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22 avril 202121:03

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 22 avril 2021

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La diplomatie tchèque a tenté une "manœuvre". Ayant entendu notre déclaration d'hier selon laquelle la discussion avec l'Ambassadeur tchèque en Russie allait continuer au Ministère russe des Affaires étrangères, ils ont décidé de parler en amont à l'Ambassadeur de Russie à Prague. Le plus important est qu'en tentant cette "manœuvre", Prague ne plonge pas "en piqué".

 

Sur les pourparlers à venir de Sergueï Lavrov avec Lisandro Rosales Banegas, Ministre des Affaires étrangères de la République du Honduras

 

Du 25 au 27 avril, le Ministre hondurien des Affaires étrangères Lisandro Rosales Banegas sera présent en Russie pour une visite de travail.

Lundi 26 avril se dérouleront des pourparlers entre les chefs de diplomatie des deux pays, lors desquels il est prévu d'évoquer les perspectives de développement du dialogue politique russo-hondurien, l'élargissement de la coopération dans différents domaines, le renforcement de la base juridique des accords bilatéraux, et d'échanger les avis sur l'ordre du jour régional et international.

Une attention particulière sera accordée à la lutte contre la prolifération du coronavirus Covid-19.

 

Sur les pourparlers à venir de Sergueï Lavrov avec Riyad al-Maliki, Ministre des Affaires étrangères et des Compatriotes de la Palestine

 

Mardi 4 mai, le Ministre palestinien des Affaires étrangères et des Compatriotes Riyad al-Maliki se rendra à Moscou en visite de travail. Il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront les aspects d'actualité de l'ordre du jour proche-oriental et international. Une attention particulière sera accordée au rétablissement de l'unité nationale palestinienne sur la plateforme politique de l'Organisation de libération de la Palestine et à la mise en place des conditions pour relancer les négociations israélo-palestiniennes. Nous partons du principe que la solution à deux États au problème israélo-palestinien sur la base universelle du droit international est incontournable pour une stabilisation complexe et à long terme de la situation au Proche-Orient.

Il est également prévu d'aborder globalement les perspectives d'intensification de l'accompagnement international du processus de paix au Proche-Orient. Les deux ministres analyseront en détail les efforts du Quartet de médiateurs internationaux et les solutions pour mettre en œuvre la proposition russe d'élaborer les paramètres d'une réunion ministérielle du Quartet avec la participation de plusieurs pays arabes.

Les deux ministres échangeront leurs avis sur la normalisation de la situation socioéconomique et humanitaire sur les territoires palestiniens en mettant l'accent sur l'aide accordée à la Palestine pour surmonter la pandémie de coronavirus. Ils évoqueront en détail les questions pratiques relatives au renforcement des liens russo-palestiniens traditionnellement amicaux, notamment la mise au point de la coopération commerciale, économique, sociale et dans d'autres domaines.

 

Sur la situation actuelle en Ukraine

 

Les actions des autorités ukrainiennes visant à déstabiliser la situation dans le Donbass continuent de susciter de l'inquiétude. Les forces armées ukrainiennes ne réduisent pas l'intensité de leurs bombardements contre les communes pacifiques, notamment dans la banlieue de Donetsk. Elles utilisent activement des armements interdits par les Accords de Minsk, notamment des canons d'artillerie et des mortiers de gros calibre.

Kiev continue d'accumuler du matériel et des troupes dans la région. Le passage des unités du Service de sécurité ukrainien en état d'alerte, ainsi que les annonces concernant d'"importantes manœuvres antiterroristes", sont un signal alarmant. Nous nous souvenons très bien qu'il y a sept ans, les autorités du Maïdan avaient lancé,  sous couvert d'une lutte contre des terroristes fictifs, une opération pour réprimer ceux qui contestaient le putsch de Kiev. Cette dernière avait rapidement dégénéré en conflit armé, dont les lourdes conséquences n'ont toujours pas été réparées.

En même temps, dans l'espace aérien et dans les eaux de la mer Noire se poursuit l'activité provocatrice des États-Unis et d'autres pays de l'Otan, qui cherchent à renforcer leur présence à proximité de la frontière russe. Mercredi, le Comité des affaires internationales du Sénat américain a approuvé le projet de loi sur le partenariat avec l'Ukraine dans le domaine de la sécurité, qui prévoit une hausse du montant de l'aide militaire annuelle allouée à ce pays et notamment la fourniture d'armes létales. Depuis 2014, Washington a apporté à Kiev une aide militaire de presque 2 milliards de dollars.

Afin de détourner l'attention de la population ukrainienne de la situation sociopolitique qui se dégrade et de la turbulence politique grandissante, ainsi que pour justifier ses plans militaristes agressifs, Kiev mène une campagne de désinformation active qui reste basée sur la création de l'image d'un ennemi incarné par la Russie. En témoigne notamment la déclaration de plusieurs députés de la fraction pro présidentielle Serviteur du peuple au Parlement ukrainien, appelant à rompre les relations diplomatiques avec notre pays, à mobiliser les réservistes et à déployer en Ukraine des forces des pays de l'Otan, notamment de missiles. Le président Vladimir Zelenski a immédiatement réagi en annonçant une mobilisation générale. On ignore vraiment comment cela contribuera à stopper la chute du niveau de vie, la dépopulation et la désindustrialisation rapide de l'Ukraine. Il est évident que l'objectif de ces actes consiste à sauver la cote de popularité continuellement en baisse du président Vladimir Zelenski et de son parti. Cette ruse n'est pas nouvelle. Dans l'histoire contemporaine, de telles méthodes ont été utilisées à plusieurs reprises. Ceux qui doutent du fait qu'une telle ruse soit réellement utilisée, et de quelle manière, vous pouvez regarder le film Des hommes d'influence (Wag the Dog). Il est très éclairant.

Un autre exemple de l'activité du pouvoir ukrainien est la proposition urgente formulée par le président Vladimir Zelenski au Parlement ukrainien d'un projet de loi sur la suppression du tribunal de district administratif de Kiev. Ce dernier est connu pour ses décisions indépendantes et objectives telles que l'annulation du décret du conseil municipal de Kiev de renommer l'avenue Moskovski en avenue Bandera, l'interdiction de célébrer les dates anniversaires des combattants de l'Organisation des nationalistes ukrainiens Armée insurrectionnelle ukrainienne (OUN-UPA), la reconnaissance de la privatisation illégale de la Privatbank, etc. On notera que les actions du président Vladimir Zelenski visant à détruire le système judiciaire indépendant de l'Occident ont été saluées sur les comptes Twitter par les ambassadeurs des pays du G7. Il est possible de formuler un pronostic: dès qu'un gouvernement indépendant et souverain orienté sur les intérêts nationaux fera son apparition, il cessera d'entendre tous les louanges du G7 et de l'Otan. Ce sera un signal du "redressement" de l'Ukraine.

Les résultats des récentes rencontres du Format Normandie et du Groupe de contact paraissent déplorables sur la toile de fond de cette activité purement populiste du gouvernement ukrainien. Le 19 avril dernier, la visioconférence entre les conseillers des dirigeants des pays du Format Normandie s'est terminée sans résultat. Moscou avait préparé des propositions concrètes pour cette rencontre afin de garantir le cessez-le-feu dans la zone du conflit armé. Mais elles ont toutes été obstruées par l'Ukraine. Avec laquelle, au fond, se sont solidarisés les représentants de l'Allemagne et de la France. Au lieu de solutions concrètes, ils ont proposé un projet de déclaration concernant l'attachement au cessez-le-feu ne s'adressant à personne.

Dans le contexte du nombre grandissant de victimes civiles dans le Donbass - trois en un mois - le 20 avril dernier, à l'initiative de Donetsk soutenu par Lougansk, s'est tenue une nouvelle réunion du sous-groupe pour la sécurité du Groupe de contact. Sur certains aspects, il a été possible de trouver une entente, mais la plupart des questions existentielles restent bloquées par Kiev, qui fait tout pour éviter une interaction directe avec Donetsk et Lougansk.

Nous appelons Kiev à stopper immédiatement l'escalade militaire dans le Donbass, à cesser de simuler un processus de négociations et à remplir avec responsabilité les engagements dans le cadre du processus de paix en Ukraine sur la base sans alternative des Accords de Minsk.

Les plaintes des diplomates de Kiev et des représentants des structures officielles selon lesquelles Moscou "ne répond pas" à leurs appels téléphoniques sont très "amusantes". Cela les empêche de travailler, disent-ils. Au vu de ce qui a été dit précédemment et de la situation en Ukraine et dans le Donbass, ils devraient téléphoner à Donetsk et à Lougansk. Cela serait opportun, juste et efficace.

 

Sur une manifestation d'extrémistes ukrainiens devant l'Ambassade de Russie à Kiev

 

Dans la soirée du 20 avril 2021, des extrémistes ukrainiens ont organisé une action russophobe devant l'Ambassade de Russie à Kiev. Cette fois se sont distingués les activistes de l'organisation "Agence du développement de la démocratie et des libertés de l'information". Ses représentants ont bloqué l'entrée centrale du territoire de la mission diplomatique, ont déroulé des affiches avec des insultes et ont projeté des inscriptions obscènes sur la façade du bâtiment à l'aide d'un dispositif laser. La démocratie et la liberté vues par le régime de Kiev.

Les renforts de la Garde nationale ukrainienne envoyés sur place se sont abstenus d'intervenir pour faire entrave à cette protestation.

L'Ambassade de Russie a envoyé au Ministère ukrainien des Affaires étrangères une note de protestation exigeant des autorités ukrainiennes le respect rigoureux des engagements de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, ainsi que l'ouverture d'une enquête minutieuse sur l'incident, la traduction en justice des participants et des organisateurs de cette provocation, et l'adoption de mesures pour empêcher que de tels incidents se reproduisent à l'avenir.

Nous jugeons que de tels actes extrémistes sont inadmissibles et appelons le gouvernement de l'Ukraine à cesser de faire preuve de complaisance envers leurs organisateurs, ainsi qu'à prendre des mesures pour garantir les conditions nécessaires pour le fonctionnement des institutions russes. Ou il est possible d'utiliser à ces fins une organisation avec une appellation plus réaliste: "Laissez la démocratie en paix".

 

Sur la situation actuelle en Biélorussie

 

Nous considérons la situation politique actuelle en Biélorussie comme stable dans l'ensemble. Les appels de l'opposition émigrée à intensifier les protestations ne reçoivent pas un soutien majeur de la population. De toute évidence, la plupart des citoyens de la république sont fatigués des émeutes de rue qui perturbent la vie normale et comprennent leur caractère destructif pour le développement du pays.

Nous suivons attentivement la réforme constitutionnelle qui a commencé et la modernisation de la structure politique de la république. Nous pensons qu'un large dialogue social est la seule solution pour déboucher sur une entente nationale. Nous sommes convaincus que seul le peuple biélorusse et ses représentants légaux ont le droit de décider du sort de leur patrie, et pas les "leaders des forces démocratiques" autoproclamés avec leurs superviseurs occidentaux.

Nous avons déjà exprimé notre avis sur le complot contre le gouvernement biélorusse récemment percé à jour. Suite à une opération spéciale conjointe du FSB russe et du KGB biélorusse, le 13 avril 2021 à Moscou ont été interpellés en flagrant délit le politologue de citoyenneté biélorusse Alexandre Fedouta et l'avocat Iouri Zenkovitch, qui possède la double citoyenneté américaine et biélorusse. Selon le FSB russe, ils planifiaient un coup d’État militaire dans la république, ainsi que l'élimination physique d'Alexandre Loukachenko et des membres de sa famille. L'enregistrement audio des conversations des comploteurs a été diffusé à la télévision et publié sur internet. Tout le monde peut en prendre connaissance pour s'assurer du bien-fondé de ces accusations.

L'enquête est menée au niveau du FSB russe, c'est pourquoi il ne relève pas de notre compétence de parler des détails supplémentaires et de tirer des conclusions sur l'implication des autorités américaines dans cet attentat étatique planifié. Même s'il est difficile de s'imaginer que des actes d'une telle ampleur puissent avoir été planifiés à l'insu des services secrets américains. Nous savons comment les figurants de cette affaire ont été conseillés dans les capitales occidentales.

A l'heure actuelle, les deux hommes interpellés se trouvent en Biélorussie. Ils sont poursuivis pénalement pour complot et autres actes commis dans le but de s'emparer du pouvoir.

Le 21 avril 2021, ces faits ont été commentés de manière exhaustive par le Président russe Vladimir Poutine pendant son allocution devant l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie. Il a souligné que de tels actes dépassaient toutes les limites. Je voudrais adresser aux adeptes fervents du changement de pouvoir en Biélorussie, qui tentent cyniquement de justifier ces plans, une question du Président russe: "Que serait-il arrivé si la tentative de coup d’État avait été réellement entreprise: combien de gens auraient été touchés et quel aurait été le sort de la Biélorussie?"

 

Sur la situation au Tchad

 

Le 11 avril 2021, jour de la présidentielle au Tchad, le grand groupe d'opposition armée "Front pour le changement et la concorde au Tchad" a quitté les bases arrières sur le territoire libyen pour avancer en direction de la capitale tchadienne, Ndjamena. Les forces gouvernementales envoyées pour les contrer ont neutralisé plus de 300 combattants, ont capturé près de 150 personnes et ont détruit une grande quantité de matériel. Une partie des rebelles a reculé vers la frontière avec le Niger.

Selon les informations disponibles, le Président tchadien Idriss Déby Itno s'est rendu sur la ligne de front pour diriger personnellement l'opération antiterroriste. Il a été grièvement blessé pendant les affrontements, et il est décédé des suites de ses blessures le 20 avril.

Dans ces circonstances, le Conseil militaire de transition (CMT) - 15 hauts responsables tchadiens des structures de force - a pris le contrôle de l’État. Mahamat Idriss Déby, le fils du Président défunt, a été nommé à la tête du Conseil, le général de division Djimadoum Tiraina, ancien Ministre de la Défense, est devenu vice-président du Conseil. Le CMT a annoncé une période de transition de 18 mois au Tchad afin de transmettre le pouvoir à un cabinet civil et pour organiser des élections générales. Le gouvernement et le Parlement du pays ont été dissous, le couvre-feu a été décrété, les frontières aériennes et terrestres ont été fermées.

Actuellement, la situation à Ndjamena reste globalement calme et contrôlée par les militaires. Des unités des forces gouvernementales ont été envoyées en renfort dans la capitale.

Le Ministère russe des Affaires étrangères préconise de s'abstenir de voyager au Tchad sans nécessité extrême jusqu'à la normalisation totale de la situation dans ce pays et l'assurance de garanties fiables de sécurité.

 

Sur les nouvelles initiatives législatives du Royaume-Uni

 

Notre attention a été attirée par les publications concernant toute une série d'initiatives législatives préparées par le gouvernement britannique afin de lutter contre l'activité malveillante des pays étrangers - avant tout de la Russie et de la Chine.

Un intérêt particulier est suscité par l'acte normatif sur la régulation du travail des agents étrangers, qui prévoit la création d'une liste sur laquelle toutes les personnes physiques et morales qui agissent dans l'intérêt de pays étrangers devront s'enregistrer. L'exercice d'une telle activité sans enregistrement sera passible de poursuites pénales et d'expulsion. Il est indiqué qu'en l'occurrence Londres compte utiliser activement l'expérience de ses alliés, et en premier lieu des États-Unis.

Il est préoccupant que l'élaboration de nouvelles lois au Royaume-Uni s'accompagne d'une rhétorique antirusse féroce. Nous y voyons une volonté des élites politiques britanniques de maintenir la ligne visant à attiser la menace mythique de "l'ingérence russe" à des fins malveillantes. Je rappelle qu'à ce jour, Londres n'a fourni aucune preuve pour appuyer de telles accusations envers la Fédération de Russie.

Cela donne l'impression que les autorités britanniques tentent de maintenir à flot ce thème fictif, épuisé depuis longtemps, pour justifier des restrictions contre des médias et des journalistes russes et russophones, ainsi que nos citoyens qui vivent et travaillent sur le territoire britannique.

Nous appelons la communauté des droits de l'homme à soumettre à une expertise minutieuse ces initiatives législatives pour déterminer leur conformité avec les normes juridiques internationales et les engagements du Royaume-Uni. Nous espérons que Londres évitera de tomber dans l'espionnite dans l'esprit de la Guerre froide et ne soumettra pas les citoyens et les journalistes bienveillants aux persécutions infondées en se référant à l'existence de prétendus liens avec notre pays.

Il y a une certaine ironie dans le fait que Londres avait critiqué plus que les autres la Russie pour les lois qu'elle avait élaborées, adoptées et appliquées concernant les agents étrangers. Mais il existe une nuance. La Russie a élaboré des lois en réponse à l'application par les États-Unis de la loi archaïque sur les agents étrangers appliquée contre les médias russes ou affiliés aux médias russes. Si de telles démarches n'avaient pas visé les citoyens russes et les journalistes qui travaillent pour nos médias, ainsi que les citoyens américains recrutés par des structures liées aux médias russes, il n'y aurait pas eu un tel nombre de lois.

Quand ces lois ont été élaborées, nous avons clairement défini qu'il s'agissait d'une contremesure de contention en réponse aux actions des États-Unis. Mais qu'est-ce qui pousse Londres à adopter de tels projets de loi? Est-ce que les États-Unis ont utilisé, ne serait-ce qu'une fois, leurs lois sur les agents étrangers contre la BBC? Elle est financée, entretenue et soutenue financièrement par le gouvernement britannique - n'est-ce pas un agent étranger? On n'entend pas parler d'une telle application à la BBC? Alors pourquoi Londres élabore de tels projets de loi sur les agents étrangers, ceux-là mêmes pour lesquels ils avaient critiqué notre pays. Nous suivrons ce thème, c'est un sujet très important et d'actualité.

 

Sur l'adhésion de la Russie à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM)

 

Le 5 avril 2021, le Président russe Vladimir Poutine a signé la loi fédérale sur l'adoption par la Fédération de Russie de la Charte de l'Organisation internationale pour les migrations. La notification officielle en a été transmise le 19 avril dernier par le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine, se trouvant à Genève, au Directeur général de l'OIM Antonio Vitorino. Ainsi, notre pays est devenu membre à part entière de cette Organisation.

L'OIM est associée à l'Onu et c'est la plus grande structure intergouvernementale spécialiste du problème migratoire. A présent, elle compte 174 pays membres. En tant que coordinatrice du Réseau de l'Onu sur les migrations composé de 38 agences et établissements, l'OIM est activement impliquée dans le processus de mise en œuvre du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, adopté par l'Assemblée générale des Nations unies en 2018, qui a posé les bases pour une coopération internationale globale à long terme dans le secteur migratoire.

La Fédération de Russie coopère avec l'OIM depuis 1992, ayant obtenu à l'époque le statut d'observateur auprès de cette Organisation. Au cours de ces dernières années, l'importance des processus migratoires a considérablement augmenté dans le monde entier, ce qui est également d'actualité pour la Russie, devenue l'un des plus grands pays d'accueil de migrants. Cette circonstance a déterminé en grande partie la volonté de notre pays d'adhérer à l'Organisation internationale pour les migrations.

Nous jugeons positive l'activité de l'OIM et son expérience pratique accumulée dans le règlement de différentes questions de l'agenda migratoire. L'adhésion à l'Organisation à part entière permettra de faire passer la coopération au niveau supérieur. Nous avons l'intention d'utiliser cette plateforme pour renforcer une coopération internationale constructive en matière de migration, pour chercher des solutions optimales aux problèmes migratoires, notamment en échangeant l'expérience dans ce domaine, en familiarisant la communauté internationale avec les élaborations russes pour une gestion efficace des processus migratoires.

 

Sur la réélection de la Russie à la Commission des stupéfiants des Nations unies et à l'Organe international de contrôle des stupéfiants

 

Mardi 20 avril, pendant la réunion du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC), la Fédération de Russie a été réélue à la Commissions des stupéfiants des Nations unies (CND) pour la période 2022-2025. Cela confirme les positions de leader et l'autorité de la Russie dans la coopération internationale antidrogue. Notre pays a l'intention de contribuer au renforcement du rôle politico-formateur de la CND, ainsi qu'au maintien du régime mondial de contrôle des stupéfiants basé sur trois conventions spéciales de l'Onu.

Ce vote prolonge le travail russe ininterrompu au sein de la Commission, et ce depuis la création de cet organe interétatique.

Dans des conditions de forte concurrence - 22 experts prétendaient à 5 postes vacants - la représentante russe Galina Kortchaguina, directrice adjointe pour le travail de recherche du Centre national de recherche en toxicologie du Ministère russe de la Santé a été élue pour un nouveau mandat de cinq ans à l'Organe international de contrôle des stupéfiants. Sa grande expérience professionnelle et son impartialité lui permettent d'apporter une grande contribution à l'activité du principal organe international pour le suivi de l'application des accords interétatiques sur le contrôle des stupéfiants.

 

Sur le rapatriement d'un nouveau groupe de mineurs russes de Syrie

 

Dans le cadre de l'application du décret du Président russe sur cette question, le 19 avril, à l'issue d'un nouveau voyage en Syrie de la Déléguée aux droits de l'enfant auprès du Président de la Fédération de Russie Anna Kouznetsova, un vol spécial du Ministère de la Défense a rapatrié en Russie un autre groupe de 44 enfants depuis les orphelinats de Damas, ainsi que les camps de réfugiés situés sur les territoires temporairement non contrôlés par le gouvernement syrien. Il s'agit de la première opération humanitaire cette année et de la neuvième depuis décembre 2018 organisée dans le cadre des efforts pour rapatrier des enfants russes depuis les zones de conflits armés.

Le Ministère russe des Affaires étrangères et l'Ambassade de Russie à Damas poursuivent un travail actif pour contribuer au rapatriement au plus vite de Syrie de tous les mineurs russes qui s'y sont retrouvés par la faute de leurs parents impliqués dans l'activité terroriste internationale. Au total, 196 enfants ont été rapatriés à ce jour sur le territoire de la Fédération de Russie depuis les camps de réfugiés et leurs lieux de séjour temporaire en Syrie.

 

Sur la décision de l'Otan de terminer la mission en Afghanistan

 

Une grande attention a été accordée dans l'espace médiatique international à la décision de terminer la mission de l'Otan en Afghanistan. Pendant plusieurs années, ce thème a figuré à l'ordre du jour. Vous vous souvenez, des présidents américains ont retiré des contingents de ce pays, ou au contraire les ont renforcés. Nous sommes arrivés aujourd'hui à une nouvelle phase d'observation de cette situation.

Nous avons remarqué la décision annoncée par l'Otan de retirer le contingent d'Afghanistan suite à la déclaration de Washington à ce sujet.

Si nous comprenons bien, la présence de vingt ans des troupes de l'Otan en Afghanistan touche à sa fin. La campagne militaire qui avait commencé sous le slogan de la lutte contre Al-Qaïda et les talibans, qui abritaient cette organisation, s'est transformée en efforts pour la construction étatique dans un pays d'Asie choisi. Comme l'ont reconnu les observateurs occidentaux, la mission de l'Alliance en Afghanistan peut être courageusement qualifiée d'échec. Nous voudrions que cet avis soit exprimé non seulement par les experts et les journalistes - même si tout le monde a le droit d'avoir son point de vue. Il serait important d'entendre au Conseil de sécurité des Nations unies un rapport sur les efforts entrepris pendant de nombreuses années par les contingents concernés - après tout le mandat a été délivré par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Après deux décennies de confrontation, les talibans contrôlent - seulement selon les estimations les plus modestes - plus de la moitié du territoire du pays et continuent le combat armé contre le gouvernement afghan. Le potentiel d'Al-Qaïda a diminué, mais les cellules de l'organisation terroriste, selon les informations de l'Onu, restent présentes dans 11 provinces afghanes. De plus, sur fond de présence des forces de l'Otan, l'Afghanistan est devenu un refuge pour une nouvelle menace terroriste globale: Daech, qui compte dans ce pays jusqu'à 4.000 combattants et organise régulièrement des attentats, notamment à Kaboul.

Nous assistons à une situation affligeante en matière de lutte contre les stupéfiants. Pendant la période de présence de l'Otan en Afghanistan, la superficie des cultures de pavot opiacé a été multipliée par plus de 20 (jusqu'à 163.000 ha en 2019). L'Afghanistan représente plus de 80% du marché mondial des opiacés. Selon l'Onu, 24 des 34 provinces du pays fabriquent des stupéfiants.

Malgré les injections de milliards de dollars, dont le montant a dépassé la somme accordée par les États-Unis dans le cadre du plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe de l'après-guerre, l'Afghanistan reste le pays le plus pauvre d'Asie, avec l'un des niveaux les plus élevés de corruption dans les statistiques mondiales, et de chômage, qui frappe au moins un tiers de la population économiquement active.

Les milliards de dollars alloués pour la formation des agents des structures de force nationales de l'Afghanistan se sont évaporés. Les Américains ont reconnu que les problèmes afghans n'avaient pas de solution militaire seulement une décennie après une campagne sans gloire. Pendant cette période ont été tués ou mutilés des dizaines de milliers de civils. Beaucoup d'entre eux ont été victimes des attaques non sélectives des forces de l'Otan, cyniquement qualifiées par l'Alliance de "dommage collatéral" (ils parlent d'êtres humains!), et encore des dizaines de milliers ont dû quitter l'Afghanistan à la recherche d'une vie pacifique. A ce jour, les Afghans représentent l'un des plus importants groupes de réfugiés cherchant un asile en Europe.

Les Américains et d'autres membres de l'Otan avaient promis de maintenir le soutien aux forces afghanes quand ils partiraient. On ignore s'ils parviendront à le faire puisqu'en vingt ans l'Alliance n'a pas réussi à créer de structures de forces locales opérationnelles capables de défendre le pays et d'y garantir l'ordre.

 

Sur le bilan intermédiaire des négociations de Vienne sur le Plan d'action

 

Nous sommes globalement satisfaits de la manière dont avance le travail visant à réanimer le Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien dans le cadre des consultations entre les pays membres actuels du Plan d'action et les représentants américains. En janvier déjà, la Russie a présenté aux partenaires ses idées concernant les modalités éventuelles du retour de l'accord nucléaire dans le cadre convenu. Plusieurs de nos initiatives ont été entendues et ont été reflétées dans les négociations.

L'objectif des négociations actuelles consiste à revenir au plus vite à la mise en œuvre du Plan d'action conformément aux paramètres et aux délais initialement convenus. Nous notons la disposition de toutes les parties impliquées, dont Washington et Téhéran, à déboucher sur un résultat, à rétablir un équilibre des intérêts dans le cadre du Plan d'action et à créer les conditions pour la réalisation durable des accords globaux de 2015. Les collègues américains ne contestent même plus le fait que toutes les grossières violations du Plan d'action et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies commises par l'ancienne administration américaine doivent enfin être corrigées afin de créer les conditions pour "dégeler" les engagements iraniens, qui ont été suspendus en réponse au non-respect des exigences de l'accord nucléaire par Washington.

La question de la révision des accords globaux de 2015 n'est pas à l'étude. Cela montre, à nos yeux, l'absence d'alternative au Plan d'action. Nous partons du principe que le Plan d'action contient justement tous les éléments nécessaires à sa relance à pleine puissance. Nous sommes certains que le moyen le plus efficace d'atteindre les hauts objectifs fixés avant la formulation et la signature du Plan d'action consiste en ce que toutes les parties remplissent rigoureusement leurs engagements. C'est précisément de cette manière qu'agit la Russie, en encourageant constamment les autres partenaires à suivre son exemple.

 

Sur la déclaration conjointe de la Rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'Onu (CDH) concernant l'impact négatif des mesures coercitives unilatérales sur l'exercice des droits de l'homme et du Groupe de travail du CDH sur la détention arbitraire concernant le programme américain "Récompense pour la justice"

 

Nous avons pris connaissance de la déclaration conjointe de la Rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme (CDH) concernant l'impact négatif des mesures coercitives unilatérales sur l'exercice des droits de l'homme Elena Dovgan et du Groupe de travail du CDH sur la détention arbitraire concernant le programme américain "Récompense pour la justice".

Nous partageons l'avis exprimé dans le document concernant la non-conformité de ce programme avec les standards internationaux de protection et de promotion des droits de l'homme.

Premièrement, la proposition des Américains sur la possibilité de dépenser des fonds en échange d'informations sur les personnes qui ne font officiellement l'objet d'aucune inculpation est contraire à la base de la jurisprudence: la présomption d'innocence prévue par l'alinéa 1 de l'article 11 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et l'alinéa 2 de l'article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966. S'avèrent donc parfaitement incompréhensibles les fondements légaux du recueil d'informations sur des personnes innocentes (du point de vue juridique) qui, en l'absence de procédure nécessaire, se retrouvent de facto privées des garanties procédurales nécessaires, notamment de leur droit à la défense.

Deuxièmement, par le biais de ce programme les États-Unis commettent une ingérence arbitraire et illégale dans la vie privée et familiale, ce qui est interdit par l'alinéa 1 de l'article 17 du Pacte international de 1966, et portent atteinte à l'honneur et à la dignité des personnes figurant dans ce programme stigmatisées en tant que criminels pour devenir de facto des "accusés non accusés".

Troisièmement, ce programme implique également le versement à des citoyens étrangers qui, selon les États-Unis, seraient "liés au terrorisme", d'argent pour la coopération avec les autorités américaines. Sachant que le refus d'une telle coopération s'accompagne de menaces de sanctions américaines contre les personnes concernées. C'est contraire à l'une des normes internationales fondamentales, celle de procès juste: le droit de ne pas témoigner contre soi-même conformément à l'alinéa 3 (g) de l'article 14 du Pacte international de 1966. De plus, de cette manière les forces de l'ordre américaines rejettent ainsi le fardeau d'apporter des preuves sur des personnes physiques concrètes.

Ainsi, nous ne pouvons qu'être solidaires avec la conclusion des experts du CDH selon laquelle ce programme doit être mis en conformité avec les normes du droit international.

 

Sur le scandale aux Pays-Bas concernant le recueil illégal d'informations personnelles des citoyens

 

L'histoire des doubles standards, de la manipulation habile des faits, n'est pas nouvelle quand on voit ce que fait l'Occident collectif dans le cadre de sa "bataille pour le respect des normes démocratiques et des droits de l'homme". C'est déjà devenu une fable de quartier. Nous entendons régulièrement des reproches visant la Russie concernant des infractions fictives. Cependant, quand il s'agit de la situation sur leur propre territoire, les défenseurs occidentaux des normes, des lois et des principes démocratiques n'y veillent pas de manière aussi rigoureuse.

Les Pays-Bas, qui se sont attribué dernièrement le rôle d'arbitre en matière de droits de l'homme, font également preuve de cette étrange myopie sélective ces derniers temps. Nous avons vu plusieurs fois La Haye ignorer complètement les infractions de ses propres citoyens. En voici une nouvelle confirmation très intéressante.

Grâce aux efforts des journalistes néerlandais, il a été récemment révélé que l'appareil du Coordinateur national pour la lutte contre le terrorisme et la garantie de la sécurité avait recueilli illégalement pendant des années et diffusé des informations confidentielles sur les civils, y compris les leaders d'organisations politiques, les activistes et les personnalités religieuses. Sur certains "sujets surveillés" étaient même établis des rapports hebdomadaires, qui étaient ensuite partagés non seulement avec les collègues des structures de force, mais également avec les renseignements étrangers. Sachant que toute cette activité secrète était menée à la demande du gouvernement.

Et que pensez-vous? Que les coupables ont présenté des excuses et ont été sanctionnés? Pas du tout. Les autorités ont ignoré les revendications du public en se contentant de promettre une "base juridique plus solide du fonctionnement" de l'institution fautive. Le gouvernement du pays n'a rien vu de préjudiciable dans le recueil non autorisé d'informations sur ses propres citoyens.

De tels incidents sont très révélateurs. Il serait temps pour les Pays-Bas de se rapprocher de la réalité et de régler d'abord ses propres problèmes avant de donner des leçons, de critiquer et de blâmer les autres.

 

Sur la fermeture de centres de langue russe en Pologne

 

Il y a deux mois, nous avions déjà exprimé des regrets concernant la fermeture du Centre de langue et de culture russes créé en 2008 à l'initiative de la fondation Rousski Mir sur la base de l'Université pédagogique de Cracovie. Depuis, non seulement la Pologne n'a pas renoncé à cette décision sans aucun motif, mais elle a également poursuivi cette pratique destructive visant à évincer le russe et la culture russes. A présent, les actions des autorités polonaises ont conduit de facto à la fermeture de deux autres centres: à Wroclaw (qui fonctionnait depuis 2014 à l'institut de philologie slave de l'université de Wroclaw) et à Slupsk (créé auprès de la Bibliothèque municipale en 2009). Sachant que les accords de coopération avec la fondation Rousski Mir dans le cadre desquels ils fonctionnaient ont été automatiquement reconduits pour cinq ans. Les implications politiques de la situation sont flagrantes.

Nous regrettons sincèrement ces démarches des autorités polonaises. Nous pensons que cette décision des autorités polonaises se reflétera de manière négative sur le droit de la population russophone qui vit en Pologne à conserver sa langue, sa culture et son identité, et limitera l'accès aux manuels éducatifs nécessaires pour les étudiants qui apprennent le russe. On s'imagine qu'en ce moment précis, à l'heure où les relations entre la Russie et la Pologne traversent une période difficile, où l'on constate que le dialogue politique est de facto gelé et que la coopération bilatérale est fermée dans plusieurs domaines à cause des efforts de Varsovie, l'aspect social de cette interaction est on ne peut plus important. Cependant, nous constatons que là aussi les efforts des autorités polonaises visent le même objectif: compliquer au maximum les possibilités d'interagir pour les habitants de nos pays.

 

Sur le démantèlement d'un monument à Leszno (Pologne)

 

Les autorités polonaises, essayant de rayer de la mémoire de la population les pages glorieuses de la mission libératrice de l'Armée rouge qui a permis aux Polonais de survivre et d'être libérés de la peste brune, poursuivent leur campagne de destruction systématique des sites de commémoration soviétiques. Tout cela est fait, soi-disant, dans le cadre de la "décommunisation".

A Leszno (voïvodie des Basses-Carpates) a été démantelé un monument de gratitude à l'Armée rouge, qui avait chassé les fascistes de la ville en septembre 1944. Le monument a été érigé en 1945 à proximité immédiate des tombes de guerriers soviétiques, dont les ossements ont été par la suite exhumés pour être enterrés au cimetière de Baligrod.

Ce cas scandaleux a confirmé une nouvelle fois la politique de cynisme historique menée par les autorités polonaises et leur campagne visant à détruire le patrimoine militaire commémoratif soviétique malgré leurs engagements internationaux.

 

Sur les appels de partenaires étrangers demandant de leur fournir le vaccin russe Sputnik V

 

La situation épidémiologique mondiale reste très alarmante. Toutes les recommandations du Ministère russe des Affaires étrangères concernant la complexité, l'imprévisibilité et les risques liés aux voyages à l'étranger restent d'actualité. Nous vous prions de vous informer dans le détail avant de vous décider à effectuer un tel voyage.

Plusieurs pays, notamment en Europe, vivent une troisième vague de pandémie de coronavirus et sont confrontés à des difficultés dans leur campagne de vaccination de la population (et c'est peu dire, en réalité c'est un échec dans plusieurs pays de l'UE). Les mesures prises sont chaotiques, non systémiques et, dans l'ensemble, contradictoires. Une nouvelle fois, ces pays sont contraints de durcir les mesures sanitaires.

Depuis le début de la "coronacrise", la Russie prône continuellement la mise en place d'une coopération multilatérale pour combattre la pandémie et insiste sur le fait que cette question purement humanitaire ne doit pas être politisée. Dans ce contexte, notre pays fait immuablement preuve d'une approche responsable et de solidarité envers les partenaires, avant tout envers les pays les plus touchés par la pandémie.

Le vaccin russe Sputnik V a déjà prouvé son efficacité et sa sécurité, notamment contre les souches les plus contagieuses du virus. A ce jour, notre produit est enregistré dans 60 pays, y compris certains pays de l'UE (Autriche, Slovaquie, Hongrie). Nous étudions la possibilité de participer aux initiatives internationales pour fournir le vaccin Sputnik V aux pays les plus défavorisés. Nous soulignons toujours et à tous les niveaux notre ouverture et notre disposition à coopérer et à échanger professionnellement avec les partenaires étrangers sur les questions relatives à la lutte contre le coronavirus et la vaccination contre la Covid-19.

A cet égard, nous sommes confus par les déclarations des représentants officiels de certains pays européens qui cherchent à faire passer la question des exportations du vaccin russe sur le plan politique. Dans certains pays, les choses vont jusqu'à des batailles politiques conduisant souvent à des crises. Ainsi, selon le Ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, le médicament russe n'est rien d'autre qu'un "instrument de propagande". Alors que le Président français Emmanuel Macron a même jugé possible de parler d'une "guerre mondiale d'un nouveau type" et de tentatives d'"exercer de l'influence" par le biais des vaccins. Je ne sais pas, peut-être que la France exerce une influence à l'aide des vaccins? Il n'est jamais trop tard pour avouer. A qui cela se rapporte-t-il? Certainement pas à nous. Nous voudrions attirer l'attention de nos partenaires français et étrangers sur le fait que la Russie n'impose son vaccin à personne. Les spéculations politiques sont en principe inadmissibles quand il est question de la santé et du bien-être des gens.

En même temps, nous constatons une hausse des demandes adressées à la Russie depuis l'étranger - de la part des autorités locales, des personnalités publiques et des citoyens ordinaires - de leur fournir le médicament russe. Comme si la France et les autres pays nous accusant de politiser ce thème, de mener une guerre de vaccins, ignoraient les requêtes de dizaines de dirigeants adressées à notre pays demandant de leur livrer le vaccin, posant la question des délais. On nous presse, on nous propose de coopérer, de fabriquer notre produit sur leur territoire grâce à des efforts communs.

Récemment, le maire de Nice Christian Estrosi a envoyé une lettre au Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov pour demander de contribuer aux livraisons du médicament russe dans cette grande ville française. Alors pourquoi cette même France adopte-t-elle la pratique d'ignorer de tels faits pour inventer constamment des mythes? Nous recevons de telles demandes locales également de la part d'autres pays membres de l'UE. Selon nous, cela témoigne du désaccord de la population avec les restrictions imposées par les autorités sur la coopération internationale dans la lutte contre l'épidémie de Covid-19. Alors qui politise quoi? Qui a déclenché une guerre contre qui? Je peux le dire honnêtement: la guerre a été déclenchée par ceux qui interdisent ou empêchent les fournitures de notre produit. Si les personnes, dans ces pays, ne reçoivent pas le vaccin alors que les capacités de le livrer existent (la Russie n'a refusé à personne la coopération en ce sens), et le pouvoir ou les politiques interdisent ou bloquent une telle coopération, alors c'est une guerre contre son propre peuple. C'est peut-être ce que voulait dire Emmanuel Macron en parlant d'une "guerre d'un nouveau type"? Vous le savez, nous n'écoutons plus les accusations interminables à notre égard sans y répondre.

Nous réaffirmons notre disposition fondamentale à une véritable coopération. Évidemment, beaucoup de choses dépendront de la décision de l'Agence européenne des médicaments, qui étudie actuellement la demande russe d'enregistrer le vaccin Sputnik V. C'est paradoxal. Les gens utilisent ce produit depuis plusieurs mois. Il est utilisé ouvertement. Il y a une file d'attente de pays qui veulent avoir la possibilité de l'utiliser en dehors de la Russie. De nombreux citoyens étrangers demandent (vous le savez, nous ne l'avons pas inventé, ce sont des faits) à se faire vacciner, se vaccinent et publient des reportages à ce sujet. Mais l'Agence européenne des médicaments reste au même point.

Nous comptons sur une attitude impartiale envers notre produit, qui doit s'appuyer sur une approche purement scientifique. Nous l'espérons. La plupart des scientifiques affirment que c'est une vaccination réussie et rapide, indépendamment de l'origine des produits utilisés, qui permettra à la communauté internationale de surmonter la crise actuelle d'une ampleur sans précédent.

 

Sur la coopération russo-italienne dans la lutte contre la Covid-19

 

La coopération russo-italienne dans la lutte contre la pandémie de coronavirus continue de se développer progressivement et avec succès.

Le 13 avril dernier, lors d'une visioconférence organisée avec la contribution de l'Ambassade de Russie à Rome, a été signé le Mémorandum d'entente pour la coopération scientifique et l'échange d'informations et de connaissances entre le Centre national de recherche en épidémiologie et en microbiologie Gamaleïa et l'Institut national des maladies infectieuses Spallanzani. L'initiative de signer un tel accord émanait de l'institut italien qui, en février, a publié une conclusion d'experts confirmant les conclusions de la revue prestigieuse Lancet concernant la haute efficacité du vaccin russe. Outre les deux grands centres de recherche, le document a été signé par le Ministère de la Santé et de l'Intégration médicosociale de la région de Latium et le Fonds russe d'investissements directs.

Ce Mémorandum prévoit un échange d'informations scientifiques, d'échantillons biologiques et de délégations d'experts. Les parties sont convenues dans un premier temps de concentrer le travail de recherche sur l'analyse de l'efficacité du vaccin Sputnik V contre les nouvelles souches de coronavirus identifiées par l'institut italien aux Apennins et sur l'étude de la possibilité d'injecter le produit russe à titre de seconde dose aux individus ayant reçu une première injection d'un autre vaccin.

La partie italienne s'est dite prête à recevoir prochainement une délégation de l'Institut Gamaleïa pour commencer le travail conjoint.

Dans les conditions où les approches conflictuelles et, souvent et simplement, une concurrence déloyale et illégale de plusieurs pays affectent négativement l'efficacité des efforts internationaux pour lutter contre la pandémie de coronavirus, cette initiative et d'autres initiatives similaires visant à développer la coopération scientifique fondamentale entre la Russie et l'Italie sont sollicitées et opportunes.

Nous sommes convaincus qu'il ne sera possible de faire face à ce nouveau défi global de notre temps que par une large coopération internationale dans le secteur de la santé afin d'élaborer et de produire des vaccins, et de perfectionner les produits anti-Covid déjà existants.

 

Réponses aux questions:

Question: Ces derniers temps, nous assistons à des démarches hostiles actives de la part des pays occidentaux contre la Russie: des sanctions, des expulsions de diplomates, des accusations, des scandales d'espionnage. Pensez-vous qu'il s'agit d'une campagne planifiée? Si oui, à qui profite-t-elle et dans quel but?

Réponse: Le Président russe Vladimir Poutine a répondu hier à votre question. Il a utilisé plusieurs allégories, notamment de la littérature mondiale. Nous en avons parlé nous aussi, avec ou sans allégories, directement. Nous voyons parfaitement la politique de contention initiée par l'Occident vis-à-vis de la Russie pour plusieurs raisons. Notre pays se développe, prône une approche nette et transparente de la construction des relations internationales qui doivent avant tout s'appuyer sur le droit international, sur la réalisation des principes fondamentaux prévus par la Charte de l'Onu, sur la politique pacifique qui implique la protection des intérêts nationaux dans tous les secteurs.

"Comment ne pas contenir un tel pays?" ont pensé nos partenaires occidentaux avant d'engager des actions actives il y a quelque temps. Je pense qu'ils ont échoué, même s'ils ont utilisé différentes méthodes. L'une des étapes prévoyait l'isolement de notre pays, elle a échoué. Je me souviens bien, dès l'annonce du concept d'"isolement" de la Russie, beaucoup de personnes, notamment dans notre pays, ont posé des questions: "Qui se rendra chez nous? A qui allons-nous parler? A l'évidence, désormais les plus grands pays et économies du monde ne viendront jamais en Russie et ne nous parlerons pas." Plusieurs années se sont écoulées. Nous avons reçu tellement de personnes à Moscou, des représentants de tous les pays du monde ont participé à tellement de forums russes. Où est cette politique d'isolement? Elle a échoué. Il était même absurde de l'initier à l'égard de la Russie.

Sans oublier d'autres éléments de la politique de contention: les sanctions unilatérales illégales, la création de listes noires, la persécution de citoyens russes et bien d'autres. Aujourd'hui nous approchons d'une nouvelle étape, qui avait déjà été utilisée auparavant: l'expulsion de diplomates russes et les accusations aberrantes à leur égard sans aucun fondement ni preuve. Nous avons déjà connu cela. C'est saisonnier en Occident. Quelque chose se produit dans la "nature" politique de ces pays, et ils souffrent d'une "allergie". C'est pourquoi nous survivrons à cela également. En revanche, ce n'est pas à nous qu'ils portent atteinte mais aux relations bilatérales. Les relations bilatérales ne sont pas seulement les relations entre les organes publics et les structures politiques. Ce sont les relations entre les gens. Les peuples sont toujours les bénéficiaires des relations bilatérales. Ils sont toujours les premiers touchés. Qui se trouve derrière cela? Nous l'appelons "l'Occident collectif". Qui le dirige? Nous savons qui: les États-Unis. Ils ne le cachent pas. Au contraire, ils en sont fiers, ils y voient leur "exclusivité", parlent de leur "domination", d'un prétendu rôle "messianique". Il n'y a ni rôle messianique ni domination. Ils arrivent à détruire mais pas à créer, et encore moins à surmonter les problèmes mondiaux. Nous en avons vu des exemples à plusieurs reprises.

Question: D'après vous, pourquoi l'Ukraine exige-t-elle par ultimatum son adhésion à l'Otan? Des déclarations étranges sont faites. L'Ambassadeur d'Ukraine en Allemagne a récemment déclaré que l'Allemagne devait devenir un acteur clé et soutenir l'Ukraine dans l'adhésion à l'Otan.

Réponse: Pourquoi pensez-vous que si le régime de Kiev se comporte étrangement, ses déclarations ne devraient-elles pas être étranges? C'est normal. Si les actions sont étranges, les déclarations le sont aussi.

L'intensification des efforts de Kiev sur cet axe, à laquelle nous assistons ces derniers temps, est clairement liée au sommet de l'Otan qui approche. L'Ukraine espère bénéficier du plan d'action pour l'adhésion (MAP). Peu de membres de l'Alliance le soutiennent pour plusieurs raisons. C'est pourquoi le gouvernement de l'Ukraine, ses diplomates et représentants politiques exigent pratiquement par ultimatum des pays de l'Otan qu'ils acceptent d'accorder un tel plan, rassemblent des signatures sous une prétendue déclaration spécialement écrite par Kiev à ces fins. C'est précisément l'objectif de toute l'escalade. Et l'aggravation actuelle de la tension par Kiev sur la ligne de démarcation dans le Donbass est également liée à l'obtention du MAP.

Vous le savez, l'objectif d'adhérer à l'Otan a été fixé dans la Constitution ukrainienne en 2019, à la fin de la présidence de Piotr Porochenko. Nous sommes convaincus que cette décision est erronée. Elle ne contribuera ni à la stabilité de l'Ukraine ni au règlement du conflit dans le Donbass; et encore moins à la sécurité européenne. Au contraire, tout cela est contraire aux thèses que j'ai énumérées.

Malheureusement, Kiev suit la logique inverse. Afin de plaire à l'Occident, le régime ukrainien rompt de toutes ses forces les relations avec ses voisins les plus proches - la Russie et la Biélorussie - et se retire des accords bénéfiques pour l'Ukraine dans le cadre de la CEI. Mais ils s'en moquent. "Cassons tout". Ils savent le faire.

Le Président ukrainien Vladimir Zelenski déclare que l'adhésion à l'Otan mènera à la fin de la guerre dans l'Est du pays, et que l'obtention du MAP serait un "signal" pour la Russie. La coopération actuelle entre Kiev et l'Otan, notamment les sept exercices avec les pays de l'Alliance prévus sur le territoire ukrainien cette année, est franchement dirigée contre la Russie. Alexeï Arestovitch, conseiller de la délégation ukrainienne au sein du Groupe de contact, a franchement reconnu que l'objectif des exercices Defender Europe, qui auront également lieu sur le territoire de l'Ukraine, est de "s'entraîner à une guerre contre la Russie".

De notre côté, nous ne cessons pas de mettre en garde nos partenaires occidentaux contre la politique antirusse et la complaisance envers les aspirations agressives du régime de Kiev actuel. La solution pour mettre un terme à la guerre en Ukraine ne réside pas dans l'adhésion à l'Otan. Elle réside dans la mise en œuvre des Accords de Minsk, dans la consolidation de la société sur une base constructive, dans l'éradication de l'idéologie nationaliste. C'est simplement quelques thèses. Elles peuvent être plus nombreuses. Elles peuvent avoir un ordre différent. De mon point de vue, c'est là que se trouvera la solution pour régler la situation et mettre un terme à la guerre en Ukraine.

Question: Malgré la trêve conclue avec la médiation de la Russie, l'Azerbaïdjan continue de retenir prisonniers non seulement des militaires, mais également des civils. Notamment les Avtandilian, couple de personnes âgées (85 et 75 ans) qui, après avoir cru à la trêve, sont revenues en taxi dans leur village dans l'Artsakh et ont été capturées. De plus, l'Azerbaïdjan a ouvert un parc où ils profanent des mannequins de soldats arméniens et les casques des défunts. Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères de tels actes de Bakou et comment ces actions sont-elles susceptibles d'affecter le processus de paix? Ne nuiront-elles pas au rôle de maintien de la paix de la Russie? Est-ce que Moscou a évoqué, dans le cadre de ses différents contacts avec Bakou, le problème du "parc" qui n'est rien d'autre qu'un "spectacle fasciste"?

Réponse: La Russie entreprend des efforts de médiation actifs pour éliminer l'un des éléments les plus irritants dans les relations entre Bakou et Erevan. Nous prônons le règlement du problème des prisonniers de guerre selon la formule "tous contre tous". Cette démarche créerait une atmosphère favorable pour avancer sur l'ensemble des questions importantes.

En ce qui concerne le "parc", nous espérons que dans les affaires pratiques Bakou et Erevan aspireront à des démarches visant à normaliser les relations et non à créer de nouvelles lignes de démarcation. Un prix immense a été payé, celui de vies humaines. Il faut rebondir sur cet épisode tragique qui offre également un espoir pour l'avenir, l'utiliser à des fins positives constructives au lieu d'exacerber la situation et de créer de nouvelles lignes de démarcation, de nouveaux éléments irritants. Oui, c'est difficile. Notamment après un conflit armé. C'est difficile à surmonter, notamment psychologiquement. Oui, beaucoup de personnes ne sont pas d'accord avec les résultats, certains voudraient poursuivre, d'autres voudraient une revanche. Mais est-ce que la création de tels éléments irritants contribuera au règlement et au retour de la paix? La réponse est évidente: non.

Nous estimons que l'objectif primordial à l'étape actuelle est le renforcement des mesures de confiance dans les relations entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, la formulation d'un ordre du jour économique positif susceptible de garantir à l'avenir les conditions d'un développement durable de la Transcaucasie. C'est dans l'intérêt de tous nos partenaires de la région.

Question: Le Président azéri Ilham Aliev a déclaré récemment que si l'Arménie ne donnait pas son accord pour la construction du corridor de Zanzegour (via la région de Siounik en Arménie), l'Azerbaïdjan le ferait de force. Que pensez-vous de la menace d'agression militaire exprimée par le Président azéri contre le territoire souverain de l'Arménie?

Réponse: Nous appelons les parties à s'abstenir de toute rhétorique revancharde et militariste susceptible de pousser de nouveau cette région au seuil d'une guerre. Nous partons du principe que les déclarations et les démarches pratiques de Bakou et d'Erevan doivent être entreprises dans le cadre des accords trilatéraux entre les dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020 et du 11 janvier 2021. Cela concerne notamment le déblocage des communications économiques et de transport dans la région.

Question: Le 20 avril 2021, les forces armées de l'Azerbaïdjan ont grossièrement transgressé les accords trilatéraux entre les dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020 et ont ouvert le feu en direction de Stepanakert, ainsi que des communes de la région d'Askeran. Ces tirs ont endommagé le toit d'un immeuble résidentiel à Stepanakert. Que pensez-vous des provocations des autorités azéries visant à créer une atmosphère de peur chez les habitants de l'Artsakh, ainsi qu'à saper la mission russe de maintien de la paix?

Réponse: Je viens de commenter la situation. Ma réponse vaut aussi pour cette question.

Question: Je voudrais commencer par les relations russo-américaines. Plusieurs experts russes pensent que le rôle de la diplomatie traditionnelle s'est retrouvé aujourd'hui entre les mains des structures de force parce que la préparation du sommet entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président américain Joe Biden (du moins la discussion concernant son éventualité) est prise en charge par les collègues des structures de force Nikolaï Patrouchev et John Sullivan, et plus par les diplomates qui ne sont plus sur leur lieu de travail. Le considérez-vous plutôt comme une exception à la règle ou est-ce une nouvelle tendance dans la construction des relations non seulement avec les États-Unis, mais également avec d'autres pays occidentaux?

Réponse: Je ne suis pas d'accord avec un tel avis pour plusieurs raisons, ni en théorie ni en pratique, ni par rapport à ce cas concret. Les sommets sont préparés par l'administration du chef de l’État. Chaque institution apporte sa contribution à la préparation de cet événement dans le cadre de ses compétences.

Je voudrais souligner que contrairement aux "structures de force américaines", comme vous dites, le Département d’État américain n'a pas encore choisi le personnel qui devra être à sa tête et au niveau intermédiaire. Les procédures sont en cours. Ce problème ne se pose pas au sein des structures de force (je dis cela exclusivement pour brosser à grands traits le paysage politique général aux États-Unis).

Question: Pendant son Allocution devant l'Assemblée fédérale, le Président russe Vladimir Poutine a déclaré hier qu'après la pandémie la Russie, en tant que pays hospitalier, essaierait d'appliquer largement la pratique des visas électroniques pour ceux qui souhaiteraient visiter notre pays. Dans quelle mesure cela nécessitera-t-il une restructuration du service consulaire? Est-ce que cela demandera des efforts supplémentaires ou toutes les capacités sont-elles déjà réunies pour cela?

Réponse: Oui et non. Le service consulaire se perfectionne constamment, de nouvelles technologies sont intégrées. Contrairement à ces mêmes services aux États-Unis (je cite cet exemple dans le contexte du thème des relations russo-américaines évoqué précédemment). Plusieurs aspects relatifs à la délivrance des visas ont disparu chez nous, notamment en ce qui concerne certains éléments encore d'actualité pour les Américains. Par exemple les entretiens individuels (qui plus est au vu de la Covid-19) et la logistique de transport complexe. Les visas russes sont délivrés sans entretien individuel sauf situation particulière. Chez les Américains, tout cela est étendu: l'entretien individuel, la présence, etc. Bien évidemment, le service consulaire, y compris le nôtre, se développe. Il devient plus opérationnel parce que c'est la demande, et c'est la vie. Du moins, c'était le cas avant la pandémie. C'était le vecteur de développement principal. Il reçoit de nouvelles capacités technologies, devient plus pratique et opérationnel.

Nous avons déjà délivré des visas électroniques. Ce n'est pas quelque chose de nouveau pour nous. Nous avons également rencontré des problèmes en introduisant la pratique des visas électroniques. Mais c'est toujours le cas parce qu'une nouvelle pratique nécessite un "rodage", notamment en matière d'application, pas seulement en théorie. Ces lacunes ont été rapidement comblées. Nous vivons actuellement dans le contexte des restrictions liées à la Covid, mais nous nous orientons sur la déclaration du Président russe Vladimir Poutine.

Vous avez demandé si la pertinence du rôle de la diplomatie diminuait ou non, puis avez vous-même abordé les questions consulaires. Il serait intéressant de savoir comment vous avez réussi à les unir pour qu'il me soit pratique de répondre à tout dans une seule question, encore une fois sur l'exemple des diplomates américains.

Ils associent directement les effectifs du personnel diplomatique et consulaire, notamment en Russie, à la délivrance des visas. Ils disent que leur technologie de délivrance de visas, de consultation avec les services et d'envoi de toutes les informations nécessite beaucoup de cadres, de diplomates. Les Américains associent tout précisément au nombre de diplomates. Quand ils ont étendu toute la procédure de délivrance de visas aux Russes à des délais impensables (maintenant la délivrance de visa demande jusqu'à 9 mois ou plus), selon eux, c'était lié à la réduction du personnel. C'est faux. La répartition des fonctions au sein de l'Ambassade relève de l'Ambassade elle-même ou du Centre, mais certainement pas des autorités russes. S'ils ont renvoyé du personnel du service consulaire pour le muter dans d'autres secteurs, c'est leur décision, mais certainement pas celle des autorités russes. Ce qui est important, c'est que le nombre de leurs diplomates est associé directement au service de délivrance de visas. Voilà ce qu'il en est concernant la question de savoir dans quelle mesure le rôle de la diplomatie s'efface ou reste pertinent. Le secteur consulaire est l'un des exemples. En réalité, ils sont très nombreux.

Question: Faut-il considérer l'aspiration de la Russie à étendre l'accessibilité des visas électroniques aux touristes "ordinaires" et "apolitiques" comme une réponse à l'attisement de la situation politique? En d'autres termes, ne serait-ce pas une tentative de la Russie de mener une sorte de "diplomatie populaire" et d'attirer les citoyens des pays dont les représentants politiques ne veulent pas parler à la Russie d'égal à égal?

Réponse: C'est une question philosophique. Répondre par l'action se fait en réaction à une action. On peut ne pas être d'accord avec celles-ci, on peut ne pas les accepter, elles peuvent être contraires à vos convictions, mais on y voit une logique. Parfois il est difficile de trouver la logique dans les actions de l'Occident. Regardez ce qui se passe à Prague, ce que fait l'establishment politique tchèque. Les déclarations se contredisent et changent toutes les heures.

La question n'est pas de savoir si nous réagissons à des actions en entreprenant de telles mesures. Elle est différente. La Russie est effectivement un pays pacifique et amical qui n'a jamais initié ni guerres mondiales ni troubles globaux. Nous sommes un beau pays hospitalier que beaucoup de personnes ne connaissent pas ou ne connaissent pas tel qu'il est en lisant la presse étrangère. Nous voudrions montrer tout ce que nous avons et faire en sorte que les personnes qui viennent chez nous puissent voir ce que la Russie représente comme pays, nos exploits, nos villes magnifiques et les gens, ce que nous faisons, comment nous vivons.

Souvenez-vous de la manière dont a commencé la discussion sur les visas électroniques. Avec la Coupe du monde de football. Quand les amateurs de football, les touristes et les supporters sont venus, malgré les intimidations de la presse occidentale, ils ont été choqués par l'incohérence entre ce qu'ils avaient lu et ce qu'ils ont vu en arrivant chez nous. Bien évidemment, au profit de notre pays et du fait qu'il est effectivement intéressant, beau et magnifique. Souvenez-vous combien de personnes voulaient rester et prolonger leur visa, combien ont voulu revenir encore. C'est alors qu'a été évoquée la nécessité d'engager des efforts en ce sens.

Autre paradoxe: les publications et les articles de plusieurs correspondants étrangers sont franchement antirusses. Mais je vois comment ils vivent ici, profitent de la vie, comment il est problématique pour eux de mettre fin à leur contrat. Pour certains cela devient une véritable tragédie, ils changent de travail uniquement pour rester ici. J'ai envie de leur demander constamment pourquoi ils écrivent ces aberrations, pourquoi ils créent une image négative de notre pays.

A mes yeux, la question ne réside pas tant dans la réaction à quelque chose mais dans la volonté de montrer comment nous sommes en réalité, et de donner aux gens la possibilité de décider eux-mêmes.

Question: Le retrait des forces étrangères d'Afghanistan promis par le Président américain Joe Biden pour le 11 septembre 2021 changera significativement l'équilibre des forces dans la région. Quels sont les solutions pour instaurer la paix en Afghanistan dans cette situation, selon la Russie?

Réponse: Je l'ai déjà commenté en détail aujourd'hui, mais je voudrais ajouter que la seule solution possible pour établir la paix en Afghanistan reste le lancement de négociations interafghanes directes substantielles sur la réconciliation nationale. Nous espérons que Kaboul et les talibans s'abstiendront de faire escalader la tension dans les mois qui restent jusqu'au 11 septembre et profiteront au maximum de cette période pour s'entendre sur les questions centrales de l'agenda du processus de paix dans le pays, notamment le cessez-le-feu, la fin de l'échange des prisonniers et la constitution d'un gouvernement inclusif.

Question: La campagne médiatique antirusse intentionnelle de l'Otan envers la Russie, la situation avec la République tchèque et celle, plus tôt, concernant l'expulsion de diplomates russes de Bulgarie, prêtent à penser qu'a été lancée une campagne médiatique antirusse qui a ses commanditaires et ses objectifs. D'ailleurs, la Bulgarie a été le premier pays à recevoir des instructions détaillées de l'Otan en ce sens. Que pense la Russie de la tentative des partenaires occidentaux de créer artificiellement une confrontation diplomatique entre la Russie et l'Occident en utilisant l'Europe? Si l'on se rappelle de la promesse faite par la porte-parole de la Maison blanche Jennifer Psaki d'engager des mesures de lutte et de contention de la Russie, alors ne constatons-nous pas aujourd'hui à une partie de ces mesures pour détourner l'attention de la communauté de la communauté internationale du renforcement de l'activité militaire des États-Unis, une tentative de saboter le Nord Stream 2, d'évincer la compagnie Rosatom de Tchéquie? Que faut-il faire pour empêcher cette campagne médiatique et préserver le dialogue russo-européen?

Réponse: Cette question ne s'adresse pas à la Russie. Nous adoptons des positions claires concernant la primauté, la conduite et le développement de relations normales. Il peut y avoir des nuances, des problèmes, mais nous construisons les relations avec nos partenaires quels qu'ils soient sur la base du droit international. C'est cette approche désidéologisée qui offre la possibilité de ne pas dépasser le cadre légal et de ne pas enfreindre l'équilibre mondial, que nous devons préserver, en restant sur nos propres positions, en défendant nos intérêts nationaux et notamment en opposant concurrence.

C'est pourquoi cette question ne s'adresse pas à nous. Nous savons comment construire nos relations avec le monde: en s'appuyant sur le droit international, sur le respect et la mise en œuvre des principes fondamentaux de la Charte de l'Onu. Nous savons parfaitement que nous ne permettrons pas aux autres pays de porter atteinte à notre souveraineté, de la saper. Nous sommes prêts à coopérer, à régler les questions complexes, à ce que nos partenaires pensent différemment, voient les choses différemment, tout en déclarant clairement (comme cela a été dit hier pendant l'allocution du Président russe Vladimir Poutine à l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie) qu'il existait des lignes rouges. Il a été dit également que personne ne pouvait les franchir. Nous restons un État pacifique, mais nous avons été patients pendant longtemps. Maintenant nous réagissons sans voile romantique, en comptant sur le bon sens. Nous réagissons, premièrement, comme le prévoit le cadre du droit international, deuxièmement, comme convenu dans les traditions diplomatiques et, troisièmement, tel que c'est bénéfique pour nous. Mais nous prônons en même temps une approche vraiment pacifique orientée sur la coopération.

Et en ce qui concerne les actions de nos partenaires occidentaux. Dans le contexte de la République tchèque nous pouvons constater que Prague s'est engagé sur la voie de la destruction des relations. La réponse ne se fera pas attendre.

Question: Pourriez-vous commenter l'appel adressé par le Ministre tchèque de l'Intérieur Jan Hamáček aux partenaires de l'UE et de l'Otan à expulser des diplomates russes en signe de solidarité avec Prague? Comment la Fédération de Russie va-t-elle réagir à un tel appel?

Réponse: Cet appel ne s'adresse pas à nous. Nous réagirons aux actions qui seront engagées contre nous. Mais l'appel ne nous est pas adressé. Et nous n'avons rien à répondre. Tous les jours, ils s'appellent mutuellement à faire quelque chose. Ils sont allés, dans cette logique absurde, jusqu'à la limite de l'irrespect entre leurs propres citoyens. Un tel niveau d'irrespect de l'avis de ses propres citoyens qui prônent l'interaction et la coopération, des intérêts de ses propres citoyens qui souhaitent régler le problème, notamment en faisant appel à la coopération internationale, notamment avec la Russie, d'ignorance des besoins de ses propres habitants: je trouve que c'est déjà la limite. Ils ne peuvent pas aller plus loin. Ils se sont retrouvés coincés dans cette russophobie effrénée. Ils pensent que cela leur permettra d'avancer dans le dialogue avec leurs propres citoyens qui ne cessent pas de demander quand on commencera à les faire sortir de la situation critique, quand ils commenceront à se faire vacciner, quand les problèmes économiques et sociaux commenceront à être réglés. Ils pensent qu'en inventant de nouvelles ruses russophobes ils pourront détourner l'attention des citoyens de leurs propres problèmes existentiels.

Je voudrais une nouvelle fois attirer l'attention sur l'allocution prononcée hier par le Président russe Vladimir Poutine. La partie principale, et même majeure, du discours concernait les questions intérieures, le développement intérieur, comment nous devons vivre, comment surmonter les conséquences de la pandémie, aller de l'avant, se développer, régler nos problèmes, fixer des objectifs et réaliser tout cela. C'est ce qui nous intéresse. Nous ne nous ingérons pas dans leurs affaires intérieures des autres, nous n'avons pas l'intention de donner de leçons. Cela ne nous intéresse pas et nous n'en avons pas besoin. Nous sommes concentrés sur notre propre développement. Bien évidemment, nous ne nous trouvons pas dans le vide. Nous aimons et savons construire des relations amicales et équitables au profit des peuples et des intérêts des peuples de nos pays. Nous le faisons dans le cadre du droit international.

Mais regardez quelle est la position de nos partenaires occidentaux: le minimum sur les problèmes intérieurs, le maximum de morale pour les autres, pour leur apprendre à vivre en faisant appel à des mythes et des fakes interminables concernant une prétendue menace qui les empêcherait de se réaliser à part entière. On entend dire qu'en l'absence de la fameuse "influence" russe qui fatigue tout le monde, de la "main du Kremlin" inventée, ils vivraient beaucoup mieux. Dans ce cas ils posséderaient des vaccins, ils n'auraient pas de problèmes économiques ni migratoires. Il n'y aurait apparemment pas de racisme. Tout irait bien chez eux. Il ne resterait que des choses positives. Mais Moscou les en empêcherait en permanence. Il est devenu impossible pour eux de vivre dans ce paradigme. C'est une impasse idéologique et tout le monde en est parfaitement conscient.

Question: La Russie compte-t-elle ouvrir la frontière avec la Bulgarie à l'approche de la saison touristique estivale?

Réponse: Les décisions pour la reprise de la communication aérienne, l'ouverture des frontières, le changement de régime pour traverser la frontière sont actuellement prises par le Centre opérationnel, suite aux consultations interservices. Évidemment, ce dernier s'oriente avant tout sur la situation épidémiologique aussi bien dans notre pays qu'à l'étranger.

Question: Une précision concernant votre réponse à la dernière décision de la République tchèque d'expulser des diplomates. Votre réaction sera-t-elle symétrique? Et peut-elle signifier l'expulsion de tout le personnel de l'Ambassade?

Réponse: Nous réagirons.

Question: Pourvu que l'aggravation des relations avec certains anciens pays socialistes ne détruise pas nos bonnes relations avec les populations. Est-il possible d'apporter un certain soutien moral à toutes les personnes qui s'opposent absolument aux actions russophobes et soutiennent notre pays?

Réponse: Vous savez, il y a une bonne expression: il faut vivre avec sa conscience. Quand on vit avec sa conscience, même les épreuves les plus difficiles ne vous détruisent pas. Elles vous rendent plus forts ou vous aident simplement à franchir les moments difficiles qui se produisent dans la vie de tout le monde. Il faut vivre avec sa conscience. Je sais bien que ce n'est pas la solution la plus simple. Mais je trouve qu'elle est la bonne. C'est mon conseil si vous me demandiez mon avis personnel.

Je pense que là est justement le soutien et l'appui moral à ceux qui constatent les actions des pays occidentaux - qui frôlent la folie - non seulement pour détruire les relations bilatérales, mais également multilatérales parce qu'on ne peut plus parler seulement de relations bilatérales.

Je suis d'accord à 100% pour dire que la création des relations bilatérales et les nombreux acquis dont sont fiers notamment les pays de l'Occident ont été créés grâce aux relations bilatérales et avec le soutien d'autres pays, y compris la Russie.

Je ne parle pas de la Seconde Guerre mondiale et du rôle joué par notre pays dans la libération de l'Europe de la peste brune, du fascisme. Je ne parle pas de la reconstruction d'un très grand nombre de pays européens et du soutien matériel dans différents secteurs après la guerre. Beaucoup de choses sont liées à notre coopération, au soutien, à la véritable solidarité dans les moments et les périodes difficiles de l'histoire contemporaine: c'est la lutte contre le terrorisme, la coopération sur les vaccins et bien d'autres. La Russie a été le premier pays à créer un vaccin. Nous avons tendu une main de coopération à l'Europe pour interagir, pour échanger les informations, pour travailler ensemble sur le vaccin. C'était là une véritable action humaniste.

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