11 novembre 201316:11

Intervention du ministre des Affaires étrangères de la Russie Sergueï Lavrov lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays-membres de l'ASEM, New Delhi, le 11 novembre 2013

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Monsieur le Président,

Chers collègues,

Tout d'abord, je voudrais me joindre aux remerciements adressés à nos hôtes indiens pour leur hospitalité et aussi me joindre aux condoléances à la population et au gouvernement des Philippines suite au malheur qui s'est abattu sur eux. Nous sommes prêts à apporter notre aide et notre soutien en réaction à cette catastrophe.

Chers collègues, le monde est entré dans une nouvelle étape historique de développement. Le paysage géopolitique évolue, il y a une redistribution qualitative de l'équilibre mondial du pouvoir, la formation d'un nouvel ordre mondial polycentrique. La nature et la géographie de menaces transfrontalières s'élargissent. Les conséquences de la crise financière et économique mondiale ne sont pas tout à fait surmontées.

Dans ces conditions, des mesures collectives prennent d'importance dans l'intérêt du maintien de la stabilité internationale, la croissance durable d'une manière équitable, l'amélioration de la qualité de vie, l'utilisation durable des ressources naturelles.

Les priorités de l'ASEM, que nous soutenons, coïncident avec la ligne de la présidence de la Russie dans le « Groupe des Vingt », dans le cadre de laquelle une attention particulière a été accordée à des questions telles que la promotion de la sécurité alimentaire, l'élargissement d'accès aux services financiers et l'augmentation du niveau de littératie financière, la création d'une infrastructure moderne, le développement du capital humain. Lors du sommet de Saint-Pétersbourg des mesures concrètes dans tous ces domaines ont été examinées et approuvés, mettant l'accent sur le redressement économique mondial, la création d'emplois, la généralisation des technologies de pointe.

La Russie appelle à approfondir la coopération dans le secteur énergétique, y compris en conjonction avec les efforts déployés aux domaines environnementaux et climatiques. Nous considérons qu'il est important de développer la coopération pour assurer la sécurité technologie et énergétique tout en respectant l'équilibre des intérêts des producteurs, consommateurs et pays de transit.

Nous sommes prêts à participer activement à la mise en pratique du concept, connu sous le nom interconnexion. Cette initiative appartient aux pays de l'ASEAN, et nous sommes satisfaits qu'elle ait trouvée soutien dans le cadre de l'ASEM. Lors des sommets récents du groupe des Vingt et de l'APEC, le président russe Vladimir Poutine a appelé à mettre en jeu les capacités du potentiel transitaire russe pour le transport de fret entre l'Asie et l'Europe dans le contexte d'interconnexion. Il s'agit, tout d'abord, du Transsibérien et la Magistrale Baïkal - Amour, ainsi que de la route maritime du Nord.

Dans le cadre du développement continu de l'ordre du jour de l'ASEM, nous proposons à prêter attention aux efforts d'harmonisation du Forum avec les activités d'autres organisations multilatérales : le groupe des Vingt, le groupe des Huit, l'APEC, l'EAS. Il serait utile pour que nos hauts fonctionnaires élaborent des mesures précises à cet égard pour le Sommet du Forum à Milan en 2014.

L'établissement d'un ordre économique international durable n'est pas envisageable sans maintien de la paix internationale. La Russie a proposé de lancer la création de l'architecture moderne dans les relations internationales en Asie-Pacifique. Avec la Chine et Brunei, nous prônons l'élaboration des principes-cadre de la coopération dans le domaine de la sécurité régionale. En octobre dernier, les dirigeants des pays participant au Sommet de l'Asie orientale ont soutenu cette initiative, et dans les prochains jours le premier tour du dialogue multilatéral sur le sujet se tiendra à Bandar Seri Begawan.

L'Asie et l'Europe sont appelées à renforcer la coopération afin de trouver les résolutions des conflits politiques et diplomatiques, la lutte contre le terrorisme international. Parmi les priorités absolues: le règlement de la crise syrienne, la recherche d'une solution au conflit israélo-palestinien, la normalisation de la situation dans la région du Proche-Orient dans son ensemble, y compris pour surmonter les effets négatifs de l'intervention extérieure dans le «printemps arabe», et lutter contre les menaces du terrorisme et le trafic de drogue provenant d'Afghanistan, en particulier dans la lumière du facteur 2014.

Nous constatons des signes encourageants dans le travail pour le règlement de la situation autour du problème nucléaire iranien. Des efforts supplémentaires sont nécessaires des deux côtés pour résoudre ce problème sur la base des principes de progressivité et de réciprocité. Il est important de ne pas rater cette chance et de faire tout notre possible pour saisir de nouvelles opportunités. Comme la réunion à Genève le 9 novembre l'a démontré, il y a des signes encourageants dans les efforts visant à régler la situation autour du programme nucléaire iranien, basé sur les principes de progressivité et de réciprocité. Je voudrais profiter de la présence de la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Catherine Ashton, afin de confirmer l'appréciation du rôle joué par l'Union européenne et elle personnellement pour assurer un tel progrès. Il est impératif aujourd'hui de ne pas rater la chance qui se présente, de ne pas entraver le mouvement vers l'avant et de n'attacher d'importance qu'au renforcement du régime de non-prolifération nucléaire sans céder à des intérêts géopolitiques.

On crée les conditions pour une reprise rapide des pourparlers entre six participants pour résoudre le problème nucléaire de la péninsule coréenne. Ces négociations n'ont pas d'alternative. Nous estimons inadmissible d'utiliser la situation actuelle comme une excuse pour l'accroissement des munitions modernes en Asie du Nord-Est, y compris le déploiement de composants supplémentaires d'un système globale de défense antimissile.

Une tâche extrêmement importante qui se pose devant nous, consiste à renforcer l'harmonie interreligieuse. En 2010, lors du sommet de l'ASEM à Bruxelles, notre pays a avancé l'initiative d'organiser en Russie la conférence de haut niveau sur le dialogue interreligieux et interculturel. Cette conférence se tiendra sous les auspices de l'ASEM les 3-4 juillet 2014 à Saint-Pétersbourg. Nous invitons tout le monde à y participer.

En conclusion, je tiens à soutenir la proposition de l'Inde visant à donner la nature plus concrète et appliquée à l'interaction dans le format de l'ASEM , à remplir ce forum des contenus pratiques, à renforcer les liens de l'ASEM avec d'autres formats multilatéraux afin de consolider le renforcement de la paix, de la sécurité et l'assurance du développement durable et stable.

Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)

Conseil de l'Europe (CE)

OTAN

Union européenne (UE)

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