il y a deux semaines à la réunion de Vienne) de commencer le travail et de rédiger la liste des organisations terroristes sous deux semaines. Autant que je sache, la partie britannique ne nous a fait aucune proposition, du moins pas au Ministère russe des Affaires étrangères. De toute évidence, nous ne pourrons pas voir son discours direct.

Comment peut-on critiquer la liste russe des organisations terroristes si la partie britannique n'a pas travaillé avec nous à sa rédaction? S'ils ont des réclamations, nous ne sommes pas seulement ouverts – nous attendons que la coopération commence. Si nos collègues britanniques travaillent avec nous comme avec les journalistes, c'est leur problème. Le 30 octobre, dans le cadre de la réunion de Vienne, nous nous sommes mis d'accord pour que ces efforts soient menés entre les pays, entre les spécialistes compétents pour que la prochaine fois à Vienne les ministres puissent confronter leurs approches à partir de ce travail. Nous ne nous sommes pas mis d'accord pour que les médias publient des articles sur un prétendu "document russe" ou entendre que nos homologues occidentaux ne sont pas d'accord avec nos listes. Si vous n'êtes pas d'accord, téléphonez-nous et dites: "Nous ne sommes pas d'accord". Ce n'est pas le cas.

Question: La visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Arménie est évoquée avec inquiétude par la presse arménienne, dans un contexte où la Russie appelle Erevan à rendre sept régions occupées à l'Azerbaïdjan. Que se passe-t-il en réalité dans le processus de paix? On voudrait entendre la position officielle.

Réponse: Je ne peux rien ajouter à ce que le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déjà détaillé dans une récente conférence de presse à Erevan. Il s'est arrêté sur les questions évoquées, y compris le processus de paix. Je pense qu'il ne faut pas exacerber la situation, il vaut mieux se tourner vers la source, vers les propos du Ministre russe – tout a été publié sur notre site.

Je peux seulement ajouter que nous sommes en contact étroit avec nos collègues arméniens. Sur le règlement du conflit du Haut-Karabagh nous nous consultons aussi avec nos homologues azerbaïdjanais, et nous ne faisons rien qui pourrait nuire aux deux parties. Notre objectif a été confirmé publiquement à plusieurs reprises. Nos approches du processus de paix du Haut-Karabagh restent inchangées, et je ne peux que les réaffirmer.

J'espère que j'ai pu rassurer les médias arméniens. Nous restons à votre disposition pour répondre à toutes les questions. Mieux vaut ça que des craintes non dissipées.

Question: Les USA organisent la réunion de Vienne. Est-ce que l'Onu prend encore des décisions ou les Américains gèrent-ils tout?

Réponse: Le rôle de l'Onu dans la crise syrienne a été clairement fixé. La déclaration finale adoptée à Vienne, en particulier, contient un message adressé à l'Organisation des Nations unies lui demandant de prendre sous son aile les négociations qui porteraient sur le processus de paix entre Damas et l'opposition syrienne. Vous voyez à quel point est actif l'envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu Staffan de Mistura dans ses contacts avec l'opposition syrienne, avec Damas et avec les pays qui veulent participer au processus de paix. Le rôle de l'Onu est immense, cette Organisation légitime le processus en utilisant tout le potentiel accumulé et disponible. Dans ce contexte, votre question est même étrange.

Question: A-t-on réussi à persuader les Saoudiens de cesser les livraisons d'armes antichars à l'opposition armée modérée?

Réponse: Je répète que nous adressons cette question à tous nos collègues. En fait, le droit international interdit la livraison d'armes à des forces non-gouvernementales.

Pourquoi cela préoccupe vraiment tout le monde? Tout en comprenant toute l'illégitimité et l'incohérence de ce processus de fourniture d'armes aux forces non-gouvernementales, on voit que certaines administrations occidentales envisagent, sur le papier, de fournir des armes à certains groupes, de leur apporter une base matérielle et technique, de leur faire de la publicité. Si nous faisions théoriquement abstraction des questions d'irrespect du droit international, on verrait que ces plans très bien écrits et élaborés sur le papier sont loin de la réalité que nous constatons sur le terrain. Si des dirigeants autorisent l'envoi d'armes à certains groupes c'est qu'ils n'ont aucune idée de la situation sur le terrain - ni eux ni les experts et analystes qui les conseillent - car les armes sont entre autres un objet de commerce, c'est une "monnaie" qu'utilisent les organisations terroristes. En fournissant des armes à un groupe "modéré" vous ne saurez jamais qui mettra réellement la main dessus. C'est en général les criminels qui mettent la main sur ces armes. C'est le plus effrayant.

C'est pourquoi nous travaillons avec tous les pays qui, selon nos informations ou les sources ouvertes (certains ne se gênent pas d'en parler), font ce genre de choses. Tout cela pourrait, tôt ou tard, exploser encore plus fort qu'au Mali.

Question: Comment se déroule la préparation de la visite du Roi d'Arabie saoudite?

Réponse: Tout ce qui concerne les contacts entre les chefs d’État est commenté par le service de presse du chef de l’État.

Question: Que pouvez-vous dire au sujet des actions des USA sur le territoire syrien, notamment dans les régions kurdes avec l'envoi de 50 hommes des forces spéciales?

Réponse: Nous avons fourni un commentaire détaillé à ce sujet. Nous n'avons rien à ajouter.

Question: Dans les dernières déclarations du Ministère russe de la Défense concernant le déroulement de l'opération de l'aviation russe on parle souvent des informations que les forces aérospatiales russes reçoivent de l'opposition syrienne. Pouvez-vous préciser de quelle opposition il s'agit, sachant qu'elles sont très nombreuses?

Réponse: Pour les questions concernant l'opération de l'aviation russe, veuillez vous adresser au Ministère de la Défense.

Question: Doit-on attendre de la Russie, lors des négociations de Vienne, à des propositions ou de nouvelles initiatives concernant la période de transition politique en Syrie?

Réponse: Nous avons partagé nos propositions avec nos collègues. Nous écoutons leur avis concernant ce processus et espérons les analyser et les mettre au point à Vienne. Le processus est encore en cours. Je pense qu'on en parlera publiquement après la rencontre.

Question: Pour poursuivre sur le thème de la rédaction de la liste des organisations terroristes. A-t-on organisé des consultations sur l'établissement de telles listes avant la réunion de Vienne? Si non – qui en est responsable?

Réponse: Je peux dire qu'il n'y a pas eu de consultations importantes, concrètement, sur les groupes terroristes avant la réunion de Vienne du 30 octobre. Nous avons posé cette question sans ambages à Vienne, car c'est un élément clé. C'est un cercle vicieux. Nous menons l'opération en Syrie, les Américains et d'autres collègues occidentaux disent que nous ne tirons pas sur les bonnes cibles. Nous posons la question: "Sur quelles cibles devons-nous tirer?". Ils ne répondent pas. Nous disons: "Très bien. Sur quelles cibles ne devons-nous pas tirer?". Toujours pas de réponse. Alors nous avons dit: "Faisons ainsi. Étant donné que tout le monde vise à promouvoir le processus de paix syrien, créons ensemble une liste commune des organisations terroristes". On comprend mal que depuis plus d'un an la coalition sous l'égide des USA n'ait pas établi de liste des terroristes se trouvant sur le territoire syrien. Alors contre qui ont-ils déployé l'activité de la coalition si, entre les principaux acteurs dans le cadre d'une même coalition, il n'y a pas d'unanimité pour mener les opérations? Nous avons dit que c'était l'une des pierres d'achoppement et qu'il fallait évidemment travailler sur cette question.

Question: Quelles seront les principaux thèmes du prochain sommet du G20 à Antalya pour la Russie?

Réponse: En ce qui concerne le G20, étant donné que cette activité concerne les chefs d’État, l'information à ce sujet sera fournie par le service de presse du Président russe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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