14 octobre 202115:09

Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à l'issue de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des États indépendants (CEI), Minsk, 14 octobre 2021

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La réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de la Communauté des États indépendants (CEI) a été productive. Nous avons approuvé plusieurs déclarations qui seront soumises à la réunion du Conseil des chefs d’État demain: sur les 30 ans de la CEI; sur la coopération en matière de migration; sur la coopération en matière de sécurité biologique. Dans le même temps, les ministres des Affaires étrangères ont adopté leur propre document: la Déclaration commune en soutien aux efforts pour renforcer la Convention sur l'interdiction des armes biologiques.

Nous avons approuvé le Règlement sur l'Association (commission) internationale des historiens et des archivistes des États membres de la CEI. L'année des 80 ans du début de la Grande Guerre patriotique, à une période où nos collègues occidentaux tentent par tous les moyens de falsifier son déroulement et ses causes, de réviser ses résultats, cela permettra de renforcer la coopération au niveau des historiens et des services d'archives, de contribuer à l'accès aux documents d'archives et à la coordination des actions entre les chercheurs.

Il a été décidé de proclamer l'année 2022 "Année de l'art populaire et du patrimoine culturel", ce qui contribuera également au développement de la coopération sociale entre nos pays.

Nous sommes satisfaits des résultats de la réunion. Nous remercions nos amis biélorusses pour son excellente organisation.

Question: Cette semaine, la secrétaire d'État adjointe des États-Unis Victoria Nuland s'est rendue à Moscou. Le Président russe Vladimir Poutine a déclaré hier qu'avaient été évoquées les questions relatives aux contacts à venir entre la Russie et les États-Unis, notamment au sommet. Un tel contact est-il réellement à l'étude actuellement? Pourrait-il avoir lieu en marge du sommet du G20 à Rome?

Sergueï Lavrov: Nous étudions les dates potentielles des contacts à venir entre les présidents au cours de mes contacts avec le Secrétaire d'Etat américain Antony Blinken et au niveau de nos adjoints. Il existe une aspiration réciproque évidente à les développer. Quand des dates qui conviendront à tous seront fixées, l'administration du Président de la Fédération de Russie vous en informera.

Question: La réunion des ministres des Affaires étrangères du Format Normandie devrait se dérouler prochainement. Sera-t-elle à distance ou en présentiel? À quoi s'attendre? Peut-on considérer cette réunion comme une préparation à un sommet? Si oui, quand pourrait-il avoir lieu?

Sergueï Lavrov: Pendant l'entretien téléphonique du Président russe Vladimir Poutine avec les dirigeants de la France Emmanuel Macron et de l'Allemagne Angela Merkel, à leur initiative a été évoquée l'utilité de reprendre le travail au format Normandie. Au final, notre président a souligné qu'avant de réunir un nouveau sommet, il fallait mettre en œuvre les décisions du précédent, qui s’était tenu en décembre 2019 à Paris.

Vladimir Poutine a cité des faits concrets qui montrent clairement que Kiev n'a rempli aucun de ses engagements. Les dirigeants sont convenus de poursuivre les consultations au niveau de leurs assistants, conseillers et ministères des Affaires étrangères pour décider de la suite. J'ai été un peu surpris que nos collègues occidentaux promeuvent aussi obstinément la reprise du format Normandie sans avoir garanti de leur côté l'accomplissement des décisions précédentes.

Littéralement deux jours après cela s'est tenu le sommet UE-Ukraine à Kiev. A son issue a été adoptée une déclaration commune signée, entre autres, par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Charles Michel. La Russie y est directement qualifiée de pays agresseur. Sur un ton grossier et tranchant, on exige que nous remplissions les Accords de Minsk car nous sommes une "partie de ce document". C'est contraire à la vérité et même aux déclarations ambiguës des experts allemands et français en réponse à une question directe: qui sont les parties des Accords de Minsk? Nous disons ce qui est écrit dans les accords: Kiev, Donetsk et Lougansk doivent se mettre d'accord sur le statut particulier du Donbass, la préparation des élections, l'amnistie et bien d'autres points. Nous demandons aux coauteurs allemands et français s'ils réaffirment la nécessité d'un dialogue direct. Ils proposent de ne pas dire qui y est "la partie". Ils trouvent correct de laisser une "indétermination constructive". Maintenant, au lieu d'une "indétermination constructive", Ursula von der Leyen et Charles Michel, avec Vladimir Zelenski, qualifient directement la Russie de "partie du conflit". Nous voulons comprendre ce qui se passe en UE et comment travailler à l’avenir.

Question: Vous avez dit récemment que la Russie était préoccupée par l'ingérence de l'UE et des États-Unis dans les affaires intérieures de la Biélorussie. Comment cela se reflète-t-il sur nous? Faut-il réagir à l’avenir par des actions russo-biélorusses conjointes?

Sergueï Lavrov: Toute ingérence, dans les affaires de qui que ce soit, est directement contraire à la Charte de l'Onu. Il faut la voir comme telle et empêcher fermement de telles tentatives. Nous sommes prêts à le faire avec les voisins biélorusses et avec d'autres de nos alliés et partenaires stratégiques.

Question: A-t-on évoqué le travail des médias russes en Biélorussie, notamment de Komsomolskaïa Pravda?

Sergueï Lavrov: Il a été évoqué. Une nouvelle fois j'ai parlé à mon homologue le Ministre biélorusse des Affaires étrangères Vladimir Makeï. Nous sommes d'accord sur la nécessité de tout faire pour que les médias russes en Biélorussie et les médias biélorusses en Russie travaillent dans les conditions les plus confortables. Il y a quelques idées. Nous les mettrons en œuvre prochainement.

Question: Après le changement de pouvoir (d'abord le président, puis le nouveau gouvernement), la Moldavie a annoncé son intention de construire des relations stables avec la Russie. Néanmoins, Maia Sandu travaille depuis un an en tant que présidente, le nouveau gouvernement est en place depuis l'été, mais aucun contact n'a encore eu lieu au sommet, ni entre les chefs de gouvernement ni même entre les ministres des Affaires étrangères. Prévoit-on quelque chose en ce sens prochainement? Évoque-t-on des contacts?

Sergueï Lavrov: Maia Sandu a mentionné plusieurs fois dans ses déclarations publiques sa volonté d'avoir des relations normales et mutuellement avantageuses avec la Fédération de Russie. Certains représentants occidentaux ont commencé à la critiquer pour cela: pourquoi fait-elle des "écarts" de ce genre à sa politique étrangère et pourquoi ne veut-elle pas se concentrer fermement sur l'avancement vers l'UE? Ce qui témoigne d'une nouvelle ingérence dans les affaires intérieures de la part des États-Unis et de Bruxelles. Nous sommes prêts aux contacts. Il faut bien les préparer. Le Ministre moldave des Affaires étrangères Nicolae Popescu se rendra en Russie le mois prochain. Nous évoquerons en détail tout l'éventail de nos relations.

Question: Il a été rapporté que les États-Unis parlaient de déployer des forces antiterroristes sur le territoire de l'Ouzbékistan. Est-ce un coup de sonde? Qu'en sait Moscou? Comment faut-il le prendre?

Sergueï Lavrov: Je n'en ai pas entendu parler. Nos voisins, alliés et partenaires stratégiques d'Asie centrale confirment dans leurs contacts avec nous que de telles initiatives sont inacceptables. Il serait préférable de poser la question à nos collègues ouzbeks.

Je répète que nos amis d'Asie centrale disent qu'ils ne veulent pas de telles "approches" de la part des États-Unis ou d'autres pays de l'Otan.

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