12 octobre 202111:38

Allocution de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, pendant la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de la Conférence pour l'interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA), Noursoultan, 12 octobre 2021

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Monsieur le Président,

Chers collègues,

Malgré le caractère destructeur et impitoyable du coronavirus, que nous combattons depuis presque deux ans, l'Asie a réussi à conserver une dynamique de développement positive. La réaction à l'épidémie a confirmé que le potentiel anticrise accumulé et l'aspiration générale à chercher des solutions collectives permettaient de faire face à des défis majeurs et de pallier leurs conséquences.

Malheureusement, les circonstances géopolitiques dans la région ne deviennent pas plus simples, ce qui freine son passage à un système de coordonnées global et multilatéral d'intégration et de coopération. Nous assistons à des tentatives ciblées de déstabiliser la situation et les mécanismes d'interaction interétatique existants. À cela contribuent également les structures étroites à composition exclusive et les alliances militaires créées dans la logique de la Guerre froide et de la politique d'endiguement.

Dans le même ordre d'idées, on notera l'aspiration de l'Otan, après l'Afghanistan, à déployer des forces dans d'autres zones de la région, que ce soit en Asie centrale, en Asie du Sud ou du Sud-Est, tout en envoyant vers ces régions des flux de réfugiés afghans. L'Alliance élude la responsabilité de l'Otan pour les conséquences de ses expériences depuis 20 ans. On propose à la communauté internationale, avant tout aux voisins de l'Afghanistan, de régler les problèmes.

Le retrait hâtif de l'Otan n'a fait qu'aggraver le nœud des contradictions afghanes. Il reste une grande quantité d'armements et de matériel militaire dans le pays. Il est important qu'ils ne soient pas utilisés à des fins destructives. Les talibans ont déclaré avoir l'intention de lutter contre le trafic de drogues et le terrorisme, de ne pas projeter l'instabilité sur les pays voisins, de créer un gouvernement inclusif. Le plus important est que toutes ces promesses soient tenues.

Dans un contexte d’instabilité grandissante dans le monde, il est important d'empêcher que la situation dans la région suive la voie de la dégradation. L'idéologie conflictuelle de bloc doit céder la place à la prise de conscience des avantages de la coopération continentale, l'établissement de liens économiques solides et complémentaires, le règlement concerté des différends à travers un dialogue pacifique.

Nous souhaitons que l'architecture régionale soit durable et ouverte à tous, s'appuie sur l'interaction entre les États et les structures multilatérales, accorde à tous les mêmes droits et possibilités sur la base du droit international, de la confiance mutuelle et du respect de l'identité nationale.

En agissant en cohésion, nous pourrons garantir une large interconnexion au profit de tous les pays de notre continent eurasiatique commun. La progression dans ce sens a déjà commencé avec l’union des différents processus d'intégration de niveau subrégional. En particulier, nous établissons des liens entre l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) et l'Union économique eurasiatique (UEE). Toutes ces organisations possèdent une base contractuelle solide et un réseau de mécanismes de travail, réalisent des projets et des programmes concrets et d'actualité pour tous les acteurs orientés sur les principes de consensus. Nous considérons la coopération qui se renforce entre ces structures comme une base prometteuse pour harmoniser les processus d'intégration.

L'OCS, l'UEE et l'ASEAN développent activement des liens dynamiques avec les pays voisins et d’autres. Cela crée des prémisses pour le Grand partenariat eurasiatique dont la formation a été suggérée par le Président russe Vladimir Poutine.

La Conférence pour l'interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA) pourrait également jouer son rôle. Elle possède des ressources d'experts et pratiques sur les différents vecteurs sectoriels, ce qui est demandé dans le contexte du renforcement du multilatéralisme paneurasiatique, de l'élimination des lignes de démarcation qui demeurent, et de l'approfondissement de la coopération pratique.

Tous les nouveaux éléments sont apportés, dans la vie de notre forum, par la présidence kazakhe et le Secrétariat de la CICA avec le soutien des pays membres. On assiste à la reprise des transports, notamment dans le contexte de la discussion sur les perspectives de création de corridors continentaux pour les cargaisons routières, ainsi que dans la dimension sociale avec un accent sur le tourisme et l'éducation.

Nous exprimons nos remerciements pour le soutien apporté à la proposition russe d'inscrire à l'ordre du jour de la CICA un autre secteur important: la sécurité de l'information. Notre alliance est tout à fait apte à contribuer au travail de l'Onu pour mettre en place des instruments fiables de protection de l'environnement Internet et de prévention des crimes liés à l'usage des technologies numériques.

Sur le plan économique de la CICA, la Russie continue de superviser la coopération dans le développement des petites et moyennes entreprises. Nos experts ont présenté la nouvelle conception de l'interaction dans ce secteur pour 2021-2023. Un plan d'activités concrètes est en préparation.

Le catalogue de mesures de confiance de la CICA est mis à jour, faisant état, outre les secteurs traditionnels, de nouveaux axes d'activité conjointe. Nous saluons la proposition du Kazakhstan d'initier le travail pour renforcer la sécurité épidémiologique. Elle suit également le cadre des efforts au sein d'autres structures multilatérales. La Russie promeut de telles initiatives à l'OCS, au Sommet de l'Asie orientale depuis 2016, dans le cadre du partenariat de dialogue avec l'ASEAN, y compris la formation de spécialistes épidémiologistes des pays d'Asie du Sud-Est.

Notre pays participe activement à la lutte globale contre la Covid-19. Nous augmentons les livraisons de médicaments, de systèmes de test, d'équipements et de moyens de protection individuelle. Nous accordons une attention particulière au transfert de technologies aux pays émergents et à la garantie de l'accessibilité maximale des vaccins, notamment grâce à la localisation de leur production.

Nous avons l'intention de soutenir la deuxième partie de la CICA, notamment le travail au niveau du Conseil des sages en cours de formation, que nous devons valider aujourd'hui.

Le 5 octobre 2021, nous avons célébré les 29 ans de la CICA. Une date ronde nous attend et une réunion au sommet, à laquelle il faut bien se préparer. Le potentiel du forum est bon. Il faut continuer de dévoiler ses possibilités en tant qu'instrument important de renforcement de l'atmosphère de confiance et de développement d'une coopération productive dans l'espace eurasiatique.

Merci de votre attention.

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