7 octobre 202116:04

Allocution et réponse à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors d'une conférence de presse conjointe avec Vincent Biruta, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Rwanda, à l'issue de leurs pourparlers, Moscou, 7 octobre 2021

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Mesdames et messieurs,

Nous venons de mener de bons pourparlers.

Nous avons évoqué l'état et les perspectives de nos relations bilatérales. Nous avons réaffirmé notre disposition mutuelle à les renforcer compte tenu des accords conclus pendant la réunion entre les présidents de la Russie et du Rwanda en 2018 à Moscou et en 2019 à Sotchi.

Nous sommes convenus de renforcer les efforts pour augmenter les échanges. Ils augmentent, mais leur valeur absolue reste encore modeste. Surtout, nous avons décidé de renforcer notre interaction sur plusieurs projets d'investissement et de coopération dans des secteurs tels que l'énergie, le nucléaire civil, l'exploration géologique, l'exploitation des ressources minières, les technologies de l'information, la médecine, et l'agriculture. Nous aiderons les milieux d'affaires de nos pays à établir et à élargir les contacts entre les entreprises.

Nous avons une bonne dynamique dans le domaine des liens militaires et militaro-techniques. Il y a des projets prometteurs pour leur développement.

Nous comptons également élargir l'interaction dans le secteur social. Cela concerne la formation de cadres rwandais dans les établissements supérieurs russes, notamment au niveau des spécialités civiles, militaires et des forces de l'ordre. 70 personnes sont formées au niveau de Rosatom pour travailler au Centre de science nucléaire et de technologies en cours de création.

Nous sommes convenus de démarches pour poursuivre les efforts visant à élargir notre base contractuelle, notamment pour contribuer au développement du sport et de la culture physique. L’intérêt est partagé.

Nous avons évoqué en détail l'ordre du jour international. Nos positions fondamentales coïncident totalement. Nous sommes attachés au droit international, aux objectifs et aux principes de la Charte de l'Onu, notamment en ce qui concerne le respect de la souveraineté de tous les États, la non-ingérence dans leurs affaires intérieures, le respect des droits des peuples à décider eux-mêmes du modèle de leur développement politique et socioéconomique, tout comme le respect du droit des peuples à choisir leurs partenaires extérieurs.

Nous avons jugé positif le contenu de notre dialogue sur les questions internationales. Nous coordonnons nos actions communes sur les plateformes multilatérales, notamment à l'Onu. Nous remercions nos amis rwandais pour le soutien traditionnel des initiatives russes à l'Assemblée générale des Nations unies. Nous avons échangé nos avis concernant les pourparlers sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. La position russe est inchangée. Nous sommes convaincus que tout le contenu de la réforme doit être consacré à l'élargissement de la représentation, au Conseil de sécurité des Nations unies, des pays qui représentent le monde émergent: l'Afrique, l'Asie, l'Amérique latine.

Nous avons accordé une attention particulière aux efforts pour surmonter les différents conflits et crises sur le continent africain, avant tout dans la région des Grands lacs et en République démocratique du Congo, en Centrafrique, au Mozambique, dans la région du Sahara-Sahel, en Libye, en Somalie, et en Éthiopie. Nous sommes d'accord pour dire que le règlement de toutes ces crises et d'autres crises régionales nécessite une approche globale impliquant dans les négociations toutes les parties des conflits concernés et, surtout, s'appuyant sur le rôle central des Africains eux-mêmes. Notre formule est bien connue. Nous l'appliquons toujours et insistons sur celle-ci à l'Onu: une solution africaine aux problèmes africains. La communauté internationale doit apporter aux solutions africaines un soutien moral, politique, matériel et de maintien de la paix.

Nous remercions nos partenaires pour l'avis exprimé sur les processus d'intégration qui se déroulent sur le continent africain. Nous saluons la contribution constructive du Rwanda au travail des structures intergouvernementales, notamment de l'Union africaine, de la Communauté d'Afrique de l'Est, et de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs. Nous avons réaffirmé la disposition de la Russie à poursuivre sa contribution au renforcement de la stabilité régionale aussi bien via les canaux bilatéraux que dans le cadre du travail du Conseil de sécurité des Nations unies.

Nous avons évoqué la mise en œuvre des ententes conclues il y a deux ans au premier sommet Russie-Afrique de l'histoire à Sotchi. Nous avons parlé des préparatifs de la deuxième réunion au sommet entre les dirigeants de la Russie et des pays du continent africain prévue pour 2022.

Je remercie mon homologue pour ce travail conjoint intéressant, qui sera utile pour développer nos relations amicales.

Question: Sait-on déjà quand et dans quel pays se déroulera le deuxième sommet Russie-Afrique? Quel travail est mené pour la préparation? Tous les pays du continent ont-ils l'intention d'y participer?

Sergueï Lavrov: Nous avons parlé de la mise en œuvre des ententes conclues au premier sommet Russie-Afrique à Sotchi en octobre 2019. A son issue, les chefs d'État et de gouvernement avaient annoncé la création du Forum de partenariat Russie-Afrique. Le secrétariat du Forum a été constitué et se trouve au Ministère russe des Affaires étrangères. Auprès de lui ont été créés et fonctionnent les conseils de coordination, social et scientifique. C'est un soutien important de la part de la société civile à tous nos projets.

Nous avons créé l'Association de la coopération économique avec les pays d'Afrique. Elle inclut de sérieux représentants des entreprises russes, notamment des compagnies qui réalisent des projets sur le continent africain, et d’autres qui comptent le faire. L'Association est une structure utile qui permet de se familiariser avec les possibilités réelles qui existent pour une coopération mutuellement avantageuse et une réalisation conjointe de projets entre les entrepreneurs de Russie et d'Afrique.

La date concrète et le lieu du deuxième sommet Russie-Afrique restent à déterminer. Des contacts auront lieu prochainement au niveau des ministres des Affaires étrangères et de la "troïka" de l'Union africaine. Cela occupera une place importante dans notre dialogue.

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