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18 novembre 201916:40

Allocution de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors de la réunion conjointe des collèges du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie et du Ministère des Affaires étrangères de la République de Belarus, Moscou, 18 novembre 2019

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Monsieur Makeï,

Monsieur Rapota,

Chers collègues et amis,

Nous vous saluons à l'occasion de cette nouvelle réunion des collèges des ministères des Affaires étrangères de la Russie et du Belarus.

Cette réunion se déroule pendant l'année du 20e anniversaire du Traité sur la création de l’État de l'Union. Il y a vingt ans, nos dirigeants, guidés par les intérêts fondamentaux des deux nations, ont décidé de faire passer les relations russo-biélorusses au niveau supérieur. La vie a démontré la justesse de cette ligne. Aujourd'hui, la Russie et le Belarus sont des alliés très proches, des partenaires stratégiques. L’État de l'Union est - avec l'Union économique eurasiatique - à l'avant-garde des processus d'intégration dans notre espace commun.

Parmi les principaux objectifs de l’État de l'Union: mener une politique étrangère concertée. Sur décision du Conseil d’État suprême, depuis 2000 sont adoptés des Programmes d'actions conjointes des États membres du Traité sur l’État de l'Union en politique étrangère pour une période de deux ans. Ils ont fait leurs preuves en tant qu'instrument efficace de coordination des actions sur la scène internationale, d'élaboration d'approches communes des problèmes régionaux et mondiaux. Aujourd'hui, l'un des principaux points de notre ordre du jour est l'étude du projet de nouveau Programme pour 2020-2021.

Nos pays soutiennent mutuellement les initiatives qu'ils avancent sur les plateformes de l'Onu, de l'OSCE, et d'autres organisations internationales. Nous sommes co-auteurs de projets de résolutions et de décisions, nous défendons ensemble nos intérêts communs, nous nous opposons aux tentatives de promouvoir, sur les plateformes multilatérales, des approches qui portent atteinte aux droits légitimes et aux intérêts de la Russie et du Belarus, et enfreignent les principes fondamentaux du droit international, avant tout la Charte de l'Onu, ainsi que les engagements dans le domaine de la sécurité européenne. Dans ce contexte, nous sommes convenus aujourd'hui d'étudier la situation dans l'espace euro-atlantique. Nous sommes préoccupés par le maintien de la ligne de l'Otan visant à rapprocher l'infrastructure militaire de nos frontières, à renforcer l'activité militaire de l'Otan à proximité de nos États. Nous partons du principe que ces processus doivent être étudiés dans le contexte des engagements de tous les pays de l'OSCE, qui consistent à ne pas renforcer sa propre sécurité au détriment de celle des autres.

Une autre question à l'ordre du jour aujourd'hui concerne la stabilité stratégique et la situation en matière de non-prolifération, de maîtrise des armements. Les processus à l’œuvre dans ces domaines affectent directement les intérêts nationaux de la Russie et du Belarus. Nous sommes préoccupés par la crise qui s'approfondit dans le domaine de la maîtrise des armements. Je fais notamment allusion à la décision des États-Unis, après le retrait du Traité ABM, de détruire le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Vous le savez, les mesures proposées par la Russie pour garantir la viabilité de ce Traité ont été rejetées. Aujourd'hui, le sort du Traité START est remis en question. A cela s'ajoute le refus officiel des États-Unis de ratifier le Traité sur l'interdiction complète des essais nucléaires (TICE), le reflet, dans les doctrines américaines, de la possibilité de réduire le seuil d'utilisation de l'arme nucléaire, ou encore les plans de déployer des armements offensifs dans l'espace. A noter également les actions de nos collègues occidentaux visant à saper les principes universels de mise en œuvre de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC), ce qui contribue également à l'approfondissement des phénomènes de crise en matière de non-prolifération des armes de destruction massive.

Dans ces conditions grandit la nécessité de notre coopération sur l'ensemble de ces problèmes, ce qui serait dans l'intérêt de la prévention des tendances négatives dans le domaine de la stabilité stratégique. Nous sommes également convenus d'évoquer aujourd'hui ces questions.

Un autre point de l'agenda actuel concerne le recours, par les collègues occidentaux et notamment les États-Unis et l'UE, à l'arsenal illégitime de sanctions unilatérales en violation des principes de la Charte de l'Onu. Cette pratique détériore sérieusement la confiance et l'entente sur la scène internationale. Je voudrais souligner en particulier qu'en évoquant ces problèmes sérieux et les tendances négatives sur la scène internationale qui suscitent une forte tension sur les plateformes multilatérales et dans les relations bilatérales avec d'autres pays, la Russie et le Belarus ne s'orientent jamais sur les scénarios négatifs mais sur la recherche de solutions constructives qui permettraient de surmonter ces processus affectant très négativement la situation dans notre région commune et dans les affaires internationales dans l'ensemble. Nos collègues qui ont préparé le projet de décision de la réunion d'aujourd'hui sont partis de ce principe précis en formulant les approches permettant de faire avancer un agenda unificateur, et non désunissant. En cela consiste notre intérêt commun pour les processus qui se déroulent dans la région européenne.

Je suis certain que notre réunion d'aujourd'hui se déroulera dans un esprit de camaraderie, permettra d'évoquer objectivement nos tâches en termes d'actions conjointes en politique étrangère, et de déboucher sur des accords qui renforceront notre coopération et notre alliance dans les affaires internationales.

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