22 février 201917:07

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, Moscou, 22 février 2019

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Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au Vietnam

 

Dimanche 24 et lundi 25 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sera présent au Vietnam pour participer à la conférence intitulée "La coopération internationale dans un monde troublé" (Hô-Chi-Minh-Ville). Cette activité est organisée par le Club de discussion international Valdaï et l'Académie diplomatique du Ministère des Affaires étrangères du Vietnam dans le cadre du programme des Années croisées de la Russie au Vietnam et du Vietnam en Russie.

A l'ordre du jour de la conférence: les perspectives de développement de la région Asie-Pacifique avec un accent sur les processus d'intégration et la création d'une architecture de sécurité et de coopération; ainsi que la promotion du partenariat stratégique global russo-vietnamien.

Un bref contact du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec la direction du Ministère des Affaires étrangères du Vietnam et les autorités de Hô-Chi-Minh-Ville est possible en marge de la conférence.

 

Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans la Région administrative spéciale de Hong Kong en Chine

 

Les 25 et 26 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra dans la Région administrative spéciale de Hong Kong en Chine, où il s'entretiendra avec Carrie Lam, chef de l'exécutif de Hong Kong.

Les deux interlocuteurs échangeront leurs avis sur l'état actuel  et les perspectives de la coopération entre la Russie et Hong Kong, notamment dans le domaine commercial, économique, financier, et social. Ils évoqueront également les questions relatives au perfectionnement de la base contractuelle et juridique bilatérale.

 

Sur la visite du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en Chine

 

Mardi 26 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Ministre chinois des Affaires étrangères et membre du Conseil d’État Wang Yi à Wuzhen, province de Zhejiang, en marge de la rencontre ministérielle au format Russie-Inde-Chine (RIC).

Lors de cet entretien, l'attention principale sera portée sur les principaux événements politiques dans les relations bilatérales cette année, notamment la participation du Président russe Vladimir Poutine au 2e Forum de haut niveau pour la coopération internationale "La Ceinture et la Route" en avril à Pékin, ainsi que la visite du Président chinois Xi Jinping en Russie en juin prochain. Les deux chefs de diplomatie échangeront leurs avis sur l'état actuel et les perspectives de la coopération stratégique russo-chinoise.

Les deux ministres évoqueront l'approfondissement de la coopération bilatérale et de la coordination dans les affaires mondiales en mettant l'accent sur l'interaction avec le format RIC (Russie-Inde-Chine) compte tenu des résultats de la seconde réunion des dirigeants des trois pays le 30 novembre 2018 en marge du sommet du G20 à Buenos Aires. De plus, ils aborderont les questions internationales d'actualité, notamment le contrôle des armements, le désarmement et la non-prolifération, la situation autour du Venezuela, sur la péninsule de Corée, le processus de paix en Syrie, la situation en Afghanistan et le maintien des accords multilatéraux sur le programme nucléaire iranien.

 

Sur la rencontre des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l'Inde et de la Chine

 

Mercredi 27 février à Wuzhen (province de Zhejiang, Chine) se tiendra la 16e rencontre des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l'Inde et de la Chine (RIC) sous la présidence chinoise.

Les chefs de diplomatie comptent échanger leurs avis sur les problèmes régionaux et internationaux d'actualité, notamment le règlement de la situation en Afghanistan, au Moyen-Orient, en Syrie, en Libye et au Yémen, le problème nucléaire de la péninsule de Corée, ainsi que la lutte contre le terrorisme, l'extrémisme, le trafic de stupéfiants et la garantie de la sécurité informatique internationale.

Une attention prioritaire sera accordée à la coopération pratique dans le cadre du groupe RIC dans le contexte du renforcement institutionnel et fonctionnel de ce format.

Les approches convenues des parties seront reflétées dans le Communiqué final conjoint.

 

Sur la situation en Syrie

 

Alors que la situation en Syrie continue de se stabiliser, des foyers disparates de tension persistent, notamment dans la province d'Idleb et à l'est de l'Euphrate.

Dans la zone de désescalade d'Idleb, nous continuons de constater une hausse du nombre de violations du cessez-le-feu. Les quartiers résidentiels d'Alep et d'autres communes sont quotidiennement bombardés. Les forces armées syriennes sont contraintes de réagir à ces provocations.

Du 6 au 14 février a été organisée une opération de livraison et de répartition de l'aide humanitaire de l'Onu et du Croissant-Rouge arabe syrien dans le camp de déplacés internes de Roukban, situé dans la zone d'al-Tanf illégalement occupée par les États-Unis. Le Secrétariat de l'Onu, comme l'exigeait la Russie, prépare un rapport détaillé sur le travail accompli. Cependant, il n'est pas exclu qu'une partie de cette cargaison humanitaire se soit retrouvée entre les mains des bandes locales. Selon les informations rapportées, la plupart des habitants du camp qui ont été aperçus par le personnel humanitaire ne semblaient pas épuisés. Il n'y avait pas de personnes présentant des signes de maladies provoquées par un long séjour dans le désert sans moyen de subsistance (contrairement aux tableaux sinistres présentés à l'étape de préparation du convoi). Mais surtout, selon les estimations préliminaires basées sur un sondage, la plupart des habitants du camp voudraient le quitter.

C'est pourquoi nous jugeons prioritaire d'entamer immédiatement le relogement du camp. C'est l'objectif visé par l'initiative russe, conformément à laquelle, à partir du 19 février, ont été ouverts deux couloirs humanitaires pour faire sortir les civils du camp. Il est très préoccupant que le contingent militaire américain bloque la sortie des déplacés internes du camp via ces couloirs, en violation des principes humanitaires connus de l'Onu.

Nous voudrions à nouveau attirer l'attention sur la situation dans un autre camp de déplacés internes: al-Howl, au nord-est de la province d'Hassaké. Des dizaines de personnes y sont déjà décédées à cause de la surpopulation, de la situation sanitaire, ainsi que de la pénurie de nourriture et de médicaments. Selon certaines informations, un premier cas de lèpre a été constaté dans le camp.

 

Sur la situation actuelle autour de l'Afghanistan

 

La situation militaire et politique en Afghanistan reste tendue. Nous constatons une intensification des activités de l'opposition armée représentée par les Talibans, ainsi que d'autres groupes extrémistes dans le contexte de la réduction du nombre de régions contrôlées par les autorités afghanes. Il faut également souligner la prévision des services de renseignement américains concernant le maintien de la situation de pat sur le champ de bataille, ainsi que la reconnaissance par les militaires américaines de la gravité de la menace de l'activité de Daech en Afghanistan. Nous parlons de cette dernière depuis des années, mais ce n'est que maintenant que nos partenaires occidentaux commencent à la reconnaître publiquement.

La nécessité d'une recherche collective de solutions politiques et diplomatiques au conflit qui perdure en Afghanistan depuis des années semble encore plus évidente dans ce contexte.

Nous sommes persuadés que le bilan positif de la rencontre qui s'est déroulée du 5 au 6 février dans le cadre du dialogue afghan à Moscou et qui a réuni un large éventail de forces politiques afghanes et les Talibans, ainsi que les pourparlers entre Zalmay Khalilzad, représentant spécial du Département d'État américain sur le règlement afghan, et une délégation des Talibans, ouvrent la voie vers l'objectif commun qu'est le lancement d'un processus de paix inclusif en Afghanistan.

Dans ce contexte, il est selon nous nécessaire de concerter les efforts des principaux partenaires internationaux et régionaux. Ainsi, Ankara devrait accueillir aujourd'hui le 22 février une rencontre entre Zamir Kaboulov, représentant spécial du Président russe pour l'Afghanistan, et Zalmay Khalilzad. Nous sommes certains que le maintien de la tendance au développement de la coopération entre nos pays en Afghanistan devrait donner une impulsion supplémentaire aux efforts internationaux visant à résoudre le conflit dans ce pays.    

 

Sur la situation au Venezuela

 

L'évolution de la situation au Venezuela approche du seuil critique. On s'attend à une provocation dangereuse de grande envergure le 23 février: un prétendu "convoi humanitaire" - incité et guidé par Washington - devrait traverser la frontière vénézuélienne, ce qui pourrait provoquer des affrontements entre les partisans et les opposants des autorités actuelles, ainsi que créer un prétexte pour lancer une opération musclée visant la destitution du Président vénézuélien légitime.

Les préparatifs de la provocation sont menés par Washington selon toutes les règles de la science militaire. Il en existe des preuves, dont vous pouvez prendre connaissance sur internet. On constate le transfert de forces spéciales et de véhicules américains à proximité du territoire vénézuélien.

Selon certaines informations, les États-Unis et leurs alliés de l'Otan étudient actuellement la possibilité d'acquérir dans un pays d'Europe de l'Est d'un lot important d'armes et de munitions destiné aux opposants vénézuéliens. Il s'agit de mitrailleuses lourdes, de lance-grenades intégrés et automatiques, de missiles sol-air portables, de différentes munitions pour armes à feu et de pièces d'artillerie. Voilà quelle est la nature des préparatifs de l'envoi de l'aide humanitaire. Cette cargaison devrait être transportée au Venezuela début mars 2019 via le territoire d'un pays voisin à l'aide d'avions-cargos d'une entreprise de transport internationale. La trace ukrainienne dans cette histoire n'est malheureusement pas du tout surprenante. Si nous comprenons bien, il est prévu de recourir aux services de la la société publique Antonov pour cette opération.

Une attention spéciale est accordée à la composante propagandiste. Il est certainement nécessaire de présenter des explications aux habitants de la région, bien que ce soit un souci secondaire. Il faut d'abord rendre compte aux électeurs américains de ce qui se passe. Actuellement, des forces véritablement globales sont orientées en ce sens. Ainsi, l'administration américaine exagère sciemment les tensions et tente de persuader progressivement le monde que revenir en arrière est désormais impossible, en utilisant encore une fois sa phrase favorite: "Il doit partir". Washington ira visiblement jusqu'au bout de ses plans.

Il faut souligner le cynisme absolu des propos du Président américain Donald Trump, qui s'est récemment adressé aux militaires vénézuéliens depuis Miami pour les appeler à ignorer les ordres d'un chef d'État légitime. Pouvez-vous vous imaginer un appel direct à l'armée américaine pour qu'elle défie son commandant en chef? D'autant plus que de nombreux politiciens et juristes américains considèrent certains contacts au niveau des diplomates ou des représentants officiels comme une ingérence dans les affaires intérieures de leur pays. Encore une fois, le Président d'un État s'adresse aux forces armées d'un autre État indépendant pour leur demander de défier les autorités légitimes de ce pays souverain. A mon avis, dans ce contexte, les États-Unis ou au moins les politiciens qui approuvent tout cela, le soutiennent publiquement ou l'acceptent tacitement, n'ont plus aucun droit de parler du caractère légitime ou illégitime de telle ou telle action. Il s'agit d'un chantage visant les militaires d'un pays étranger et une menace - qui va absolument à l'encontre de toute logique - qu'ils pourraient "perdre tout" s'ils restaient fidèles à leur serment.

Nous avons déjà évoqué en détail l'attitude russe envers ces projets dangereux dans notre communiqué du 18 février. Les réactions que nous constatons indiquent que beaucoup de personnes nous ont entendues et partagent nos positions. Certains peuvent le dire publiquement, ont assez de forces pour le faire, alors que d'autres le comprennent parfaitement mais ne peuvent pas évoquer ouvertement leur point de vue compte tenu des circonstances.

Nos estimations des événements qui se préparent sont absolument franches, et nous ne dissimulons pas notre inquiétude. Il s'agit évidemment du Venezuela, mais aussi d'autres pays. Il ne s'agit pas seulement de différentes estimations concernant la situation en République bolivarienne, mais d'un choix entre contribuer au maintien ou à la destruction de la paix.

Si les projets des organisateurs de la provocation se réalisaient, l'agressivité de la politique étrangère américaine passerait à un niveau différent, à celui des aventures militaires. Mais cela pourrait nous pousser vers l'abîme. On fera face à une aggravation rapide des tensions et des confrontations dans le monde. Et ensuite?

Nous constatons que le danger d'une telle évolution des événements et de l'implication dans cette dernière est désormais ressenti même par ceux qui avaient initialement soutenu et accepté la politique de Washington visant à former deux pouvoirs au Venezuela, et se sont privés de toute marge de manœuvre diplomatique en reconnaissant fermement le "vrai président" autoproclamé. Nos contacts indiquent la prise de conscience du fait que le monde en général et l'Amérique latine en particulier pourraient perdre beaucoup de ce suivisme vis-à-vis d'une politique si ouverte, directe et effrontée des États-Unis.

Ce fait est reflété par le nombre croissant d'idées et d'initiatives internationales visant à soutenir ce qui semblait immuable par le passé: la Charte de l'Onu et les principes du droit international qu'elle a fixés, notamment le respect de la souveraineté, le non-recours à la force et à la menace de la force, ou encore la non-ingérence dans les affaires intérieures d'autres États. Dans ce contexte, il faut souligner l'importance du travail d'un groupe de pays de tous les continents à l'Onu visant à protéger la paix, les objectifs et les principes de la Charte des Nations unies.    

Nous pouvons recommander à ceux qui sont préoccupés par la situation humanitaire au Venezuela de suivre l'exemple des pays qui coopèrent dans la mise en œuvre de programmes humanitaires avec les organes et les structures mandatées de l'Onu et le gouvernement du pays. Ainsi, un lot important de médicaments et d'équipements médicaux a récemment été transporté à l'aéroport de Caracas sou l'égide de l'OMS et avec le soutien russe.

En ce qui concerne le 23 février, je voudrais souligner encore une fois que nous croyons en la sagesse du peuple vénézuélien. Quelle que soit la division de la société, cette dernière n'a qu'un seul pays, dont l'avenir ne peut être construit que conjointement. Je voudrais souligner qu'il s'agit d'une position cohérente de notre pays.  

 

Sur notre estimation du discours du Président américain Donald Trump concernant le Venezuela et le regard des États-Unis sur l'Amérique latine dans l'ensemble

 

Ce 18 février, le Président américain Donald Trump a prononcé à Miami un discours consacré au Venezuela et au regard des États-Unis sur l'Amérique latine dans l'ensemble.

Son discours débordait de clichés idéologiques. Il a parlé du "déclin du socialisme", du changement imminent d'orientation non seulement du Venezuela, mais également de Cuba et du Nicaragua, et de la formation prochaine, selon lui, d'un paysage politique homogène en Amérique latine.

Nous avons eu l'impression d'entendre non pas le Président américain actuel Donald Trump, mais le "Président de l'hémisphère occidental", James Monroe, en 1823.

"Nous chercherons l'amitié avec d'autres pays du monde, mais nous comprendrons que c'est leur droit de placer leurs intérêts avant tout. Nous ne voulons pas imposer notre mode de vie à qui que ce soit", avait dit le Président américain Donald Trump lors de son investiture. On se demande donc logiquement quand il disait ce qu'il pensait vraiment et quelle est la position de Washington aujourd'hui.

J'aurais préféré ne pas avoir à commenter un discours plein de négligence du droit des autres peuples à disposer d'eux-mêmes sans ingérence, sanctions ni pression extérieures, conformément aux normes reconnues du droit international reflétées dans la Charte de l'Onu. Un mépris aussi grossier des droits des autres, ce n'est certainement pas la paix - pour paraphraser à l'inverse le grand politicien mexicain Benito Juarez.

Et il ne s'agit pas seulement du fait que le discours de politique étrangère du Président américain Donald Trump s'adressait essentiellement au public national de Floride, composé de ressortissants des pays situés au sud du Rio Grande, dont dépendent aujourd'hui les voix lors de toutes les élections importantes pour la Maison blanche. Malheureusement, l'ordre du jour latino-américain de Washington est de nouveau formulé en grande partie par le lobby ultraconservateur de Miami.

Nous voyons à quel point ils cherchent à dévaluer tous les acquis politiques obtenus par les États d'Amérique latine et des Caraïbes sur la voie de la construction d'un nouveau style de communication interétatique dans l'hémisphère occidental.

Cette région est devenue la première zone non nucléaire sur la planète, et très récemment elle a été proclamée Zone de paix, dans le cadre de laquelle tous ses pays aspirent à la coexistence dans le respect de l'ordre politique et social choisi. Un concept unique a été créé en Amérique latine et dans les Caraïbes: "L'unité dans la diversité".  On est bien loin du concept d'uniformité politique dont parle Washington. Réfléchissez: "l'uniformité politique" ou "l'unité et la diversité". C'est une différence fondamentale.

Maintenant, en échange de cette unité, il est proposé de revenir à ce qui semblait déjà révolu, c'est-à-dire l'alignement inconditionnel sur ceux qui estiment être les seigneurs de cette région.

Nous espérons vraiment que les politiciens actuels qui décident du sort de la région savent que sur le fronton du Ministère des Affaires étrangères de la Colombie à Bogota figure la citation d'un autre grand Latino-Américain, Simon Bolivar: "Chaque nation a le droit de choisir le gouvernement selon sa volonté, et les autres doivent respecter ce choix".

C'est d'une actualité brûlante aujourd'hui.

 

Sur le déroulement de la conférence "La nouvelle Constitution cubaine et la Charte démocratique interaméricaine " au siège de l'Organisation des États américains

 

Nous avons noté le déroulement, ce 12 février au siège de l'Organisation des États américains (OEA), d'une certaine conférence d'experts sur le nouveau projet de Constitution cubaine qui fera l'objet d'un référendum national dimanche 24 février.

A première vue, une telle activité ne méritait aucun commentaire car il s'agissait d'une nouvelle "réunion", pratiquement routinière, d'experts ayant une position anti-cubaine, dans le cadre d'une organisation qui a écarté le gouvernement cubain de son activité  en 1962. En 2009, l'OEA a annulé cette décision mais La Havane ne brûle pas d'envie de rejoindre ses rangs.

Nous en serions restés là si, à l'issue de cette conférence, le Secrétaire général de l'OEA n'avait pas parlé de "dictature" à Cuba, du "caractère non démocratique du processus électoral" dans la République et n'avait pas qualifié le projet de Constitution cubaine de "pamphlet idéologique".

Si ce débat ne s'était pas déroulé parallèlement à l'évolution dramatique des événements au Venezuela.

Si, ce 18 février à Miami, le Président américain Donald Trump, n'avait pas fait part de son souhait de changer l'ordre politique à Cuba - j'en ai déjà parlé.

L'ensemble de ces facteurs témoigne des réalités actuelles dans la région. Nous voyons que l'hémisphère occidental "rode" un nouveau modèle de révolutions de couleur visant, contrairement aux normes reconnues du droit international fixées dans la Charte de l'Onu, et notamment les principes de respect de la souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, à faire reconnaître par les acteurs extérieurs certains aspects de processus exclusivement nationaux sur la base de jugements tendancieux et politiquement engagés.

En l'occurrence, manifestement au profit de positions idéologisées de Washington, l'OEA s'octroie des fonctions supplémentaires d'appréciation de l'activité juridique et législative relevant des compétences purement nationales de l’État cubain, tentant ainsi de discréditer aux yeux de la communauté internationale les Cubains qui participent directement à la mise au point de leur projet de Constitution.

Nous partons du principe que le déroulement d'un référendum à Cuba et l'adoption de la Constitution font partie intégrante du droit souverain du pays et de son peuple. Tout élément de pression sur le gouvernement cubain et les citoyens de Cuba est inadmissible.

Nous espérons que la région de l'Amérique latine et des Caraïbes estimera avec justesse le niveau de danger que représente le précédent en question.

 

Sur l'évolution de la situation à Haïti

 

Ces derniers temps, l'attention des médias est attirée par la situation à Haïti où s'est produit un sursaut de tension sociale accompagné de manifestations suite au mécontentement de la population vis-à-vis de la ligne menée par les autorités et face à la détérioration de la situation socioéconomique dans le pays. Selon les informations dont nous disposons, la situation à Haïti se redresse et se normalise progressivement.

D'après l'Ambassade de Russie au Venezuela, qui supervise également les relations de notre pays avec Haïti, aucun citoyen russe n'a été touché durant ces manifestations, et les informations publiées précédemment dans la presse sur l'interpellation de l'un de nos compatriotes à Port-au-Prince n'ont pas été confirmées.

Nous avons constaté l'appel de Washington à régler ce conflit par un dialogue inclusif entre toutes les forces politiques. Vous voyez, c'est une idée raisonnable qui, pour une certaine raison, du point de vue de Washington, peut fonctionner. à Haïti. Mais de telles "recettes" ne sont pas préconisées vis-à-vis d'autres pays.

D'où la question: alors qu'ils appellent les citoyens d'Haïti à ne pas déborder du cadre des manifestations pacifiques, et le gouvernement à prendre les mesures nécessaires visant à déboucher sur un consensus national, pourquoi les Américains refusent-ils une telle possibilité aux autorités légitimes et à l'opposition du Venezuela? C'est peut-être du deux poids deux mesures, mais surtout une volonté d'imposer sa propre décision à tout prix. Ce n'est plus une question de poids et de mesures. Il faut prouver que la politique et la ligne annoncées seront menées jusqu'au bout.

Je voudrais ajouter que les recommandations nécessaires du Ministère russe des Affaires étrangères destinées aux citoyens russes résidant à Haïti ont été publiées sur le portail d'information du Département du Centre de situations de crise.

 

Sur le déroulement de la mise en œuvre des Accords de Minsk

 

Le mois de février semble avoir revêtu une signification fatidique dans l'histoire contemporaine de l'Ukraine. Les 21 et 22 février 2014, le pays a connu un coup d’État après lequel, contrairement aux accords garantis par la communauté internationale représentée par plusieurs pays européens, le pouvoir à Kiev a été pris par des forces radicales et nationalistes. Presque un an plus tard, le 12 février 2015 à Minsk, les membres du Groupe de contact ont signé les Accords de Minsk approuvés par les dirigeants du Format Normandie, confirmés par la résolution 2202 du Conseil de sécurité des Nations unies et soutenus par la déclaration du Président du Conseil de sécurité des Nations unies du 6 juin 2018.

Ce document a une signification mondiale dans la mesure où non seulement les parties impliquées dans le règlement et dans la contribution au règlement de la situation en Ukraine, mais également le monde entier, affirme qu'il n'a pas d'alternative.

Il est reconnu par toutes les parties comme la seule base pour le règlement du conflit dans le Donbass et fixe les engagements des parties - Kiev, Donetsk et Lougansk - de mettre en œuvre des démarches mutuelles dans le domaine de la politique et de la sécurité, dans le domaine social et socioéconomique.

Pour le nouvel anniversaire de la signature des Accords de Minsk, le représentant spécial des États-Unis pour l'Ukraine Kurt Volker, qui n'a rien à voir avec l'histoire de la mise au point de ces documents, ni avec leur réalisation, et qui ne fait partie d'aucun groupe, a publié sur son compte Twitter  un certain tableau appelé à montrer comment la Russie "ne remplit pas ses engagements" dans le cadre des Accords de Minsk. La bêtise, c'est mal. Mais la bêtise avec l'initiative, c'est pire. Ici, il me semble qu'il s'agit du second cas. Parce que si Kurt Volker avait simplement posé devant lui le document sur lequel il a écrit, il aurait compris que la Russie n'y est pas mentionnée. Ce texte mentionne les engagements des parties, qui sont Kiev d'une part, et Donetsk et Lougansk de l'autre. Visiblement, le représentant américain ne le sait pas encore. Je pense que nous comblerons ces lacunes.

De nombreuses questions ont été posées par les médias concernant l'annonce par Washington du lancement d'un site internet qui évoquera le prétendu non-accomplissement de ses engagements par la Russie et ses "violations". Nous comprenons pourquoi et pour quelle raison cela est fait à ce moment précis. Nous avons vu la tournée actuelle des candidats à la présidence des États-Unis, une partie du programme électoral. Donnez-nous un prétexte - nous répondrons. Aujourd'hui nous publierons également des tableaux et des informations.

Les Accords de Minsk ne mentionnent à aucun moment des engagements quelconques de la Russie. Les tentatives de manipuler les faits, de rejeter sur notre pays la responsabilité de la stagnation des Accords de Minsk, ne font que pousser le gouvernement ukrainien à de nouvelles aventures, éloignent la perspective réelle du processus de paix et condamnent les habitants du Donbass à de nouvelles souffrances.

1. Cessez-le-feu immédiat et total dans plusieurs quartiers des régions de Donetsk et de Lougansk en Ukraine et respect strict de ce cessez-le-feu à compter du 15 février 2015 à minuit (heure de Kiev).

 

La phase active des combats a pris fin, mais les violations du cessez-le-feu perdurent. Du mois de janvier au 10 février 2019, la Mission a enregistré plus de 29 000 violations de l'armistice, dont près de 5 000 explosions. L'armée ukrainienne est le leader absolu du point de vue du nombre de bombardements, si les rapports de la Mission permettent d'établir les responsables: 784 cas du côté de l'armée officielle contre 421 cas chez les insurgés. Les forces ukrainiennes ont lancé une "offensive rampante" dans la "zone grise" située le long de la ligne de contact et y occupent des localités (Iouri Birioukov, conseiller du président ukrainien, a rapporté fin décembre 2018 que l'armée ukrainienne occupait pratiquement tout le territoire de la "zone grise"). De même, les troupes ukrainiennes sont entrées depuis 2015 dans les localités de Chirokino, de Vinogradnoe, de Pavlopol, de Pichtchevik, de Gnoutovo, de Travnevoe et de Gladossovo, avant d'occuper en 2018 Novolouganskoe, la zone industrielle d'Avdeevka, Zolotoe-4, Ioujnoe, et Rassadki. L'Ukraine viole toujours les cessez-le-feu concertés au sein du groupe de contact. Ces derniers ont été annoncés 14 fois au total, ce qui concerne également le dernier armistice "de Noël", lancé depuis le 29 décembre 2018. Kiev refuse de concerter des mesures supplémentaires de désescalade au sein du Groupe de contact, notamment l'interdiction de toutes les activités de sabotage.   

2. Retrait de toutes les armes lourdes par les deux parties, à des distances égales, afin de créer des zones de sécurité d’une largeur de 50 km minimum pour les systèmes d’artillerie d’un calibre de 100 mm et plus, d’une largeur de 70 km pour les lance-roquettes multiples, et d’une largeur de 140 km pour les lance-roquettes Tornado-S, Ouragan, Smertch et les systèmes de missiles tactiques Totchka (Totchka U)

  • pour les troupes ukrainiennes: depuis la ligne de contact de fait;
  •  pour les formations armées de certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk: depuis la ligne de contact selon le mémorandum de Minsk du 19 septembre 2014.

Le retrait des armes lourdes susmentionnées doit commencer au plus tard le deuxième jour après le cessez-le-feu et être achevé en 14 jours.

L’OSCE contribuera à ce processus avec le soutien du Groupe de contact tripartite.

 

Donetsk et Lougansk ont annoncé la fin du retrait de leurs armes avant la date fixée, alors que Kiev a pris un certain retard. Cependant, on constate souvent l'absence de ces armes de leurs lieux de stationnement (la plupart des cas enregistrés en 2018 concernent l'armée ukrainienne). Kiev a de fait torpillé la mise en œuvre de l'Accord-cadre sur le désengagement des forces du 21 septembre 2016 (ce texte a été unanimement soutenu par les leaders du Format Normandie au cours leur sommet du 19 octobre 2016 à Berlin). Après avoir boycotté le désengagement à Stanitsa Louganskaïa, les troupes ukrainiennes sont revenues et renforcent leurs positions dans les localités de Petrovskoe et de Zolotoe, où ce processus avait abouti avec succès par le passé.

 

3. Assurer un suivi et une vérification efficaces du cessez-le-feu et du retrait des armes lourdes par l'OSCE depuis la première journée du retrait et en utilisant tous les moyens techniques nécessaires, notamment des satellites, des drones, des systèmes de radar etc.

La Mission assure le suivi de la situation dans le Donbass (ce travail est effectué par plus de 600 observateurs de la Mission). Le travail d'observation se heurte à des obstacles des deux côtés de la ligne de contact. Du mois de janvier au 10 février 2019, l'armée ukrainienne est à l'origine du plus grand nombre d'obstructions aux drones de la Mission: 10 cas contre 5 cas chez les insurgés, dont 7 cas de brouillage des drones à longue portée au-dessus du territoire contrôlé par l'armée ukrainienne et 3 cas au-dessus de la zone des insurgés. Les troupes ukrainiennes empêchent le travail de suivi à proximité des stations ferroviaires dans le Donbass, qui assurent le transport des armes lourdes (Konstantinovka, Khlebodarovka). Sur le territoire contrôlé par Kiev, des régions entières restent inaccessibles à la Mission sous prétexte de la "menace des mines". Depuis le début de l'année 2019, la Mission a visité 31 fois les postes de contrôle situés à la frontière russe. 

 

4. Le lendemain du retrait, entamer le dialogue sur les modalités de l'organisation des élections locales, conformément à la législation ukrainienne et à la loi ukrainienne "Sur le régime temporaire d’autogestion locale dans certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk", et également sur le régime futur de ces régions, sur la base de la loi susmentionnée.

Sans tarder, pas plus tard que 30 jours à compter de la date de signature de ce document, que la Rada suprême d’Ukraine adopte un décret mentionnant le territoire auquel s’étend le régime spécial, conformément à la loi ukrainienne "Sur le régime temporaire d’autogestion locale dans certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk", sur la base de la ligne fixée par le mémorandum de Minsk du 19 septembre 2014.

 

Kiev évite le dialogue direct avec Donetsk et Lougansk sur les questions politiques au sein du Groupe de contact, rejette toutes les propositions de compromis concernant les modalités des élections dans le Donbass et n'insiste que sur les conditions avantageuses pour lui-même et lui permettant de fait d'assurer son contrôle sur les processus politiques et leurs résultats dans le Donbass. Kiev et l'Occident tentent régulièrement - sous différents prétextes - de promouvoir l'idée de déployer dans certains districts des régions de Donetsk et de Lougansk des forces internationales de maintien de la paix ou de police ayant le droit d'organiser et d'administrer les élections locales.

 

5. Garantir la grâce et l'amnistie par l'entrée en vigueur d'une loi interdisant la persécution et la punition des individus liés aux événements qui ont eu lieu dans certaines zones des régions ukrainiennes de Donetsk et de Lougansk.

 

 

La loi "sur l'inadmissibilité de poursuivre et de punir les individus qui ont participé aux événements sur le territoire des régions de Donetsk et de Lougansk" a été adoptée par le Parlement ukrainien le 16 septembre 2014, mais elle n'est toujours pas entrée en vigueur. Kiev refuse d'amnistier les insurgés du Donbass par analogie avec les "révolutionnaires" du Maïdan.

 

6. Garantir la libération et l'échange de tous les prisonniers et personnes illégalement détenues selon le principe "tous contre tous". Ce processus doit être mené à son terme au plus tard le cinquième jour après le retrait.

 

 

Le processus d'échange n'est toujours pas terminé. Le dernier échange - et le plus important de toute la durée du conflit - a eu lieu le 27 décembre 2017 (213 personnes sont revenues à Donetsk et à Lougansk, et 73 personnes à Kiev). La liste d'échange était plus longue, mais au dernier moment Kiev en a rayé plus de 70 personnes, dont 23 citoyens russes (tous avaient pourtant été validés par Petro Porochenko personnellement). L'un d'entre eux est décédé en décembre 2018 des suites des tortures qui lui ont été infligées dans une prison des environs de Lvov. Les représentants ukrainiens refusent de se mettre d'accord au sein du Groupe de contact sur un échange selon la formule "toutes les personnes identifiées contre toutes les personnes identifiées".

 

7. Garantir l'accès, le transport, le stockage et la distribution sûrs de l'aide humanitaire aux personnes dans le besoin dans le cadre d'un mécanisme international.

 

 

Cela est empêché par le blocus de transport, économique, alimentaire et social total de Kiev contre le Donbass. Une aide humanitaire est envoyée depuis la Russie dans cette région afin d'éviter une catastrophe humanitaire (le volume total des 84 convois humanitaires envoyés par le Ministère des Situations d'urgence jusqu'à février 2019 est supérieur à 78.000 tonnes). Les douaniers et les garde-frontières ukrainiens participent à l'inspection de ces convois, ce qui est également confirmé par les observateurs de l'OSCE stationnés sur les postes frontaliers russes de Goukovo et de Donetsk, invités par la Russie en signe de bonne volonté. La Mission spéciale d'observation surveille le passage des convois et la distribution de l'aide humanitaire dans le Donbass.

Des cargaisons humanitaires sont également envoyées dans la région dans le cadre du CICR depuis le territoire ukrainien contrôlé par Kiev (via le poste de contrôle de Novotroïtskoe).

 

 

8. Déterminer les modalités du rétablissement total des liens socioéconomiques, notamment des prestations sociales comme le versement des retraites et d'autres paiements (les recettes et les revenus, le paiement en temps voulu de toutes les factures communales, le rétablissement de l'imposition fiscale dans le cadre du champ juridique ukrainien).

A ces fins, l'Ukraine rétablira la gestion du segment de son système bancaire dans les régions touchées par le conflit, en créant éventuellement un mécanisme international pour faciliter de tels versements.

 

 

Le 1er mars 2017, les autorités ukrainiennes ont durci et légalisé le blocus socioéconomique du Donbass, de facto instauré dès 2014. Le 15 mars 2017, le Conseil national de sécurité et de défense a décrété un blocus de transport contre le Donbass. Le système bancaire de la région n'a pas été rétabli. Le mécanisme international pour faciliter les virements n'a pas été créé. L'idée franco-allemande de lancer des postes mobiles de service bancaire le long de la ligne de contact n'a pas connu d'évolution.

L'Ukraine refuse de verser les retraites et les prestations sociales aux habitants du Donbass. L'obtention de cet argent n'est possible que sur le territoire contrôlé par Kiev et sous condition d'avoir obtenu le statut de déplacé interne. Les habitants du Donbass sont forcés de patienter dans les immenses files d'attente à la ligne de contact pour se rendre dans les établissements de la Caisse de retraite ukrainienne. Depuis le 21 décembre 2018, 13 personnes âgées sont décédées dans ces files d'attente.

 

 

9. Rétablissement du contrôle total sur la frontière nationale par le gouvernement ukrainien dans toute la zone du conflit, qui doit commencer le premier jour après les élections locales et se terminer après le règlement politique à part entière (les élections locales dans certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk conformément à la loi ukrainienne et à la réforme constitutionnelle) d'ici fin 2015 à condition d'appliquer les termes en consultation et en accord avec les représentants de certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk dans le cadre du Groupe de contact trilatéral.

 

L'Ukraine esquive les démarches concrètes basées sur un dialogue direct avec Donetsk et Lougansk pour parvenir au règlement politique à part entière, empêchant ainsi la création des prémisses au rétablissement de son contrôle total de la frontière.

 

 

10. Retrait de toutes les unités et du matériel militaire étrangers, ainsi que des mercenaires du territoire ukrainien sous la surveillance de l'OSCE. Désarmement de tous les groupes illégaux.

 

 

L'Ukraine n'a pas assuré ni le retrait des mercenaires et du matériel militaire étrangers, ni le désarmement des "bataillons nationalistes" qui ont été de facto légalisés et incorporés au sein de l'armée ukrainienne et d'autres structures de force. En février 2019, l'un de ces anciens bataillons, qui est aujourd'hui le régiment Azov du Ministère ukrainien de l'Intérieur, a été renvoyé sur la ligne de contact. L'armée ukrainienne utilise le matériel militaire étranger acheté (en janvier et février 2019, la MSO a constaté la présence près de la ligne de contact de véhicules de transport de troupes britanniques Saxon). Des spécialistes des pays de l'Otan enseignent à l'armée ukrainienne "l'art de la guerre" dans des centres de formation à l'ouest, au sud et au centre de l'Ukraine.

 

11. Mise en œuvre de la réforme constitutionnelle en Ukraine pour l'entrée en vigueur avant fin 2015 de la nouvelle Constitution dont la décentralisation sera un élément clé (compte tenu des particularités de certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk convenues avec les représentants de ces régions), ainsi qu'adoption d'une loi permanente sur le statut particulier de certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk conformément aux mesures indiquées en annexe avant fin 2015.

 

 

Le dispositif particulier d'autonomie locale (statut particulier du Donbass) n'a pas été entériné législativement. La loi en question, bien qu'elle ait été adoptée en septembre 2014, est temporaire (elle expire le 31 décembre 2019). Elle n'est pas entrée en vigueur et n'est pas appliquée à titre permanent.

Kiev ne remplit pas l'accord convenu par les dirigeants du Format Normandie pendant les sommets de Paris le 2 octobre 2015 et de Berlin le 19 octobre 2016, prévoyant l'entrée en vigueur de la loi sur le statut particulier du Donbass selon la "formule de Steinmeier" (à titre temporaire le jour des élections locales et à titre permanent après la publication du rapport final du BIDDH de l'OSCE).

Le 24 février 2018 est entrée en vigueur la loi ukrainienne sur la "réintégration" du Donbass, qui a reformaté l'opération de force en campagne militaire et qui exclut de facto la possibilité d'un règlement politique.

Le 22 janvier 2019, Petro Porochenko a déclaré qu'il n'y aurait "aucun statut spécial ou autonomie" en Ukraine.

Des lois ont été adoptées et sont entrées en vigueur restreignant le droit à l'autodétermination linguistique prévu par le paragraphe 11 (restriction législative de l'usage du russe, notamment la loi sur l'éducation). Le Parlement ukrainien étudie des projets de loi décrétant des restrictions linguistiques supplémentaires (sur la garantie du fonctionnement de l'ukrainien comme langue nationale, etc.).

 

12. Conformément à la loi ukrainienne sur le dispositif provisoire d'autonomie locale dans certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk, les questions relatives aux élections locales seront évoquées et convenues avec les représentants de ces zones des régions de Donetsk et de Lougansk dans le cadre du Groupe de contact trilatéral. Les élections seront organisées dans le respect des normes de l'OSCE, et observées par le BIDDH de l'OSCE.

 

Kiev évite le dialogue direct avec les représentants du Donbass sur les modalités du déroulement des élections locales et ignore les propositions de Donetsk et de Lougansk à ce sujet, qui ont été transmises aux autorités ukrainiennes dans le cadre du sous-groupe compétent du Groupe de contact.

 

13. Intensifier l'activité du Groupe de contact trilatéral, notamment en créant des groupes de travail spécialisés pour l'accomplissement des différents points des Accords de Minsk. Ils refléteront la composition du Groupe de contact trilatéral.

 

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Quatre sous-groupes de travail ont été créés et fonctionnent (pour la sécurité, les questions politiques, économiques et sociales). Dans le même temps, on constate clairement la ligne de l'Ukraine visant à marginaliser les mécanismes du Groupe de contact, à bloquer le travail des sous-groupes.

 

Sur les persécutions du clergé et des fidèles de l’Église orthodoxe ukrainienne

 

L'offensive contre l’Église orthodoxe canonique se poursuit en Ukraine. Les fils d'actualité relaient pratiquement tous les jours des informations sur la confiscation de lieux saints de l’Église orthodoxe ukrainienne. Depuis le début de l'année, plus de 30 cas ont été recensés dans 11 des 24 régions du pays. A ces actes violents participent activement les différentes organisations nationalistes et d'extrême-droite, dont les combattants, en présence des représentants de l'administration et de la police locales, fracturent tout ce qui est lié aux paroisses, les serrures des portes et des portails sont changées, alors que les prêtres et les paroissiens sont jetés dans la rue, privés de la possibilité d'organiser les messes et les rituels. Certains se voient refuser l'accès aux lieux saints. Au final, les gens sont contraints de prier en plein air, quelle que soit la météo. C'est un véritable outrage. Toutefois, il ne faut pas s'attendre à autre chose de la part du régime de Kiev, qui glorifie à chaque coin de rue les actes inhumains de criminels comme Stepan Bandera et Roman Choukhevitch.

Les autorités de Kiev ont visiblement décidé d'aller plus loin. De plus en plus souvent, le Service de sécurité ukrainien (SBU) convoque pour des "entretiens préventifs" les prêtres de l’Église orthodoxe ukrainienne, exigeant d'eux d'adhérer "volontairement" à l'"Église orthodoxe d'Ukraine" scissionniste récemment créée sur ordre du Président ukrainien Petro Porochenko et avec le soutien des États-Unis et du Patriarcat de Constantinople.

Toutes les tentatives des prêtres de l’Église orthodoxe ukrainienne de raconter au monde la vérité sur les persécutions contre l’Église canonique suscitent une réaction brutale des autorités. Voici un exemple. Le 13 février, le vicaire de la métropole de Kiev de l’Église orthodoxe ukrainienne et recteur du monastère de la Dîme de Kiev, l'évêque de Makarov Gédéon (Kharon), citoyen ukrainien, a été arrêté à l'aéroport de Kiev à son retour des États-Unis,  puis de facto déporté du pays. Sa "faute devant la patrie" était d'avoir osé envoyer une lettre au Secrétaire d’État américain Mike Pompeo et organiser plusieurs rencontres au Capitole concernant la situation religieuse en Ukraine. C'est vraiment un signe de démocratie. Bien évidemment, comme vous le savez, toutes les autres personnalités reçues au Capitole et au Département d’État américain sont des patriotes ukrainiens.

Nous espérons que rien n'arrivera à un autre prêtre de l’Église orthodoxe ukrainienne, le chef de la représentation de l’Église orthodoxe ukrainienne auprès des organisations européennes internationales, l'évêque de Barychev Viktor (Kotsaba), qui a publié ce 18 février sur le site de l’Église orthodoxe ukrainienne une lettre ouverte adressée aux représentants officiels de l'Onu, de l'OSCE, de l'UE et d'autres pays concernant les nombreuses violations des droits de l'homme en Ukraine et une réelle menace d'escalade des conflits religieux. Ce document souligne que "les persécutions des chrétiens ne sont jamais restées sans trace pour les dirigeants qui les ont commises, car on ne peut pas se fâcher contre Dieu". Je comprends que ce soit l'avis d'un prêtre. Je répète qu'il s'adressait aux fidèles. Selon moi, ce sont des mots très justes et sages. Ceux à qui ils s'adressent devraient les écouter.

Beaucoup de choses sont écrites dans la presse au sujet de ces événements. Dans un journal j'ai vu une citation indirecte déjà traduite en russe du Métropolite de Karpasia Christophore, qui, en commentant les événements en Ukraine, a déclaré que "tout cela pourrait conduire à une hérésie ecclésiastique qui s'enracinera profondément dans la vie de l’Église".

 

Sur l'interdiction d'une nouvelle série de livres russes en Ukraine

 

Encore une nouvelle renversante. Malheureusement, elle n'a rien de nouveau. Ce sujet s'inscrit entièrement dans la logique russophobe qui règne actuellement à tous les niveaux du pouvoir en Ukraine. Il est question d'une interdiction systématique et d'un retrait des ventes des livres d'auteurs russes dans ce pays. Ce ne sont pas seulement les nouvelles œuvres inscrites sur la "liste noire" qui étonnent, mais également les raisons pour lesquelles elles doivent, aux yeux de leurs contempteurs, être immédiatement retirées des étalages.

Par exemple, on remarque l'interdiction du livre du consultant d'affaires Sergueï Bekhterev Comment travailler pendant les heures de travail: les règles de la victoire sur le chaos de bureau ou encore de celui d'Igor Namakonov Crossfit pour le cerveau: comment se préparer à résoudre des problèmes inhabituels. Visiblement, tout ce qui est lié aux capacités intellectuelles doit être bloqué avant tout parce que cela pourrait permettre de penser et de réfléchir de manière analytique. Même pas. Le prétexte invoqué est qu'une expérience de travail dans les structures gouvernementales russes a été utilisée lors de la rédaction, et que le livre d'Igor Namakonov évoque la thèse selon laquelle "la Russie est un pays surprenant et qui surprend, et nous, ses citoyens, sommes des gens surprenants". Cela peut encore être expliqué. Mais qu'y a-t-il de mal dans le livre de cuisine de Nino Bilikhodze La cuisine géorgienne. La saveur de l'amour? C'est un mystère entouré de ténèbres. Voici un autre livre qui fait partie de cette triste liste. Je ne peux pas le prononcer, mais il va le falloir: le livre de Natalia Malinovskaïa Notes d'une sorcière pratiquante. Je ne comprends pas de quoi ils ont peur, après tout ils disposent du tomos d'autocéphalie. Ils doivent vraiment craindre le "mauvais œil et le mauvais sort" s'ils interdisent même une telle littérature.

Plusieurs livres pour enfants ont également été interdits. Les experts ukrainiens veillent de très près à la littérature pour enfants et adolescents. C'est l'avenir du pays. Des manuels de chimie avaient déjà été interdits, non pas parce qu'ils pouvaient contenir la formule de fabrication d'une arme chimique mais sous prétexte que même si formellement ce manuel n'impliquait aucun sous-texte historique caché, il était indiqué au sommaire qu'il avait été rédigé en Russie. Tout comme la Grande encyclopédie scolaire pour les classes 5 à 11 (enseignement secondaire), qui a remplacé l'Encyclopédie soviétique, est interdite à l'importation en Ukraine. Pourtant, l'Ukraine ne possède pas encore de ses propres analogues - mais cela n'a pas d'importance.

D'ailleurs, le programme scolaire a également subi un nettoyage. Plusieurs œuvres de la littérature russe classique ont été supprimées, comme les fables d'Ivan Krylov. En 2016, le Ministre ukrainien de l'Intérieur Arseni Avakov, dans une polémique ouverte avec le député et membre de la fraction Bloc de Petro Porochenko Sergueï Lechtchenko, a déclaré que le Ministre de l'Intérieur pourrait arriver au pouvoir en utilisant les structures de force qui lui sont subordonnées en utilisant justement une citation de la fable d'Ivan Krylov: "Il faut croire que ce chien est très fort, puisqu'il aboie sur un éléphant". Le gouvernement se souvient encore d'Ivan Krylov et l'utilise activement, mais ne juge pas qu'il soit utile pour les enfants. Ensuite, ils raconteront peut-être aux enfants que c'était un grand écrivain et poète ukrainien. C'est terrible. Le monde a déjà connu ça. Il est terrible d'imaginer ce qui se passe dans l'espace européen.

 

Sur la décision du Parlement estonien d'interdire l'entrée dans le pays à Alexeï Pouchkov, membre du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, et à trois autres représentants russes

 

Nous considérons la décision prise par le Parlement estonien d'interdire l'entrée dans le pays au membre du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie Alexeï Pouchkov et à trois autres représentants russes à cause de leur prétendue "implication dans l'incident dans le détroit de Kertch" comme une attaque hostile qui s'inscrit, par les efforts des politiciens estoniens russophobes, dans le cadre de la politique antirusse.

Vous le savez, ces histoires ne restent jamais sans suite.

 

Sur les nouvelles intox concernant les incidents de Salisbury et Amesbury

 

Bientôt un an après les provocations de Salisbury et d'Amesbury, inspirées et médiatisées par les Britanniques, nous constatons l'apparition de nouvelles spéculations sur cette histoire grâce aux efforts des spin-doctors du Royaume-Uni. Ces derniers utilisent activement la méthode des fuites dirigées. Ainsi, les médias publient des informations sur une prétendue "trace bulgare" et citent de nouveaux suspects de l'empoisonnement des Skripal qui font l'objet de nouvelles "enquêtes" par le tristement célèbre site Bellingcat. 

Il s'agit de fantaisies absurdes. Toutes ces fausses informations visent des objectifs politiques absolument concrets et s'appuient sur le fameux principe de "highly likely".

Nous avons déjà constaté un grand nombre de falsifications destinées à tromper l'opinion publique. Nous les considérons comme des éléments de la politique des autorités britanniques, qui cherchent à classifier toutes les informations susceptibles d'élucider les événements qui se sont réellement déroulés à Salisbury et Amesbury.

Malgré nos demandes récurrentes, les Britanniques ne peuvent toujours nous fournir aucune information officielle sur l'affaire Skripal. Les raisons de cette attitude sont visiblement très simples: soit il y a des choses à cacher, soit il n'existe aucune preuve réelle des accusations antirusses.

 

Sur les tentatives des ONG américaines d'intimider les entreprises russes coopérant avec l'Iran

 

Il est, selon nous, nécessaire d'attirer l'attention sur les cas outranciers de pression exercée sur des entreprises russes par l'ONG américaine United Against Nuclear Iran.

Les actions de cette structure ouvertement intéressée et marginale, mais dirigée par un certain ambassadeur Mark Wallace, dépassent largement ce que l'on se représente habituellement de l'activité des ONG et de leur conduite à l'étranger.

Ainsi, Mark Wallace s'est récemment mis à proférer des menaces contre les entreprises et les sociétés russes qui coopèrent de manière absolument légitime avec l'Iran dans différents domaines. Nous ne sommes pas responsables du fait que la position des États-Unis sur la question iranienne change au gré du vent. D'abord on peut coopérer, ensuite on ne peut plus le faire, enfin il faut de nouveau travailler ensemble. Il est très difficile de suivre toutes ces fluctuations. Aucune personne, aucune entreprise, ne travaille de cette façon. Il faut prendre en considération les plans à moyen et à long terme, les investissements et les projets. Qui plus est, Mark Wallace se permet d'exiger sous deux semaines des rapports écrits sur le caractère des relations de ces entreprises avec leurs partenaires iraniens, ainsi que de les menacer de sanctions en réponse au non-respect de la législation américaine.   

Nous considérons ces actions de l'ONG américaine comme inadmissibles, inacceptables et profondément préoccupantes.

Les tentatives de faire pression sur les entreprises russes et de les intimider s'inscrivent dans la continuité du travail indigne de l'Administration américaine actuelle, à qui l'obsession anti-iranienne fait perdre tout sens des réalités et proférer des menaces contre l'Onu et l'AIEA, ainsi que contre les pays membres de ces organisations à cause de leur soutien infaillible à la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'Onu. Le fait que les lettres menaçantes de l'United Against Nuclear Iran sont signées par une personne qui se présente comme un ambassadeur ne fait qu'aggraver la situation de la diplomatie américaine qui a démontré, sur l'exemple du Plan d’action global commun (ainsi que, malheureusement, dans beaucoup d'autres cas), son approche conjoncturelle, ainsi que l'incapacité de Washington à mettre en œuvre les accords signés et à respecter ses engagement internationaux.  

Je voudrais rappeler également que les lois et les exigences américaines n'ont aucune force juridique sur le territoire russe. La Russie envisage résolument de poursuivre à part entière sa coopération mutuellement avantageuse avec l'Iran, notamment en matière d'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, en dépit de la pression et des sanctions illégales de Washington.

Nous appelons tous les autres pays à s'unir pour empêcher Washington de s'accaparer le droit de définir l'utilité et de dicter les paramètres de la coopération commerciale et économique internationale, ainsi que des échanges scientifiques et techniques. Les États-Unis font partie de la communauté mondiale et ne se trouvent pas au-dessus de cette dernière. Quant aux entreprises russes, leurs décisions et leurs actions doivent être guidées par les normes de la législation nationale et pas par les diktats odieux de certaines organisations politiques ou lobbys étrangers.

 

Sur l'appel des maires de Hiroshima et de Nagasaki

 

Les actions américaines visant à démolir le traité FNI ont suscité de nombreux messages appelant les dirigeants russes et américains à sauver ce texte. L'opinion publique prend conscience du fait que cela est nécessaire pour maintenir la stabilité et éviter la course aux armements. La menace d'obstacles supplémentaires sur la voie du désarmement nucléaire suscite également des préoccupations.

C'est notamment le cas d'une lettre des maires de Hiroshima et de Nagasaki. Au nom du mouvement international Maires pour la paix, ils disent espérer que la Russie et les États-Unis arriveront à rétablir leur confiance mutuelle et reprendront un dialogue constructif afin de progresser vers le "zéro nucléaire" global.

Tout est tellement embrouillé dans le monde d'aujourd'hui. Comme vous l'avez certainement appris des médias japonais, les autorités du Japon proposent la candidature des dirigeants américains au prix Nobel de la paix. C'est absolument incompréhensible: comment de telles contradictions peuvent-elles coexister dans le cadre d'un seul pays et d'un seul système politique?

Nous comprenons parfaitement l'inquiétude des représentants de la société civile. L'écroulement du traité FNI pourrait porter un coup dur à la sécurité internationale et à la stabilité globale, impliquer des régions entières dans une course aux armements multipolaire. Cela pourrait se solder par une érosion accélérée de l'architecture de contrôle des armes, ainsi que par des répercussions négatives pour les perspectives du désarmement nucléaire et la durabilité du régime de non-prolifération. A plusieurs reprises, nous avons attiré sur ce fait l'attention des États-Unis et de leurs alliés en Europe et dans la région Asie-Pacifique qui soutiennent sans réserve la politique destructrice de Washington. Nous avons proposé des solutions pratiques permettant de lever les préoccupations bilatérales, de sauver le traité et de poursuivre le dialogue sur la réduction et la limitation des armes nucléaires. Nous regrettons profondément que toutes ces propositions soient restées sans réponse ou aient été résolument rejetées sous des prétextes  absolument ridicules dans certains cas. Nous voudrions bien que les maires et les habitants de Hiroshima et de Nagasaki soient au courant de tout cela.

Washington n'a visiblement aucune envie de mener un dialogue concret et d'égal à égal sur le traité FNI ou de reprendre un dialogue bilatéral systémique sur les affaires stratégiques. Il n'a pas non plus répondu à notre proposition de reconfirmer l'attachement conjoint de la Russie et des États-Unis aux efforts visant à prévenir une guerre nucléaire, ce qui serait un signal positif important pour la communauté internationale. Au lieu de cela, les États-Unis se focalisent sur les tentatives de justifier coûte que coûte les erreurs évidentes de leurs services de renseignement qui ont présenté des informations erronées voire fausses sur le missile russe dont le code est déjà connu dans le monde entier.

Je voudrais souligner que nos propositions n'ont pas été retirées et restent sur la table. La Russie ne renonce pas à ce qu'elle a proposé. C'est un facteur très important. Je veux croire que les États-Unis "mûriront" un jour, prendront conscience qu'il est préférable de dialoguer, et comprendront l'inutilité de toutes les tentatives de parvenir à la suprématie militaire par la destruction des structures fondamentales et porteuses de la sécurité internationale.

 

Sur les déclarations d'Edi Rama, Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères de l'Albanie, lors de l'émission Real Story sur la chaîne albanaise Vizion Plus

 

Nous ne pouvions pas passer à côté des déclarations récemment faites par Edi Rama, Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères de l'Albanie, concernant le processus de paix au Kosovo. Dans une interview à la télévision albanaise, il a ouvertement déclaré que pour lui "le Kosovo [faisait] partie de l'Albanie" et que "l'union de l'Albanie et du Kosovo [n'était] pas le plan B, mais le plan A". Peut-être que nous n'avons pas correctement traduit? Nous avons revérifié plusieurs fois. Le Premier ministre albanais Edi Rama a associé la réalisation de ce "plan" à la modification des frontières du territoire, activement discutée dans le cadre du processus de négociations, et à l'aboutissement à un accord à ce sujet entre Belgrade et Pristina.

Nous trouvons cette rhétorique complètement inadmissible. En fait, il est question d'une atteinte à l'intégrité territoriale de la Serbie et au statut du Territoire autonome du Kosovo transgressant la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous attendons une réaction de l'Occident, y compris de l'Otan et de l'UE, à ces déclarations et plans géopolitiques.

Ces déclarations déstabilisent la situation, dégradent l'atmosphère de confiance dans les Balkans et compliquent le dialogue entre Belgrade et Pristina.

 

Sur le déroulement des "Journées du livre russe" à Paris

 

Les 16 et 17 février, le 10e festival littéraire annuel "Journées du livre russe" s'est déroulé à Paris.

Cet événement a attiré l'attention des visiteurs, des maisons d'édition russes et françaises, des spécialistes et du grand public qui s'intéresse à la Russie et à sa culture.

La mairie du 5e arrondissement de Paris, comme précédemment, gratuitement - et nous la remercions pour cela - a mis son bâtiment à disposition du salon. Les écrivains russes ont pu s'exprimer sur quatre plateformes. L'éventail d'opinions des auteurs a plu au public, disposé à une perception objective de l'information sur la Russie.

Les stands étaient tenus par 19 maisons d'édition et 4 librairies. D'anciens ambassadeurs et diplomates français qui ont travaillé en Russie ont participé au festival.

Des rencontres ont été organisées avec des éditeurs, des slavistes russes et français, des philosophes, ou encore des spécialistes de l'enseignement du russe en tant que langue étrangère. Des présentations, des expositions et des ateliers de traduction ont eu lieu, ainsi que la cérémonie de remise du prix de la Russophonie pour la meilleure traduction de la littérature russe contemporaine en français.

Neuf jeunes vainqueurs français du concours des traducteurs ont reçu le prix spécial au nom du forum des sociétés civiles Dialogue de Trianon: un voyage de deux semaines au Centre de formation Sirius à Sotchi.

Au total, en deux jours, près de 4.000 personnes ont assisté à cet événement au cœur de l'un des quartiers étudiants et touristiques les plus visités de Paris.

 

Sur l'ouverture d'une représentation de la Société impériale orthodoxe de Palestine au Royaume-Uni

 

Lors d'une conférence de presse précédente, nous vous avions parlé de la Société impériale orthodoxe de Palestine (SIOP), notre plus ancienne ONG internationale, et de l'ouverture d'une représentation de cette dernière en Jordanie. Nous annonçons avec joie qu'hier une autre représentation a ouvert ses portes, cette fois à Londres. Elle mènera une activité culturelle et éducative pour immortaliser la mémoire de la martyre et grande-duchesse Elisabeth de Hesse-Darmstadt, le petite-fille de la Reine Victoria, et contribuer au pèlerinage orthodoxe vers les sanctuaires chrétiens autour du monde.

Aujourd'hui, nos partenaires font tout pour stopper le dialogue politique au niveau officiel entre Londres et Moscou. Dans ce contexte, les membres de la SIOP s'efforcent d'empêcher la dégradation des relations culturelles et spirituelles entre nos peuples, basées notamment sur la communauté historique.

L'ouverture d'une représentation de la SIOP offre aux citoyens britanniques la possibilité de se familiariser avec les plus profondes bases de la vie spirituelle de notre pays et de notre peuple, de mieux comprendre nos principes de base, nos objectifs et nos aspirations.

 

Sur la situation en Libye

 

Question: L'an dernier, une délégation de Khalifa Haftar a été reçue à Moscou par le Ministère russe de la Défense. Puis s'est tenue une conférence à Palerme, qui a été quittée par la délégation turque prétendant protester contre de prétendues négociations menées en coulisses par plusieurs parties avec des représentants de Khalifa Haftar. Ces derniers temps, nous n'avons pas reçu d'informations sur d'éventuels contacts publics de Moscou avec des représentants du Gouvernement d'entente nationale. Est-ce que cela signifie que les contacts avec Khalifa Haftar sont prioritaires actuellement?

Réponse: Je voudrais souligner que la Russie établit successivement des relations équilibrées avec les principaux centres de force en Libye à l'est, à l'ouest et au sud du pays.

Je rappelle qu'à Palerme, en marge de la conférence internationale que vous avez mentionnée, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a rencontré le Premier ministre du Gouvernement d'entente nationale à Tripoli Fayez el-Sarraj, qu'il a invité en Russie pour une visite de travail. Le directeur général de la Compagnie nationale énergétique libyenne de Tripoli s'est rendu en Russie en janvier. Nous attendons les visites du Ministre de l’Économie et de l'Industrie, ainsi que du Ministre de la Santé du Gouvernement d'entente nationale. D'autre part, en décembre 2018, le président de la Chambre des députés de Tobrouk Aguila Saleh Issa a été accueilli à la Douma d’État, à Moscou. Ainsi, il est injuste de parler d'un déséquilibre dans nos liens avec les parties libyennes.

L'une de nos priorités consiste à aider l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu Ghassan Salamé à faire participer tous les principaux protagonistes libyens à la réalisation de la "feuille de route" du processus de paix afin de créer, au final, des organes de pouvoir efficaces via les procédures électorales nationales.

Question: Récemment, au sud de la Libye, les forces de Khalifa Haftar ont établi un contrôle de force sur le champ pétrolier de Charara. Après cela, certaines forces libyennes, notamment les représentants de la population des Toubous, ont accusé le maréchal de génocide. Quelle est la position de Moscou à ce sujet? Cette opération d'établissement d'un contrôle à Charara correspond-elle à l'esprit des négociations de paix et du processus de paix?

Réponse: En ce qui concerne l'évolution des événements dans le sud de la Libye, les informations rapportées à ce sujet sont contradictoires. Toutefois, il est possible d'affirmer que cette région est depuis longtemps une source de dangereux défis. Vous le savez, à cet endroit sont présents des combattants de Daech et d'Al-Qaïda, des structures criminelles spécialisées dans le trafic de stupéfiants, d'armes, la traite d'êtres humains, ainsi que des groupes d'opposition armés du Tchad et du Soudan voisins.

Bien sûr, il faut redresser cette situation affligeante. Et il est évident que ce sera impossible sans recourir à la force. A ce que l'on sache, l'Armée nationale libyenne a lancé l'opération militaire actuelle précisément pour éliminer dans cette zone les différentes bandes armées. Nous partons du principe que cette mission correspond aux intérêts de tous les Libyens indépendamment de leurs opinions politiques.

 

Sur l'or russe au Japon

 

D'après les informations dont nous disposons, la question relative à l'or russe au Japon a été posée plusieurs fois aux autorités japonaises via les canaux diplomatiques. Il a été répondu qu'il n'existait au Japon aucun bien russe destiné à être rendu: "L'or a été partiellement rendu et partiellement utilisé par les parties intéressées".

A l'heure actuelle, le thème de l'or "impérial" au Japon ne fait pas l'objet de négociations diplomatiques entre les deux pays. Cependant, si des motifs supplémentaires apparaissaient, nous serions prêts à soulever à nouveau ce thème avec le Japon.

 

Réponses aux questions:

Question: Le Président américain Donald Trump a annoncé en décembre le retrait des troupes américaines de Syrie. Hier, on a appris que les Américains y maintiendraient cependant un "contingent de maintien de la paix" de 200 hommes. Franchement, nous ne comprenons pas tout à fait ce qui se cache derrière ce terme. Y a-t-il des informations à ce sujet?

Réponse: Oui. Il ne faut pas faire confiance aux propos de ce genre, indépendamment de leur source, car ils pourraient être démentis le lendemain par d'autres forces politiques. Telle est leur situation actuelle: au niveau du pouvoir, les uns font des déclarations qui sont ensuite démenties par les autres.

Nous avons compris que les structures du pouvoir américain n'avaient pour le moment, en interne, aucune certitude concernant leurs actions dans la région. Dans tous les cas, elles n'ont présenté aucune conception concrète fixant des délais, des quantités, des tâches ou des objectifs clairs.

Nous savons parfaitement que même des questions très innocentes peuvent être débattues pendant des mois aux États-Unis. Sans parler des militaires qui ne s'occupent pas du tout de la protection de la sécurité du pays. L'armée est visiblement chargée d'objectifs tout à fait différents, compte tenu de ses déploiements et de ces retraits interminables. De notre point de vue, ces questions exigent également une discussion nationale.  

A mon avis, la question de la construction d'une certaine barrière est moins importante que celle du déploiement d'un contingent militaire considérable loin du territoire national. Néanmoins, c'est la question qui préoccupe en priorité les principaux politiciens américains depuis des années. Pourquoi ne constate-t-on pas les mêmes débats acharnés sur l'emploi des forces armées à l'étranger? Il s'agit certainement de leur affaire intérieure, mais cela concerne également celles d'autres États. Il y a là un prétexte sérieux pour de véritables débats nationaux, au moins pour que les Américains comprennent ce que leurs concitoyens font en Syrie, pour combien de temps encore, quel sera leur nombre, quels ordres ils suivront et s'il leur faut se laisser guider par Twitter ou recevoir les ordres des généraux.    

Question: Le Ministre jordanien des Affaires étrangères Ayman Safadi a évoqué en janvier 2019 la possibilité de négociations tripartites entre les représentants de la Russie, des États-Unis et de la Jordanie sur la situation dans le camp de réfugiés de Roukban en Syrie. Est-ce que ces pourparlers se sont déjà déroulés ou sont-ils encore en cours de préparation?

Réponse: Ces contacts sont maintenus régulièrement au niveau des experts. Si vous parlez du niveau des ministres des Affaires étrangères ou de la Défense, comme vous le savez, les informations de ce genre sont toujours publiées sur le site. Aucun contact dans le format que vous avez mentionné n'a eu lieu.

Question: Que disent les Américains au sujet de la base d'Al-Tanf?

Réponse: A mon avis, il est absolument inutile de commenter le propos des responsables américains, surtout s'ils ne concernent pas directement la Russie. Nous nous limitons à ce qui nous est adressé.   

La position américaine n'a pas été formulée comme une approche globale. Il est impossible de commenter des fuites incessantes, des articles, des propos sur Twitter, des démentis et des retweets.

S'il s'agit en effet, comme Washington le présente, d'une responsabilité globale des États-Unis envers la communauté internationale dans le domaine du maintien de la paix et de la stabilité - c'est comme ça qu'ils définissent leur rôle dans le monde - nous voudrions bien qu'ils présentent au monde une conception de leur présence sur le territoire de l'État souverain qu'est la Syrie.   

Question: Les dirigeants des États-Unis et de la Corée du Nord devraient se rencontrer la semaine prochaine. Selon les médias, la Russie, la Chine et la Corée du Sud envisagent de présenter au Conseil de sécurité de l'Onu une proposition commune sur la levée d'une partie des sanctions anti-coréennes. Pourriez-vous commenter ces informations? Quelles sont les attentes russes à l'approche de ce sommet?

Réponse: Je parlerais plutôt de souhaits que d'attentes. Nous voudrions constater la mise en œuvre des promesses et des visions présentées par les partenaires américains avant qu'ils n'entament leur lancer - en l'occurrence je parle de lancer sportif. On a dit que ce problème international compliqué et de longue date serait résolu rapidement. Ce processus prend visiblement plus de temps que prévu, mais on peut toujours espérer des progrès. Nous souhaitons donc du succès à nos partenaires américains et à tous ceux qui participent à ces négociations.

Quoi qu'il en soit, nous restons réalistes et comprenons parfaitement qu'il est impossible de résoudre les problèmes internationaux à un tel rythme. Par le passé, il y a déjà eu des personnes résolues, intelligentes, capables et disposant de ressources dans différents domaines, et elles n'ont pas réussi à le faire. Cela ne s'explique pas seulement par l'absence de volonté politique: toute entente implique la recherche d'un compromis. Ceux qui estiment qu'ils n'ont pas vraiment besoin d'un compromis et qu'ils peuvent avancer avec leurs propres ressources n'arrivent pas toujours à obtenir le résultat escompté.

Nous espérons évidemment que soient mis en œuvre tous les éléments évoqués, notamment par les Américains, pour le règlement de la situation sur la Péninsule coréenne. Je pense que tout le monde soutient cette position. Tout le monde veut que notre planète compte un conflit de moins grâce au dialogue et aux négociations politiques.

Quant à nous, nous favoriserons la recherche d'une compréhension mutuelle entre les parties en utilisant les outils diplomatiques.

En ce qui concerne la proposition conjointe de la Russie, de la Chine et de la Corée du Sud, je vais demander les précisions nécessaires.      

Question: On a appris que le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne avaient refusé de laisser leurs contingents militaires en Syrie après le retrait des troupes américaines. Quelle sera, selon vous, l'influence du retrait - partiel ou complet - de la coalition internationale de Syrie sur le règlement de la crise dans le pays?

Réponse: La Russie a une position cohérente et de principe. Initialement, quand nous avons appris sur les réseaux sociaux la volonté de Washington d'évacuer ses troupes de Syrie, nous avons tout de suite souligné que si cela correspondait à la réalité et était réalisé, cela serait un pas positif. Il s'agit d'un retour au droit, qui devrait contribuer à stabiliser la situation et favoriser le renforcement de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du pays.

Je voudrais rappeler que Damas n'a jamais consenti à la présence d'un contingent américain sur son territoire.

Autrement dit, si d'autres États dont les unités militaires ont été envoyées en Syrie de manière illégale, suivaient l'exemple de Washington, notre réaction serait similaire.

Nous voudrions bien que ces "si" incessants soient enfin brisés par une conception claire présentée par la coalition menée par les États-Unis. Nous espérons que cette conception sera en effet présentée un jour et qu'elle nous permettra d'apprendre les projets réels de l'Administration américaine en Syrie.

Question: Anders Fogh Rasmussen, ancien Secrétaire général de l'Otan, a récemment déclaré que la Russie pourrait attaquer la Biélorussie pour rattacher cet État à son territoire. Dans ce contexte, il a appelé Minsk à lancer la démocratisation du pays pour, selon lui, le protéger contre cette offensive. Comment pouvez-vous commenter ces propos? Pensez-vous qu'une partie des élites de l'Otan puisse partager le point de vue d'Anders Fogh Rasmussen?   

Réponse: Il est impossible de commenter ces déclarations en utilisant des mots qui respectent les normes du langage diplomatique. Le champ lexical du trolling conviendrait mieux. Quant aux responsables de l'Otan qui partagent ce point de vue, on ne peut pas les considérer comme une élite.

Oui, on impose en effet de telles positions en formant une base idéologique et propagandiste. On octroie des millions de dollars à ce travail, on crée des outils d'influence et de pression psychologique. On impose aux citoyens une conception de la Russie comme pays agresseur. Il n'en existe aucune preuve réelle, mais cela n'empêche pas ce travail. Tous les autres, ceux qui partagent ces idées et tiennent des propos similaires, participent malheureusement à une activité illégitime et illégale qui contredit la Charte de l'Onu et le droit international, et qui est parfaitement conforme aux termes utilisés dans ce cas - de l'invasion à l'ingérence dans les affaires intérieures d'un autre État. Parallèlement, ils accusent la Russie de commettre les mêmes actes. Regardez, par exemple, la position de l'Otan sur la situation au Venezuela. Les personnes qui soutiennent et justifient le soutien à l'opposition menée par Juan Guaido, au partage du pays et au double pouvoir - et formulent même les fondements moraux de cette justification - n'ont aucun droit de parler du droit international, de légalité ou de légitimité. Si des personnes influent activement sur la situation dans un autre État au détriment de sa population sous couvert de tels ou tels objectifs, pourquoi devraient-elles se laisser guider par une logique différente dans d'autres cas?    

Question: Le Washington Post et Al-Jazeera ont annoncé simultanément que le Président américain Donald Trump voulait accélérer le transfert de technologies nucléaires à l'Arabie saoudite. Quel est, selon vous, le danger de ces propos de Donald Trump quand on sait que Riyad souhaite se doter de l'arme nucléaire?

Réponse: Il existe un mécanisme global, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), que les États-Unis n'ont pas encore quitté. Il faut agir en conformité avec les engagements qu'il impose.

Qui plus est, je n'ai pas vu ces publications et je ne sais donc pas de quoi il s'agit: de technologies militaires et de la création d'armes ou de l'énergie civile. Dans le premier cas, consultez le TNP. Mais s'il s'agit de technologies civiles, il existe des mécanismes et des possibilités dans ce domaine. 

Question (traduite de l'anglais): Près d'un an a passé depuis l'empoisonnement de Sergueï et Ioulia Skripal: comment estimez-vous l'état des relations russo-britanniques? Quelles sont les perspectives d'amélioration? Si la Russie est prête à faire certains pas dans cette direction, de quels pas pourrait-il s'agir?

Réponse: Malheureusement, nous constatons une dégradation des relations bilatérales qui a débuté à l'initiative britannique, mais pas en 2018, pas à Salisbury ou Amesbury, pas avec les Skripal. Ce processus a débuté il y a longtemps. Le Royaume-Uni a déchiré progressivement le tissu des relations bilatérales dans différents domaines, allant de la coopération politique et des contacts des services secrets à la politique de visas. Cette dégradation était évidente. Nous avons publiquement évoqué beaucoup de choses, avons présenté des exemples. Je pense qu'il n'existe aucun autre pays qui ait de tels rapports avec la Russie: les diplomates russes travaillant à Londres ne peuvent pas entrer librement sur le territoire du pays et obtenir normalement leurs visas en respectant les formalités traditionnelles, en remplissant des questionnaires et en présentant des papiers. Non, nous sommes obligés de concerter des listes de personnes avec les Britanniques pendant des mois. Ce n'est le cas avec aucun autre pays, mais cette pratique existe dans nos relations avec le Royaume-Uni depuis des années.

De toute façon, tout cela est allé trop loin ces derniers temps. Qui plus est, il ne s'agit que d'un exemple parmi d'autres. En même temps, ni vous ni moi ne pouvons trouver de cas où cette aggravation aurait été initiée par la Russie. Il n'en existe tout simplement aucun.

Question (traduite de l'anglais): Mais c'est à cause l'affaire de Salisbury que les relations se sont dégradées à ce point.

Réponse: L'establishment politique britannique se trouve derrière les événements de Salisbury. La responsabilité du déclenchement et du développement de cette affaire incombe complètement au gouvernement de la Première ministre britannique Theresa May. Il s'agit d'une histoire absolument absurde qui a évolué de manière peu transparente et a été dès le début modelée et gérée depuis Downing Street. On a utilisé tout un arsenal de méthodes propagandistes, bien que Londres nie constamment l'existence de la propagande dans le pays et prétend la combattre à l'étranger. En réalité, les Britanniques ont clairement alimenté chez eux une propagande antirusse. Nous avons entendu des accusations incessantes et constaté la formation d'une coalition antirusse dans ce domaine. L'affaire de Salisbury, d'Amesbury et des Skripal s'inscrit dans le cadre de l'attitude étrange de la Grande-Bretagne envers la Russie.  

Ce n'est pas à nous qu'il faut demander pourquoi le Royaume-Uni - contrairement à beaucoup d'autres pays qui développent leurs relations avec nous dans différents domaines (financier, économique, énergétique) - dégrade sans cesse ces rapports. Nous n'avons jamais aggravé ces relations. A quoi bon? Nous nous sommes toujours prononcés pour le développement de notre coopération avec l'UE en général, ainsi qu'avec ses pays pris à part sur une base bilatérale. Mais nous constatons cette approche de Londres dans tous les domaines. C'est Londres qui a favorisé le blocage progressif des relations bilatérales. 

Question (traduite de l'anglais): Si l'on compare les relations russo-britanniques et russo-américaines, lesquelles sont dans la situation la plus déplorable?

Réponse: A quoi bon comparer les relations entre Londres et Moscou avec les rapports entre Washington et Moscou? Il faudrait d'abord évoquer les relations entre Londres et Washington. Beaucoup de choses seraient plus claires.

Question: En quoi la délimitation de la frontière du Kosovo évoquée récemment par le Ministre serbe des Affaires étrangères Ivica Dačić se différencie-t-elle de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l'Onu déjà mentionnée aujourd'hui? Est-ce que la Russie soutiendrait cet accord de délimitation s'il était adopté? Moscou modifiera-t-il son attitude envers la résolution dans ce cas-là?

Réponse: Notre position reste inchangée. Elle est non seulement immuable, mais aussi logique. C'est très simple: le règlement de cette situation doit tout d'abord correspondre aux intérêts du peuple serbe. Il doit également s'appuyer sur le droit international et s'accorder avec la législation intérieure de la Serbie. Voilà donc la nature de notre position: d'un côté, elle comprend beaucoup d'éléments, de l'autre elle est une approche claire et univoque de la résolution de ce problème.

Question: Selon nos informations, Moscou devrait accueillir du 5 au 6 mars la deuxième réunion du Club Lazarev lancé par Konstantine Zatouline, premier vice-président de la Commission de la Douma pour les affaires de la CEI. Ce forum réunira des représentants des sociétés de l'Arménie et de la Russie. On a également annoncé la participation des leaders du régime séparatiste créé par l'Arménie sur le territoire azerbaïdjanais occupé. Comment pouvez-vous commenter l'organisation d'un tel événement dans la capitale de la Russie, qui est coprésidente du groupe de Minsk de l'OSCE?    

Réponse: Quel est le lien entre la coprésidence russe du Groupe de Minsk de l'OSCE et ce forum? Votre question réunit des éléments qu'il ne faut pas réunir. La Russie est certainement coprésidente du Groupe de Minsk de l'OSCE et respecte tous ses engagements adoptés au niveau officiel. En même temps, comme vous l'avez justement remarqué, Moscou accueille chaque jour des centaines de forums consacrés à des sujets différents, organisés par des associations civiles ou des ONG. Je pense que c'est justement le cas ici.

Si vous avez des informations confirmant la participation de responsables publics à ce forum, transmettez-les-nous s'il vous plaît. Je n'ai pas de données à ce sujet.

Encore une fois, l'organisation d'événements par la société civile et les ONG fait partie de leurs droits, fixés par notre législation. S'il s'agit en effet de la participation de représentants d'organes publics en qualité officielle, je serai prête à le commenter. Mais je ne commenterai que des données concrètes. 

Question: Douze marins russes sont détenus depuis plus de trois semaines au Cap-Vert. On les suspecte d'avoir transporté 9,5 tonnes de cocaïne en contrebande. Selon nos informations, leur situation s'est considérablement aggravée depuis une semaine. Ils ont été transférés - sans aucune explication - dans des cellules avec des détenus locaux. On a appris que leur avocat était privé et pas public. On demande donc aux proches de payer une somme qui dépasse le salaire annuel d'un marin. L'ambassade indique qu'il s'agit d'un consentement informé des marins et de leurs proches. Selon nos informations, ce n'est pas le cas. Les représentants de quatre marins ont démenti l'existence de ce consentement. Peuvent-ils compter sur le soutien de l'ambassade russe? Pourrait-t-on nommer un défenseur public si l'on n'arrivait pas à s'entendre sur un avocat privé? Est-ce que la Russie pourrait s'occuper au moins d'une partie des dépenses pour un avocat privé car, selon le syndicat des marins russes, les détenus n'ont rien à voir avec cette contrebande? De toute évidence, ces accusations sont mensongères.   

Réponse: Notre ambassade est totalement impliquée dans l'aide aux citoyens russes en situation difficile. J'espère que vous suivez les commentaires de notre ambassade. Nous avons également commenté à plusieurs reprises cette situation. Nos diplomates leur rendent visite, ils contribuent activement à ce que l'on accède aux requêtes de leurs familles. Il est notamment question de la santé des marins - ce que vous avez également mentionné. Nos obligations directes sont donc remplies à part entière.

S'il existe des plaintes des proches ou si elles ont été exprimées dans le cadre de votre investigation journalistique, s'il existe des souhaits particuliers, transmettez-les nous. Nous les examinerons impérativement.

Je peux dire également que régulièrement, pratiquement tous les jours, les diplomates informent la direction du Ministère de la situation, parce que toutes les situations impliquant les citoyens russes sont prioritaires pour nous.

En ce qui concerne l'avocat et le règlement des problèmes liés au paiement, je pense que cette question ne s'adresse pas au Ministère des Affaires étrangères. En l'occurrence, nous nous référons à la législation russe.

Question: Le Président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaev a signé un décret pour supprimer les inscriptions en russe du billet kazakh - le tengue même si cette langue a le statut de langue nationale au Kazakhstan. Que pense le Ministère des Affaires étrangères de cette ligne de dérussification du Kazakhstan?

Réponse: Nous pensons que le thème mentionné relève des affaires intérieures de l’État. D'un autre côté, nous entretenons évidemment le contact avec nos partenaires kazakhs concernant les droits des habitants du Kazakhstan pour qui le russe est la langue principale. Nous voyons les efforts entrepris par le gouvernement de ce pays pour préserver le russe. Ce ne sont pas de simples paroles: cela est confirmé par des actions et les démarches concrètes.

Question: Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré ce 21 février que la Russie pourrait directement préparer et signer un traité de paix avec le Japon. La Déclaration de 1956 fixe la remise au Japon des îles Chikotan et Habomai après la signature du traité de paix. Fin 2018, les dirigeants de nos pays sont convenus d'accélérer les négociations sur le traité de paix sur la base de cette Déclaration. Est-ce que cela signifie qu'en respectant toutes les conditions avancées par la Russie, la remise des deux îles au Japon serait possible?

Réponse: Laissez-moi répondre directement: je trouve qu'il ne faut pas poser de questions provocantes qui n'ont pas pour objectif d'obtenir de nouvelles informations ou des précisions, mais de lancer une nouvelle vague médiatique. Tant de choses ont été dites à ce sujet qu'il n'y a rien à ajouter. Nous expliquons pas à pas tout ce dont nous discutons avec nos homologues japonais. Vous êtes parfaitement informés de l'approche russe en la matière. Je ne comprends pas ces tentatives supplémentaires de réchauffer le terrain alors que rien ne s'est produit ces derniers jours, même si j'ai vu quelques déclarations de représentants japonais officiels. Par exemple, le Ministre chargé d'Okinawa et des "Territoires du Nord" Mitsuhiro Miyakoshi pense qu'il n'est pas nécessaire d'apporter des modifications aux formulations "territoires séculaires" du Japon et "occupation illégale" par la Russie, utilisées par les autorités japonaises dans certains documents officiels concernant ces îles. Je trouve que les autorités japonaises apportent un prétexte pour en parler. Je pense qu'elles devraient expliquer comment ces déclarations s'inscrivent dans le plan prévu par Tokyo pour avancer vers le règlement de ce problème. La partie russe n'a donné aucun prétexte pour apporter des précisions à sa position.

 

 

 

   

 

 

 

 

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