11 septembre 202013:10

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 11 septembre 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

La situation mondiale liée à la prolifération du coronavirus reste difficile à prévoir et compliquée. En une semaine, le nombre de personnes infectées a augmenté de presque 2 millions de personnes au niveau mondial et s'élève aujourd'hui à plus de 28 millions depuis le début de la pandémie. Les secondes vagues d'épidémie sont nombreuses dans les pays et les régions où le fond épidémiologique semblait se stabiliser. Le principal groupe d'âge impactant la hausse de la morbidité, selon les experts internationaux, est celui des jeunes qui respectent dans une moindre mesure les restrictions en vigueur.

Lors de ses conférences de presse, le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus accentue en particulier le thème de la vaccination générale, la qualifiant de "bien public mondial". Il s'oppose au "nihilisme vaccinal" professé par certains pays et pense que la vaccination est nécessaire. Il a qualifié les investissements dans les systèmes de santé publique de "base de la stabilité sociale, économique et politique des États", tout en sachant qu'il faut trouver un équilibre optimal entre les garanties de la sécurité sanitaire et l'amortissement du préjudice causé par la pandémie à l'économie mondiale, au commerce, ainsi qu'aux contacts entre les personnes. Les mesures prises contre l'épidémie dans un avenir proche seront maintenues dans le monde entier, durant une certaine période. A cet égard, par des efforts communs il faut chercher des algorithmes et des moyens permettant de rétablir progressivement la circulation transfrontalière des citoyens, les échanges commerciaux, culturels, sociaux, éducatifs, de jeunesse, sportifs et autres entre les pays.

 

Sur l'aide au rapatriement des citoyens russes

 

Je voudrais dire quelques mots au sujet de nos actions, depuis le début, pour les citoyens russes - et d'ailleurs pas seulement, cela concerne aussi des citoyens de la CEI et d'autres pays, mais avant tout des Russes - qui bénéficient d'une aide pour se déplacer dans le monde entier afin de rentrer chez eux. Des vols spéciaux (qualifiés précédemment de "rapatriement", et cette appellation demeure dans les documents même s'ils sont devenus davantage "ciblés") continuent d'être organisés. En dépit d'une assez longue campagne de "rapatriement", ces vols restent sollicités, comme en témoignent les chiffres: l'indicateur moyen est de 5.000 personnes par semaine, pour un total d'environ 309.000 personnes.

Ce n'est pas la première fois que nous parlons à part des vols retour de Chine qui ont déjà eu lieu. Le 6 septembre, le vol de la compagnie aérienne Aeroflot Shanghai-Moscou a été emprunté par 314 passagers (278 citoyens russes et 36 étrangers citoyens de la Biélorussie, du Kazakhstan, de Chine, du Tadjikistan et d'Ukraine). Le 7 septembre, 98 personnes, dont deux citoyens chinois, ont emprunté le vol Shanghai-Vladivostok opéré par S7. Enfin, le 9 septembre, le vol de la compagnie IrAero Mandchourie-Irkoutsk a été emprunté par 95 personnes, dont 32 étrangers.

D'ici la fin du mois sont prévus des vols en provenance d'Azerbaïdjan, d'Arménie, d'Israël, d'Espagne, d'Italie, de Chypre, du Kirghizistan, de République de Corée, des États-Unis, du Tadjikistan, d'Ouzbékistan, de France, d'Allemagne et du Japon.

Je voudrais rappeler qu'à l'heure actuelle la communication internationale aérienne régulière a été rétablie avec les pays suivants: le Royaume-Uni, l’Égypte, les Émirats arabes unis, la République des Maldives, la Tanzanie, la Turquie et la Suisse.

Nous attirons une nouvelle fois l'attention sur le maintien des règles d'entrée en Fédération de Russie pour les citoyens étrangers prévues par le décret 635-r du 16 mars du gouvernement. Pour préciser la possibilité d'entrée, vous êtes priés de consulter ce décret, ainsi que de contacter l'établissement diplomatique russe dans le pays d'accueil.

 

Sur la rubrique du site du Ministère des Affaires étrangères sur les vols de rapatriement

 

Étant donné que ce thème attire beaucoup d'attention, nous avons créé une rubrique spéciale pratique et représentative sur le site du Ministère des Affaires étrangères intitulée "Nous n'abandonnons pas et n'avons pas abandonné les nôtres" (https://www.mid.ru/vyvoznye-rejsy-2).

Outre les statistiques sur le nombre de vols de rapatriement et les citoyens rapatriés, nous y publions les photos et les vidéos prises par les collaborateurs de nos représentations diplomatiques et les passagers de ces vols. Ainsi, il est possible de voir de ses propres yeux comment tout s'est déroulé (et cela a été différent: dramatique, mais efficace).

 

Sur l'aide humanitaire russe accordée à la République centrafricaine, à la République du Congo et au Zimbabwe

 

Les 5 et 6 septembre, dans le cadre de l'aide russe accordée aux pays d'Afrique dans la lutte contre la prolifération du coronavirus, une cargaison humanitaire a été livrée d'urgence en République centrafricaine, au Congo et au Zimbabwe par le Ministère russe des Situations d'urgence. Les partenaires ont reçu gratuitement des moyens de protection individuelle et de diagnostic, ainsi que des produits médicaux et désinfectants d'un poids total d'environ 25 tonnes (près de 8,3 tonnes pour chaque pays).

Aux cérémonies solennelles organisées dans le cadre la livraison de l'aide humanitaire russe ont participé, à Bangui, Faustin-Archange Touadéra, Président de la Centrafrique; à Brazzaville, Jean-Claude Gakosso, Ministre congolais des Affaires étrangères, de la Coopération et des Congolais de l'étranger; et, à Harare, David Musabayana, vice-Ministre des Affaires étrangères et du Commerce international du Zimbabwe.

Les hauts représentants de ces pays ont exprimé une profonde reconnaissance à notre pays pour la contribution importante, significative et opportune au renforcement du potentiel des systèmes nationaux de santé sollicités dans le cadre de la lutte contre la pandémie. Ils ont également confirmé leur disposition à renforcer la coopération avec la Russie dans différents domaines.

 

Sur la transmission de laboratoires microbiologiques mobiles russes à la République démocratique du Congo

 

Le 3 septembre à Kinshasa s'est déroulée la cérémonie de transmission au Congo de la deuxième partie de l'aide matérielle et technique russe: deux laboratoires microbiologiques mobiles envoyés par Rospotrebnadzor dans le cadre de l'aide à la République démocratique du Congo dans la lutte contre le virus Ebola. Les laboratoires mobiles, installés sur le châssis GAZ-33088, possèdent une grande capacité de franchissement et sont dotés des équipements les plus modernes pour le diagnostic express des maladies infectieuses. Avec leur aide, les médecins congolais pourront prendre en charge la population dans les régions les plus éloignées du pays. De plus, ces véhicules sont multifonctionnels et peuvent être utilisés non seulement pour lutter contre le virus Ebola, mais également contre le coronavirus ainsi que d'autres maladies infectieuses. Prochainement, les autorités russes comptent former les spécialistes congolais à travailler avec eux.

En mai, le Ministère de la Santé de la République démocratique du Congo a reçu via Rospotrebnadzor plus de 28.000 unités de consommables de laboratoire et plus de 8.000 unités de moyens de protection individuelle, y compris des respirateurs, des tenues spéciales, des masques avec filtres, des gants et d'autres accessoires médicaux.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Wang Yi, Ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Chine

 

Vendredi 11 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi. Ce dernier est présent à Moscou pour participer à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des États membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Les deux ministres ont l'intention d'évoquer le développement et l'approfondissement des relations bilatérales entre la Russie et la Chine, du partenariat global et de l'interaction stratégique, ainsi que les efforts communs de la Russie et de la Chine dans la lutte contre le coronavirus et différentes questions de l'ordre du jour bilatéral.

De plus, les deux ministres vérifieront leurs approches sur la garantie de la sécurité internationale et de la stabilité stratégique globale. Une attention particulière sera accordée aux résultats de la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'OCS, qui s'est tenue la veille, et sur d'autres thèmes internationaux d'actualité.

 

Sur les consultations de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Workneh Gebeyehu, Secrétaire exécutif de l'IGAD

 

Mercredi 16 septembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Secrétaire exécutif de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) Workneh Gebeyehu, qui se trouvera en visite de travail en Russie les 15 et 16 septembre.

Il est prévu d'évoquer en détail la situation en Afrique de l'Est, d'échanger les avis sur l'agenda régional et international. Une attention particulière sera accordée au règlement des situations de conflit dans la région de la Corne de l'Afrique. Il est également prévu d'aborder les thèmes de coopération bilatérale entre la Russie et l'IGAD dans le secteur social et la formation de cadres au vu des résultats du sommet Russie-Afrique (Sotchi, 23-24 octobre 2019).

L'IGAD inclut 8 pays d'Afrique de l'Est: le Djibouti, le Kenya, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, l'Ouganda, l'Erythrée et l'Ethiopie. L'IGAD a été fondée en mars 1996 sur la base de l'Autorité intergouvernementale sur la sécheresse et le développement créée en 1986. Les objectifs de l'IGAD sont la contribution à la garantie de la paix, de la sécurité et de la stabilité, à la coopération régionale, à l'intégration économique et au développement des pays membres.

 

Sur la Journée unique du vote du 13 septembre

 

Cette année, conformément à la décision de la Commission électorale centrale de la Fédération de Russie, les établissements diplomatiques du Ministère russe des Affaires étrangères à l'étranger participent à l'organisation d'élections supplémentaires du député de la Douma d'Etat de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie pour la circonscription à mandat unique de Nijnekamsk n°28 (Tatarstan), à laquelle appartiennent les citoyens russes qui résident sur le territoire du Royaume d'Espagne.

Deux bureaux de vote ont été mis en place pour organiser le vote: 8114 à l'Ambassade de Russie à Madrid et 8117 au Consulat général de Russie à Barcelone, des commissions électorales locales ont été constituées et effectuent les préparations nécessaires. Une attention particulière a été accordée à la garantie des mesures de sécurité sanitaire dans les bureaux de vote compte tenu de la pandémie et des exigences dans le pays d'accueil. Bien évidemment, nous profitons de l'expérience d'organisation de telles activités dans les conditions de la pandémie de Covid-19.

Le 13 septembre, nous invitons les citoyens de notre pays résidant en Espagne à participer au vote.

 

Sur le début de la session de l'Assemblée générale des Nations unies

 

Mardi 15 septembre, à New York s'ouvre la 75e session anniversaire de l'Assemblée générale des Nations unies – principal événement de l'année dans la vie politique internationale.

La pandémie de coronavirus a apporté des correctifs aux plans initiaux d'organisation de la session. A court terme, les activités dans son cadre seront organisées essentiellement à distance. Cela concerne avant tout la semaine de haut niveau du 22 au 29 septembre. En même temps, nous espérons que ces changements ne se reflèteront pas sur le statut et la signification des discussions à venir.

L'Organisation mondiale a été créée après la Seconde Guerre mondiale, la plus terrible tragédie dans l'histoire de l'humanité, avant tout dans le but d'empêcher un nouveau conflit d'envergure planétaire. En 75 ans de son existence l'Onu n'a pas réussi à empêcher toutes les crises, mais elle a rempli sa tâche principale – elle a permis d'éviter une troisième guerre mondiale en devenant un véritable "filet d'assurance" des relations internationales.

A cet égard, nous sommes convaincus que le travail de la 75e session de l'Assemblée générale doit s'orienter sur le renforcement du rôle de coordination central de l'Onu dans la politique mondiale et la fixation du vecteur pour la formation d'un ordre mondial multipolaire en s'appuyant sur les normes fondamentales du droit international prévues par la Charte de l'Onu.

Pendant la session les efforts de la délégation russe seront orientés sur la promotion des priorités principales de notre pays, notamment la recherche de solutions politiques et diplomatiques aux conflits, le renforcement de l'architecture de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération, la prévention de la militarisation de l'espace, la création de règles de conduite universelles dans l'espace de l'information. Dans le contexte du 75e anniversaire de la Victoire nous accordons une importance particulière à la défense du principe d'inadmissibilité de la déformation de l'histoire.

En tant qu'Etat fondateur de l'Onu et membre permanent de son Conseil de sécurité la Russie continuera de contribuer au renforcement de l'autorité de l'Organisation mondiale en tant que plateforme sans alternative et universelle pour chercher des réponses collectives aux défis et aux menaces de notre époque. Nous sommes prêts à ce travail avec tous ceux qui placent les principes de la coopération mutuellement avantageuse et du bien-être collectif au-dessus des intérêts momentanés et conjoncturels.

 

Sur les sanctions antirusses des Etats-Unis

 

La "chaîne de sanctions" mise en place ces dix dernières années par les administrations de Barack Obama et de Donald Trump vient de sortir un nouveau produit – sous prétexte de la fameuse "ingérence dans le processus électoral" des restrictions américaines ont été décrétées contre trois autres citoyens de la Fédération de Russie.

Cette décision ne contient rien d'autre qu'un signal de l'intention de suivre la ligne devenue banale d'accusation infondée des Russes d'actions indésirables attribuées par les autorités américaines à l'Internet Research Agency. En même temps se poursuivent les insinuations lassantes qui datent concernant les "tentatives de saper la démocratie" aux Etats-Unis.

Nous voudrions rappeler une nouvelle fois aux collègues américains que la Fédération de Russie ne s'ingérait pas, ne s'ingère pas et n'a pas l'intention d'influencer des processus électoraux aux Etats-Unis ou dans d'autres pays. Nous avons proposé plusieurs fois aux Américains d'évoquer et de régler toutes les questions concernées dans un sens calme et dépolitisé dans le cadre d'un dialogue mutuellement respectueux. Il n'y a pas de réponse.

Par ses actions actuelles Washington affiche son intention de suivre la ligne visant à aggraver les relations bilatérales. C'est regrettable. Toutefois, c'est probablement un choix consciencieux de ceux qui décident de la politique russe des Etats-Unis.

Spécialement pour eux nous répétons: ces actions n'apporteront pas le résultat escompté par Washington. En même temps, la perspective déjà illusoire d'une stabilisation relative de nos relations bilatérales s'éloigne de plus en plus.

 

Sur la prolongation des sanctions antirusses par le Conseil de l'UE

 

Nous avons noté la décision du Conseil de l'UE du 10 septembre de prolonger de six mois supplémentaires, jusqu'au 15 mars 2021, les restrictions contre les personnes physiques et morales russes sous faux prétexte de leur implication dans les événements en Ukraine en 2014.

Nous considérons cette démarche comme une nouvelle opportunité manquée pour sortir de l'impasse dans laquelle l'UE s'est retrouvée en 2014, en associant les perspectives du développement des relations avec notre pays à la situation en Ukraine. La prolongation des restrictions s'inscrit dans la ligne destructive choisie par les responsables de Bruxelles et les structures européennes visant à maintenir une rhétorique accusatoire à l'égard de notre pays. Au lieu de chercher ensemble des points de convergence, comme le propose la Russie, en contribuant ainsi au renforcement des positions des pays européens dans le monde actuel très compétitif, l'UE préfère agir par inertie, prolonger et inventer de nouveaux mécanismes de restriction contre nos compatriotes et compagnies.

Nous appelons l'UE à renoncer à la politique de restrictions unilatérales qui ne correspond pas aux normes et à l'esprit du droit international.

                                                                                                                          

Sur la déclaration de Tomas Petricek, Ministre des Affaires étrangères de la République tchèque, sur les perspectives des consultations russo-tchèques

 

Nous avons été surpris par la récente déclaration du Ministre tchèque des Affaires étrangères Tomas Petricek que les autorités tchèques avaient l'intention d'associer la préparation et le déroulement des consultations prévues avec la Russie sur les questions bilatérales d'actualité à "l'état d'Alexeï Navalny".

Je voudrais rappeler que Prague parle depuis plusieurs mois de son intérêt pour entamer les consultations avec Moscou (nous l'avons commenté plusieurs fois). Tout en prenant des mesures vis-à-vis de la Russie qui ne contribuent aucunement à l'établissement d'un dialogue sain et constructif. Désormais, le Ministère des Affaires étrangères tchèque nous avance des conditions pour parler, tantôt la situation en Biélorussie, tantôt la situation avec un citoyen russe – quel est le rapport avec la coopération bilatérale? La réponse est simple: aucun.

De notre côté, nous réaffirmons la disposition à nous assoir au plus vite à la table des négociations pour évoquer l'ensemble des problèmes dans nos affaires bilatérales causés, je le souligne, par les autorités tchèques.

C'est regrettable que Prague tente de présenter sa propre réticence à un dialogue ouvert et professionnel comme une prétendue réticence de la Russie à "rétablir la communication". Une démarche assez primitive.

 

Sur le rapport du Centre européen pour le droit et la justice sur le thème des ONG et des juges de la CEDH de 2009-2019

 

Nous avons déjà fait remarquer que le rapport du Centre européen pour le droit et la justice, une ONG basée à Strasbourg, sur le thème des ONG et des juges de la CEDH de 2009-2019 citait des preuves d'influence des ONG sur la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), ses juges et les décisions prises.

Ce rapport nous a particulièrement intéressé: la Fédération de Russie a attiré plusieurs fois l'attention des collègues du Conseil de l'Europe sur la pratique analysée dans le document d'influence cachée et flagrante de grandes organisations des droits de l'homme et de fonds occidentaux sur la CEDH.

A première vue, les lacunes pointées par le document concernent des moments techniques: l'absence d'exigences intransigeantes pour la récusation des juges étaient intéressés par l'issue des procès d'ONG, la non-divulgation par les plaignant et leurs représentants d'informations sur les liens avec des ONG qui financent la plainte; l'absence chez certains membres de la CEDH d'une expérience en tant que juge. Cependant, ces aspects impactent directement la qualité, l'impartialité et la justesse des décisions prises par la Cour.

La Russie a toujours prôné une Cour européenne forte et dépolitisée. Nous partons du principe que la prise en compte par toutes les parties de ces défaits dans son activité durant le processus de réforme permettra de corriger et, au final, de réduire au minimum les frais "politiques" dans sa pratique.

Nous pensons que les collègues du Secrétariat du Conseil de l'Europe et des Etats membres de l'Organisation devraient prêter attention à ce rapport, qui pourrait servir de valeureuse "matière à réflexion" dans le contexte du processus de réforme de la CEDH.

Nous trouvons important d'utiliser les conclusions objectives du rapport dans le travail pratique pour améliorer l'activité de l'ensemble du système de la CEDH.

 

Sur le retour en Russie de marins russes du navire Curacao Trader

 

Le 8 septembre, sept marins russes kidnappés depuis le navire Curacao Trader le 17 juillet lors d'une attaque dans le golfe de Guinée sont rentrés chez eux. C'est devenu possible grâce aux efforts des diplomates russes, des autorités nigérianes officielles et des représentants de la compagnie qui possède le navire. L'état de santé des Russes est satisfaisant. Nous remercions ceux qui ont contribué à la libération des marins de la détention par les pirates et à leur retour en Russie.

En même temps, nous annonçons avec regret que les cas d'attaques de pirates dans les eaux du golfe de Guinée se poursuivent. Le 8 septembre ont été kidnappés deux Russies lors d'une attaque contre le navire réfrigérant Water Phoenix appartenant à la compagnie de transport néerlandaise Seatrade Groningen. A présent, toutes les mesures nécessaires sont prises pour libérer au plus vite les marins russes.

Le Ministère russe des Affaires étrangères estime nécessaire de rappeler que compte tenu d'attaques plus fréquentes de pirates dans le golfe de Guinée il faut prendre des mesures de précaution particulières en naviguant dans cette région de l'océan Atlantique.

 

Sur la déclaration d'Elizabeth Throssell, porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, concernant l'approvisionnement de la Crimée en eau potable

 

Nous considérons la décision de l'Ukraine de priver les habitants de la Crimée d'eau potable comme une punition collective des Criméens pour leur choix libre et consciencieux fait en mars 2014. Nous voudrions noter que les conséquences du blocus d'eau décrété par Kiev sont néfastes non seulement pour la péninsule, mais également pour les régions du Sud de l'Ukraine. Si la République de Crimée, réunifiée avec la Russie, a réussi à s'adapter progressivement aux nouvelles réalités en poursuivant son développement économique et social, la région de Kherson voisine de l'Ukraine s'est retrouvée face aux risques écologiques et épidémiologiques. Cela témoigne une fois de plus du fait que dans son élan russophobe le régime de Kiev est prêt à toute sorte d'aventures même nuisibles pour ses propres intérêts nationaux et les citoyens ukrainiens.

La Fédération de Russie fait tout pour garantir entièrement et faiblement les droits de l'homme des Russies, notamment à l'eau potable. Il ne faut pas oublier que jusqu'à récemment 85% des besoins des habitants de Crimée en eau potable étaient assurés avec l'acheminement des ressources d'eau via le canal du Dniepr. Cependant, en 2014, Kiev a unilatéralement bloqué cette source d'eau.

L'eau est une ressource naturelle limitée et un facteur ayant une importance déterminante pour la qualité de vie et la santé de la population. Le droit de l'homme à l'eau est une condition obligatoire pour la réalisation des exigences visant à respecter la dignité humaine. Ce droit est lié de manière inaliénable à la réalisation d'autres droits de l'homme, notamment le droit à la vie, à l'hygiène, à la nourriture et dans l'ensemble aux soins.

L'Ukraine est membre de plusieurs accords internationaux des droits de l'homme, en conséquence, elle s'est volontairement engagée à respecter, à défendre et à mettre en œuvre les droits de l'homme fixés dans ces documents, y compris ce qui est énuméré ci-dessus.

De cette manière, le décret intentionnel du blocus d'eau par Kiev contre la Crimée pourrait être qualifié de transgression par l'Ukraine de ses engagements en matière des droits de l'homme fixés notamment dans les accords internationaux suivants:

- dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, article 6 (droit à la vie);

- dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, article 11 (droit à la nourriture, à l'abri de la faim, à la répartition équitable des ressources naturelles mondiales), article 12 (droit de jouir du meilleur état de santé physique);

- dans la Convention des droits de l'enfant, article 6 (droit de l'enfant à la vie et aux soins);

- dans la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. L'article 1 définit la torture comme "tout acte par lequel une douleur ou des souffrances … intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d’obtenir d’elle ou d’une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, de l’intimider ou de faire pression sur elle ou d’intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination…". Sachant que l'article 2 stipule qu'"aucune circonstance unique ne peut servir de justification à la torture".

De plus, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels indique ceci dans sa remarque concernant l'ordre général: "Afin de remplir ses engagements internationaux lié au droit à l'eau les Etats membres doivent respecter la réalisation de ce droit dans d'autres pays. Dans le cadre de la coopération internationale il faut s'abstenir de toute action directement ou indirectement impactant la réalisation du droit à l'eau dans d'autres pays. Toute démarche entreprise sous la juridiction d'un Etat membre ne doivent pas priver un autre pays de la possibilité de réaliser ce droit au profit des personnes sous sa juridiction."

 

Sur l'oppression de la langue russe et des droits des citoyens russophones en Ukraine

 

Force est de constater que la situation en Ukraine en matière de respect des droits de la population russophone continue de se dégrader. A partir du 1er septembre, les écoles secondaires ukrainiennes enseignant la langue russe dans le cadre de la ligne de Kiev visant l'ukrainisation totale ont été forcées à passer à l'enseignement en ukrainien. Par ailleurs, les écoles enseignant dans les langues des pays membres de l'UE ont bénéficié d'un "délai" jusqu'en 2023.

Début septembre, le tribunal d'Odessa a définitivement privé le russe du statut de langue régionale dans la région d'Odessa, en dépit des tentatives des autorités locales de défendre le russe qui est utilisé dans cette région ukrainienne par la plupart des citoyens.

Nous avons attiré plusieurs fois l'attention de la communauté internationale sur l'ukrainisation violente menée par Kiev et la multiple discrimination du russe en violant la Constitution du pays et ses engagements internationaux. Je rappelle que les structures internationales des droits de l'homme, y compris la Commission de Venise du Conseil de l'Europe, ont suggéré aux autorités ukrainiennes d'apporter des changements appropriés à la législation afin de garantir les droits linguistiques des communautés nationales résidant en Ukraine. Cependant, Kiev les a ignorés.

Tout comme il a ignoré les tentatives de certaines forces politiques du pays de corriger la situation. Leurs requêtes à la Cour constitutionnelle, l'élaboration de projets de loi visant à défendre la diversité linguistique n'ont pas apporté de résultats.

De plus, la lutte des autorités ukrainiennes contre la langue russe a dépassé toutes les limites de l'imaginable – des actions punitives ont été engagées contre leurs propres citoyens. Le 21 août, le Service de sécurité ukrainien a arrêté à Kherson Tatiana Kouzmitch, enseignante de langue et de littérature russe, candidat ès sciences, auteur de manuels scolaires, militante éminente. La pédagogue russisante respectée a été placée en garde à vue pour une affaire clairement fabriquée de haute trahison. Sa principale "culpabilité" est qu'elle travaille sur la préservation et le développement du russe en Ukraine, ainsi que d'avoir visité la Crimée. Désormais, cela suffit en Ukraine pour se retrouver derrière les barreaux.

Dans son message adressé au CDH de l'Onu et à l'OSCE Rossotroudnitchestvo a attiré leur attention sur cette situation absolument inadmissible.

De notre côté, nous appelons instamment les partenaires européens et les structures internationales des droits de l'homme à s'exprimer sur cette situation et sur toutes les autres, à inciter Kiev à respecter les droits des citoyens russophones du pays.

 

Réponses aux questions:

Question: Selon les médias, la réunion du Conseil franco-russe de coopération sur les questions de sécurité a été reportée. Est-ce vrai?

Réponse: En effet, la France a informé de sa décision de reporter la réunion, prévue pour le 14 septembre à Paris, du Conseil franco-russe de coopération sur les questions de sécurité, à laquelle devaient participer les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des deux pays, à plus tard, prétextant "certaines circonstances".

Le Conseil franco-russe de coopération sur les questions de sécurité avec la participation des ministres des Affaires étrangères et de la Défense est un format important de la coopération bilatérale avec les partenaires français. Il a été créé en 2002 à l'initiative du Président russe Vladimir Poutine et du Président français Jacques Chirac. Le dernier cycle de consultations s'est déroulé entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de nos deux pays le 9 septembre 2019 à Moscou.

La préparation de la prochaine réunion du Conseil se déroulait ces dernières semaines et continue à ce jour en format de Groupes de travail bilatéraux approuvés par Vladimir Poutine et Emmanuel Macron en visioconférence le 26 juin.

En particulier, avant-hier, à Paris s'est tenue la réunion du Dialogue stratégique interministériel sur la cybersécurité, où aujourd'hui les délégations interministérielles russes et françaises évoquent le problème de nouveaux risques et défis. Aujourd'hui même, à Moscou se déroule la réunion du groupe de travail sur la Libye. Pour le 17 septembre est prévu un nouveau cycle de consultations franco-russes sur la Syrie.

Nous reviendrons sur les délais pour organiser la réunion du Conseil quand nous jugerons que, pour paraphraser les collègues français, "les circonstances nécessaires" sont réunies pour cela, notamment la disposition des autorités françaises à évoquer au niveau ministériel toutes les questions affectant directement l'état de la sécurité en Europe et dans les régions attenantes.

Question: La situation s'est aggravée dernièrement à la frontière entre l'Inde et la Chine, et les deux pays s'accusent mutuellement d'escalade de la situation. Dans une certaine mesure, la Russie joue un rôle dans la réconciliation des parties. Quels sont les efforts entrepris par la Russie pour régler la situation?

Réponse: Nous continuons de suivre l'évolution de la situation sur la Ligne de contrôle effectif entre la Chine et l'Inde. Nous espérons que ces Etats en tant que membres responsables de la communauté internationale pourront trouver des solutions pacifiques mutuellement acceptables pour apaiser la tension au plus vite. Nous respectons la volonté de Pékin et de New Delhi d'agir de manière autonome dans cette situation, sans l'ingérence d'autres pays, y compris la Russie, en utilisant pour cela les mécanismes multiniveaux en vigueur du dialogue bilatéral.

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