23 janvier 202020:42

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 23 janvier 2020

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Sur la présidence russe de l'OTSC, de l'OCS et des Brics en 2020

 

Je voudrais profiter de cette première conférence de presse pour rappeler que depuis le 1er janvier 2020, la Fédération de Russie a pris officiellement la présidence des organisations internationales et associations interétatiques importantes que sont les Brics, l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) et l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Le Président russe Vladimir Poutine a défini les axes prioritaires de la présidence russe au sein de chacune des structures mentionnées. Il est possible d'en prendre connaissance et de les utiliser régulièrement car les rubriques dédiées seront mises à jour sur les sites officiels de la présidence russe des Brics, de l'OTSC et de l'OCS: www.brics-russia2020.ru, cstorussia2020.mid.ru, www.sco-russia2020.ru. Vous y trouverez également des informations d'actualité sur les activités prévues à différents niveaux, les documents adoptés à l'issue des réunions et les résultats du travail accompli.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Geir Pedersen, Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie

 

Vendredi 24 janvier, Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov recevra le l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen. Ces consultations permettront d'évoquer l'ensemble des questions relatives au processus de paix syrien, notamment la situation sur le terrain, l'aide humanitaire pour les personnes dans le besoin et la contribution au retour des réfugiés et des déplacés internes. De plus, il est prévu d'évoquer en détail la question du Comité constitutionnel compte tenu du fait qu'il a commencé à travailler de manière stable et de l'avancement du dialogue intersyrien direct sans ingérence extérieure, tel que le prévoit la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la cérémonie d'ouverture des 28e Lectures éducatives internationales de Noël "La Grande Victoire: héritage et héritiers"

 

Lundi 27 janvier, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la cérémonie solennelle d'ouverture des 28e Lectures éducatives internationales de Noël. Ces Lectures se dérouleront traditionnellement au Palais d’État du Kremlin.

Les Lectures éducatives internationales de Noël sont une activité religieuse et publique annuelle dans le domaine de l'éducation, de la culture, du service social et de l'enseignement spirituel et moral.

Ce forum, qui aura pour thème "La Grande Victoire: héritage et héritiers", fera partie des premiers sur la liste des activités publiques, sociales et religieuses consacrées au 75e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique.

La cérémonie d'ouverture des Lectures réunira de nombreux invités et participants, notamment le Patriarche Cyrille de Moscou et de toute la Russie, des représentants du pouvoir public et des associations, des hiérarques de l’Église orthodoxe russe et d'autres églises locales, des personnalités du milieu de l'enseignement, de la science et de la culture, ainsi que de nombreux hôtes étrangers.

 

Sur la visite de travail en Fédération de Russie d'Awut Deng Acuil, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Soudan du Sud

 

Du 27 au 29 janvier, la Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Soudan du Sud, Awut Deng Acuil, se rendra en visite de travail à Moscou.

Mardi 28 janvier, elle s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sur l'état et les perspectives de développement des liens russo-sud-soudanais amicaux dans les domaines politique, commercial, économique, humanitaire, et d'autres. Les deux chefs de diplomatie échangeront en profondeur leurs avis sur les questions centrales de l'agenda régional et international avec un accent sur la prévention et le déblocage des crises en Afrique, ainsi que la lutte contre le terrorisme international.

Il est également prévu d'aborder la situation au Soudan du Sud, où se poursuit le processus de paix pour régler le conflit militaro-politique intérieur.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la réunion conjointe des Conseils de surveillance et de tutelle du MGIMO du Ministère russe des Affaires étrangères

 

Mardi 28 janvier, sous la présidence du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, se déroulera la réunion conjointe des Conseils de surveillance et de tutelle du MGIMO du Ministère russe des Affaires étrangères. Vous le savez, le Ministre préside ces deux structures importantes qui assurent le fonctionnement de l'université.

La question centrale de l'ordre du jour de la réunion sera le débat sur la nouvelle Stratégie de développement du MGIMO pour 2020-2025, appelée à renforcer les positions de l'université dans le contexte de la mondialisation de l'éducation et du marché du travail, ainsi que de la vitesse accrue du renouvellement des connaissances et des compétences.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Dans l'ensemble, il a été possible de parvenir à une stabilisation considérable de la situation dans le pays. La Syrie revient à la vie pacifique, et le processus de rétablissement de l'économie et de la sphère sociale est en cours. Il est nécessaire de soutenir cette tendance positive, surtout dans le contexte régional compliqué.

Des foyers de tensions persistent sur les territoires non contrôlés par le Gouvernement syrien: à Idleb, dans certaines régions de la rive orientale de l'Euphrate, et dans la zone autour d'Al-Tanf.

Les militaires russes et turcs ont entrepris début janvier une nouvelle tentative d'instaurer le cessez-le-feu à Idleb. Les groupes radicaux l'ont encore une fois ignoré et ont continué de tirer sur les positions des troupes syriennes et les localités voisines. Le nombre d'attaques atteint 60 incidents par jour. Ainsi, les combattants ont lancé le 16 janvier un tir de lance-roquettes multiple sur les quartiers résidentiels d'Alep (7 morts et 18 blessés parmi les civils). Des dizaines de militaires syriens ont été tués ou blessés. Dans ce contexte, les forces gouvernementales sont obligées de réagir aux incursions agressives des terroristes et d'organiser des opérations limitées visant à neutraliser les activités terroristes et à réduire les menaces émanant d'Idleb.    

Afin de favoriser l'évacuation des civils de la zone de désescalade, on a établi 3 corridors humanitaires, dont 1 500 personnes ont déjà pu bénéficier depuis le 13 janvier. Les terroristes empêchent malheureusement le retrait de la population civile et tirent sur les postes de contrôle. Cela ne fait que confirmer, encore une fois, la position que nous avons présentée à plusieurs reprises: le problème d'Idleb ne sera pas résolu tant que la région restera entre les mains des terroristes reconnus comme tels par le Conseil de sécurité de l'Onu.

La situation a l'Est de l'Euphrate s'est améliorée, notamment grâce à la mise en œuvre du Mémorandum russo-turc du 22 octobre 2019. Des patrouilles régulières ont été mises en place dans les zones frontalières concertées près de Kobané et de Qamisli. Qui plus est, les militaires russes entreprennent des efforts énergiques afin de rétablir les sites d'infrastructure détruits (le système d'approvisionnement en eau et en électricité, des silos et des ponts), prodiguent des soins médicaux aux personnes dans le besoin, livrent des aliments et des produits de première nécessité.

L'expérience russe confirme concrètement que toutes les conditions sont réunies pour livrer des cargaisons humanitaires au Nord-Est de la Syrie depuis le centre du pays, en coordination et en concertation avec le Gouvernement syrien, conformément aux principes directeurs de l'octroi de l'aide humanitaire. Suite au rétablissement du contrôle de Damas sur 90% du territoire du pays, il n'y a pas de nécessité objective de maintenir le mécanisme transfrontalier dans le même état qu'au moment de sa création en 2014. Je voudrais souligner encore une fois que ce mécanisme a été introduit comme une mesure urgente et provisoire, qui doit être mise en conformité avec les normes du droit international et la situation réelle sur le terrain.

On constate une situation compliquée dans la zone de 55 km autour d'Al-Tanf occupée par les États-Unis, et dans le camp de réfugiés de Roukban situé dans cette zone. La mise en œuvre du plan onusien d'évacuation des habitants restants du camp est reportée depuis déjà cinq mois à cause du refus de Washington et des combattants qu'il contrôle d'offrir les garanties de sécurité nécessaires.  

Nous estimons que la raison réelle de la situation désastreuse des habitants du camp réside dans l'occupation américaine illégale, et les convois humanitaires ne permettent pas de résoudre cette situation. D'autant plus que l'aide ne parvient pas aux réfugiés mais se retrouve entre les mains des combattants. En même temps, les réfugiés reçoivent absolument tout le soutien humanitaire et médical nécessaire après s'être rendus sur les territoires contrôlés par le Gouvernement depuis la zone d'Al-Tanf.

Malgré les foyers locaux de tensions, nous poursuivons nos efforts visant à promouvoir le règlement politique de la crise syrienne. Nous accordons une importance particulière au travail du Comité constitutionnel. Comme je l'ai déjà souligné, les questions liées au Comité constitutionnel seront examinées en détail lors de la prochaine rencontre du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen, qui aura lieu le 24 janvier.

Qui plus est, nous estimons qu'il est nécessaire, à l'étape actuelle, d'intensifier les efforts internationaux visant le soutien humanitaire à la Syrie sans aucune politisation ou discrimination, ce qui, de notre point de vue, créera les conditions nécessaires pour le retour volontaire, sécurisé et digne des réfugiés. Au total, près de 760 000 réfugiés (dont environ 530 000 depuis la mi-juillet 2018) et plus de 1,3 million de personnes déplacées, sont revenus sur leurs lieux d'habitation permanente depuis le lancement de l'opération des forces aériennes russes en Syrie le 30 septembre 2015.

 

Sur une vidéo des "Casques blancs" concernant le prétendu "sauvetage d'enfants après un raid des avions militaires russes"

 

Le quotidien Izvestia nous a demandés de commenter une vidéo récente de l'organisation "Casques blancs" sur le prétendu sauvetage d'enfants suite à un raid de l'aviation russe dans la localité de Kafartaal près d'Alep.

Nous considérons cette dernière publication de l'organisation pseudo-humanitaire "Casques blancs" comme une nouvelle provocation cynique visant à discréditer les efforts antiterroristes russes en Syrie.  

Ces fake news lancés périodiquement par les faux sauveteurs sont, à notre avis, des matériaux odieux. La fréquence accrue de leur apparition (ils sont devenus pratiquement quotidiens ces derniers temps) est directement liée à l'affaiblissement des positions des terroristes en Syrie, notamment dans le foyer terroriste persistant d'Idleb. Selon certaines informations, présentées à plusieurs reprises par le Gouvernement syrien à l'Onu, les Caques blancs tentent régulièrement d'organiser en Syrie de nouvelles mises en scène d'utilisation d'armes chimiques en coopération avec les organisations terroristes, notamment avec Hayat Tahrir al-Cham. L'objectif de ces efforts est d'augmenter les tensions médiatiques, de créer, par la manipulation et la mise en scène de faits, une nouvelle vague de critique des actions de la Russie dans la région et des autorités syriennes dans le contexte du progrès évident du règlement politique (je fais allusion à la formation et au début du travail du Comité constitutionnel). 

La Russie a, à plusieurs reprises, présenté publiquement des preuves des liens forts entre les Casques blancs et les structures terroristes, des crimes de cette organisation pseudo-humanitaire et de sa participation aux mises en scène d'attaques chimiques. On l'a récemment évoqué en détail à l'Onu à New York. Ces informations sont confirmées par les investigations des experts indépendants, russes et étrangers.

Mais les sponsors des Casques blancs ne sont pas vraiment gênés par ces révélations. La nouvelle vidéo montée de toute pièces souligne de manière évidente qu'ils préfèrent toujours se cacher derrière des objectifs humanitaires, utiliser activement cette organisation, offrir une protection médiatique aux actions des terroristes et créer des obstacles supplémentaires sur la voie du retour de la Syrie à la vie pacifique.

 

Sur la situation actuelle en Afghanistan et l'évaluation russe de l'état des négociations au vu des contacts entre les États-Unis et les talibans, ainsi que sur les accusations américaines à l'encontre de l'Iran de soutien aux éléments radicaux en Afghanistan

 

La situation en Afghanistan reste très tendue. L'opposition armée, en la personne des talibans, contrôle au moins la moitié du territoire du pays. Sur cette toile de fond, des structures terroristes internationales, notamment Daech, renforcent leur activité. La formation d'un avant-poste de cette organisation au Nord de l'Afghanistan, visant à déstabiliser la situation dans les pays voisins de l'Asie centrale, continue de nous préoccuper. La récente attaque de Daech contre un poste frontalier au Tadjikistan a clairement témoigné de ces intentions. Nous voyons également qu'après les déclarations de Kaboul concernant l'élimination d'un foyer de Daech dans l'Est du pays, Daech y relève la tête. Par conséquent, les menaces d'extrémisme, de terrorisme et du trafic de stupéfiants émanant du territoire afghan restent d'actualité.

Dans ces circonstances, les autorités russes saluent la reprise des négociations entre les États-Unis et les talibans au Qatar après la pause marquée en décembre dernier. Nous estimons qu'un accord rapide entre les Américains et les talibans ouvrirait la voie au lancement du processus de paix interafghan. Nous pensons que toutes les conditions sont réunies pour cela.

En ce qui concerne les récentes accusations des États-Unis envers Téhéran de soutien aux éléments radicaux en Afghanistan, à l'heure actuelle nous jugeons qu'elles sont infondées et ne contribuent aucunement à créer une atmosphère constructive pour instaurer une paix durable en Afghanistan.

 

Sur la situation au Venezuela et autour

 

Ces derniers temps, plusieurs événements importants se sont produits dans différentes directions au Venezuela qui, malheureusement, n'ont pas rapproché les forces politiques en conflit de la recherche constructive commune de compromis visant à normaliser la situation politique dans le pays.

La nécessité évidente, pour la société vénézuélienne, de négociations pour régler les profonds différends est confirmée par un certain progrès dans le cadre de la "table ronde du dialogue national" entre le gouvernement de Nicolas Maduro et l'opposition dite modérée. Malgré cela, les politiques radicaux, dont la popularité continue de chuter, poursuivent leur activité provocatrice en exigeant un soutien supplémentaire de leurs protecteurs étrangers.

L'ancien président de l'Assemblée nationale, après l'élection de la nouvelle direction du parlement le 5 janvier, n'a pas voulu se résigner à la perte de son poste et a organisé une réunion alternative de ses partisans, qui ont confirmé ses pouvoirs, puis a prêté serment. L'illusion de la dualité du pouvoir activement imposée par l'opposition radicale, cette fois à l'Assemblée nationale, ne mène en réalité qu'à la paralysie de cet organe législatif important, ce qui affecte évidemment toute la situation.

Le recours, par Washington, aux méthodes de pression par les sanctions contre Caracas et ses représentants officiels, contraires au droit international, empêche également de régler le conflit vénézuélien intérieur. Cette fois, le Ministère américain des Finances a inscrit sur sa "liste noire" le président élu de l'Assemblée nationale Luis Parra et les députés qui l'ont soutenu. Ils ne pourront échapper aux sanctions pour leur vote incorrect, aux yeux de Washington, que s'ils renonçaient à leur décision de soutenir Juan Guaido. C'est une interprétation très forte de la démocratie.

La politique de sanctions des États-Unis - qui ont oublié et bafoué depuis longtemps le droit international - contre le Venezuela et sa population, qui a franchi toutes les limites imaginables de la contreproductivité et de l'antihumanisme,  ne fait qu'aggraver la crise socioéconomique et stimuler les flux migratoires à destination des pays voisins. Nous ne sommes pas les seuls à voir les conséquences nuisibles de l'approche américaine: Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a récemment reconnu que les restrictions économiques américaines s'étaient reflétées très négativement sur la situation au Venezuela. En réalité, je ne cite pas tant cette déclaration pour confirmer la situation au Venezuela, qui est évidente, mais plutôt pour dire que même l'UE, ce qui n'est pas à son habitude, s'écarte de ses positions antérieures de non-ingérence "froide" et de passage sous silence des problèmes humanitaires flagrants pour commencer à constater les faits. Ce constat, malgré un point de vue différent du "frère aîné" à Washington, parle de lui-même des changements de position de l'UE.

Par ailleurs, nous avons remarqué une certaine évolution du discours des représentants de l'administration américaine vis-à-vis du Venezuela. En particulier, la déclaration du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo du 9 janvier confirme publiquement l'abandon de l'usage de la force et n'exclut pas la possibilité de négociations avec le gouvernement de Nicolas Maduro. Ce sont des propos justes, que l'on voudrait voir confirmés par les actes. Cependant, c'est tout le contraire pour le moment: récemment, le commandement Sud des États-Unis a annoncé l'organisation d'exercices communs avec la Colombie sur le territoire de ce pays, alors que le Trésor américain a annoncé des sanctions contre 15 avions vénézuéliens.

La coopération russe avec le Venezuela vise notamment à ce que ces actions hostiles n'infligent pas un préjudice irréparable à la souveraineté et à l'indépendance de cet État, et apportent le moins de souffrances possible aux Vénézuéliens ordinaires. Nous accordons beaucoup d'attention aux projets économiques communs, dont beaucoup ont un aspect humanitaire, visant à améliorer la situation socioéconomique dans le pays et le bien-être de ses citoyens. L'an dernier ont été mentionnées les livraisons d'un médicament très important, l'insuline, par une compagnie russe au Venezuela. Je voudrais ajouter que fin 2019 la Russie a envoyé 1,5 million de vaccins contre la grippe, et que pour 2020-2022 sont prévues des livraisons à hauteur de 3 millions de doses par an.

Cependant, des esprits malveillants cherchent constamment un "double fond" dans notre travail. Incapables de le trouver, ils se tournent vers la fameuse méthode de désinformation et d'allégations, de fakes ayant pour but de saper les relations de confiance entre la Russie et le Venezuela, de créer une atmosphère toxique autour de la présence russe dans les pays d'Amérique latine. L'une de ces conclusions analytiques "profondes" a été présentée dans un article de l'agence de presse Bloomberg selon lequel la Russie aurait attendu le changement de direction du parlement vénézuélien pour décider d'apporter à Caracas une contribution en matière d'expertise dans le secteur financier. Je voudrais répéter que la coopération russo-vénézuélienne se développe dans tous les domaines dans l'esprit d'un partenariat pragmatique mutuellement avantageux, sans imposer de conditions, surtout politiques, ce qui fait contraste avec la tactique favorite des prétendus "amis de la démocratie vénézuélienne".

Indépendamment de la période historique ou de la situation politique, malheureusement, nous sommes constamment confrontés à des tentatives de déformer l'approche conceptuelle et les démarches pratiques de la Russie sur la scène internationale, notamment dans la région, de la présenter comme coupable, de rejeter sur notre pays la responsabilité des erreurs des autres. La situation autour du Venezuela ne fait pas exception. Celui qui se positionne en tant que "président par intérim" de ce pays a déclaré dans une interview accordée au quotidien espagnol La Razon que son équipe "insistera sur l'application des mécanismes de pression diplomatiques et en coulisses vis-à-vis de la Russie" pour que Moscou renonce à soutenir Nicolas Maduro. Cela sort de la bouche d'un individu dont les représentants courent derrière les délégations russes à la recherche d'une rencontre ou d'un contact pour en parler immédiatement aux médias. Cela ressemble davantage à un comportement provocateur de personnes qui ignorent ce qu'est l'éducation en principe, mais ont également une idée très floue des relations internationales contemporaines.

Aujourd'hui, à l'heure où la délégation de l'opposition vénézuélienne est en tournée en Europe, nous voudrions rappeler à tous nos partenaires responsables, surtout européens, la nécessité absolue de relancer les négociations intervénézuéliennes avec la participation du plus large éventail possible de forces politiques. Dans ces conditions, le Venezuela et sa population ont besoin plus que jamais d'un règlement pacifique, politique et diplomatique du conflit intérieur, auquel doivent parvenir les Vénézuéliens eux-mêmes par l'intermédiaire d'un dialogue inclusif, en respectant la législation nationale et les normes internationales. C'est cette décision qu'il incombe à la communauté internationale de soutenir.

 

Sur la situation en Bolivie

 

La situation en Bolivie reste tendue. Les pouvoirs de l'ancien chef de l'État et ceux du Parlement ont officiellement expiré aujourd'hui. Afin de remplir le vide juridique formé par l'annulation des résultats des élections du 20 octobre dernier, la Cour constitutionnelle du pays a décidé de prolonger le mandat du président provisoire et des parlementaires jusqu'à l'investiture de leurs successeurs qui seront élus lors des prochaines élections générales du 3 mai prochain.

La Russie s'abstient de commenter cette décision, car elle respecte la souveraineté bolivienne. Dans le même temps, nous ne pouvons pas ignorer le fait qu'une partie considérable de la population du pays, opposée au pouvoir actuel, la considère comme politiquement ambiguë - pour ne pas dire plus. Le risque d'une nouvelle escalade de la tension perdure. Cela suscite forcément une inquiétude, tout comme le risque d'un retour à la pratique dangereuse d'utilisation des forces armées afin de réprimer les manifestations pacifiques.

Nous estimons que la constitution la plus rapide possible d'organes de pouvoir légitimes suite à un vote démocratique et transparent et sans aucune discrimination de telle ou telle force politique est le seul moyen de rétablir la vie normale dans ce pays. Une responsabilité spéciale pour la transition pacifique garantissant les préparatifs d'élections honnêtes, ouvertes et démocratiques, incombe naturellement aux personnes qui se trouvent actuellement au pouvoir. La communauté internationale a le droit d'exiger d'eux des mesures efficaces visant à assurer le processus électoral, ainsi qu'à garantir les droits constitutionnels de tous les citoyens boliviens.  

Toute ingérence d'États étrangers dans le processus électoral est, selon nous, inadmissible. C'est absolument inacceptable, notamment de la part de pays prêts à en accuser les autres alors même qu'il promeuvent ouvertement les intérêts de certaines forces politiques dans un autre pays. Je voudrais rappeler que personne n'a pour l'instant annulé la souveraineté de la Bolivie, bien que beaucoup d'acteurs aient déjà tenté d'influer sur cette dernière.

Nous voudrions également confirmer que nous considérons les autorités actuelles de la Bolivie comme un pouvoir strictement provisoire, lié au fait que les limites constitutionnelles ont été dépassées dans ce pays. C'est pourquoi les autorités portent une responsabilité spéciale pour les décisions adoptées, notamment concernant les questions relatives à la politique étrangère, au respect des engagements internationaux de cet État.

Cela concerne naturellement le respect absolu des exigences universelles de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques en ce qui concerne l'inviolabilité des missions diplomatiques et de leur propriété. Nous soutenons les recommandations formulées par le rapport de la Commission interaméricaine des droits de l'homme du 10 décembre 2019.

Les contradictions existantes dans les relations entre la Bolivie et certains États du continent constituent malheureusement un élément de division supplémentaire entre les pays d'Amérique latine, la région portant traditionnellement le drapeau de l'"unité dans la diversité". Nous espérons qu'ils réussiront à trouver une solution aux divergences bilatérales sur la base du respect mutuel et des normes du droit international.

Une Bolivie pacifique est importante pour la Russie en tant que partenaire économique significatif et acteur politique respecté dans la région de l'Amérique latine et des Caraïbes. Nous sommes également convaincus que tous les Boliviens ont besoin de stabilité dans leur pays. 

 

Sur les sanctions des États-Unis contre Cuba

 

Le nouveau paquet de sanctions adopté par Washington contre la Havane démontre que les États-Unis, obsédés par leur volonté d'"étrangler" l'économie cubaine, s'éloignent de manière consciente de l'un des piliers de l'ordre mondial actuel: la protection des droits de l'homme. L'interdiction des vols charter des compagnies aériennes américaines à compter du 11 mars 2020 - après l'interdiction des vols réguliers depuis le 10 décembre 2019 - dans tous les aéroports cubains à l'exception de celui de la Havane, montre encore une fois que l'application des mesures unilatérales illégitimes fait souffrir tout d'abord les citoyens ordinaires, non seulement à Cuba, mais aussi aux États-Unis. On prive de manière éhontée ces derniers de leur liberté de déplacement, qui est un droit naturel et inaliénable. Ainsi, 552 000 Américains, y compris d'origine cubaine, ont visité l'île en 2019. Aujourd'hui, ces citoyens américains ne peuvent donc plus aller voir leur famille à Cuba. Encore une fois, la raison de cette décision ne réside pas dans un désastre naturel, une aggravation de la situation humanitaire, une crise politique, une menace terroriste ou une pandémie, mais dans un caprice des responsables de Washington qui ont choisi ce moyen de pression sur la politique de la Havane.

Qui plus est, la Maison blanche continue de violer le droit international, y compris la Charte de l'Onu, en mettant en pratique la troisième section extraterritoriale de la loi Helms-Burton et des restrictions contre les sociétés de transport qui travaillent avec la Havane. Les Américains utilisent beaucoup de limitations financières et de visa, font en permanence pression sur les médecins cubains qui travaillent à l'étranger. Tout cela suscite la condamnation et le rejet de la majorité écrasante de la communauté internationale. Rappelons que ce fait a déjà été confirmé par le vote du 7 novembre 2019 de l'Assemblée générale de l'Onu sur la résolution anti-blocus (187 voix pour, 3 voix contre, 2 abstentions).

Quant à la Russie, elle s'oppose catégoriquement à ces initiatives. Nous sommes solidaires avec le peuple cubain - qui est notre partenaire stratégique et allié - en ce qui concerne la nécessité de lever le plus rapidement possible ce blocus illégal.   

 

Sur le règlement de la crise intérieure en Ukraine

 

Nous accordons toujours une attention particulière au règlement du conflit dans le Donbass, ainsi qu'à la situation générale en Ukraine. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a récemment présenté nos estimations sur ce processus en conférence de presse. Compte tenu des questions que nous avons reçues, nous voudrions ajouter ce qui suit.

Nous avons salué certains progrès accomplis en matière de règlement en 2019, liés aux préparatifs et au déroulement du sommet du Format Normandie à Paris. Comme on le sait, avant ce sommet Kiev a été obligé de mettre en œuvre les décisions des rencontres précédentes du format, notamment de fixer sur le papier la "formule Steinmeier" et d'assurer le retrait des forces dans trois zones de la ligne de contact: à Stanitsa Louganskaïa, à Zolotoe et à Petrovskoe.

On a également constaté de nouveaux pas dans une bonne direction après le sommet de Paris. Kiev, Donetsk et Lougansk ont organisé le 29 décembre un échange de prisonniers. Les tirs au niveau de la ligne de contact ont diminué, voire ont complètement cessé, pendant les festivités de Noël et du Nouvel an. La Rada suprême a prolongé pour une année supplémentaire la loi sur le statut spécial du Donbass, dont l'entrée en vigueur n'est toujours pas observée. Lors des réunions du Groupe de contact du 18 décembre et du 16 janvier, Donetsk et Lougansk, suivis par Kiev, ont présenté leurs propositions sur de nouvelles zones de retrait des forces.

Tout cela confirme que l'existence d'une volonté politique et d'une approche responsable permet d'obtenir des résultats réels, concrets et positifs. Nous espérons que les autorités ukrainiennes afficheront plus souvent cette volonté. Malheureusement, cela pose problème pour l'instant.

Ainsi, le retrait engagé à Zolotoe et à Petrovskoe n'est toujours ni terminé ni vérifié. Les Ukrainiens n'ont pas démonté les fortifications ni opéré le déminage des zones concernées. Qui plus est, les miliciens et les observateurs de l'OSCE y enregistrent de nouveau l'apparition de militaires et de véhicules ukrainiens, ce qui suscite naturellement de l'inquiétude.

La loi sur le statut spécial du Donbass a été techniquement prolongée d'un an, bien que, conformément aux accords de Minsk, elle devrait être illimitée, ce que la Rada suprême n'a visiblement aucune envie de faire. Il est également nécessaire d'inclure la "formule Steinmeier" dans cette loi et d'introduire les garanties de respect du statut spécial du Donbass dans la Constitution du pays.

Nous sommes également surpris par l'agitation de Kiev concernant les amendements sur la décentralisation du pays, présentés à deux reprises à la Rada pour être ensuite rappelés. Ces amendements ne parlent pas en réalité de la décentralisation, mais de la réforme de la structure territoriale du pays et du renforcement des pouvoirs du centre, sans rien dire du Donbass. Je voudrais également rappeler que les accords de Minsk obligent Kiev à examiner l'avenir du Donbass, son statut, la décentralisation et la réforme de la Constitution dans le cadre d'un dialogue direct avec Donetsk et Lougansk.    

Dans ce contexte, nous sommes d'autant plus préoccupés par les voix qui proposent à Kiev de revoir les accords de Minsk. C'est notamment le cas du Ministre ukrainien des Affaires étrangères Vadim Pristaïko. Nous espérons qu'il ne s'agit que de son opinion personnelle et qu'il est au courant du fait que les participants au sommet du Format Normandie à Paris, notamment le Président ukrainien Vladimir Zelenski, ont confirmé encore une fois qu'il n'existait aucune alternative aux accords de Minsk. Nous espérons que les autorités ukrainiennes se focaliseront sur la mise en œuvre cohérente de toutes ses clauses dans un avenir proche.

Pour conclure, je voudrais exprimer ma déception quant au fait que les représentants des médias occidentaux et des organisation internationales évitent de se rendre à Donetsk et à Lougansk. Edi Rama, Président actuel de l'OSCE et Premier ministre albanais, qui s'est rendu dans le Donbass du 20 au 21 janvier, a préféré ignorer les invitations des républiques autoproclamées. Je voudrais souligner encore une fois qu'il est impossible de se former une idée objective de la situation ou d'assurer un règlement efficace sans contacts directs avec les deux belligérants.  

Je voudrais également envoyer un appel (ou un rappel, car nous l'avons déjà évoqué à plusieurs reprises) spécial aux médias, qui doivent, à mon avis, couvrir la situation sur le terrain de manière épisodique, régulière ou permanente. Qui plus est, il faut le faire non seulement depuis le territoire contrôlé par Kiev, mais aussi de l'autre côté, car il existe beaucoup de publications qui présentent des informations non-vérifiées - pour ne pas dire plus - voire ouvertement mensongères. Elles mentionnent régulièrement le Donbass sans y avoir encore envoyé des équipes de tournage, des journalistes ou des délégations. 

 

Sur la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste du 27 janvier et le 75e anniversaire de la libération du camp de concentration d'Auschwitz par les forces soviétiques

 

Vous le savez, le Président de la Fédération de Russie se trouve en Israël où il a prononcé un discours lors de l'inauguration du monument "Cierge de la mémoire" érigé en hommage aux habitants et aux défenseurs de Leningrad assiégée. Le Président a évoqué le fait que le 27 janvier 1944 avait été tournée l'une des pages les plus dramatiques et héroïques de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale avec la levée définitive du siège de Leningrad. Ce discours est disponible sur le site officiel du Kremlin.

Je voudrais dire quelques mots sur le 27 janvier 1945, quand les forces soviétiques ont libéré le camp de concentration nazi d'Auschwitz-Birkenau, où ont été cruellement torturés et tués des millions de personnes. Je rappelle que sur décision de l'Onu, cette date a été proclamée en 2005 Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste. La Russie était coauteur de la résolution de l'Assemblée générale des Nations unies à ce sujet.

Malheureusement, force est de constater qu'aujourd'hui, dans de nombreux pays, y compris parmi ceux qui se qualifient de "modèle de démocratie", nous assistons à des phénomènes honteux comme la glorification de l'activité des hitlériens et de leurs adeptes, ainsi que la réécriture de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Nous assistons à une guerre criminelle (auparavant nous parlions de déloyale, d'indigne, mais aujourd'hui nous disons les choses telles qu'elles sont sans formuler de phrases diplomatiques) contre les monuments aux guerriers de l'Armée rouge, qui ont donné leur vie pour libérer l'Europe de la peste brune, que plusieurs pays membres de l'UE, notamment la Pologne, détruisent et profanent.

La Russie est fermement opposée aux tentatives de falsifier l'histoire et à la réhabilitation rampante du nazisme. A cet égard, notre pays soumet chaque année à l'Assemblée générale des Nations unies un projet de résolution sur la lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d'autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance qui y est associée. Une nouvelle fois, cette résolution a été adoptée le 18 décembre 2019 pendant la réunion plénière de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations unies. Ce document a été approuvé à une grande majorité (133 voix pour avec 52 abstenus et 2 contre). Pour la première fois, le nombre de coauteurs de la résolution a atteint 62 États.

Ces dernières années, à l'initiative de la Russie en tant que principal auteur, l'inadmissibilité de toute tentative de nier l'Holocauste a été ajoutée au texte de la résolution.

 

Sur la réaction du gouvernement allemand à la résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 sur l'importance de la mémoire européenne pour l'avenir de l'Europe

 

Nous avons remarqué la réticence du gouvernement allemand à exprimer publiquement son avis sur la résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019, franchement révisionniste du point de vue de la vérité historique, dont les initiateurs tentent d'affirmer dans la conscience publique "occidentale" la thèse mensongère selon laquelle la Seconde Guerre mondiale aurait commencé à cause du pacte de non-agression signé le 23 août 1939 entre l'Allemagne et l'URSS, en taisant sciemment les démarches politiques et diplomatiques de certains pays qui l'ont précédé, notamment les accords de Munich de 1938 qui a causé le démembrement de la Tchécoslovaquie souveraine et l'acceptation silencieuse de l'Anschluss hitlérien de l'Autriche par les acteurs concernés. Bref, tout cela a provoqué en grande partie les vastes conséquences tragiques dont nous avons parlé à plusieurs reprises.

En novembre 2019, Berlin, à la demande des députés du parti d'opposition Die Linke au Bundestag, a prétendu qu'il n'était pas en droit de commenter les résolutions du Parlement européen. Sachant que la majorité absolue des 96 eurodéputés allemands a voté pour l'adoption de ce document, y compris tous les représentants de la coalition CDU-CSU, ainsi que tous les représentants du SPD qui fait partie de la coalition gouvernementale allemande. En principe, il est possible de ne pas commenter les décisions du Parlement européen, mais on peut et on doit commenter l'approche politique et le vecteur qui est formé par le parti dirigeant et l'élite.

De ce fait, et compte tenu de la sensibilité particulière du thème de la Seconde Guerre mondiale pour l'histoire de l'Allemagne, la prise de distance affichée par le gouvernement allemand par rapport à la résolution mentionnée suscite une confusion certaine. Les autorités allemandes n'ont pas trouvé les mots pour condamner les passages mentionnés de la résolution du Parlement européen ou, du moins, elles n'ont pas jugé utile de s'en distancer publiquement.

Nous nous opposons continuellement et résolument à l'aspiration, qui se manifeste de plus en plus en Europe, de forces politiques concrètes à réécrire l'histoire mondiale et à l'utiliser à leurs fins politiques conjoncturelles. Nous appelons les partenaires à adopter la même approche pour tirer des leçons de l'histoire afin de renforcer la stabilité et la sécurité européennes aujourd'hui.

 

Sur les déclarations de Stef Blok, Ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, concernant le crash du Boeing malaisien

 

Nous ne pouvons pas passer à côté des déclarations faites dans la presse par le Ministre néerlandais des Affaires étrangères Stef Blok concernant la catastrophe aérienne qui s'est produite près de Téhéran le 8 janvier 2020, dans lesquelles il trace un parallèle illusoire avec la destruction de l'avion de ligne ukrainien qui assurait le vol PS752, et le Boeing malaisien du vol MH17 en Ukraine en juillet 2014. Nous comprenons que cela fait également partie d'une même campagne, parce que toutes les questions qui nous étaient adressées, notamment par les médias britanniques, associaient également ces deux thèmes.

Le chef de la diplomatie néerlandaise, de notre point de vue, a profité de manière déplacée de la tragédie en Iran, qui a ses propres causes et particularités, pour lancer de nouvelles attaques contre la Russie et faire la promotion des approches subjectives de La Haye concernant la catastrophe du vol MH17, devenues très lassantes.

Cette fois, concernant le crash du vol PS752, Stef Blok a exigé de la Russie de fournir des "réponses satisfaisantes aux nombreuses questions du Groupe d'enquête conjoint (JIT)". Je voudrais attirer votre attention sur le terme "réponses satisfaisantes". Il s'agit de réponses qui confirmeraient et ne réfuteraient pas les conclusions de l'enquête, si nous comprenons bien. Pas des réponses en principe, mais des réponses qui seront jugées justes.

Sans s'offusquer de l'absence de preuves, Stef Blok fait appel à des "impressions personnelles" quant au fait que le Ministre russe des Affaires étrangères, lorsqu'il est question du vol MH17, ne se sentirait pas "dans son assiette" et que "les Russes feraient mieux de reconnaître leur culpabilité, d'accepter de rembourser le préjudice aux proches des victimes, pour faire baisser la tension survenue". C'est une approche très forte. Je n'ai qu'une seule question: à quelles autres révélations faut-il s'attendre de la part des physionomistes néerlandais?

Par le passé, on organisait des rituels pour faire tomber la pluie. Cela n'a rien à voir avec la jurisprudence quand il est question d'impressions, quand on dit "il vaut mieux reconnaître sa culpabilité, fournir des réponses satisfaisantes aux questions".

D'un autre côté, rien de nouveau au Royaume des Pays-Bas. Les avis subjectifs prédominent.

En même temps, plus personne ne doute que, d'un point de vue objectif, l'enquête menée par les Pays-Bas rencontre de sérieuses difficultés. Nous en avons parlé plusieurs fois, nous avons cité de nombreuses preuves qui réfutent la version du JIT, notamment les résultats de l'expérience grandeur nature réalisée par le groupe Almaz-Anteï, les données primaires des radars écartant la possibilité d'un lancement de missile depuis le territoire indiqué par le JIT, ou encore les informations du Ministère russe de la Défense concernant l'appartenance ukrainienne du missile qui a abattu, selon la version du JIT, l'avion malaisien. Nous en avons informé à différentes occasions la partie néerlandaise et le public, notamment dans des déclarations et des commentaires du Ministère russe des Affaires étrangères, ainsi que dans la réponse du Parquet de la Fédération de Russie aux revendications exprimées envers la Russie sur l'affaire Tsemakh. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a parlé de tout cela ce 17 janvier lors de la conférence de presse sur le bilan de l'activité de la diplomatie russe en 2019.

Aux Pays-Bas apparaissent de nouveaux faits indiquant que les structures publiques néerlandaises, avant la tragédie du vol MH17, avaient déjà fait preuve d'une approche de mauvaise foi, conjoncturelle et partiale des enquêtes sur les catastrophes aériennes. Sans aucune joie, avec surprise, voire avec un choc, nous avons pris connaissance des informations apparues dans la presse témoignant de la déformation, par le Conseil de sécurité néerlandais, des causes du crash d'un avion de Turkish Airlines en 2009 près d'Amsterdam. D'après les médias, tout cela a été fait au profit de la compagnie américaine Boeing. Pourquoi dis-je que nous avons été choqués? Parce qu'il doit y avoir une limite de l'acceptable. Après tout, il est question des efforts non pas de représentants officiels, mais d'États entiers, de professionnels à qui les gens font confiance et qui doivent déterminer la vérité. Alors que la publication de telles informations expliquant comment, en réalité, s'est déroulée l'enquête aux Pays-Bas, est à couper le souffle. Il s'avère que depuis toutes ces années nous avons affaire à des gens qui ont des choses à cacher. Quelle est la probabilité que la même chose ne se produise pas aujourd'hui compte tenu des résultats et des étrangetés dans le travail que nous voyons aujourd'hui, et dont nous parlons dans le but d'attirer l'attention sur ces points? C'est une grande question. Quel est le rapport entre les faits en Iran et l'avion ukrainien, et ce qui est arrivé au Boeing malaisien il y a quelques années? Quel rapport? Aucun. Tout cela est présenté dans un ordre étrange aux lecteurs et à l'opinion publique. A première vue, c'est impossible à faire, mais ce n'est pas proposé par des individus éloignés des groupes d'enquête, des organisations publiques, qui écrivent des romans ou inventent de nouvelles versions ou des théories conspirationnistes, c'est fait par des représentants officiels, par les autorités du pays. Honnêtement, cela est consternant.

Je voudrais dire également qu'il est inadmissible et complètement honteux de spéculer sur la tragédie en Iran afin de promouvoir des accusations politiquement engagées contre la Russie, avant tout vis-à-vis des proches des victimes. L'exigence sans appel de Stef Blok que la Russie "reconnaisse sa culpabilité" dans la catastrophe de l'avion malaisien dans le ciel ukrainien simplement parce qu'un avion ukrainien a été abattu en Iran est déplacée, inacceptable et dénuée de toute logique. Le Ministre néerlandais oublie la différence fondamentale entre ces incidents: les preuves fournies par la Russie dans l'affaire MH17 témoignent que les accusations visant la Russie sont absolument infondées. Stef Blok refuse également de voir l'implication flagrante de l'Ukraine dans la catastrophe alors qu'elle n'a pas fermé son espace aérien au-dessus de la zone du conflit, malgré la préoccupation exprimée à ce sujet par le Parlement néerlandais.

 

Sur la situation concernant l'épidémie de coronavirus en Chine

 

Compte tenu de la découverte en Chine d'un nouveau type de coronavirus, 2019-nCoV, provoquant la pneumonie, nous voudrions noter ce qui suit.

Cette maladie touche avant tout la ville de Wuhan (province du Hubei), Pékin, la province de Guangdong, et il existe la probabilité d'une plus large propagation. Un premier cas de coronavirus a été identifié à Hong Kong, chez un touriste arrivé de Wuhan.

Dans la matinée du 23 janvier, le nombre de cas d'infections confirmés a atteint 600, et 17 personnes sont décédées. Les autorités chinoises prennent les mesures nécessaires pour empêcher la propagation de cette maladie. La communication de transport avec la ville de Wuhan a été suspendu, l'aéroport local a été fermé, la communication ferroviaire a été suspendue, les transports publics municipaux ne fonctionnent pas, et l'activité touristique a été stoppée.

L'agence russe Rospotrebnadzor, en coordination avec les représentations diplomatiques russes en Chine, suit attentivement la situation, procède à un contrôle sanitaire aux postes de contrôle via la frontière nationale et sur les territoires frontaliers.

De notre côté, nous suggérons aux citoyens russes de tenir compte de la situation actuelle dans la planification de leurs voyages à l'étranger (des cas isolés d'infection ont été rapportés aux États-Unis, en Corée du Sud, au Japon et en Thaïlande), de prendre les mesures nécessaires de précaution sanitaire, de respecter les règles d'hygiène et de suivre les informations que nous publions rapidement et régulièrement sur les sites du Ministère russe des Affaires étrangères, ainsi que dans l'application mobile Assistant à l'étranger, téléchargeable sur toutes les plateformes.

L'Ambassade de Russie à Pékin, dont le district consulaire inclut la province de Hubei, avec son centre administratif à Wuhan, a demandé aux autorités chinoises compétentes des informations sur les citoyens russes qui s'y trouvaient actuellement.

 

Sur les éventuelles perspectives d'élargir le groupe des Brics

 

Nous apprécions l'intérêt constant pour la coopération avec les Brics exprimé par d'autres pays émergents. Des questions sont également posées sur la possibilité d'un élargissement. Nous saluons un tel intérêt pour le travail du groupe. Dans le même temps, nous partons du principe qu'il faut adopter l'approche la plus pesée et la plus consciencieuse possible. A l'étape actuelle, ce thème n'est pas à l'ordre du jour des Brics. L'adhésion de nouveaux participants ne serait pas une démarche opportune.

Les Brics sont encore un jeune groupe interétatique. Au centre de son attention aujourd'hui figure avant tout le renforcement de l'efficacité et des mécanismes quinté-latéraux du partenariat stratégique. Un axe important du travail consiste à établir des liens internationaux durables avec les partenaires extérieurs, les partisans des mêmes idées de différents continents qui partagent la disposition à renforcer les approches multilatérales dans les affaires internationales. A cet effet ont été lancés des formats tels que "outreach" et "Brics+". Sachant que le groupe établit un dialogue permanent non seulement avec certains pays émergents et des États ayant des économies dynamiques, mais également avec leurs associations d'intégration. Le but principal d'une telle interaction est l'élaboration de réponses communes au plus large éventail de défis internationaux actuels afin de garantir le développement durable et la croissance économique à long terme. Cela pose les bases pour qu'à terme les Brics deviennent l'un des piliers de la nouvelle architecture mondiale de coopération multilatérale.

Cette année, sous la présidence russe des Brics, nous avons l'intention de poursuivre la ligne visant à renforcer les institutions existantes des Brics, la formation d'un cercle extérieur d'amis-partisans des cinq, notamment à travers la promotion active du dialogue qui a fait ses preuves avec les pays à l'économie dynamique et leurs associations aux formats "outreach" et "Brics+".

 

Sur la situation actuelle concernant les ouvriers nord-coréens

 

La Fédération de Russie remplit rigoureusement ses engagements prévus par les sanctions internationales visant la Corée du Nord, notamment la résolution 2397 du Conseil de sécurité des Nations unies dont le chapitre 8 exigeait de rapatrier avant le 22 décembre 2019 tous les citoyens nord-coréens bénéficiant de revenus dans la juridiction concernée.

La plupart des ouvriers nord-coréens ont déjà quitté notre pays. Ceux qui restent (près de mille personnes) ne le sont plus de facto car la durée de leurs autorisations de travail s'est écoulée et ils ne perçoivent pas de revenus en Russie. Les autorités coréennes prennent les mesures adaptées afin de garantir leur retour (à cause des difficultés objectives il a été impossible de faire partir tout le monde avant le 22 décembre - la communication aérienne avec la Russie est desservie par une seule compagnie aérienne nord-coréenne qui effectue deux vols par semaine, les capacités du transport ferroviaire sont également limitées). Nous remplissons rigoureusement tous nos engagements.

 

Sur les activités dans le cadre de l'Année de l'art populaire et des artisanats

 

Cette année se déroulera sous signe de l'art populaire. Dans notre pays, elle a été proclamée "Année des artisanats". Plusieurs activités intéressantes se dérouleront, auxquelles nous voudrions nous joindre.

Je voudrais attirer votre attention sur ce que nous disons régulièrement: nous réalisons et poursuivrons activement la pratique de popularisation de la cuisine russe et des artisanats populaires russes. Dans le cadre des conférences de presse et en profitant de la plateforme du Centre de presse du Ministère russe des Affaires étrangères, nous vous informerons au maximum de nos possibilités et traditions. Tout cela en lien avec l'Année de l'art populaire et des artisanats en 2020 conformément au décret du gouvernement de la Fédération de Russie dans le cadre de la stratégie de la politique culturelle nationale d'ici 2030.

Nous organiserons des présentations et des expositions au Centre de presse du Ministère en collaboration avec l'Association des artisanats créatifs populaires de Russie, le projet fédéral Carte gastronomique de la Russie, ainsi que les représentations des régions de la Fédération de Russie à Moscou. Nous vous y inviterons régulièrement. Suivez les annonces.

De plus, j'invite non seulement nos artisans traditionnels qui font partie des associations, mais également les productions, les artels qui se trouvent dans des régions reculées. Écrivez-nous et nous vous soutiendrons volontiers, nous parlerons de vous, nous vous présenterons au public étranger via les correspondants.

 

Sur l'anniversaire de Mikhaïl Gousman

 

Cette année a également commencé d'une manière très intéressante et positive. Aujourd'hui, notre pays, et pas seulement, fête l'anniversaire du journaliste émérite Mikhaïl Gousman à qui je voudrais adresser mes vœux aujourd'hui. Des vœux lui ont été adressés par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Au nom de notre Département, nous le félicitons chaleureusement à l'occasion de cette date.

Bien évidemment, il a apporté une contribution étonnante au développement du journalisme, notamment international, une véritable diplomatie populaire.

Nous voulons lui transmettre une nouvelle fois nos vœux et nos meilleurs souhaits. Nous le ferons personnellement également.

 

Réponses aux questions:

Question: Depuis 2015, la Russie apporte avec succès un soutien à la Syrie dans la lutte contre le terrorisme, dans la reconstruction du pays grâce à l'aide humanitaire. Nous recevons constamment des informations détaillées de votre part lors des conférences de presse, ainsi que du Ministère russe de la Défense. Nous savons ce qui se passe dans le pays. Comme vous l'avez dit aujourd'hui, 90% de son territoire a été libéré. Récemment, en commentant les conditions du retrait des troupes américaines de Syrie, le chef adjoint de l'opération de la coalition occidentale contre le groupe terroriste Daech, Alex Grynkewich, a déclaré que les autorités syriennes ne pourraient pas assurer une gestion efficace dans la lutte contre le terrorisme. Comment faut-il prendre cette affirmation dans le contexte de tout ce que nous entendons? Pouvez-vous évaluer la compétence de la Syrie dans la lutte contre le terrorisme?

Réponse: La Syrie est confrontée au phénomène du terrorisme international d'une ampleur et d'une envergure auxquelles cet État, ni aucun État de la région, n'avait encore jamais été confronté. La Syrie, mais aussi plusieurs autres pays du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, ainsi que du monde, a été témoin de l'attaque contre un État souverain, contre la région et globalement contre le monde entier pas simplement par une organisation terroriste, une cellule ou des terroristes à part, mais par un nouveau type de structure terroriste qui s'est autoproclamée en tant qu'État. Les objectifs et les fins de cette structure étaient si horribles et globaux que, je pense (et de nombreux experts en ont parlé), personne ne possédait l'antidote à l'étape initiale.

C'est ce que disait le Président russe Vladimir Poutine quand il a appelé, en 2015 à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, les acteurs de la communauté internationale à s'unir dans la lutte contre cette menace, comme cela a été fait pendant la Seconde Guerre mondiale. Cela témoigne du niveau sans précédent de la menace émanant des terroristes pas seulement pour un État, un peuple ou une région, mais pour le monde entier.

A cette époque, non seulement l'appel de la Russie n'avait pas été apprécié à sa juste valeur, mais il n'avait pas été entendu ni compris. Il a fallu agir comme la Russie a commencé à agir. Cela a apporté des résultats.

Je trouve que ce n'est pas à la coalition occidentale de dire aujourd'hui si la Syrie est capable ou non de faire face à cette menace. Il fallait s'y opposer avec le monde entier, collectivement, comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, ce à quoi nous appelions et, surtout, étions prêts.

Question: Le journal japonais Asahi Shimbun a publié des documents de 1956 attestant que le Japon renonçait temporairement à ses revendications territoriales sur les Kouriles. Pouvez-vous commenter cette découverte? Affectera-t-elle les relations entre nos pays?

Réponse: Un dialogue intensif est mené actuellement avec les autorités japonaises conformément à l'entente conclue au sommet à Singapour en novembre 2018. Elle était consacrée à l'accélération des pourparlers sur le problème du traité de paix sur la base de la Déclaration conjointe de l'URSS et du Japon de 1956. Ce document contient des termes sur la cessation de l'état de guerre et le rétablissement des relations diplomatiques.

Comme l'ont souligné plusieurs fois les représentants russes, des divergences significatives persistent dans les positions des parties. Nous partons du principe que le point de départ pour les surmonter réside dans l'affirmation, dans le traité de paix, de la reconnaissance par le Japon des résultats de la Seconde Guerre mondiale à part entière, y compris la souveraineté de notre pays sur les Kouriles du Sud, comme l'indique clairement la lettre et l'esprit de la Déclaration.

Je voudrais rappeler qu'à une époque la Déclaration n'a pas été remplie parce que le Japon avait avancé des revendications infondées concernant les Kouriles du Sud, ce qui constituait une transgression à cette dernière.

Il est évident que pour régler le problème du traité de paix un long travail commun laborieux sera nécessaire sur le développement global des relations russo-japonaises dans tous les domaines afin de les élever au niveau supérieur.

Question: A la veille des exercices militaires Defender 2020, le chef d'état-major de l'armée de l'air américaine David Goldfein a déclaré que la défense antiaérienne russe "ressemblait à un fromage suisse - toute trouée". Comme quoi ils connaîtraient ces trous et seraient prêts à y "pénétrer" si besoin.

Réponse: Les souris pensent la même chose en voyant du fromage. Puis elles tombent dans le piège.

Question: Le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré qu'après l'assassinat de Qassem Soleimani, commandant de la force spéciale al-Qods du Corps des gardiens de la révolution islamique de l'Iran, se dévoilait une nouvelle stratégie des États-Unis dirigée contre leurs ennemis. Cette nouvelle stratégie pourrait également être utilisée contre la Chine et la Russie. Si je comprends bien, il menace que de tels assassinats de hauts responsables ou officiers militaires de la Chine ou de la Russie puissent se produire. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Cette déclaration repose sur une logique très étrange - elle se situe en dehors du contexte de tout droit, national ou international. Les États-Unis doivent décider: soit ils agissent en accord avec des normes juridiques, soit à partir de la position "la raison du plus fort", "celui qui a des armes peut dicter ses conditions".

En ce qui concerne l'assassinat de Qassem Soleimani, nous avons donné notre avis. Il est reflété dans les déclarations du Ministère russe des Affaires étrangères de début janvier. Nous avons dit que pour la première fois depuis des décennies le monde était confronté à une situation sans précédent quand un État, agissant en tant qu’État souverain et démocratique membre de l'Onu, ne s'étant pas retiré des documents fondamentaux de l'Onu, notamment de la Charte de l'Onu, commettait le meurtre prémédité d'un responsable officiel d'un autre État également souverain, également démocratique, également attaché aux accords internationaux fondamentaux.

Nous avons dit que cette situation engendrait une nouvelle réalité, que nous interprétons différemment par rapport à Mike Pompeo. Selon nous, cela n'ouvre pas une nouvelle page mais pousse le monde vers une nouvelle instabilité et le risque de tomber dans l'abîme de la confrontation et la perte totale de confiance mutuelle. Ces actes n'ouvrent aucune autre option nouvelle.

D'autres déclarations ont été faites. Ce matin, j'ai vu les déclarations du représentant spécial des États-Unis pour l'Iran Brian Hook selon lesquelles les responsables venus remplacer Qassem Soleimani pourraient connaître le même sort de la part de Washington s'ils continuaient de "tuer des Américains".

Voilà jusqu'où vont les déclarations à présent. Je répète que nous les trouvons inacceptables, elles sont hors du droit et hors la loi. Les représentants des États souverains n'ont simplement pas le droit de le faire car ils représentent une menace directe.

Bien sûr, nous connaissons de nombreux exemples d'actions illégales et illégitimes commises par des États ou leurs représentants sur ordre direct ou indirectement, sans ordre. Malheureusement, cela arrive. Le monde n'est pas parfait. Mais cela nécessite une base de preuves qui doivent mener à des enquêtes dans le cadre du droit. Il peut être question de procédures intérieures ou de groupes d'enquête internationaux. Mais ici, tout a été décidé sans aucune forme de procès, qui plus est sans la moindre preuve. Nous avons entendu de nombreuses déclarations de diplomates américains, de représentants du Département d’État américain et d'autres structures, affirmant que rien de concret ne pointait l'implication directe de Qassem Soleimani dans des plans menaçant les États-Unis. Par conséquent, les mesures sans preuves qui peuvent être qualifiées de menaces directes ou conduisant directement à des actions agressives se trouvent hors du cadre juridique.

Question: La presse turque a publié hier des déclarations d'anciens responsables turcs qui savent, ou supposent, que la Russie s'apprête à reconnaître les "territoires non reconnus" au Nord de Chypre voire d'y demander une base militaire. L'Ambassade de Russie a déjà répondu que ces publications étaient fausses, mais vous voudriez peut-être ajouter quelque chose?

Réponse: Je peux ajouter que j'ai un commentaire s'appuyant sur l'avis de nos experts. Je voudrais dire que nous avions l'intention d'ajouter dans la rubrique des fakes sur notre site un commentaire spécial à ce sujet.

Mais puisque vous avez posé la question, je peux dire que nous avons effectivement étudié cette publication. Seule la presse chypriote l'a publiée, si nous comprenons bien. Il s'agit de "suppositions" d'un ancien fonctionnaire militaire turc selon lesquelles la Russie pourrait passer un accord avec Ankara pour reconnaître la République turque de Chypre du Nord, et qu'il existerait la possibilité de déployer dans le Nord de l'île une base navale, prétendument pour protéger ses propres intérêts économiques. Nous publierons cet article dans la rubrique des publications de désinformation sur notre site.

La Russie a toujours adopté une position intransigeante dans le processus de paix chypriote, a toujours prôné l'élaboration d'une solution s'appuyant sur les résolutions correspondantes du Conseil de sécurité des Nations unies, prévoyant la création d'une fédération bicommunautaire et bizonale. Nous défendons nos approches sur les plateformes internationales, notamment pour le maintien d'un mandat efficace des forces armées de l'Onu à Chypre.

Je peux dire que de notre point de vue il est évident que derrière ces insinuations se trouvent des forces cherchant à tout prix à semer la division dans nos relations avec Chypre. En parallèle sont entreprises des tentatives de torpiller des projets d'affaires russes, d'écarter les partenaires régionaux de la coopération mutuellement avantageuse, d'infliger un préjudice direct aux relations bilatérales.

Nous espérons que les initiateurs et les auteurs de cette histoire scandaleuse s'abstiendront d'inciter à la haine dans l'Est de la Méditerranée et concentreront leurs efforts basés sur le droit international pour assurer dans cette région assez fragile la sécurité et la stabilité, qui sont les conditions indispensables pour une vie normale.

Vous le savez, nous réagissons assez rapidement – nous exprimons notre position officielle qui désavoue de telles désinformations. Je n'ai qu'une seule question: où sont toutes les structures euro-atlantiques qui ont été créées en nombre pour combattre la désinformation? Dans le cadre de l'Otan ont été créés des comités, des commissions, des structures, dans le cadre de l'UE. Elles sont très nombreuses. Pourquoi ne combattent-ils pas cette désinformation? Pourquoi n'y prêtent-ils pas attention? C'est leur secteur. C'est la zone de contrôle des structures compétentes qui possèdent des sièges dans des capitales de l'UE. Nous fournissons toutes les informations. Je suis certaine que, malheureusement, cette fois également tout cela ne sera suivi d'aucune réaction. Il est possible de "profiter" de l'intox à part entière. C'est fantastique. Des millions d'euros sont dépensés et ont déjà été dépensés pour la création de structures visant à combattre notamment la désinformation sur le continent européen. Où est le résultat? Où est le mécanisme de réaction à de telles choses? Quelque chose ne va pas.

Question: Ma question concerne un sujet qui préoccupe les Chypriotes, les Grecs, les Égyptiens et bien d'autres pays. Vous avez probablement entendu parler des actions provocatrices du gouvernement turc qui soit s'ingère dans la zone économique exclusive de Chypre, soit menace de le faire à l'égard de la Grèce. Le gouvernement turc affirme que les îles n'ont ni plateau ni zone économique exclusive. Je voudrais entendre votre commentaire concernant les actions concrètes ou l'application du droit maritime international.

Réponse: Je vais vous fournir ce commentaire avec plaisir. Je trouve que vous avez absolument raison de dire qu'il ne faut pas tant se concentrer sur la théorie, car vous connaissez la théorie sans moi, mais se concentrer sur le concret. Je vais demander des informations à ce sujet pour vous les transmettre. Il y aura une partie théorique et, évidemment, une partie pratique pour répondre à votre question.

Question: Une question concernant la récente décision de la Cour suprême grecque. La Cour a décliné la requête des avocats du Russe Alexandre Vinnik contre son extradition en France et aux États-Unis. Pouvez-vous commenter la situation?

Réponse: Notre Ambassade à Athènes est en contact direct avec Alexandre Vinnik, sa famille et ses avocats, bien sûr. Ainsi qu'avec les autorités grecques compétentes.

Sur le plan juridique, nous espérons que la décision judiciaire tiendra entièrement compte des intérêts légitimes de notre compatriote.

Question: Bonjour, Madame Zakharova. Je voudrais vous poser une question au sujet d'une interprétation assez intéressante de l'histoire par l'Union européenne, certainement avec l'aide des États-Unis. Il est notamment question de l'article odieux du premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, qui compare vos prédécesseurs du ministère soviétique des Affaires étrangères aux criminels de guerre du IIIe Reich - Hitler, Himmler, Goebbels et consorts. C'est très grave. Ce n'est pas une conversation dans un bar à bière à Bruxelles ou à Munich. C'est déclaré par un représentant officiel du pays, le chef du gouvernement d'un État respecté et assez grand de l'UE. Je trouve qu'une nouvelle étape a commencé dans la falsification de l'histoire. Êtes-vous d'accord avec cela? Quelles sont vos mesures pour y faire face?

Réponse: Premièrement, c'est un mensonge. Ce n'est pas une désinformation ou un fake, c'est un mensonge. Ces mensonges sont nombreux dans l'article mentionné. Ce n'est pas la seule thèse mensongère que s'est permis le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. Nous avons assez rapidement réagi à ce texte même si, honnêtement, je n'aurais jamais pensé que nous serions confrontés à un tel niveau de mensonges de la part d'un politique, d'un représentant officiel de l’État, comme vous l'avez dit - d'un premier ministre. Deuxièmement, je peux dire que ce n'est pas un cas isolé, l'approche d'une partie de l'élite politique en Pologne et d'une grande partie du gouvernement de Varsovie, qui ont choisi le thème historique à différentes fins: premièrement, à l'évidence, réécrire l'histoire; deuxièmement, desservir leurs propres intérêts politiques; troisièmement, je pense, desservir également des intérêts étrangers.

Vous avez dit que c'était très grave. Oui, c'est très grave. Parce que tout ce qui est dit dans l'article du premier ministre polonais Mateusz Morawiecki tire un trait sur les décisions du procès de Nuremberg. Admettre en principe ce qui est écrit dans cette publication va complètement à l'encontre des résultats de Nuremberg. C'est une chose qui est hors la loi en principe. On se demande qui, et surtout de quel droit, peut se permettre une telle chose.

Il y a un autre aspect très important. Ce n'est pas seulement le discours du représentant polonais, des actions isolées. Je peux dire que, selon nos informations, récemment (je ne dirai pas le moment exact mais c'est une question des dernières semaines) la Pologne a adopté au niveau approprié la décision de lancer une vaste campagne de désinformation contre notre pays directement sur le thème historique concernant la Seconde Guerre mondiale, et dans notre cas la Grande Guerre patriotique. Elle a élaboré et approuvé plusieurs mesures de désinformation classique. L'une des décisions consistait précisément à publier et à préparer des publications comme celles que nous avons vues dans le média Politico. J'ai autant de questions pour ce média. Soit ses collaborateurs ignorent où se trouve Varsovie, ce qu'est l'Armée rouge, quand a eu lieu la Seconde Guerre mondiale, c'est-à-dire qu'il sont complètement incultes. Soit ils ont publié sur leurs pages un mensonge intentionnel. Dire que l'Armée rouge n'a pas libéré Varsovie (après l'écriture de dizaines de monographies, des recueils de documents, de chroniques historiques), c'est précisément la mise à disposition d'une plateforme et même une participation à la désinformation.

Je répète que nous contrerons toute attaque des représentants polonais ou d'autres. Et surtout nous continuerons, à un nouveau rythme désormais, de défendre notre position avec enthousiasme. Une position très claire: la vérité historique sur la Seconde Guerre mondiale et la Grande Guerre patriotique est immuable. Les bases de cette approche ont été fixées par le procès de Nuremberg et dans les documents signés à son issue.

Question: Le Parquet bulgare a accusé trois Russes de tentative d'empoisonnement de citoyens bulgares en 2015 avec une substance organophosphorée. Ils sont recherchés. C'est une déclaration du Parquet bulgare. Le Ministère russe des Affaires étrangères connaît-il l'identité de ces Russes? Y a-t-il des informations concrètes?

Réponse: L'Ambassade de Russie en Bulgarie suit cette situation. Je demanderai des précisions. Je peux seulement dire que dans de tels cas il faut agir au niveau des forces de l'ordre. Je veux dire que ce n'est pas à vous d'en faire la requête, mais c'est aux pays qui mènent les enquêtes et les affaires d'interagir avec les forces de l'ordre des pays dont les citoyens sont accusés ou soupçonnés d'avoir enfreint la loi.

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