1 juin 202120:39

Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors d'une conférence de presse à l'issue du CMAE des Brics en visioconférence, Moscou, 1er juin 2021

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Bonjour, chers amis,

La réunion des ministres des Affaires étrangères des Brics en visioconférence vient de prendre fin. Pour l'instant, la situation épidémiologique ne permet pas de revenir aux contacts en présentiel. Je suis certain que ce problème sera surmonté prochainement.

Nous avons échangé nos avis sur toutes les questions d'actualité relatives au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Nous avons évoqué l'impact du coronavirus sur les relations internationales. Une attention particulière a été accordée au renforcement du partenariat stratégique des Brics sur trois axes centraux: politique, économique et social.

La discussion objective et franche a fait ressortir la coïncidence ou la proximité de nos positions sur de nombreux thèmes de l'ordre du jour régional et international. Une attention particulière a été accordée aux situations au niveau des points chauds. Nous avons réaffirmé l'attachement des États du groupe au règlement des litiges par des moyens politiques et diplomatiques en s'appuyant sur le droit international et sur le rôle central de l'Onu. Cela est reflété dans le communiqué conjoint convenu à l'issue de la réunion, un document détaillé déjà rendu public dont vous pourrez prendre connaissance.

Nous avons parlé de la lutte conjointe contre la menace terroriste. La collaboration se développe activement sur cet axe dans le cadre des Brics. Leurs objectifs prioritaires sont exprimés dans la Stratégie antiterroriste du groupe adoptée l'an dernier. Nous contribuons au renforcement du potentiel du Groupe de travail pour la lutte contre le terrorisme et de ses sous-groupes thématiques.

Nous avons accentué la nécessité de renforcer la coopération dans le domaine de la cybersécurité internationale et de la lutte contre la cybercriminalité. A l'heure actuelle, ce thème est de plus en plus aigu au vu de la conflictualité dans le cyberespace et de sa maîtrise de plus en plus active par des groupes criminels. Les pays des Brics prônent l'élaboration d'un document universel réglementant les questions relatives à la garantie de la cybersécurité internationale. Nous sommes certains que la sécurité dans ce secteur ne peut être garantie que par des actions collectives basées sur le respect des intérêts mutuels. De notre côté, nous avons remercié nos partenaires pour le soutien apporté aux résolutions russes sur cette thématique à l'Assemblée générale des Nations unies.

Je voudrais souligner en particulier la déclaration unanime des ministres des pays du groupe en faveur du renforcement et de la réforme du système multilatéral. La disposition générale réside dans la nécessité de renforcer l'efficacité des principales institutions internationales dont l'Onu, l'OMS, la CNUCED et l'OMC.

Dans le contexte de la situation épidémiologique, tous les pays du groupe ont exprimé leur solidarité à l'Inde et à sa population. La Russie reste disposée à apporter à nos amis indiens son aide dans la lutte contre ce virus dangereux. Les partenaires ont souligné leur disposition à intensifier le travail sur l'initiative russe visant à créer au niveau des Brics un Système complexe de réaction anticipée aux risques d'apparition des maladies infectieuses de masse.

La discussion a été également utile sur plusieurs autres thèmes concernant l'expansion de l'interaction des Brics dans les secteurs social et des innovations, ainsi que les perspectives de la Nouvelle banque de développement. Dans le contexte de la crise provoquée par le coronavirus, nous considérons comme un objectif prioritaire l'intensification de l'activité d'affaires, des relations commerciales, économiques et d'investissement dans le cadre des Brics. Nous trouvons important de garantir la mise en œuvre de la Stratégie de partenariat économique des Brics approuvée par les dirigeants au sommet de 2020. Nous soutenons les initiatives de la présidence. En particulier, nous avons réaffirmé la disposition au travail conjoint sur la préparation des plans d'action dans le secteur de l'agriculture et des innovations.

Nous souhaitons à nos amis indiens du succès dans la préparation et l'organisation du 13e sommet des Brics. Il sera forcément productif et fera avancer notre partenariat stratégique. Nous y contribuerons pleinement.

Question: Vous avez noté hier que le gouvernement russe et la Banque centrale de Russie préparaient déjà des solutions en cas de déconnexion de la Russie du système SWIFT. Avez-vous évoqué dans le cadre des Brics la possibilité de créer un système de paiement alternatif?

Il a été annoncé plus tôt que les signataires du Plan d'action sur le nucléaire iranien termineraient les négociations début juin. Peut-on espérer qu'un accord soit conclu avant la présidentielle iranienne du 18 juin?

Sergueï Lavrov: En ce qui concerne le problème avec le système de paiement SWIFT. J'ai répondu à la question posée concernant les appels de plusieurs capitales européennes à déconnecter la Russie du SWIFT. Ce sont les représentants les plus radicaux du monde occidental, qui sont uniquement guidés par des sentiments russophobes et cherchent, avec ou sans raison - le plus souvent sans - à renforcer les sanctions contre notre pays.

Nous ne souhaitons pas détruire les mécanismes de fonctionnement du système monétaire international et, dans l'ensemble, du système économique international. Nous partons du principe que cela serait nuisible pour tous les acteurs de la communication multilatérale sans exception. Mais puisque de telles menaces sont exprimées, nous sommes forcés d'en tirer des conclusions. Je suis certain que les structures de notre gouvernement continueront de prendre les mesures nécessaires qui permettront, quel que soit le scénario, de garantir les intérêts russes et ceux de nos partenaires. 

Aussi bien dans le cadre des Brics que de l'Union économique eurasiatique, nous travaillons activement pour effectuer de plus en plus d'opérations dans nos monnaies nationales. En toutes circonstances, cela ne fera que renforcer nos relations.

En ce qui concerne le Plan d'action sur le nucléaire iranien, les négociations sont en cours, un progrès significatif a été atteint mais la décision définitive n'a pas encore été prise. Il reste des questions qui nécessitent des décisions politiques dans les États les plus intéressés, avant tout aux États-Unis et en Iran.

Tout comme d'autres membres du Plan d'action, nous cherchons à créer les conditions les plus favorables pour trouver des solutions définitives. Je pense qu'il est contreproductif d'essayer de deviner ce qui arrivera dans quelques jours ou dans deux semaines. Les négociateurs travaillent à Vienne avec pour objectif d'obtenir un résultat au plus vite.

Question (traduction non officielle de l'anglais): Ma première question concerne les résultats du CMAE des Brics. Avez-vous évoqué la différence d'approche des différents peuples concernant la souveraineté et l'intégrité territoriale?

Quand l'Inde recevra-t-elle les S-400 qui lui ont été promis? Qu'en est-il de la livraison du vaccin Sputnik V en Inde?

Sergueï Lavrov: J'ai déjà mentionné les documents finaux de la réunion ministérielle des Brics. C'est un communiqué détaillé et une déclaration en soutien au renforcement des initiatives multilatérales dans la coopération internationale, avant tout avec un accent sur la confirmation de l'immuabilité des principes de la Charte de l'Onu, qui incluent évidemment le respect de la souveraineté, de l'intégrité territoriale des États, la garantie de l'égalité souveraine de tous les membres de l'Onu, la nécessité de régler tous les litiges par des moyens pacifiques et, évidemment, le respect du droit de tout peuple de disposer de lui-même. Aucune divergence n'est apparue pendant la rédaction de ce document important.

En ce qui concerne le second document sur le renforcement du multilatéralisme, il peut également avoir une signification centrale parce que tous les pays des Brics ont souligné la nécessité de renforcer le multilatéralisme non pas dans un format abstrait ou étroit, mais uniquement dans le format universel en s'appuyant sur la Charte de l'Onu. Et dans l'ensemble, l'Onu est l'incarnation du multilatéralisme autant que possible. Nous défendrons cette approche précise, notamment face aux tentatives de nos collègues occidentaux de promouvoir une conception alternative qu'ils appellent "ordre mondial basé sur des règles". Pratiquement toutes les incarnations de cette conception montrent qu'elle n'est pas universel. Elle a pour objectif de faire en sorte que les valeurs professées par l'Occident, qui ne sont pas partagées par beaucoup d'autres pays, soient imposées à tous les autres en tant que critère absolument indispensable.

Cette approche est reflétée dans plusieurs initiatives. On parle actuellement de réunir un Sommet des démocraties qui déciderait des destinées du monde, même si la composition des participants à ce sommet ne sera pas déterminée sur une base universelle. Les partenaires européens parlent d'une nouvelle conception, de "multilatéralisme efficace". La France et l'Allemagne promeuvent cette initiative. A notre question de savoir si leur aspiration est de renforcer le multilatéralisme, c'est-à-dire le multilatéralisme au format de tous les États de la planète, leur réponse est évasive. D'après les explications que nous entendons, il s'avère que les partenaires européens considèrent l'UE comme un multilatéralisme efficace, dans le cadre de laquelle naissent de nombreuses initiatives que tous les autres pays sont ensuite invités à soutenir.

Cet ordre du jour n'est pas fédérateur, il désunit. C'est pourquoi la déclaration des ministres des Affaires étrangères des Brics en soutien au renforcement du multilatéralisme dans sa compréhension absolument universelle joue à l'étape actuelle un rôle fondamental et revêt une grande signification.

En ce qui concerne notre coopération avec l'Inde, elle se développe progressivement dans les domaines économique, politique, social et militaro-technique, ainsi que de la santé, en parfaite conformité avec les accords conclus au sommet. On soulignera la mise en œuvre des contrats pour la livraison de systèmes S-400 en Inde. Nous n'y voyons aucun changement et le gouvernement indien réaffirme son attachement à ces accords.

Littéralement aujourd'hui, nous envoyons une nouvelle cargaison de vaccins Sputnik V à nos amis indiens en plus des démarches qui ont déjà été entreprises dans la situation difficile dans laquelle s'est retrouvée l'Inde à cause de la pandémie de coronavirus.

Question: Ces derniers temps, les États-Unis et le Royaume-Uni appellent les spécialistes de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à repartir en Chine, à la recherche de l’origine du coronavirus. Les autorités américaines pensent que le premier voyage de la délégation de l'OMS en Chine n'a pas rempli sa mission et qu'à présent il faut organiser des recherches transparentes et opportunes. Qu'en pensez-vous? Une telle démarche aidera-t-elle à combattre la pandémie ou est-ce une tentative de politiser ce problème mondial?

Sergueï Lavrov: Nous, du moins les membres des Brics, soutenons tous le rôle central de l'OMS dans cette sphère de la coopération internationale. A l'invitation de la Chine, l'OMS a constitué un groupe d'experts qui a visité il y a quelque temps la Chine, Wuhan, le laboratoire en question, qui a communiqué avec les spécialistes. Ils ont exprimé leur avis, qui a été rendu public. Ces informations sont en accès libre. Si quelqu'un a des questions supplémentaires, elles doivent être évoquées avec tous les autres pays dans le cadre de l'OMS.

Les tentatives de politisuer la situation actuelle existent, évidemment. Nous assistons à ce que le Président français Emmanuel Macron a appelé la "guerre des vaccins". Mais, à notre plus grand regret et malgré les faits, il a proclamé la Russie et la Chine en tant que principaux initiateurs de cette nouvelle "guerre mondiale". Même si les preuves à disposition des experts montrent que les problèmes liés aux vaccins occidentaux sont avant tout décrits par les médias occidentaux eux-mêmes. En ce qui concerne la Russie, nos journalistes ne font qu'informer la population de l'évaluation en Occident de tel ou tel vaccin, dans quelle mesure est-il dangereux, sûr ou efficace. Les représentants politiques ne doivent pas chercher à marquer des points et à améliorer leur cote en spéculant sur la situation du coronavirus, sur la situation avec les différents vaccins enregistrés par l'OMS.

La nécessité d'unir les efforts et de se concentrer non pas sur la recherche de coupables mais sur la lutte contre ce fléau véritablement mondial, qui affecte tous les pays, est évidente à nos yeux. Le plus important aujourd'hui est la coordination des actions pour distribuer les vaccins, les enregistrer, mettre en place des régimes de circulation des gens, mettre au point les documents qui seront remis aux personnes vaccinées, etc. L'UE a le droit de créer ses propres règles dans ce secteur. Mais quand ces règles discriminent les acteurs de la communication internationale qui ne sont pas membres de l'UE, des efforts supplémentaires visant à garantir la sécurité à l'échelle mondiale peuvent être entrepris. Personne ne pourra se mettre à l'abri de ce genre de menaces. Nous prônons constamment la plus large coopération.

Je rappelle qu'en août 2020, quand le Président russe Vladimir Poutine a annoncé que la Russie avait créé le premier vaccin contre le coronavirus dans le monde (le fameux Sputnik V), il a souligné notre volonté d'établir la coopération internationale la plus large et ouverte dans le développement et le perfectionnement des médicaments qui aideront à combattre cette pandémie. Depuis, nous prônons clairement une plus grande ouverture et la prise en compte des intérêts de tous les pays. Non seulement des pays riches, mais également de ceux qui ne pourront pas créer un vaccin et ne disposent pas de moyens pour en acheter. Dès qu'a été émise l'idée de lever provisoirement les brevets des vaccins élaborés dans le monde, le Président russe Vladimir Poutine a fait partie de ceux qui l'ont soutenue. Elle n'est pas encore soutenue en Occident, mais la Fédération de Russie et la Chine souhaitent que ce pas important au profit des pays émergents et démunis soit franchi par toute la communauté internationale de manière solidaire.

Question: Comme vous l'avez dit, des représentants politiques de l'UE et même de l'Otan utilisent parfois un vocabulaire datant de la Guerre froide dans les relations avec la Russie. Les États-Unis se sont engagés dans une confrontation indirecte en renforçant la présence militaire de l'Otan à proximité des frontières russes et en organisant un grand nombre d'exercices militaires dans la région. Qu'attend Moscou de Washington dans la période à venir en ce qui concerne la garantie de conditions favorables pour organiser une rencontre entre Vladimir Poutine et Joe Biden? Et dans quelle mesure cet aspect (la cessation de l'expansion de l'Otan en direction de la frontière russe) est-il important pour garantir l'équilibre stratégique?

Sergueï Lavrov: Quand, en réagissant aux nombreuses actions hostiles de nos collègues occidentaux au fil des années, la Fédération de Russie a introduit le terme d'"États hostiles" et que le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine a signé un décret qualifiant les États-Unis et la République tchèque d’États hostiles, un intérêt pour le scandale est apparu en Occident. Nous avons été accusés d'aggraver les relations et d'attiser la rhétorique. Ces dernières années, l'Occident n'a fait qu'inventer de nouveaux qualificatifs pour la Fédération de Russie. En 2019, Josep Borrell que je connais bien, actuellement chef de la diplomatie de l'UE, a déclaré à titre personnel, mais alors qu'il était un représentant officiel: "Notre vieil ennemi, la Russie, dit de nouveau: "Je suis là". Et il représente de nouveau une menace." En parlant de documents doctrinaux, prenez la Conception de sécurité extérieure, le concept de dissuasion nucléaire des États-Unis, et regardez comment la Russie et la Chine y sont décrites. Dans la législation américaine nous sommes officiellement validés en tant qu'"adversaires". L'UE avance des conceptions vis-à-vis de la Russie qui prévoient avant tout une "résistance contre la Russie".

On résiste seulement à un ennemi. Quand nous considérons un tel comportement comme hostile, ce n'est pas un péché contre la vérité. Si quelqu'un nous qualifie d'"adversaire", de pays qui "répand une influence toxique à travers le monde", est-ce une attitude amicale? Bien sûr que non.

Je suggérerais à nos partenaires occidentaux de ne pas se focaliser sur la rhétorique qu'ils attisent envers notre pays depuis très longtemps, mais de voir la situation réelle pour savoir dans quelle mesure ces actions correspondent aux intérêts nationaux fondamentaux des pays européens, et des États-Unis également.

En ce qui concerne le sommet à venir entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président américain Joe Biden à Genève le 16 juin, nous avons déjà commenté les négociations à venir. Nous ne nous faisons pas d'illusions, nous ne cherchons pas à donner l'impression qu'il y aura des percées historiques ou des décisions fatidiques. Mais le fait même qu'une conversation entre les deux plus grandes puissances nucléaires au niveau des chefs d’État se tienne est important. Il faut le soutenir pleinement. Ils doivent échanger leurs avis pour savoir quelles menaces chaque pays voit autour de lui et, dans l'ensemble, sur la scène internationale. En ce sens, les exercices militaires qui se sont significativement élargis tant quantitativement que qualitativement, de par le nombre de matériel lourd, le nombre de pays y participant et surtout de rapprochement géographique à proximité immédiate de nos frontières, ne contribuent pas du tout à des conversations normales et à l'union des efforts pour régler les problèmes communs à tous, réels et non fictifs.

Depuis plusieurs années, nous proposons à l'Otan de s'entendre sur des mesures concrètes et purement pratiques de désescalade. Premièrement, s'entendre sur la distance à laquelle les avions militaires et les navires de l'Otan et les nôtres ne s'approcheront pas. C'est une première proposition. Deuxièmement, s'entendre sur la distance à laquelle les exercices de l'Otan et de la Russie seront écartés de la ligne de contact afin d'éviter une hystérie lorsque la Russie organise des exercices sur son territoire et que l'Otan organise des "jeux" intitulés Defender Europe, quand 30.000 militaires et beaucoup de matériel (notamment en provenance de l'autre côté de l'océan) se concentrent directement sur nos frontières. Ce matériel provient des pays qui ne sont pas voisins avec la Fédération de Russie. De telles stratégies et tactiques sont très conflictuelles et risquées de par leur nature provocatrice.

Notre initiative est sur la table. Si quelqu'un voit dans la position de la Fédération de Russie des projets dangereux d'une vaste portée, nous sommes prêts à en parler. Mais, malheureusement, ce n'est pas le cas de l'Otan. Quand nous sommes sommés de rencontrer les collègues de l'Otan et de relancer l'activité du Conseil Otan-Russie, nous disons que nous y sommes prêts. Que les militaires entament la discussion pour savoir quelle est la situation réelle sur le terrain aujourd'hui, notamment compte tenu des grossières violations par les collègues otaniens des accords conclus à la fin des années 1990 indiquant que l'Alliance ne déploierait pas de forces significatives sur le territoire des nouveaux membres. Tout cela a été oublié et enfreint depuis longtemps. Dans les pays baltes et en Norvège se trouvent en permanence des forces armées de l'Otan. Ils qualifient ce déploiement de "rotation" mais la "rotation" devient permanente.

Nous sommes ouverts et seront toujours ouverts à une discussion honnête. Quand nous sommes invités au Conseil Otan-Russie pour parler de l'Ukraine, nous le savons, nous l'avons entendu, nous ne voyons rien de nouveau, aucune valeur ajoutée à ce genre de discussions. Tout ce qui nous a été dit plus tôt dans ce genre de formats ne fait que répéter les déclarations publiques faites par les collègues otaniens tous les jours au micro. Ce n'est pas un sujet que nous sommes prêts à évoquer avec les membres de l'Alliance en venant à Bruxelles pour entendre de nouveau les accusations infondées de non accomplissement des Accords de Minsk, pour regarder les otaniens défendre la ligne du gouvernement ukrainien visant à "nettoyer" son territoire de la langue et de l'éducation russes, des médias russophones, et dans l'ensemble de toutes les forces d'opposition (on nous dit que c'est une "lumière de la démocratie", que nous devons soutenir pleinement cette politique du gouvernement ukrainien).

Je souligne de nouveau que nous sommes toujours prêts à parler des objectifs de la désescalade militaire sur la ligne de contact et du retour aux principes signés par les membres de l'Otan et la Fédération de Russie au sommet. Je répète que nos propositions concrètes sont étudiées à Bruxelles. Nous espérons que deux années ont été suffisantes pour en prendre connaissance. Elles contiennent des choses très simples. Mais l'acceptation de ces propositions assurera réellement et en pratique une désescalade mineure mais concrète de la situation.

J'ai déjà répondu que la cessation du rapprochement de l'Otan des frontières de la Fédération de Russie était l'un des engagements pris par l'Alliance. Nous sommes habitués à ce que les collègues occidentaux, qui ont signé dans les années 1990 plusieurs engagements justes, commencent à les ignorer. Et quand nous proposons de réaffirmer ce qui a été déclaré, par exemple le principe d'indivisibilité de la sécurité selon lequel personne dans la région euro-atlantique ne doit renforcer sa sécurité au détriment de la sécurité des autres, ils esquivent ce principe et ont peur de le réaffirmer. La conclusion est très simple: ils nourrissent donc des projets malveillants envers la Fédération de Russie. Je voudrais me tromper. Il faut des actions concrètes pour vérifier à quel point les Occidentaux sont sincères dans leur disposition à établir des relations normales avec la Russie. Les propositions concrètes sont sur la table. Mais nous n'avons toujours pas reçu de réponse.

 

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