20 janvier 201711:16

Allocution du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors de la cérémonie de lancement des consultations entre les pays membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), Moscou, le 20 janvier 2017

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Chers collègues,

Je suis heureux de vous accueillir à Moscou. Tout d'abord, je voudrais vous souhaiter une bonne année, une bonne santé, beaucoup de succès et de bien-être.

Nous nous réunissons dans un contexte international très compliqué. Je veux notamment souligner le caractère dangereux de la percée historique des activités terroristes, qui se sont rapidement transformées sous nos yeux en menace principale contre la sécurité globale. Les attentats sanglants commis aux quatre coins du monde, notamment l'assassinat lâche d'Andreï Karlov, ambassadeur russe en Turquie, ne font que confirmer cette tendance très inquiétante et dangereuse. La situation est encore aggravée par de nombreux conflits locaux et l'incertitude persistante de l'économie mondiale.   

Il y a pourtant des signes d'espoir. Je pense notamment que les derniers attentats ont renforcé la compréhension du caractère obligatoire de la formation d'un front antiterroriste uni - dont avait parlé le Président russe Vladimir Poutine lors de la dernière session de l'Assemblée générale de l'Onu à New York. Les progrès réalisés dans la crise syrienne sont également encourageants: tout le monde admet aujourd'hui qu'il n'existe aucune alternative à un règlement politique et diplomatique de ce conflit via un dialogue national basé sur une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu. Comme vous le savez, Astana accueillera la semaine prochaine une rencontre entre les délégations du gouvernement syrien et de l'opposition armée, que nous considérons comme une contribution importante à l'élaboration des paramètres pour un règlement politique universel en Syrie. Ce cycle de pourparlers sera prolongé par des rencontres plus larges prévues à Genève au début du mois de février - comme l'a souligné l'envoyé spécial de l'Onu pour le règlement syrien.

L'évolution des affaires internationales en 2017 dépendra beaucoup des relations de nos pays avec certains États occidentaux clés, notamment avec la nouvelle administration américaine. J'espère que nos partenaires renonceront à leurs approches unilatérales et intéressées des sujets-clés de l'agenda international. Nous avons évidemment relevé les propos électoraux de Donald Trump, notamment sur sa résolution et sa volonté de lutter conjointement contre Daech. Comme l'a plus d'une fois souligné le Président russe Vladimir Poutine, la Russie est prête à faire sa part du chemin pour rendre son dialogue avec Washington constructif, notamment afin de rechercher des réponses efficaces aux défis que représentent le terrorisme et d'autres menaces contemporaines. Elles sont nombreuses.

Nous constatons avec satisfaction que l'espace de l'OCS  reste stable malgré ce contexte international compliqué. Nous arrivons à empêcher l'introduction de menaces extérieures sur le territoire de nos États, ce qui résulte d'un travail conjoint actif des pays membres.

Depuis la naissance de l'Organisation il y a quinze ans, nous avons accumulé un potentiel solide de coopération qu'il faut continuer de mettre en œuvre efficacement. Nous avons fixé des axes possibles de perfectionnement futur de l'Organisation et adopté la Stratégie de développement de l'OCS d'ici 2025, renforcée par le Plan d'action pour sa mise en œuvre à l'horizon 2020.

Conformément à sa Charte, l'OCS permet à tous les États qui veulent la rejoindre de le faire s'ils sont conformes aux critères et aux conditions fixés par nos textes juridiques et normatifs. Nous espérons que la réunion du Conseil des chefs d’État des membres de l'Organisation prévue en juin à Astana permettra d'entériner le statut de membre de l'Inde et du Pakistan. Une telle incitative, historique, renforcera considérablement le poids politique et économique de l'OCS, tout en élargissant ses capacités dans le domaine de la sécurité.

La nouvelle mouture de la Doctrine de la politique étrangère de la Fédération de Russie, signée par le Président russe Vladimir Poutine en novembre dernier, souligne que la Russie accorde une importance considérable au renforcement futur des positions de l'Organisation dans les affaires régionales et globales, à son élargissement et à l'augmentation de son potentiel politique et économique. Je suis convaincu que ces objectifs sont conformes aux intérêts de tous nos États.

J'espère que vos discussions d'aujourd'hui seront substantielles, utiles, et se dérouleront dans l'ambiance de confiance et d'amitié qui caractérise traditionnellement les activités de l'OCS. J'espère que les ententes auxquelles vous parviendrez aujourd'hui contribueront au perfectionnement futur des activités de l'OCS et au renforcement de l'efficacité de ses mécanismes existants.

 

 

 

 

 

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