23 décembre 201914:08

Commentaire du Département de l'information et de la presse du Ministère russe des Affaires étrangères concernant le mécanisme transfrontalier de livraison d'aide humanitaire en Syrie

2656-23-12-2019

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Le 20 décembre au Conseil de sécurité des Nations unies s'est déroulé un vote sur deux projets de résolution concernant la prolongation de la durée du mécanisme de livraison transfrontalière d'aide humanitaire en Syrie sans concertation avec le gouvernement syrien. Le premier projet, rédigé par la "troïka humanitaire" (la Belgique, le Koweït et l'Allemagne), a été soutenu par 13 membres du Conseil de sécurité, la Russie et la Chine ayant voté contre. Le deuxième projet, celui de la Russie, a obtenu le soutien de cinq membres (la Russie, la Chine, l'Afrique du Sud, la Guinée équatoriale et la Côte-d'Ivoire), quatre pays se sont abstenus (la Belgique, le Koweït, l'Allemagne et l'Indonésie) et six pays s'y sont opposés (le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, la République dominicaine, le Pérou et la Pologne). En résultat, le mécanisme de livraison transfrontalière n'a pas été prolongé et expirera le 10 janvier 2020.

Les représentants russes se sont tenus à une position claire et cohérente lors de l'examen des projets de résolution et du vote: ils ne s'opposaient pas au mécanisme en tant que tel, mais soulignaient la nécessité de le rendre conforme à la situation sur le terrain en Syrie et aux normes du droit humanitaire international. Comme on le sait, le système de livraison transfrontalière d'aide humanitaire en Syrie a été établi en 2014, dans un contexte humanitaire très compliqué suscité par le déchaînement du terrorisme dans le pays, alors que le gouvernement syrien ne contrôlait pas la plupart de son territoire.

La situation a pourtant radicalement changé depuis cinq ans: les terroristes ont pratiquement été écrasés, les autorités syriennes rétablissent l'unité et l'intégrité territoriale du pays, assurent les livraisons d'aide humanitaire urgente, y compris à l'aide de l'Onu. Il est à noter que c'est via Damas que l'aide humanitaire est livrée dans les camps tristement célèbres de Roukban (situé près de la frontière jordanienne, dans une zone occupée de manière arbitraire par les États-Unis à proximité d'Al-Tanf) et d'Al-Hol (à l'Est de l'Euphrate, sur la frontière irakienne). La résolution 2165 du Conseil de sécurité de l'Onu a établi en 2014 quatre points de passage frontalier, dont seulement deux fonctionnent toujours (dans la zone de désescalade d'Idleb). Le point de passage jordanien a été fermé en 2018, alors que l'irakien n'a été utilisé que par 7 des 2 000 convois (avant le rétablissement du contrôle des troupes gouvernementales dans la région de Qamichli).

Par ailleurs, conformément aux normes du droit humanitaire international, la livraison d'aide humanitaire doit être concertée avec le gouvernement du pays qui la reçoit. Le gouvernement syrien a officiellement demandé à l'Onu de cesser l'aide humanitaire transfrontalière. En raison de l'attachement à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriale de la Syrie, la communauté internationale doit prendre en considération et respecter cette requête des autorités syriennes.      

Compte tenu de tout cela, la Russie a rédigé et a soumis au vote son projet de résolution prévoyant la prolongation de six mois de la livraison d'aide humanitaire via deux points de passage à Idleb.

Cependant, nos partenaires occidentaux, qui se laissaient guider - comme il est clair à présent - par des raisons uniquement politiques au lieu des intérêts de la population civile de la Syrie, se sont opposés à notre projet. Le mécanisme transfrontalier était évidemment important pour eux comme un outil de torpillage de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie, et pas comme un moyen d'octroi d'aide aux plus démunis. A ces fins exactes, on a introduit des sanctions économiques pénalisantes contre la Syrie qui interdisent de livrer dans le pays des médicaments, des matériaux de construction et des équipements dont 22 millions de Syriens ont énormément besoin après neuf années de crise. Qui plus est, les Occidentaux bloquent l'octroi des fonds pour le rétablissement humanitaire de la Syrie (la construction des maisons, des écoles, des hôpitaux et des sites d'approvisionnement en eau et en électricité), qui est nécessaire pour le retour volontaire, sécurisé et digne des réfugiés et des personnes déplacées, conformément aux standards du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Mais ce n'est pas tout: les États-Unis et les alliés de la "coalition anti-Daech" vendent illégalement le pétrole syrien sous les regards de toute la communauté internationale et font perdurer à ces fins leur présence militaire illégitime au Nord-Est du pays.

Ces actions constituent non seulement une violation grossière de toutes les normes du droit international, du droit humanitaire international et de la Charte de l'Onu, mais aussi un exemple éloquent du mépris envers la souveraineté et l'intégrité territoriale des autres pays, de la politisation des questions purement humanitaires et de la spéculation sur les besoins de la population civile dans le contexte d'un vol éhonté des ressources naturelles nationales.  

 

 

 

 

 

 

 


 

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