20 août 202017:45

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 20 août

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Point de situation sur le coronavirus

 

La situation épidémiologique dans le monde demeure difficile. D'après Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), "la morbidité grandit de manière exponentielle en affectant tous les pays du monde". Le nombre total d'infectés depuis le début de la pandémie de Covid19 au 20 août a dépassé 22 millions de personnes, avec une hausse hebdomadaire de 1-2 millions de personnes. Plusieurs pays, compte tenu des statistiques en hausse, non seulement maintiennent les mesures restrictives, mais également les renforcent.

Nous partageons l'avis des experts que l'épidémie a très négativement impacté la situation économique à l'échelle mondiale, la vie quotidienne de la population. Selon le FMI, la pandémie coûte à l'économie mondiale 375 milliards de dollars par mois, et les pertes économiques totales à l'issue de cette année sont prédites à hauteur de plusieurs milliers de milliards de dollars. Les pays du G20 ont déjà alloué plus de 10.000 milliards de dollars pour la stimulation fiscale et budgétaire de l'économie. Nous soulignons de nouveau que la lutte contre les nouveaux défis mondiaux et les menaces semble possible uniquement en unissant les efforts de toute la communauté mondiale.

 

Sur l'aide russe à l'Ouzbékistan pour lutter contre le coronavirus

 

Dans le but d'aider l'Ouzbékistan à lutter contre la pandémie de coronavirus, la Russie a gratuitement transmis entre mars et juillet 2020 plus de 1.000 lots de systèmes de test russes pour le diagnostic de la Covid-19. Le Ministère russe de la Santé et Rospotrebnadzor organisent des visioconférences avec les spécialistes ouzbeks pour le bien-être épidémiologique de la population sur les questions relatives à la prolifération du coronavirus.

A la demande des partenaires, le 16 août, une brigade de 38 médecins russes a été envoyée à Tachkent. Elle inclut des anesthésistes-réanimateurs, des pneumologues, des spécialistes des maladies infectieuses, des cardiologues et des généralistes de Moscou, de la région de Moscou, de Saint-Pétersbourg et du Tatarstan. Pendant un mois ils apporteront une aide pratique et méthodique aux collègues ouzbeks pour soigner les patients infectés par la Covid-19 dans les cliniques de Tachkent, des régions de Tachkent, de Samarcande, de Boukhara, de Sourkhan-Daria, de Khorezm et de Djizak.

Il est également prévu d'envoyer des spécialistes de Rospotrebnadzor pour consulter les partenaires ouzbeks sur l'organisation des activités antiépidémiques. Cette venue devrait avoir lieu prochainement.

Nous espérons que les mesures prises avec nos amis permettront d'améliorer significativement la situation épidémiologique en Ouzbékistan.

 

Sur l'aide humanitaire russe urgente apportée au Kirghizistan dans la lutte contre le coronavirus

 

La Russie ne pouvait pas rester de côté quand le Kirghizistan, notre partenaire et allié stratégique, a demandé de l'aide pour lutter contre la prolifération du coronavirus.

Compte tenu de la complication de la situation épidémiologique au Kirghizistan, le gouvernement de la Fédération de Russie a décidé le 22 juillet d'apporter une aide humanitaire urgente à la population de la République fraternelle.

Le 22 juillet, un vol spécial du Ministère russe de la Défense a transporté au Kirghizistan 6 brigades de médecins et d'infirmiers de 19 personnes, des équipements spéciaux, ainsi que des moyens de protection individuelle, de désinfection et des médicaments.

Le 23 juillet, un avion spécial du Ministère russe des Situations d'urgence a transporté de Moscou et d'Oufa à Bichkek 49 médecins pour travailler dans des établissements médicaux du Kirghizistan. Le 26 juillet, à Bichkek ont été également acheminés des médicaments, des moyens de protection individuelle et des équipements médicaux, dont 31 ventilateurs artificiels et 5 appareils à rayons X.

Le travail des médecins militaires et civils russe a permis de stabiliser significativement la situation épidémiologique au Kirghizistan. Grâce à cela la courbe de la morbidité dans la République a baissé de 1.020 nouveaux cas d'infection par jour le 23 juillet jusqu'à 272 cas le 15 août. Les spécialistes russes ont aidé à modifier les protocoles de soins, ils ont organisé la formation du personnel médical kirghiz aux règles de sécurité biologique et du régime anti-épidémiologique, ils ont apporté une aide médicale conséquente directement à la population et aux militaires kirghizes.

Les médecins russes ont visité 31 établissements médicaux à travers le Kirghizistan, ont examiné plus de 4.000 patients, ont préparé la sortie et ont fait sortir des hôpitaux plus de 1.200 personnes. Les brigades de médecins militaires dans les hôpitaux militaires de Bichkek et d'Och travaillaient essentiellement avec des patients ayant des formes moyennes et graves de la maladie.

Le 15 août, le "débarquement" médical russe au Kirghizistan s'est terminé. Le même jour, le Président du Kirghizistan Sooronbay Jeenbekov a reçu les chefs des groupes de médecins militaires et civils – le vice-Ministre de la Santé du Bachkortostan Evgueni Koustov et le chef de la section épidémiologique du Ministère russe de la Défense E. Stetsenko. Le dirigeant kirghiz a exprimé au nom de toute la population de la République sa reconnaissance aux médecins russes et personnellement au Président russe Vladimir Poutine pour un soutien efficace en une période aussi difficile.

 

Sur l'aide au rapatriement des citoyens russes

 

Le travail se poursuit sous l'égide du Centre opérationnel, du gouvernement et de toutes les institutions russes compétentes, ainsi qu'évidemment des établissements diplomatiques russes à l'étranger pour aider les citoyens russes à rentrer chez eux.

Quelques mots sur la situation actuelle. Je rappelle que les vols de sortie sont organisés dans le cadre de l'algorithme approuvé par le Centre opérationnel du gouvernement de la Fédération de Russie sous la direction de la vice-Première ministre russe Tatiana Golikova dans le cadre des restrictions en vigueur, ainsi que de nouvelles exigences décrétées par certains pays. Ils restent sollicités. La situation est dynamique, elle n'est pas statique. Les conditions de travail en ce sens changent. Ainsi, depuis une semaine, plus de 3.000 personnes ont profité de vols retour, alors que le nombre total de ceux qui sont rentrés a déjà dépassé 285.000 personnes. Le nombre de requêtes dans nos établissements diplomatiques à l'étranger augmente également à l'approche du début de l'année scolaire.

Vous le savez, le 15 août, la Suisse s'est ajoutée à la liste des pays avec lesquels nous avons rétabli la communication aérienne régulière. Cela a apporté aux citoyens russes des capacités supplémentaires pour mettre en place la logistique pour le retour de pays européens et de régions éloignés en utilisant des itinéraires de transit. Je rappelle que pour les citoyens étrangers demeurent des restrictions pour l'entrée en Fédération de Russie prévues par le décret 635-r du 16 mars dernier du gouvernement de la Fédération de Russie. Toutefois, je voudrais rappeler qu'en présence de documents prévus par le décret mentionné, plusieurs catégories de citoyens étrangers ont parfaitement le droit de prendre des vols réguliers sans être des citoyens de la Tanzanie, de la Turquie, du Royaume-Uni ou de la Suisse et sans avoir un titre de séjour dans ces pays. Un travail explicatif est mené avec les compagnies aériennes étrangères sous l'égide du Ministère russe des Transport et de Rosaviatsia.

Pour revenir aux vols retour, je voudrais noter que d'ici fin août en plus du programme de vol déjà confirmé ont été ajoutés des vols retour de plusieurs pays de la CEI, notamment d'Arménie, du Tadjikistan, du Kirghizistan et d'Ouzbékistan. De plus, des vols retour sont prévus de Türkmenabat (Turkménistan) et de Damas (Syrie). Compte tenu de la particularité d'établissement des listes de vol concrètement pour ces destinations, nous prions ceux qui souhaitent en profiter de s'adresser directement aux établissements diplomatiques russes à l'étranger.

 

Sur l'allocution de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, pendant le Forum panrusse éducatif de jeunesse Territoire des sens

 

Du 18 juillet au 2 septembre, l'Agence fédérale pour les affaires de la jeunesse organise le 5e Forum panrusse éducatif de jeunesse Territoire des sens.

Je rappelle que ce forum est un grand événement avec une large participation de milieux sociopolitiques et de jeunesse russes. Le thème central sera évidemment ce qui préoccupe la jeunesse de la Russie contemporaine. Ce forum est très populaire et attire l'attention du public russe et étranger.

Traditionnellement au travail du forum participent des personnalités publiques et politiques de notre pays. Comme précédemment, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov compte visiter cette plateforme et tenir, le 23 août, un discours dans le cadre du thème "Service à la Patrie".

 

Sur la visite officielle en Fédération de Russie de Djeyhoun Baïramov, Ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan

 

Mercredi 26 août, le Ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Djeyhoun Baïramov se rendra en visite officielle en Fédération de Russie à l'invitation du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Les deux chefs de diplomatie comptent évoquer un large éventail de questions relatives aux relations bilatérales, à l'agenda régional et international. Des rencontres du Ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Djeyhoun Baïramov sont également prévues dans le gouvernement et à l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie.

 

Sur la Journée internationale du souvenir en hommage aux victimes du terrorisme du 21 août

 

Le terrorisme continue de représenter aujourd'hui une grave menace à la paix et à la sécurité internationales, dont aucun pays n'est à l'abri. Il convient de rappeler que ce crime, qui est qualifié de "terrorisme" dans différents pays, n'a aucune justification. Quel que soit l'endroit, l'auteur ou l'objectif des attentats. De jour en jour les terroristes et leurs complices continuent de violer cyniquement l'un des droits de l'homme fondamentaux – le droit à la vie. N'importe qui peut devenir une victime du terrorisme (nous le savons parfaitement) indépendamment de la citoyenneté, de la nationalité et de la religion.

Nous sommes certains, et c'est notre position fondamentale, que l'appel à former un large front antiterroriste international avec la participation de tous les pays afin de neutraliser le menace globale du terrorisme reste d'actualité. Nous prônons une coopération internationale de bonne foi dans l'aide aux victimes du terrorisme basée sur les normes du droit international, notamment de la Charte de l'Onu, sans politisation, doubles standards et agendas cachés.

Nous saluons les projets du Bureau des Nations unies contre le terrorisme pour organiser dans le cadre de la deuxième "semaine antiterroriste" de l'Onu du premier Congrès mondial des victimes du terrorisme, qui a été reporté à l'année prochaine compte tenu de la situation épidémiologique difficile dans le monde. Nous comptons sur une discussion intéressée et substantielle pendant ce forum important appelé à apporter une impulsion supplémentaire au développement de la coopération multilatérale en ce sens.

 

Sur le coup d'Etat militaire au Mali

 

Le 18 août, dans la capitale malienne de Bamako un groupe de militaires a commis un coup d'Etat en arrêtant le Président Ibrahim Boubacar Kéita, le Premier ministre Boubou Sisse et d'autres membres du gouvernement, le Président de l'Assemblée nationale Moussa Timbine, ainsi que des représentants du commandement militaire, dont le Ministre de la Défense. Ils sont actuellement détenus dans la garnison de Kati, près de la capitale. Les putschistes ont pris le contrôle de la résidence du chef de l'Etat, des principaux sites gouvernementaux et du bâtiment de la télévision publique.

Dans la nuit du 19 août a été diffusée l'allocution du Président Ibrahim Boubacar Kéita qui annonçait sa décision de démissionner du poste de président et de dissoudre le gouvernement et le Parlement.

Le putsch militaire était dirigé par le colonel Sadio Camara, qui a déclaré que son objectif consistait à constituer un gouvernement de transition afin d'organiser ensuite une nouvelle élection présidentielle vu l'incapacité des autorités actuelles de faire face aux défis de la société malienne.

L'Onu et l'Union africaine ont condamné le renversement inconstitutionnel du pouvoir au Mali appelant à libérer immédiatement tous les dirigeants en détention. Les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont annoncé la fermeture des frontières communes avec le Mali et la cessation des opérations financières.

Moscou est profondément inquiet par les événements à Bamako. Nous appelons toutes les forces sociopolitiques maliennes au règlement pacifique de la situation actuelle par les négociations.

La situation dans la capitale malienne reste tendue, on constate des cas de pillage de bâtiments publics et résidentiels, une détérioration de la situation criminogène. Selon les informations rapportées par l'Ambassade de Russie à Bamako, il n'y a pas de victimes parmi les citoyens russes se trouvant au Mali. Le Ministère russe des Affaires étrangères préconise de s'abstenir des voyages au Mali jusqu'à la normalisation de la situation et la garantie de la sécurité.

 

Sur les perspectives du début des négociations interafghanes

 

Le processus d'échange de prisonniers entre Kaboul et l'opposition armée demeure le principal obstacle au début du premier cycle des négociations interafghanes. Nous saluons la libération par les talibans des 1.000 militaires et policiers afghans en détention conformément à l'accord entre les Etats-Unis et les talibans du 29 février dernier, et nous comptons sur la mise en œuvre prochainement de la décision du Président afghan Ashraf Ghani de libérer les combattants prisonniers restants, prise à l'issue de l'assemblée consultative Loya Jirga.

Malheureusement, de nouvelles complications sur la voie du lancement du dialogue de paix ont été rapportées ces derniers jours. Il s'agit de la libération de six personnalités concrètes dans la liste des combattants impliqués dans les attentats visant des citoyens étrangers, ainsi que des récentes exigences de Kaboul de libérer vingt soldats afghans des forces spéciales détenus par les talibans.

Nous espérons que cela ne constituera pas de nouveaux obstacles bloquant le lancement du dialogue de paix et sera réglé rapidement. Nous sommes certains que le début au plus vite des négociations interafghanes est dans l'intérêt aussi bien du peuple afghan que des partenaires internationaux de l'Afghanistan.

 

Sur les déclarations de l'envoyé spécial du Président américain pour la maîtrise des armements concernant les perspectives de déploiement de futurs missiles américains dans la région Asie-Pacifique

 

Nous avons remarqué la publication dans la revue japonaise Nikkei de l'interview de l'envoyé spécial du Président américain pour la maîtrise des armements Marshall Billingslea, qui aborde les perspectives de déploiement dans la région Asie-Pacifique de futurs missiles américains de moyenne portée, qui étaient auparavant interdits par le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Ces intentions sont articulées comme antichinoises et les armements sont décrits comme "moyens défensifs" nécessaires pour les alliés américains.

Comme nous l'avons déjà expliqué plusieurs fois, nous trouvons cette démarche extrêmement risquée et déstabilisante du point de vue de la sécurité régionale et internationale. L'apparition de nouveaux missiles américains dans la région provoquerait forcément un nouveau cycle dangereux de la course aux armements. Nous sommes également contraints de prendre en compte le fait que de tels armements créeraient des risques balistiques supplémentaires pour notre territoire, y compris les sites stratégiques, ce qui nécessiterait la prise de mesures de réaction "compensatoires".

Nous voyons dans les efforts de l'administration américaine avant tout une aspiration à trouver un nouveau prétexte pour dresser les alliés régionaux contre la Chine. Je voudrais répéter que c'est évident d'après l'article publié.

Nous voudrions rappeler également que la Fédération de Russie a entrepris plusieurs démarches afin de maintenir la prévisibilité et les possibilités pour un dialogue après la destruction du FNI par les Etats-Unis. Nous avons annoncé notamment que nous ne déploierons pas des missiles terrestres de moyenne et de courte portée dans les régions où ces armements d'origine américaine ne feront pas leur apparition. Cela concerne également l'Asie-Pacifique. Une réaction vraiment responsable de la part des Etats-Unis serait l'adoption d'un moratoire réciproque, mais malheureusement nous ne voyons aucun signe d'une telle évolution de la situation.

 

Sur la doctrine des forces spatiales américaines

 

Nous avons noté la publication de la première doctrine des forces spatiales américaines Spacepower qui détermine les tâches et les axes prioritaires pour le nouveau type des forces armées américaines, tout en prévoyant des solutions pour leur réalisation.

Le document confirme l'orientation agressive de la ligne de Washington dans le secteur spatial, sa disposition à atteindre une supériorité militaire allant jusqu'à la suprématie totale dans l'espace. L'espace extra-atmosphérique est considéré par les autorités américaines purement comme une arène d'activités militaires.

Une attention particulière méritent les dispositions doctrinales sur la focalisation de l'activité des forces spatiales sur la hausse de la préparation pour mener des opérations militaires dans l'espace, non seulement de dissuasion mais également de "coercition". L'objectif principal des opérations militaires spatiales est la limite d'accès et de la liberté des actions des "adversaires" dans l'espace extra-atmosphérique, ainsi qu'en cas de nécessité de réduire l'efficacité de leur potentiel militaire aussi bien au sol que dans le cyberespace.

De plus, les opérations militaires spatiales peuvent être défensives (y compris la défense active) et offensives (y compris les actions préventives). Pour imposer la volonté des Etats-Unis les forces spatiales doivent utiliser la force (notamment pour "détruire physiquement le potentiel militaire ennemi") ou la menace d'en faire usage dans l'espace, depuis l'espace ou vis-à-vis de l'espace. Il est admis d'utiliser le potentiel militaire spatial également pour éliminer des cibles terrestre partout sur la planète, c'est-à-dire contre tout Etat.

Dans le contexte de l'accomplissement de ces dispositions il est prévu de sophistiquer les forces spatiales, de former un personnel compétent (dans le domaine des activités militaires en orbite, à l'aide de systèmes de guerre électronique et de cybermoyens, de contrôle des activités militaires dans l'espace, etc.). Il est souligné que les forces spatiales "doivent être prêts à combattre et à vaincre dans les guerres menées par les Etats-Unis dans l'espace, depuis l'espace et vis-à-vis de l'espace".

A titre de justification de la création des forces spatiales en tant que type d'arme à part des forces armées américaines, ainsi que de la réalisation de cette ligne destructive provoquant clairement une course aux armements dans l'espace extra-atmosphérique et déstabilisant dans l'ensemble la situation en matière de sécurité internationale, Washington recourt de nouveau à sa tactique habituelle de rejet de la responsabilité sur les autres. Les Etats-Unis parlent une fois de plus de prétendus "ennemis potentiels" dans l'espace qui "élaborent, testent et répandent des armes anti-spatiales sophistiquées", créant ainsi une menace pour les objets en orbite.

Ce qui est révélateur en termes de position cynique de Washington, c'est que les tâches indiquées pour mener les activités militaires dans l'espace, notamment à des fins offensives, sont positionnées comme soi-disant correspondantes au droit international et au Traité sur l'espace de 1967, prescrivant l'usage de l'espace extra-atmosphérique uniquement à des fins pacifiques. Pour légitimer davantage sa ligne destructive dans le secteur spatial, les forces spatiales suggèrent de se concentrer sur l'élaboration de normes de conduite dans l'espace focalisées purement sur les intérêts de Washington. Il s'agit apparemment de l'élaboration de "normes de conduite responsable des activités militaires dans l'espace" dans le cadre des dispositions des pays occidentaux à bâtir un "monde basé sur des règles" parce que le droit international y est absent.

Pour la Russie reste prioritaire l'usage et l'étude de l'espace uniquement à des fins pacifiques, ainsi que pour prévenir une course aux armements dans l'espace extra-atmosphérique. Contrairement aux Etats-Unis, nous n'avons pas pour but de la supériorité ou la suprématie. Au contraire, nous souhaitons maintenir un équilibre stratégique afin de renforcer la sécurité internationale. L'initiative clé reste le projet d'accord russo-chinois sur la prévention du déploiement des armes dans l'espace, de l'usage de la force ou de la menace d'en faire usage à l'encontre des objets spatiaux. Toutes les préoccupations existantes et éventuelles des Etats concernant les armements dans l'espace peuvent et doivent être réglées à la table des négociations sur ce projet d'accord à la Conférence du désarmement. Nous avons l'intention de poursuivre un travail actif et orienté sur l'obtention de résultats concrets en ce sens.

Nous suivons très attentivement les aspirations agressives de Washington, nous analysons minutieusement les conséquences éventuelles. Nous voyons une opportunité pour lever les préoccupations mutuelles dans le cadre du groupe de travail russo-américain pour la sécurité spatiale, dont la première réunion s'est déroulée à Vienne le 27 juillet dernier. Nous réaffirmons notre disposition à poursuivre la discussion sur le thème global de l'activité spatiale au format bilatéral.

 

Sur les activités en Lettonie à l'occasion du 100e anniversaire de la signature du Traité de paix de Riga de 1920

 

Récemment, la Lettonie a célébré en pompe le 100e anniversaire de la signature du Traité russo-letton de paix de Riga.

Il est regrettable que cette fois aussi les autorités lettones n'aient pas manqué de profiter de cette occasion pour imposer une interprétation unilatérale des événements historiques du siècle dernier visant à attiser l'hystérie antirusse.

Nous sommes convaincus que la construction des relations bilatérales basées sur les principes de bon voisinage et de respect mutuel serait dans l'intérêt des peuples de nos pays étroitement liés géographiquement et par l'histoire séculaire.

Nous appelons les autorités lettones à renoncer au complexe de "rancunes historiques", à se concentrer sur la suppression des "éléments irritants" connus et à chercher des points de convergence.

 

Sur l'inauguration d'un monument aux Frères de la forêt en Estonie

 

Récemment, sur l'île de Saaremaa, en Estonie, a été inauguré un monument à la bande des Frères de la forêt sévissant sur l'île jusqu'en 1950.

Il serait utile de rappeler qui étaient en réalité les Frères de la forêt présentés dans les pays baltes comme de prétendus "combattants pour la liberté" nationaux. Le noyau de leurs groupes se composait d'anciens polizeis, punisseurs et soldats de la Wehrmacht qui organisaient des massacres de juifs et de prisonniers de camps de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore de criminels, comme le chef de cette bande Elmar Ilp. En fait, ils ont continué à le faire après la guerre – la plupart des victimes des Frères de la forêt étaient des civils, notamment des Estoniens.

C'est honteux que l'année du 75e anniversaire de la Grande victoire contre le fascisme, au lieu d'honorer les véritables héros estoniens qui libéraient le pays contre l'asservissement nazi dans les rangs de l'Armée rouge ou de la Résistance, Tallinn choisisse comme idoles à admirer des personnages franchement douteux. Et tout cela, pour maintenir à flot la rhétorique antirusse. Nous comprenons qui est derrière. A noter qu'un chaud discours de salutation a été prononcé à cette activité par le président du Parlement estonien, et aucune restriction de la pandémie de coronavirus ne lui en a empêché.

Nous espérons que les structures compétentes de l'Onu, de l'OSCE et du Conseil de l'Europe, ainsi que des partenaires estoniens de l'UE exprimeront un avis approprié sur ces faits révoltants.

 

Sur la suspension de la diffusion de chaînes russes dans un établissement de restauration en Ukraine

 

Le conseil national de l'Ukraine pour la télévision et la radio a annoncé la suspension de la diffusion de quatre chaînes russes RTR-Planeta, NTV-Mit, Rossiya-1 et TNT dans l'établissement de restauration du village balnéaire de Khorly dans la région de Kherson, qui avait fait l'objet d'une plainte.

C'était apparemment une opération "d'envergure". Le conseil a publié tout un communiqué de presse, soulignant que le responsable de l'établissement avait fait l'objet d'un entretien de sensibilisation.

Et quelle sera la suite? Des raids dans les appartements des résidents qui ont été dénoncés parce qu'ils regardent secrètement la chaîne Rossiya 1 et l'organisation d'entretiens préventifs? Que peut-on inventer au XXIe siècle? Avec un tel éventail de tous les documents internationaux signés par l'Ukraine qui protègent les droits des minorités nationales, la langue des personnes qui vivent sur le territoire du pays. Que peut-on encore inventer?

Cette action est manifestement une tentative d'afficher des succès et des résultats héroïques de son activité dans ce domaine. Mais l'ardeur avec laquelle Kiev se bat contre la dissidence et tous les documents juridiques internationaux signés, en rapportant de chaque "exploit" à part dans la répression de la liberté d'expression, ressemble de plus en plus aux pratiques totalitaires connues du passé. Sachant que les autorités ukrainiennes font complètement l'impasse sur les intérêts des citoyens ukrainiens, sur leur besoin de ces produits médiatiques et transgressent grossièrement le droit de la population russophone d'accès libre à l'information dans leur langue natale.

Tout cela se déroule sur fond de répressions continues envers les médias et les journalistes indésirables dont l'activité est déjà devenue de facto dangereuse pour la vie sur le territoire de ce pays. Je rappelle que les assassinats d'Andreï Stenine, d'Anton Volochine, d'Igor Korneliouk et d'Anatoli Klian n'ont toujours pas été élucidés. Malheureusement, dans les enquêtes sur ces crimes et sur d'autres on ne voit pas la même ardeur de Kiev que dans l'aspiration à nettoyer l'espace de l'information. Sachant que ce n'est que quelques-uns des crimes commis. En réalité, ils sont bien plus nombreux.

Nous voudrions voir de la part des structures internationales compétentes et des ONG des droits de l'homme davantage d'efforts visant à mettre la politique des autorités ukrainiennes en conformité avec leurs engagements pour garantir la liberté d'expression et d'accès égal à l'information.

 

Sur le 195e anniversaire de l'indépendance de l'Uruguay

 

Il y a 195 ans, le 25 août, l'Uruguay a acquis son indépendance.

L'Uruguay est vraiment un pays étonnant avec une histoire tout aussi étonnante remplie de sujets héroïques liés notamment à l'aspiration de l'esprit national commun à l'auto-détermination et à l'affirmation de soi.

Nos relations avec ce pays se développent. Ces dernières années a été fait un progrès qui permet aujourd'hui, malgré les conditions difficiles provoquées par la pandémie mondiale, d'avancer. Ainsi, à l'"arsenal" de la base contractuelle et juridique s'est ajouté un ensemble de documents importants. Les contacts se sont nettement intensifiés entre les ministères et les institutions. Le spectre de la coopération s'est élargi grâce à de nouveaux secteurs (sécurité sociale, santé).

Si tout se déroulait comme prévu, nos pays ont l'intention d'ici la fin de l'année d'organiser des consultations politiques bilatérales et une réunion des coprésidents de la Commission mixte russo-uruguayenne pour contribuer au développement des liens commerciaux et économiques, qui permettront d'analyser les options les plus optimales pour développer la coopération dans le cadre de la "crise de coronavirus". Je voudrais répéter qu'il s'agit de projets. Nous espérons qu'ils seront réalisés.

Nous tenons en haute estime le niveau élevé de la coopération avec l'Uruguay.

Au notre de notre Ministère je voudrais souhaiter au peuple de ce merveilleux pays la paix, la prospérité et le bien-être.

 

Réponses aux questions:

Question: Que pouvez-vous dire au sujet des intentions des Etats-Unis d'initier au Conseil de sécurité des Nations unies le processus de rétablissement des sanctions contre l'Iran annulées plus tôt?

Réponse: La position russe à ce sujet a été rapportée plusieurs fois à différents niveau, notamment publiquement. Nous en avons parlé plusieurs fois. Les initiatives des Etats-Unis pour rétablir les résolutions de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies contre l'Iran, levées après la signature en 2015 du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien, n'ont aucun fondement légal et échoueront forcément.

Je rappelle que les Etats-Unis n'ont pas le droit d'utiliser l'autorité et les pouvoirs du Conseil de sécurité des Nations unies au profit de leurs intérêts égoïstes et iranophobes.

Les autorités américaines transgressent grossièrement la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies depuis mai 2018, quand Washington s'est retiré unilatéralement du Plan d'action, a rétabli les sanctions nationales contre l'Iran et a commencé à faire pression sur d'autres pays, leur interdisant de tenir leurs engagements découlant des décisions du Conseil de sécurité des Nations unies, ce qui est absolument illégal.

La Russie condamne les intentions des Etats-Unis de maintenir la ligne visant à détruire le Plan d'action et à saper la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous sommes très inquiets que les actions téméraires de Washington puissent provoquer une profonde crise au Conseil de sécurité des Nations unies, mais, malheureusement, nous trouvons que cela ne préoccupe pas du tout les collègues américains à l'heure actuelle.

Nous sommes certains que leurs tentatives de faire rétablir les sanctions annulées par le Conseil de sécurité des Nations unies contre l'Iran échoueront, tout comme a échoué le projet de résolution préparé par les Etats-Unis pour adopter un embargo à durée indéterminée sur la vente d'armes à Téhéran. Au lieu de tirer des leçons, les Etats-Unis cherchent une nouvelle escalade. Nous appelons tous les pays à y apporter une opposition résolue. Je souligne de nouveau: ce que les Etats-Unis ont planifié en ce sens est illégal.

Question: Le 18 août, le chef des Forces de protection des sites pétroliers contrôlés par l'Armée nationale libyenne a annoncé la reprise de la production pétrolière, ainsi que du travail des terminaux d'exportation. Que pouvez-vous dire sur ce communiqué?

Réponse: Les ressources d'hydrocarbures sont la source principale da la prospérité de la Libye et de son peuple. Suite au blocus des champs pétroliers depuis le 18 janvier 2020 et la suspension des exportations pétrolières, les pertes de l'économie libyenne, selon les estimations, dépassent 8 milliards de dollars. Ce qui affecte évidemment très négativement la situation socioéconomique du pays et sur les revenus réels de sa population.

A cet égard, nous saluons la décision de relancer l'activité du secteur pétrolier de la Libye prise à Benghazi ce 16 août par le chef de l'Armée nationale libyenne Khalifa Haftar lors d'une réunion conjointe avec la participation des membres de la Direction de la corporation pétrolière nationale libyenne et de la direction de la compagnie pétrolière Arabian Gulf. Sachant que nous partons du principe que les revenus des exportations d'hydrocarbures doivent être répartis de manière transparente et juste entre les régions du pays dans l'intérêt de tout le peuple libyen.

Question: Combien de citoyens russes se trouvent en Libye?

Réponse: Je voudrais rappeler qu'à l'heure actuelle la représentation diplomatique russe sur le territoire libyen est fermée. Je peux citer les informations de l'Ambassade de Russie en Tunisie (qui représente les intérêts de la Fédération de Russie en Libye) que sur le territoire libyen vivent près de 40 citoyens russes. Ce sont des informations confirmées. En ce qui concerne les autres, je le répète, il n'y a pas d'informations. Qui sont ces 40 personnes? Principalement des femmes mariées à des Libyens.

Question: La France et l'Australie objectent contre la libération de talibans prisonniers qui ont commis des crimes contre leurs citoyens. Les talibans insistent sur la libération totale des prisonniers comme étant la condition pour entamer les négociations. Les Etats-Unis exigent d'accélérer au maximum le début des négociations interafghanes. Quelle est la position de la Russie dans cette situation?

Réponse: Nous sommes au courant des objections de la France et de l'Australie au vu de la mort de leurs citoyens tués par des talibans, mais la réticence des collègues français et australiens surprend vu que le non-règlement du problème de l'échange de détenus entre Kaboul et l'opposition armée empêche en soi le début du dialogue de paix, prolonge la violence et entraîne, en conséquence, de nombreuses victimes parmi les civils afghans.

Question: Quelles sont les perspectives de l'ouverture de la frontière entre la Russie et le Pakistan? Quelle est la situation générale avec l'ouverture des frontières à court terme?

Réponse: En ce qui concerne le Pakistan, vous le savez, il est ouvert à la communication aérienne avec tous les pays du monde.

La reprise de la communication aérienne par la Russie avec ce pays relève des compétences du Centre opérationnel pour la prévention et l'entrée et la prolifération du coronavirus sur le territoire de la Fédération de Russie. A l'heure actuelle, ce régime reste en vigueur par rapport au Pakistan tout comme à d'autres pays, à l'exception de la Turquie, du Royaume-Uni, de la Tanzanie et de la Suisse. Exception faite pour des représentants officiels, des collaborateurs de missions diplomatiques, ainsi que de voyages à des fins humanitaires.

***

Nous recevons un très grand nombre de questions sur la situation en Biélorussie. Je voudrais attirer votre attention sur la réponse développée à cette question du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, publiée sur le site officiel du Ministère.

 

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