29 novembre 201118:11

Intervention et réponses aux questions des médias de S.V.Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Russie, à la conférence de presse conjointe à l'issue de ses pourparlers avec O. Skarphedinsson, Ministre des affaires étrangères de l'Islande, Moscou, le 29 novembre 2011

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Mesdames, Messieurs !

Au cours des pourparlers avec mon homologue islandais nous avons constaté l'avancement et le développement efficace des relations bilatérales. Notre dialogue politique s'intensifie à tous les niveaux, les bases de droit de la coopération se consolident, les liaisons interparlementaires et interrégionales s'élargissent.

En septembre 2010 a eu lieu la visite à Moscou d'O.Grimsson, Président de l'Islande, en septembre dernier il a aussi participé au forum international «Arctique – territoire du dialogue» à Arkhangelsk. Là, il a également rencontré V.V.Poutine, Président de la Fédération de Russie.

Nous notons la dynamique positive des échanges commerciaux entre nos pays. Dans la première moitié de l'année en cours, les échanges commerciaux ont augmenté de plus de 80%. Cependant en chiffres absolus, le volume du commerce ne correspond encore pas aux intérêts des deux pays - d'après les résultats de 2010 il a fait un peu plus de 130 millions de dollars USA. A ce propos, nous nous sommes entendus d'intensifier d'efforts bilatéraux pour augmenter la coopération dans ce domaine, y compris par le mécanisme des consultations régulières, l'accent mis sur la composante des innovations, à quoi va contribuer la Déclaration «Partenariat pour la modernisation» que nous venons de signer. En conformité avec ce document, nous nous sommes entendus de tenir la rencontre des experts avec la participation des représentants des communautés d'affaires des deux pays pour élaborer le programme concret de la mise en pratique des projets dans différents domaines.

Nous sommes surtout intéressés par le secteur de l'énergie. La Russie est intéressée aux élaborations islandaises dans l'énergie géothermale. Cela permettra d'abaisser le coût énergétique du PIB, ce qui correspond entièrement aux tâches russes. Nous sommes satisfaits qu'en octobre dernier soit entré en vigueur l'Accord bilatéral de coopération dans ce domaine.

En plus du secteur de l'énergie, nous sommes intéressés à l'avancement des projets sur les pistes comme les technologies de pointe dans l'énergie hydrogène, l'industrie pharmaceutique, les technologies informationnelles et de télécommunications, les logiciels. Aujourd'hui Monsieur le Ministre rencontre A.A.Avdéyev, Ministre de la culture de la Fédération de Russie, pour signer l'Accord de coopération dans ce domaine. Nous attachons une grande importance à la dimension humanitaire de nos relations. Ici existent de bonnes traditions. Nous nous sommes entendus de dûment célébrer en 2013 par les manifestations intéressantes le 70e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre nos pays.

La Russie a soutenu l'initiative de l'Islande d'élaborer un accord de coopération sur le problème de l'adoption des enfants. Sous peu nous serons prêts à entamer le travail pratique.

Nous avons beaucoup de projets et idées intéressants dans le domaine du transport et des télécommunications, concernant l'utilisation du Passage du Nord-Est et les initiatives de la partie islandaise de poser un câble en fibre optique entre la côte Nord-Est de l'Islande et la région Nord-Ouest de la Russie. Nous avons un grand potentiel dans les secteurs du tourisme et de la pèche, dans la coopération interrégionale. Il suffit de dire qu'en 2011 sont déjà venues en Islande les délégations de Saint-Pétersbourg, de la République des Komis, des régions de Kaliningrad et de Volgograd.

L'arctique est la sphère naturelle de la coopération russo-islandaise. Nous sommes intéressés à l'intensification du travail du Conseil de l'Arctique. Au cours de l'entretien, nous avons échangé de vues à propos des perspectives de la mise en pratique des projets concrets dans le cadre du Conseil de l'Arctique, du Conseil de la région euro-arctique de la mer de Barents. Cette piste est confirmée dans la Déclaration de la coopération arctique, signée aujourd'hui.

Dans l'ordre du jour de nos consultations, une grande place revient à la discussion des problèmes européens et internationaux – cela concerné les relations avec l'Union Européenne, l'activité du Conseil Russie-OTAN, l'ordre du jour de l'OSCE, les problèmes, qui relèvent de la compétence de l'ONU.

Aujourd'hui nous avons confirmé la ligne sur l'intensification ultérieure de la coopération entre nos pays.

Question: L'Europe est en train de discuter activement le sujet de la lutte pour les ressources en Arctique, ce qui cause la croissance de la tension et les conflits. Serguéi Vladimirovitch, comment commenteriez-vous cela ?

S.V.Lavrov: Je ne dirais pas que ce sujet soit activement discuté en Europe. Dans certains pays européens il y a des gens qui l'abordent. D'habitude, ce sont les états, qui prétendent aux ressources et cherchent à s'emparer de ce qui ne leur appartient pas.

Les décisions de mener les affaires en Arctique sont prises par les pays «arctiques», c'est-à-dire par ceux qui entrent au Conseil de l'Arctique, dont la Russie et l'Islande. En mai dernier à Nuuk (Groenland) a eu lieu la session au niveau des ministres des affaires étrangères des pays membres du Conseil de l'Arctique, où ont été prises les décisions, quel pays extrarégional et à quelles conditions peut participer aux travaux du Conseil de l'Arctique en tant qu'observateur. Leurs droits et obligations sont énoncés dans les documents appropriés et supposent le besoin de se guider sur les décisions prises par les membres permanents du Conseil de l'Arctique. En conformité avec le consensus obtenu par les huit états membres de cette Organisation, tous les problèmes doivent se régler sur la base de la Convention de l'ONU sur le droit de la mer. Il n'existe pas de raison pour impliquer l'OTAN dans les affaires arctiques.

Question: Serguéi Viktorovitch, comment qualifieriez-vous la déclaration de l'ONU sur la reconnaissance des actions des autorités syriennes d'«inhumaines» et l'appel d'interdire la vente des armes à la Syrie ? Les représentants des USA à l'ONU entendent déployer les actions résolues contre la Syrie. Washington déclare qu'il est prêt à envoyer sa flottille dans ce pays. Croyez-vous que demain peuvent y commencer les hostilités ?

S.V.Lavrov: Je réponds dans l'ordre. Je n'ai pas entendu d'évaluation officielle de l'ONU de ce problème. Il existe les déclarations des représentants du Secrétariat de l'Organisation, qu'ils ne sont pas habilités à faire. La position de l'ONU est exprimée par ses organes principaux – Conseil de Sécurité et Assemblée Générale, et ils n'ont pas tiré ces conclusions.

Sûrement, nous sommes préoccupés par les événements en Syrie. Les gens armés traitent les civils assez durement. Ces derniers temps, cela ne concerne pas tant les autorités que les groupes armés, qui sèment le trouble. Hier j'ai regardé à la chaîne «Russia 24» le reportage de Homs, où l'on a parlé en détail des événements de là-bas et de leurs raisons. La ville est contrôlée par les bandes armées, qui terrorisent la population locale. Il serait naïf d'attendre des autorités qu'elles ferment l'œil sur cela et obéissent aux ultimatums au lieu d'y mettre de l'ordre.

Nous insistons que les membres de la communauté internationale, qui ont de l'influence sur les groupes à l'intérieur de la Syrie, exercent cette influence, exigeant de juguler la violence. Cela concerne les autorités et les groupes armés, qui agissent dans le pays et sont en contact avec les états occidentaux et arabes. Ces groupes se forment des citoyens des autres états et sont pourvus en armes. C'est pourquoi les propositions d'interdire les livraisons de toutes les armes en Syrie sont malhonnêtes.

Nous savons comment était appliqué l'embargo sur les armes en Libye. On ne l'utilisait qu'à l'égard de l'armée libyenne, dans le même temps, l'opposition recevait des armes. La France et le Qatar ont publiquement annoncé ces livraisons. On a ouvertement parlé du travail des commandos de plusieurs états européens. Après avoir adopté la résolution du CS de l'ONU qui interdisait la livraison des armes, certains états l'ont en fait défiée en la violant. Nous allons considérer les appels d'instaurer l'embargo des livraisons des armes en Syrie compte tenu de l'expérience libyenne et du comportement de certains de nos partenaires. L'essentiel maintenant est d'arrêter les ultimatums et d'obtenir le passage de la situation dans le lit politique.

Tous les états, y compris ceux qui exigent d'ouvrir les hostilités contre la Syrie, ont utilisé une tout autre approche à l'égard du Yémen. Les pourparlers de concertation du plan de paix, proposé par le Conseil de coopération des états arabes du Golfe, ont duré plusieurs mois. Finalement, faisant preuve de patience, de persévérance, d'influence égale sur tous les acteurs du processus, la communauté internationale a obtenu la signature du plan et l'apparition des réelles chances de stabiliser la situation au Yémen. Le problème syrien exige la même approche.

On ne résoudra par le problème par les ultimatums dont usent certains états, y compris les pays de la Ligue des états arabes. Nous espérons que nos partenaires de la LEA, avec lesquels nous développons le partenariat stratégique, feront preuve du maximum de responsabilité pour les événements dans leur région. Nous espérons qu'ils se guideront sur les intérêts de la stabilité, de la sécurité et de la coopération, suivront les règles élaborées par cette organisation pour prendre les décisions nécessaires.

Le 29 novembre 2011

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