Allocution et réponse à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors d'une conférence de presse conjointe avec Pradeep Kumar Gyawali, Ministre des Affaires étrangères du Népal, Moscou, 25 novembre 2019

2437-25-11-2019

  • de-DE1 en-GB1 es-ES1 ru-RU1 fr-FR1

Mesdames et messieurs,

Les pourparlers étaient très substantiels. Il s'agit de notre première rencontre. Nous y accordons une importance particulière. La visite en plein format précédente du chef de la diplomatie népalaise en Russie a eu lieu en 2005.

Les pourparlers ont confirmé que cette rencontre était très opportune du point de vue du développement à part entière de tous les domaines dans nos relations. Le Népal est notre partenaire de longue date en Asie du Sud. Depuis l'établissement des relations diplomatiques en 1956 notre coopération était toujours basée sur les principes de respect réciproque, de confiance, de prise en compte des intérêts réciproques.

Une nouvelle fois les liens d'amitié reliant nos peuples ont passé l'épreuve de résistance en 2015, quand après le séisme destructeur au Népal la Russie a rapidement envoyé dans la zone de la catastrophe une section de sauveteurs, de médecins, une aide humanitaire. Nous avons activement contribué à l'adoption rapide à l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution sur la mobilisation d'une aide supplémentaire urgente au Népal.

Aujourd'hui, nous avons noté le développement stable du dialogue politique, notamment au niveau parlementaire. Cette année a eu lieu un échange de visites des Présidents des Cours suprêmes de la Russie et du Népal. Nous avons constaté une dynamique positive des échanges, bien que les chiffres absolus ne soient pas encore impressionnants. Les échanges peuvent augmenter aussi bien en augmentant les échanges de produits traditionnels qu'en avançant sur la voie de diversification des liens commerciaux, économiques et d'investissement. A cet égard nous avons noté les bonnes perspectives dans le secteur énergétique.

Le mois dernier, le Ministre népalais de l'Energie, des Ressources  en eau et de l'Irrigation Barsa Man Pun s'est rendu en Fédération de Russie. Il a participé au Forum international "Semaine énergétique russe", ainsi qu'aux rencontres bilatérales qui témoignent des perspectives de l'étude des projets d'exploitation conjointe des ressources hydro-énergétiques du Népal. L'aviation russe a fait ses preuves dans les conditions de haute montagne du Népal. Des hélicoptères Mi-17 livrés plus tôt travaillent au Népal. Il est prévu de développer la coopération dans ce secteur. La coopération militaro-technique possède également de bonnes perspectives. Nous sommes convenus de signer un accord en la matière.

Parmi d'autres questions concernant le renforcement de notre base contractuelle, à noter les approches convenues aujourd'hui pour accélérer le travail sur les documents dans le domaine des forces de l'ordre, de la migration, de la réadmission, de la réaction aux situations d'urgence, ainsi que la coopération entre les chaînes de télévision de la Russie et du Népal.

Nous avons accordé une attention particulière à la nécessité d'accélérer la mise au point de la convention consulaire bilatérale qui permettrait de régler les questions qui surviennent concernant l'égalisation du régime de séjour de citoyens russes au Népal et de citoyens en Russie, notamment quand ils constituent des familles conjointes.

Le Népal est une destination populaire auprès des touristes russes. Leur nombre est relativement peu élevé – seulement 11.000 personnes selon les statistiques de l'an dernier, mais il augmente constamment. Nous avons exprimé la reconnaissance à notre homologue népalais pour l'information concernant les mesures pour développer l'industrie touristique nationale dans le cadre du programme "Visite le Népal 2020". En réponse à l'invitation de nos amis nous essayerons d'envoyer des représentants russes au niveau officiel, sportif et culturel pour participer aux activités concernées.

Nous sommes satisfaits par notre coopération au niveau des ministères des Affaires étrangères. Depuis 1995 fonctionne productivement le mécanisme des consultations interministérielles. Nous coordonnons nos actions sur les plateformes multilatérales, notamment à l'Onu et dans ses établissements spécialités. A cela contribue la coïncidence de nos approches concernant les questions fondamentales de l'agenda régional et international, notamment en ce qui concerne le renforcement des principes du multilatéralisme basé sur la Charte de l'Onu en maintenant et en renforçant le rôle central de l'Onu, en respectant l'identité des peuples, leur droit à disposer d'eux-mêmes.

Nous avons prôné la consolidation des efforts sur une base équitable, démocratique et multilatérale pour faire face aux nombreux défis mondiaux, y compris le terrorisme, le changement climatique et les différents conflits régionaux.

Nous avons tenu en haute estime le rôle du Népal en tant que pays qui fait partie des plus grands fournisseurs de contingents pour les opérations de maintien de la paix de l'Onu. Nous soutiendrons le renforcement des positions de nos amis népalais dans les structures dirigeantes du Département des opérations de maintien de la paix de l'Onu et dans les opérations de maintien de la paix sur le terrain dans différentes régions.

Je suis très satisfait par l'issue des pourparlers. Ils ont montré la disposition réciproque des parties à élargir la coopération. Monsieur le Ministre a transmis l'invitation aux représentants des autorités russes à visiter le Népal. Nous étudierons constructivement ces invitations. Nous conviendrons des délais éventuels des visites via les canaux diplomatiques.

Je vous remercie.

Question: Que pensez-vous du déroulement de la deuxième réunion du Comité constitutionnel de la Syrie? Damas considère l'ingérence extérieure comme la menace principale pour le Comité. Partagez-vous cette préoccupation? Voyez-vous des prémisses à l'éventuel échec de ce processus à cause de l'ingérence extérieure?

L'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen a parlé d'une éventuelle rencontre avec vous. Quand pourrait-elle avoir lieu? Et quels thèmes pourraient y être évoqués?

Sergueï Lavrov: A ce que je sache, la deuxième réunion du Comité constitutionnel se prépare. La première réunion du Comité de composition plénière (150 membres) et de la commission rédactionnelle (45 membres) a été positive. Les parties sont convenues par consensus de tous les aspects organisationnels nécessaires à l'étape actuelle de son activité. La deuxième réunion est en préparation. C'est important qu'elle se déroule en régime établi à la fois pour la composition intégrale du Comité et pour la commission rédactionnelle.

En ce qui concerne le risque d'échec, le risque existe toujours car plusieurs acteurs souhaitent que ce processus échoue. Cela permettrait de justifier certaines actions, notamment l'éventuelle intensification de l'ingérence militaire dans les affaires syriennes, pour changer le régime. Je rappelle qu'il y a un peu moins d'un an la réunion du Comité constitutionnel était déjà prête. Nous aurions pu lancer tous les processus qui ont commencé en octobre 2019 encore en décembre 2018. Mais nos collègues occidentaux du "petit groupe" pour la Syrie ont directement et grossièrement forcé la direction de l'Onu à renoncer au soutien de ce processus. Cela a retardé nos efforts communs de presque neuf mois.

Néanmoins, nous ne nous orientons pas sur la volonté de passer les nerfs sur quelqu'un, mais uniquement sur l'aspiration à contribuer à la mise en œuvre de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous espérons que désormais ce sera également le cas pour tous les autres. Cette résolution stipule clairement que les Syriens eux-mêmes doivent régler toutes les questions relatives au règlement de la crise syrienne, notamment la préparation de la réforme constitutionnelle, que tous les groupes de la société syrienne, le gouvernement et tous les groupes de l'opposition, doivent trouver une entente entre eux. Le risque d'ingérence extérieure, l'imposition aux parties syriennes de décisions extérieures existe, mais ces tentatives sont directement contraires à la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, et nos collègues de l'Onu, y compris le Secrétaire général et son Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen, doivent fermement empêcher de telles tentatives.

Quant à notre entretien potentiel avec Geir Pedersen, début décembre se tiendront plusieurs activités multilatérales où nous pourrions nous croiser. S'il le souhaitait, nous organiserions évidemment cette rencontre. Nous parlerons de ce que je viens de mentionner – qu'il doit respecter rigoureusement son mandat, faire en sorte que tout le monde sans exception respecte le principe d'une entente conclue entre les parties syriennes elles-mêmes, empêcher les tentatives d'ingérence dans ce processus, d'autant que ces tentatives ne doivent pas provenir du bureau même de l'Envoyé spécial. Il est d'autant plus important d'assurer une composition de cadres équilibrée de ce bureau, qui doit s'appuyer sur le principe de représentation géographique juste fixé par la Charte de l'Onu. Nous en parlerons également avec Geir Pedersen.

 

 

 

 

 

Documents supplémentaires

Photos

x
x