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3 octobre 201919:33

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 3 octobre 2019

2020-03-10-2019

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Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des États indépendants

 

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov prendra part à la prochaine réunion du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de la CEI le 10 octobre à Achkhabad, la capitale du Turkménistan.

La rencontre portera sur l’état actuel et les perspectives de la coopération au sein de la Communauté, et sera l'occasion d'un échange de points de vue sur les thèmes régionaux et d'actualité.

Les ministres devraient adopter plusieurs décisions visant l’approfondissement de la coopération dans le domaine juridique, militaire, culturel et social. Ils accorderont une attention particulière à l’intensification du partenariat entre les ministères des Affaires étrangères des pays membres de la CEI.

Compte tenu des commémorations des 75 ans de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique (1941-1945) qui se dérouleront en 2020, les ministres des Affaires étrangères adopteront le projet d’Appel des chefs d’État de la CEI aux peuples de la Communauté et à l’opinion publique internationale.

Les documents examinés au cours de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la CEI devraient être adoptés par le Conseil des chefs d’État de la CEI (Achkhabad, 11 octobre 2019) et le Conseil des chefs de gouvernement de la CEI (Moscou, 25 octobre 2019).

 

Sur le bilan de la présidence russe du Conseil de sécurité des Nations unies en septembre

 

La présidence russe du Conseil de sécurité des Nations unies a pris fin le 30 septembre. L’ordre du jour du Conseil au cours de ce mois, au cours duquel a notamment été organisé la semaine de haut niveau de la 74e session de l’Assemblée générale de l’Onu, était assez chargé. On a adopté cinq résolutions, une déclaration de la Présidence et un communiqué de presse.

Les débats des ministres sur le thème «La coopération de l’Onu avec les organisations régionales et sous-régionales dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité: la contribution de la CEI, de l’OTSC et de l’OCS dans la lutte contre les menaces terroristes» a constitué un événement central. La discussion a permis de mettre l'accent sur les efforts considérables et efficaces de ces entités régionales dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et les phénomènes liés à ce dernier dans l’espace eurasiatique, et a montré le sérieux potentiel de développement de la coopération complexe de la CEI, de l’OTSC et de l’OCS avec l’Onu.

Il faut également souligner le déroulement efficace de la réunion ministérielle sur le thème «La paix et la sécurité en Afrique: le partenariat au nom du renforcement de la paix et de la sécurité dans la région», organisée par la Russie en partenariat avec les membres africains du Conseil de sécurité de l’Onu. Les participants ont confirmé leur volonté commune d’élargir le soutien international aux efforts africains concernant le règlement des conflits sur le continent et l’élargissement de la coopération entre l’Onu et l’Union africaine. Qui plus est, cet événement a permis de mettre l'accent sur la contribution russe à la consolidation de l’architecture de sécurité en Afrique et a servi de prologue au sommet Russie-Afrique qui aura lieu en octobre à Sotchi.

La Syrie a de nouveau constitué le sujet le plus sensible de l’ordre du jour du Conseil. Les délégations occidentales ont tenté de minimiser par différents moyens les efforts du format d’Astana et ont soumis au vote un projet de résolution prétendument humanitaire sur la situation à Idleb, qui protégeait en réalité les terroristes de Hayat Tahrir al-Cham. La délégation russe et ses partenaires chinois ont naturellement été obligés d’y mettre leur veto. Le projet alternatif qui stipulait clairement d’exclure les opérations antiterroristes du régime de cessez-le-feu n’a pas obtenu le soutien nécessaire.

Les efforts actifs de la «troïka d’Astana» en matière d’aide au règlement politique en Syrie ont permis à l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu Geir Pedersen d’annoncer la formation du Comité constitutionnel. Cet événement a déterminé le caractère de la réunion du Conseil de sécurité de l’Onu du 30 septembre, dont l’ambiance n’était pas conflictuelle pour la première fois depuis longtemps.

Dans le contexte des tensions qui perdurent au Moyen-Orient, plusieurs réunions du Conseil ont été consacrées aux conflits dans cette région. On a mené un examen universel de la situation en Libye soulignant l’inefficacité de l’embargo sur les livraisons d’armes, la nécessité d’harmoniser l’accompagnement extérieur du règlement et d’assurer la reprise des négociations par les belligérants. Le mandat de la Mission de soutien de l’Onu en Libye a été prolongé.  

Les débats sur la situation au Yémen se sont déroulés dans le contexte des frappes sur les sites pétroliers de l’Arabie saoudite et des événements à Aden. Les participants ont souligné leur soutien inconditionnel aux efforts de l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu pour le Yémen Martin Griffiths visant à pousser les belligérants à la mise en œuvre cohérente des accords de Stockholm, notamment sur Al-Hodeïda.  

Le conflit israélo-palestinien est également resté au centre de l’attention du Conseil. Au cours de la réunion consacrée à cette question, pratiquement tous les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont exprimé leur préoccupation au sujet de la colonisation israélienne incessante et du projet d’annexion de la vallée du Jourdain, ont souligné le caractère contreproductif des initiatives américaines unilatérales sur Jérusalem et le plateau du Golan syrien torpillant la base juridique universellement reconnue du règlement au Proche-Orient.

Au cours de la réunion trimestrielle du Conseil de sécurité des Nations unies sur l’Afghanistan, on a constaté beaucoup de thèses sur l’importance du dialogue afghan qui devrait assurer les négociations directes entre le Gouvernement et les Talibans, sur la nécessité de relancer le dialogue entre les Américains et les Talibans et d’offrir à Kaboul un soutien dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de stupéfiants. Le consensus dans l’adoption de la résolution 2489 du Conseil de sécurité de l’Onu a en grande partie résulté des efforts de la Russie visant à mener les membres du Conseil vers des positions mutuellement acceptables. 

Les débats annuels du Conseil sur le maintien de la paix ont réuni les principaux pays fournisseurs de contingents. La discussion a montré l’attachement de la communauté internationale au perfectionnement futur de l’activité de l’Onu en matière de maintien de la paix sur la base de l’initiative du Secrétaire général «Action pour le maintien de la paix» et conformément aux décisions consensuelles des États membres.

La présidence russe a mis au premier plan l’objectif de confirmer le rôle du Conseil en tant qu’outil efficace de concertation des efforts visant la recherche de réponses aux menaces à la paix et à la sécurité internationales. Les représentants russes ont tenté de promouvoir au maximum ces approches en renforçant l’image de la Russie comme un participant responsable aux relations internationales, ouvert ou dialogue et à la recherche de solutions aux questions internationales très compliquées.

La Russie reprendra la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies en octobre 2020. 

 

Sur les 70 ans de la République populaire de Chine

 

La République populaire de Chine a fêté ses 70 ans le 1er octobre. Nous félicitons sincèrement tous nos amis chinois à l’occasion de cet anniversaire. Beaucoup de nos amis chinois et de journalistes - qui ont notamment exprimé l’intérêt du public chinois - ont demandé de présenter nos félicitations en chinois. Je ne peux pas me priver du plaisir de satisfaire cette demande. Je voudrais féliciter en chinois tous les citoyens de ce pays, tous nos partenaires et amis: 祝贺中华人民共和国成立70周年!祝愿俄中友谊天长地久!(Zhu4 he4 zhong1 hua2 ren2 min2 gong4 he2 guo2 cheng2 li4 qi1 shi2 zhou1 nian2! Zhu4 yuan4 e2 zhong1 you3 yi4 tian1 chang2 di4 jiu3!).

L’histoire contemporaine de la Chine est une série d’accomplissements impressionnants dans le domaine du développement social, économique, scientifique et technique. La Chine a obtenu une place digne dans le système des liens économiques internationaux, a gagné beaucoup de respect dans les affaires internationales. La Russie salue sincèrement ces acquis et souhaite de nouveaux succès à la Chine amicale. 

Je voudrais rappeler que nous avons fêté le 2 octobre une autre date marquante et intrinsèquement liée à la formation de la République populaire de Chine: les 70 ans de l'établissement des liens diplomatiques entre nos deux pays. A cette occasion, les chefs d’État ont échangé des messages de félicitations, tandis que Rossiïskaïa gazeta et le Quotidien du peuple ont publié les articles des ministres des Affaires étrangères des deux pays. Le Ministère russe des Affaires étrangères et nos collègues chinois ont organisé des expositions de photographies et de documents consacrés à cette date.

Nous sommes ravis que les relations russo-chinoises, qui s’appuient sur le partenariat universel et la coopération stratégique, entrent dans une nouvelle ère et ne cessent de se développer activement. Elles constituent un exemple de liens de confiance et de respect entre deux puissances voisines et servent de facteur important de maintien de la stabilité globale.

Je voudrais souligner que Pékin accueillera la semaine prochaine notre rencontre avec nos collègues du Service de presse du Ministère chinois des Affaires étrangères. Nous avons déjà annoncé la possibilité de cette rencontre. Aujourd’hui, nous sommes en train de définir concrètement sa date et espérons organiser la semaine prochaine une rencontre et un entretien fructueux avec nos collègues chinois.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Nous évaluons la situation en Syrie comme stable. Des foyers de tension se maintiennent sur les territoires non contrôlés par le gouvernement syrien - à Idleb et au Nord-Est. Dans la zone de désescalade d'Idleb, malgré le cessez-le-feu proclamé unilatéralement par les forces gouvernementales à compter du 31 août, les terroristes continuent de bombarder tous les jours les positions de l'armée syrienne et les zones d'habitation. Dans l'ensemble, le nombre d'attaques des extrémistes augmente: 823 attaques en août, 972 en septembre.

La situation reste également difficile au Nord-Est du pays où, d'une part, grandit l'opposition de la population arabe contre les administrations locales et, de l'autre, se sont activées les cellules dormantes de Daech. En septembre, les terroristes ont commis 20 attentats qui ont fait 40 morts et 27 blessés parmi les combattants kurdes.

Des nouvelles alarmantes proviennent du camp pour déplacés internes de Roukban dans le Sud du pays, dans la zone d'occupation illégale américaine. Une nouvelle cargaison humanitaire y a été acheminée entre les 26 et 28 septembre. Un retrait de civils (dans un premier temps de 2.500 personnes) était initialement prévu, mais le 29 septembre seulement 336 personnes ont été évacuées sur le territoire contrôlé par les autorités syriennes. D'après les réfugiés, les combattants du groupe armé illégal Maghawir al-Thawra subordonné aux États-Unis interdisaient aux civils de quitter Roukban sous peine d'exécution.  Les Syriens qui ont tout de même réussi à partir ont dû verser beaucoup d'argent aux combattants pour leur libération. Il s'est avéré également qu'une grande partie de l'aide transmise par le convoi humanitaire s'est retrouvée entre les mains de Maghawir al-Thawra. Nous réaffirmons que la cause fondamentale de la situation difficile à Roukban est l'occupation illégale américaine et l'inaccomplissement systématique par Washington, en tant que puissance occupante, de ses engagements dans le cadre du droit humanitaire international pour la protection et la sécurité de la population civile sur les territoires contrôlés.

Dans un autre camp de déplacés internes, Al-Hol, qui se situe également dans les régions illégalement occupées par les États-Unis, des émeutes ont éclaté avec la participation des membres de famille de combattants terroristes étrangers. Les combattants du service de sécurité kurde ont dû utiliser les armes à feu, faisant des morts et des blessés. Il est évident que les gardes kurdes ont de plus en plus de mal de contrôler le camp, qui s'est transformé de facto en colonie terroriste de 70.000 personnes. Chaque semaine, le risque de fuite des terroristes d'Al-Hol et de leur "dissolution" en Syrie, dans les pays de la région de l'Europe devient de plus en plus réel. Comme dans le cas de Roukban, la responsabilité pour la situation à Al-Hol – la dégradation de la situation humanitaire et la fuite sans obstacle de terroristes de Daech, repose entièrement sur les Etats-Unis et leurs alliés de coalition, qui maintiennent le contrôle du Nord-Est de la Syrie en violant toutes les normes du droit international.

Sur cette toile de fond nous remarquons les démarches du gouvernement syrien au profit de la réconciliation nationale. Le Président syrien Bachar al-Assad a signé un décret sur l'amnistie générale prévoyant un assouplissement de peine pour les délits mineurs commis avant le 14 septembre 2019.

Chaque jour grandit également le nombre de Syriens de retour dans leur patrie – depuis le lancement de l'initiative pour le retour de déplacés internes et de réfugiés en juillet 2018, plus de 420.000 personnes sont arrivées en Syrie.

De plus, se poursuit le rétablissement des liens politiques, économiques, sociaux et culturels de la Syrie avec les pays de la région et de la paix en général.

Mi-septembre, à Damas s'est ouverte la 5e exposition du bâtiment pour la reconstruction de la Syrie, avec la participation d'environ 400 compagnies de 31 pays, dont la Russie, la Chine, l'Iran, le Venezuela et la Biélorussie.

Fin septembre, à Damas s'est tenue une conférence internationale sur l'éducation avec la participation de plus de 1.500 employés du secteur éducatif, notamment de Russie, d'Allemagne, d'Irak, de Jordanie, d'Egypte, d'Iran et d'Inde.

Fin septembre, une délégation de députés italiens s'est rendue à Damas pour rencontrer les hauts dirigeants du pays. Les deux parties ont noté l'importance d'une couverture objective et dépolitisée de la situation en Syrie, ainsi que des changements positifs qui s'opèrent.

Le poste de contrôle d'Abou Kemal à la frontière irako-syrienne a repris son travail le 30 septembre. Dans les mois à venir, il est prévu de rétablir la communication ferroviaire entre Damas et Homs.

De son côté, la Russie continue d'apporter sa contribution à la garantie d'un avenir pacifique pour la Syrie. En septembre, une filiale de Rostec, Rusinformexport, a mis en place l'infrastructure pour le lancement en Syrie du système du "gouvernement électronique". Le 23 septembre, dans un quartier de Damas, a rouvert une école secondaire pour garçons dont la reconstruction avait été financée par la Russie. L'université de Damas a organisé la 2e exposition des universités russes avec la participation de 19 établissements russes.

Je voudrais attirer votre attention sur le discours prononcé hier par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au forum de Valdaï, consacré à la situation actuelle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Le Ministre s'est arrêté en détail sur les causes de l'apparition de situations de crise et les solutions pour surmonter les crises anciennes ou nouvelles. Le sténogramme et la vidéo en sont accessibles sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. Le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères a également publié aujourd'hui l'interview que le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accordée au quotidien panarabe Asharq al-Awsat, accessible en russe et en arabe.

 

 Sur les manifestations en Irak

 

Des manifestations populaires de grande envergure se sont déroulées du 1er au 2 octobre à Bagdad, ainsi que dans plusieurs autres provinces du pays (Al-Basra, Maysan, Dhi Qar, Babil, Wasit, An-Najaf). Selon les dernières informations, malgré le caractère initialement pacifique des manifestations, on a constaté dans certaines régions de l’Irak, notamment dans la capitale, des attaques contre les sites gouvernementaux ayant conduit à des affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre. Ces désordres civils se sont soldés par des victimes parmi les manifestants et les agents des forces de sécurité (il y a des blessés et des morts).

Dans la nuit du 3 octobre, les forces de l’ordre ont réussi à maîtriser la situation et à arrêter la propagation des troubles. Aujourd’hui, la situation se normalise progressivement et reste sous le contrôle des autorités locales. Le Gouvernement irakien a décidé d’introduire le couvre-feu dans la capitale ainsi que dans plusieurs grandes villes du pays.

L’Ambassade russe à Bagdad et les Consulats généraux à Al-Basra et à Erbil suivent attentivement la situation et maintiennent des contacts permanents avec les autorités et les forces de sécurité irakiennes. Il n’existe pour le moment aucune menace directe pour les missions diplomatiques et les citoyens russes en Irak de la part des manifestants.

Je voudrais attirer encore une fois votre attention sur l’existence d’une hotline, des pages sur les réseaux sociaux, d’un site contenant toutes les informations nécessaires pour nos missions et nos citoyens qui se trouvent ou travaillent en Irak.

 

Sur l’évolution de la situation au Venezuela

 

On constate l’accumulation d’éléments troublants dans la situation autour du Venezuela.

Comme vous le savez, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a évoqué l’état actuel du pays à New York dans le cadre des rencontres avec ses homologues latinoaméricains de la Colombie, du Chili, de l’Équateur, du Mexique et de Cuba, ainsi qu’avec le Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et la Vice-Présidente exécutive du Venezuela. Des consultations politiques avec les dirigeants du Ministère argentin des Affaires étrangères viennent de prendre fin à Moscou. Nous sommes préoccupés par les tentatives de donner à la situation une nouvelle qualité, de l’intégrer de manière artificielle dans le contexte plus large des efforts antiterroristes régionaux, c’est-à-dire de réorienter l’évolution des événements vers un scénario très similaire à celui mis en place en Syrie, ce qui induit notamment une baisse dissimulée et par étapes du seuil de refus du recours à la force.

Nous avons clairement envoyé notre message: la Russie est pour un règlement politique exclusivement (je voudrais le souligner: exclusivement) pacifique dans ce pays sur la base du droit international et de la législation nationale, sans aucune ingérence extérieure destructrice, par les forces des Vénézuéliens et à l’aide du dialogue entre les différentes forces politiques qui les représentent. 

Dans ce contexte, nous constatons avec satisfaction l’arrivée d’informations positives du Venezuela. Les négociations lancées le 16 septembre dans le cadre de la «table ronde du dialogue national» entre le Gouvernement bolivarien et l’opposition constructive ne cessent de prendre de l’ampleur. Les opposants radicaux ne ménagent malheureusement aucun effort pour discréditer ce format qui a pourtant commencé à donner des résultats concrets. La Commission de la vérité, de la justice et de la paix a déjà commencé ses travaux et a permis de mettre fin aux enquêtes concernant 28 opposants. On examine également la possibilité de changer les mesures de coercition adoptées contre encore 200 citoyens à condition qu'ils n'aient pas commis de crimes graves. Les députés de la coalition progouvernementale ont repris leur travail à l'Assemblée nationale après une longue interruption. Cet événement pourrait augurer la normalisation du processus politique compte tenu de la pause actuelle dans le «processus d’Oslo».

Outre le lancement du dialogue national, il existe d’autres confirmations de la volonté du Gouvernement d’accepter un compromis. Cela concerne notamment sa décision de signer le 23 septembre un mémorandum avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Nous constatons la volonté de Caracas de travailler à l’amélioration des mécanismes de protection des droits de l’homme malgré la pression extérieure inédite qu’il subit. 

Ces tendances constructives, malheureusement, sont toujours embryonnaires et font face à une opposition sérieuse. Washington poursuit sa politique visant la destitution du Gouvernement légitime du Venezuela, et ne veut pas apprendre de ses erreurs ou sur celles des autres. Les efforts des responsables américains ou des opposants radicaux qu’ils soutiennent ressemblent parfois à une propagande directe (Sergueï Lavrov a déjà commenté les tentatives des opposants de disséminer des fake news sur sa rencontre avec eux à New York). Tout cela porte préjudice à l’établissement intérieur du dialogue entre les Vénézuéliens, entre autres. Nous connaissons très bien le nombre de fakes lancés chaque jour de telle ou telle manière. 

Qui plus est, les initiatives de Washington, notamment en matière de sanctions antihumaines contre le Venezuela et ses alliés, surtout contre Cuba, suivies de commentaires cyniques des responsables américains, suscitent une impression très désagréable. Ainsi, l’Envoyé spécial du Département d’État au Venezuela Elliott Abrams a récemment accordé une interview au quotidien Miami Herald et a raconté - non sans satisfaction, à mon avis - que les nouvelles restrictions concernant la fourniture d'énergie vers Cuba pourraient susciter des problèmes économiques et sociaux sur l’île. Il a également regretté que même ces conditions difficiles n’arriveraient à forcer la Havane à faire des courbettes devant les Américains.  

Cela pose une nouvelle question: est-ce que toute l’histoire de la région, notamment de Cuba, n’a rien appris aux Américains? Il est impossible de briser les Cubains. L’histoire l’a déjà démontré.

Nous regrettons que les États-Unis continuent de promouvoir de manière politicienne et propagandiste l’idée du recours au mécanisme du Traité interaméricain d’assistance réciproque, également connu sous le nom de Pacte de Rio de 1947. Comme il est nécessaire de tenir compte de l’allergie régionale aux opérations militaires, ils essaient pour le moment de présenter ce texte comme un outil d’action exclusivement politique. A mon avis, tout le monde doit avoir intérêt à faire baisser les tensions. Mais nous constatons toujours la volonté américaine de les attiser.

En conclusion, je voudrais souligner encore une fois l’importance du dialogue. Nos partenaires latinoaméricains ont demandé au cours des entretiens quelle solution réaliste nous envisagions et ce qu’on pourrait entreprendre à ces fins. La réponse est évidente: il faut renoncer à l’aveuglement idéologique, soutenir le dialogue naissant, appeler toutes les forces vénézuéliennes influentes - y compris les partisans de Juan Guaido - à rejoindre cette «table ronde». Comme l’a souligné le Président russe Vladimir Poutine avant son entretien avec le Président vénézuélien Nicolas Maduro le 25 septembre dernier au Kremlin, nous considérons tout refus du dialogue comme un choix irraisonnable, néfaste pour le pays et ne faisant que créer des menaces pour le bien-être de la population du Venezuela. 

 

Sur la signature d'un accord de libre-échange entre l'Union économique eurasiatique et la République de Singapour

 

Le 1er octobre, en marge de la réunion du Haut Conseil économique eurasiatique à Erevan, en présence des chefs d’État de l'Union économique eurasiatique (UEE) et du Premier ministre de Singapour Lee Hsien Loong, s'est tenue la cérémonie de signature d'un accord de libre-échange entre l'UEE et la République de Singapour. Le document a été signé par le premier vice-Premier ministre et Ministre russe des Finances Anton Silouanov et par le Ministre coordinateur pour la Politique sociale de Singapour, Tharman Shanmugaratnam.

Cet événement ouvre une nouvelle page dans les relations avec cet État, crée des conditions pour accroître les échanges (3,6 milliards de dollars en 2016) et élargir la coopération dans les domaines pratiques.

Le montant de la libéralisation douanière dans le cadre de cet accord concerne 88% des produits de l'UEE, soit 92% des importations de Singapour. Les principales étapes de ce processus portent sur la date d'entrée en vigueur du document, cinq et sept ans.

Cinq accords bilatéraux de libre-échange seront également signés pour le commerce de services et les investissements entre chaque État membre de l'UEE et Singapour, ce qui constituera un ensemble d'accords formant une zone de libre-échange UEE-Singapour.

 

Sur l'élection présidentielle en Afghanistan

 

Nous percevons positivement le déroulement de l'élection présidentielle en Afghanistan le 28 septembre, en dépit d'une situation militaro-politique tendue et de la présence de menaces terroristes. Heureusement, ce vote s'est accompagné d'un nombre de victimes moins important que lors des législatives de 2018.

Néanmoins, force est de constater un taux de participation extrêmement bas, des complications techniques, notamment des pannes de liaison dans les provinces du Nord et du Nord-Est du pays, ainsi qu'un grand nombre de plaintes concernant le fonctionnement des équipements biométriques et les fraudes. Par conséquent, la plupart des candidats remettent déjà en question la légitimité des résultats du vote.

L'annonce des résultats préliminaires de l'élection est prévue le 19 octobre, et celle des résultats définitifs le 7 novembre. Nous espérons que la procédure de dépouillement des bulletins sera la plus transparente et honnête possible, et que les résultats du vote seront reconnus par les candidats à la présidence et par la population afghane.

En cas de nécessité, la communauté internationale doit être prête à apporter sa contribution à l'Afghanistan pour une vérification indépendante des résultats du vote.

 

Sur la désinformation antirusse en Norvège

 

Nous sommes choqués par l'activité médiatique étrange du lobby russophobe à l'intérieur de la Norvège et en dehors, qui s'est manifesté sur les pages des médias de ce pays. Il s'agit effectivement d'une vaste désinformation antirusse. Elle est apparue récemment et concerne la prétendue présence de forces spéciales russes et d'une activité d'espionnage de la Russie en Norvège.

Selon moi, c'est l'apothéose de l'absence de scrupules, de l'écart non seulement de l'éthique professionnelle mais également des normes du journalisme. Tous les prétendus "faits" pensables et impensables ont été réunis pour, selon l'idée des auteurs, ne laisser au public norvégien aucun doute quant aux intentions hostiles de la Russie envers cet État. Je ne vais pas énumérer ces fakes, je ne le juge pas nécessaire. Malheureusement, ils se sont largement répandus. Qui plus est, ils ont également été relayés par des sites russophones. Bien évidemment, tout cela restera sur la conscience de ceux qui l'ont inventé et répandu. Nous le commenterons ponctuellement et globalement, cela n'échappera pas à notre attention.

De facto, nous pouvons constater qu'en Norvège, ces derniers temps, est mené un travail systématique pour imposer une image de la Russie en tant qu'ennemi. C'est une politique médiatique antirusse agressive. Je voudrais vraiment que nos collègues du Ministère des Affaires étrangères norvégien le constatent. De plus, notre pays est sciemment accusé dans l'espace médiatique de la hausse de l'imprévisibilité et de l'instabilité internationale, on avance constamment des accusations absolument infondées.

Nous regrettons qu'une telle situation prenne place dans un pays qui possède sa propre expérience historique positive de relations avec la Russie. De plus, nous regrettons vraiment que cette campagne ait pris une telle ampleur à la veille d'un événement important dans nos relations: les activités dans le cadre desquelles nous célébrerons le 75e anniversaire de la libération du Nord de la Norvège par l'Armée rouge. Je soupçonne que toute cette campagne soit précisément associée à cet événement. Ces choses doivent être remarquées par la communauté journalistique professionnelle en Norvège, et probablement par les représentants officiels. Les renseignements de ce pays doivent également travailler et identifier ceux qui mènent de telles campagnes médiatiques dans leur pays, qui détruisent les relations bilatérales et montrent que les médias norvégiens propagent des fakes.

Nous espérons que la Norvège construira ses relations avec la Russie en fonction des intérêts à long terme et d'un respect de partenariat réel, et non à partir de fakes provocateurs.

 

Sur le projet des autorités lettones de faire passer tout le système éducatif en langue lettone

 

Les plans - concertés par la coalition au pouvoir en Lettonie - de «dérussifier» tout le système éducatif, y compris les établissements préscolaires, suscitent beaucoup de préoccupations.

Cette initiative revêt un caractère manifestement discriminatoire, et son objectif ultime est l'assimilation forcée de la population russophone. Cette politique destructrice de Riga non seulement ignore l’opinion d’une partie considérable de la société lettone (la décision a été prise sans aucune délibération large et malgré les contestations massives), mais va aussi à l’encontre des engagements de la Lettonie en matière de droit international concernant la garantie des droits linguistiques des minorités nationales dans le cadre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale de 1965, de la Convention concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement de l’Unesco de 1960, de la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 et d’autres outils juridiques fondateurs auxquels la République de Lettonie a adhéré.

Nous sommes surtout préoccupés par le fait que l’exclusion de la langue maternelle de l’enseignement préscolaire pourrait produire un effet très néfaste sur l’éducation des enfants russophones et notamment sur leur état psychologique.

Nous attendons de la part des structures internationales spécialisées une estimation de principe concernant la situation inacceptable relative aux violations des droits des minorités nationales dans le domaine linguistique dans ce pays.

 

Sur la profanation d’une obélisque dans un cimetière militaire soviétique en Pologne

 

Dans la ville de Jawor (voïvodie de Basse-Silésie), des vandales ont profané le monument central du cimetière des soldats de l’Armée rouge, où reposent 610 soldats et officiers soviétiques morts dans les combats pour la libération de la Pologne de l’occupation hitlérienne en février 1945. Je voudrais poser aux responsables polonais la question suivante: êtes-vous satisfaits?

Il s’agit du troisième acte de vandalisme subi par le monument depuis le début de l’année, et les forces de l’ordre polonaises n’ont toujours trouvé aucun coupable pour les deux premiers cas. Cette impunité, ainsi que le révisionnisme de Varsovie au sujet de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et la négation du rôle décisif de l’URSS et de l’Armée rouge dans la libération de l’Europe du fascisme, créent un terrain propice à de nouveaux incidents honteux.

Nous exigeons des autorités polonaises qu'elles trouvent et traduisent en justice tous les coupables, et adoptent toutes les mesures nécessaires pour prévenir les actes de vandalisme contre les monuments soviétiques. Nous appelons Varsovie à respecter ses engagements internationaux et à garantir une attitude civilisée envers les cimetières militaires. 

 

Sur les propos de Jon Huntsman, Ambassadeur américain en Russie

 

Aujourd’hui, le 3 octobre, le quotidien Kommersant a publié l’interview d’adieu de l’Ambassadeur américain en Russie, Jon Huntsman. Un extrait a attiré notre attention. Ainsi, il a dit que les restrictions de visa avaient empêché plusieurs délégations américaines importantes de se rendre en Russie. Il a donc laissé entendre - le texte le dit ouvertement - que les problèmes de visa entre la Russie et les États-Unis étaient réciproques. Comme il n’a pas précisé de qui il s’agissait, ses propos rendent perplexe.

Nous ne sommes au courant que du cas de deux sénateurs qui n’ont pas pu entrer en Russie en septembre dernier. Cette situation ne s’explique pas par le refus russe d’octroyer les visas ou des retards de délivrance, mais par le fait que ces personnes se trouvent sur la «liste noire» des visas russes. Pourquoi ont-elles été placées sur cette liste? Je pense que M. Huntsman le sait parfaitement. Dans tous les cas, je vais le rappeler - ce n’est pas trop d'effort. Ces deux sénateurs se sont retrouvés sur la liste en réponse aux sanctions américaines massives contre des parlementaires russes, des personnalités publiques et sociales, des hommes d’affaires et des citoyens ordinaires. Autrement dit, cette interdiction d’entrée n’est qu’une réaction à la politique hostile de Washington, à la formation de laquelle ont activement participé ces législateurs américains. De quels problèmes réciproques s’agit-il? Nous n’avons aucun problème concernant l’octroi de visas aux citoyens américains.

La Russie ne crée aucun obstacle dans le dialogue avec les États-Unis, elle est ouverte aux échanges de délégations. Nous ne constatons malheureusement aucune volonté réciproque - pour ne pas dire plus. Le retard dans l’octroi de visas américains aux délégations russes, voire le refus direct de le faire, ont revêtu un caractère large et, malheureusement, régulier.   

Ainsi, les actions américaines dans ce domaine ont empêché cette semaine le déplacement des représentants du Ministère des Affaires étrangères au forum russo-américain «Dialogue de Fort Ross». Ce dernier se déroule dans l’ancienne forteresse des pionniers russes en Californie et vise à renforcer la compréhension mutuelle et à intensifier la coopération bilatérale par la diplomatie sociale. Certains représentants des milieux politiques de Washington n’apprécient visiblement pas ces objectifs, bien que nous n’ayons jamais constaté de problèmes de ce genre par le passé.

A vrai dire, nous sommes indignés par les actions des autorités américaines visant à empêcher une participation normale de la Russie aux événements internationaux sur le territoire des États-Unis. Nous avons déjà indiqué que Washington n’avait pas octroyé de visas à une partie considérable de la délégation russe qui aurait dû participer en septembre à la semaine de haut niveau de la session de l’Assemblée générale de l’Onu à New York. Les représentants américains bloquent toujours l’entrée des responsables mandatés pour représenter la Russie lors des réunions de différents comités de l’Assemblée générale de l’Onu. Je voudrais rappeler qu’une session dure près d’un an.

C’est pourquoi nous ne comprenons pas tout à fait les propos de Jon Huntsman qui parle de problèmes de visas des deux côtés. Ces derniers n’ont été créés que par les Américains. Washington est parfois obligé de récolter les fruits de sa politique de confrontation sous la forme de mesures de notre part, symétriques mais ponctuelles. L’arrêt de la pratique vicieuse de non-octroi des visas aux représentants officiels, qui ajoute des éléments négatifs à nos relations bilatérales, ne dépend que des Américains. 

Nos hommes d’affaires, nos personnalités publiques, du monde de l'art et de la culture, nos entrepreneurs et nos touristes, n’arrivent pratiquement jamais à obtenir un visa américain sans problème. Quand tu en parles aux citoyens américains, ils ne peuvent pas s’imaginer que des citoyens respectables, n’ayant rien à voir avec des escroqueries financières, l’activité terroriste ou d’autres manœuvres criminelles, doivent attendre près d’un an et passer un entretien pour obtenir un visa en 2019. Sachant que le paiement pour les services de visa est effectué à temps. Ce facteur doit également être pris en considération. Les gens paient pour la procédure de visa avant le début de ce travail. A vrai dire, cet extrait de l’interview du responsable américain nous laisse perplexes.

 

Sur l’entrée en vigueur des accords sur l’annulation des exigences en matière de visas pour les déplacements réciproques des citoyens entre la Fédération de Russie et plusieurs pays

 

La liste des pays où les Russes peuvent séjourner sans visa pendant un certain temps et dont les citoyens peuvent se rendre en Russie dans le cadre d’un schéma simplifié, sans formalités de visa, ne cesse de s’élargir.

Je voudrais attirer votre attention sur le fait que le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères comprend une rubrique spéciale indiquant les pays où les Russes peuvent se rendre sans visa, et présente les limites du séjour sans visa de nos citoyens sur le territoire de ces États.

Ainsi, on attend en octobre l’entrée en vigueur des accords du Gouvernement de la Fédération de Russie avec le Gouvernement d’Antigua-et-Barbuda et avec le Gouvernement de la République du Botswana. Les ententes obtenues favoriseront l’élargissement du flux touristique et de la mise en œuvre des contacts entre les milieux d’affaires dans d’autres domaines.

Je voudrais demander aux représentants des médias de suivre cette rubrique du site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères.

 

Réponses aux questions:

Question: Nezavissimaïa gazeta a publié un article du "ministre des Transports et des Communications" de ladite "République de Chine", qui souligne la volonté de Taïwan de participer aux activités de l’Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Quelle est la position du Ministère russe des Affaires étrangères à ce sujet?

Réponse: Nous avons fait attention à cette publication. Notre position sur cette question est fixée par le Traité russo-chinois sur le bon voisinage, l’amitié et la coopération signé le 16 juillet 2001, ainsi que par plusieurs textes bilatéraux adoptés au sommet. La Russie ne reconnaît l’existence que d’une seule Chine dans le monde. Le Gouvernement de la République populaire de Chine est le seul gouvernement légitime qui représente toute la Chine, dont Taïwan fait partie intégrante. La Russie s’oppose à toutes les autres versions et interprétations.

La Russie s’oppose à la participation de Taïwan à l’OACI et aux autres organisations internationales dont les membres ne peuvent être que les États souverains, ainsi qu’à la participation taïwanaise à leur travail dans un format non concerté avec la République populaire de Chine.

Je répète qu’il n’y a rien de sensationnel dans cette position. Il s’agit de notre approche traditionnelle et de la position officielle de la Fédération de Russie.

Question: Lors de son intervention d’hier dans le cadre du Club de discussion international Valdaï, Sergueï Lavrov a soulevé le sujet du Haut-Karabagh. Selon lui, la situation sur le terrain s'est améliorée, on constate moins de tirs, leur intensité a diminué, moins de personnes perdent leur vie. Mais les négociations sont en suspens. Selon Sergueï Lavrov, le rétablissement des négociations directes pourrait redonner une dynamique à ce travail. Le Ministre a également souligné que les pourparlers se déroulaient au niveau des ministres des Affaires étrangères dans le cadre du groupe de Minsk de l’OSCE. De quelles négociations directes s’agit-il: entre les leaders de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ou entre le Haut-Karabagh et l’Azerbaïdjan? 

Réponse: Je pense que les négociations directes entre les deux États seront annoncées par leurs représentants. Je peux dire que, conformément aux ententes avec les ministres des Affaires étrangères de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, les coprésidents du groupe de Minsk de l’OSCE envisagent de se rendre dans la région afin de mener les pourparlers et de débattre des questions relatives au règlement. Les délais sont actuellement en cours de concertation et nous ferons une annonce supplémentaire à ce sujet.  

Question: Notre quotidien a mené une enquête sur les contestations qui se sont déroulées à Moscou cet été. Ainsi, nous avons établi qu’un collaborateur du Consulat américain en Russie, Stephen Sexton, avait expliqué aux employés de la Fondation de lutte contre la corruption comment il fallait se comporter au cours des manifestations et lors des arrestations. Nous avons envoyé ces informations au Ministère des Affaires étrangères. Existe-il des informations sur cette personne, comment considère-t-on son activité et faut-il s’attendre à une réaction?

Réponse: Nous avons envoyé une réponse à votre demande.

En ce qui concerne la personnalité du représentant de l’Ambassade américaine, même s’il s’agit d’un collaborateur consulaire vous pouvez toujours contacter l’Ambassade américaine. Je pense qu’ils seront en mesure de confirmer ou de nier l’existence de cette personne.    

Question (traduite de l’anglais): Comment Sergueï Lavrov a-t-il réagi à la démission de Kurt Volker, envoyé spécial des États-Unis pour l’Ukraine? Il avait critiqué son travail à l’Onu en 2018. Est-ce que le Ministre regrette sa démission? Considère-t-il que Kurt Volker avait contribué à l’accord sur le Donbass signé cette semaine?

Réponse: Nous avons commenté l’activité de Kurt Volker. Il est un peu étrange de le faire après sa démission. Globalement, je ne peux rien dire de positif sur sa contribution. Comme vous l’avez justement souligné, nous avons régulièrement formulé des estimations critiques concernant son rôle. Son travail n’a en rien contribué à la stabilité ou aux tendances positives, sans parler du règlement de la situation. Je ne peux rien dire de positif sur le bilan de son travail.

Vous lisez les médias russes et moi, je lis les médias étrangers, notamment américains. Ces derniers ont beaucoup parlé du lobbying de ses propres intérêts ou de ceux des entreprises qui l’employaient, alors qu’il était envoyé spécial.   

Question (traduite de l’anglais): Les médias ont publié des informations sur le décès d'une vingtaine de soldats russes en Libye, qui étaient visiblement liés à la société militaire privée Wagner. Avez-vous des informations à ce sujet? Est-ce que la Russie soutient la présence de ses militaires en Libye? Sinon, quelles mesures pourrait entreprendre le gouvernement russe afin de persécuter ceux qui s’occupent de la «mise en œuvre de la politique étrangère sous contrat»?

Réponse: Vous n’avez probablement fait attention à cette question. Sergueï Lavrov a déjà commenté le problème des SMP. Nous vous enverrons des liens vers ses commentaires. Je n’ai pas d’informations à ce sujet. De quels soldats s’agit-il?

Je voudrais vous rappeler que tous les problèmes relatifs aux militaires russes sont commentés par le Ministère russe de la Défense. S’il s’agit des personnes menant une activité liée aux conflits militaires ou à la participation à ces derniers de n’importe quel côté, je voudrais attirer encore une fois votre attention sur le commentaire de Sergueï Lavrov à ce sujet.

Si des citoyens russes - indépendamment de leur activité - se retrouvent dans une situation difficile, s’adressent à nous via nos missions à l’étranger, c’est-à-dire aux ambassades et aux consulats, nous leur offrons notre soutien et notre aide, commentons la situation en réponse aux demandes éventuelles des médias à condition de l’approbation par leur famille. Dans le contexte actuel, je n’ai aucune information ni demande de la part des proches. Je ne comprends même pas de quoi il s’agit.

Malheureusement des choses arrivent chaque jour à des centaines de citoyens russes dans le monde entier. Si vous avez des informations et des documents concrets, pas des rumeurs, présentez-les-nous, s’il vous plaît. Nous les examinerons et essaierons de donner un commentaire.  

Question: Le Vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine a récemment annoncé que de nouvelles négociations dans le cadre du format d’Astana devraient avoir lieu bientôt. Y a-t-il une date plus concrète? Quel sera l’ordre du jour du premier cycle des négociations suite à la formation du Comité constitutionnel en Syrie?

Réponse: Je n’ai pas encore la date de la prochaine réunion du format d’Astana. En ce qui concerne l’ordre du jour, il s’agit de l’évolution de la situation dans le contexte de l’aboutissement de la formation du Comité constitutionnel, qui est le facteur principal du progrès vers un règlement complexe de la situation en Syrie et l’établissement du processus politique. Il ne s’agit que de l’un des sujets.

Je voudrais ajouter que le début du travail du Comité et la mise en œuvre de ses objectifs seront attentivement analysés et examinés non seulement dans le cadre du format d’Astana, mais aussi à tous les autres niveaux. Il s’agit d’un facteur très important de développement de la situation en Syrie et dans la région en général.

Question: Vladislav Sourkov, Assistant du Président russe, a annoncé que les ministres des affaires étrangères du format Normandie pourraient se rencontrer avant le sommet des leaders des quatre pays (la Russie, l’Allemagne, la France et l’Ukraine). Quand et où pourrait se tenir cette rencontre?

Réponse: En théorie, on ne peut pas l’exclure. En pratique, il n’existe toujours pas de calendrier, ni de dates précises. Si nous avions des informations plus concrètes, nous vous les présenterions. Pour l’instant, je n’ai pas de données sur l’examen pratique d’une telle rencontre.   

Question: La plupart des membres de la Chambre des représentants du Parlement néerlandais se sont prononcés pour une enquête complète sur le rôle de l’Ukraine dans le crash du Boeing malaisien dans le Donbass en 2014. Plus de cinq ans ont passé depuis cet événement. A votre avis, qu’est-ce qui a empêché de mener cette enquête plus tôt? La Russie a dès le début souligné sa volonté de participer à l’enquête, mais cela n’a donné aucun résultat. Est-ce que la situation va désormais changer? Permettra-t-on à Moscou de participer à l’investigation?

Réponse: C’est paradoxal. Je ne l’aurais jamais cru si je n’avais pas pris connaissance des faits. Cela s’explique par les mêmes facteurs qui ont empêché de recueillir les fragments du Boeing qui se trouvent toujours sur les lieux de la catastrophe. Qui plus est, il s’agit de fragments assez importants. J’ai regardé une vidéo récente: tous les fragments se trouvent là-bas, mais personne ne les recueille. Qu’est-ce qui empêche de le faire? Nous l’avons souligné à plusieurs reprises: la raison globale réside dans le fait que certaines forces ont, dès le début, sans attendre les résultats de l’enquête, établi leur jugement sur la culpabilité d’un État et l’innocence de tous les autres.

Tout le reste - l’investigation, les déclarations, les activités des membres du groupe concerné - était corrigé selon les besoins du verdict déjà prêt et annoncé. Une telle approche n’est, malheureusement, plus rare. Nous l’avons constatée à plusieurs reprises. Elle contredit absolument toutes les représentations du droit international et national.  

Je ne connais aucun système juridique national qui n’applique pas le principe de présomption d’innocence et qui établit son jugement le jour de l’incident, de l’accident ou du crime. Il n’existe pas de systèmes juridiques de ce genre.

Quand les principaux pays du monde lancent, dès les premières heures, la formation de l’opinion publique et désignent les coupables sans aucune preuve et sans le droit d’avancer les affirmations de ce genre - il s’agit d'États qui se présentent comme développés du point de vue juridique - cela signifie la fin du respect du droit dans le monde en général. Je pense que c’est l’obstacle principal sur la voie d’un examen méticuleux et universel de cette affaire. 

Je voudrais rappeler que personne n’a annulé la décision du Conseil de sécurité de l’Onu sur l’organisation d’une enquête complexe. La Russie a activement participé à l’élaboration de ce texte qui, pour une certaine raison, ne constitue pour personne une feuille de route depuis des années.

C’est une réponse générale à votre question. Il existe dans cette affaire énormément d’inconsistances, d’exemples de non-respect du droit international. Nous l’avons évoqué à plusieurs reprises et avons présenté nos estimations des actions et des propos concrets à ce sujet.  

Question: Selon les médias, les autorités américaines ont approuvé le contrat de vente à l’Ukraine des missiles antichars Javelin pour 39 millions de dollars. Comment cet achat pourrait-il se refléter sur le règlement de la crise?

Réponse: Aujourd’hui, le besoin réel de l’Ukraine est le règlement du conflit intérieur et la résolution de la crise dans plusieurs domaines, notamment dans l’économie. Il est nécessaire d’améliorer réellement la situation dans la lutte contre la corruption, l’harmonisation de la politique intérieure, la recherche de son identité. C’est ce qui est nécessaire pour l’Ukraine. Je doute que les livraisons d'armes que vous avez mentionnées puissent résoudre ces questions. En même temps, elles devraient porter un coup au budget ukrainien.

Question: Le quotidien The New York Times a cité des experts américains de la lutte contre le terrorisme pour se plaindre que l’armée américaine aurait été incapable de bombarder les unités d’Al-Qaïda dans la province d’Idleb car ce territoire était couvert par la défense antiaérienne russe. Que pensez-vous de cette publication? Dans combien de temps, selon vous, accusera-t-on la Russie d’aider les terroristes?

Réponse: Je pense qu’il faut poser cette question à nos experts militaires. Franchement, je ne sais même pas ce qu’on pourrait commenter. Que voulez-vous apprendre par cette question? Si notre défense antiaérienne repousse des frappes de missiles? Oui, évidemment. Quant à la région, cela concerne le Ministère de la Défense et la situation sur le terrain.  

Question: L’Ukraine a adopté la "formule Steinmeier". Beaucoup de critiques de cette initiative affirment qu’il s’agit d’une concession évidente à Moscou. Des manifestations se déroulent actuellement en Ukraine. Les opposants à cette décision - ceux qui manifestent dans les rues - estiment que c’est une concession à Moscou. Quelle est la réaction russe à cette initiative? 

Réponse: Dans un État démocratique, tout le monde a le droit d’avoir sa propre opinion ou de mettre en œuvre et de déclarer cette dernière sous certaines formes. Si tout cela reste dans les limites des normes du droit, pourquoi une partie de la population ukrainienne ne peut-elle pas exprimer son soutien ou son opposition à telle ou telle décision des autorités? Je ne vois rien à commenter. Les représentants du format Normandie ont clairement soutenu les résultats du travail du Groupe de contact, notamment selon la "formule Steinmeier". C’est réellement important du point de vue de la contribution au règlement et du progrès vers la mise en œuvre des accords de Minsk. Les principaux acteurs internationaux qui restent hors du format Normandie se sont eux aussi prononcé pour soutenir les décisions adoptées et fixées (sur des feuilles différentes, mais sur le papier néanmoins). Ce fait est également important. Cela signifie qu’il est possible de rapprocher les positions même sur une question qui a été loin d’un consensus. Il y aura toujours des personnes et des forces politiques voulant utiliser l’opinion publique et former leur propre agenda: c’est normal dans un processus démocratique. J’ai été surprise, voire touchée, par le fait que cette initiative, voire tout le processus de mise en œuvre des accords de Minsk, a suscité l’opposition des forces s’associant à l’ancien président ukrainien Piotr Porochenko. C’est touchant parce que, premièrement, Piotr Porochenko a signé les accords de Minsk. Deuxièmement, suite à son retour de Minsk, tout une partie de l’establishment ukrainien l'avait accusé lui et sa délégation d’avoir fait des concessions. Il a donc tenté de prouver pendant plusieurs années qu’il n’avait pas fait de concessions en signant les accords de Minsk. Aujourd’hui, il fait donc exactement ce à quoi il s’opposait pendant des années. Il commence à accuser les autorités actuelles de Kiev de faire des concessions à cause de leurs tentatives de progresser dans la mise en œuvre des accords de Minsk et des formats supplémentaires favorisant leur réalisation pratique (en particulier, la "formule Steinmeier"). Comme si les acteurs avaient échangé leurs places et s'étaient mis à se contredire. Ces éléments sont surprenants. Quant à l’existence de personnes qui ont leur propre point de vue, mais qui n’ont jamais participé à la gouvernance du pays ni au processus politique, c’est absolument normal pour les États démocratiques. Cela arrive partout. Et c’est même bien.

L’essentiel est de rester dans le cadre du champ juridique pour que les événements ne se transforment pas en nouvelle «phase chaude» du conflit. Je doute que l’Ukraine tienne si un nouveau Maïdan se soldait par une nouvelle série de troubles. Il faut aujourd’hui utiliser toutes les forces pour résoudre les problèmes existants au lieu d'en créer de nouveaux. Dans ce sens, le dialogue est toujours une bonne chose. L’existence d’un point de vue différent est toujours excellent. L’examen dans le cadre juridique, c’est merveilleux. L’important est que tout reste dans le cadre du droit et qu’il soit clair et évident qu’il est aujourd’hui nécessaire d’utiliser toutes les possibilités et toutes les chances pour mettre en œuvre les accords de Minsk au nom de l’objectif principal et majeur: le règlement du conflit ukrainien.

Question: Les premiers prix Nobel de 2019 seront annoncés la semaine prochaine. Nos collègues de Novaïa gazeta, ainsi que nos représentants en matière de littérature et de sciences naturelles, ont plus d’une fois été candidats au prix Nobel et ont même gagné cette distinction désirée. Dans tous les cas, il serait juste de mentionner que tout cela avait eu lieu dans le contexte de tensions politiques moins aiguës entre la Russie et l’Occident. Selon le Ministère des Affaires étrangères, quelles sont les chances de nos concitoyens d’être nominés pour le prix Nobel ou de l’obtenir en 2019?

Réponse: Nous ne faisons pas de paris. Il est, à mon avis, inapproprié de parler des chances. Il s’agit d’une structure indépendante. Je veux bien espérer qu’elle défendra son image d’organisation autonome.

Dans tous les cas, nous ne nous ingérons certainement pas dans ce processus. Je pense qu’il faut attendre les résultats avant de commenter, compte tenu du fait que les récompenses, les débats et les nominations suscitent ses dernières années beaucoup de débats politiques.    

Question: Quelle est votre estimation des relations économiques et politiques entre la Russie et l’Arménie aujourd’hui?

Réponse: Positive.

 

 

 

 

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