1 avril 202121:21

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 1er avril 2021

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Sur les entretiens de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Djeyhoun Baïramov, Ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan, et Ara Aïvazian, Ministre des Affaires étrangères de l'Arménie

 

Comme nous l'avons annoncé lors de la précédente conférence de presse, une nouvelle réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de la Communauté des États indépendants (CEI) se déroulera à Moscou vendredi 2 avril. Je rappelle que cette année, la CEI est présidée par la Biélorussie.

A l'ordre du jour figureront les questions relatives aux principaux axes d'interaction au sein de la CEI. Les participants à la réunion échangeront leurs avis sur l'agenda régional et international, et évoqueront les perspectives d'approfondissement de la coopération multidimensionnelle au format de l'Organisation, notamment dans les secteurs social et de l'application des lois.

L'événement principal se déroulera demain. Les entretiens en marge du CMAE de la CEI commencent aujourd'hui. En particulier, aujourd'hui le 1er avril, sont prévus des entretiens séparés du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie, Djeyhoun Baïramov et Ara Aïvazian.

Durant ces pourparlers, il est prévu d'évoquer la coopération bilatérale, la situation au Haut-Karabakh, la mise en œuvre des accords entre les dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020 et du 11 janvier 2021, ainsi que plusieurs thèmes régionaux et internationaux.

Je voudrais une nouvelle fois attirer l'attention des journalistes - car nous avons reçu de nombreuses questions avant la conférence de presse - sur le fait que les entretiens séparés seront indépendants les uns des autres.

Des communiqués de presse seront publiés à l'issue des pourparlers.

 

Sur la visite de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en Inde et au Pakistan

 

Les 5 et 6 avril, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail à New Delhi, où il s'entretiendra avec son homologue indien Subrahmanyam Jaishankar.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront l'état actuel des relations bilatérales, la préparation du sommet prévu cette année, ainsi que la coopération dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Ils soulèveront les thèmes centraux de l'ordre du jour régional et international, et évalueront les approches de la coopération de la Russie et de l'Inde sur la scène internationale, notamment sur les plateformes multilatérales telles que l'Onu, les Brics (groupe présidé cette année par l'Inde) et l'OCS.

Du 6 au 7 avril, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov se rendra en visite au Pakistan où il s'entretiendra avec le Ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi.

Ils prévoient d'aborder en détail l'état actuel et les perspectives des relations bilatérales, notamment la possibilité de renforcer la coopération dans le secteur commercial, économique et dans la lutte contre le terrorisme. Les deux ministres échangeront en profondeur leurs avis sur l'ordre du jour régional et international en mettant l'accent sur le dossier afghan et l'interaction sur les plateformes multilatérales, notamment l'Onu et l'OCS.

 

Sur la visite de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, au Kazakhstan

 

Les 7 et 8 avril, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail au Kazakhstan. Le 8 avril est prévu un entretien avec le vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères du Kazakhstan Moukhtar Tleouberdi.

Les deux chefs de diplomatie évoqueront un large éventail de questions relatives à la coopération bilatérale et à la coopération dans les associations d'intégration, avant tout au sein de l'UEE, de l'OTSC et de la CEI. Une attention particulière sera accordée à la lutte conjointe contre les conséquences du coronavirus, ainsi qu'à la coopération au niveau des deux ministères visant à remplir les directives fixées par les présidents de la Russie et du Kazakhstan afin de rétablir et d'accroître l'ensemble de nos liens interétatiques quand la pandémie sera derrière nous.

Les deux interlocuteurs échangeront leurs avis sur les perspectives de l'intégration eurasiatique et des processus de coopération dans la région de la mer Caspienne. Les deux ministres compareront leurs avis concernant la situation en Asie centrale compte tenu des risques pour la sécurité émanant de l'instabilité en Afghanistan voisin et de l'activité des organisations extrémistes radicales aux abords de la région.

 

Sur la visite de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en Égypte

 

Le 12 avril, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite en Égypte. Il rencontrera le Président Abdel Fattah al-Sissi et s'entretiendra avec le Ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri. Ils évoqueront les perspectives de  développement de la coopération bilatérale dans les domaines politique, commercial, économique, culturel, social - entre autres - ainsi que la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

La Russie accorde une attention particulière au maintien d'un niveau élevé de coopération avec l’Égypte, l'un de nos principaux partenaires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, avec qui nos relations se sont toujours construites sur une base d'amitié, de respect et de prise en compte mutuelle des intérêts.

Au Caire, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov rencontrera également le Secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit.

 

Sur la visite de travail de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en Iran

 

Le 13 avril, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra à Téhéran en visite de travail à l'invitation du Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Les deux ministres comptent évoquer toutes les questions de l'ordre du jour bilatéral, avant tout commerciales et économiques dans le contexte de la réalisation des principaux projets conjoints dans le domaine de l'énergie et du transport. Ils aborderont également les perspectives du renfoncement des liens socioculturels entre la Russie et l'Iran et la coopération dans la lutte contre la Covid-19.

Ils poursuivront par ailleurs l'échange de points de vue sur l'agenda international, notamment la situation relative au Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien, la situation en Syrie, en Afghanistan, au Yémen et dans la zone du Golfe.

 

Sur le 25e anniversaire de l'établissement du Jour de l'union des peuples de la Russie et du Bélarus

 

Le 2 avril est célébré le Jour de l'union des peuples de la Russie et du Bélarus.

Ce jour-là, il y a 25 ans, était signé le Traité sur la création de la Communauté de la Russie et du Bélarus, marquant la première étape sur le chemin de la signature en 1999 du Traité sur la création de l’État de l'Union. Ces documents ont défini les repères de la coopération russo-biélorusse basée sur des siècles d'histoire commune et d'amitié entre les peuples fraternels de nos pays.

Il y a 25 ans, Moscou et Minsk ont décidé de former la Communauté politiquement et économiquement intégrée "afin d'unir le potentiel matériel et intellectuel pour la croissance économique, de créer des conditions égales pour améliorer le niveau de vie des peuples et le développement spirituel personnel" (article 1 du Traité de 1996).

Le progrès dans la construction de l’État de l'Union est flagrant. Plusieurs choses sont si profondément ancrées dans la vie de nos citoyens qu'elles sont considérées comme allant de soi. Il s'agit des droits égaux pour les citoyens de la Russie et du Bélarus dans le domaine de la médecine, de la sécurité sociale et des retraites, de l'éducation, de la liberté de circulation, de résidence et d'emploi.

Nos pays mettent en œuvre de manière efficace des initiatives communes importantes dans les secteurs commercial, économique, de la défense, social, scientifique et technique. Sur la scène internationale, nous réalisons des initiatives importantes non seulement pour le développement durable de la Russie et du Bélarus, mais également de toute la communauté internationale. Ensemble, nous faisons face aux risques et défis communs.

Nous sommes prêts à travailler avec nos amis biélorusses sur l'ensemble de l'ordre du jour bilatéral afin de garantir un développement stable à nos pays.

 

Sur l'attentat de grande ampleur au Mozambique

 

Le 25 mars, un groupe terroriste de plus de 100 combattants affiliés à Daech a perpétré un attentat à Palma dans la province de Cabo Delgado, au Nord du Mozambique.

Ces actions criminelles ont entraîné des dizaines de morts, dont des citoyens d'autres pays travaillant sur le champ gazier. Des disparus sont rapportés. Selon l'Ambassade de Russie à Maputo, il n'y a pas de citoyens russes parmi les victimes.

A la date du 30 mars 2021, les forces armées du Mozambique et la police nationale ont réussi à reprendre le contrôle de la ville. Les incursions périodiques des terroristes ont également lieu dans plusieurs régions de Cabo Delgado. Dans l'ensemble, la situation au Mozambique reste stable.

Nous condamnons fermement ce crime sanglant qui a fait des victimes civiles. Nous présentons nos profondes condoléances à la famille et aux proches des victimes, et souhaitons un rapide rétablissement aux blessés.

 

Sur l'interview de Sergueï Lavrov à l'émission "Grand jeu"

 

L'interview du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l'émission "Grand jeu" a été diffusée aujourd'hui. Le texte et la vidéo sont accessibles sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. Une grande partie de l'entretien est consacré aux réalités mondiales actuelles, notamment à l'interaction entre les plus grands acteurs internationaux. L'entretien a été intéressant, incisif, et a déterminé l'état actuel des relations internationales.

 

Sur le rapport annuel du Département d’État américain concernant la situation des droits de l'homme dans le monde

 

Le Département d’État américain a récemment publié un nouveau rapport sur la situation relative aux droits de l'homme dans le monde. Selon nous, les États-Unis devraient consacrer de tels rapports à eux-mêmes, mais ils se focalisent pour l'instant sur d'autres pays. Une rapide revue de ce grand document - vide dans l'ensemble - et de la partie consacrée à la Russie laisse une forte impression de déjà-vu.

Ce texte, comme c'est le cas d'année en année, est imprégné de doubles standards dans l'appréciation de la situation relative aux droits de l'homme dans différents pays, qui sont cyniquement divisés en "bons" et "mauvais" selon qu'ils suivent ou non les directives stratégiques des États-Unis, et s'ils ont leur propre conception de comment ils doivent vivre et se développer. Le cercle des pays "récalcitrants", ainsi que l'éventail de reproches stéréotypés à notre égard, se devinent facilement sans même lire le rapport. Il est impossible de prendre sans ironie la déclaration selon laquelle l'administration des États-Unis luttera contre les violations des droits de l'homme où qu'elles se produisent, indépendamment de savoir si les responsables de ces violations sont des partenaires ou des adversaires des États-Unis. Je trouve que Washington devrait avant tout s'occuper de ses propres institutions publiques, du Pentagone et d'autres structures de force. Ils font des choses à travers le monde qui conduisent non pas à des cas isolés de violation des droits de l'homme, mais à des violations globales.

Notre attention a été attirée par le rapport publié par le Conseil d’État de la Chine sur les violations des droits de l'homme aux États-Unis en 2020. Ce document n'est pas stéréotypé, il contient des faits qui témoignent clairement que la situation aux États-Unis a échappé au contrôle des autorités. La prolifération massive du coronavirus, les troubles politiques, les conflits interethniques et la division sociale exacerbée sont devenus des facteurs aggravants.

Bien que les États-Unis ne rédigent pas une telle revue globale des droits de l'homme sur eux-mêmes, on constate que dans la rhétorique politique, en fonction de la conjoncture du moment, quand c'est nécessaire, ils parlent de la division de leur propre société, de la violation des droits de l'homme. Toutefois, ils ne l'évoquent pas au niveau international.

Le document chinois reflète un fait important: la confiance des citoyens américains dans le système électoral national a chuté à son niveau le plus bas depuis 20 ans.

A en juger par la réaction de Washington, la "folie des grandeurs" des États-Unis quand il est question du respect des droits de l'homme ne fait qu'augmenter dans ce pays.

Nous avons remarqué plusieurs fois que les États-Unis et leurs alliés s'ingéraient de plus en plus souvent et sans gêne dans les affaires intérieures d'autres pays. Comme l'a noté dans une récente interview le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, non seulement les États-Unis mais l'Occident dans l'ensemble ne savent plus utiliser la diplomatie classique, et recourent aux sanctions comme étant pratiquement leur principal instrument. Ils promeuvent un agenda idéologisé visant à maintenir leur domination grâce à la contention du développement d'autres pays. Cette politique va à contre-courant de la tendance objective que suivent les affaires internationales.

Sous prétexte de lutter pour les droits de l'homme, les États-Unis et leurs satellites adoptent des sanctions illégales et détachées de la réalité qui portent atteinte aux droits de l'homme dans d'autres pays. C'est absurde. Mais c'est un élément important de la politique étrangère américaine actuelle.

Afin de contribuer à une perception plus objective de la situation des droits de l'homme dans le monde par Washington, nous proposons aux autorités américaines de prendre connaissance de l'analyse de la situation des droits de l'homme aux États-Unis présentée dans les rapports annuels publiés sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. Ils contiennent beaucoup d'informations factuelles.

Une nouvelle fois, nous appelons Washington à combler ses propres lacunes, notamment dans le domaine des droits de l'homme, au lieu d'imposer des doubles standards et la pratique du mentorat.

 

Sur la crise migratoire aux États-Unis

 

Voici un exemple concret de ce que nous voulons dire quand nous parlons du fait qu'il existe aux États-Unis des choses plus importantes que les rapports globaux sur la situation liée aux droits de l'homme dans le monde.

La crise migratoire qui se déroule aux États-Unis à la frontière avec le Mexique prend l'ampleur d'une crise humanitaire. La situation nécessite une intervention urgente de l'Onu, d'autres structures internationales, d'ONG des droits de l'homme, de tous ceux qui sont préoccupés par les souffrances des enfants qui se sont retrouvés dans des conditions terrifiantes.

La réalité est choquante: dans des isoloirs de déportation surchargés, qui ne sont pas prévus pour un long séjour, se trouvent à l'heure actuelle près de 18.000 mineurs. Les moyens et les ressources manquent pour les loger dans des conditions normales, proches des conditions humaines. Au fond, les enfants ont été placés dans des "volières" où l'hygiène est absente et où le coronavirus se propage. Ils doivent dormir par terre.

Leurs parents prennent littéralement d'assaut la frontière Sud des États-Unis. On dénombre déjà plus de 100.000 détenus. Selon les médias américains, jusqu'à mille personnes traversent illégalement la frontière chaque jour. En février-mars, près de 50.000 clandestins ont pénétré dans le pays, dont plusieurs criminels et trafiquants de drogue. Les forces de l'ordre s'attendent à ce que le nombre de réfugiés à la zone frontalière atteigne 1 million de personnes cette année.

Nous partons du principe que les actions de Washington en matière de traitement des migrants dans des centres de détention temporaire, notamment des mineurs, peuvent être qualifiées de grossière violation des engagements internationaux en matière de droits de l'homme. Il s'agit notamment des articles 6 (droit à la vie) et 7 (liberté contre la torture) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les conditions de détention des clandestins, selon plusieurs indicateurs, peuvent être considérées comme de la torture ou un traitement inhumain, et la situation actuelle mérite clairement l'attention des mécanismes de contrôle internationaux compétents, du Comité des droits de l'homme et du Comité contre la torture.

Nous espérons que les médias américains n'accorderont pas simplement une attention objective importante à ce thème, mais le rendront central. Nous savons à quel point la société civile américaine est préoccupée par les droits de l'homme, par leur respect dans d'autres pays. Nous voudrions que la liberté d'expression aux États-Unis serve la bonne cause, qu'elle profite au peuple des États-Unis.

Je comprends que c'est le thème qui inquiète le moins le Département d’État américain. Ce n'est quand même pas la "jambe d'Alexeï Navalny" à laquelle est consacrée chaque conférence de presse. Mais le sort de 18.000 enfants vaut la peine d'y prêter attention.

Je rappelle que les États-Unis restent le seul pays du monde à ne pas avoir signé la Convention des droits de l'enfant, un instrument universel en matière de droits de l'enfant, ni deux grands accords en matière de contrôle migratoire adoptés dans le cadre de l'Onu, ni le Pacte mondial sur les réfugiés ni le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Avec ses "jeux" autour du thème migratoire, traditionnellement important pour les États-Unis, la nouvelle administration semble avoir ouvert la boîte de Pandore. La crise humanitaire qui éclate sous les yeux du monde entier dans ce pays revendiquant le rôle de principal défenseur des valeurs démocratiques et des droits de l'homme montre clairement comment la démagogie de campagne à des fins étroites avec des promesses vides d'accepter aux États-Unis "tous ceux qui souffrent" a conduit à des souffrances humaines sur fond d'impuissance des autorités. Il est honteux et inadmissible que des enfants soient pris en otage de leurs propres querelles politiques intérieures.

 

Sur l'ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d'autres pays

 

Le moment est venu de mentionner le thème de l'ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d'autres pays. Les États-Unis eux-mêmes, l'administration américaine actuelle, nous y ont incités.

"Ingérence" est un terme très politiquement correct qui ne reflète pas le fond du problème. Il ne s'agit pas seulement de l'ingérence de Washington dans les affaires intérieures d'autres pays  à différentes époques historiques, mais aussi du sang sur les mains des différentes administrations américaines.

Nous avons déjà évoqué l'ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d'autres pays. Il est évident que la plupart des cas d'ingérence américaine évoqués ont eu lieu pendant la Guerre froide. Mais il y a de quoi réfléchir à la période historique actuelle.

A l'époque, les adversaires idéologiques sur la scène internationale, cherchant à renforcer leurs positions géopolitiques, tentaient régulièrement d'installer "leur" gouvernement dans tel ou tel pays. Après la fin de la Guerre froide, en Europe tout est devenu plus ou moins clair avec la séparation des blocs. C'est pourquoi les pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine sont généralement devenus une arène d'"activités".

Les motifs politiques des administrations américaines qui les menaient s'entremêlaient très souvent avec les intérêts économiques. La volonté d'obtenir le contrôle des couloirs de transport, des ressources naturelles, des hydrocarbures, avant tout du pétrole et du gaz, est traditionnellement camouflée par de "nobles objectifs": les droits de l'homme, la promotion de la démocratie, la sécurité, etc.

Les mécanismes de contention tels que l'Onu étaient souvent inefficaces pour faire obstacle aux tentatives de la Maison blanche de redessiner la carte politique du monde.

Nous ne transformerons pas la conférence de presse en "conférence sur la situation internationale", mais je voudrais tout de même rappeler quelques faits d'ingérence des États-Unis dans les affaires intérieures d'autres pays au cours des dernières décennies et leurs conséquences.

Le 11 septembre 1973, avec le soutien direct des États-Unis à Chili a été perpétré un coup d’État militaire ayant entraîné le renversement du président démocratiquement élu Salvador Allende, pour instaurer la dictature d'Augusto Pinochet qui a duré 17 ans et s'est accompagnée d'exécutions, de violentes répressions et d'une profonde division au sein de la société chilienne.

Cela rappelle l'intense activité des renseignements américains, qui ont "aidé" le gouvernement militaire à accéder au pouvoir Guatemala en 1982. Puis, en 1983, a eu lieu l'invasion militaire de la Grenade. Les Américains n'ont pas réussi à passer à côté du financement des combattants antigouvernementaux au Nicaragua en 1984. L'ingérence ouverte des États-Unis dans les affaires intérieures de ce pays est confirmée par le décret de la Cour internationale de La Haye du 27 juillet 1986 dans le cadre de la fameuse affaire Iran-Contra.

En 1989 a eu lieu l'invasion armée américaine au Panama, dont l'un des motifs était la réticence des États-Unis à remplir leur propre accord de 1977 sur la remise du contrôle du canal de Panama au gouvernement de Panama dans 20 ans (en 1999). Le président Manuel Noriega a été capturé, alors qu'il collaborait de facto avec la CIA depuis les années 1950, de manière étroite, et était l'un des principaux canaux d'acheminement d'armes illégales, de matériel militaire et d'argent destinés aux forces soutenues par les États-Unis dans toute l'Amérique latine. Manuel Noriega a été extradé aux États-Unis, condamné pour racket, trafic de stupéfiants et blanchiment d'argent. Il a été condamné à 40 ans de prison et en a finalement passé 17 dans une prison américaine.

Au cours de l'invasion américaine au Panama, selon différentes informations, entre 515 et plusieurs milliers de personnes ont été tuées. Après le début de l'invasion, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont voté la condamnation de l'invasion américaine au Panama, mais les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont utilisé leur droit de veto pour bloquer la résolution. L'Organisation des États américains a condamné l'invasion des États-Unis au Panama et a exigé de retirer les forces américaines du territoire de ce pays.

Un exemple scandaleux d'un tel comportement de Washington sur la scène internationale reste celui de Cuba. Depuis plus de 60 ans, le peuple cubain défend son droit de choisir sa propre voie de développement, tout en contrant les attaques directes de Washington contre sa souveraineté. Je rappelle que tout a commencé par une tentative directe d'invasion de Cuba par des mercenaires américains en 1961. Elle est entrée dans l'histoire comme le débarquement de la baie des Cochons. Le blocus anticubain et les nombreuses mesures administratives qui ont suivi pour durcir les sanctions contre La Havane, notamment l'acte Torricelli de 1992, la loi Helms-Burton de 1996 et d'autres, ont été une agression économique ouverte malgré les nombreuses condamnations de cette ligne par la communauté internationale, notamment à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies. La nouvelle inscription de Cuba sur la liste des pays qui soutiennent le terrorisme selon le Département d’État américain ressemble à un jeu aux "doubles standards" dénué de tout principes.

Le Venezuela est un exemple contemporain de l'ingérence cynique et ouverte des États-Unis dans les affaires intérieures d'un État souverain. Depuis des années, nous assistons à des tentatives de renverser le gouvernement légitime de ce pays par le biais de sanctions visant à étouffer l'économie, tout en incitant les forces armées nationales au coup d'État militaire et en organisant une invasion armée via la frontière.

En 1992, en Angola, les États-Unis ont financé la campagne de "leur" candidat à la présidence, celui qu'ils jugeaient "nécessaire": Jonas Savimbi. Toutefois, il a perdu. Avant et après ces élections, les États-Unis lui ont apporté de l'aide militaire pour combattre le gouvernement légitime. Le conflit a fait 650.000 morts. Le motif officiel du soutien aux rebelles était la lutte contre le gouvernement communiste. En 2002, l'Amérique a obtenu les privilèges désirés pour ses compagnies et Jonas Savimbi est devenu inutile. Les États-Unis ont exigé qu'il cesse les activités militaires mais il a refusé. Un diplomate américain a déclaré à ce sujet: "Le problème avec les marionnettes, c'est qu'ils ne bougent pas toujours quand on tire sur le fil." Au final, Jonas Savimbi a été tué dans les affrontements avec les forces gouvernementales.

En 1998, les États-Unis affirmaient que l'usine d'Al Shifa, au Soudan, fabriquait des armes chimiques à la demande du terroriste Oussama Ben Laden. Une frappe de missiles de croisière a été lancée contre ce site, qui s'est avéré n'être qu'une usine pharmaceutique où se déroulait la principale production de médicaments contre la malaria au Soudan. Cette usine fabriquait 90% des médicaments dans le pays. L'attaque de missiles a fait des dizaines de milliers de morts. Il n'y avait pas de médicaments pour les soigner.

Vous savez ce qui est le plus intéressant? A l'issue d'une investigation du New York Times en 1999, il a été prouvé que la décision d'attaquer l'usine avait été prise sans motifs suffisants et, qui plus est, que le Département d'État américain avait de facto forcé le conseiller du Secrétaire d'État à détruire le rapport préparé par les analystes de la direction des renseignements attestant de l'inconsistance des arguments au profit d'un bombardement de l'usine pharmaceutique.

Quant au rôle des États-Unis et de leurs satellites dans les Balkans dans les années 1990-2000, nous en avons beaucoup parlé, notamment pendant la dernière conférence de presse. Sans entrer dans les détails (vous les connaissez, ils sont horribles), je voudrais dire que l'objectif des États-Unis était de rendre les régimes politiques des pays des Balkans les plus loyaux possibles envers les directives américaines. Ils ont testé et utilisé un inventaire qui a ensuite servi de modèle pour imposer la volonté de Washington et de ses alliés dans d'autres régions de l'Europe, y compris les anciennes républiques soviétiques. La colère sociale en Yougoslavie, suscitée par les conditions socioéconomiques difficiles du pays à l'époque - et ce en grande partie à cause du fameux "mur extérieur de sanctions" qui n'a pas été levé par l'Occident malgré l'entente dans le cadre des accords de paix de Dayton sur la Bosnie-Herzégovine de 1995 - était alimentée et manipulée. De l'extérieur était stimulée l'union des forces et des mouvements d'opposition divisés. En conséquence, après les résultats incertains d'une campagne électorale difficile sous la pression directe et sans gêne des États-Unis et de leurs acolytes européens, ainsi que des protestations de rue, Slobodan Milosevic a dû quitter son poste.

Irak. 2003. Le motif officiel de l'invasion de ce pays par les États-Unis (je le rappelle, sans l'autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies) était le lien présumé du régime de Saddam Hussein avec le terrorisme international, ainsi que l'information de la CIA concernant la prétendue présence d'armes de destruction massive en Irak. Par la suite, tout cela s'est avéré être un mensonge, une campagne planifiée. Son symbole est devenu Colin Powell tenant la fameuse fiole dans la salle du Conseil de sécurité des Nations unies.

Saddam Hussein a été capturé par les forces américaines et exécuté en décembre 2006 sur décision de la Cour suprême irakienne. Le gouvernement arrivé au pouvoir se composait de représentants de la majorité chiite.

Au final, les forces américaines ont passé presque 9 ans en Irak. Selon les médias occidentaux, le nombre confirmé de morts parmi les civils entre 2003 et 2011 (quand les forces américaines ont été retirées) est évalué entre 100.000 et 300.000 personnes. Plusieurs ONG estiment que ce chiffre est en réalité plusieurs fois plus élevé.

Libye. 2011. Par sa résolution 1973 du 17 mars 2011, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé une intervention militaire en Libye sous prétexte de protéger la population suite aux répressions de l'opposition armée par les autorités du pays. Cela a permis à l'Otan, avant tout aux forces qui dirigent l'Alliance, d'organiser des opérations aériennes contre le régime en place depuis plus de quarante ans. La guerre civile a conduit au renversement du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a été tué en octobre 2011.

Selon le quotidien britannique The Daily Telegraph, 20.000 personnes, dont des civils, ont été tuées ou sont mortes des deux côtés. Le nombre de réfugiés dans la zone du conflit a atteint 180.000 personnes.

Selon le rapport de l'Onu de 2012, l'effet négatif de la crise libyenne qu'a été l'afflux de réfugiés a été éprouvé par tous les pays de la région du Sahel: l'Algérie, le Tchad, l’Égypte, le Mali, la Mauritanie, le Niger et la Tunisie.

Quand les Américains jugent possible de soupçonner, d'accuser ou d'interpeller quelqu'un, ils doivent se souvenir de leur propre histoire. Pour cela ils n'ont pas besoin de lire des livres - c'est compliqué. Il suffit de regarder leurs propres mains.

 

Sur l'agenda climatique promu par l'administration américaine et les priorités de la Russie dans la formulation de sa politique écologique

 

L'une des premières décisions de politique étrangère prises par Joe Biden après son accession au poste de président américain en janvier 2021 a été le retour de Washington au sein de l'Accord de Paris. Cette démarche a mis en évidence la disposition de l'administration non seulement à accélérer le passage du pays sur les "rails écologiques", mais également à tenter de se placer à l'avant-garde du mouvement mondial de protection de la nature.

Je voudrais rappeler que littéralement quelques mois avant le retour retentissant des États-Unis au sein de l'Accord de Paris, ils s'étaient officiellement retirés de cet accord multilatéral le 4 novembre 2020. Selon nous, l'Accord de Paris est une base fiable du droit international pour la régulation climatique à long terme. En même temps, nous espérons qu'à terme la politique de Washington en la matière sera suffisamment prévisible et non soumise aux intérêts conjoncturels de l'establishment politique américain.

La Fédération de Russie accorde beaucoup d'attention à la protection de l'environnement, est un acteur important des processus internationaux dans le domaine environnemental et apporte une importante contribution à la création des mécanismes mondiaux de protection de la nature. En même temps, nous prônons une approche dépolitisée, responsable et non déclarative du réchauffement climatique. Nous pensons que chaque État est en droit de choisir lui-même le modèle optimal de transformation "verte" en fonction des conditions nationales de développement socioéconomique. Nous jugeons contreproductives toutes les tentatives d'imposer des normes écologiques artificielles.

Nous pensons que la protection de la nature fait partie des domaines dans lesquels les approches de la Russie et des États-Unis du règlement des questions figurant à l'ordre du jour international en la matière peuvent coïncider ou converger. La Russie a déclaré plusieurs fois qu'il n'était possible de surmonter les défis environnementaux difficiles qu'en coopérant. Nous sommes disposés à un dialogue équitable aussi bien au niveau des experts qu'au niveau politique.

 

Sur la nomination d'Agnès Callamard, ancienne rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'Onu sur les exécutions extrajudiciaires, au poste de dirigeante d'Amnesty International

 

Nous avons noté l'information relayée par les médias internationaux concernant la nomination de la rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme (CDH) sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, au poste de secrétaire générale de l'ONG des droits de l'homme Amnesty International. Nous voudrions souhaiter de la réussite à Agnès Callamard à son nouveau poste et nous espérons qu'elle ne sera pas guidée, dans l'exercice de ses fonctions, par un certain groupe de pays mais par des faits objectifs et les vraies attentes des personnes.

La Fédération de Russie est toujours partie du principe que la nomination de nouveaux experts au sein des procédures spéciales du CDH était dépolitisée et ne nécessitait pas de réaction à part des États. Mais on assiste ces derniers temps à une tendance claire, quand des ONG internationales des droits de l'homme et les mécanismes de surveillance des organes intergouvernementaux des droits de l'homme fonctionnent comme une sorte de "vases communicants": les experts des droits de l'homme passent simplement d'un poste à l'autre.

Amnesty International et d'autres grandes ONG internationales font partie des principaux "fournisseurs" de cadres pour les structures du Secrétariat de l'Onu, pour occuper les postes au sein des mécanismes de contrôle de l'Onu, y compris les postes des procédures spéciales du CDH.

L'une des anciennes responsables d'Amnesty International, Irene Khan, travaille actuellement au poste de rapporteuse spéciale du CDH sur la liberté d'expression. Le processus se déroule également dans l'autre sens, comme en témoigne la nouvelle nomination d'Agnès Callamard.

Ce qui soulève une question légitime: de quelle objectivité peut-on parler dans l'appréciation de la situation des droits de l'homme dans certains pays si les rapporteuses spéciales du CDH sont des "critiques professionnels" des structures publiques du pouvoir parmi les représentants de la société civile? Des faits d'influence sur de telles organisations sont également connus.

Nous considérons cette situation comme très problématique. Elle nécessite d'être suivie de près et d'être discutée au format intergouvernemental.

 

Sur la déclaration d'Alex Younger, ancien directeur général du MI6, concernant les valeurs occidentales

 

Alex Younger (ancien directeur général du SIS britannique, ancien patron du MI6): "Notre objectif consiste à forcer la Russie à conclure que quels que soient les profits qu'elle souhaite de ses actions, au final ils ne valent pas les risques impliqués. Et nous le ferons selon nos règles, conformément à nos lois et valeurs, et nous réussirons. Je mets en garde la Russie et tout autre État ayant l'intention de saper notre mode de vie contre la sous-estimation de notre détermination, de nos capacités et des capacités de nos alliés".

Tellement de personnes au Royaume-Uni et dans le monde occidental ont parlé des prétendues valeurs sur lesquelles ce monde serait bâti. Nous ne nous attendions pas  à ce que des représentants du MI6 s'expriment à ce sujet. Maintenant nous savons où, au Royaume-Uni, de telles valeurs sont créées.

Nous voudrions comprendre de quoi il s'agit concrètement. Quelles sont ces valeurs défendues avec tant de zèle par Londres, qui étend ses ailes dessus? Ces valeurs défendues incluent-elles la torture et d'autres graves violations des droits de l'homme dans le cadre des "opérations antiterroristes" dans d'autres pays, notamment dans ceux où Londres était directement impliqué? Les assassinats de civils afghans par des militaires britanniques? Sont-ce là les valeurs que vous défendez? Le mensonge autour de la prétendue présence de l'arme de destruction massive en Irak (dont nous avons parlé aujourd'hui), les "fausses informations" pour lesquelles a dû s'excuser Tony Blair? Je rappelle que Tony Blair a simplement présenté des excuses pour l'élimination de plusieurs centaines de milliers de civils. Il n'y a aucune compensation matérielle, aucune responsabilité politique ou autre de cet État qui était l'un des fleurons de l'opération criminelle illégale en Irak. C'est également une valeur que vous défendez? Le dossier irakien de WikiLeaks, qui témoigne des nombreux crimes contre les civils commis par des militaires britanniques, est-ce une valeur? Vous le défendez? C'est regrettable.

La justice britannique a-t-elle l'intention de lutter contre les dizaines de flagrants criminels, notamment parmi des citoyens russes, qui résident tranquillement au Royaume-Uni? Défendent-ils aussi cette valeur? Nous en avons beaucoup entendu parler en paroles, notamment ces derniers temps. Et en réalité le centre financier britannique est devenu une "blanchisserie" mondiale pour les revenus criminels, pour l'argent expatrié non seulement de Russie, mais également d'autres pays. Défendez-vous cette valeur?

Maintenant, parlons des valeurs britanniques dans le contexte historique. Des tomes entiers ont été écrits sur les crimes de Londres à l'époque coloniale. Nous avons accordé beaucoup d'attention à ce sujet lors d'une conférence de presse antérieure. Nous en avons beaucoup parlé, surtout en 2018 à la conférence de presse du 19 avril.

L'agent britannique faisait peut-être allusion à la liberté d'expression en parlant de valeurs? A première vue, voici une valeur à protéger. Peut-être que quelqu'un y porte atteinte. Regardons. Mais là aussi les faits indiquent qu'elle n'est pas à l'honneur dans sa patrie, qu'elle est utilisée cyniquement. Elle a été piétinée. La violation des principes de liberté d'expression et du pluralisme des médias est devenue une pratique normale pour le Royaume-Uni. Les documents d'archives montrent que cela a toujours été le cas. Pendant la conférence de presse du 26 février 2021, nous avons déjà dit que les médias russes étaient confrontés à une discrimination flagrante lors de l'organisation de différentes activités. Rappelons la Conférence sur la liberté des médias de 2019. Des médias y ont été interdits d'accès. Nous avons récemment attiré l'attention sur la publication de "fichiers britanniques" selon lesquels le gouvernement britannique, par le biais d'intermédiaires, finançait des éditions et des blogueurs travaillant dans le segment russophone de l'internet. Leur objectif, comme nous l'avons compris à partir d'informations que personne n'a démenties, consiste à "créer des conditions pour un changement de régime", à saper la politique russe à l'intérieur du pays, la politique étrangère. A cette vaste opération participent aussi bien de grands médias britanniques que des compagnies de relations publiques.

Qu'en est-il du "principal partenaire stratégique" du Royaume-Uni, dont l'avis est si attentivement écouté par Londres et avec lequel il possède un lien stratégique? Qu'en est-il des valeurs dans ce tandem? Analysons les événements les plus récents (si l'on prenait une période plus large la conférence de presse ne suffirait pas, cela prendrait des années).

Il est question du processus électoral dans un pays qui aime tant donner des leçons aux autres en matière de droits de l'homme et de normes électorales. Mais qu'en est-il d'environ la moitié des Américains (selon les structures américaines) qui doutent de la légitimité des dernières élections? Et de ces récalcitrants qui expriment leur point de vue d'après ce qu'ils voient, lisent, regardent, des personnes qui pensent que leurs élections ont été volées, qui sont aujourd'hui persécutées et bloquées sur les réseaux sociaux les proclamant de "terroristes intérieurs". Ils font l'objet d'affaires pénales. Cela fait partie des valeurs à défendre?

D'après ce que nous voyons et lisons, la société britannique elle-même est sceptique à ce sujet.

Plus on dira que nous cherchons à porter atteinte ou menons une politique agressive envers les valeurs occidentales, plus nous poserons de questions pour savoir quelles sont ces valeurs - parce que c'est impossible à comprendre.

 

Sur la création, par le Ministère britannique de l’Éducation, d'un poste de représentant spécial pour les problèmes liés à la liberté d'expression et aux recherches dans les établissements d'études supérieures

 

Notre attention a été attirée par la décision du Ministère britannique de l’Éducation de créer un poste de représentant spécial pour les problèmes liés à la liberté d'expression et aux recherches dans les établissements d'études supérieures. Je pensais que c'était un nouveau rapporteur spécial ou un représentant pour les problèmes à l'étranger. Mais non. Le Royaume-Uni ne rencontre pas un problème mais une crise de la liberté d'expression.

Dans le cadre de ce nouveau poste, le représentant du gouvernement britannique suivra les cas de violation de la liberté d'expression dans les universités et les associations étudiantes en infligeant des amendes aux organisations qui restreignent les enseignants ou les étudiants dans l'expression libre de leurs opinions et le choix de l'orientation de leurs recherches scientifiques. Le représentant spécial sera également en charge du réexamen des questions relatives au renvoi d'enseignants ou à l'application de sanctions disciplinaires à leur égard, si ces sanctions constituent une atteinte à la liberté.

Cette décision est présentée comme une réaction des autorités à la demande grandissante du corps enseignant et de la communauté d'experts exigeant de dompter la culture intellectuelle "de gauche" prospérant dans les universités britanniques, qui a pris des formes agressives sous la forme de la "woke culture" et de la "cancel culture".

La situation affligeante en matière de liberté d'expression dans les établissements scolaires de ce pays est confirmée par les résultats des sondages. D'après l'institut britannique Civitas, 35% des universités britanniques se trouvent en zone rouge en matière de liberté d'expression, 51% en zone jaune et seulement 14% des établissements ne rencontrent pas de problématiques de censure.

Dans l'ensemble, il est possible de constater que la culture active de valeurs étranges (appelées néolibérales par certains, d'autres ne leur donnent aucune appellation) sur le sol britannique commence à créer des conséquences qui sèment la confusion chez les représentants de leur propre establishment. Dans une certaine mesure, il est au moins rassurant que Londres a enfin pris conscience de l'ampleur du problème et a décidé de se pencher sur son propre problème de très grande ampleur. Nous verrons le résultat.

D'un autre côté, que veut Downing Street des universités britanniques si tout le monde voit l'attitude du gouvernement britannique envers la liberté d'expression? Cela concerne notamment la situation de Julian Assange, persécuté pour des raisons politiques. Son activité journalistique gênait tout le monde. Tout le monde voit parfaitement comment la liberté d'expression est manipulée et comment l'establishment politique britannique contrôle plusieurs tabloïds. Que veulent-ils des enseignants et des étudiants si le ton est donné par le gouvernement?

 

Sur le décret de nouvelles sanctions antirusses par le Canada

 

De nouvelles restrictions antirusses ont été décrétées par le Canada pour la réunification de la Crimée avec la Russie. Tout cela témoigne de l'obstination douloureuse d'Ottawa à nier la réalité objective. Une seule solution: il faut se défaire des illusions selon lesquelles il est possible de forcer les habitants de la Crimée, qui ont voté pour le retour dans leur patrie, à renoncer à leur choix historique.

Les tentatives des autorités canadiennes de dicter aux pays souverains comment ils doivent vivre et quelles valeurs ils doivent respecter portent atteinte à la réputation du Canada, l'impliquant dans une confrontation avec un nombre de plus en plus grand d'acteurs internationaux importants. La Fédération de Russie ne laissera pas cette attaque d'Ottawa sans réponse: elle prépare cette dernière en ce moment-même.

Dans le contexte actuel, nous trouvons justifiée la décision de la Chine d'adopter des sanctions contre des représentants et des structures officielles canadiennes pour leur ingérence dans les affaires intérieures de la Chine.

En effet, il est ridicule que des sanctions soient décrétées par plusieurs pays du mainstream occidental. En particulier par l'Australie, qui a appris en 2021 l'existence du pont de Kertch. Cela devient satyrique. Je comprends que l'Australie se trouve très loin, mais aujourd'hui il existe des médias, des réseaux sociaux, des moyens de communication, des services de messagerie. Cela ne prend pas des années pour apprendre une aussi importante construction. Cela devient comique.

D'un autre côté, faut-il s'étonner? S'ils se référaient aux déclarations de Kiev selon lesquelles le pont ne serait pas construit, alors ils ne croyaient peut-être pas à son existence. Ils ne l'ont appris que maintenant.

 

Sur un nouveau fake historique des autorités de Kiev

 

Dans le sillage de la représentation du Ministère russe des Affaires étrangères à Simféropol, nous avons noté un nouveau fake des propagandistes ukrainiens. Le 25 mars, un compte ukrainien officiel sur Twitter a publié une vidéo de 2 minutes sur l'histoire de la Crimée. Sachant qu'elle comportait des images qui n'avaient rien à avoir avec la péninsule.

La machine propagandiste de Kiev commet la même erreur.

Elle avait déjà utilisé dans ses publications sur la tragédie du peuple tatar de Crimée une photo de l'envoi au camp de la mort, par les hitlériens, des juifs du ghetto de Lodz dans la Pologne occupée. C'est ainsi qu'en 2019 s'est distinguée l'ambassade d'Ukraine à Washington, et en 2020 cette "maladie" a contaminé le représentant permanent des États-Unis auprès de l'OSCE.

Cette fois, les collègues de Kiev ont été à la hauteur. Ils ont accompagné une photo des archives du Mémorial américain de l'Holocauste d'une explication concernant "la déportation par le régime stalinien".

Le fake a été démenti et relayé par les médias, notamment criméens, et les falsificateurs ont dû supprimer leur vidéo.

Mais si cela se retrouve dans l'espace public, songez à ce qui est imaginé lors des pourparlers, quels "rapports" sont envoyés dans les structures internationales, quelles fables de couloir sont inventées par le régime de Kiev sur la Crimée aujourd'hui.

 

Sur l'adhésion du Monténégro et de la Macédoine du Nord aux sanctions antirusses de l'UE

 

Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a annoncé le 30 mars l'adhésion de plusieurs pays non membres de l'UE aux nouvelles sanctions antirusses inventées par Bruxelles à cause de la prétendue "affaire Alexeï Navalny".

On notera que ces pays, dont le comportement hostile ne surprend plus depuis longtemps, ont été rejoints par la Macédoine du Nord et le Monténégro.

Skopje et, depuis un certain temps, Podgorica, nous assurent qu'ils veulent développer des relations normales avec la Russie, les renforcer, et dans le cas du Monténégro les rétablir après une longue période de dégradation. Ils évoquent leur disposition à créer les conditions nécessaires pour cela. En parallèle, ils cherchent à expliquer les raisons pour lesquelles ils ont dû par le passé suivre le sillage de la ligne antirusse occidentale. Ils se réfèrent à la prétendue nécessité, pour les candidats à l'adhésion à l'UE, de suivre ses directives et décisions en politique étrangère. En d'autres termes, ils doivent soutenir mécaniquement des démarches à l'élaboration desquelles ils n'ont pas participé.

Nous suivons attentivement les tentatives des partenaires nord-macédoniens et monténégrins de se décider quant à leur politique vis-à-vis de la Russie. Malheureusement, la prétendue "solidarité de sanctions" dont font preuve Skopje et Podgorica met une nouvelle fois en évidence l'incohérence et la dépendance de nos collègues des Balkans.

Nous restons ouverts à un dialogue honnête et équitable basé sur le respect mutuel et la prise en compte des intérêts réciproques. Mais l'approche consumériste et les manœuvres maladroites pour remplir des objectifs conjoncturels au profit de "l'alliance" avec d'autres pays ne font que saper la confiance et ne stimulent certainement pas le développement des relations bilatérales avec la Russie.

 

Sur la décision de la Cour d'appel de la Lituanie concernant "l'affaire des événements du 13 janvier 1991"

 

Le verdict définitif de la Cour d'appel de la Lituanie sur l'affaire fabriquée portant sur les événements du 13 janvier 1991 est révoltant. Les anciens militaires soviétiques, les responsables du parti et de l’État sont condamnés à de longues peines de prison pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Parmi eux: les citoyens russes Iouri Mel et Guennadi Ivanov, traduits en justice et dont les peines ont été durcies.

La culpabilité de tous les "accusés" n'a pas été prouvée, le principe de présomption d'innocence a été enfreint, tout comme l'interdiction de rendre une loi rétroactive et le droit à un procès juste. A cet égard, nous voudrions demander aux organisations des droits de l'homme et internationales compétentes, notamment à celles dont nous avons parlé aujourd'hui, ce qu'elles pensent de la réticence des autorités lituaniennes à trouver les véritables meurtriers de la tragédie du 13 janvier 1991 à Vilnius?

Un procès honteux se déroule dans un pays qui lutte activement pour le respect des droits de l'homme dans les pays voisins. Alors même que sur leur territoire, associé par les autorités lituaniennes à un "espace de démocratie" elles peuvent commettre n'importe quel acte arbitraire, manipuler grossièrement et cyniquement la justice à des fins politiques.

Nous protestons résolument contre les violations des droits du citoyen russe Iouri Mel, détenu depuis plus de sept ans en Lituanie et qui devra passer encore trois ans en prison. Nous contribuerons à la procédure d'appel par ses avocats lancée à la Cour suprême et à la saisie des instances judiciaires internationales. Nous attirons l'attention des militants des droits de l'homme sur l'utilisation en Lituanie de la justice à des fins punitives et la création de conditions insupportables de détention pour une personne innocente qui souffre d'une maladie chronique grave.

Des chefs d’État de l'UE publieront-ils des tweets à ce sujet? Y aura-t-il une conférence de presse spéciale des rapporteurs spéciaux? Y aura-t-il une protestation contre de tels actes du côté des ONG qui, à travers le monde, sont tant préoccupées par les droits de l'homme? Nous verrons.

Nous exigeons du régime répressif lituanien qu'il libère immédiatement le citoyen russe Iouri Mel innocemment condamné.

Les sanctions criminelles de Vilnius ne resteront pas sans conséquences.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance du Sénégal

 

Le 4 avril, le Sénégal célébrera le 61e anniversaire de son indépendance.

Sur la voie de son établissement, le Sénégal a surmonté une étape difficile d'esclavage et de dépendance coloniale. En 1444, les membres de l'expédition portugaise sont devenus les premiers Européens à atteindre l'embouchure du Sénégal. Par la suite, le contrôle du pays a été pris par les Néerlandais, par les Anglais, puis par les Français. Au milieu du XVIIe siècle et pendant la première moitié du XVIIIe siècle, le Sénégal a été transformé en base pour coloniser l'Afrique occidentale, alors que l'île de Gorée est devenue un centre régional de la traite d'esclaves.

Le mouvement de lutte pour l'indépendance du Sénégal est né en 1914-1918. En 1948 a eu lieu la création et la mise en place d'alliances politiques nationales ayant constitué la base pour la création, en 1956, du Bloc populaire sénégalais sous la direction de Léopold Senghor, futur premier Président du pays. Le 4 avril 1960 a été proclamée l'indépendance du Sénégal.

Le Sénégal contemporain est un État qui se développe de manière dynamique et aspire à jouer un rôle notable dans les affaires africaines et internationales. En 2022, Dakar prendra la présidence de l'association continentale qu'est l'Union africaine.

Les relations russo-sénégalaises sont de nature durablement amicale et se développent continuellement. L'an dernier, le Sénégal est devenu le plus important partenaire commercial et économique de notre pays en Afrique occidentale. Nous partageons pleinement la disposition de Dakar à élargir tout l'éventail de la coopération bilatérale.

Nous sommes convaincus que les relations bilatérales productives continueront de se renforcer au profit de nos peuples. Nous voudrions féliciter le peuple du Sénégal pour sa fête nationale et lui souhaiter de nouveaux exploits, la paix et la prospérité.

 

Point de situation sur le coronavirus

 

Nous voudrions constater le calendrier peu rassurant de la prolifération du nouveau coronavirus Covid-19 à l'échelle mondiale. A la date du 31 mars 2021, le nombre total de personnes infectées dans le monde avait atteint presque 129 millions de personnes, et le nombre total de victimes de la pandémie avait dépassé 2,8 millions de personnes.

Dans la situation actuelle alarmante, nous attirons une nouvelle fois l'attention et réitérons nos recommandations aux citoyens russes qui prévoient de partir à l'étranger. Le Centre opérationnel pour la prévention de l'entrée et de la diffusion du nouveau coronavirus en Fédération de Russie a annoncé la reprise à partir du 1er avril de la communication aérienne régulière réciproque avec le Venezuela, l'Allemagne, la Syrie, le Tadjikistan, l'Ouzbékistan et le Sri Lanka. A compter de ce jour augmente également le nombre de vols réguliers avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, l’Égypte, Cuba et les Émirats arabes unis. A partir du début du mois seront autorisés les vols à l'étranger depuis les aéroports de Barnaoul, de Belgorod, de Volgograd, de Voronej, de Kalouga, de Krasnodar, de Lipetsk, de Naltchik, d'Orenbourg, de Saratov, de Sotchi, de Tioumen, d'Ioujno-Sakhalinsk dans le respect des normes épidémiologiques en vigueur.

Étant donné que tout voyage à l'étranger s'accompagne aujourd'hui d'un risque direct pour la santé, nous appelons une nouvelle fois à planifier prudemment son voyage.

En cas de circonstances urgentes nécessitant un départ à l'étranger, nous préconisons d'étudier préalablement les informations accessibles notamment sur les pages de notre Ministère, des ambassades, du Centre opérationnel, d'autres ministères et services, ainsi que de respecter toutes les exigences et directives des pays d'accueil, et parfois de transit, notamment compte tenu de la pandémie de Covid-19 qui perdure.

 

Réponses aux questions:

Question: Un scandale international a éclaté entre la Russie et la République tchèque. Impossible de ne pas remarquer la tendance paneuropéenne à se focaliser sur les diplomates russes. Le scandale a été déclenché par le démantèlement de la statue du maréchal soviétique Ivan Konev, qui a libéré la capitale tchèque des fascistes. Suite à ce scandale, la Tchéquie a accusé la Russie d'être responsable de la détérioration des relations. Le journaliste tchèque Adam Cerny a écrit que "les diplomates russes [étaient] trop nombreux dans le pays et qu'ils ne [faisaient] rien pour relancer les relations qui se [trouvaient] au "point de congélation"". Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères d'une telle accusation? Qu'en est-il de la statue?

Réponse: Vous avez cité un journaliste posant la question rhétorique "n'y a-t-il pas trop de diplomates russes à Prague?". Je peux répondre dans les mêmes termes: n'y a-t-il pas trop de diplomates tchèques à Moscou? S'il l'ignore, je rappelle que de telles choses font l'objet d'une entente entre les pays, d'une parité. Il faut être objectif et honnête avec son public et dire quelles pourraient être les conséquences de telles tendances si elles devenaient réalité.

En ce qui concerne la statue du maréchal Ivan Konev. Ce n'est pas un scandale: c'est une véritable tragédie de la République tchèque, de la fameuse "civilisation occidentale" qui se vante tant de ses prétendues "valeurs". Il est possible de prolonger la liste des pays, des continents, des organisations et des personnalités qui sont victimes de cette tragédie. Quand les gens oublient leur histoire et la réécrivent, c'est une tragédie. Et c'est une tragédie encore plus grande quand les gens oublient l'histoire de leur survie.

La décision des autorités municipales de Prague de démanteler le monument au maréchal de l'Union soviétique Ivan Konev a infligé un grave préjudice aux relations russo-tchèques. Je voudrais rappeler qu'en agissant ainsi les autorités tchèques ont enfreint le Traité bilatéral sur les relations amicales et la coopération de 1993, qui contient des engagements pour l'entretien des monuments de guerre et la garantie d'un accès. Nous avons attiré plusieurs fois l'attention de Prague sur ce point.

Afin de régler cette situation, l'été dernier la Russie a proposé des consultations bilatérales. Malheureusement, elles n'ont toujours pas eu lieu, avant tout en raison de l'épidémie de Covid-19. Nous espérons toujours pouvoir trouver une solution mutuellement acceptable concernant le sort du monument à Ivan Konev.

Question: La Russie peut-elle attirer encore une fois l'attention des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, ainsi que de l'Unesco, sur l'enquête concernant les profanations de sites culturels et historiques en Arménie pour traduire en justice les militaires azéris coupables de ces crimes?

Réponse: Nous prônons une attitude respectueuse envers les sites culturels et religieux au Haut-Karabakh et dans les régions voisines. Nous réaffirmons l'importance de l'organisation d'une mission de l'Unesco dans la région au plus vite. Nous entretenons également les contacts avec les parties sur chaque cas concret.

Question: Que pouvez-vous dire des communiqués de presse concernant l'interpellation le 3 mars 2021, par les services de renseignement estoniens, du célèbre militant des droits de l'homme Sergueï Seredenko?

Réponse: La même chose qu'au sujet de la condamnation de Iouri Mel. Ce n'est pas la première fois qu'une justice punitive est appliquée dans les pays baltes. En l'occurrence, il s'agit d'un épisode révélateur de la lutte contre la dissidence, de la recherche de la fameuse "trace russe" par les renseignements, de la pression politique contre les représentants de la communauté russophone qui compte de nombreux représentants dans ce pays.

Un homme qui défend ouvertement les intérêts des minorités nationales en Estonie, notamment lors des conférences et des forums internationaux, est persécuté pour sa position civile active. Une question qui s'adresse à tous les dirigeants de l'UE, aux organisations internationales spécialisées dans les droits de l'homme, qui défendent la liberté d'expression: où êtes-vous? Où est votre réaction? Au moins un mot sur les réseaux sociaux, une photo de cet homme? Rien.

Nous appelons la communauté internationale défendant les droits de l'homme à veiller attentivement au respect des normes universelles du droit humanitaire international envers l'activiste Sergueï Seredenko arrêté en Estonie, compte tenu de son âge et de son état de santé.

Question: Le Président lituanien Gitanas Nauseda a déclaré que les autorités russes négligeaient l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Que pensez-vous de cette position?

Réponse: Pendant de longues années, alors que l'Ukraine et la Russie étaient déjà des États souverains, nous avons préservé l'intégrité territoriale de l'Ukraine. S'il est question de la situation avec la Crimée, je rappelle aux collègues baltes que les Criméens ont soulevé plusieurs fois la question de la nécessité d'organiser un référendum sur leur propre sort. Ils l'ont fait ouvertement, tentaient d'inciter Kiev à utiliser les mécanismes juridiques pour défendre leurs droits et libertés.

Sachant qu'on ne trouvera pas un mot des représentants officiels, des diplomates, des représentants des structures publiques russes qui à l'époque, malgré la compréhension des difficultés rencontrées par les Criméens dans les années 1990 et plus tôt, auraient remis en question l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Aucun exemple de ce genre n'existe.

Mais l'année 2014 est arrivée. Elle a été précédée par des cas multiples d'ingérence dans les affaires ukrainiennes du côté des pays occidentaux. Une nouvelle fois, le pouvoir a été renversé par un "maïdan". Un coup d’État anticonstitutionnel a été organisé, qui a entraîné les processus qui s'en sont ensuivis. Notre pays n'a certainement rien à voir dans cette évolution de la situation, ce qui n'est pas le cas des voisins baltes.

Je rappelle le rôle direct des diplomates baltes et des représentants publics de la Pologne, de l'Allemagne et des États-Unis qui non seulement se sont ingérés dans les processus en Ukraine en 2014, mais également les ont modélisé et réalisé de leurs propres mains. Des dizaines et des centaines de "spécialistes" étrangers dans tous les domaines (agents, mercenaires) se trouvaient sur le territoire ukrainien et participaient à la mise en œuvre de la "ligne politique" de l'Ukraine sous la couverture de la "société civile" ukrainienne ou de "consulting". C'était une ingérence dans les affaires intérieures d'un État souverain.

Tous les processus qui se sont déroulés sur le territoire ukrainien en 2014 ont provoqué une série d'événements. Ils résultent de l'ingérence directe des pays occidentaux (des États-Unis, de l'UE) dans les affaires de l'Ukraine. Il ne faut pas chercher les coupables auprès de pays qui n'étaient certainement pas responsables de la situation survenue, qui prônaient toujours la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine, qui la respectaient non seulement en paroles, mais également en actes, qui développaient les relations économiques, politiques et sociales, qui utilisaient uniquement des instruments juridiques et la pratique diplomatique pour interagir avec l'Ukraine souveraine. Ce qui n'est pas le cas de ses voisins et, concrètement, de la Lituanie.

Question: L'Ambassadeur de Pologne en Russie, Krzysztof Krajewski, a déclaré que Varsovie était prêt à un dialogue équitable avec Moscou. Pensez-vous que ce soit un signal pour l'amélioration des relations bilatérales?

Réponse: Dans sa première interview aux médias russes, le nouvel ambassadeur de Pologne en Russie Krzysztof Krajewski parle de la disposition de Varsovie au dialogue et à la normalisation des relations avec la Russie. Nous nous réjouissons de cette disposition des autorités polonaises. Nous espérons que ces propos seront appuyés par les actes. Si c'est effectivement la disposition de la Pologne et que les relations se développeront dans ce sens, nous n'y sommes que favorables. Cependant, il faut aborder la situation actuelle pour comprendre où nous en sommes et par quoi il faut commencer.

Le nouvel ambassadeur polonais associe le mauvais état de nos relations bilatérales à la détérioration générale des relations entre la Russie et l'Occident ces dernières années. En pratique, les relations entre les pays occidentaux et la Russie sont très différentes. Les problèmes dans le dialogue entre Moscou et Varsovie ne datent pas d'hier.

En particulier, la vaste campagne nationale lancée en Pologne pour effacer de la mémoire publique "le faux sentiment de gratitude" envers les guerriers libérateurs soviétiques ne contribue aucunement à la normalisation de la coopération. En suivant la "politique historique nationale" menée par Varsovie, les représentants officiels polonais ne nient pas seulement le rôle de l'Armée rouge dans la libération de l'Europe du fascisme: ils entreprennent également des tentatives perfides de rejeter sur l'URSS la responsabilité du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale au même titre que l'Allemagne hitlérienne.

Krzysztof Krajewski a mentionné que la Pologne respectait la mémoire des soldats de l'Armée rouge tombés pendant la guerre. Nous sommes trop souvent confrontés à des cas scandaleux de vandalisme envers les cimetières soviétiques en Pologne. La campagne de suppression des monuments aux guerriers de l'Armée rouge, lancée en Pologne ces dernières années, semble trop cynique. La Pologne a démantelé 446 monuments et, même si l'ambassadeur a qualifié de "fausses" les déclarations des médias russes concernant la suppression des tombes de soldats soviétiques en Pologne, en réalité de tels cas se sont produits: en 2017 a été détruit le mausolée au cimetière des guerriers de l'Armée rouge à Trzcianka, et en 2018 à Pogorzelica. Dans ces conditions, la reprise du dialogue dans le cadre du Groupe russo-polonais pour les questions difficiles découlant de l'histoire des relations russo-polonaises semble être une affaire non seulement compliquée, mais également insensée.

Monsieur l'ambassadeur décrit positivement les relations russo-polonaises commerciales et économiques. Cependant, selon les statistiques russes, depuis plusieurs années nous constatons une dynamique négative palpable dans nos relations bilatérales (les échanges ont diminué de 35% depuis deux ans), et cette baisse continue. Cela résulte des efforts de Varsovie pour limiter les importations des hydrocarbures de Russie, des sanctions décrétées contre la Russie et des conditions défavorables pour les compagnies russes qui tentent d'entrer légalement sur le marché polonais.

Parmi les facteurs sérieux qui empêchent la normalisation des contacts avec la Pologne demeurent les tentatives de Varsovie de militariser la région de l'Europe de l'Est en faisant appel au potentiel militaire américain. Nous y voyons avant tout une approche irresponsable du système établi de stabilité militaro-politique en Europe. Les risques que comporte l'érosion de l'équilibre établi sont largement supérieurs aux "menaces" illusoires inexistantes émanant de Russie auxquelles se réfère l'ambassadeur Krzysztof Krajewski.

Afin de normaliser les relations bilatérales, Varsovie devrait, en actes et non en paroles, entendre nos appels à instaurer un dialogue basé sur le respect des principes du droit international et des intérêts mutuels. Objectivement, il n'y a pas d'obstacles insurmontables à la normalisation des relations russo-polonaises. Tous les problèmes actuels peuvent être réglés en présence d'une volonté politique des deux côtés. Cependant, nous ne constatons pas encore de telle disposition du côté des autorités polonaises. Si Krzysztof Krajewski a l'intention d'améliorer quelque chose, nous lui tendons la main.

Question: Quels thèmes seront centraux pendant l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie en marge du CMAE de la CEI le 2 avril? Le Ministère russe des Affaires étrangères voit-il une différence fondamentale d'ordre du jour entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie concernant les "questions problématiques" sur le dossier du Karabakh?

Réponse: Ces entretiens sont en cours. Il ne reste plus beaucoup de temps à attendre. Attendons la publication des communiqués à leur issue.

Question: Le 4 avril marquera le 29e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Russie et l'Azerbaïdjan. Le porte-parole du président russe Dmitri Peskov a récemment déclaré que la Russie et l'Azerbaïdjan "entretenaient d'excellentes relations de confiance basées sur le respect mutuel".

L'année 2020 a été importante pour les relations russo-azéries compte tenu de la signature de la Déclaration trilatérale sur le Haut-Karabakh. De plus, on notera la coopération cruciale dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères de l'efficacité de l'interaction avec l'Azerbaïdjan dans différents domaines, quels secteurs de la coopération sont prioritaires? Quels défis communs nécessitant une réponse identifient-ils?

Réponse: Prochainement seront publiés les interviews du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Andreï Roudenko à l'occasion du 29e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques avec l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Ces publications exprimeront un avis détaillé sur les relations bilatérales, ainsi que sur le Haut-Karabakh.

Question: Ces derniers jours, la chaîne RT a été confrontée à des restrictions sans précédent en termes d'accès au public. Les autorités lettones bloquent la chaîne d'information RT en russe, alors que YouTube a bloqué la chaîne arabe du holding - qui compte près de 3 milliards de vues - sous un prétexte fallacieux. Comment la Russie peut-elle y faire face, hormis les protestations formelles? Existe-t-il des instruments qui permettraient de réaliser notre droit à exercer notre métier et le droit de la population du monde à accéder à des informations provenant de sources ayant un point de vue différent?

Réponse: Quand on nous dit que nous "portons atteinte" aux prétendues valeurs du monde occidental ou cherchons à "répandre notre influence destructive", c'est une question de valeurs.

Le 31 mars 2021, le Conseil national des médias numériques de la Lettonie a bloqué l'accès aux sites RT en russe, ntv.ru, rus24.ru et teledays.net, qui permettaient de regarder les chaînes russes en ligne. Ils ont tous été inscrits sur la liste noire publiée sur le site du régulateur.

Bien que l'attitude orientée et illégale des autorités des pays baltes envers les médias russes ne soit pas une nouvelle pour nous, c'est le premier cas d'interdiction non seulement de la diffusion de la chaîne, mais également de la possibilité de visiter sa page internet en Lettonie. Sachant que le motif invoqué, se référant à la loi locale sur les médias numériques, mentionne la diffusion illégale d'émissions dont le contenu "peut enfreindre les droits d'auteur, avoir un impact négatif  et être dirigé contre la Lettonie et ses citoyens". C'est un fake hybride qui a été inventé.

Il est évident que cela n'a rien à voir avec la situation réelle, que ce n'est qu'un prétexte pour poursuivre la ligne systématique visant à éradiquer toute dissidence, notamment russe. Je suis certaine que cela ne s'appliquera pas seulement aux médias russes. A un moment donné, d'autres pays et médias feront l'objet d'une telle attitude.

Nous assistons à une violation cynique des principes fondamentaux de la liberté d'expression et du pluralisme des médias, ainsi qu'à la négligence des droits de la population russophone de la Lettonie, ce qui est contraire aux engagements politiques de Riga.

Le rouleau-compresseur étatique continue de censurer et de bloquer les médias jugés indésirables qui diffusent un point de vue alternatif, et ce rouleau-compresseur écrase avant tout les sites et les médias russes et russophones, et avec eux le droit de ses propres citoyens d'accéder librement à l'information.

Rappelons qu'en juin 2020, la Lettonie a interdit la diffusion de sept chaînes du groupe RT sous prétexte de sanctions de l'UE visant le directeur général de l'agence de presse Rossiya Segodnya Dmitri Kisselev, qui n'a rien à voir avec RT.

Nous appelons une nouvelle fois les organisations internationales et la communauté des droits de l'homme à s'y intéresser de près, à réagir à la politique arrogante et répressive de la Lettonie en matière de liberté des médias.

Vous avez également dit "hormis les déclarations". Ce ne sont pas seulement des déclarations: nous formulons également des requêtes pratiques au niveau des organisations internationales. Quel mécanisme efficace? Il faut clairement le savoir et en être conscient. Des mesures de protection dans notre pays. Vous avez mentionné le blocage sur le site d'hébergement YouTube du service arabe de la chaîne RT. Plus de 5 millions d'abonnés, plusieurs milliards de vues - rien n'est dissuasif pour bloquer la chaîne. Puis elle a été débloquée. Avez-vous des garanties qu'elle ne sera pas bloquée de nouveau? Ni vous ni nous ni qui que ce soit n'a une telle garantie. Les géants américains de l'internet font ce qu'ils veulent. Quelle doit être la réponse. Premièrement, la protection de son propre espace de l'information: une base législative (en cours d'élaboration), son application (parce qu'il arrive souvent chez nous que la base législative ait été élaborée, mais pas activement appliquée). C'est l'élaboration d'une base législative et son application active. Deuxièmement, le développement de ses propres sites et plateformes. Oui, je sais bien que c'est regrettable de se séparer de son "actif" accumulé sur une plateforme, un site d'hébergement, un réseau social, quand il est question de centaines de milliers d'abonnés et de vues. Il est risqué de passer sur une nouvelle plateforme et de la développer. Il existe une certaine nuance qu'il faut toujours garder à l'esprit: il peut être gênant de passer et de développer ses nouvelles plateformes parce que nous nous souvenons du confort sur les anciennes. Mais à un moment donné nous pouvons perdre ce que nous avons élaboré sans avoir nos propres plateformes. Cela serait bien plus regrettable. D'après moi, il faut régler ces problèmes dans les deux sens.

Question: Notre chaîne est souvent accusée d'ingérence dans différentes élections, notamment en essayant de changer le mode de vie ou de pensée des habitants de ces pays. Je trouve que de telles tentatives existent également en Russie, notamment l'ingérence intentionnelle dans les processus électoraux. Les élections à la Douma d’État de Russie auront lieu cette année. Un événement intéressant a eu lieu récemment, concernant la dispersion du congrès de la Russie municipale, qui a attiré beaucoup l'attention de la presse occidentale, notamment des structures officielles. Considérez-vous une telle attention des partenaires occidentaux pour les processus électoraux en Russie comme un moyen d'influencer ou de s'ingérer directement dans nos élections?

Réponse: Je rappelle que parmi les coordinateurs du forum Russie municipale se trouvent des représentants d'ONG dont l'activité est reconnue comme "indésirable" en Russie. Ils ont tenté d'organiser cette activité publique en transgressant les règles établies compte tenu du contexte épidémiologique. Bien évidemment, les forces de l'ordre ont réagi. Nous voyons qu'à travers le monde fonctionne parfois un véritable mécanisme punitif de persécution des gens pour leur désaccord, pas une infraction mais un désaccord avec les normes. Vous voyez la dispersion de rassemblements aux Pays-Bas et dans d'autres pays de l'UE. Ils sont toujours préoccupés par la situation en Russie mais ne voient pas leurs propres problèmes.

Force est de constater que la forme et le contenu de telles publications sont la preuve d'une tentative d'influencer sur les processus qui se déroulent dans notre pays. Ces tentatives sont loin d'être isolées.

En fait, il s'agit de l'application des directives des fameux "tracts de propagande" qui contiennent des instructions pour promouvoir des "agents d'influence" en Russie. Je fais allusion au rapport "Russie. Scénario 2030" préparé en 2019 par centre analytique de Washington Free Russia, ainsi qu'au récent opus du Conseil de l'Atlantique. Ces "récits" représentent un recueil de fantaisies d'"experts" russophobes au sujet de leur propre vision de "l'avenir de la Russie" et des moyens de s'en rapprocher.

De tels reportages commandités sont fabriqués selon des stéréotypes. Malheureusement, cela est fait par des gens qui se font appeler journalistes. C'est le "péché" des journalistes américains. Ce n'est pas l'unique élément d'ingérence dans nos affaires intérieures. Nous le combattrons en défendant notre espace de l'information.

Question: Le Ministère russe des Affaires étrangères prévoit-il une requête formelle auprès des institutions internationales concernant la catastrophe humanitaire qui se profile à la frontière Sud des États-Unis, qui revêt une dimension internationale et devrait intéresser les structures des droits de l'homme non seulement aux États-Unis, mais également à travers le monde?

Réponse: C'est un naufrage humanitaire. Imaginez: 18.000 enfants mineurs (je ne parle que des mineurs). En tant que journaliste qui couvre notamment ce sujet, vous pouvez imaginer l'ampleur des événements.

En ce qui concerne les requêtes. Premièrement, les requêtes formelles ne sont pas toujours nécessaires pour que l'impulsion arrive jusqu'aux organisations internationales. Cette situation ne peut pas échapper au champ de vision des organisations internationales. C'est impossible. Ce n'est pas un recoin éloigné de la planète où les journalistes ne mettent pas les pieds et qu'aucun moyen de communication n'atteint. C'est la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Deuxièmement, ce problème est couvert activement par les journalistes. Troisièmement, le Ministère russe des Affaires étrangères a publié aujourd'hui un communiqué officiel à ce sujet. Tout cela s'ajoute au travail qui doit être fait par les structures internationales dans le cadre de leur mandat, qui prévoit le suivi de telles situations et la focalisation sur celles-ci. 18.000 enfants mineurs et les conditions de leur détention sont une affaire très grave pour la communauté internationale et les organisations internationales compétentes.

Il existe un autre point. Nous savons parfaitement que des représentants et des diplomates américains vont courir dans les couloirs des organisations internationales pour presser tous les boutons en bloquant toute critique et volonté des mandataires internationaux, des représentants des institutions d'observation, de s'occuper des droits de l'homme aux États-Unis. C'est pourquoi dans ce contexte il faut tout faire pour que les États-Unis reçoivent un signal de leurs partenaires les plus proches, de leurs alliés stratégiques, qu'ils ne seront pas embarrassés par leurs propres problèmes. Vous savez, reconnaître le problème est le premier pas pour le régler. C'est pourquoi il faut reconnaître, permettre aux structures internationales (organisations gouvernementales et non gouvernementales) de s'y joindre, d'utiliser l'expérience accumulée depuis des années. Elles organisent des conférences internationales sur la Syrie, tentent de savoir ce qu'il faut faire avec la Libye lors des forums internationaux. Elles organisent des conférences sur les droits de l'homme dans d'autres pays.

Je ne pense pas que les États-Unis organiseront eux-mêmes une conférence internationale sur ce qui se passe chez eux mais ils sont capables, je pense, de permettre aux autres de les aider.

Question: Après qu'un ministre des Affaires étrangères de l'UE a qualifié le vaccin Sputnik V d'"arme" russe de guerre hybride, le président d'un autre pays européen a parlé d'une "guerre d'un nouveau type", liée (selon lui) aux tentatives de la Russie et de la Chine d'"exercer une influence" grâce aux vaccins contre le coronavirus.

Cependant, les faits montrent que la Russie se bat efficacement contre le virus et qu'en Russie la pandémie recule, alors qu'en Europe, au contraire, elle progresse.

A première vue, il faudrait contribuer à l'application de l'expérience positive de la Russie et ouvrir la voie à ce médicament efficace. Au lieu de cela, le Titanic européen en naufrage ne s'occupe pas du sauvetage mais de l'origine des canots de sauvetage, et cherche à trouver des obstacles pour utiliser les moyens de sauvetage. Le rôle leader de la Russie et de la Chine dans la création des vaccins antivirus n'a pas été proclamé comme moyen de protection, mais comme arme dans une nouvelle guerre. Cela revient à dire qu'un masque à gaz est une arme d'agression.

D'ailleurs, par le passé, pendant la Première Guerre mondiale, quand l'Allemagne a été le premier pays du monde à utiliser des gaz toxiques, l'Europe utilisait avec succès des masques à gaz fabriqués en Russie, pas ailleurs. Parce qu'à l'époque l'objectif consistait à protéger les gens.

Aujourd’hui, en faisant obstacle et en discréditant par tous les moyens le vaccin russe, l'Occident prive de protection sa population contre la plus grande menace. Il s'avère que l'objectif de l'Occident ne consiste pas du tout à protéger la population. Et que la Russie perturbe ces plans.

C'est pourquoi la tentative de bonne foi de la Russie d'apporter son aide est perçue comme une ingérence importune du "simplet Ivan" qui tente de mettre à bas tous les plans sophistiqués inventés par l'Occident.

Il serait peut-être utile de s'adresser directement aux peuples de l'Europe? Il est tout de même question de la protection de la vie d'un très grand nombre de gens. Dans un communiqué direct au sujet des vaccins russes, il serait possible d'expliquer les nombreux problèmes qui sont intentionnellement présentés par l'Occident de manière déformée, qui rejette même la responsabilité de tout le mal sur le Russie. La Russie est prête à aider les habitants de la planète indépendamment de leurs opinions politiques et autres. Nous sommes dans le même bateau gigantesque et il ne sera possible de vaincre ce virus dangereux qu'ensemble.

Il existait par le passé une telle formulation: "TASS est habilitée à déclarer". Peut-être maintenant "Le Ministère des Affaires étrangères est habilité à déclarer"? Dire haut et fort la vérité aux gens. Qu'en pensez-vous?

Réponse: Nous nous en occupons. En particulier lors des conférences de presse, en faisant de nombreuses publications, en prononçant des discours au cours de différentes activités (il est question de la direction du Ministère des Affaires étrangères, de nos ambassadeurs et diplomates). Le Département de l'information et de la presse apporte également une grande contribution à ce travail.

Procédons dans l'ordre. Vous avez parlé des déclarations de plusieurs représentants officiels occidentaux concernant le vaccin. Malheureusement, certains (même dans notre pays) pensent que nous exagérons, que des personnalités occidentales éclairées ne peuvent pas, en période de pandémie, s'adonner à des activités obscurantistes telles que nier l'existence du vaccin russe, remettre en question son existence et accuser la Russie de mener une prétendue guerre vaccinale. Sachant que c'est fait à la fois vis-à-vis de la Russie et de la Chine.

Nous évoquerons obligatoirement aujourd'hui les déclarations des dirigeants des structures de l'UE et de certains dirigeants de l'UE à ce sujet. Pour qu'il apparaisse clairement à quel point les "fleurons" du monde occidental utilisent la propagande, la concurrence déloyale et la conjoncture politique de manière non dissimulée, en contradiction avec leurs propres "directives" et les "directives" qu'ils donnent aux autres. Je souligne de nouveau que ces déclarations sont faites dans une situation où le monde a besoin de se souder et de s'unir pour régler un problème d'actualité lié à la santé et à la vie des habitants de la planète.

Voici ce qu'a déclaré le Président français Emmanuel Macron le 26 mars 2021. Si encore cela avait été dit le 26 mars 2020. Certes, cela aurait été étrange, incompréhensible, il aurait été possible de s'y résigner. Mais le 26 mars 2021, ces déclarations sont tout simplement sauvages. Il a dit: "L'Europe est le seul continent qui exporte [des vaccins]. C'est le seul continent du monde libre qui a une vraie stratégie vaccinale et une vraie diplomatie vaccinale." S'il est question du fait que seule l'Europe possède une vraie stratégie en matière de vaccins, alors nous voyons comment vous la mettez en œuvre dans l'espace de l'UE. La vaccination échoue et ce n'est pas nous qui le disons. Nous ne faisons que citer vos citoyens, vos médias, médecins, organes publics et experts.

Que dit-il ensuite: "Et donc il faut être très clair, nous sommes face à une guerre mondiale d'un nouveau genre, face notamment aux attaques, aux velléités de déstabilisation russes, chinoises d’influence par le vaccin." Nous ne cherchons à influencer personne à l'aide des vaccins. C'est vous qui pensiez que nous n'avons pas de vaccin, nous n'avons pas insisté. De plus, les "agents d'influence", financés notamment par les pays occidentaux et directement soutenus par Bruxelles, insistaient précisément il y a six mois sur le fait qu'il n'existait aucun vaccin en Russie en principe. Nous l'avons entendu. Dans la conception que vous imposez, notamment à nos citoyens, il n'existe simplement aucun vaccin russe. S'il n'y a pas de vaccin, alors de quelle guerre parlez-vous?

Décidez-vous: soit il y a un vaccin, soit il y a un usage de vaccins russes à un mauvais escient. La réponse est évidente: le vaccin existe, il en existe plus d'un. Il fonctionne. De plus, nous n'avons jamais caché l'existence du vaccin, nous n'avons jamais tenté de monopoliser tout ce qui concerne les élaborations russes concernant le vaccin et sa production.

Étant le pays qui a fabriqué le premier vaccin, nous avons immédiatement proposé au monde une coopération équitable et mutuellement avantageuse dans plusieurs domaines liés au vaccin - aussi bien des études conjointes que des échanges d'expérience, ainsi que de la production commune et, évidemment, des différents projets sur une base légale.

En revanche, vous ne l'avez pas entendu mais cela arrive souvent à l'UE: vous le savez, dans plusieurs domaines l'UE s'oriente sur son "frère" transatlantique. C'était également le cas en 2015 quand vous n'avez pas entendu l'appel de la Russie à unir les efforts dans la lutte contre Daech. Certains ont ri, d'autres ont tourné le dos ou encore ont commencé à jurer. Vous commettez toujours la même erreur: vous niez la réalité, vous essayez, sous prétexte de prétendues valeurs, qui n'existent pas ou que vous avez déformées, d'imposer votre agenda. Et en grande partie, à l'étape actuelle, ne plus simplement imposer, mais cacher votre propre incapacité à gérer les problèmes du moment.

Le Ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a fait une déclaration choquante: "Le vaccin Sputnik V est plus un moyen de propagande et de diplomatie agressive qu'un moyen de solidarité et d'aide sanitaire." De quoi parlez-vous? Des centres de vaccination sont ouverts dans le pays. Nous fabriquons le vaccin avec les pays qui ont fait part de leur volonté de le fabriquer ensemble, de maîtriser et d'utiliser ce vaccin. La France a tantôt manifesté, tantôt non, une telle volonté. Dans ce cas il ne faut pas dire que c'est une propagande et une diplomatie agressive si vous-mêmes n'avez pas eu le temps, voulu ou pu vous joindre à la coopération.

Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a déclaré le 29 décembre 2020: "De tels récits sont apparemment dirigés vers des pays où la Russie veut vendre son propre vaccin. Sputnik V. De telles démarches menacent la santé publique dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Des organisations telles que Daech profitent également du chaos dû au coronavirus pour répandre leur propre propagande." Une déclaration consternante. C'est un fake, du même acabit que ceux contre lesquels l'UE se bat précisément en créant de nouvelles structures pour lutter contre la prétendue "désinformation russe".

Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur de l'UE: "Nous n'avons absolument pas besoin de Sputnik V. Aujourd'hui, nous avons clairement entre nos mains la capacité de livrer 300 à 350 millions de doses d'ici la fin de mois de juin. Le 14 juillet nous avons la possibilité d'atteindre […] Les Russes ont un mal fou à le fabriquer, il faudra sans doute les aider […] mais pour l'instant priorité aux Européens." C'est aberrant. Au lieu de nous proposer de l'aide pour fabriquer le vaccin, l'UE devrait analyser ses propres problèmes avec la vaccination. Vous vous êtes battus pour l'accès à ces vaccins, vous ne pouvez pas combiner habilement les restrictions intérieures avec la vaccination et les intérêts de la population et des entreprises. Vous vous "noyez" encore plus dans l'incapacité de faire face à vos propres problèmes tout en accusant constamment la Russie en inventant des faits inexistants.

Ursula von der Leyen: "Je dois dire que nous nous demandons toujours pourquoi la Russie propose en théorie des millions et des millions de doses, sans pour autant faire suffisamment de progrès dans la vaccination de sa propre population." Nous proposons de coopérer pour fabriquer des millions et des millions de doses. Coopérez ou non, à vous de décider.

L'Autriche est en train de se décider. Plusieurs pays d'Amérique latine, du continent africain et du Moyen-Orient ont également tout compris depuis longtemps.

Charles Michel, Président du Conseil européen: "Ne nous laissons pas leurrer par la Chine et la Russie, régimes aux valeurs moins enviables que les nôtres, lorsqu’elles distillent des opérations très limitées mais largement médiatisées d'approvisionnement en vaccins à d'autres pays." Regardez, dès qu'ils rencontrent des problèmes, ils passent immédiatement à la défense de prétendues valeurs. Quelles opérations pour la livraison de vaccins? Nous sommes contactés par des gouvernements et des organisations commerciales. Ce ne sont pas nos ambassades qui font le tour des structures gouvernementales d'autres États en imposant des produits de qualité moyenne, comme le font certains. Nos ambassades reçoivent régulièrement des propositions de renforcer le potentiel de coopération soit pour la production, soit pour l'achat des vaccins. De quoi peut-on parler?

Christa Wirthumer-Hoche, Présidente de l'Agence européenne des médicaments (AEM), représentante de l'Agence autrichienne pour la santé, a qualifié notre vaccination de "roulette russe". C'est vraiment de l'obscurantisme. Cela devient honteux pour les Européens et les Occidentaux.

Je ne parlerai pas de la Présidente estonienne Kersti Kaljulaid, tout est clair.

Ingrida Šimonytė, Première ministre de la Lituanie: "Ils disent que Sputnik V est bon, mais Poutine ne se soucie pas de l'utiliser [...] il l'offre au monde comme une autre arme hybride pour diviser et régner." Cela date du 5 février 2021. J'ai une proposition pour la Première ministre lituanienne. Prenez le téléphone et appelez votre Ambassadeur en Russie, dites-lui de prendre son téléphone pour prendre en photo comment se déroule la vaccination chez nous. De quoi parlez-vous? Ou peut-être vos ambassadeurs vous désinforment? Cela peut également arriver. Après tout, vous débranchez nos chaînes, bloquez les sites. Apparemment, les informations vous parviennent soit des médias occidentaux (nous savons comment ils peuvent travailler), soit de vos ambassades. Vos ambassades vous détournent peut-être du bon chemin?

Jennifer Psaki, porte-parole de la Maison blanche des États-Unis: "Bien évidemment, nous avons suivi les tentatives d'autres pays, de la Chine et de la Russie, d'utiliser le vaccin pour remporter des succès au niveau diplomatique." Contrairement à d'autres, nous utilisons les vaccins pour la vaccination, et pas autrement. S'il existe un autre moyen: que le Département d'État américain nous parle de ses succès. Notre vaccin sert seulement à vacciner, honnêtement.

Je ne pouvais pas me permettre de garder le silence et de ne pas faire ces citations parce qu'il faut le savoir. Quand on réunit toutes ces déclarations ensemble, on comprend que, premièrement, tout cela est écrit dans un centre de planification stratégique de l'information au sein de l'Otan. Deuxièmement, c'est envoyé en éventail. Troisièmement, je pense qu'on vérifie certainement si tel ou tel dirigeant ou représentant a tout dit correctement. Puis, tout cela est relayé par les moyens des communications stratégiques de l'UE et de l'Otan par leurs médias et revient sous la forme de questions au niveau officiel. Et toute cette "aberration" médiatique est constamment diffusée pour être partout, pour donner l'impression d'une nouvelle guerre hybride novatrice soi-disant autour des vaccins, d'actions agressives de la Russie, du fait que nous n'aurions pas de vaccin ou que nous en disposerions mais l'utiliserions en tant qu'élément d'agression. C'est phénoménal.

Nous espérons que la direction de l'UE prendra pleinement conscience de sa responsabilité pour la vie et la santé des citoyens de l'UE au vu de la pandémie de coronavirus qui perdure. Et qu'elle s'écartera de telles déclarations indécentes, mensongères et inadmissibles.

Nous remarquons que même dans les conditions d'une limite temporaire des capacités de production éprouvée actuellement par tous les développeurs de produits contre la Covid-19, contrairement à ses partenaires occidentaux, non seulement la Russie ne recourt pas aux mesures de "nationalisme vaccinal" auquel nous assistons précisément en UE, mais elle cherche également à assurer un accès au médicament russe à tous ceux qui expriment une telle volonté et témoignent de leur intérêt dans toutes les régions du monde. Nous n'imposons rien à personne. Nous ne forçons personne, mais nous sommes ouverts à la coopération. Nous sommes prêts à livrer à tous les pays intéressés les vaccins sûrs et très efficaces développés par notre pays sans discrimination et en toute transparence.

Encore une fois, je voudrais appeler les collègues des ministères des Affaires étrangères et des organisations internationales à cesser de voiler leur incapacité à régler leurs problèmes intérieurs en mettant en avant de prétendues actions agressives de la Russie. Cessez d'utiliser le mensonge et les fakes pour expliquer à vos propres citoyens pourquoi vous n'arrivez pas à gérer ce problème commun à tout le monde, pourquoi vous utilisez un éventail de moyens et de méthodes inadmissibles, allant de la propagande à la désinformation en passant par la pression politique et l'influence, pour éviter d'assumer la responsabilité de vos échecs dans différents domaines.

Nous sommes certains qu'il est impossible de surmonter la pandémie de coronavirus et ses conséquences négatives sans unir les efforts de tous les membres de la communauté internationale. Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, la priorité principale est l'immunisation de la population de la planète, qui s'affirme progressivement en tant qu'intérêt public mondial. Ce n'est pas seulement l'avis de nos spécialistes, c'est l'avis basé sur une analyse des organisations internationales travaillant dans le secteur de la santé et des experts mondiaux.

Nous voyons, et c'est très important, que les gens, malgré la désinformation imposée dans plusieurs pays, demandent à leur gouvernement et demandent directement à la Russie de livrer le vaccin russe, notamment Sputnik V, de mettre en place la production ou la livraison de ce vaccin. La population des pays de l'UE n'apprécie pas les déclarations des bureaucrates bruxellois de politiser tout ce qui concerne les vaccins, de retarder les livraisons des vaccins.

De plus en plus de personnes à l'étranger, et je le vois d'après les publications sur internet et dans les médias (outre les pays où Sputnik V a déjà été approuvé) exigent des autorités d'accorder la liberté de choisir, exigent d'accorder un accès notamment au vaccin russe et, surtout, de cesser de politiser ce thème.

Voici une très bonne phrase que j'ai lue dans un article: "La vraie science ne peut pas avoir de frontières nationales. Et quand elle est utilisée à des fins pacifiques, il ne doit pas y avoir de frontières au bien, qui plus est de frontières artificielles."

Question: Que pouvez-vous dire de la déclaration des représentants américains au sujet de l'impossibilité de retirer les troupes d'Afghanistan d'ici le 1er mai, comme cela avait été convenu aux négociations de Doha?

Réponse: Je comprends que ce thème soit très alarmant, complexe et concerne la vie des civils, mais il est impossible de ne plus ironiser parce qu'à chaque fois que vous parlez des promesses des États-Unis de retirer les troupes d'Afghanistan d'ici le 1er mai, on est tenté de demander: de quelle année? Chaque année, ils parlent du retrait de leurs troupes. Autrement dit, chaque année des engagements sont pris, des promesses sont données et des plans sont publiés. A chaque fois nous entendons des déclarations concernant l'intention de le faire d'ici le 1er mai de l'année en cours.

Nous pensons que les références à des complications techniques par rapport au retrait définitif du contingent américain d'Afghanistan d'ici le 1er mai sont un mensonge. Les délais du retrait des troupes ont été convenus entre les États-Unis et les talibans il y a plus d'un an. Nous savons parfaitement que ce délai aurait amplement suffi pour réaliser tous les préparatifs nécessaires. Nous pensons que la vraie raison de l'atermoiement du retrait des troupes américaines d'Afghanistan est la crainte pour le sort des autorités afghanes actuelles qui, comme les Américains eux-mêmes le reconnaissent, malgré 20 ans de contribution militaro-technique active de l'Otan, restent incapables de gérer elles-mêmes les problèmes de sécurité. Ainsi, le général Richard Clarke, commandant des forces des opérations spéciales des États-Unis, a récemment prononcé un discours au Comité des forces armées du Sénat américain et a souligné la dépendance critique des forces nationales de sécurité afghanes envers l'aide militaire étrangère.

Nous espérons que Washington restera attaché aux termes de l'accord de paix conclu avec les talibans l'an dernier, qui prévoit des délais concrets de retrait des troupes.

Je voudrais également attirer votre attention sur le fait qu'une réponse du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov était consacrée hier à cette question pendant la session du club Valdaï. Je cite: "La présence des États-Unis (il est question de l'Afghanistan), qu'ils viennent de déclarer, sera prolongée pour l'éternité, du moins aucun délai de retrait des troupes n'est indiqué - ce n'est pas une nouvelle non plus. Les Américains sont les maîtres de leur parole - ils la donnent et ils la reprennent. Ils ont d'abord annoncé le retrait des troupes d'Afghanistan, puis ils ont changé d'avis. Et ils veulent également rester en Syrie. Ils exploitent les hydrocarbures, ils vendent les céréales qui y sont cultivées, et financent ainsi, avec l'argent du peuple syrien, les actions séparatistes de certaines organisations kurdes, bloquent le dialogue entre les Kurdes et Damas, font tout pour l'empêcher, tout en déclarant que Daech renaît sur les territoires de la Syrie non contrôlés par le gouvernement de Bachar al-Assad. C'est une sorte de "royaume des miroirs déformants". Il parlait globalement de la Syrie et de l'Afghanistan, mais nous avons compris l'idée principale.

Question: Quelle est la position de la Russie concernant la proposition du Président afghan Ashraf Ghani d'une réconciliation nationale par l'organisation en Afghanistan d'élections anticipées sous le contrôle de la communauté internationale?

Réponse: Nous estimons que cette question doit indéniablement être adressée avant tout aux talibans. Nous partons du principe que le processus de paix doit être dirigé et appartenir aux Afghans. Toute décision qui sera acceptable pour les deux parties du conflit nous conviendra. A ce que l'on sache, les talibans ont rejeté l'initiative de Kaboul en déclarant que de telles élections, organisées plus tôt en Afghanistan, avaient entraîné des scandales ayant poussé le pays au seuil d'une crise.

Question: Qu'attend la Russie des négociations au "format d'Istanbul" sur l'Afghanistan? Qui l'y représentera?

Réponse: Je pense qu'il est encore tôt pour parler de la création d'un nouveau "format". A ce que l'on sache, il est question d'une activité unique en soutien aux négociations de Doha avec la participation de certains partenaires régionaux et internationaux de l'Afghanistan, ainsi que de délégations de haut niveau de Kaboul et des talibans.

Nous saluons toutes les initiatives qui contribuent à l'établissement au plus vite de la paix en Afghanistan, cependant, nous ignorons à ce jour les détails de la proposition turque, notamment les délais, le cercle d'invités, le format de la participation et d'autres questions. La Russie sera prête à se décider au sujet de sa représentation à cette activité quand elle aura reçu les informations nécessaires.

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