29 mai 200812:58

Intervention de S.V.Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Russie, à la conférence des cinq états côtiers de l'Arctique, Iluissat, Groenland, le 28 mai 2008

774-29-05-2008

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Monsieur le Président,

Chers collègues,

Nous sommes reconnaissants au MAE du Danemark et au Gouvernement local du Groenland pour l'invitation à la conférence, pour leur hospitalité et l'excellente organisation du travail conjoint.

Nous croyons que l'idée de nous retrouver en ce format est justifiée et opportune. Les états, dont les côtes sont baignées par l'Océan Arctique, ont des sujets à discuter. Certes, nous ne remplaçons pas, mais complétons le grand travail utile, mené par les organisations internationales en Arctique – le Conseil de l'Arctique, le Conseil euro-arctique de Barentz, le Forum du Grand Nord et les autres.

La présentation d'aujourd'hui et la connaissance d'Iluissat-fjord ont une fois de plus rappelé, que le climat de la planète change. À peine quelque part encore au monde les conséquences du réchauffement global se manifestent-ils de manière aussi substantielle qu'en Arctique. D'où, la tâche qui se pose devant tous les états arctiques d'intensifier les efforts déployés au niveau national, de coopérer réciproquement encore plus activement dans les domaines de la protection de la nature, économique et social. Et ceux, qui ont accès à l'Océan Arctique, assument en plus une responsabilité toute spéciale pour la protection de son bassin et de ses côtes contre la pollution, pour la garantie du développement stable dans la région.

Pour nous, tout comme pour les autres participants de la conférence, l'Arctique n'est pas une notion géographique abstraite. Une grande partie de notre territoire se trouve dans la zone arctique. Et la Russie même est constituée par grande partie de l'Arctique. Nous prêtons une grande attention au développement des régions arctiques russes. A ce propos, on adopte les décisions gouvernementales appropriées, prépare plusieurs nouveaux projets et programmes.

La Russie possède une riche expérience de la conquête de l'Arctique. Au cours des siècles, les Russes sont plus d'une fois devenus les pionniers dans l'espace arctique. Nous en sommes fiers de bon droit. Tout comme, par exemple, nous sommes fiers de la récente réalisation de nos compatriotes – Matvéi Chparo et Boris Smoline, qui ont été les premiers à atteindre le Pôle Nord pendant la nuit polaire. En été 2007, l'expédition russe des eaux profondes a pour la première fois au monde atteint le fond de l'océan au point géographique du Pôle Nord. Les savants russes participent activement à plusieurs manifestations de l'Année Polaire Internationale, où ils ont aussi plusieurs choses à faire pour la première fois.

La part du pétrole et du gaz des gisements arctiques, dont du plateau continental, augmente toujours dans le volume total de nos réserves prospectées. Leur mise en valeur économique se développe progressivement. Dans ce sens, le réchauffement global non seulement crée pour nous des problèmes supplémentaires, mais offre de nouvelles possibilités.

Comme on sait, la Russie a été la première à adresser en 2001 la présentation à la Commission des limites du plateau continental afin d'établir les limites extérieures du plateau de notre pays. La plus grande partie de la présentation concerne précisément la région arctique. A présent, la Russie mène des recherches scientifiques supplémentaires, analyse les données reçues, en un mot, travaille de manière consécutive au succès de la fin de la procédure de la formalisation idoine de droit international des limites extérieures de notre plateau continental. Nous sommes prêts à la coopération constructive ultérieure avec nos partenaires et voisins de l'Arctique dans ces problèmes.

Nous suivons l'évolution de la situation en Arctique. Nous ne partageons pas les pronostics alarmistes à propos de la prochaine collision des intérêts des états arctiques et même de ceux qui ne sont pas de la région, comme qui dirait de la future «bataille de l'Arctique» dans les conditions du réchauffement, qui facilité l'accès aux ressources naturelles et aux voies de communication, qui deviennent toujours plus chers. Ils cachent trop de choses artificielles, conjoncturelles.

Nous partons fermement du fait qu'il faut résoudre tous les problèmes qui y surgissent de manière civilisée, sur la base des normes du droit international, autour de la table de négociations. La bases nécessaire de droit international pour cela existe sûrement. Le rôle particulier y revient à la Convention de l'ONU sur le droit de la mer. Elle a fixé les principaux droits et obligations des états concernant l'utilisation de la mer, établi les règles importantes de la définition par les états des limites de leurs espaces maritimes, entériné les principes de la coopération internationale dans le domaine de l'activité en mer. Concernant les problèmes économiques, on peut les régler tous sur les voies de la coopération. Un des exemples positifs de ce genre, c'est notre travail conjoint avec les compagnies de la Norvège et de la France dans la mise en valeur du gisement du gaz condensé de Shtokman en mer de Barentz, au cours de laquelle nous entendons, certes, prêter une attention permanente à la protection du milieu naturel marin en conformité avec les normes mondiales. Pour rendre les exemples pareils de la coopération encore plus nombreux, on ne doit pas avoir de doubles normes, de tentatives de limiter les avantages concurrentiels naturels des états.

Nous espérons, que la rencontre d'aujourd'hui servira le renforcement de la confiance et de la coopération des états côtiers de l'Arctique. C'est ce signe qu'envoie la déclaration politique que nous avons préparée.

Nous écoutons attentivement les avertissements des savants concernant le changement du climat et ses conséquences, les recommandations d'opposition aux tendances négatives et de l'adaptation de la population et des états aux changements actuels. Nous voyons, que les changements climatiques et la conquête en extension du Grand Nord dérangent les cycles vitaux habituels des peuples autochtones peu nombreux de l'Arctique. Ils ont le droit d'espérer le soutien de la part des états de leur résidence. Mais on ne peut ne pas noter le rôle de la coopération internationale dans le règlement de leurs problèmes. Je parle, avant tout, des organisations internationales comme le Conseil de l'Arctique et le Conseil euro-arctique de Barentz. La garantie des intérêts des peuples autochtones figure parmi les priorités inconditionnées de la présidence russe au CEAB en 2007–2009.

En unissant nos efforts, nous avons su faire beaucoup pour maintenir le milieu naturel fragile de l'Arctique. Plusieurs projets écologiques conjoints sont en cours de réalisation ou déjà effectués en Russie. Nous sommes reconnaissants à nos partenaires pour cette coopération. A la réunion des hauts fonctionnaires du Conseil de l'Arctique, nous avons avancé quelques nouvelles initiatives dans le même sens, y compris concernant l'établissement du programme de travail à moyen terme, la procédure du financement des projets.

Nous considérons l'activité de la protection de l'environnement comme une composante importante des efforts conjoints afin de minimiser les conséquences écologiques négatives de la mise en valeur des ressources naturelles et de la possible intensification des transports dans la région. Pour la Russie, un environnement propre constitue l'élément indissoluble de la qualité nouvelle de la croissance économique. Cela dit, certes, tout en comprenant, que le souci de l'écologie s'allie organiquement à la réalisation des tâches de développement socioéconomique, au lieu de s'y opposer.

Je voudrais attirer votre attention à l'initiative, mise au point par le MSE de la Russie «Développement des systèmes de la garantie de la sécurité lors de la mise en pratique des projets d'économie et d'infrastructure en Arctique». Nous prévoyons la mettre en pratique sur la base du partenariat étatique et privé. Il s'agit de construire dans toute la région un système de monitoring et de réaction rapide aux risques technogènes, liés avec la création et l'exploitation des objets d'extraction du pétrole et du gaz, de l'énergie nucléaire, du transport et de la transformation des hydrocarbures et d'autres matières premières, avec le fonctionnement des objets énergétiques, qui approvisionnent la population. Nous proposons d'accorder une attention particulière dans le cadre du futur travail conjoint au contrôle des objets et territoires potentiellement dangereux de la mise en valeur industrielle active, à la création des centres situationnels régionaux, qui disposeraient des forces de réaction rapide.

Nous espérons le soutien officiel de cette initiative par le Conseil de l'Arctique. La Banque Mondiale a manifesté son intérêt à participer au projet. Nous tiendrons en Russie plusieurs premières manifestations pratiques cette année déjà.

Et à propos d'un autre domaine de coopération, cité dans notre déclaration. Malgré le réchauffement global, l'Arctique restera encore longtemps la région aux rudes conditions climatiques et donc peu peuplée. Les gens du Grand Nord savent bien, qu'on n'y survit pas seul à seul, et s'aident toujours dans les moments difficiles. Au même titre, les états doivent-ils venir en aide à tous les sinistrés en Arctique. Nous proposons de reprendre l'idée de la création du mécanisme international de sauvetage – «Arctic-Rescue», que la Russie avait proposée il y a quelques années. Depuis, la tendance de l'augmentation du flux des cargaisons et des passagers dans l'espace aérien de l'Arctique et en Océan Arctique est devenue encore plus évidente. Nous prônons la discussion, par les états de l'Arctique, de la formule du système international des opérations de recherche et de sauvetage sous les hautes latitudes, y compris la création possible d'un service uni de dispatching. Cela permettrait d'augmenter l'efficacité du travail des sauveteurs au Grand Nord, de donner une nouvelle impulsion au développement du transport en Arctique. Là, la Russie a déjà une bonne expérience.

En conclusion, je voudrais souligner, que, selon nous, la coopération en Arctique se développe en général avec succès, a un caractère stable et égal en droits, peut servir de bon exemple à suivre. La Russie est prête à augmenter toujours son apport aux efforts de son renforcement ultérieur. Ce n'est pas sur le papier mais en réalité que l'Arctique devient notre maison commune, et chacun de nous assume la responsabilité pour qu'il soit réellement confortable d'y vivre en commun.

Le 29 mai 2008

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