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Discours du Ministre

23 octobre 201900:55

Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse commune avec le Ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou à l'issue des pourparlers entre Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie, et Recep Tayyip Erdogan, Président de la République de Turquie, Sotchi, 22 octobre 2019

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Sergueï Lavrov: Chers collègues, bonsoir.

Vous avez entendu les textes en russe et en turc, qui reflètent le fond de l'accord conclu entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président turc Recep Tayyip Erdogan sous la forme du Mémorandum d'entente.

Ce dernier exprime la réaction à l'un des plus graves problèmes de la situation actuelle au Nord-Est de la Syrie, qui suscite de plus en plus d'inquiétude dans différentes régions du monde. Le plus important, il me semble, est, premièrement, la réaffirmation de la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie. Deuxièmement, l'attachement clair à la lutte contre toutes les tendances séparatistes sur son territoire. Troisièmement, le fait que la manière dont nous avons décidé d'agir ensemble avec le gouvernement syrien (et la Russie le fera activement) s'appuie sur les termes de l'accord turco-syrien d'Adana, visant directement depuis 1998 à garantir la sécurité sur la frontière turco-syrienne commune. Sachant que les actions qui seront entreprises, les engagements qui ont été pris dans le cadre de ce Mémorandum, garantissent la fin de l'effusion de sang et de l'opération qui suscite une réaction aussi controversée dans le monde, ainsi que - c'est très important - le retour des gardes-frontières syriens à la frontière. Nous en parlions depuis longtemps, et soulignions que le règlement du problème lié aux Kurdes, leurs attentes et aspirations, était impossible sans le rétablissement du contrôle de la Syrie, du gouvernement syrien légitime, tout le long de la frontière. Un grand pas, très important, a été fait en ce sens. La Fédération de Russie, représentée par sa police militaire, une semaine après l'entrée en vigueur du Mémorandum demain à midi, patrouillera de facto sur ce territoire avec des unités turques. Les groupes armés des unités d'autodéfense kurdes reculeront de 30 km, et à 10 km de cette bande se trouvera le territoire où patrouilleront ensemble les Russes et les Turcs. La nécessité, soulignée dans le Mémorandum, de régler le problème des réfugiés, d'empêcher l'infiltration d'éléments terroristes, concerne tout le territoire syrien. Et pour terminer, vous l'avez entendu: le ferme attachement au format d'Astana, au processus de paix. A cet effet, nous soutiendrons activement le Comité constitutionnel qui a commencé son activité la semaine dernière et dont la création a été rendue possible grâce à l'activité commune de la Russie, de la Turquie et de l'Iran, qui sont les garants du processus d'Astana.

Question: Quelles mesures concrètes seront prises pour assurer l'intégrité des prisons où sont détenus des terroristes de Daech, pour les empêcher de s'enfuir?

Sergueï Lavrov: Ce territoire ne se trouve pas dans la zone concernée par le Mémorandum. Mais le problème existe, nous l'avons dit plusieurs fois. Nous appelons ceux qui tiennent et ont créé ces prisons, y compris les protecteurs extérieurs de ces personnes, à prendre conscience de leur responsabilité pour que cette "peste" ne se répande pas dans toute la région. Un tel risque existe.

Question: La Russie a-t-elle reçu la confirmation du retrait des forces kurdes de la zone de sécurité au Nord-Est de la Syrie?

Sergueï Lavrov: Le Mémorandum entre en vigueur demain à midi.

Question: La Russie a-t-elle accepté le retour de réfugiés en Syrie?

Sergueï Lavrov: Comment pouvions-nous ne pas l'accepter si le retour des réfugiés était l'un des éléments centraux de notre position depuis le début du conflit. Nous incitions, notamment via nos militaires du Centre de réconciliation des belligérants, les organisations internationales, l'Agence des Nations unis pour les réfugiés et d'autres structures de l'Onu, à venir activement en Syrie pour aménager les logements des réfugiés pour qu'ils puissent revenir. A ce jour, notamment "grâce" à nos collègues occidentaux, cette activité est artificiellement freinée. Les militaires russes, sur le terrain, avec les autorités syriennes, prennent des mesures pour réunir les conditions pour le retour des réfugiés. Des centaines de milliers de Syriens sont déjà revenus dans leurs zones d'habitat permanent.

La situation sur la rive Est de l'Euphrate prête à réfléchir. Sur ces territoires non contrôlés par le gouvernement, les États-Unis et leur coalition ont activement aménagé la vie, créé les conditions pour l'alimentation en électricité et en eau, des services sociaux et de santé, et ne cachaient pas vraiment vouloir y créer un pseudo-État. Le Mémorandum d'aujourd'hui est également important de ce point de vue parce que tous les jeux séparatistes sur le territoire syrien ont été fermement rejetés. Je suis convaincu que la mise en œuvre de ce Mémorandum empêchera sérieusement ces plans. Au final, nous chercherons à les réduire à néant.

Question: Quelle sera l'évolution de l'opération militaire turque en Syrie? Est-elle suspendue?

Sergueï Lavrov: Elle est suspendue et tout dépendra de la mise en œuvre des accords, notamment sur le retrait des armements, des forces et du matériel des unités kurdes concernées - des forces d'autodéfense kurdes.

Question: Quelle réaction attendez-vous des États-Unis? Peut-on dire qu'à présent, après l'adoption du mémorandum, les États-Unis ne sont plus un acteur du processus de paix?

Sergueï Lavrov: Aujourd'hui, comme durant toutes ces années, nous travaillions sur le rétablissement de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Syrie. Nous avons coopéré très étroitement avec la Turquie et l'Iran dans le cadre du format d'Astana, où ont été prises des décisions fatidiques sur le cessez-le-feu, sur la création des zones de désescalade, le règlement des problèmes humanitaires et la création des conditions pour le processus de paix. Tout cela en parfaite conformité avec la demande du gouvernement légitime syrien, les normes du droit international et la Charte de l'Onu. C'est tout ce que je peux dire.

Nous ne nous retournons pas particulièrement sur les États-Unis et leur position. Premièrement, cette position est assez changeante et contradictoire. Deuxièmement, bien évidemment, la coalition menée par les États-Unis se trouve illégalement sur le territoire syrien, c'est bien connu. J'espère que la nécessité de changer cette politique et de coopérer avec le gouvernement syrien se fraiera un chemin dans les esprits de certains membres de cette coalition.

 

 

 

 

Commentaires et déclarations du porte-parole du ministère des Affaires Etrangères

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