28 novembre 201915:55

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 28 novembre 2019

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Sur l'entretien entre Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, et Nikolaï Mladenov, coordinateur spécial de l'Onu pour le processus de paix au Proche-Orient

 

Vendredi 29 novembre, Nickolay Mladenov, coordinateur spécial de l'Onu pour le processus de paix au Moyen-Orient, se trouvera à Moscou. Il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine.

Lors des contacts à venir, les interlocuteurs échangeront leurs avis sur les perspectives de règlement du conflit israélo-arabe, notamment au vu des récentes décisions des États-Unis visant à briser la base juridique internationale reconnue du processus de paix au Proche-Orient. Parmi elles: la reconnaissance par Washington de Jérusalem en tant que capitale d'Israël, et du Golan syrien occupé en tant que territoire israélien. La dernière démarche américaine allant à l'encontre du droit international a été la déclaration du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo affirmant que les États-Unis ne considéraient plus les colonies israéliennes en Cisjordanie comme illégales.

La rencontre avec Nickolay Mladenov permettra d'évoquer les solutions pour faire sortir cette situation de l'impasse. La Russie continuera de déployer les efforts nécessaires pour parvenir à un règlement juste du problème palestinien impliquant la création d'un État palestinien souverain et indépendant dans les frontières de 1967 avec une capitale à Jérusalem-Est. Comme le stipulent et prescrivent les documents juridiques internationaux.

D'ailleurs, cet entretien aura lieu pendant la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien célébrée chaque année par la communauté internationale, notamment à l'Onu.

 

Sur la visite de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en Azerbaïdjan

 

Comme convenu, les 2 et 3 décembre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite officielle à Bakou. Le programme du séjour du chef de la diplomatie russe prévoit des entretiens avec le Président azerbaïdjanais Ilham Aliev et le Ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères, Elmar Mamediarov.

Les interlocuteurs poursuivront le dialogue sur les questions centrales du développement des relations russo-azerbaïdjanaises dans le domaine politique, économique et socioculturel. Il est prévu de signer le Plan de consultations entre les ministères des Affaires étrangères pour 2020.

Le développement progressif du partenariat russo-azerbaïdjanais est assuré en grande partie par le dialogue politique intensif à haut niveau et au sommet. En 2019, le Président russe Vladimir Poutine  et le Président azerbaïdjanais Ilham Aliev se sont rencontrés deux fois, en marge du forum international "La Ceinture et la Route" (Pékin, 26 avril) et pendant le forum de Valdaï (Sotchi, 3 octobre). Du 20 au 25 novembre, la première vice-Présidente azerbaïdjanaise Mehriban Alieva s'est rendue en visite en Fédération de Russie. Une coopération étroite a été établie au niveau des gouvernements, des parlements et des associations.

Les échanges commerciaux augmentent: en 2018, ils ont enregistré une hausse de presque 14% pour atteindre 2,5 milliards de dollars; de janvier à septembre 2019, ils ont augmenté de 26% pour atteindre 2,2 milliards de dollars. Les "feuilles de route" sur les axes principaux de la coopération bilatérale à l'horizon 2024 sont mises en œuvre avec succès.

Plus de 700 coentreprises travaillent en Azerbaïdjan, dont près de 200 au capital 100% russe.

La Commission intergouvernementale pour la coopération économique travaille efficacement. Sa prochaine réunion est prévue à Bakou le 9 décembre.

La coopération dans le domaine socioculturel et éducatif se déroule traditionnellement à un niveau élevé. En 2019 se sont déroulées avec succès les Journées de la culture russe en Azerbaïdjan. En 2020, il est prévu d'organiser les Journées de la culture azerbaïdjanaise en Russie. Des antennes de grandes universités russes travaillent à Bakou - de l'Université d’État Lomonossov de Moscou et de la Première université d’État de médecine Setchenov de Moscou. En tout, plus de 11.000 Azerbaïdjanais suivent leurs études dans les universités russes, dont plus de 1.000 grâce à une bourse du budget.

Lors de leur entretien, les chefs de diplomatie évoqueront un large éventail de questions relatives à la coopération dans le cadre de la CEI, de l'Onu, de l'OSCE, du Mouvement des non-alignés, du Conseil de l'Europe, de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire et d'autres plateformes internationales. Les interlocuteurs se focaliseront également sur la sécurité régionale, notamment les perspectives du processus de paix dans le Haut-Karabakh.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la réunion du Conseil des ministres de l'OSCE

 

Les 5 et 6 décembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov compte participer à la 26e réunion du CMAE de l'OSCE à Bratislava.

La Russie est disposée à un échange intéressé et constructif d'avis sur l'état du système de la sécurité européenne, les défis communs et les possibilités de coopération entre les Etats membres de l'OSCE. On s'attend à ce que cette discussion contribue au rétablissement de la confiance et à la désescalade militaro-politique, à la hausse du profil de l'Organisation dans la lutte contre les menaces transnationales, apporte une impulsion aux efforts visant à régler les conflits dans sa zone de responsabilité, ainsi que permette d'élaborer des approches consensuelles sur les questions d'actualité relatives à la coopération dans la dimension économique, environnementale et sociale de l'activité de l'OSCE.

Pendant la réunion de Bratislava la délégation russe mettra l'accent sur le problème de fragmentation de la sécurité dans la région euro-atlantique et de hausse de la tension à cause de la ligne conflictuelle de l'Otan visant à "contenir" la Russie et à renforcer l'infrastructure militaire à proximité de nos frontières. Il est prévu que la délégation russe prône la réaffirmation du principe d'indivisibilité de la sécurité et le rôle de l'OSCE en tant que plateforme de dialogue et de coopération équitable entre les Etats membres et leurs associations. Elle exprimera également son soutien aux efforts de l'OSCE pour contribuer au règlement des conflits, notamment dans l'Est de l'Ukraine, en Transnistrie et dans le Haut-Karabagh, à sa coprésidence dans les Discussions de Genève sur la stabilité en Transcaucasie et au travail dans les Balkans. Sachant qu'il est prévu de noter et de s'arrêter sur le problème de la violation des droits des minorités nationales, des tentatives de ségrégation et de discrimination des médias, de la montée en puissance du nationalisme agressif observées en Ukraine et dans le pays de l'UE, notamment baltes.

Pour le CMAE de Bratislava la Russie a préparé un grand nombre de projets de décisions sur les thèmes importants pour tous les Etats membres: pour le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale (conjointement avec les alliés de l'OTSC); pour le 20e anniversaire de la Charte de la sécurité européenne et de la Plateforme de sécurité basée sur la coopération; sur un comportement responsable des médias au profit d'une société exempte de terrorisme et d'extrémisme; le renforcement du rôle de l'OSCE pour prévenir et lutter contre le terrorisme; le renforcement du rôle de l'OSCE dans le règlement du problème mondiale des stupéfiants; le libre accès du public à l'information; la liberté de réunion pacifique; le renforcement des efforts pour protéger les droits linguistiques et éducatifs des minorités nationales. Nous comptons sur leur approbation. Au total, plus de 20 projets de documents sont sur la table des négociations.

En marge de la réunion du Conseil des ministres sont prévues des réunions bilatérales de Sergueï Lavrov avec plusieurs ministres des Etats membres, la direction de l'OSCE et d'autres organisations internationales. Nous vous informerons ultérieurement du calendrier de tels entretiens.

 

Sur la visite de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en Italie pour participer à la 5e Conférence internationale "Méditerranée, dialogue de Rome"

 

Les 6 et 7 décembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en Italie en visite de travail. Le Ministre tiendra un discours à la conférence "Méditerranée, dialogue de Rome", participera à plusieurs rencontres bilatérales en marge de cet événement.

Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le nouveau Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l'Italie Luigi Di Maio. Il s'agit de la première rencontre personnelle avec le chef de la diplomatie italienne après la constitution du nouveau gouvernement italien en septembre dernier.

Les interlocuteurs échangeront en profondeur leurs avis sur un large éventail de questions de l'agenda bilatéral, notamment dans le contexte de la mise en œuvre des résultats de la visite officielle du Président russe Vladimir Poutine à Rome les 4 et 5 juillet 2019.

Une attention particulière sera accordée au dossier international, notamment au règlement des crises régionales en Syrie, en Libye, en Ukraine et des situations en Amérique latine.

Le calendrier des entretiens bilatéraux sera également présenté ultérieurement.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Une situation difficile demeure en Syrie sur les territoires qui ne sont pas contrôlés par Damas.

A Idleb, les combattants de l'alliance terroriste Hayat Tahrir al-Cham continuent d'effectuer chaque jour plus de 20 bombardements des positions des forces gouvernementales syriennes et des communes voisines, tentent de capturer de nouveaux territoires. Dans la zone de désescalade les habitants locaux manifestent de plus en plus souvent contre l'arbitraire terroriste, cependant les combattants dispersent violemment tout rassemblement. Il est évident que le problème d'Idleb ne sera pas réglé tant que des groupes terroristes reconnus comme tels par le Conseil de sécurité des Nations unies y sévissent.

Le travail se poursuit au Nord-Est pour stabiliser la situation conformément au Mémorandum russo-turc du 22 octobre 2019. Les patrouilles russo-turques le long de la frontière turco-syrienne se déroulent régulièrement. De plus, des efforts sont entrepris pour réduire la tension le long du périmètre de la zone de l'opération turque Source de paix.

Cependant, la situation de l'autre côté de l'Euphrate s'est considérablement compliquée suite à l'activation des cellules dormantes de Daech et à l'augmentation du nombre d'attaques terroristes contre des unités kurdes. Les actions des Etats-Unis qui ont décidé de rester dans la zone des champs pétroliers ne contribuent pas non plus au rétablissement de la stabilité et de la sécurité durables au Nord-Est de la Syrie. Cette fois, pour piller les richesses nationales de la Syrie. Nous commentons régulièrement cette anarchie juridique internationale commise par le groupe militaro-politique soutenu notamment par les forces armées des Etats-Unis. De tels actes sont illogiques étant donné que, d'une part, Washington parle constamment et remet en question la légitimé des actions de Damas, tout en menant ses activités sans aucun attachement au droit international.

Nous prônons fermement le rétablissement de l'unité et de l'intégrité territoriale de la Syrie en s'appuyant sur l'établissement du dialogue entre Damas et les Kurdes, ainsi que d'autres représentants de l'autre côté de l'Euphrate (tribus arabes, Assyriens, Arméniens et d'autres). La tâche consiste à surmonter les contradictions intérieures et à assurer une consolidation fiable de la société syrienne. Nous partons de la nécessité d'une garantie et d'une protection juste des intérêts de tous les groupes ethno-confessionnels de la société syrienne, sans aucune discrimination ni violation de droits.

De plus, nous notons la poursuite du travail du Comité constitutionnel syrien. Le 25 novembre, à Genève a commencé la deuxième session de la commission rédactionnelle du Comité avec 45 représentants du gouvernement, de l'opposition et de la société civile.

Nous estimons nécessaire de soutenir l'avancement du processus de paix syrien grâce à l'intensification des efforts internationaux pour apporter une contribution humanitaire globale sans politisation ni discrimination. Cela contribuera notamment au retour volontaire et libre des réfugiés et des déplacés internes dans leur foyer. Depuis juillet 2018, quand a été lancée l'initiative russe en la matière, plus de 476.000 réfugiés et 1,3 million de déplacés internes sont revenus chez eux.

Les 10 et 11 décembre, à Nousoultan il est prévu d'organiser la 14e réunion internationale sur la Syrie au format d'Astana. Avec la participation des représentants des pays garants (Russie, Iran, Turquie), d'une délégation des parties syriennes (gouvernement syrien et opposition armée), des observateurs (Onu, Jordanie, Irak, Liban), ainsi que des experts du HCR et du CICR. L'agenda de l'événement couvre traditionnellement un large éventail de thèmes, notamment la discussion sur la situation sur le terrain, le redressement de la situation humanitaire et l'aide au retour des Syriens, les démarches visant à faire avancer le processus de paix et les mesures de confiance, notamment la libération des personnes retenues de force.

En vue d'un règlement durable de la crise syrienne nous accordons une grande importance à la normalisation de la situation autour de la Syrie et à la sortie du pays d'un isolement international artificiel. A cet égard nous notons les visites régulières de différentes délégations à Damas. La semaine dernière, la capitale syrienne a été visitée par une délégation parlementaire allemande, dont le chef Frank Pasemann a prôné le règlement du conflit syrien sans ingérence extérieure, ainsi que la reprise de la coopération entre Berlin et Damas. En outre, le Club diplomatique de Damas, pour la première fois depuis 2011, a organisé une foire caritative avec la participation des représentations de 12 pays, dont la Russie, l'Argentine, la Bulgarie, le Brésil, le Pakistan, le Soudan et d'autres.

Dans le cadre de la visite du directeur général de l'Ermitage Piotrovski à Damas le 25 novembre a eu lieu la signature d'accords de coopération entre l'Ermitage et le Directorat général des antiquités et des musées de la Syrie. Ce document prévoit la restauration des monuments culturels de ce pays.

Le jour même, le 25 novembre, le musée national de Damas a ouvert une exposition photo "Deux Palmyres" avec des images de monuments architecturaux de Saint-Pétersbourg et de Palmyre. Vous le savez, la Russie fournit des efforts énergiques pour contribuer au rétablissement du patrimoine culturel et historique à Palmyre. Le monde entier a été horrifié par le préjudice colossal infligé par les terroristes à ce site historique – monument de notre civilisation. Nous comptons sur le soutien des efforts russes, notamment par l'Unesco.

 

Sur les crimes commis par des militaires étrangers en Afghanistan

 

Notre attention a été attirée par la publication dans les médias de matériaux (il est question d'investigations journalistiques) contenant des preuves de crimes de guerre commis à différentes périodes par des militaires britanniques en Irak et en Afghanistan, ainsi que de la complaisance dont ont fait preuve les responsables politiques et des militaires du Royaume-Uni envers les militaires britanniques.

Plus concrètement, je peux citer les informations relayées par ces médias et leurs publications. Il s'agit de 52 meurtres d'habitants locaux par des militaires britanniques en Afghanistan jusqu'en 2017, dont les enquêtes ont été closes sans inculpation. Dans ces dossiers figure notamment la fusillade de quatre enfants afghans par un soldat britannique. Ces enfants n'effectuaient aucune activité terroriste ou dangereuse, n'étaient impliqués dans aucune action extrémiste. Ils mangeaient simplement à la maison. Le porte-parole du Ministère britannique de la Défense a réagi à ces publications, les qualifiant d'"inventions sans preuves".

Plus tôt, dans le cadre d'une vaste enquête de la police britannique baptisée "Opération Northmoor", il avait été établi que les forces spéciales britanniques falsifiaient les documents pour rejeter la faute du meurtre de personnes désarmées sur l'armée afghane. Les enquêteurs ont mis la main sur des enregistrements qui montrent comment des militaires britanniques, et non leurs collègues afghans, tiraient sur des civils. Selon les médias (nous avons des articles et des liens, comme vous je pense - ces informations ont été publiées en 2017), le Ministère britannique de la Défense comptait cacher ces crimes de guerre à la presse parce qu'il estimait que "la publication des détails de l'enquête pourrait porter atteinte à la sécurité nationale, à la confiance sociale et au travail avec les alliés". Cette seule phrase suffit pour comprendre l'ampleur et l'approche des autorités britanniques de la dissimulation des informations et des faits concernant les plus graves questions et problèmes internationaux, ainsi que, dans l'ensemble, la désinformation probablement intentionnelle, la manipulation préméditée des faits et des différentes circonstances en menant des activités provocatrices. Nous avons été plusieurs fois témoins de telles provocations préparées par Londres. Sachant que les preuves recueillies pendant l'investigation ont été qualifiées par Londres de "véridiques et très sérieuses", ainsi que "risquant une catastrophe pour le gouvernement".

Dans les investigations mentionnées il est seulement question des militaires britanniques, mais en regardant la situation sous un angle plus large de tels crimes ont également été commis en Afghanistan par des représentants d'autres États. En particulier, on a rapporté 14 victimes afghanes, notamment la mort en 2014 de sept enfants (ces informations restent à vérifier) suite à une négligence de militaires néo-zélandais. En particulier, ils n'avaient pas dûment déminé les polygones à l'issue de leur utilisation.

Cela donne l'impression que l'attitude négligente envers la population locale a servi de terrain fertile pour de tels crimes. Comme s'il ne s'agissait pas des gens pour lesquels les forces internationales ont justement été déployées pour rétablir la stabilité, la sécurité, lutter contre le terrorisme, mais de sous-hommes dont la vie pourrait être sacrifiée à des fins politiques ou d'autres intérêts. Les tentatives flagrantes de dissimuler de tels faits engendrent un sentiment de permissivité et d'impunité.

Nous condamnons fermement les crimes contre les civils en Afghanistan, nous appelons les autorités britanniques et néo-zélandaises à mener l'enquête jusqu'au bout et à traduire en justice les responsables, à cesser de dissimuler ces informations. Nous exigeons également que le commandement des contingents militaires étrangers déployés en Afghanistan prenne des mesures exhaustives pour prévenir les crimes contre les civils à terme. Nous sommes certains qu'il sera difficile de compter sur une victoire dans la lutte contre le terrorisme international sans rétablir la justice. 

 

Sur la situation concernant l'application du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien

 

Le 6 décembre se tiendra la réunion de la Commission conjointe du Plan d'action au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères.

De telles réunions se déroulent régulièrement tous les trimestres. Les tâches principales demeurent les mêmes: créer les conditions pour la réalisation progressive du Plan d'action compte tenu des engagements pris par les pays signataires et assurer une protection fiable des projets convenus contre les attaques extérieures, notamment des Etats-Unis. Nous comptons sur une discussion approfondie et productive sur tous les aspects de la mise en œuvre des accords globaux qui ont besoin du plus large soutien international et des efforts supplémentaires de la part de tous les pays membres du Plan d'action visant à soutenir sa viabilité et stabilité.

Le 12 décembre, à New York il est également prévu d'examiner le nouveau rapport du Secrétaire général de l'Onu consacré à la mise en œuvre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Rappelons que c'est cette résolution qui a approuvé le Plan d'action. Comme toujours, nous espérons que l'avis de la direction de l'Onu sera pesé, objectif et contribuera à la stabilisation de la situation autour du Plan d'action.

Depuis l'annonce par les Etats-Unis en mai 2018 de leur retrait de l'accord nucléaire, il n'y a pas eu de périodes faciles dans la mise en œuvre du Plan d'action. L'inaccomplissement démonstratif de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies par Washington est un sérieux défi pour tout le système des relations internationales basé sur le rôle central de l'Onu et de son Conseil de sécurité. C'est cela couplé à l'indisposition des pays européens à créer les conditions permettant à l'Iran d'obtenir des avantages commerciaux et économiques de la participation à l'accord commercial qui est la cause des défis auxquels est confronté le Plan d'action.

Pas étonnant que plusieurs collègues des pays occidentaux ne le disent pas à voix haute ou préfèrent le mentionner en coulisse, à demi-mot, tentent de détourner l'attention de la communauté internationale sur le fait que l'Iran suspend ses engagements dans le cadre du Plan d'action. Sachant que personne ne rappelle que le Plan d'action repose sur un équilibre minutieux des intérêts et sur le principe de réciprocité, qui ont été sapés par les actions illégales des Etats-Unis, notamment la sortie de l'accord hors du cadre des accords prescrits par le Plan d'action et réglementant la possibilité d'un Etat de se retirer de cet accord. Il convient de souligner les affirmations de l'Iran concernant sa disposition à revenir immédiatement au respect des termes du Plan d'action dès que ses intérêts légitimes dans le cadre de l'accord nucléaire seraient respectés.

Ceux qui critiquent constamment l'Iran (nous voyons ces publications et déclarations officielles de différents pays) pour son activité nucléaire refusent obstinément de mentionner les nuances importantes comme le fait que Téhéran remplit entièrement ses engagements vis-à-vis de l'AIEA. La suspension porte uniquement sur les éléments de l'accord nucléaire qui se trouvent hors du cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et des Accords de garanties. Le fait que l'Iran demeure l'Etat le plus inspecté par l'AIEA est également une vérité désagréable, et toute son activité nucléaire se trouve sous un contrôle permanent. La mise en œuvre du Protocole additionnel aux Accords de garanties y joue un rôle important.

Nous sommes convaincus qu'il est temps pour nos collègues de cesser de voir l'Iran comme un objet de leurs propres efforts permanents n'ayant aucune base juridique internationale, qu'ils peuvent traiter à leur guise. L'Iran est un partenaire à part entière pour la coopération dans le cadre du Plan d'action.

Nous partons du principe que tous les acteurs du Plan d'action doivent être intéressés à titre égal par le maintien de l'accord et la réalisation vraiment globale (comme l'indique le nom du document) en conformité avec les paramètres, les conditions et les délais convenus en 2015. L'attachement de toutes les parties impliquées à la cause générale était reflété dans la déclaration conjointe à l'issue de la réunion ministérielle à New York le 25 septembre. C'est précisément le point de départ pour toutes les discussions à venir dans le cadre de la Commission conjointe du Plan d'action, ainsi qu'à l'Onu. Nous trouvons contreproductif la clarification permanente de savoir qui tient davantage au Plan d'action. Son maintien est une tâche commune pour tous les acteurs des accords globaux de 2015. De plus, le temps et les tendances mondiales montrent qu'il n'existe aucune alternative digne à ce document.

 

Sur la publication sur le site de WikiLeaks d'une lettre d'un expert de l'OIAC sur la manipulation d'informations de l'enquête sur l'incident dans la ville syrienne de Douma

 

Nous avons remarqué la publication sur le site de WikiLeaks qui a été largement relayée par les médias. Il s'agit notamment d'une lettre d'un expert de l'OIAC sur la manipulation par la Mission d'établissement des faits (MEF) de l'OIAC en Syrie d'informations de l'enquête dans la ville syrienne de Douma le 7 avril 20018 et les analyses apparues concernant cette publication.

Cette lettre mentionne de nombreuses questions soulevées depuis longtemps par des spécialistes russes et internationaux. La Russie et bien d'autres pays ont remis plusieurs fois en question le bienfondé des conclusions de la MEF à l'issue de cette enquête. Nous avons dit à de nombreuses reprises que l'analyse chimique et toxicologique effectuée par la Mission, les publications balistiques et l'interrogatoire des témoins étaient peu convaincants en termes d'approche professionnelle et, en même temps, présentaient tous les signes de prédestination politique. La publication de WikiLeaks est une nouvelle preuve de plus du parti pris du rapport de la MEF.

La situation concernant ce rapport a déjà été largement médiatisée. Nous espérons que la direction du Secrétariat technique de l'OIAC accordera tout de même aux experts de la MEF impliqués dans cette enquête la possibilité de répondre aux questions des pays membres de l'Organisation. Je voudrais rappeler que jusqu'à présent toutes les requêtes insistantes d'accorder un accès direct pour que les experts puissent poser des questions aux représentants de cette mission ont été rejetées.

 

Sur la situation actuelle au Venezuela

 

On constate au Venezuela un progrès évident dans l'activité de la "table ronde de dialogue national", soutenue, selon les sondages, par la majorité de la population du pays. Ce format apporte des résultats tangibles. Ses participants ont lancé le processus de renouvellement du Conseil électoral national, dont le rôle est crucial du point de vue des préparatifs des élections démocratiques au parlement national et du retour de la lutte politique dans le champ constitutionnel.

Dans ce contexte, les tentatives avortées de l'opposition radicale de provoquer de nouvelles manifestations paraissent absolument ridicules. Elles s'expliquent par la déception de la couche antigouvernementale de la population vis-à-vis de la politique de confrontation de Juan Guaido, qui n'a obtenu aucun résultat depuis un an de pseudo-présidence. En même temps, beaucoup d'anti-chavistes considèrent le dialogue lancé en septembre dernier entre le gouvernement bolivarien et l'opposition modérée comme une alternative réelle sur la voie des changements politiques, sociaux et économiques.

Nous constatons en même temps une promotion active, par les radicaux, de la thèse du renforcement de la pression extérieure sur le gouvernement vénézuélien, ainsi que sur les structures gouvernementales, les organes et les pouvoirs légitimes d'autres pays de la région. Cette volonté de Washington de poursuivre sa politique de pression de sanctions sur Caracas est très éloquente et est confirmée par de nouveaux propos des responsables de Washington. Cela concerne notamment une déclaration d'Elliott Abrams, représentant spécial du Département d'État américain pour le Venezuela. On a l'impression que le Département d'État américain, censé en théorie rechercher des solutions diplomatiques aux problèmes internationaux, se renferme de plus en plus dans un style "antidiplomatique". En tout cas en ce qui concerne le Venezuela.

Le fait que ces campagnes régulières sont à tel point imaginées a été confirmé par une récente publication, dans les médias américains, d'une conversation téléphonique entre l'ambassadeur colombien aux États-Unis et le nouveau ministre des Affaires étrangères de son pays. Vous pouvez prendre connaissance de cette publication: tout est accessible en ligne. Une seule chose constitue la base de la politique antivénézuélienne des adversaires de Nicolas Maduro: les fake news. La politique, l'idée et l'idéologie de renversement du "régime", de changement de pouvoir et de politique, tous cela se fonde sur la manipulation, les fake news, la désinformation, etc.

Nous voudrions appeler nos collègues de l'administration américaine à faire preuve de réalisme dans leurs estimations. Une partie considérable de Vénézuéliens a fait conjointement les premiers pas dans l'intérêt de la résolution des divergences sur une base inclusive et de confiance. Il faut contribuer à élargir la "table ronde de dialogue national" pour renforcer ainsi le processus naissant de règlement politique intérieur pacifique par les Vénézuéliens-mêmes. Naturellement, si nous y aspirons tous. La Russie y aspire certainement et absolument. La balle est dans le camp des États-Unis.

 

Sur la situation actuelle en Bolivie

 

Nous constatons ces derniers jours une stabilisation relative de la situation en Bolivie, atteinte avec la médiation de l'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu. Le prétendu gouvernement bolivien provisoire (les personnes qui assurent actuellement la direction du pays), les leaders du parti "Mouvement vers le socialisme" et d'autres forces politiques ont concerté les algorithmes d'organisation des élections présidentielles et parlementaires anticipées, ainsi que le projet de loi "Sur la réconciliation et le respect des droits des citoyens", selon lequel le pouvoir actuel s'engage à renoncer à poursuivre les partisans de l'ancien chef d'État Evo Morales pour des raisons politiques. 

Dans ce contexte, les opposants à sa destitution ont suspendu les contestations sur une partie du territoire du pays, ce qui a permis de rétablir le transport et l'approvisionnement alimentaire de grandes villes.

Le pays a une opportunité réelle d'obtenir une accalmie et le retour à une stabilité relative après les événements troublants du dernier mois. La mise en œuvre de cette opportunité dépend avant tout de la capacité des autorités provisoires et des politiciens (notamment de ceux qui ont déjà annoncé leur volonté de prétendre à la présidence) de renoncer à une rhétorique agressive par rapport aux adversaires, aux représentants des peuples indigènes et aux citoyens démunis.

Il est nécessaire de promouvoir de manière cohérente un agenda unificateur sur la base d'un dialogue inclusif de toutes les principales forces politiques. C'est le seul moyen réaliste de surmonter la crise intérieure dans ce pays.

 

Sur un accident de la route impliquant des touristes russes en République dominicaine

 

Comme on le sait, un autobus transportant 39 touristes russes a été impliqué le 26 novembre dans un accident très sérieux sur la route menant à l'aéroport de La Romana. 

Selon les informations d'hier soir - compte tenu du décalage horaire - 6 personnes ont été grièvement blessées, et 23 autres passagers ont subi des blessures modérées. Il y a des mineurs parmi les victimes. Les autres ont été légèrement blessés et ont reçu les soins nécessaires sur les lieux. Une partie des touristes est déjà repartie en Russie, alors que les autres ont été hébergés dans des hôtels.

Il existe à Punta Cana une filiale de l'Ambassade russe au Venezuela qui surveille la situation. Elle maintien des contacts avec les sociétés d'assurances, ainsi qu'avec les citoyens russes blessés et leurs familles en Russie. Nous avons reçu un grand nombre d'appels et de propositions d'aide de la part de la société civile russe. Nous avons déjà exprimé notre reconnaissance aux personnes généreuses qui avaient offert leur aide aux citoyens russes sur le terrain. Il faut honorer l'initiative des personnalités publiques - notamment du docteur Léonid Rochal - qui ont souligné leur volonté d'aider les victimes. Nous maintenons un contact permanent avec les blessés, notamment via les assureurs, avec leurs familles, l'opérateur touristique Aneks Tour et les autorités locales. Nous surveillons attentivement la situation.  

 

Sur l'enquête concernant l'ingérence des services spéciaux russes dans les affaires intérieures de l'Espagne

 

Nous constatons de nouveau un intérêt malsain de certains médias et blogueurs espagnols pour le thème "oublié" de l'ingérence de la Russie dans les affaires intérieures de l'Espagne suite aux événements en Catalogne. Hormis l'intox concernant une prétendue implication des services de renseignement russes dans le "processus de souverainisation" de la Catalogne, on réitère les insinuations concernant les tentatives de notre pays d'affaiblir l'UE, notamment par la désinformation et les fakes. Il est également mentionné que l'Espagne aurait refusé de coopérer avec la Russie dans le domaine de la cybersécurité. D'innombrables publications insensées, qui prétendent être des analyses.

Je voudrais noter que le 21 novembre, lors d'une conférence de presse à Madrid, ces passages ont été réfutés par le Ministre espagnol des Affaires étrangères par intérim Josep Borrell, qui a qualifié ces allégations de "pure diffamation" et de "fruit d'une imagination délirante". Nous partageons entièrement ce point de vue.

Et nous ne sommes pas les seuls. La semaine dernière, le Premier ministre britannique Boris Johnson, connu pour son amour envers la Russie mais qui se distingue par son rejet du point de vue officiel russe, s'est également exprimé dans ce sens. Il n'a pas seulement parlé de l'absence de preuves d'une ingérence de la Russie dans les affaires intérieures du Royaume-Uni pendant le référendum sur le Brexit (alors que les publications des médias étaient très similaires à ce que nous avons vu concernant la Catalogne) et, dans une manière qui lui est propre, a comparé ces affirmations au mythe sur l'existence du triangle des Bermudes. Pourquoi au triangle des Bermudes? Il serait plus logique de mentionner le mythe du monstre du Loch Ness. Sachant que récemment il affirmait le contraire. Il parlait de prétendues tentatives ratées de la Russie de s'ingérer dans les résultats du référendum, mais aujourd'hui nous voyons le bilan réel. Il n'y a aucune preuve. Rien à fournir hormis les déclarations des représentants officiels relayées par les médias.

Nous avons dit à plusieurs reprises que cette campagne antirusse hystérique et ondulatoire dans les médias étrangers accusant Moscou d'ingérence se retournera contre ses auteurs. Et c'est le cas. Il y a encore 12-18 mois il était difficile d'imaginer que ceux qui étaient à l'origine de telles campagnes les désavoueraient. A présent, nous voyons que les principaux acteurs qui ont initié ou soutenu les histoires antirusses seront contraints de manœuvrer en comprenant qu'il n'existe aucune preuve, or sans elles toutes ces affirmations sont insensées.

 

Commentaire concernant l'inaccomplissement de la résolution 73/295 de l'Assemblée générale des Nations unies par le Royaume-Uni

 

Conformément au paragraphe 3 de la résolution 73/295 du 22 mai 2019 soutenue par la Russie et intitulée "Avis consultatif de la Cour internationale de justice sur les effets juridiques de la séparation de l'archipel des Chagos de Maurice en 1965" compte tenu de la décision de la Cour émise en février 2019, le Royaume-Uni devait retirer l'administration coloniale de l'archipel dans les six mois suivant l'adoption de la résolution. Nous avons remarqué le communiqué de l'Union africaine du 22 novembre constatant avec inquiétude que le Royaume-Uni n'avait pas respecté la prescription de l'Assemblée générale dans les délais impartis. On voudrait ajouter: et n'avait pas l'intention de le faire.

Quelques mots sur l'archipel et le droit international. Il inclut l'île Diego Garcia, sur laquelle se trouve, depuis 1973, qui selon vous? Non, pas le monstre du Loch Ness, mais une base militaire américaine, ce qui est pire, je trouve. L'histoire compliquée autour de tout cet archipel est précisément liée à cette circonstance. Jusqu'en 1965, il se trouvait sous le contrôle du Royaume-Uni au sein de la colonie de Maurice. Après l'indépendance de Maurice, Chagos s'est retrouvé sous le contrôle britannique, sachant que les habitants de l'archipel en ont été expulsés. Puis a été révélée la correspondance ou l'analyse des acteurs occidentaux concernés, dont la lecture dissipait toutes les questions concernant la tolérance et le respect envers les individus qui ne représentaient pas le pays en question. Les résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies adoptées en 1965 et 1966 affirmaient qu'une telle pratique était incompatible avec la Charte de l'Onu et la Déclaration de l'Onu sur l'indépendance des pays et peuples coloniaux de 1960.

Bien que l'Assemblée générale des Nations unies ne possède pas de mandat concernant le statut des territoires, et que la juridiction consultative de la Cour internationale de justice ne s'applique pas aux litiges bilatéraux, la résolution porte précisément sur la décolonisation, et en la matière l'Assemblée générale n'a pas seulement des pouvoirs: elle a une responsabilité particulière. Notre pays est attaché aux principes universels du droit international, notamment au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et a apporté une grande contribution au processus de décolonisation en soutenant les pays d'Afrique et d'Asie dans leur lutte pour l'indépendance. Nous percevons la résolution 73/295 de l'Assemblée générale dans ce contexte précis et espérons qu'elle sera remplie par le Royaume-Uni, et que le processus de décolonisation de Maurice sera mené à son terme.

 

Sur la critique publique formulée par Maja Kocijancic, porte-parole de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la sécurité, concernant l'adoption en Russie d'amendements au statut d'agent étranger pour les médias

 

Notre attention a été attirée par les propos critiques de Maja Kocijancic, porte-parole en charge des Affaires étrangères et de la sécurité au sein de l'Union européenne, en raison de l'adoption en Russie d'amendements concernant le statut d'agent étranger des médias.

Cette diplomate européenne a présenté les amendements comme une "initiative troublante contre la presse libre et indépendante, ainsi que contre l'accès aux informations". Elle a également exprimé son inquiétude pour les "voix libres" en Russie. Selon elle, l'"espace des médias libres était déjà limité" en Russie, et les nouvelles modifications apportées à la législation "contredisent les engagements de la Russie en matière de droits de l'homme".

Chère Maja Kocijancic, nous vous enverrons bientôt nos évaluations détaillées d'experts concernant la situation de l'UE dans ce domaine compliqué. Car vous n'êtes visiblement pas au courant des répressions, des ségrégations et des discriminations des médias dans les pays de l'UE. Cela concerne non seulement les médias russes, mais aussi d'autres pays. L'absence d'information de qualité, de données fiables et vérifiées, a visiblement donné à cette représentante européenne de la politique étrangère assez de temps pour analyser la situation en Russie. Car si elle avait disposé de ces données, elle n'aurait pas pu consacrer une seconde à l'examen de la situation en Russie: elle se serait plongée dans l'attitude et les actions absolument révoltantes des États européens dans le contexte de l'activité des médias sur leur territoire. Je peux les énumérer brièvement pour vous. Des journalistes couvrant les contestations à Paris ont été non seulement interpellés, mais aussi tabassés. Les faits de tabassage ont été fixés et transmis aux autorités locales par des canaux diplomatiques ou à l'OSCE, au représentant de l'Organisation dont l'objectif est de protéger les journalistes. Mme Maja Kocijancic est donc une autre partenaire de dialogue à ce sujet. Si elle exprime un tel intérêt pour ce thème, nous lui enverrons désormais des copies de nos matériaux.

Je voudrais poser une question. Malheureusement, je suis obligée de le faire publiquement. Si l'on constate des propos de ce genre dans le domaine public, la réponse doit être symétrique. Je ne sais pas s'il faut considérer cette déclaration comme une démarche politisée de l'UE ou si elle s'explique par la méconnaissance de l'état des choses réel dans le monde, en UE et en Russie. Il reste encore à éclaircir la situation - ce que nous ferons certainement. Dans tous les cas, nous voudrions rappeler que la Russie respecte absolument tous ses engagements internationaux dans le domaine de la liberté d'expression, des médias et de l'accès libre aux informations.   

Nous avons parfois l'impression que nos partenaires de l'UE ont été définitivement écrasés par la politique des doubles standards (qu'ils ont doublée eux-mêmes, sans aucune aide extérieure) et ont perdu toute capacité d'analyse critique de la réalité. Ils ignorent la réalité des situations et des faits. Nous parlons actuellement de l'UE, mais nous comprenons parfaitement que Bruxelles, qui exprimait par le passé l'opinion de l'Union européenne, ne mène plus aucune politique autonome. Ainsi, nous disons "UE", mais voulons dire "Otan". Ils se laissent guider uniquement par ce principe: "L'Otan représente la liberté et la démocratie, alors que le reste du monde n'est qu'autoritarisme et violations des droits de l'homme". C'est injuste. Nous travaillerons sur cette situation, tenterons de la corriger.

En ce qui concerne les amendements mentionnés, comme nous l'avons déjà souligné à plusieurs reprises - je doute fort que Maja Kocijancic ne soit pas au courant - il s'agit d'une mesure de riposte aux actions de Washington vis-à-vis des médias russes. Tant que tout le monde se laissait guider par les règles communes, proposées, élaborées et confirmées par l'OSCE, par le principe de coopération avec les médias, de respect de leurs libertés et droits, il n'y avait pas les amendements, paquets de mesures, de lois et de recommandations qu'on élabore actuellement. Tout cela a constitué une réponse aux actions des États-Unis et d'autres pays membres de l'Otan et de l'UE. Nous l'évoquons chaque fois.

Tant que Londres n'a pas encore quitté l'UE, Maja Kocijancic a encore l'opportunité de corriger quelque chose. De porter son attention sur le refus de cet État d'octroyer un visa à deux journalistes russes qui exercent honnêtement leur devoir professionnel. De porter son attention sur les membres de l'UE, qui font partie du même ensemble. Améliorez d'abord la situation chez vous, pour que vous soyez irréprochables. Nous suivrons certainement votre exemple, comblerons nos propres lacunes en conformité avec les meilleurs exemples de l'UE. Mais si vous avez toujours beaucoup de choses à faire chez vous, pourquoi tentez-vous tous le temps de présenter la situation russe dans ce domaine de manière si étrange? Elle n'est visiblement pas au courant que Moscou a accueilli une Conférence de l'OSCE sur la liberté des médias. Cet événement a présenté des points de vue différents, a permis à des personnes ayant des idées politiques et des mentalités divergentes de dialoguer. Il y avait des représentants de différentes générations, communautés professionnelles, branches du pouvoir, etc. Nous avons débattu de ces problèmes pendant toute une journée. Je ne peux pas croire que Maja Kocijancic ne soit pas au courant de ces événements. Mais si l'Union européenne préfère oublier, en présence de nouveaux acteurs, que tout cela n'est qu'une mesure de riposte, nous le rappellerons.

Qui plus est, nous voudrions attirer l'attention de Maja Kocijancic sur la situation catastrophique des médias en Ukraine, qui aspire à rejoindre l'UE. Pour l'instant, l'Union européenne soutient l'Ukraine. Pourrait-elle y corriger quelque chose? Dans le contexte du départ du Royaume-Uni et de l'entrée éventuelle de l'Ukraine, il est probablement possible d'améliorer la situation. Je voudrais rappeler le problème colossal de la discrimination des médias russophones dans les pays baltes: le blocage des chaînes russes, les persécutions de journalistes russes, les manipulations incessantes avec la délivrance ou la non-délivrance des visas.

Nous appelons nos partenaires européens à cesser d'aggraver cette politique de doubles standards. Il ne faut pas spéculer sur la protection des droits de l'homme, si vous ne savez pas ce qui se passe en réalité chez vous. Mettez-y de l'ordre, rendez la situation exemplaire. Qui plus est, nous espérons qu'avant de tenir des propos de ce genre sur la Russie, les représentants de l'UE étudieront plus rigoureusement les faits et les détails relatifs au problème. Nous les aiderons à le faire. 

 

Sur l'initiative tchèque d'installer un monument en hommage aux adeptes d'Andreï Vlassov à Prague

 

Encore une nouvelle effrayante en provenance de Prague. Nous ne nous y attendions pas. Il est question d'une nouvelle initiative effrayante (en général nous disons "révoltante", "inadmissible") ne visant pas seulement à falsifier l'histoire, mais à réincarner réellement, à faire sortir de sa tombe historique le néonazisme, le fascisme et tout le reste. Un autre délégué d'un quartier de Prague a décidé de faire outrage à la mémoire des guerriers-libérateurs soviétiques et a fait part de son intention d'ériger un monument au criminel de guerre Andreï Vlassov, qui commandait ladite "Armée de libération russe". Maintenant, on est prêt à l'honorer en tant que héros de Prague. A retirer la statue d'Ivan Konev pour installer celle d'Andreï Vlassov. Vous avez probablement vu la réaction de notre Ambassade dans ce pays. C'est d'autant plus barbare de le voir en prévision du 75e anniversaire de la Victoire sur le fascisme.

Nous voudrions rappeler aux initiateurs de cette terrible histoire que cette Armée de libération russe était une unité collaborationniste créée par le gouvernement nazi du IIIe Reich. Conformément à la Charte du Tribunal international de Nuremberg, les crimes d'Andreï Vlassov et de ceux qui faisaient partie de son unité sont qualifiés de participation aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité commis par les nazis sans prescription, ainsi que de complicité.

Les réclamations de différents représentants municipaux concernant l'application dans leurs quartiers d'une politique extraterritoriale ne reçoivent pas la réaction adéquate du Ministère des Affaires étrangères tchèque et d'autres institutions appelées à garantir l'accomplissement par l’État des documents internationaux signés en leur nom. Ce n'est pas une question philosophique, théorique, d'opinion publique, de préférence historique, c'est une question relevant du droit international et touchant au respect des engagements de l’État. Nous le considérons comme une nouvelle complaisance flagrante à la réécriture criminelle de l'histoire.

 

Sur les voyages réciproques de journalistes azerbaïdjanais et arméniens dans le cadre du processus de paix du Haut-Karabakh

 

Nous avons reçu une question concernant le fait que récemment avait eu lieu un échange de voyages de journalistes entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie à titre de mesure humanitaire pour préparer les habitants à la paix dans le cadre du processus de paix du Haut-Karabakh. Notre avis a été demandé sur ces démarches, sur leur signification, ainsi que pour savoir si la Russie soutenait le progrès vers la réalisation de ces mesures humanitaires et d'autres, comment elle voyait les perspectives dans ce sens.

Pendant la réunion sur le processus de paix du Haut-Karabakh organisée à l'initiative de Sergueï Lavrov à Moscou en avril 2019, les ministres des Affaires étrangères de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan sont convenus d'entamer le travail pratique sur plusieurs questions humanitaires. Notamment les voyages réciproques des journalistes, comme cela a été convenu au dernier sommet sur le processus de paix du Haut-Karabakh à Vienne en mars. De telles visites ont eu lieu entre les 17 et 21 novembre avec un rôle de coordination du Représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE. Avec la participation des journalistes de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie et du Haut-Karabakh.

Nous considérons cette activité conjointe comme un indicateur de l'intention des parties de contribuer à l'établissement des contacts entre les Arméniens et les Azerbaïdjanais. Nous pensons que de telles actions humanitaires visant à préparer la population à la paix doivent se poursuivre. Parmi les axes possibles: la facilitation du sort des individus en détention sur les territoires des parties, comme cela a été indiqué par la déclaration moscovite des ministres et des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE.

De notre côté, nous continuerons d'apporter aux parties la contribution en matière de médiation, qui est nécessaire.

 

Réponses aux questions:

Question: Les 5 et 6 décembre, le CMAE de l'OSCE se réunira à Bratislava. Prévoit-on un entretien à part entre les ministres des Affaires étrangères des pays-coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE pour le Haut-Karabakh? Des rencontres à part du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sont-elles prévues à ce sujet?

Réponse: Le thème du processus de paix du Haut-Karabakh est régulièrement soulevé ces dernières années à l'OSCE. En marge du CMAE de l'OSCE de Bratislava sont prévues des consultations entre les trois coprésidents - au niveau des ambassadeurs itinérants. Si des décisions supplémentaires étaient prises sur le déroulement d'autres formats ou d'un autre niveau, nous le commenterions également. Vous savez que nous soutenons traditionnellement ce thème.

A l'heure actuelle, je n'ai pas d'informations concernant les rencontres ministérielles. Nous commenterons ultérieurement les entretiens au format bilatéral et multilatéral en marge du CMAE de l'OSCE de Bratislava quand le planning sera prêt.

Question: Après que l'Agence mondiale antidopage (AMA) a recommandé d'écarter la Russie des compétitions internationales, les pronostics concernant la décision qui sera prise à Paris ce 9 décembre sont très négatifs. La Russie compte-t-elle prendre des mesures pour influence cette décision à deux semaines de son adoption?

Réponse: Nous l'avons déjà commenté à tous les niveaux, à commencer par celui du Ministère des Sports de la Fédération de Russie. L'Administration du Président de la Fédération de Russie a partagé son avis. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est également exprimé à ce sujet. Je pense qu'il n'est pas utile que je commente quoi que ce soit.

A l'heure actuelle, je ne peux que répéter ce que nous avons dit. Nous partons du principe qu'il est inadmissible de politiser ce thème. Nous le constatons depuis des années. Nous voyons clairement une "commissure", hélas, un lobby qui utilise n'importe quel prétexte, pas seulement des faits, mais également des anti-faits pour évincer la Russie du sport mondial. Nous voyons une "commissure" entre eux et l'espace médiatique international. C'est flagrant. Il est impossible de ne pas remarquer que le problème du dopage, qui existe dans tous les pays (sinon ce thème ne serait pas soulevé à l'Onu, des conférences ne seraient pas organisées à ce sujet), que tous les pays tentent de combattre, se focalise seulement et uniquement sur la Russie. Sachant que les problèmes d'autres pays ne sont pas abordés en principe. Même si les faits témoignant de la présence de ces problèmes, de la réticence ou de l'incapacité de voiler ces problèmes sont nombreux.

Pourquoi la Russie? Pourquoi toute l'attention est-elle uniquement focalisée sur la Russie? Nous devrions répondre à ces questions depuis tant d'années. Ce thème est politisé pour évincer la Russie. Il existe le terme de concurrence déloyale. Honnêtement se déroule déjà un combat sans règles, voire une guerre. La politisation de ce thème, l'utilisation de méthodes politiques (or ce ne sont plus seulement des méthodes politiques, mais tout un éventail d'instruments) - tout cela est inadmissible. Toutes les mesures qui doivent être entreprises au niveau des États sont entreprises. Les institutions compétentes vous en informent régulièrement. Le Ministère russe des Affaires étrangères est une institution de politique étrangère, c'est pourquoi nous parlons de l'avis politique sur cette situation.

Même ces dernières années, quand ce thème a acquis un dramatisme particulier, il y avait des dizaines et des centaines de faits (en tout cas, d'après ce que j'ai vu) qui témoignaient du non-règlement et de la réticence à régler les questions liées au dopage dans plusieurs pays. Personne n'a prêté attention à ces faits du point de vue de l'adoption de mesures plus ou moins sévères à l'égard des États. Des regrets ont été exprimés, ainsi que des commentaires à ce sujet, des recommandations ont été données. Mais nous n'avons vu aucune mesure qui représenterait ne serait-ce qu'un dixième de ce qui est fait à l'égard de la Russie, alors que les faits étaient flagrants. Il s'agissait de l'usage par des sportifs de plusieurs pays de substances interdites, d'étranges manipulations avec des échantillons et des analyses, de l'étrange tolérance envers l'usage de drogues. Tout cela restait entre parenthèses. Alors qu'il ne s'agissait pas de cas particuliers, pas d'une position de sportifs ou d'associations sportives, mais précisément d'une implication d’États.

Question: Il y a quelques heures, le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a écrit sur Twitter: "Les États-Unis soutiennent l'Ukraine et ses efforts pour rétablir la paix dans l'Est de l'Ukraine. Notre soutien à sa souveraineté reste inchangé. Nous sommes résolus à travailler avec nos alliés et partenaires pour faire pression sur la Russie afin qu'elle tienne ses engagements." Que pense la Russie de telles déclarations à l'approche du sommet au "format Normandie" le 9 décembre en France?

Réponse: Je voudrais rappeler que le "format Normandie" réunit plusieurs pays, au nombre desquels les États-Unis ne comptent pas. Nous avons toujours salué le rôle constructif des États-Unis là où ils sont parvenus à le jouer. Mais cette réunion prévue, annoncée et confirmée, dont la préparation est assez active, n'implique pas la participation de représentants américains.

Ils voudraient probablement ressentir qu'ils sont impliqués dans ce processus. Ils feraient mieux d'envoyer une aide humanitaire dans l'Est de l'Ukraine. Nous voyons tous que chaque livraison d'aide humanitaire par la Russie dans le Donbass s'accompagne d'une inquiétude grandissante et de durs commentaires de Kiev. Qui s'oppose à ce que les États-Unis envoient de la nourriture, des médicaments, des vêtements et des composantes nécessaires pour l'infrastructure civile? Qui est contre? C'est un excellent prétexte, une excellente direction, pour apporter une contribution, une aide, montrer sa préoccupation par la population. Les États-Unis sont un pays aisé qui peut se permettre une telle aide. Je pense que Kiev ne sera pas irrité. Bien sûr, c'est plus facile d'écrire un tweet que d'envoyer une aide humanitaire. Mais nous voudrions le recommander. J'ignore si ce sera entendu - cette question ne relève pas de nous - mais c'est une direction intéressante pour manifester sa réelle préoccupation pour la population.

Question: A quelles conditions ce sommet sera-t-il réussi pour la Russie? Quelles sont les attentes?

Réponse: Vous formulez la question comme si la Russie avait initié cette réunion. Je pense qu'il faudrait poser la question à ceux qui l'ont fait. On a demandé à la Russie ce qu'elle pensait d'une telle réunion. Nous avons dit qu'une réunion juste pour se réunir n'avait aucun sens. Des démarches concrètes sur le terrain étaient nécessaires pour que cette réunion ait un sens - à savoir la séparation des forces et du matériel, et la détermination concernant la "formule Steinmeier". La réunion a été confirmée quand nous avons vu des démarches en ce sens. Mais la question concernant le succès doit s'adresser à ceux qui sont à l'origine de cette idée.

Il s'avère qu'à travers votre question vous essayez de formuler l'avis selon lequel Moscou avait le plus besoin de cette réunion ou que l'initiative de son organisation venait de Moscou. La position de Moscou est qu'il existe des Accords de Minsk et que seule la volonté politique de Kiev pour leur implémentation à part entière et leur mise en œuvre sur le terrain est nécessaire. Aucune réunion supplémentaire ne peut constituer une baguette magique pour que les Accords de Minsk se réalisent d'eux-mêmes. Il faut les mettre en œuvre, et c'est à Kiev de le faire. Malgré cette position claire, nous avons entendu la volonté de Kiev, de Berlin et de Paris d'organiser une telle réunion. Nous l'avons accepté après la préparation de cette réunion compte tenu des démarches que je viens d'évoquer. Je pense que bien d'autres répondront encore à cette question, notamment des politologues.

Je trouve important de souligner que Moscou voit le succès non pas dans les réunions, mais dans la réalisation au plus vite des Accords de Minsk. Probablement dans ce sens votre question est géniale parce que le terme "succès", la catégorie du succès, ne doit pas s'appliquer dans le contexte des réunions mais pour évaluer la mise en œuvre des Accords de Minsk et la situation concrète sur le terrain conformément aux objectifs fixés par les Accords de Minsk. Il faut le souligner et cela doit être notre but.

Question: Un témoin secret de la Cour internationale de justice à La Haye, sous le nom de code KN568,  a parlé de la CNN et concrètement de Christiane Amanpour, qui ont d'abord publié des fake news qui ont servi à justifier l'adoption de sanctions contre la Yougoslavie, puis se rejetaient mutuellement la responsabilité pour les actions qui ont conduit à la mort des gens. A présent, cela se produit en Syrie. Pour l'instant en Syrie ils n'ont que de fake victimes. Après tout, le monde entier a conscience que les Casques blancs produisent uniquement des fake news?

Réponse: Non, le monde entier n'en a pas conscience. Si c'était le cas, nous aurions évité de nombreux problèmes. C'est précisément le problème: avec tout l'argent qui est alloué aux Casques blancs, avec une telle ressource administrative qui les soutient par le biais de bourses et de diverses récompenses, le citoyen ordinaire ne peut pratiquement pas comprendre cela. Malheureusement, le monde entier n'en est pas conscient. Malheureusement, cette information commence seulement à parvenir au public via des investigations indépendantes et des faits, mais il lui est très difficile de percer.

Question: Ils peuvent passer au fait suivant - jusqu'à présent ils avaient de fausses victimes, et à présent des réelles victimes pourraient apparaître, comme ce fut le cas en Yougoslavie. Il y avait d'abord eu de fausses victimes, puis des centaines et de milliers de Serbes musulmans tués.

Réponse: Vous demandez comment l'éviter? C'est très simple. Nous l'avons dit plusieurs fois. Quand nous avons obtenu ces informations, nous avons préalablement annoncé (si l'on peut le dire ainsi) des provocations potentielles prévues par les Casques blancs avec leur participation ou celle des organisations terroristes sous leur couverture. Nous avons dit à différentes occasions pendant les conférences de presse que cela pourrait se produire, nous attirions l'attention de la communauté internationale, sur les plateformes de l'Onu et d'autres formats de négociations sur de telles provocations planifiées. Voici l'un des mécanismes efficaces qui peut être utilisé. Le deuxième moyen (quand c'est impossible à empêcher) consiste à médiatiser très largement le rôle indécent, si c'est confirmé, la participation des Casques blancs dans les mises en scène. Troisième moyen: il est temps depuis longtemps de soulever une question globale concernant cette organisation auprès des ONG qui interagissent avec les Casques blancs, ainsi que des organisations interétatiques.

Question: Une question sur nos collègues hispanophones de la chaîne RT Espagne en Bolivie. A compter du 2 décembre 2019 ils seront retirés du "paquet" de l'un des leaders du marché de la télévision payante dans le pays, qui représente une part de 30%. L'opérateur bolivien Cotas n'a pas donné de réponse à notre requête d'expliquer cette décision, se référant à une décision du conseil d'administration. Selon vous, quels sont les motifs de cette décision? De quoi témoigne-t-elle? Faut-il s'attendre à une réaction du Ministère des Affaires étrangères?

Réponse: En effet, nous sommes préoccupés par la détérioration de la situation des médias russes en Amérique latine. En particulier, il a été annoncé aujourd'hui que l'opérateur bolivien avait décidé de suspendre la diffusion de la chaîne RT en Bolivie. Cela soulève des questions car cela s'est produit après la suspension, le 15 novembre 2019, de la diffusion de RT en Équateur. Il serait insensé de dire que c'est une coïncidence. Il ne serait pas sérieux de dire que cela a simplement coïncidé avec les changements qui s'opèrent dans le pays. Ce n'est pas un hasard, évidemment. Il ne fait aucun doute que cela résulte de la ligne politique annoncée notamment en Bolivie. On nous parle souvent de coïncidence, mais il s'avère ensuite que c'est un système. Parmi les facteurs et les preuves en faveur de cette version: le fait que dans les deux cas les suspensions de diffusion ont eu lieu sans en expliquer la raison. Il n'y en a pas. On renvoie à des décisions prises, puis c'est le silence. Aucun fait réel n'est avancé hormis les décisions de suspension de la diffusion. La suspension sans notification pointe en direction de la version que j'ai indiquée. En règle générale, s'il existe des facteurs économiques dans la politique de la chaîne associés au financement ou au changement de la grille de diffusion, ils sont planifiés ou discutés soit avec le conseil d'administration, soit avec les organisations et les organes de surveillance qui contrôlent ou assurent une attitude impartiale de la chaîne ou des structures concernées envers la chaîne. Il n'y a pas eu de délai accordé pour appliquer la décision de suspension. Personne n'en a parlé. Tout s'est produit en un instant. Je répète que, premièrement, les raisons n'ont pas été expliquées, et deuxièmement qu'il n'y a pas eu de notification préalable ou de délai pour appliquer une telle décision. Nous espérons vraiment que ce n'est pas une tentative de faire taire globalement les sources d'information alternatives en discriminant l'une d'elles. Sinon, nous devrons considérer de telles actions comme un geste de la Bolivie et de l’Équateur à l'encontre du respect des engagements internationaux pour garantir un accès libre à l'information et la liberté d'expression. Il est inadmissible que les médias deviennent des otages de la conjoncture politique changeante. Les droits des journalistes et des médias à la sécurité, à la libre diffusion de l'information, doivent être garantis indépendamment de la manière dont ils couvrent les événements.

Bien évidemment, il existe le problème de respect de la législation et de la violation de la loi. Mais dans ces cas-là des reproches sont formulées et les médias bénéficient d'un certain délai pour apporter des preuves tangibles ou non pour se défendre, permettant de changer la situation, d'empêcher le débranchement et les mesures punitives. Soit ces preuves ne tiennent pas debout et une décision est prise contre la chaîne. Mais dans tous les cas il existe des mécanismes juridiques appropriés. Quand cela se passe comme en Bolivie, et avant cela en Équateur, de nombreuses questions se posent.

Nous appelons les organisations internationales compétentes et les ONG des droits de l'homme à réagir.

Question: Qui est derrière le pillage illégal du pétrole syrien dans l'Est de la Syrie, où se trouvent des forces américaines? Des sociétés de sécurité privées?

Réponse: Il peut y avoir les deux. Mais dans tous les cas la décision d'y rester a été prise par les autorités américaines. C'est pourquoi la forme de la participation, que ce soit les forces armées ou les sociétés de sécurité, est moins importante. Elle est importante, mais en l'occurrence le plus important est que la décision de "pomper" le pétrole (sous le terme "protéger" le pétrole tout le monde comprend qu'il sera saisi et exporté du territoire syrien) a été prise par les autorités américaines. Quels individus ou structures, dans le cadre de contrats ou d'accords, ou des forces militaires régulières - c'est une autre question. Le plus important est que cette décision a été prise par les autorités américaines officielles. Elle n'a pas été simplement annoncée publiquement, mais également adoptée avec une diffusion en direct via les réseaux sociaux.

Question: Vous avez mentionné l'Ambassadeur de Colombie aux États-Unis. Pourriez-vous donner plus de détails?

Réponse: Une information a été rapportée, se référant à une agence. Je l'ai vérifiée, personne ne l'a démentie. L'Ambassadeur de Colombie aux États-Unis a critiqué l'activité du Département d’État américain, en déclarant qu'il était détruit. Il l'a déclaré lors d'un entretien avec le nouveau chef de la diplomatie colombienne, publié dans le journal Publimetro. Il a même comparé le Département d’État américain à une ONG. Il y a de nombreux détails. Des détails peu agréables font surface après ce qui se produit à l'initiative des États-Unis dans la région et comment tout cela fonctionne. De telles publications dévoilent le fond de la situation.

Question: Le 26 septembre, le Conseil de la sécurité nationale de la Turquie a appelé Moscou à tenir ses engagements dans le cadre du mémorandum de Sotchi du 22 septembre, en faisant allusion au retrait des unités kurdes des zones frontalières. Nous savons que le 1er novembre 2019 le Ministère russe de la Défense a rapporté un retrait anticipé des unités kurdes. Deuxième point: les militaires turcs et l'opposition armée qu'ils soutiennent mènent une opération pour prendre la ville d'Aïn Issa, qui sort du cadre de la zone de sécurité délimitée par le mémorandum de Sotchi et située à 40-45 km de la frontière. Que penser d'une telle approche des autorités turques? Qui ne respecte pas les accords de Sotchi: la Turquie, la Russie ou les unités kurdes?

Réponse: Premièrement, la situation y change pratiquement toutes les heures. Ce qui pouvait susciter des questions en Russie concernant la réalisation des accords signés par la Turquie ou ce qui pouvait susciter des questions en Turquie concernant la Russie peut changer en l'espace de quelques heures. C'est pourquoi nous sommes en contact au niveau de nos militaires et diplomates 24h/24 et nous réglons ces questions lors de ces contacts. S'il y a des questions qui ne sont pas réglées, nous partageons notre avis critique, nous nous les exprimons, nous les soulevons au niveau de la direction, parfois à un large débat. Nous travaillons très étroitement avec nos collègues turcs à ce sujet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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