2 novembre 201114:17

Thèses de l'intervention de S.V.Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la première séance ministérielle du dialogue stratégique Russie - Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe, Abu-Dhabi, le 1er novembre 2011

1693-02-11-2011

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Je suis heureux de la possibilité de visiter de nouveau la terre hospitalière des Emirats Arabes Unis, de venir à Abu-Dhabi, de rencontrer mes amis et collègues des états du Golfe.

Je voudrais avant tout exprimer ma reconnaissance aux autorités des EAU, qui président au Conseil de coopération des états arabes du Golfe (CCEAG), et au Secrétariat général du Conseil pour l'excellente organisation de notre rencontre. Nous apprécions assez hautement notre interaction en développement.

Nous avons aujourd'hui la possibilité unique de réfléchir en commun à propos des voies et des moyens de renforcer et développer les relations entre la Fédération de Russie et les états membre du Conseil de coopération.

La coopération entre la Russie et le CCEAG, commencée au siècle dernier, se distingue par le niveau avancé du dialogue politique et un bon potentiel de la coopération d'affaires. Cependant, nous avons aujourd'hui la tâche de hisser notre partenariat au nouveau niveau plus élevé. Il doit correspondre aux réalités modernes, qui, d'une part, dictent le besoin d'approfondir l'intégration régionale, et de l'autre - exigent un développement de qualité de la coopération entre différents centres de forces et les groupements d'intégration dans l'intérêt de la création des fondations durables de l'ordre mondial du XXIe siècle. Cela dit, nous voulons, certes, pleinement tenir compte de l'expérience accumulée de la coopération entre la Russie et les états du CCEAG.

Le développement des relations avec les pays membres du CCEAG s'est transformé en une des pistes prioritaires de la politique étrangère russe au Proche-Orient et dans le monde arabo-islamique en général. Nous sommes contents que ces deux ou trois dernières années, l'intensité des contacts à divers niveau et dans différents domaines ait accru. Il s'agit, avant tout, du maintien du dialogue politique actif russo-arabe, de la diversification des échanges commerciaux, de l'établissement des liaisons dans le domaine de l'enseignement et de la culture.

A ce propos, je voudrais surtout souligner l'importance des premières dans l'histoire visites en 2007 de V.V.Poutine, Président de la Fédération de Russie, en Arabie Saoudite, au Qatar et en Jordanie. Au cours de ce voyage, le chef de l'Etat russe a pour la première fois visité le pays, où se trouvent les principales reliques de l'islam, et où partent chaque année plus de vingt mille pèlerins de la Russie. Nous sommes reconnaissants aux dirigeants de l'Arabie Saoudite pour leur attention aux besoins des pèlerins russes.

Nous notons l'aspiration des états du CCEAG, tirant les leçons de la crise financière économique globale, à diversifier les liaisons commerciales et d'investissements, à élaborer de nouveaux programmes de développement. La Russie pourrait prendre une participation de poids à la mise en pratique de ces projets. Cela concerne, avant tout, les tâches de perfectionnement du secteur pétrogazier et de l'infrastructure appropriée. Cependant, sur le plan politique et économique, il serait myope de se limiter à la seule sphère de coopération. Nous sommes prêts à coopérer efficacement et avec un avantage mutuel dans la création dans les états du Golfe du secteur de l'énergie nucléaire et d'autres secteurs de pointe, dans le domaine de la conquête pacifique de l'espace. Nous avons aussi de solides possibilités pour attirer les capitaux des pays du Conseil de coopération pour moderniser l'économie de la Russie - mettre en pratique des technologies de pointe dans la médecine, l'énergie et l'information, développer les systèmes spatiaux et de télécommunications, augmenter radicalement l'efficacité énergétique. Le centre des technologies innovationnelles «Skolkovo», créé par décision du Président de la Russie, pourrait devenir un des terrains pour la mise au point de la coopération utile dans le domaine des hautes technologies.

Nous sommes persuadés que les partenaires étrangers, y compris les pays du Golfe, peuvent s'intéresser grandement aux investissements dans l'infrastructure d'envergure des objets sportifs, construits pour les Jeux Olympiques de 2014 à Sotchi. Nous espérons aussi la coopération pratique dans le contexte de l'organisation et de la tenue en Russie en 2018 du championnat du monde de football et de l'Universiade mondiale en 2013 à Kazan.

Il faut utiliser plus largement le potentiel de la société civile de nos pays pour donner une nouvelle impulsion à l'interaction entre la Fédération de Russie et les pays du CCEAG, lui garantissant un soutien social de poids. Nous croyons que l'échange de délégation des jeunes, des organisations non gouvernementales pourrait devenir une aide de poids dans l'élargissement des liaisons variées de notre pays avec les états membres du Conseil de coopération. Tout cela va consolider nos relations.

Notre travail avec le CCEAG fait parallèlement partie intégrante de l'activité russe sur la piste islamique dans le cadre du cap sur le rapprochement avec l'Organisation de la coopération islamique. C'est surtout important pour nous en tant que pays, qui a accumulé l'expérience unique non seulement de la coexistence pacifique, mais de la coopération fructueuse et de l'enrichissement culturel réciproque des diverses confessions religieuses, avant tout les plus importantes – l'orthodoxie et l'islam. Dans le monde turbulent actuel, les efforts consolidés de la Russie et du CCEAG pourraient devenir un apport substantiel à la consolidation du dialogue des religions et des cultures, à l'inadmissibilité de la scission des civilisations.

Les nouvelles réalités, qui se forment sur le vaste espace géopolitique du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord, touchent le domaine de la garantie de la sécurité et de la stabilité non seulement des états isolés, mais de toute la région en général. Nous pays ont de vastes possibilités pour approfondir le partenariat dans le règlement des conflits, l'opposition au terrorisme international et aux autres défis et menaces dans le domaine de la sécurité. Il est évident que l'avancement sur ces pistes favoriserait le règlement des problèmes stratégiques comme l'approvisionnement de la population en énergie, en eau pure, la lutte contre la pollution de l'environnement. C'est la solution de ces tâches que vise le concept russe, proposé en 2007, de garantir la sécurité dans la zone du Golfe sur les bases collectives avec la participation de toutes les parties régionales et des autres parties intéressées. Nous sommes reconnaissants au Bahreïn et à Oman pour l'attitude positive déjà énoncée envers nos idées.

Je voudrais de ce fait proposer de réfléchir à la tenue à Moscou l'an prochain, sur la base académique russe, de la rencontre des experts de haut niveau de la Russie et du CCEAG sur la problématique de développement et d'implémentation de ce concept.

Je suppose que nous avons toutes les bases nécessaires pour développer avec succès l'efficace coopération durable entre la Russie et le CCEAG dans les affaires internationales. Nous sommes unis par l'aspiration à avancer vers le devenir du système international polycentrique, appui pris sur la suprématie du droit international et le rôle central de l'ONU, à garantir le règlement des conflits par les moyens politiques.

Sur le plan de principe, nos pays ont les positions similaires sur les problèmes essentiels du Proche-Orient. Nous partageons la ferme certitude du besoin d'obtenir une paix globale, juste et durable dans la région, qui soit libre d'armes de destruction massive.

L'approche de la Russie au règlement du problème palestinien est bien connue de nos partenaires. Nous avons salué l'adoption de l'AP en tant que membre de l'UNESCO, sommes prêts à soutenir aussi la décision en faveur de la participation à part entière de la Palestine à l'ONU. Le processus de paix palestino-israélien doit avoir pour objectif final la création d'un état palestinien indépendant, viable, territorialement intègre et souverain dans les limites de 1967, avec les échanges concertés, qui vive côte à côte avec Israël en paix et en sécurité.

Il nous est important que les dirigeants palestiniens sont toujours orientés au règlement du conflit par les pourparlers, attachés aux accords antérieurs, y compris le refus de la violence. Nous sommes persuadés que dans la situation régionale actuelle, le processus de paix peut plus que jamais devenir le facteur stabilisant au Proche-Orient. C'est le Quatuor qui doit jouer le rôle principal dans les efforts internationaux sur cette piste. C'est bien qu'à sa dernière réunion du 23 septembre, il ait pu envoyer un signal explicite en faveur du besoin de la rapide relance des négociations. La Russie prônera au sein du Quatuor et par les canaux bilatéraux la reprise des négociations dans l'intérêt de l'établissement de la paix sur la base du droit international.

Dans le contexte des changements dans le monde arabe, nous croyons que la tâche principale de la communauté internationale, y compris les acteurs régionaux comme la LEA et le CCEAG, de même que la Russie en qualité de membre permanent du CS de l'ONU, membre d'autres grands forums internationaux, est de contribuer à l'avancement de la région sur la voie du développement démocratique et de la prospérité, de la cohésion entre les civilisations, et de maintenir la stabilité et la sécurité régionale et internationale, de s'opposer aux défis au régime de non-prolifération des ADM.

Aussi aigus que soient les problèmes de politique intérieure venus au point, on peut et il faut les régler par voie pacifique, par le dialogue national, qui comprend toutes les forces et couches de la population politiques, ethniques et confessionnelles. Il faut construire l'aide étrangère au règlement des conflits intérieurs en visant ces approches-là, y procéder avec un maximum de responsabilité et compte tenu des réels besoins et intérêts des citoyens des états du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord. Il faut formuler les décisions appropriées du CS de l'ONU, appui pris sur les faits objectifs, dans les stricts cadres du droit international, et les respecter rigoureusement.

L'expérience accumulée de notre coopération dans l'arène internationale a aidé à passer sur le plan pratique la question de création du mécanisme permanent de dialogue Russie-CCEAG, qui engloberait tout l'ensemble de notre coopération et permettrait de mettre ce dialogue sur une solide base systémique. J'espère que notre forum aura comme un des résultats de son travail la formalisation organisationnelle et juridique de ce mécanisme et la signature du Mémorandum de coopération approprié et du Plan d'actions. J'espère que la prochaine séance se tiendra en Fédération de Russie, et je remets à vous tous aujourd'hui cette invitation avec plaisir.

Je suis persuadé que les liens variés de la Fédération de Russie avec les états du CCEAG évolueront toujours avec succès pour le bien des peuples de nos pays, dans l'intérêt du renforcement de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans le monde et la région.

Merci pour votre attention.

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