19 juillet 201213:37

Les réponses de S.V.Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Russie aux questions du média sur les bilans de la rencontre entre V.V.Poutine, Président de la Fédération de Russie et K.Annan, l’emissaire spécial de l'ONU/Ligue arabe concernant la Syrie, Fait à Moscou, le 18 juillet 2012

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Question: Quel est le bilan de la rencontre de K.Annan avec le Président de la Russie V.V.Poutine ?

S.V.Lavrov: Le président a confirmé la position de la Russe, et vous la connaissez bien, d'ailleurs, qu'il faut influencer sur toutes les parties du conflit.

K.Annan soutient cette position. Je ne peux pas vous dire, de quelle façon le Conseil de Sécurité de l'ONU traite cette question, car certains de nos partenaires trouvent qu'il faut introduire des sanctions unilatérales contre le régime syrien. Nous leur demandons : «qu'est-ce que cela va donner et comment vous envisager le faire ? Par exemple, l'embargo sur les armes a était déjà introduit contre la Libye, néanmoins l'opposition continuait à recevoir des armes, en violant grossièrement la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. Qu'est-ce qu'on doit faire pour que l'opposition ne reçoive plus d'armes ?». Il n'y a pas de réponse à cette question.

Au lieu de calmer l'opposition, certains nos partenaires l'incitent à continuer la guerre. L'adoption de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, qui interdirait au gouvernement de faire quelque chose dans l'ordre unilatéral grâce aux opérations annoncées par l'opposition «Volcan de Damas» «Bataille pour la capitale», «Combat décisif», c'est le soutien direct du mouvement révolutionnaire. S'il est question d'une révolution, l'ONU n'a aucun rapport avec cela. On verra, pour l'instant les conversations se poursuivent. Mais nous ne pouvons pas accepter les actes et les sanctions conformément au Chapitre VII de la Charte de l'O.N.U.

Question: Comment K.Annan a-t-il réagi sur la possibilité de l'adaptation de la nouvelle résolution du Conseil de Sécurité selon le Chapitre VII ?

S.V.Lavrov: K.Annan ne participe pas dans le processus de l'élaboration de la résolution. Il a contribué énormément en ce qui concerne la préparation des conditions pour que le Conseil de sécurité de l'ONU puisse prendre une juste résolution, en convoquant grâce au soutien de la Russie une rencontre à Genève, où a été coordonné un document sur la nécessité de l'influence sur toutes les parties du conflit. Les mesures de cette influence étaient prescrites assez bien en détail. Nos collègues occidentaux essayaient d'insérer dans ce document l'engagement d'adopter la résolution concernant les sanctions selon le Chapitre VII, mais dans le texte final rien de pareil n'est pas apparu, car la Russie et la Chine soutenaient que c'était inacceptable. Ce n'est pas à cause de ce que nous défendons le régime de B.Assad, mais parce que cela ne donnera rien. Mettre de la pression sur une partie cela signifie être impliqué dans une guerre civile et se mêler des affaires intérieures de l'État. Le document de Genève c'est la base de la résolution que nous avons préparé, et qui reflète honnêtement les bilans de la rencontre à Genève. Cependant, le projet occidental a la tendance de recopier nettement ces bilans d'une façon unilatérale.

Question: Sergueï Viktorovitch, considérez-vous qu'actuellement la Série est en guerre civile ?

S.V.Lavrov: Bien sûr, si là-bas on lutte l'un contre l'autre, des gens sont tués de plus en plus à cause des confessions: les alaouites tuent les sunnites et au contraire, les chrétiens en souffrent aussi. J'ai déjà cité les dispositions des conventions de Genève, conformément auxquelles CICR qualifie désormais les combats en Série de conflit arme intérieur. Dans le droit international on ne trouve pas le terme « guerre civile» on trouve une notion «conflit armé intérieur». Cela signifie que les citoyens d'un État bien armés de deux côtés luttent entre eux-mêmes.

Question: Les pays occidentaux ont-ils la tendance de se réunir encore une fois pour une rencontre du «groupe de contact» ?

S.V.Lavrov: Je ne sais pas encore. Nous avons proposé à K.Annan de convoquer encore une fois «Groupe des actions» au niveau des experts et des directeurs politiques pour voir l'exécution des accords atteints. Nous n'avons aucune idée, jusqu'à quel point les collègues occidentaux sont prêts à cela, puisque pour l'instant ils font tout pour que l'accord ne soit pas approuvé par le Conseil de sécurité de l'ONU. Au contraire, ils essaient d'imposer au Conseil de sécurité les choses, dont on n'a jamais discuté ensemble. Il serait utile, bien sûr, d'en parler.

Question: Le projet russe de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU a-t-il une perspective ?

S.V.Lavrov: Notre projet reflète nettement les bilans de la rencontre de Genève il contient tout ce qui a été inscrit dans le communiqué final. Notre projet ne contient pas de choses qui n'ont pas été fixées dans le document final de Genève.

Question: Selon vous, comment se déroulera la situation en Syrie ?

S.V.Lavrov: La politique qui se construit grâce au soutien de l'opposition, c'est une politique d'impasse, parce que B.Assad ne partira pas tout seul.

Les adjurations qu'il doit quitter le poste, sont causées par la désolation.

À mon avis, nos partenaires occidentaux ne savent pas quoi faire. Voilà pourquoi il y a une rhétorique émotionnelle : «Si seulement la Russie aurait décidé de refuser le soutien à B.Assad, tout serait remis sur sa place à la fois». La Russie leur demande: «Comment vous l'envisager ? La Russie a déjà dit que nous ne soutenons pas le régime, mais il faut arrêter de verser le sang». En écho à notre réponse nous entendons: «Non, dites-lui qu'il doit partir».

À Genève a été prise la décision de rassembler le gouvernement et l'opposition, pour qu'ils se mettent d'accord, concernant la période de transition en terme du temps et du contenu. Malgré cela, certains insistent sur cette réunion, mais avant cela ils considèrent que B.Assad doit partir. Nous avons déjà dit maintes fois que nous ne soutenons pas le régime. Qu'est-ce que se passe par la suite ?

Les alaouites, les chrétiens et autres minorités cherchent l'abri derrière B.Assad, parce qu'ils craignent pour leur destin si les détachements armés actuels de l'«armée libre syrienne» (il y a là-bas encore «al-Qaïda» et autres groupements terroristes) prendront le dessus. Les minorités craignent tout simplement pour leur survie et leur destin.

Je pense que ces minorités auront beaucoup du mal, c'est pourquoi ils misent sur B.Assad comme sur une personne, qui résiste à la tendance d'attiser les conflits interconfessionnels. Il n'y a pas d'autre recette, excepté la mise en route du pouvoir de tous ceux qui influencent plus au moins sur les parties syriennes pour les obliger à cesser de tirer et se réunir autour de la table des négociations.

L'ouest insiste que B.Assad effectue d'abord le retrait des forces armées des villes. Il l'avait déjà fait en automne 2011, quand a été adaptée l'initiative de la Ligue des États arabes, dont nous avons également soutenu. Les troupes gouvernementales sortaient des localités, et l'opposition y entrait. Nous proposons que ce processus de retrait soit simultané. Les observateurs de l'ONU doivent dire «allons commencer par la ville X». Cela peut être Hamah, Homs, Idlib. Tout d'abord il faut que tout le monde cesse de tirer, est ensuite quitte les quartiers municipaux d'une manière synchronisée.

On nous demande que faire par la suite: l'armée peut partir aux casernes, dans ce cas comment faire avec les boévikis, qui luttent contre l'armée ? L'ONU a de divers schémas et une expérience assez riche concernant la démobilisation et la réintégration des combattants. Parallèlement au processus politique il faut élaborer des schémas de la collecte d'arme. Ensuite ces armes peuvent être réintégrées dans les forces régulières de la police. Il faut travailler encore sur cette question. Mais cela demande des efforts, et un effort mental aussi. C'est très facile de dire chaque jour devant les caméras que la Russie ne donnera pas à la communauté mondiale la possibilité de régler de nouveau la situation en Syrie. Je comprends que cela perturbe l'esprit de l'habitant et met dans sa tête une image particulièrement simplifiée de ce qui se passe. Dans ce cas il n'y a pas de décisions magiques quelconques. Je comprends que c'est chouette de déclarer: «Pourvu que la Russie dise que B.Assad c'est fini». Mais ce n'est pas une baguette magique.

Question: Comment K.Annan a-t-il réagi à la proposition de la Russie de se réunir encore une fois pour chercher les voies de la résolution de la crise syrienne ?

S.V.Lavrov: K.Annan soutient cette initiative, il trouve que cela serait utile, il en parlera aux autres participants du («Groupe des actions» de Genève). Nous avons souligné encore une fois qu'il serait correct de rectifier les erreurs, et d'inviter cette fois-ci l'Iran et l'Arabie Saoudite à Genève.

Fait le 19 juillet 2012

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