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13 novembre 202016:14

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 13 novembre 2020

1954-13-11-2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

La conférence de presse d'aujourd'hui, malheureusement, commence une nouvelle fois par des informations peu rassurantes sur la situation liée à la Covid-19 dans le monde. La pandémie, d'une puissance sans précédent même sur fond de pronostics pessimistes, atteint de nouveaux anti-records aussi bien en termes de nombre de personnes infectées - plus de 52 millions, soit une hausse de plus de 4 millions depuis deux semaines - qu'en termes de profondeur et de pénétration négative dans pratiquement tous les secteurs de la vie socioéconomique, morale, psychologique et quotidienne à laquelle étaient habitués les différents peuples et pays. Sachant que, selon les experts épidémiologistes internationaux, on ne perçoit pas de changements positifs à court terme: il ne faut probablement pas s'attendre à des progrès rassurants avant le printemps prochain. C'est l'avis des experts dans ce domaine.

La situation paraît particulièrement alarmante et dramatique dans le périmètre de la zone euro, où la dynamique journalière quotidienne augmente inéluctablement. On enregistre régulièrement des sursauts statistiques du nombre de personnes contaminées. A l'approche de Noël, la plupart des pays de l'UE, au détriment des intérêts du commerce national, sont de nouveau contraints de durcir les restrictions: de nouveaux confinements généralisés sont adoptés, ainsi que des restrictions sévères à la libre circulation des citoyens, notamment un couvre-feu la nuit, des états d'urgence, des interdictions d'organiser des activités publiques culturelles, sportives, religieuses et autres. Bien évidemment, ces démarches très impopulaires objectivement appelées à atténuer la sollicitation critique de leur propre secteur médical, à amortir les perturbations des systèmes de santé locaux qui fonctionnent à la limite, sont loin d'être toujours approuvées par la population. Les nombreuses manifestations des opposants aux mesures gouvernementales, notamment dans différentes villes européennes, dégénèrent en émeutes et en affrontements avec la police.

Dans ces conditions, le 9 novembre, à l'ouverture d'une nouvelle réunion de la 73e session de l'Assemblée mondiale de la santé relancée, le Directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé de nouveau la communauté internationale à "commencer une nouvelle époque de coopération" compte tenu de l'expérience accumulée de lutte contre la pandémie, à garantir une couverture globale de la population en services de santé. Il a souligné en particulier l'inadmissibilité de la politisation de la lutte mondiale contre la Covid-19, qui aggrave "les menaces à la sécurité et l'injustice".

Compte tenu de la situation épidémiologique extrêmement défavorable dans le monde aujourd'hui, nous attirons de nouveau l'attention de nos citoyens sur la nécessité de planifier minutieusement leurs voyages à l'étranger, de peser tous les risques éventuels, de ne pas se soumettre ou soumettre leurs proches à un risque injustifié. Je souligne que toutes les recommandations du Ministère russe des Affaires étrangères restent d'actualité. Des informations supplémentaires sont disponibles sur notre site et nos réseaux sociaux.

 

Sur la coopération des services médicaux militaires des pays membres de l'OTSC dans la lutte contre le coronavirus Covid-19 et pour l'assistance médicale

 

Dans le cadre de l'Organisation du Traité de sécurité collective, compte tenu de la dynamique de la situation concernant la prolifération du coronavirus, les États membres continuent de chercher des mécanismes efficaces pour surmonter les défis qui surviennent.

Le Centre de réaction de crise de l'OTSC a organisé le 11 novembre une visioconférence scientifique et pratique entre les services médicaux militaires des pays membres de l'OTSC, à laquelle ont participé des experts de l'Académie médicale militaire Kirov du Ministère russe de la Défense.

Les médecins militaires de l'OTSC se sont focalisés sur l'échange d'expériences autour de l'organisation d'événements antiépidémiques au vu de la prolifération du nouveau coronavirus Covid-19, et des particularités de l'assistance médicale des forces collectives au vu de la situation épidémiologique difficile.

Les pays ont prôné le renforcement du potentiel de l'OTSC en renforçant la composante médicale militaire des troupes de l'OTSC. Ils ont évoqué la possibilité d'utiliser des unités médicales mobiles et d'inclure une section médicale spéciale au sein des Forces collectives de l'OTSC.

Il a été convenu de poursuivre les contacts dans ce format pour l'analyse et l'échange d'informations sur la situation liée à la prolifération du coronavirus Covid-19 dans l'espace de l'OTSC et sur d'autres questions d'assistance médicale dans le cadre de l'Organisation.

 

Sur la participation de la Russie aux programmes de développement socioéconomique de Cuba au niveau des organisations internationales

 

La République de Cuba, notre partenaire stratégique de longue date, est un pays prioritaire parmi les bénéficiaires de l'aide russe. Dans le contexte du blocus économique illégal des États-Unis, nous considérons l'aide russe à La Havane comme une contribution importante pour soutenir le développement socioéconomique de la République.

Nos pays ont accumulé une riche expérience de coopération productive au niveau des organisations du système de l'Onu en matière de développement, de renforcement de la sécurité alimentaire et de règlement des conséquences négatives des catastrophes naturelles.

Dans le contexte de la détérioration de la situation concernant la garantie en alimentation des mineurs à cause de la pandémie de Covid-19, la Russie, dans le cadre du Programme alimentaire mondial (PAM), a lancé un projet de contribution technique à Cuba pour renforcer le système de restauration scolaire. Ces projets visent à pourvoir les écoliers en nourriture saine et équilibrée grâce au perfectionnement des systèmes locaux de production de nourriture. Le PAM compte utiliser pour cela l'expérience sectorielle, l'expertise et les technologies russes.

Notre cotisation volontaire au PAM pour la réalisation de ce projet s'élève à 5 millions de dollars (délai de réalisation - 2021-2024).

Un projet similaire du PAM en termes de contenu thématique et de financement a été également lancé par la Russie au Nicaragua.

A l'heure actuelle, avec notre participation financière et celle de nos experts, à Cuba est également réalisé un projet pour s'adapter aux changements climatiques et améliorer la gestion des ressources en eau dans la province de Santiago de Cuba dans le cadre du Programme de l'Onu pour le développement (budget de 1 million de dollars, délai de réalisation - 2017-2020).

En 2019, dans le cadre du fonds fiduciaire PNUD-Russie pour le développement, ont été approuvés deux projets pour renforcer le potentiel afin d'accroître la résistance du milieu urbain aux catastrophes naturelles dans les quartiers centraux de La Havane (budget de 1 million de dollars, délai de réalisation - 2020-2023), ainsi que dans le domaine de la stimulation des emplois parmi les jeunes cubains dans la province de Guantanamo (budget de 1,5 million de dollars, délai de réalisation - 2020-2023).

Au stade final de réalisation se trouve le projet financé par la Russie au niveau de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) afin de renforcer la sécurité alimentaire grâce au développement de la construction mécanique agrochimique et agricole (budget de 2 millions de dollars, délai de réalisation - 2017-2020).

Nous comptons continuer, en partenariat avec les organisations internationales, à prêter assistance aux partenaires cubains en matière de développement durable.

 

Sur l'aide humanitaire accordée à la Mongolie

 

Le 6 novembre, le Centre national pour l'étude des infections zoonotiques du Ministère de la Santé de la Mongolie a reçu gratuitement un système mobile de brigades antiépidémiques spéciales de Rospotrebnadzor sur roues. L'objectif consiste à renforcer le système d'observation et de réaction opérationnelle aux situations d'urgence sanitaires et épidémiologiques.

Ces laboratoires sont dotés d'équipements technologiques modernes de diagnostic utilisant des technologies de pointe. Le complexe mobile peut être utilisé aussi bien pour améliorer l'efficacité de certains axes de travail des services antiépidémiques locaux que pour une activité autonome dans les foyers épidémiques situés dans des régions difficiles d'accès qui ne sont pas couvertes par le réseau de laboratoire stationnaire, ainsi que dans les zones des situations d'urgence.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Peter Maurer, Président du Comité international de la Croix-Rouge

 

Mardi 17 novembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov rencontrera le président du CICR Peter Maurer. Les deux interlocuteurs ont l'intention d'échanger leurs avis sur la situation dans différentes régions du monde (notamment au Haut-Karabakh) et d'évoquer la possibilité d'une coopération entre notre pays et le CICR à l'époque du coronavirus.

A l'issue des pourparlers est prévue une conférence de presse.

 

Sur la visite en Russie de Wendy Morton, Secrétaire d’État au Voisinage européen et aux Amériques du Ministère britannique des Affaires étrangères

 

Mardi 17 novembre se tiendront des consultations entre le premier vice-Ministre russe des Affaires étrangères Vladimir Titov et la Secrétaire d’État au Voisinage européen et aux Amériques du Ministère britannique des Affaires étrangères, Wendy Morton.

Pendant les pourparlers, il est prévu d'évoquer l'état des relations russo-britanniques, ainsi que l'ordre du jour régional et international.

 

Sur les réunions du Conseil des coordinateurs nationaux des États membres de l'OCS

 

La semaine prochaine, à partir du 17 novembre, se tiendra une série de réunions du Conseil des coordinateurs nationaux des États membres de l'OCS en visioconférence où sera dressé le bilan du Conseil des chefs d’État de cette organisation (10 novembre) et commencera la préparation de la réunion du Conseil des chefs de gouvernement de l'OCS. La Russie sera représentée par le représentant spécial du Président russe pour l'OCS Bakhtier Khakimov.

 

 Sur l'évolution de la situation en Syrie et autour

 

Malgré les attaques sporadiques des terroristes internationaux qui se sont retranchés à Idleb, et malgré la présence illégale de militaires étrangers - notamment américains - qui empêche le rétablissement de l'intégrité territoriale du pays, les autorités syriennes ont sérieusement commencé à régler les tâches d'envergure du règlement post-conflit.

La priorité absolue est le retour des réfugiés syriens qui avaient dû chercher un abri à l'étranger pendant les hostilités. Ce travail, impliquant d'importantes dépenses supplémentaires pour créer les conditions adéquates pour les rapatriés (assurer un logement, des emplois, l'eau et l'électricité, la possibilité d'envoyer les enfants à l'école), est mené dans des conditions où les ennemis de la Syrie tentent de l'étouffer économiquement. Les restrictions de Washington et de ses alliés proches durcissent constamment. Tout cela est fait sous le slogan de l'aide au peuple syrien. En juin 2020, vous le savez, est entré en vigueur l'Acte Caesar adopté par le Congrès américain, qui restreint de facto le libre commerce international et fixe un sévère blocus financier et économique de la Syrie. Ces actes illégaux font significativement entrave aux efforts des autorités syriennes pour réparer les dégâts et aider la population. Sachant que même la pandémie de coronavirus n'est pas considérée par Washington comme un prétexte humanitaire pour assouplir les restrictions.

Il est clair qu'il serait difficile pour Damas de faire face de manière autonome aux nombreux défis du rétablissement post-conflit. L'aide et le soutien internationaux sont particulièrement sollicités.

Dans ces conditions difficiles, le 11 novembre à Damas a commencé la Conférence internationale pour le retour de réfugiés et de déplacés internes. Des délégations et des représentants de plus de 20 États, ainsi que de plusieurs organisations internationales comme le CICR, la Fondation Aga Khan et d'autres, y participent. Malheureusement, l'Onu n'a été représentée qu'en tant qu'observateur.

Les États-Unis et leurs alliés proches, qui ont appelé instamment à boycotter la conférence (encore une fois "pour le bien" du peuple syrien), ont une fois de plus appliqué des doubles standards vis-à-vis de la Syrie. Car la nécessité du retour des réfugiés en Syrie figure noir sur blanc dans la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui est la base des efforts internationaux pour contribuer au règlement global de la crise syrienne.

Les questions relatives à l'organisation du forum à Damas ont été évoquées pendant la visioconférence du 9 novembre entre les présidents de la Russie et de la Syrie.

La Russie a aidé la Syrie à organiser l'événement et a envoyé à Damas l'une des délégations les plus nombreuses. Elle comprenait des représentants de 30 ministères et départements fédéraux, qui, en marge de la conférence, ont évoqué avec les partenaires syriens l'aide à la Syrie et des questions de coopération bilatérale. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a salué les participants à l'ouverture de la conférence. Le texte de l'allocution a été lu par le représentant spécial du Président de la Fédération de Russie pour la Syrie, l'Ambassadeur itinérant Alexandre Lavrentiev. Ce texte a été publié sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères (https://www.mid.ru/ru/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4420169).

Nous partons du principe que la conférence de Damas sur les réfugiés n'est pas un événement isolé mais le début d'un travail systémique ciblé avec la participation de la communauté internationale dans le contexte de la mise en œuvre des termes de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Sur la publication, par la MSO de l'OSCE, d'un rapport thématique sur les victimes civiles du conflit dans l'Est de l'Ukraine

 

Le 9 novembre a été diffusé le rapport sur les victimes civiles dans la zone du conflit dans le Donbass pour la période du 1er janvier 2017 au 15 septembre 2020, préparé par la Mission spéciale d'observation (MSO) de l'OSCE en Ukraine.

Nous appelions depuis longtemps à rendre publiques ces informations sous forme synthétisée et systématisée. Nous en avons parlé également avec les journalistes parce qu'il fallait un point d'appui, un point de départ pour les discussions. Chaque partie, ainsi que les experts, ont leur propre vision, leur méthode de calcul et d'analyse de cette situation. Ce document a été publié. Ces données permettent de former une vision objective basée sur les éléments concrets du conflit en Ukraine. Nous notons le rôle positif de la Présidence albanaise de l'OSCE, et personnellement du Premier ministre et Ministre albanais de l'Europe et des Affaires étrangères Edi Rama, qui a contribué à cette publication.

Dans l'ensemble, le document est équilibré et s'appuie sur les statistiques. Le chiffre principal à remarquer est le nombre de victimes des tirs d'armements lourds et d'armes d'infanterie. Selon le rapport, presque 75% des victimes civiles sont des habitants du territoire non contrôlé par Kiev. Cela témoigne clairement que les forces armées ukrainiennes, de la Garde nationale et des groupes "volontaires" prennent pour cible des civils, que Kiev tente ainsi de punir pour leur choix et leur refus d'accepter les résultats du coup d’État en 2014.

Nous en parlons depuis longtemps et constamment, mais certains en Occident préfèrent ignorer nos propos. Désormais, la justesse de l'avis russe est confirmée dans le rapport de la mission de l'OSCE. La MSO n'a pas encore cité les statistiques pour toute la période du conflit. Il est évident que si l'on dénombre les victimes depuis le début de l'opération punitive en 2014, le tableau sera encore plus convainquant et tragique.

Malheureusement, le document ne reflète pas les informations sur les destructions de l'infrastructure civile du Donbass. Il faut savoir que la destruction, souvent préméditée et intentionnelle, des immeubles résidentiels, de l'infrastructure de transport, des sites d'approvisionnement en eau, en gaz et en électricité, des établissements éducatifs et sociaux, et d'autres atteintes aux biens privés et municipaux, entraînent une sérieuse dégradation de la situation humanitaire. La documentation de ces informations avec un constat clair de la responsabilité des parties est une tâche importante, notamment de la MSO.

J'attire l'attention des médias étrangers, avant tout occidentaux, sur le fait qu'en donnant votre avis sur la situation et en la racontant, notamment quand vous préparez des reportages en lien avec de grands forums internationaux, rencontres, ou nouvelles sanctions qui sont prolongées contre notre pays ou sont adoptées de nouveau, il est important d'étudier la possibilité de préparer personnellement des sujets, d'être présents sur le territoire que vous décrivez dans vos publications. Pour s'assurer personnellement de ce que vous racontez et écrivez. Des journalistes russes travaillent sur le terrain. Ils transmettent leurs informations. C'est une démarche documentaire, une partie des informations analytiques qui donnent une idée de ce qui s'y passe. On voudrait que davantage de correspondants étrangers viennent dans cette région pour informer le public occidental de ce qui s'y passe.

 

Sur le commentaire de Stefan Zimmermann, représentant du Ministère fédéral de la Justice et de la Protection des consommateurs de l'Allemagne, concernant "l'affaire Navalny" lors de la conférence de presse hebdomadaire du gouvernement allemand le 6 novembre 2020 à Berlin

 

Nous sommes contraints de réagir au commentaire fait à Berlin le 6 novembre 2020 par le représentant du Ministère fédéral de la Justice et la Protection des consommateurs de l'Allemagne, Stefan Zimmermann, concernant ladite "affaire Navalny".

En réponse aux questions sur les raisons pour lesquelles les autorités allemandes n'avaient encore répondu sur le fond à aucune requête du Parquet de la Fédération de Russie pour que les forces de l'ordre allemandes apportent une aide judiciaire pratique dans le cadre de l'enquête menée par le Ministère russe de l'Intérieur sur les circonstances de l'hospitalisation urgente du blogueur le 20 août 2020 à Omsk, le porte-parole du Ministère allemand de la Justice a déclaré que les autorités allemandes seront prêtes, je cite, à "étudier la question" du transfert aux autorités russes d'informations sur "l'affaire Navalny" quand la Russie ouvrira une enquête pénale sur son empoisonnement - circonstance qui aurait été établie par des experts militaires allemands. Cette exigence, a déclaré le représentant allemand, découle notamment des termes de la Convention européenne d'entraide judiciaire en matière pénale de 1959. Cette affirmation de Stefan Zimmermann est fausse. Aucun passage de la Convention de 1959 ne mentionne le stade concret auquel la coopération interétatique peut avoir lieu. Analysons ce document de plus près. L'article 1 de la Convention prévoit l'établissement d'une coopération dans le cadre d'une procédure concernant des crimes passibles par la législation des parties. La version anglaise emploie le terme encore plus large de proceedings, qui englobe de facto tous les stades. De plus, dans le rapport explicatif du deuxième protocole additionnel à la Convention de 1959, le commentaire à l'article 1 de la Convention stipule: "Il a toujours été convenu que la convention s'appliquait à tous les stades de la procédure (at all stages of proceedings)." Tout cela implique que l'association, par l'Allemagne, du transfert des informations sur "l'affaire Navalny" à l'ouverture formelle d'une enquête pénale en Russie est juridiquement inconsistante. De quoi parlons-nous? Il est clair que Berlin ne veut pas transmettre les informations et s'accroche à toutes les possibilités pour trouver des excuses, mais que même dans cette recherche ils ont échoué. Nous n'excluons pas que le représentant du Ministère allemand de la Justice ignore les termes de la Convention à laquelle il se réfère - ce n'est pas exclu. Il pourrait aussi intentionnellement déformer l'état réel des choses pour des raisons politiques.

Le 3 novembre 2020, le Parquet de la Fédération de Russie a envoyé au Département fédéral de la Justice de l'Allemagne des explications détaillées concernant le statut juridique de l'enquête mentionnée menée par le Ministère russe de l'Intérieur sur les circonstances de l'hospitalisation d'Alexeï Navalny (l'Allemagne a confirmé la réception de cette lettre). Conformément à la législation procédurale pénale russe, cette enquête, pour laquelle est utilisé le terme d'"enquête préliminaire", est un stade préliminaire de procès pénal. De cette manière, la thèse du Ministère allemand de la Justice concernant la non-ouverture en Russie d'une procédure formelle d'enquête pénale sur ce qui est arrivé à Alexeï Navalny est également fausse.

Nous sommes étonnés par les propos du représentant officiel du Ministère allemand de la Justice selon lesquels la confirmation de la remise officielle des quatre requêtes du Parquet russe sur "l'affaire Navalny" aux organismes compétents, en l'occurrence aux organes judiciaires de Berlin, ne signifiait pas qu'ils acceptaient d'accéder à ces requêtes. Vous imaginez quelle dramaturgie ont déroulé nos collègues allemands simplement pour dire ce qu'ils ont trouvé dans les analyses d'Alexeï Navalny. Il s'avère que les autorités allemandes se contredisent elles-mêmes, car le 6 septembre 2020 encore le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas avait publiquement confirmé dans une interview aux médias que l'application de la première requête russe du 27 août 2020 serait convenue car, je cite, "il n'y [avait] aucune raison de ne pas la convenir" (Citation du journal en ligne Die Zeit: "Der russische Botschafter sei bereits informiert worden, dass man einem Rechtshilfeersuchen Russlands zustimmen werde, sagte Maas in der ARD-Sendung Bericht aus Berlin. Es gebe auch „uberhaupt keinen Grund, dem nicht zuzustimmen"). Ces affirmations avaient été transmises à l'époque via les canaux diplomatiques à l'Ambassadeur de Russie en Allemagne, ce n'est pas un lapsus, ce n'est pas une erreur des médias, cette information nous a été officiellement transmise. Plus de deux mois se sont écoulés depuis, mais aucune réaction sur le fond n'a suivi de la part des autorités allemandes ni à la requête du 27 août 2020 ni aux requêtes suivantes du Parquet russe. Or, les propos du représentant du Ministère allemand de la Justice laissent entendre qu'il n'a pas été décider d'accéder aux requêtes russes, et cela entre en contradiction directe avec la déclaration susmentionnée du Ministre allemand des Affaires étrangères.

Dans l'ensemble, dans le contexte de la situation autour d'Alexeï Navalny, Berlin affiche intentionnellement envers Moscou une réticence provocatrice à coopérer. Toutes les questions très concrètes posées par les enquêteurs russes aux partenaires des autorités compétentes allemandes restent sans réponse. Par principe, Berlin sabote ouvertement ses engagements en matière de droit international dans la coopération entre les forces de l'ordre en se cachant, comme cela a été dit plus tôt, derrière une argumentation juridiquement inconsistante, et refuse de transmettre les échantillons du citoyen russe et les résultats de leur analyse, ainsi que d'autres preuves matérielles (qui ont été obtenues par l'Allemagne d'une manière qu'on ignore), qui confirment soi-disant son empoisonnement par le fameux poison Novitchok, qui sont nécessaires pour terminer l'enquête préliminaire menée par le Ministère russe de l'Intérieur, ce qui est la condition indispensable pour ouvrir une affaire pénale conformément à la législation russe. Sachant que sur exigence de l'Allemagne, pour une raison qu'on ignore, des informations importantes sont cachées dans le rapport de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) sur la contribution technique de l'Allemagne. Sur cette toile de fond se poursuit une campagne propagandiste antirusse dans les médias allemands, alors que le gouvernement allemand a initié des sanctions infondées contre la Russie au niveau de l'UE. En plus, dans le cadre de l'OIAC, la diplomatie allemande mobilise ses alliés de l'Otan pour accuser notre pays d'infraction de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) afin de créer un prétexte supplémentaire pour durcir la pression militaro-politique sur nous du côté de l'Occident collectif. Quelle est la situation avec les nuances juridiques et les subtilités de la coopération entre l'Allemagne et l'OIAC? Tout va bien? La tactique allemande est tout à fait transparente, et la Russie a tiré les conclusions de cette situation. Nous les partageons régulièrement avec vous.

Nous appelons Berlin à renoncer par les actes, et non en paroles, à la ligne conflictuelle sans perspective, et à entamer enfin une coopération constructive normale et objective pour découvrir les véritables circonstances de ce qui est arrivé au citoyen russe.

 

Sur les résultats du vote à la Première commission de l'Assemblée générale des Nations unies au sujet du projet de résolution russe "Les acquis dans le domaine de l'informatisation et des télécommunications dans le contexte de la sécurité internationale"

 

Le 9 novembre, la Première commission de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies a adopté le projet de résolution russe sur la cybersécurité internationale ("Les acquis dans le domaine de l'informatisation et des télécommunications dans le contexte de la sécurité internationale"). 26 pays étaient coauteurs de notre initiative: l'Azerbaïdjan, l'Algérie, la Biélorussie, le Burundi, le Venezuela, la Zambie, le Zimbabwe, l'Iran, le Kazakhstan, le Cambodge, le Kirghizistan, la Corée du Nord, la Chine, les Comores, Cuba, Laos, Madagascar, le Malawi, Myanmar, le Nicaragua, le Pakistan, la Syrie, le Suriname, le Tadjikistan, le Turkménistan, et l'Ouzbékistan. 104 États l'ont soutenue.

Ainsi, avec le soutien d'une grande majorité de pays membres de l'Onu, la Russie a réussi une nouvelle fois à garantir à la communauté internationale une participation à des négociations inclusives, transparentes et vraiment démocratiques sur la garantie de la cybersécurité internationale. A cet effet, en 2021, sera créé un nouveau Groupe de travail à composition non limitée sur la sécurité et dans le domaine de l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) et des TIC en elles-mêmes pour 2021-2025 en conservant les principaux aspects du mandat du Groupe de travail actuel sur les acquis de l'informatisation et des télécommunications dans le contexte de la sécurité internationale et compte tenu du bilan de son travail en mars 2021. Le futur Groupe de travail sera chargé d'étudier les initiatives nationales en matière de TIC, ainsi que de créer des sous-groupes auxiliaires sur les différents aspects de son mandat, ce qui apportera aux discussions un caractère plus structuré et dynamique.

Nous remercions tous les États qui ont soutenu notre projet. Nous sommes certains que la continuité et la poursuite du travail du mécanisme compétent au format du Groupe de travail est dans l'intérêt de chaque pays qui cherche à avoir le droit de vote dans cette discussion internationale spécialisée.

Le vote sur notre projet de loi à l'Assemblée générale des Nations unies est prévu pour décembre 2020.

 

Sur la libération de Bogdana Ossipova

 

Nous avons appris avec satisfaction l'information selon laquelle la citoyenne russe Bogdana Ossipova a été libérée de la prison américaine de Danbury, Connecticut, le 10 novembre 2020.

Bogdana Ossipova, mère d'une famille nombreuse, a été condamnée en juin 2019 par la justice américaine à sept ans de prison sur des accusations de kidnapping de ses propres enfants, et d'extorsion. Selon la justice américaine, la Russe a purgé la peine maximale pour kidnapping: trois ans de prison (compte tenu du fait que son arrestation remonte à 2017).

Elle a été libérée sous caution et attend le procès final pour revoir sa sentence pour extorsion. Nous espérons qu'à l'issue du procès la Russe sera entièrement disculpée, et qu'elle sera autorisée à rentrer en Russie pour rejoindre sa famille.

Le Ministère russe des Affaires étrangères continuera de fournir tous les efforts diplomatiques nécessaires pour rapatrier au plus vite Bogdana Ossipova, ainsi que tous les Russes qui sont poursuivis ou condamnés de manière infondée dans ce pays.

 

Sur le retour à la Russie des objets culturels déplacés du musée de Salzbourg

 

Le 9 novembre 2020 à Salzbourg (Autriche), en présence de l'Ambassadeur de Russie en Autriche Dmitri Lioubinski, du chef du gouvernement du Land fédéral de Salzbourg Wilfried Haslauer et de la présidente du parlement régional Brigitta Pallauf, s'est tenue la cérémonie de signature de l'acte de remise des objets culturels déplacés du musée historique et archéologique de Temriouk (région de Krasnodar) par le directeur du musée de Salzbourg Martin Hochleitner. Il est prévu de les transférer en Russie d'ici la fin de l'année.

Il s'agit des trois amphores et de cinq bas-reliefs antiques volés par les nazis au musée de Kouban détruit en 1943, qui se sont retrouvés ensuite à Salzbourg dans les réserves de cet établissement. En février 2019, le directeur du musée de Salzbourg Martin Hochleitner a annoncé la décision prise par son conseil de tutelle de rendre ces artefacts à la Russie, qui a été officiellement confirmée par le Président autrichien Alexander van der Bellen pendant sa visite à Sotchi le 15 mai 2019.

Nous saluons l'initiative des partenaires autrichiens, qui constitue un exemple de disposition à rendre à notre pays les objets culturels volés pendant la Grande Guerre patriotique à leur propre initiative.

 

Sur la décision des autorités lituaniennes de lancer la procédure de suspension de la diffusion de la chaîne RTR-Planeta

 

Force est de constater, avec regret, un nouveau cas d'omission des droits des minorités nationales et de violation de la liberté d'expression en Lituanie, qui revendique le rôle de "modèle" de la démocratie occidentale. Récemment, la commission lituanienne de la radio et de la télévision, régulateur national des médias, a entamé sous un prétexte fallacieux la procédure de suspension de la diffusion de la chaîne russe populaire RTR-Planeta sur le territoire du pays.

Les autorités lituaniennes, qui prônent évidemment dans d'autres pays de hautes normes en matière de droits et de libertés démocratiques, maintiennent chez elles une ligne visant à éradiquer toute dissidence, dans le prolongement de laquelle des médias russes sont expulsés du champ médiatique du pays.

La situation défavorable en matière de liberté d'expression en Lituanie a déjà été critiquée par les structures internationales compétentes. Ainsi, Reporters sans frontières a condamné en juillet dernier les actions de Vilnius interdisant la diffusion des chaînes de RT.

Nous espérons que le bon sens prévaudra et que la Lituanie respectera enfin les normes des pays civilisés, universelles en Europe, et que les structures internationales compétentes réagiront comme il se doit à ce sujet.

 

Sur la suppression d'un contenu documentaire par le service YouTube

 

Nous avons constaté un nouvel exemple de censure politique par le service d'hébergement YouTube, contrôlé par la multinationale américaine Google.

Le 10 novembre 2020, les modérateurs du service ont reconnu le film-investigation "Suicide d'envergure internationale" sur le crash du Boeing malaisien MH17 dans l'Est de l'Ukraine comme une "violation des principes et des règles du site", en le retirant avant la première. La suppression du film a eu lieu juste avant le début de nouvelles audiences au tribunal aux Pays-Bas, prévues aujourd'hui le 12 novembre. De quoi parle ce film qui aurait enfreint les règles du site?

Il traite de la version de l'implication de l'armée de l'air ukrainienne dans le crash de l'avion de ligne et tente de comprendre les circonstances des faits, notamment les causes réelles de la mort du pilote ukrainien Vladislav Volochine, l'un des suspects dans l'affaire du crash.

Le film a été téléchargé par les modérateurs de la chaîne YouTube de l'édition multimédia Ukraine.ru pour être ensuite publié en accès libre, mais ce fameux site d'hébergement avait ses propres projets à ce sujet. Comme toujours, aucune explication n'a été fournie pour savoir ce que ce film enfreindrait concrètement.

Il est difficile d'expliquer cet acte de censure autrement que comme une tentative de certains acteurs de supprimer de la diffusion mondiale les versions alternatives sur la tragédie de 2014.

Nous appelons l'administration de YouTube à revoir sa décision et à renoncer à une telle modération politisée. Par ses actes, le site enfreint le droit de son public à "chercher, obtenir et diffuser l'information et les idées par tous les moyens indépendamment des frontières nationales". Il s'agit de l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948: YouTube juge qu'elle transgresse également les règles de la plateforme?

Nous nous attendons à ce que les structures internationales compétentes et les organisations des droits de l'homme réagiront dûment et exprimeront un avis impartial sur les actions de la compagnie américaine.

 

Sur la destitution du Président péruvien Martin Vizcarra

 

Le 9 novembre, le parlement du Pérou a décidé de destituer le Président Martin Vizcarra. La procédure s'est déroulée conformément à la législation nationale de ce pays. Selon la Constitution péruvienne, les fonctions du chef d’État sont désormais assumées par le président du Congrès Manuel Merino.

Nous comptons sur l'évolution des événements au Pérou dans le cadre de la Constitution en respectant les principes démocratiques et les droits des citoyens.

Nous réaffirmons notre disposition à développer les relations traditionnellement amicales entre la Fédération de Russie et le Pérou dans un esprit de respect mutuel et de prise en compte réciproque des intérêts.

 

Sur l'ouragan Eta en Amérique centrale

 

L'ouragan Eta, qui s'est formé début novembre en mer des Caraïbes, a durement frappé les pays d'Amérique centrale: le Guatemala, le Honduras, le Costa Rica, le Nicaragua, et le Panama; et certaines régions de Cuba et du Mexique ont été sérieusement touchées.

Plus de 150 personnes sont mortes, des centaines sont portées disparues. Des milliers de maisons et de fermes ont été détruits. Un grand préjudice matériel a été infligé à l'infrastructure vitale. La situation est difficile à cause de la pénurie de produits alimentaires et d'eau potable.

La compagnie Lukoil, en coopération avec l'Ambassade de Russie à Mexico, a rejoint la campagne menée par le gouvernement mexicain pour recueillir l'aide humanitaire pour l’État de Tabasco, qui a subi les plus grands dégâts.

Nous présentons nos sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes de l'ouragan, et souhaitons un rétablissement rapide aux blessés. Nous réaffirmons notre disposition à approfondir la coopération et l'entraide avec les pays de la région pour prévenir les situations d'urgence et en pallier les conséquences.

 

Sur l'inauguration d'une plaque commémorative à Samara

 

Le 7 novembre à Samara s'est déroulée la cérémonie solennelle d'inauguration de la plaque commémorative apposée sur le bâtiment où se trouvait le Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de l'URSS en 1941-1943.

En octobre 1941, le Comité d’État de la Défense a pris la décision d'instaurer une "capitale de secours" à Kouïbychev (Samara à partir de 1991). A l'époque, hormis les entreprises de défense, une partie de l'appareil du Comité central du parti, ainsi que le CC du Komsomol, plusieurs comités du peuple et le corps diplomatique, ont été évacués dans ce centre régional. Les ambassades et les missions de 22 pays s'y sont installées.

Avec le corps diplomatique sont venus à Kouïbychev d'importants effectifs de collaborateurs du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de l'URSS. Le vice-Commissaire du peuple aux Affaires étrangères de l'URSS, Andreï Vychinski, dirigeait l'activité de l'appareil et assurait la liaison avec les missions étrangères sur les différentes questions.

A cette activité solennelle ont participé le représentant du Ministère russe des Affaires étrangères à Samara Alexeï Tchoupakhine, le vice-président du gouvernement de la région de Samara Alexandre Fetissov, la chef du district municipal de Samara Elena Lapouchkina, le recteur de l'Université technique d’État de Samara Dmitri Bykov, ainsi que des représentants publics, des vétérans et le personnel logistique.

Pendant la cérémonie, Alexeï Tchoupakhine a noté l'importance d'apposer cette plaque commémorative du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères de l'URSS pour préserver la mémoire historique, a exprimé une grande gratitude au Conseil des vétérans de guerre et du travail du ministère russe des Affaires étrangères, ainsi qu'à la Direction générale du corps diplomatique auprès du ministère russe des Affaires étrangères, pour avoir contribué à la réalisation de ce projet.

Je voudrais attirer l'attention sur la réalisation artistique de la plaque commémorative. Elle a été élaborée par les étudiants, les aspirants et les collaborateurs de la chaire des technologies de fonderie hautement efficaces, du Centre des technologies de fonderie de l'Université technique d’État de Samara. Dans la fabrication de la plaque commémorative ont été utilisées à la fois des approches traditionnelles de fonderie créative que des technologies numériques modernes.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a envoyé ses salutations aux organisateurs et aux participants à l'événement. Le texte de son discours est disponible sur le site du Ministère des Affaires étrangères et sur nos réseaux sociaux.

 

Sur l'ouverture d'un Centre de la fondation "Monde russe" à Tskhinval

 

L'ouverture, le 28 octobre, d'un Centre de la fondation "Monde russe" à Tskhinval auprès de l'Université d’État d'Ossétie du Sud a été un événement important pour les relations russo-sud-ossètes. Des représentants de l'Ambassade de Russie et de Rossotroudnitchestvo ont activement participé à la préparation de cet événement.

Les principaux objectifs du Centre consistent à promouvoir la langue russe, à populariser la culture, et à diffuser des informations objectives sur la Russie. Dans son cadre, il est possible d'étudier et de perfectionner son russe, d'obtenir un accès aux bibliothèques en ligne russe, et de se familiariser avec l'art russe.

Le Centre de Tskhinval est le 117e centre ouvert à travers le monde. Il est appelé à devenir un maillon de liaison, une plateforme universelle pour promouvoir la langue, la culture et l'histoire russes, ainsi qu'une base pour les rencontres et l'échange d'avis entre les philologues, les enseignants russisants, les chercheurs, les étudiants et les élèves. Le travail de cette structure contribuera au renforcement des relations d'alliance et de l'intégration entre nos pays.

 

Sur le 15e anniversaire de la signature du Traité sur les relations d'alliés entre la Fédération de Russie et l'Ouzbékistan

 

Il y a 15 ans, le 14 novembre, a été signé le Traité sur les relations d'alliés entre la Russie et l'Ouzbékistan. Avec les accords bilatéraux de base sur les fondements des relations interétatiques, d'amitié et de coopération de 1992 et de partenariat stratégique de 2004, ce document constitue le cadre normatif de la vaste coopération russo-ouzbèke.

Selon notre avis commun, le Traité, à durée indéterminée, revêt une importance fondamentale pour la coopération entre Moscou et Tachkent en matière de sécurité, de défense, de maintien de la paix et de la stabilité dans la région, de coopération militaro-technique mutuellement avantageuse, de lutte contre les risques et les défis de notre époque, de développement des liens commerciaux, économiques et d'investissement, ainsi que pour l'approfondissement de la coopération industrielle et les progrès des relations mutuellement avantageuses dans d'autres domaines.

Dans les conditions difficiles provoquées par la pandémie de coronavirus, la solidarité d'alliés prévue par le Traité s'est pleinement manifestée entre la Russie et l'Ouzbékistan, qui coopèrent activement pour garantir le bien-être épidémiologique des populations de nos pays, échangent leur expérience, les solutions techniques et se soutiennent. Nous apprécions l'aide humanitaire accordée par le gouvernement de l'Ouzbékistan en avril-mai 2020. De notre côté, nous avons également apporté une grande assistance à Tachkent dans la lutte contre la pandémie sous la forme de livraisons gratuites de systèmes de diagnostic du coronavirus en laboratoire et de différents équipements médicaux, en plus de l'envoi de deux groupes de médecins russes et d'un soutien d'experts diversifié.

En s'appuyant sur les principes d'alliance fixés dans le Traité, avant tout d'amitié et de bon voisinage, d'entraide, d'équité et de respect des intérêts réciproques, la Russie et l'Ouzbékistan sont disposés à approfondir les liens bilatéraux dans le domaine politique, commercial, économique, culturel, social et autres, à la coordination étroite des positions sur la scène régionale et internationale, au renforcement des liens d'amitié séculaire entre nos peuples.

 

Sur le 75e anniversaire de l'Unesco

 

Le 16 novembre marquera le 75e anniversaire de la signature de la Charte de l'Unesco. L'objectif de cette Organisation, créée comme l'Onu à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, est "la contribution au renforcement de la paix et de la sécurité par l'élargissement de la coopération des peuples en matière d'éducation, de science et de culture".

L'activité actuelle de l'Unesco se focalise sur l'élaboration de différents outils éducatifs, la promotion des échanges scientifiques, la préservation du patrimoine culturel, le renforcement de la coopération sportive intergouvernementale et la protection de la liberté d'expression.

Aujourd'hui, cette Organisation regroupant 193 États membres et 11 membres associés est la plus grande institution humanitaire du monde.

Notre pays a adhéré à l'Unesco le 21 avril 1954.

L'an dernier à Moscou s'est déroulé un entretien entre le Président russe Vladimir Poutine et la Directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay, pendant lequel a été réaffirmé le niveau traditionnellement élevé d'interaction entre la Russie et l'Organisation.

La Fédération de Russie fait partie des principaux donateurs de l'Unesco et participe activement à la plupart de ses programmes. Parmi les derniers accomplissements communs: la création du Prix international Mendeleev dans le domaine des sciences fondamentales et l'inscription de la nouvelle catégorie russe "Églises de l'école d'architecture de Pskov" dans la liste prestigieuse du patrimoine mondial de l'Unesco.

Bien que l'anniversaire actuel se déroule en période de restrictions, et même si plusieurs activités solennelles au siège de l'Unesco à Paris et dans les pays membres ont été annulées, en Russie se préparent plusieurs initiatives-anniversaire symboliques. Hormis l'organisation de plusieurs conférences et la préparation de publications thématiques, il est prévu prochainement de publier avec l'Agence fédérale des communications un tirage philatéliste à l'occasion du 75e anniversaire de l'Unesco.

Les valeurs et les idéaux promus par l'Unesco sont largement reconnus dans notre pays. A cela contribuent en grande partie les efforts de la Commission de la Fédération de Russie pour l'Unesco dirigée par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Nous vous invitons à vous familiariser avec l'activité de la Commission sur son site officiel, en suivant ce lien: unesco.ru.

 

Réponses aux questions:

Question: Les médias ukrainiens et le réseau social Facebook sont troublés depuis deux mois par l'annonce du renvoi forcé du professeur Valeri Gromov de l'Université technique de Dniepr, qui, à la demande d'une étudiante de dispenser le cours en ukrainien, a refusé en déclarant: "Deux langues - une nation; une langue - c'est une ruine, pas l'Ukraine". Après la plainte de l'étudiante au rectorat, la direction de l'établissement a forcé le professeur qui travaillait à l'université depuis 27 ans à faire un choix. Il a démissionné, en optant pour le russe. Aujourd'hui, des milliers d'enseignants ukrainiens connaissent le sort du professeur. La Russie, via les départements compétents du gouvernement, peut-elle faire preuve de son attention et de son attitude non indifférente envers de tels étrangers qui défendent la langue russe dans un contexte russophobe?

Réponse: L'histoire qui s'est produite à Dniepropetrovsk, quand l'administration de l'Université technique, au lieu de prendre la défense du professeur respecté Valeri Gromov après  plusieurs décennies de travail à l'université, l'a forcé à démissionner, est une honte. Une honte pas seulement pour l'Ukraine. C'est une honte pour l'Europe. C'est une nouvelle du Moyen-Âge - impossible de qualifier les faits autrement. Bien sûr, on pourrait dire que c'est une nouvelle preuve de la violation des droits de la population russophone du pays. Mais ce sont des formulations très souples.

Le fait est que ce cas n'est pas isolé. Il est résonnant et attire l'attention par son injustice scandaleuse. Mais combien y a-t-il de tels cas dans toute l'Ukraine, pratiquement tous les jours, à un niveau tout aussi grave? Les gens en souffrent tout autant. C'est la pointe de "l'iceberg" de la discrimination linguistique en Ukraine.

Il est parfaitement évident qu'en adoptant des lois discriminatoires et absurdes sur l'ukrainisation forcée, les autorités de Kiev sèment intentionnellement la discorde entre les citoyens qui parlent aussi bien ukrainien que russe. Je rappelle que la protection et le développement libre du russe, parlé par un très grand nombre de gens en Ukraine, sont garantis par la Constitution ukrainienne. Le problème linguistique n'existait pas en Ukraine tant qu'il n'avait pas été introduit d'en-haut. Nous comprenons que cela fait partie du processus politique, d'un grand jeu politique sale. Les gens n'avaient pas de problèmes, ils ont été créés. Ils ont été créés intentionnellement, pour de l'argent, en utilisant des technologies, en comprenant les résultats qu'entraînerait une telle politique. Les gens se comprenaient parfaitement sans jeux politiques. Ils parlaient russe et ukrainien, parfois en même temps. Que fera-t-on ensuite? On va reprendre les gourdins, comme l'Ukraine l'a déjà fait? Attraper les gens dans la rue? A quoi pousse-t-on, notamment les nationalistes, par de tels actes? A la permissivité absolue?

Un sondage du Centre d'analyse de contenu "Espace de liberté", publié récemment dans les médias pour savoir quelle langue était plus souvent utilisée par les Ukrainiens pour communiquer sur les réseaux sociaux, par exemple, a révélé que malgré tous les efforts de Kiev pour évincer le russe, la part de son utilisation dans la communication des Ukrainiens ne diminuait pas.

En ce qui concerne le professeur Valeri Gromov, sa ferme position civile suscite le respect et sera indéniablement un exemple digne pour de nombreux citoyens russophones qui défendent leur droit constitutionnel de parler, d'apprendre et de travailler dans leur langue natale.

De notre côté, nous continuerons de dénoncer de telles violations des droits de l'homme en Ukraine en attirant sur elles l'attention des organisations internationales des droits de l'homme.

Question: De nombreux représentants russes ont confirmé que des combattants du Moyen-Orient avaient été projetés dans la région du Haut-Karabakh. Toutefois, aucun représentant russe n'a jamais dit qui, exactement, les envoyait dans la région. Dans la mesure où les casques bleus russes vont y être déployés, pouvez-vous nous dire quelle est la situation actuellement? Où sont ces djihadistes? Où sont-ils passés? Que compte faire la Russie à leur sujet? Qui les punira, et qui punira ceux qui les ont envoyés dans la région? L'armée russe les combattra-t-elle?

Réponse: Malheureusement, les combattants projetés n'ont pas disparu. L'information concernant leur présence était basée sur des faits. Ils ont été confirmés, et pas seulement par la Russie. Nous en avons parlé dès que nous l'avons appris.

Nous partons du principe que cette question sera réglée. Toutes les parties qui souhaitent la paix dans cette région doivent tout faire pour y contribuer. Je peux dire que de notre côté, les experts militaires s'en occupent. Je pense que ce problème nécessite un travail plus concret des spécialistes, puis un rapport sur les résultats - et pas l'inverse.

Question: Il n'est probablement pas un secret pour vous que la critique envers la Russie s'amplifie après ce qui s'est passé au Haut-Karabakh. Dans plusieurs articles, en Grèce et dans d'autres pays, nous lisons des conclusions selon lesquelles "la Russie a abandonné les Arméniens et l'Arménie", que le plan était très probablement de "punir Nikol Pachinian" mais qu'au final c'est le peuple arménien qui a souffert. On voudrait entendre votre commentaire à ce sujet.

Réponse: Comme vous l'avez dit, plusieurs médias en Grèce et dans d'autres pays disent que la Russie aurait prétendument abandonné l'Arménie et le peuple arménien. Je peux dire ceci. Premièrement, au cours de cette période, j'ai lu un très grand nombre de versions, dans les médias étrangers aussi bien que russes: qui a gagné, à qui profite cette situation, qui a perdu, qui est la victime. Je peux dire que chaque version de chaque publication est diamétralement opposée à la précédente. De quoi cela témoigne-t-il? D'une mauvaise expertise? Je l'ignore, je ne suis pas prête à en parler.

Peut-être - c'est comme cela que je réponds quand je me pose la question - y a-t-il un manque de compréhension des processus qui se déroulaient dans la région par le passé, de la situation actuelle et des perspectives et des objectifs à long terme définis dans la déclaration signée par les dirigeants des trois pays.

Maintenant, je voudrais répondre au sujet de la phrase concrète selon laquelle la Russie aurait "abandonné l'Arménie et les Arméniens". La Russie n'a pas abandonné l'Arménie et les Arméniens: elle a tout fait pour normaliser cette situation. D'abord politiquement en utilisant pour cela la diplomatie, le droit international, les négociations, puis en envoyant ses casques bleus. Ceux qui écrivent des articles et des publications, participent aux émissions à la télévision en tentant de crier les uns plus fort que les autres, doivent comprendre qu'aujourd'hui la sécurité, la paix, l'avenir, la prospérité, la stabilité et avant tout la vie des citoyens de cette région directement rattachée aux deux pays, l'Azerbaïdjan et l'Arménie (il s'agit de tout le monde - des réfugiés, de ceux qui se trouvent sur le territoire, des déplacés internes) sont garantis par les casques bleus russes. Voilà pour la question de savoir à quel point la Fédération de Russie et notre gouvernement souhaitent sincèrement la stabilité de cette région.

Il ne s'agit pas seulement de déclarations politiques, même si elles sont importantes, indéniablement. Il ne s'agit pas seulement de maintenir notre position en faveur du règlement pacifique et du processus de paix face aux attaques et aux accusations de faiblesse, de manque de perspectives et d'un prétendu manque de réalisme. Il s'agit également de notre décision d'y envoyer nos casques bleus.

Tous ceux qui écrivent des articles doivent comprendre ce que notre pays a assumé en prenant cette décision, à quel point il souhaite la paix et la prospérité dans cette région et directement dans ces deux pays, l'Azerbaïdjan et l'Arménie. C'est, dans l'ensemble, une décision sans précédent.

Je pense que la Grèce sait - à ses dépens - ce que représente la décision d'envoyer un contingent de maintien de la paix, le temps généralement nécessaire pour adopter la décision en ce sens, le mettre au point, régler les problèmes de financement, de logistique, etc. Voyez comment cela a été fait dans cette situation. Je le souligne encore une fois, précisément parce que pour notre pays les relations aussi bien avec l'Azerbaïdjan qu'avec l'Arménie, entre les peuples de nos pays ayant une histoire commune et qui vivent en interaction très étroite entre eux, ne sont pas des paroles en l'air. Nous sommes prêts pour les démarches qui ont été entreprises.

Il est très facile d'écrire ou de prononcer le terme "casque bleu". Or derrière ce terme se trouve la vie d'une personne concrète. Et il faut le savoir.

J'ai l'impression que certains ne prennent pas conscience de l'ampleur de la décision prise par la Fédération de Russie. Il faut la comprendre. Notamment si vous avez mentionné des médias grecs qui connaissent le prix des efforts de maintien de la paix, à quel point il est difficile de les convenir. Alors pourquoi cette décision n'est-elle pas analysée du point de vue de sa profondeur et du long terme des objectifs visés?

Pardon pour l'emphase excessive, mais nous sommes tellement habitués à ne pas accorder l'attention qui leur est due aux décisions ayant une importance fatidique que parfois, il vaut mieux s'arrêter et s'accorder tout de même la possibilité d'une véritable analyse sans lancer des paroles en l'air.

Question: On entend de plus en plus fréquemment certains représentants politiques turcs et azéris déclarer que la Turquie voudrait avoir une fonction mobile au centre de surveillance et souhaiterait, dans l'ensemble, jouer un rôle équivalent à celui de la Russie. Quelle va être la présence turque dans cette région? Quelles garanties sont envisagées pour que la Turquie respecte rigoureusement tous les accords et ne prenne part à aucune activité militaire ou à l'opération de maintien de la paix au Karabakh?

Réponse: C'est de manière intentionnelle que je n'ai pas exprimé d'avis sur le processus de paix du Haut-Karabakh car la moitié de l'interview de deux heures accordée hier par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov était précisément consacrée à ce sujet. Il s'est notamment arrêté en détail sur la question de l'interaction russo-turque dans la région. Je peux répéter.

Les limites de la mobilité des observateurs turcs sont définies par les coordonnées géographiques qui seront déterminées pour déployer le centre d'observation russo-turc sur le territoire azéri, qui n'est pas directement lié au Haut-Karabakh et seront convenues ultérieurement pour mettre en place le centre d'observation commun. Un mémorandum a été signé à cet effet hier entre les ministres de la Défense russe et turc. Ce centre travaillera uniquement à distance en utilisant des moyens techniques de contrôle objectif, y compris des drones et d'autres technologies permettant de suivre la situation sur le terrain au Haut-Karabakh, avant tout sur la ligne de contact, et déterminer quelle partie respecte ou peut enfreindre les conditions du cessez-le-feu et des activités militaires. Les limites de la mobilité des observateurs turcs seront restreintes aux locaux qui seront impartis sur le territoire azéri, pas sur le territoire de l'ancien conflit.

De plus, Sergueï Lavrov a commenté la déclaration du Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu sur le fait que la Turquie travaillerait sur les mêmes bases que la Russie. Il est question uniquement de ce centre qui sera déployé sur le territoire azéri en stationnaire, sans aucune mission de sortie. En effet, dans ce centre les observateurs et les spécialistes russes et turcs travailleront sur la même base. Aucun contingent de maintien de la paix de la Turquie ne sera envoyé dans le Haut-Karabakh. Je souligne que tout ce qui concerne les casques bleus est écrit dans la déclaration conjointe du Président russe Vladimir Poutine, du Président azéri Ilham Aliev et du Premier ministre Nikol Pachinian.

J'attire votre attention sur le texte de l'interview de Sergueï Lavrov (https://www.mid.ru/ru/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4429844).

Question: Dans son discours au sommet de l'OCS, le Président russe Vladimir Poutine a évoqué l'Afghanistan. Dans le même temps, l'Afghanistan dispose depuis longtemps du statut d'observateur à l'OCS et cherche à y adhérer. Quelle est actuellement la position de la Russie à ce sujet?

Réponse: L'Afghanistan est un membre important de la famille de l'OCS. C'est pourquoi il est tout à fait normal que les sommets de l'Organisation accordent la plus grande attention au problème afghan. L'OCS prône systématiquement le rétablissement de l'Afghanistan en tant qu’État stable et sûr, exempt de terrorisme et de drogues, vivant en paix avec ses voisins. Cette position est traditionnellement reflétée dans les documents finaux des réunions de l'OCS au sommet. La déclaration de Moscou des dirigeants de l'OCS, adoptée le 10 novembre dernier, ne fait pas exception.

Le Groupe de contact OCS-Afghanistan travaille activement au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères. Les démarches concrètes entreprises pour aider l'Afghanistan sont fixées dans la Feuille de route adoptée à Bichkek au sommet de l'OCS en 2019.

En ce qui concerne l'adhésion de l'Afghanistan à l'OCS, je rappelle que la Russie a contribué en grande partie à l'obtention par ce pays du statut d'observateur auprès de l'OCS en 2012. La demande officielle de revoir à la hausse son profil dans l'Organisation a été déposée en 2015.

Nous soutenons cette disposition de l'Afghanistan. En même temps, il faut tenir compte du fait que pour recevoir le statut de membre à part entière il existe plusieurs critères, notamment le consensus sur la candidature du demandeur à l'OCS. Nous sommes certains qu'avec la mise en place des conditions politiques intérieures, cette perspective pourra également s'ouvrir à l'Afghanistan.

En même temps, le statut d'observateur ouvre de bonnes perspectives à l'Afghanistan pour développer la coopération avec l'OCS dans tous les domaines - la politique, la garantie de la sécurité, l'économie et le secteur social. De plus, l'OCS a plusieurs documents ouverts à la signature auxquels l'Afghanistan pourrait adhérer.

Question: Les 3 et 4 décembre se déroulera la 31e session spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies, initiée par l'Azerbaïdjan en tant que président en exercice du Mouvement des non-alignés et dont le thème sera la lutte contre la Covid-19. Que peut dire le Ministère russe des Affaires étrangères de l'importance et du rôle de cette initiative dans la lutte contre la pandémie?

Il a également été annoncé que la Russie avait déposé une demande pour obtenir le statut d'observateur auprès du Mouvement des non-alignés. Pouvez-vous commenter, s'il vous plaît, cette décision, et dire à quel stade se trouve cette question?

Réponse: Les 3 et 4 décembre à New York se tiendra le débat général de la 31e session spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies sur la réaction à la pandémie de coronavirus. La décision d'organiser cette activité a été prise par les pays membres de l'Onu cet été. La mise au point des aspects procéduraux et organisationnels vient de se terminer. La session spéciale se tiendra dans un format hybride. Les chefs de délégation pourront aussi bien être présents physiquement à l'Assemblée générale à New York que virtuellement.

L'initiative de réunir cette session revient au Président azéri Ilham Aliev en tant que Président du Mouvement des non-alignés. La Fédération de Russie a soutenu depuis le départ cette idée de notre partenaire de la CEI.

Nous considérons cette activité comme un pas important dans la réaction à la Covid-19, qui confirme le rôle central de l'Onu dans la mise au point d'une réaction globale à la pandémie. L'Assemblée générale des Nations unies a déjà pris des décisions importantes en ce sens. Le Conseil de sécurité des Nations unies a également approuvé une résolution sur la lutte contre le coronavirus. Plusieurs programmes d'aide ont été préparés et réalisés par des organisations du système de l'Onu. Depuis le début de la pandémie, le rôle central parmi toutes les institutions des Nations unies a été joué par l'Organisation mondiale de la santé.

Nous espérons que les discussions de la session spéciale seront constructives, permettront de dresser le bilan des efforts déjà entrepris pour réagir à la pandémie, et contribueront à mobiliser la volonté politique pour poursuivre notre lutte commune.

En ce qui concerne l'éventualité de l'obtention du statut d'observateur par la Russie auprès du Mouvement des non-alignés, nous travaillons sur ce point en contact étroit avec l'Azerbaïdjan en tant que président en exercice du Mouvement.

Ces dernières années, nous avons établi une interaction très étroite avec le Mouvement, avant tout à l'Onu. A cela contribue la proximité ou la coïncidence des approches de la Russie et des pays membres du Mouvement sur la plupart des questions de l'agenda international. Sur cette toile de fond, relever le statut de la Russie auprès du Mouvement semble être une initiative logique. Il est évident que sa réalisation est associée à l'accomplissement de plusieurs exigences organisationnelles et procédurales prévues par les documents statutaires du Mouvement.

Question: Nous félicitons le Président russe Vladimir Poutine pour l'accord de paix réussi entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Peut-on diriger cette générosité du Président russe vers le règlement des conflits en Asie, notamment au Cachemire, au Yémen, en Irak, en Afghanistan et en Palestine? J'aurais pu reformuler mais même si cela sonne maladroitement, ça sonne bien.

Réponse: Merci pour ces propos chaleureux adressés à la Russie pour sa contribution afin de réduire la tension autour du Haut-Karabakh. Nous prônons le règlement de ce conflit et d'autres conflits régionaux par des moyens politiques et diplomatiques, par le dialogue. Ce n'est pas facile. C'est lié notamment à la critique en raison de la longueur d'un tel processus, de l'absence d'un progrès immédiat. Mais de notre point de vue, c'est la seule voie possible.

Question: La Fédération de Russie organise des exercices militaires conjoints au Pakistan. Ces exercices ont une grande importance après les récents exercices de l'OCS qui se sont déroulés en Russie. Que pensez-vous des exercices actuels et de leur impact sur la coopération stratégique entre la Russie et le Pakistan, ainsi que de l'élargissement du partenariat militaire dans la production industrielle? Dans un contexte plus large, quelle est l'ampleur de la coopération maritime entre la Russie et le Pakistan dans la région de l'océan Indien?

Réponse: Nous coopérons avec le Pakistan pour le renforcement de son potentiel de lutte antiterroriste, notamment en organisant des exercices communs. Les exercices tactiques russo-pakistanais "Amitié" qui se déroulent actuellement sur le territoire du Pakistan sont les cinquièmes depuis 2016 et visent à s'entraîner à mener des opérations antiterroristes en montagne.

Nous coopérons avec succès avec Islamabad dans la lutte antiterroriste et contre la piraterie dans l'océan Indien. On peut ajouter au palmarès des exercices communs "Mousson arabique" en octobre 2014, en décembre 2015 et en novembre 2018.

Question: Que pensez-vous de la possibilité que les États-Unis reviennent dans le Plan d'action et annulent les sanctions contre l'Iran?

Réponse: Nous n'écartons pas une telle éventualité et ne l'avons jamais écartée. Au contraire, depuis deux ans nous posions instamment à Washington la question de la nécessité de respecter à part entière ses engagements dans le cadre du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Si les Américains sont prêts à revenir sur le bon chemin, cela ne peut qu'être salué. Quand la progression dans ce sens deviendra réalité, ce texte ne devra pas être soumis à des conditions supplémentaires. Il faut exclure la révision du Plan d'action, empêcher d'ajouter au processus de sa réalisation des aspects qui sortent du cadre des accords globaux de 2015, notamment n'ayant rien à voir avec le nucléaire iranien.

Il est important de conserver l'intégrité de l'accord nucléaire et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Washington devra garantir la mise en œuvre à part entière, corriger toutes les infractions qu'il a commises en se retirant unilatéralement du Plan d'action en mai 2018. Cela concerne également l'annulation de toutes les sanctions unilatérales contre l'Iran.

 

 

 

 

 

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