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24 décembre 202021:46

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 24 décembre 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

Cette semaine n'a pas apporté de nouvelles rassurantes: le nombre de personnes infectées dans le monde continue d'augmenter. Au 24 décembre, on compte déjà plus de 78 millions de personnes, et le nombre de morts a dépassé 1,7 million. La dynamique générale de prolifération de l'infection est telle qu'elle ne permet pas aux gouvernements d'assouplir les restrictions anti-Covid, sachant que certains pays reviennent même aux lockdown sévères pour apaiser la vague de morbidité La vaccination de la population prend de l'ampleur.

A noter l'information rapportée du Royaume-Uni concernant l'apparition d'une nouvelle souche de coronavirus avec une plus grande vitesse de propagation, selon les spécialistes.

Il s'avère que ce pathogène a atteint l'Australie, le Danemark, l'Italie, les Pays-Bas, l'Afrique du Sud et d'autres pays. Cela pourrait indiquer son adaptabilité aux conditions changées. Les virologues ne sont pas encore enclins à attribuer à la nouvelle souche de coronavirus un bien plus grand potentiel de risque. L'OMS s'abstient également d'évaluer le risque de la nouvelle souche et appelle à ne pas tirer de conclusions avant d'obtenir des données scientifiques avérées. Les scientifiques russes ayant reçu les échantillons en question travaillent activement sur leur étude en échangeant les informations avec les collègues étrangers et avec les représentants de l'OMS.

Néanmoins, plus de 50 pays (dont la Chine, le Canada, la Turquie, l'Inde, l'Iran, l'Allemagne et d'autres) ont partiellement ou entièrement suspendu la communication de transport avec le Royaume-Uni. La Fédération de Russie a fait la même chose en imposant à partir de minuit 22 décembre une semaine d'interdiction pour la communication de passagers avec ce pays et en instaurant une quarantaine de 14 jours pour tous les arrivants de ce pays.

Le Ministère russe des Affaires étrangères rappelle aux citoyens russes qu'il est préférable de s'abstenir dans la mesure du possible des voyages à l'étranger jusqu'à la stabilisation de la situation concernant la prolifération de l'infection et à peser minutieusement tous les risques liés aux voyages à l'étranger.

 

Sur l'aide russe accordée à la République d'Ossétie du Sud dans la lutte contre le nouveau coronavirus

 

L'hôpital polyvalent mobile du Ministère russe de la Défense a terminé son travail en Ossétie du Sud, où il se trouvait depuis fin octobre 2020. Au total, les spécialistes russes ont examiné 1.474 habitants locaux. Les laboratoires PCR ont réalisé 2.152 diagnostics. 192 patients ont été hospitalisés (aucun cas mortel n'a été admis). Un tel hôpital militaire russe poursuit son travail en Abkhazie.

Le déploiement rapide de l'hôpital mobile avec le travail de la section de défense radioactive, chimique et biologique des forces armées russes et des spécialistes médicaux envoyés par le Ministère russe de la Santé et Rospotrebnadzor ont été opportuns et un moment clé dans la stabilisation de la situation en Ossétie du Sud dans la lutte contre la Covid-19.

Nous sommes prêts à continuer d'apporter l'aide nécessaire à la République fraternelle pour surmonter le coronavirus.

 

Sur la fourniture au Népal de systèmes de test russes pour diagnostiquer la Covid-19

 

Le 10 décembre 2020, le Népal a reçu gratuitement 50 lots de tests et d'agents réactifs pour 5.000 examens alloués par la Fédération de Russie dans le cadre de la lutte contre la prolifération du coronavirus. Le lendemain, les systèmes de test et les agents réactifs ont été transmis par l'Ambassade de Russie au Ministère de la Santé et de la Population du Népal. Nous sommes prêts à poursuivre la coopération avec Katmandu dans la lutte contre la pandémie.

Ce ne sont que quelques exemples. Le travail est mené, l'aide est apportée. C'est une excellente tradition: dans le cadre d'un problème global les pays s'entraident.

 

Sur la visioconférence de Sergueï Lavrov le 25 décembre avec les participants au programme de la Fondation Gortchakov Dialogue au nom de l'avenir

 

Le 25 décembre 2020, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov organisera une visioconférence avec les participants au programme éducatif et scientifique annuel de la Fondation Gortchakov Dialogue au nom de l'avenir.

En dix ans de réalisation ce projet a reçu à juste titre la réputation d'une plateforme importante contribuant au renforcement de la confiance entre la société russe et étrangère. Le programme inclut un cycle hebdomadaire de conférences, de séminaires et de tables rondes avec la participation de jeunes spécialistes étrangers des relations internationales et de principaux politologues russes, d'experts scientifiques et de personnalités culturelles, de représentants d'organes publics. Selon la tradition établie, une série d'activités est culminée par une rencontre du Ministre avec les participants au Dialogue où en format de discussion libre sont évoquées les questions de l'agenda international.

Cette année, le Dialogue au nom de l'avenir anniversaire se tiendra pour la première fois en ligne et sera assimilée au 75e anniversaire de la Grande Victoire et au 75e anniversaire de l'Onu. Y participeront les délégués de 19 pays de la CEI, d'Europe et d'Asie centrale.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Mevlüt Cavusoglu, Ministre des Affaires étrangères de la Turquie, à Sotchi

 

Le 29 décembre, le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu, à l'invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, se rendra en visite de travail dans notre pays (Sotchi) pour participer à la 8e réunion du Groupe de planification stratégique conjoint (GPSC), agissant dans le cadre du Conseil de coopération de niveau supérieur (CCNS). La 7e réunion précédente du GPSC s'est tenue le 29 mars 2019 à Antalya. Les participants évoqueront un large éventail de problèmes régionaux et internationaux d'actualité. Ils mettront les pendules à l'heure concernant la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en Transcaucasie, en Asie centrale, en Ukraine, en mer Noire. Seront abordées les solutions pour améliorer l'efficacité de l'interaction dans les organisations internationales.

Il est prévu de traiter en détail les questions actuelles liées à la mise en œuvre de la Déclaration trilatérale des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020 sur le Haut-Karabakh. Un accent sera mis sur la minimisation des risques d'éventuels affrontements et l'aide humanitaire aux parties.

Au centre de l'attention sera la mise en place de l'activité du Centre russo-turc conjoint pour contrôler le cessez-le-feu et toutes les activités militaires dans la zone du conflit du Haut-Karabakh.

 

Sur les pourparlers entre les chefs de diplomatie de la Fédération de Russie et de la Libye

 

Le 30 décembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Ministre des Affaires étrangères du Gouvernement d'union nationale de la Libye Mohamed Siala, qui se rendra à Moscou en visite de travail.

Pendant ces pourparlers il est prévu d'échanger les avis sur la situation en Libye et autour, y compris les efforts pour renforcer le cessez-le-feu et faire avancer le processus de paix dans le cadre des décisions de la Conférence de Berlin sur la paix et de la résolution 2510 du Conseil de sécurité des Nations unies en mettant l'accent sur le renforcement du rôle de la Russie pour contribuer au règlement libyen au plus vite. De plus, les deux ministres évoqueront plusieurs questions pratiques relatives au développement des relations bilatérales dans différents secteurs.

 

Sur la déclaration du Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo concernant une menace en Méditerranée émanant de Moscou

 

Nous avons remarqué la déclaration du Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo sur le Moyen-Orient du 15 décembre 2020 avec des remarques critiques concernant la politique de la Russie en Méditerranée. Notre pays y est gratuitement accusé de "semer le chaos" en utilisant différentes méthodes et de propager de la désinformation. Ces accusations sont nombreuses, mais il est impossible de ne pas les commenter. Sans les commenter nous donnerons un prétexte pour penser que tout cela est vrai. C'est pourquoi il va falloir s'arrêter en détail sur toutes ces déclarations.

Pour commencer, nous voudrions rappeler à Mike Pompeo ce qui a initié les événements dramatiques en Libye. C'est les Etats-Unis avec leurs alliés de l'Otan en 2011 qui ont commis une agression armée non dissimulée qui a conduit à la destruction non seulement de l'infrastructure socioéconomique du pays, mais également de la structure étatique de la Libye. Sachant que les Etats-Unis eux-mêmes se distançaient pendant longtemps du règlement de la crise survenue par leur faute.

Alors que la Russie, au contraire, depuis le début du conflit armé entre l'Est et l'Ouest de la Libye est un acteur actif des efforts internationaux pour le régler sur les différentes plateformes multilatérales. Nous communiquons avec toutes les parties libyennes les incitant à cesser le conflit fratricide. Nous rejetons les insinuations que la Russie aurait soutenu l'offensive de l'Armée nationale libyenne contre Tripoli en 2019, car immédiatement après le début de cette opération militaire nous cherchions à persuader les leaders du camp de l'Est de la Libye à revenir à la table des négociations. C'est l'entente sur la nécessité de cesser le feu en Libye conclue au sommet des présidents de la Russie et de la Turquie à Istanbul le 8 janvier 2020 qui a posé les bases pour l'accord de trêve conclu à Genève le 23 octobre.

Les accusations avancées par Mike Pompeo contre les citoyens russes Maxime Chougaleï et Samer Soueïfan récemment libérés d'une coopération avec la société militaire privée (SMP) Wagner sont complètement absurdes. Nos compatriotes sont arrivés légalement à Tripoli en mai 2019 avec l'accord des autorités locales afin de mener des études sociologiques pour les centres scientifiques russes. Puis, ils ont été kidnappés. Seulement après un certain temps il a été possible de déterminer leur détention dans la prison de Miitig. Ils étaient injustement accusés d'espionnage au profit de l'un des belligérants du conflit libyen. Il est évident que les autorités américaines se réfèrent aux "informations" soutirées sous la torture ou d'auto-incrimination.

Concernant les mentions de la SMP Wagner, nous indiquons qu'il n'y a pas de militaires russes en Libye. L'activité de SMP n'est pas prévue par la législation de la Fédération de Russie.

La déclaration du Secrétaire d'Etat parle d'un grand travail des Etats-Unis afin de renforcer le rôle principal de l'Onu dans le processus de paix libyen, avant tout en renforçant la Mission d'appui des Nations unies en Libye (MANUL) agissant depuis 2011. Par la rhétorique Mike Pompeo insinue que la Russie, ainsi que la Chine s'y opposaient.

Mais en regardant les faits, la situation est différente. Depuis plus de neuf mois les Américains cherchaient à se réserver tout le travail de l'Onu sur la Libye. Washington abusant du statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies bloquait la nomination du nouveau chef de la MANUL pour remplacer le Libanais Ghassan Salamé, qui a démissionné en mars 2020. Les Américains ont rejeté sans explications au moins deux candidatures très dignes proposées par le Secrétaire général de l'Onu, qui représentaient le continent africain et étaient soutenues par la grande majorité des membres du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris la Russie. Et même quand mi-septembre, à l'issue de négociations difficiles, le Conseil de sécurité des Nations unies à la proposition des Etats-Unis a décidé de reformater la structure de la direction de la MANUL, les Américains continuaient de faire traîner les choses sous différents prétextes. En même temps, par un "incroyable" concours de circonstances, c'est Stéphanie Williams, citoyenne américaine et ancienne haute responsable du Département d'Etat américain, qui remplit les fonctions de chef de cette mission depuis mars jusqu'à mi-décembre 2020.

Les désinformations permanentes de Washington concernant de prétendues violations par la Russie de l'embargo du Conseil de sécurité des Nations unies sur les armes par rapport à la Libye ne sont pas appuyées par des preuves tangibles. La propagande idéologique n'en a jamais eu besoin. Alors que nous sommes habitués de travailler selon les règles. Nous avons effectivement besoin de faits tangibles qui confirmeraient l'implication de Mohammed al-Kani mentionné par Mike Pompeo dans des activités criminelles présumées. C'est pourquoi nous n'avons pas "bloqué", comme l'a dit le Secrétaire d'Etat, l'adoption de sanctions internationales contre ce citoyen libyen et le groupe qu'il dirige, mais avons pris une pause (mis en attente, selon le vocabulaire de l'Onu), en promettant de revenir à l'examen de ce problème quand les initiateurs de la demande fourniront des preuves tangibles. Mike Pompeo sait mieux que quiconque que parfois les autorités américaines agissent de la même manière dans les comités de sanctions, notamment analysant l'activité des organisations terroristes.

Les accusations de la Russie de "fabriquer de faux dinars libyens" n'ont rien à voir non plus avec la réalité. Les billets mentionnés ont été fabriqués légalement par la compagnie Goznak dans le cadre des contrats signés par le vice-président de la Banque centrale libyenne à Tripoli A. al-Herbi et étaient prévus pour être utilisés sur tout le territoire du pays (pour régler le problème du déficit de la liquidité en Libye afin d'augmenter la demande effective de la population). La circulation des billets devait non seulement contribuer à la stabilisation économique, mais également jouer un rôle unificateur pour l'Etat libyen divisé et dévasté par les efforts des partenaires occidentaux.

En ce qui concerne l'affirmation que "la Russie continue de menacer la stabilité de la Méditerranée en soutenant le régime de Bachar al-Assad, qui a lancé une guerre contre son propre peuple, qui a conduit à la déstabilisation régionale, et en Syrie même à une crise humanitaire et au reflux de la moitié de la population du pays", il faudra rappeler au Secrétaire d'Etat les faits réels.

C'est grâce au rôle déterminant de la Russie que le terrorisme international en Syrie a subi un coup dévastateur, et le pays a évité le sort de la Libye, dont la structure étatique a été détruite par les bombardements illégaux de l'aviation de l'Otan. Nous avons empêché l'effondrement de la Syrie et son absorption par des groupes terroristes internationalement reconnus, notamment Daech et le Front al-Nosra. Ce qui a permis de sauver le Moyen-Orient et la Méditerranée de la propagation de la menace terroriste et de l'instabilité.

A l'heure actuelle, un cessez-le-feu stable est maintenu sur la majeure partie de la Syrie. Nous aidons activement les Syriens à régler leurs tâches actuelles. Cela concerne notamment la promotion du processus de paix, le rétablissement de l'unité nationale, le rétablissement des destructions de l'après-guerre et, enfin, le problème primordial des millions de réfugiés et de déplacés internes. Nous appelons toute la communauté internationale à aider activement la Syrie à régler les problèmes sociaux et économiques sans avancer des conditions politiques.

Malgré l'opposition de Washington et de ses alliés, les 11 et 12 novembre 2020 à Damas s'est déroulée avec la contribution de la Russie la Conférence internationale pour contribuer au retour de réfugiés et de déplacés internes. Nous rappelons à nos opposants que la nécessité de régler le problème des réfugiés est directement mentionnée dans les décisions du Conseil de sécurité des Nations unies, y compris la résolution 2254. Nous partons du principe que le forum de Damas permettra de lancer un processus multilatéral complexe auquel adhéreront aux étapes suivantes d'autres pays intéressés, notamment de la Méditerranée, ainsi que des organisations internationales compétentes.

Quant aux attaques de Mike Pompeo concernant nos relations avec la Grèce et la République de Chypre, nous notons que nous sommes au courant de la pression de représentants américains sur la hiérarchie des églises orthodoxes helladique et chypriote afin de reconnaître les schismatiques ukrainiens. C'est un intérêt étrange pour un Etat laïque qui se trouve à des milliers de kilomètres de l'Ukraine, n'a pas avec elle de liens historiques, spirituels et culturels comme la Russie, et où les orthodoxes représentent seulement près de 2% de la population.

Sachant que Washington déclare publiquement qu'il fixe comme condition pour développer les relations bilatérales avec Athènes et Nicosie la fermeture de la coopération avec la Russie. Nous avons souligné plusieurs fois que le chantage grossier n'avait pas sa place dans le monde civilisé ni dans la politique internationale.

Autre exemple de l'habitude américaine de tordre les bras. Dans sa déclaration Mike Pompeo a rappelé l'expulsion de Grèce en 2018 de diplomates russes pour "avoir sapé" l'accord de Prespa. Aucune preuve de l'activité illégale de représentants russes n'a toujours pas été apportée. Moscou a soutenu les accords entre la Grèce et la Macédoine du Nord pour l'appellation de l'Etat. En même temps, de grossières violations du droit internationale et de la Constitution macédonienne ont été commises sous une très forte pression de pays occidentaux, avant tout des Etats-Unis mus par l'implication au plus vite de Skopje dans l'Otan, et non par l'aspiration à contribuer au règlement du litige bilatéral. Nous exprimions honnêtement et ouvertement notre position.

Enfin, les questions de transparence de l'activité financière et économique doivent préoccuper avant tout le pays où cette activité est exercée. En l'occurrence les autorités doivent obéir à la législation nationale et aux normes internationales, et non aux recommandations extérieures – punir ceux qui ont soi-disant des liens avec des régimes "indésirables".

Les déclarations de Mike Pompeo concernant le blanchiment d'argent par des Russes à Malte sont également privées de preuves. Nous sommes surpris par l'ignorance de la diplomatie américaine concernant les activités menées en Russie visant à lutter contre les pratiques frauduleuses pour le retrait illégal de fonds dans les offshores.

En particulier, le 1er octobre 2020, à l'initiative russe a été signé le Protocole sur les amendements à la Convention entre le gouvernement de la Fédération de Russie et le gouvernement de la République de Malte pour éviter la double imposition et prévenir la fraude fiscale du 24 avril 2013. Le travail russe pour la modification de ces accords (augmenter la taxe sur les dividendes qui sont transférés à l'étranger dans les offshores) a commencé précisément par les pays via lesquels transitent d'importantes ressources d'origine russe.

L'objectif du document consiste à rendre inutile ou à réduire significativement le retrait d'actifs sous la juridiction de la Fédération de Russie, à renforcer la régulation juridique en matière de fiscalisation et à empêcher la fraude fiscale.

 

Sur les déclarations antirusses de Mike Pompeo

 

Le 18 décembre 2020, dans une interview à l'animateur de radio Mark Levin, le Secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a ouvertement déclaré que la Russie était inscrite sur la liste des ennemis américains, que l'arme nucléaire russe représentait une menace "grandiose" pour les Américains, et que derrière une nouvelle cyberattaque contre le gouvernement de Washington se trouverait Moscou. Comme toujours, les accusations ne sont pas appuyées par la moindre preuve.

Il n'y a pas si longtemps, le 14 mai 2019, pendant un discours lors d'une conférence de presse à l'issue de son entretien avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, Mike Pompeo soulignait au nom des Etats-Unis la volonté d'"améliorer les relations entre nos pays". Il affirmait "tout faire" pour prendre des mesures en ce sens. Au lieu de cela nous entendons le chef de la diplomatie du pays prononcer une rhétorique franchement hostile qui ne contribue aucunement à la normalisation du dialogue bilatéral.

Le discours de Mike Pompeo n'a rien ajouté de nouveau à l'éventail devenu traditionnel d'accusations de piratage, de reproches gratuites permanentes visant la Russie. Il reproduit les accusations infondées de comportement russe "irresponsable" dans les cyber-affaires. Ce thème continue d'occuper à Washington une place centrale dans la confrontation politique intérieure pour "alimenter" son propre public.

Dans ce contexte, il est intéressant de noter que le 19 décembre, dans un commentaire sur Twitter, le Président américain sortant Donald Trump a écrit qu'un autre pays aurait pu commettre cette attaque. L'incohérence des positions au sein de l'establishment politique américain est une nouvelle tendance dans le gouvernement américain.

Une question reste sans réponse: pourquoi l'administration sortante, à cause de laquelle les relations russo-américaines traversent une période difficile, continue de les dégrader?

 

Sur les informations concernant une "trace russe" dans le piratage aux Etats-Unis diffusées par les médias libéraux américains

 

La désinformation permanente dans les médias avec des nouvelles "chaudes" sur les prétendus nombreux piratages des établissements publics américains par des hackers agissant dans l'intérêt des autorités russes est devenue une routine politique. L'absence de preuves est compensée par des spéculations sur une "trace russe" dans le piratage aux Etats-Unis.

Nous proposons depuis longtemps aux collègues de mettre un terme aux insinuations mensongères, de cesser d'induire en erreur leurs propres citoyens et la communauté internationale. Cependant, les Etats-Unis évitent une discussion objective sur les questions liées à la garantie de la cybersécurité internationale, montrant ainsi une absence d'arguments réels pour appuyer leurs revendications.

Au lieu de régler les problèmes politiques intérieurs, il est plus pratique pour l'establishment américain d'exagérer l'image d'ennemi extérieur en la personne de la Russie. Il n'est pas exclu, cependant, que le véritable objectif de nouvelles accusations à notre égard consiste à empêcher le nouveau Président américain Joe Biden d'instaurer une coopération avec nous, notamment sur la cybersécurité internationale.

Nous sommes certains que ce scénario ne correspond pas aux intérêts russes ou américains. De notre côté, nous sommes prêts pour un dialogue constructif, professionnel et pragmatique sur la cybersécurité internationale avec tout dirigeant des Etats-Unis. Nous rappelons de nouveau à nos collègues la déclaration du Président russe Vladimir Poutine du 25 septembre 2020 contenant des propositions concrètes pour construire la coopération entre nos pays à ce sujet.

De plus, dans le cadre des accords bilatéraux de 2013, nous avons établi avec Washington des lignes officielles de liaison directe entre les organes compétents, ainsi que des hauts responsables politiques en cas d'incidents informatiques. Egalement, depuis 2018, en Russie fonctionne le Centre national d'incidents informatiques, un organe chargé de la coopération de la Fédération de Russie avec les organes de pays étrangers, des ONG internationales et étrangères qui travaillent dans la réaction aux incidents informatiques. Nous appelons de nouveau les collègues américains à utiliser les canaux officiels d'échange d'informations sur les incidents informatiques, au lieu de lancer des accusations gratuites et politisées.

 

Sur une nouvelle liste noire publiée par le Ministère américain du Commerce

 

Les dernières initiatives du Ministère américain du Commerce pour la modernisation de son régime d'exportation suscitent la confusion et l'indignation, elles consistent à incorporer la notion de "consommateur militaire final" dans la liste de plus de 40 compagnies russes.

Sous prétexte d'une "préoccupation" pour les compagnies commerciales américaines, qui sont soi-disant très inquiètes pour ne pas vendre malencontreusement du matériel sensible "à la mauvaise personne", Washington a engagé une nouvelle démarche hostile contre la Russie, comme si les marchandises pourraient se retrouver dans la sphère de l'industrie de l'armement à cause du "croisement des secteurs civil et militaire" de l'économie russe. Ces actes s'inscrivent clairement dans la ligne générale des Etats-Unis visant à contenir globalement notre pays.

Sachant que des questions logiques se posent pour savoir pourquoi dans la liste de restriction visant à lutter contre les "programmes militaires déstabilisants" russes se trouvent des compagnies purement civiles russes qui travaillent dans la métallurgie, la construction d'équipements, l'énergie et la construction aéronautique civile. Il est évident qu'ainsi l'administration sortante cherche à compliquer au maximum la coopération russo-américaine dans ces domaines et à saper la concurrence saine sur les marchés mondiaux.

A noter que plusieurs entreprises concernées par les restrictions connaissent une longue histoire de coopération mutuellement avantageuse avec les partenaires américains. Il s'avère qu'en ce sens également les autorités américaines créent intentionnellement des obstacles supplémentaires pour l'interaction avec notre pays au détriment notamment des intérêts de leurs propres entreprises. Cela semble étrange, mais c'est leur droit. Entre autres, les Etats-Unis forcent littéralement notre pays à acquérir rapidement une indépendance technologique totale de l'Occident. Cela demande indéniablement du temps et des ressources. Mais il y aura un résultat.

Nous appelons de nouveau les autorités américaines à entendre la voix de la raison et, enfin, à évaluer en adéquation les conséquences de leurs actions destructives pour l'atmosphère politique générale des relations entre nos pays et pour leur composante commerciale et économique.

 

Sur la nouvelle rédaction de la stratégie américaine conjointe des forces navales, du Corps d'infanterie de marine et des Garde-côtes

 

Nous avons remarqué la nouvelle version publiée le 17 décembre 2020 par le Pentagone de la stratégie conjointe des forces navales, du Corps d'infanterie de marine et des Garde-côtes des Etats-Unis décrivant le plan généralisé de leur préparation pour faire face à la Russie et à la Chine, qui sont déterminées comme "les deux plus importantes menaces à l'ère de la paix et de la prospérité mondiales".

Les Américains prétendent que la Russie fait preuve d'"agressivité" en réalisant des programmes planifiés pour créer des armements balistiques et nucléaires, des sous-marins, de l'aviation et des systèmes ABM. Sachant que notre pays se fait attribuer de nouveau l'attachement au concept d'"escalade pour la désescalade", c'est-à-dire l'intention en cas de conflit potentiel d'utiliser l'arme nucléaire afin de stopper les activités militaires à des conditions bénéfiques pour la Russie, ce qui est un grossier mensonge.

Les "stratèges" de Washington sont de plus en plus inquiets que le renforcement des capacités navales russes puisse remettre en question l'avantage des Etats-Unis en mer. De toute évidence, ils n'ont pas entendu parler de principes tels que la "sécurité égale" et la "parité", et s'ils en sont entendu parler, alors ils ont dû mal les comprendre. Au final, l'idée conflictuelle dès le départ de "rivalité des grandes puissances" traverse par un fil rouge tout le document américain.

Au cours de ces dernières années nous avons vu plusieurs fois de tels avis et projets américains concernant la rivalité avec la Russie propagés dans une multitude de documents doctrinaux et budgétaires, dont la rhétorique durcit à chaque fois. De telles "stratégies" sont publiées dans un seul but – tenter de justifier la ligne visant à augmenter les dépenses budgétaires américaines déjà poussées jusqu'à l'absurde, sous le drapeau de l'aspiration à assurer une domination globale de Washington. Cette approche n'a aucune perspective dès le départ. Non seulement elle ne contribue pas à l'objectif déclaré d'utiliser l'océan mondial pour "rapprocher les différentes communautés", ce qui paraît particulièrement cynique dans ce contexte, mais pose également des bases durables pour la hausse de la confrontation militaire en mer, qui risque d'avoir des conséquences dangereuses. Nous pensons que la nouvelle administration américaine devrait y songer sérieusement.

 

Sur la situation autour du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien

 

Cette semaine s'est déroulée en grande partie sous le signe d'efforts pour maintenir et renforcer le Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien. Le 21 décembre 2020 s'est déroulée une visioconférence au niveau des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Plan d'action. Le lendemain, le 22 décembre 2020, au Conseil de sécurité des Nations unies s'est déroulée une discussion sur le rapport du Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres concernant la mise en œuvre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Des commentaires et des informations sur ces activités ont été publiés sur le site du Ministère des Affaires étrangères, ainsi que sur le site de la Représentation permanente de la Russie à New York. Ils décrivent clairement tous les principaux aspects de la position russe sur cette question qui non seulement reste d'actualité, mais qui devient également plus grave et significative.

Les résultats de la réunion ministérielle sur le Plan d'action et la réunion du Conseil de sécurité montrent clairement que les tentatives de faire échouer l'accord nucléaire, d'empêcher sa mise en œuvre, de remettre en question la légalité de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies ont complètement échoué. Malgré tous les efforts de nos collègues américains, ils n'ont pas réussi à rembobiner le temps et à relancer les résolutions de sanctions qui étaient en vigueur avant la signature du Plan d'action. L'accord nucléaire n'a pas pu être reformaté. Il est en vigueur et sera réalisé successivement. Tout comme la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies reste en vigueur sous sa forme validée par consensus le 20 juillet 2015. Tous les Etats, y compris les Etats-Unis, doivent remplir cette résolution sans conditions ni "mais", conformément à l'article 25 de la Charte de l'Onu.

Une voie longue et sinueuse attend le Plan d'action sur le nucléaire iranien. Les Etats-Unis devront remédier à toutes les violations qu'ils ont commises du Plan d'action et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, rétablir l'équilibre minutieux des intérêts sur lesquels s'appuyaient les accords généraux et, au final, contribuer ainsi au retour de Téhéran au respect à part entière des termes du Plan d'action, qui ont été suspendus par l'Iran en réponse à l'activité subversive de Washington et à ses sanctions anti-iraniennes. Nous partons du principe que le retour des Etats-Unis dans le Plan d'action ne doit pas être soumis à des conditions supplémentaires ou des exigences préalables.

Nous comptons sur un progrès en ce sens. Nous notons la disposition régulièrement réaffirmée du gouvernement iranien à agir de cette manière précise. La volonté politique et l'espace pour les efforts collectifs afin de réaliser progressivement les accords de 2015 sont présents.

 

Sur la décision du Tribunal arbitral du sport pour interdire aux sportifs russes de se présenter sous le drapeau national aux compétitions internationales

 

Vous le savez, le 17 décembre, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a décrété des sanctions contre le sport russe. Nos sports sont privés pendant deux ans du droit de participer aux championnats, aux Olympiades et aux Paralympiades sous le drapeau national. L'hymne russe est également banni durant les compétitions pour la durée des sanctions.

Nous regrettons cette décision du tribunal. Nous pensons que le tribunal n'a pas tenu compte à part entière des arguments russes.

La Russie prône continuellement le développement de la coopération sportive internationale, un sport juste et honnête excluant toute politisation. Nous condamnons fermement la prise de produits illicites par les sportifs, cependant nous trouvons inadmissible une approche partiale, l'imposition du principe de responsabilité collective pour les infractions de quelques individus. La Fédération de Russie prône une large coopération internationale dans la lutte contre le dopage dans le sport.

 

Sur l'implication de SMP en Afghanistan dans des crimes contre la population civile

 

Nous avons remarqué le rapport de la revue en ligne américaine The Intercept sur les crimes contre la population civile afghane commis par des sociétés militaires privées (SMP) agissant dans ce pays sous couvert des renseignements américains.

Selon les informations rendues publiques, en 2018-2019, ces groupes (dont les effectifs avoisinent 20.000-25.000 hommes, selon les experts) étaient impliqués dans des assassinats, des kidnappings et des tortures de civils afghans. Cette activité a conduit à la mort d'au moins 50 personnes. Plusieurs attaques de telles unités visaient des écoles religieuses, faisant des morts parmi les enfants.

Nous pensons que les activités criminelles des mercenaires envers la population civile de l'Iran doivent faire l'objet d'une enquête. Les coupables doivent subir un châtiment sévère.

Compte tenu de la ligne proclamée par Donald Trump visant à réduire la présence militaire américaine en Afghanistan, une question se pose forcément concernant les intentions américaines quant au sort de ces SMP.

 

Sur le soutien de l'activité de l'organisation pseudo-humanitaire Casques blancs en Syrie par l'Allemagne

 

Le Ministère des Affaires étrangères allemand, rejetant définitivement toute gêne et hésitation, joue avec de plus en plus d'inspiration le rôle de principal propagandiste et sponsor de la fameuse organisation Casques blancs, qu'il cherche à faire passer pour un modèle de "service humanitaire héroïque" et un "symbole de l'espoir" pour la population civile syrienne. C'est avec une telle emphase que l'activité des Casques blancs est décrite dans un article spécial publié par le ministère des Affaires étrangères du pays sur son site officiel. Nos collègues allemands ne lésinent pas sur la peinture pour présenter les activistes de cette ONG comme des "chevaliers sans peur et sans  reproche". Selon Berlin, ils se battent "en première ligne du front" en Syrie et remplissent un grand nombre de tâches décisives, allant du sauvetage des blessés et d'aide urgente pour les blessés dans les régions d'activités militaires jusqu'à l'extinction d'incendies et la prévention anti-Covid au sein de la population civile.

D'après l'article mentionné, pour tous ces nobles objectifs le Ministère des Affaires étrangères allemand a alloué aux Casques blancs en 2020 une somme imposante de 5,1 millions d'euros. Il reste flou, notamment pour le public allemand, quelle partie de ces fonds budgétaire a servi à alimenter la coopération des pseudo-humanitaires avec les groupes terroristes djihadistes agissant dans le Nord-Est de la Syrie tels que Hayat Tahrir al-Cham et d'autres. Est-ce que cette somme inclut les dépenses pour le transfert solennel organisé par Berlin de Jordanie en Allemagne de l'un des chefs des Casques blancs Khalid al-Saleh? Selon les renseignements, il est directement lié au groupes terroristes, comme nous en avons parlé en détail pendant les conférences de presse antérieures.

Après tout, il est possible de se perdre dans la comptabilité du sponsorat allemand des Casques blancs où il semble de plus en plus difficile de tirer un trait entre les dépenses pour le soutien des tâches humanitaires et l'aide aux terroristes glorifiés aussi effrontément par Berlin.

 

Sur la mission d'évaluation de l'Onu pour le Haut-Karabakh

 

Selon les informations rapportées, la direction de l'Onu a décidé d'envoyer une mission d'évaluation globale dans la zone de conflit du Haut-Karabakh. Y est prévue la participation de représentants d'agences humanitaires compétentes pour se familiariser avec la situation sur le terrain et évaluer les besoins des personnes en difficulté.

A l'heure actuelle se poursuit la préparation et la mise au point des paramètres de cette mission d'évaluation. De notre côté, nous jugeons utile et nécessaire d'intensifier la contribution humanitaire pour toutes les victimes au niveau des organisations internationales compétentes en coordination avec les parties. Les ministères et départements russes ont engagé ce travail immédiatement après l'adoption de la Déclaration trilatérale des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020, grâce à laquelle les activités militaires ont été stoppées.

 

Sur la Déclaration du Comité du Deuxième protocole relatif à la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de 1954

 

Nous saluons la Déclaration du Comité du Deuxième protocole relatif à la Convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé de 1954 afin de garantir la protection des biens culturels au Haut-Karabakh, ainsi que la disposition à envoyer dans la région une mission technique indépendante de l'Unesco.

Nous trouvons important l'appel exprimé dans la Déclaration à poursuivre le travail avec les pays membres et d'autres parties intéressées afin de créer les conditions nécessaires pour son travail.

Nous partons du principe que la mission humanitaire de l'Unesco préparée en coopération avec des ONG internationales partenaires de cette structure pourrait apporter un avis objectif sur l'état des biens culturels du patrimoine diversifié de la région du Haut-Karabakh.

 

Sur la libération d'écoliers au Nord-Ouest du Nigeria

 

Nous avons suivi avec profonde inquiétude l'évolution de la situation relative au kidnapping le 12 décembre 2020 par des inconnus de 344 élèves d'un lycée pour garçons dans la ville de Kankara au Nord-Ouest du Nigeria. Et nos espoirs d'une fin heureuse dans cette histoire tragique se sont réalisés: le 18 décembre 2020, les autorités nigérianes ont annoncé la libération de tous les otages.

Le Ministère russe des Affaires étrangères tient en haute estime le professionnalisme et la rapidité des forces de l'ordre nigérianes, qui ont réussi dans le plus brefs délais à libérer les enfants capturés et surtout à préserver leur vie. Nous sommes certains que le gouvernement nigérian et ses forces de l'ordre feront tout pour traduire en justice les coupables de l'attaque criminelle contre le lycée et pour empêcher que de tels crimes se reproduisent.

 

Sur la situation actuelle en Centrafrique

 

La situation en Centrafrique reste compliquée. Le contingent de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) conjointement avec les unités de l'armée centrafricaine contre les attaques de groupes armés illégaux, qui tentent d'avancer vers la capitale de Bangui de différentes directions. On rapporte la libération de plusieurs communes capturées plus tôt par des rebelles. Le contrôle a été rétabli sur les villes de Bossembélé, de Yaaloké et de Boda, où la veille se déroulaient des combats contre des combattants qui soutiennent l'ancien président centrafricain François Bozizé et de trous groupes armés - 3R, МРС et Anti-Balaka. Le 22 décembre 2020 a été défendue la ville de Bambari ayant une importance clé pour protéger la capitale centrafricaine depuis l'Est.

L'objectif principal des forces gouvernementales et de maintien de la paix opposées aux groupes armés illégaux consiste à empêcher le blocage des grands axes de transport reliant le centre du pays aux régions, à garantir la sécurité des villes et des communes, notamment compte tenu des tâches dictées par la préparation pour les élections générales prévues pour le 27 décembre.

 

Sur le procès d'appel sur l'affaire des événements du 13 janvier 1991

 

En novembre 2020, à Vilnius s'est terminé le procès de la Cour d'appel de Lituanie sur l'affaire des événements tragiques du 13 janvier 1991 dans cette ville. 59 des 67 condamnés, ainsi que des victimes et des procureurs ont fait appel. Le verdict sera prononcé le 15 mars 2021. Compte tenu de la soumission du système judiciaire lituanien au sommet dirigeant, il ne faut pas non plus compter sur un verdict juste.

La position russe à cet égard est bien connue. Nous considérons ce honteux procès organisé par Vilnius comme une continuité de sa ligne vicieuse visant à falsifier l'histoire et à régler des comptes historiques avec la Russie.

La poursuite de Iouri Mel, de Guennadi Ivanov et d'autres militaires soviétiques se déroule contrairement aux normes du droit international en matière des droits de l'homme. Les crimes dont ils sont accusés étaient absents dans la législation soviétique et lituanienne jusqu'en 2000, ce qui est contraire au principe fondamental de "pas de châtiment sans crime" et à l'inadmissibilité de rendre une loi pénale rétroactive.

Nous continuons d'apporter aux Russes victimes de l'arbitraire judiciaire en Lituanie tout le soutien nécessaire. Nous suivons en particulier la situation du colonel de réserve Iouri Mel, arrêté en 2014 et condamné après plusieurs années de détention pour de prétendus "crimes de guerre et contre l'humanité". Les diplomates de notre Ambassade en Lituanie rendent régulièrement visite au Russe, lui apportent l'aide juridique nécessaire, y compris la présence aux audiences, suivent attentivement son état de santé. Ils soulèvent la question relative à l'amélioration des conditions de sa détention auprès de la direction des établissements pénitentiaires, des ministères de la Justice et des Affaires étrangères de la Lituanie.

A l'heure actuelle, le Comité d'enquête russe poursuit l'enquête pénale sur la condamnation et le verdict sciemment injuste visant des citoyens russes concernant les événements de Vilnius en janvier 1991. De ce fait, les juges lituaniens sont poursuivis par contumace dans le cadre de l'article 305 chapitre 2 du Code pénal de la Fédération de Russie. L'enquête a pris les mesures nécessaires pour délivrer un mandat international contre ces représentants du tribunal lituanien.

 

Sur la constitution d'un nouveau gouvernement de la République du Yémen

 

Le 18 décembre 2020 a été annoncée la constitution d'un nouveau gouvernement de la République du Yémen, où pour la première fois une grande partie de portefeuilles ministériels a été obtenue par les représentants des régions du Sud du pays. La décision de cette composition du nouveau cabinet a résulté des négociations des autorités yéménites officielles et de la direction du Conseil de transition du Sud, qui se sont déroulées à Riyad avec une médiation saoudienne. Selon les informations rapportées, la signature du décret en question par le Président du Yémen était précédée par le retrait réciproque des troupes de la ligne de contact dans la province d'Abyan et l'évacuation d'unités du Conseil de transition du Sud de la capitale du Sud yéménite d'Aden.

Moscou salue ces accords. Nous voudrions noter en particulier le rôle de l'Arabie saoudite, ainsi que des Emirats arabes unis qui ont significativement contribué à ces ententes et à leur réalisation.

Nous partons du principe que des pas importants ont été faits vers la réalisation pratique de l'accord de Riyad du 5 novembre 2019 sur la normalisation de la situation dans le Sud du Yémen. Nous espérons que les mesures mentionnées feront augmenter le niveau de la sécurité sociale, permettront de se concentrer sur le règlement de graves problèmes socioéconomiques et humanitaires de cette région du Yémen. Nous prônons également la réalisation au plus vite des termes du document de Riyad concernant le début des négociations de la délégation unifiée des autorités yéménites officielles et du Conseil de transition du Sud avec la direction du mouvement Houthis Ansar Allah sur la future structure politique du Yémen.

En même temps, nous réaffirmons notre position de principe pour faire cesser toutes les activités militaires au Yémen. Nous appelons tous les belligérants à s'abstenir des attaques qui pourraient porter atteinte aux civils et à l'infrastructure civile. Nous sommes convaincus que le règlement de nombreuses contradictions accumulées au Yémen, y compris la question relative à sa structure étatique territoriale, est possible uniquement à travers un dialogue inclusif en tenant compte des intérêts légitimes de toutes les principales forces politiques du pays.

Dans le cadre des contacts réguliers avec les parties impliquées et intéressées nous continuerons de contribuer pleinement à la réalisation des objectifs indiqués.

 

Sur les plans du régulateur médiatique letton de restreindre la diffusion de la chaîne Rossiya RTR

 

Nous ne pouvons pas passer à côté de la déclaration d’Ivars Abolins chef du Conseil national letton pour les médias électroniques du 17 décembre 2020 que pas plus tard qu'en janvier 2021 devrait être émise la décision de restreindre la diffusion de la chaîne Rossiya RTR sur le territoire de la République lettone.

D'après lui, une procédure a été lancée à cet égard encore en juillet 2020 compte tenu des signes d'"incitation à la haine" en Ukraine attribués à la chaîne.

Nous le considérons comme un nouveau cas de négligence des droits des minorités nationales qui vivent en Lettonie et de violation des principes de liberté d'expression et de pluralisme des médias. Les réclamations fictives envers le contenu des émissions russes ne sont qu'un prétexte. Le véritable objectif tel que nous le voyons: le maintien de la ligne visant à éradiquer toute dissidence dans le cadre de laquelle les médias russes et russophones sont évincés du champ médiatique du pays.

Nous continuerons de soulever ces questions problématiques sur les plateformes internationales. Nous espérons que les principes de véritable démocratie prendront le dessus et les autorités lettones subiront les sanctions dues.

Nous constatons avec regret que les autorités russes devront examiner la possibilité de prendre des contremesures compte tenu des démarches de plus en plus hostiles des autorités lettones contre les médias russes.

 

Sur le séminaire Russie-Conseil de l'Europe sur les résultats et les leçons de la Seconde Guerre mondiale

 

Du 14 au 18 décembre 2020 s'est déroulé en visioconférence le séminaire international pour la jeunesse "La mémoire et les leçons de la Seconde Guerre mondiale" consacré au 75e anniversaire de la Victoire contre le nazisme et au 70e anniversaire de la Convention européenne des droits de l'homme. Les organisateurs de cet événement, qui se tient depuis 2014 dans le cadre du Programme de coopération entre la Fédération de Russie et le Conseil de l'Europe en matière de politique de jeunesse, sont le Ministère de la Science et de l'Enseignement supérieur de la Fédération de Russie, le Conseil national des associations de jeunesse et d'enfants de Russie, et le Service de jeunesse du Conseil de l'Europe. Ces séminaires suscitent d'année en année un écho intéressé chez les participants, permettent de souligner l'importance de la préservation de la mémoire historique et de sa transmission aux nouvelles générations, contribuent à faire grandir l'intérêt de la jeunesse européenne pour l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, à prendre conscience de l'importance de ses résultats pour la mise en place d'un ordre mondial basé sur le droit international.

Cette fois, devant leurs écrans se sont réunis des spécialistes du travail avec les jeunes, ainsi que de jeunes diplomates, politiques et scientifiques de 21 pays. Parmi les orateurs: l'académicien Alexandre Tchoubarian, responsable scientifique de l'Institut d'histoire générale affilié à l'Académie des sciences de Russie, le président de la direction de la Société d'histoire russe Konstantin Moguilevski, ainsi que des représentants des Secrétariats du Conseil de l'Europe et de l'Unesco.

Côté russe, un accent a été mis sur l'inadmissibilité de falsifier le passé et de revoir les décisions du tribunal de Nuremberg. D'autre part a été souligné le rôle décisif de l'URSS pour débarrasser le monde de la peste brune. Cet événement a montré que malgré l'aspiration bien connue de plusieurs pays de l'UE de déformer l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, le dialogue sur ce thème peut être honnête et productif. Il est réjouissant qu'en Europe contemporaine le ton n'est pas seulement donné par ceux qui glorifient les complices nazis et détruisent les monuments aux guerriers libérateurs. Il est important que l'Organisation de Strasbourg, fondée sur les ruines de la guerre, se souvienne que les valeurs et les principes sur lesquels elle s'appuie ont été durement acquis et conquis au prix de millions de vies, et que sans l'exploit du soldat soviétique nous ne célébrerions pas cette année le 70e anniversaire de la Convention européenne des droits de l'homme.

 

Sur le révisionnisme historique en Lituanie

 

Malheureusement, Vilnius poursuit ses efforts pour réécrire l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. En témoigne notamment la conférence du 15 décembre 2020 au titre résonnant: "La lutte du peuple lituanien pour l’État et la vérité historique: Pacte Molotov-Ribbentrop 1939-1989-2020", qui s'est tenue sous l'égide du Président lituanien.

Malheureusement, une discussion scientifique objective n'a pas été possible: l'événement avait une tonalité politisée dès le départ. De nouveau ont été exprimées comme un axiome des affirmations sur la prétendue "occupation soviétique", ainsi que des thèses inadmissibles sur une "responsabilité égale de l'Allemagne nazie et de l'URSS pour le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale".

Les tentatives de tracer un lieu de cause à effet entre la signature du pacte germano-soviétique de non-agression du 23 août 1939 et l'adhésion de la Lituanie à l'Union soviétique qui a eu lieu pendant l'été 1940 est une déformation intentionnelle des faits et une ignorance du contexte historique. Ces déformations ont été nombreuses durant cette conférence. Nous publierons un texte spécial à ce sujet. Je souligne de nouveau que mettre sur le même plan l'Union soviétique et le Troisième Reich est un blasphème envers la centaine de milliers de soldats de l'Armée rouge qui ont donné leur vie pour libérer la Lituanie du nazisme.

Nous comprenons parfaitement pourquoi les autorités lituaniennes, par le biais de telles activités pseudo-scientifiques, inculquent dans la conscience de leurs citoyens le mythe d'une prétendue "occupation soviétique". C'est pourquoi le leitmotiv de la conférence était la spéculation sur le thème du préjudice que la Fédération de Russie devrait soi-disant rembourser à la Lituanie.

Les réécritures de l'histoire ne mèneront à rien de bon. Le monde a connu cela plusieurs fois. Malheureusement, certains n'ont rien appris de l'histoire mondiale.

 

Sur la réception, par le Musée historique et archéologique de Temriouk, de biens culturels rendus par le Musée de Salzbourg

 

Le 25 décembre, au Musée historique et archéologique de Temriouk, se tiendra une cérémonie solennelle de réception, de retour à leur place légitime, "à la maison", de biens (amphores et bas-reliefs antiques) volés pendant la Grande Guerre patriotique par les nazis et rendus volontairement par l'Autriche à la Russie.

Nous avons déjà parlé du Musée de Salzbourg en novembre dernier, dont la direction mène un travail systémique pour restituer les biens déplacés qui se sont retrouvés dans sa collection. Nous tenons en grande estime une telle approche. Selon nous, c'est un exemple encourageant de rétablissement de la justice, de suppression des crimes de la sphère du patrimoine, de remise en ordre des choses.

Avant la guerre, les historiens et les passionnés du musée de Temriouk avaient mené des recherches et des fouilles, créé une collection très intéressante de découvertes archéologiques retrouvées à Taman. Mais la guerre et l'occupation sont arrivées. Le musée, tout comme des milliers d'autres sites à travers notre pays, a été pillé sans pitié, de manière barbare. Malheureusement, une partie de la collection est perdue à tout jamais.

Nous remercions les autorités autrichiennes pour ce geste de bonne volonté. Nous sommes certains que ces biens rendus deviendront un autre fil reliant nos peuples par l'amitié et la sincère bienveillance. Le musée, ainsi que Temriouk, seront toujours ravis de recevoir les visiteurs d'Autriche et d'autres pays qui seront intéressés par la nouvelle "ancienne" exposition.

 

Sur le "Forum international de diplomatie religieuse: les religions et les défis de la nouvelle décennie" organisé en Grèce en visioconférence

 

Notre attention a été attirée par le "Forum international en ligne de diplomatie religieuse: les religions et les défis de la nouvelle décennie" organisé en Grèce par la rédaction du magazine Foreign Office à Athènes.

Bien que le thème de cet événement touche directement à nos intérêts, aucun représentant russe n'a été invité. Ce qui peut s'expliquer étant donné que le leitmotiv du forum (et de toute évidence son objectif) était la formulation de reproches absurdes envers la Russie, qui saperait soi-disant l'unité du monde orthodoxe, s'ingérerait dans les affaires intérieures de pays orthodoxes. De telles affirmations semblent particulièrement cyniques en provenance des collègues américains, fameux "défenseurs de l'orthodoxie" qui, sans surprise, ont revendiqué le rôle de principal organisateur de ce forum en ligne.

Nous sommes consternés par l'obstination avec laquelle les États-Unis cherchent à inculquer aux alliés leurs propres interprétations politisées de la scission dans l'orthodoxie ukrainienne - qu'ils ont eux-mêmes inspirée en grande partie -, à écarter la Russie de ce thème comme si les liens culturels et spirituels séculaires entre les Russes et les Ukrainiens, quasiment de parentalité, n'existaient pas. Il est regrettable que les régionaux fassent activement le jeu des Américains, qui semblent être davantage préoccupés par leurs intérêts conjoncturels que par la protection de la véritable orthodoxie - qui elle est loin des litiges sur la primauté hiérarchique.

Et surtout, de nouveau, l'histoire souffre, qui est réécrite, remaniée, bafouée.

 

Sur l'événement commémoratif en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à l'occasion du 60e anniversaire de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux

 

Le 17 décembre 2020, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, la Russie a organisé avec le Vietnam et l'Afrique du Sud une commémoration virtuelle du 60e anniversaire de la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux du 14 décembre 1960.

Cette initiative a suscité un vif intérêt des États membres, ce dont témoigne le grand nombre de participants à la réunion: plus de 80 délégations. Pratiquement tous les représentants des pays occidentaux ont ignoré cet événement. Cette circonstance n'est pas très surprenante compte tenu de la réticence de ce groupe de pays à reconnaître les crimes du passé colonial et à renoncer aux aspirations néocoloniales.

Le leitmotiv de la plupart des discours était la nécessité de terminer au plus vite le processus de décolonisation conformément au principe d'auto-détermination des peuples fixé dans la Charte de l'Onu. Les délégations sont d'accord concernant le rôle primordial du Comité spécial de l'Assemblée générale des Nations unies dans les efforts internationaux en ce sens.

De notre côté, nous avons souligné la contribution clé de notre pays à la préparation et à l'adoption de la Déclaration, ainsi qu'à l'acquisition de leur indépendance par les peuples coloniaux. Une nouvelle fois, nous avons appelé les partenaires occidentaux à cesser d'utiliser les instruments néocoloniaux, y compris les sanctions unilatérales, les guerres commerciales et la politique de "changement de régimes".

Cette activité a permis d'attirer l'attention internationale sur la pertinence du thème de la décolonisation, ainsi que d'aborder les mesures concrètes pour lutter contre les vestiges du colonialisme. Pendant la réunion s'est manifestée la consonance des approches de la partie constructive de la communauté internationale vis-à-vis de ce problème d'actualité.

En tant qu’État fondateur de l'Onu et combattant cohérent pour la primauté du droit international et de la justice, la Russie continuera d'apporter tout son soutien à l'achèvement du processus de décolonisation, notamment dans le cadre du Comité spécial. Nous appelons tous les pays qui ne sont pas indifférents à se joindre à ces efforts.

 

Sur la publication de l'album "Nous n'abandonnons pas les nôtres"

 

Voici un autre thème important pour nous. Vous vous souvenez, pendant presque six mois nous avons commencé nos conférences de presse non seulement par le coronavirus, mais également par un thème devenu un défi inattendu pour nous. Quand je dis "nous", il ne s'agit pas seulement du Ministère des Affaires étrangères mais également de toutes les institutions de notre pays, des citoyens de notre pays. Vous vous souvenez comment nous tous, le gouvernement, le Centre opérationnel pour prévenir l'entrée et la prolifération du nouveau coronavirus sur le territoire de la Fédération de Russie, les associations et le délégué aux droits de l'homme, avons contribué au rapatriement des compatriotes - et pas seulement des citoyens russes coincés à l'étranger.

Je voudrais remercier en particulier aujourd'hui l'agence de presse TASS pour la publication du livre spécial intitulé "Nous n'abandonnons pas les nôtres". Il parle de la campagne sans précédent pour rapatrier les Russes bloqués à l'étranger à cause du confinement et de la crise de transport.

"Nous n'abandonnons pas les nôtres": ce n'est pas une simple figure de style. Ces mots désignent le travail titanesque qui a nécessité un dévouement total de tous les participants à cette campagne. C'est au travail des représentations diplomatiques russes, qui étaient "en première ligne", que les journalistes de TASS ont consacré ce livre. Il inclut les histoires de retour des Russes de 53 pays d'Europe, d'Asie, d'Afrique, d'Amérique du Nord et du Sud, leurs souvenirs, les récits des Ambassadeurs et des Consuls généraux sur la mise en place "de zéro" du travail, étant donné que le monde n'avait encore jamais connu une telle épreuve.

Le plus intéressant est que le livre est vraiment vivant dans tous les sens du terme. Il est interactif. Grâce à l'application GlazzAR, les histoires prennent vie dans les reportages des médias, dans les déclarations. Le livre est également consultable en format numérique sur le site officiel du Ministère des Affaires étrangères.

 

Réponses aux questions:

Question: Permettez-moi de vous souhaiter, au nom des correspondants étrangers accrédités auprès du Ministère russe des Affaires étrangères, un joyeux anniversaire. Nous vous souhaitons de rester toujours productive, pleine d'initiative et multidimensionnelle. Je profite de l'occasion pour vous souhaiter également de bonnes fêtes de fin d'année.

Le monde, qui a souffert de tensions ces dernières années, regarde avec espoir l'année à venir. Selon vous, que faut-il faire pour améliorer la situation internationale, notamment en sachant que la Russie et les États-Unis sont "condamnés" à l'entente parce qu'il ne peut ni ne doit pas exister d'autres options?

Réponse: Merci pour vos mots chaleureux.

En répondant à votre question je voudrais noter que des milliers, voire des millions de gens planchent sur ce problème. Comment faire en sorte que le monde en transformation ne dégringole pas jusqu'aux conséquences catastrophiques, mais prenne une nouvelle forme permettant d'éviter des troubles globaux dans les affaires internationales?

Compte tenu de l'ampleur de la question, la réponse prendrait plusieurs heures. Brièvement, il y a quelques points clés. C'est une approche honnête et responsable de tous les acteurs internationaux de leur politique sur la scène internationale. Bien évidemment, la défense des intérêts nationaux est toujours une tâche prioritaire des dirigeants de pays et d’États. Sachant qu'ils ne doivent pas être contraires au droit international, créer intentionnellement des situations qui détérioreraient la position d'autres acteurs. Il ne s'agit pas seulement de frontières et de noms de pays dessinés sur une carte, mais aussi de peuples. C'est pourquoi l'importance réside dans une approche honnête et responsable, dans la gentillesse, l'attention et l'amour qui doivent remplir même les décisions les plus sérieuses prises par les représentants politiques mondiaux.

Question: Joyeux anniversaire. Merci de communiquer ce jour-là avec les journalistes. Nous vous souhaitons une bonne santé, de la paix et des jours meilleurs.

La guerre du Haut-Karabakh et l'établissement de la paix entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie avec la médiation de la Russie font partie des trois plus importants événements de 2020, selon les Russes (selon un sondage du VTsIOM). Ils ont qualifié le processus de paix du Karabakh comme l'une des principales victoires de l'année pour le pays. Dans une interview, on vous a demandé ce que vous feriez si vous aviez une baguette magique. Vous avez répondu qu'hormis la paix dans le monde entier et la santé pour tous, ce serait le règlement du conflit du Haut-Karabakh. Cela s'est accompli grâce à la Russie, qui est devenue, dans une certaine mesure, une "baguette magique". Désigneriez-vous, comme la majorité des Russes, le processus de paix du Haut-Karabakh comme le principal exploit diplomatique de la Russie cette année? Que pourriez-vous souhaiter à l'Azerbaïdjan, à l'Arménie et à leur population pour l'année prochaine?

Réponse: Je ne vais pas donner un avis global sur les exploits de la Russie en politique étrangère étant donné qu'en janvier est prévue une conférence de presse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. C'est un événement traditionnel, pour faire le bilan. Le Ministre exprimera son avis sur les actions et les efforts internationaux, les actions de la Russie en politique étrangère dont parlaient tant les médias. Sergueï Lavrov fera le bilan global.

Je peux dire ce que nous avons répété à plusieurs reprises: c'est l'un des plus importants événements dans le contexte régional, mais aussi mondial.

En effet, je trouve que cet événement fait partie des plus importants exploits. Le rôle de la Russie est flagrant. Le monde reconnaît déjà la contribution de notre pays.

Entre les miracles et la réalité il existe un segment très important: le travail. C'est lui, avec la patience, la responsabilité, la gentillesse et l'amour (je me permets un peu de lyrisme avant les fêtes de fin d'année) qui garantissent que les miracles se réaliseront.

Derrière la Déclaration épique des trois dirigeants du 9 novembre 2020 se trouve un travail colossal, et sa réalisation est liée à de grands efforts. Un très grand nombre de choses doit être fait directement sur le terrain - ce que font nos casques bleus - et sur le plan politique - ce que font nos diplomates et organisations internationales. Un grand travail complexe reste à venir. Jugez par vous-mêmes si c'est un miracle ou le résultat d'efforts. J'ai exprimé mon point de vue.

En ce qui concerne les vœux, avant tout, c'est la paix. Je sais une chose: beaucoup de choses sont possibles avec la paix. Pas tout, mais beaucoup de choses. Je souhaite de tout cœur la paix à l'Arménie et à l'Azerbaïdjan.

Question: Les autorités russes, au fond, n'ont toujours pas commenté l'empoisonnement d'Alexeï Navalny. Pendant sa conférence de presse, le Président russe Vladimir Poutine a qualifié l'investigation journalistique sur son empoisonnement de "légalisation du travail des renseignements américains", mais n'a pas répondu sur le fond. Pouvez-vous dire: le FSB est-il, oui ou non, impliqué dans l'empoisonnement de Navalny?

Réponse: Merci pour la confiance. Je vais vous décevoir: il n'y aura pas de scoop. Le Président russe Vladimir Poutine, les représentants des autorités compétentes, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et nos représentants au sein des organisations internationales ont plusieurs fois répondu non à cette question. Si cela ne vous suffit pas et que  vous continuez de faire semblant de ne pas comprendre en posant la question directement, oui ou non, je peux vous satisfaire: la réponse est non.

Je répète ce que beaucoup entendent mais refusent d'accepter. Depuis des années nous assistons à des provocations autour de l'usage de l'arme chimique dans le monde - les Skripal, Amesbury, la Syrie et maintenant Navalny - derrière lesquelles se trouvent les renseignements occidentaux.

L'objectif, malgré les variations, reste le même: utiliser le thème de l'arme chimique comme prétexte pour prononcer des verdicts sans autre forme de procès, puis appliquer des sanctions.

Question: Bon anniversaire et bonne année!

Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré que Washington avait décidé de décréter des sanctions contre la Turquie pour l'achat de systèmes antiaériens russes S-400, afin de priver Moscou de revenus. Que pense le Ministère des Affaires étrangères de cette réaction des États-Unis par les sanctions à la coopération militaro-technique entre la Russie et la Turquie?

Réponse: J'ai accordé aujourd'hui tellement de temps et d'attention aux initiatives de sanctions du Département d’État américain que je ne voudrais pas y revenir. Tout ce que j'ai dit avant cela reste d'actualité pour répondre à votre question.

Question: Je me joins à tous les vœux. Je voudrais vous souhaiter de nouveaux exploits et acquis. Aujourd'hui, malheureusement, beaucoup de choses négatives se passent dans le monde. Nous espérons que l'an prochain nous entendrons de vous des nouvelles positives sur la Russie et sur les affaires internationales.

Actuellement, sur les sites officiels, notamment du gouvernement de Moscou, sont énumérés des métiers et des organisations qui peuvent prétendre à une vaccination prioritaire. Il est dit notamment que les journalistes pourront se vacciner. Nous voulons vous demander si cela s'applique aux journalistes accrédités auprès du Ministère russe des Affaires étrangères?

Réponse: Je vais me renseigner. Nous ferons en sorte que tous les correspondants étrangers soient informés du règlement en question. Nous relaierons l'information, notamment via l'Association des correspondants étrangers.

***

Étant donné que c'est la dernière conférence de presse cette année, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année! Santé et bien-être à vous et à vos proches, à vos amis.

Je voudrais offrir à tout le monde une baguette magique pour diminuer le nombre d'épreuves. Ce n'est pas réaliste. Mais il est réaliste de souhaiter des forces pour les surmonter si vous les rencontriez. De tout cœur je vous souhaite plus de joie, de bonnes nouvelles et qu'elles vous surprennent, que vos proches vous mettent en joie, que le nombre de vrais amis augmente et que le nombre de déceptions diminue.

 

 

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