5 novembre 201210:46

Intervention et réponse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères, aux questions des représentants des mass-médias lors de la conférence de presse conjointe à la suite de son rencontre Lakhdar Brahimi, Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Envoyé spécial de l’UNU et de la Ligue des Etats arabes, Caire, 4 novembre 2012

2089-05-11-2012

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Mesdames et Messieurs,

Je suis arrivé, comme toujours avec plaisir, avec la visite qui a commencé pas par la rencontre bilatérale, mais par les pourparlers avec Nabil al-Arabi, Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, et Lakhdar Brahimi, Envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue des Etats arabes.

La Russie et la Ligue des Etats arabes ont une riche histoire des relations, mais elle est encore en début. Naguère, nous avons décidé de créer un forum de coopération Russie-Ligue des Etats arabes au niveau des ministres des affaires étrangères. Aujourd'hui, nous avons convenu de tenir sa première séance à Moscou avant la fin de cette année. Notre agenda couvre tous les principaux problèmes de l'interaction, avant tout, la régularisation de nombreux conflits dans la région de la responsabilité de l'LEA.

Pour des raisons évidentes, nous avons prêté attention prioritaire à la crise syrienne. Nous sommes profondément préoccupés par ce qui se passe là-bas, par les potentielles conséquences négatives pour la stabilité des autres pays, voisins de la Syrie, et dans la région dans son ensemble. Cela nous inquiète du point de vue des processus qui se déroulent à l'intérieur du monde islamique.

Nous sommes d'accord que la crise syrienne, comme tous les autres, ne peut pas avoir aucune solution militaire. Nous devons déterminer nos priorités. Si la priorité numéro un c'est le sauvetage des vies humaines, alors, tout ceux de qui ça dépend doivent forcer les gens qui se combattent en Syrie à cesser les violences, à s'asseoir à la table des négociations (comme nous avons convenu à Genève) et à commencer à coordonner les paramètres et délais de la période de transition.

La Fédération de Russie réalise justement cette ligne. La Russie, peut-être, est le seul membre de la rencontre de Genève qui collabore avec toutes les parties sans exception: tant avec le gouvernement qu'avec les divers groupes de l'opposition. Il est à noter, que nous collaborons avec eux strictement conformément aux accords de Genève, en exhortant toutes les parties à mettre immédiatement et simultanément fin à la violence et à commencer à former un organe d'administration transitoire.

Malheureusement, certains autres participants à la rencontre de Genève ont abandonné leurs obligations. Ils généralement ne communiquent pas avec le gouvernement syrien, en collaborant uniquement avec l'opposition, non en faveur de l'adoption par celle-ci des conventions de Genève, mais en l encourageant à poursuivre des actions militaires jusqu'à la fin victorieuse. Cette voie mène aux résultats très désagréables, c'est pourquoi noustous souhaiteraient les éviter. Nous espérons beaucoup que tous ceux qui se sont réunis à Genève et ont pu d'obtenir là-bas le consensus, seraientcapables de revenir à l'esprit et la lettre de ce document, et nous soutiendrons fermement les efforts entreprises par le Représentant spécial de l'ONU et la LEA Lakhdar Brahimi.

En dépit de la grande acuité du problème syrien, nous ne voudrions pas que toutes autressituations critiques et conflits, nouveaux ou anciens, sous ce prétexte soient mis en oubli. Cela concerne aussi la nécessité d'aider beaucoup plus énergiquement les nouvelles autorités libyennes afin d'établir la stabilité et la maîtrise du pays, dans son ensemble. Ceci, bien sûr, se réfère aussi à la nécessité d'éviter l'abandon en oubli du problème palestinien ainsi qu'à la nécessité de respecter la décision prise, c'est-à-dire convoquer, avant la fin de cette année, la Conférence sur la création au Proche-Orient d'une zone exempte d'armes de destruction massive.

Il est inacceptable que les aspirations légitimes des peuples des pays arabes dans la région du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord, leur désir d'une vie meilleure et de la justice soient utilisés afin de déstabiliser cette région et créer les menacesqui consistent en propagation du terrorisme, trafic de drogue, trafic illicite d'armes.

Aujourd'hui nous avons parlé de tout cela, et je crois que nos discussions ont été très utiles.

Question : En Syrie, les destructions et meurtres continuent. Croyez-vous que la solution à la crise, étant donné le grand nombredes parties impliquées dans sa régularisation, sera trouvée ?

Sergueï Lavrov : Au sujet de quoi faire, nous avons convenu à Genève : tous les protagonistes extérieurs devraient dire la même chose à ceux qui font la guerre en Syrie. C'est précisément ce que fait la Russie : nous en disons au gouvernement et aux groupes de l'opposition. Pourtant, certains autres participants du « groupe des actions » pour la Syrie, qui a été créé à Genève, occidentaux et certains régionaux, disentà l'opposition : "Continuez à combattre ! Votre cause est juste, vous gagnerez ! »

Jugez de votre attitude, la position de quelles parties représente la menace de nouvelles victimes humaines.

Question : La Russie est d'accord avec la proposition de prendre au Conseil de sécurité de l'ONUla résolution exigeant le cessez-le-feu ?

Sergueï Lavrov : Pour que tousaccomplissent les conventions de Genèvede la manière sincère, la résolution n'est pas nécessaire. Seulement juste ce que j'ai dit est nécessaire : que tous exigent les belligérantsen Syrie de cesser la violence etarrêter à tirer.

La résolution, dont parlent nos partenaires occidentaux et certains autres de mes collègues, est conçue par eux uniquement pour un seul but :aggraver la situation et créer les conditions pour le changement de régime. Si la priorité principale est le changement du régime, l'effusion de sang sera encore plus grande. Cela ne dépend pas de la Russie.

Si la priorité est la sauvegarde des vies, aucune résolution n'est pas nécessaire. Nous n'avons même pas tenté deréaliser les conventions de Genève, pourtant, les Etats-Unis, l'Union européenne, la Ligue des États arabes, la Turquie, la Russie, la Chine, les Nations Unies, lesquels ont participé à leur adoption, peuvent le faire. Je ne sais pas la raison exacte, mais tous ceux qui ont signé la Communiqué de Genève disent des choses différentes. La Russie dit constamment aux parties du conflit : « Cessez à tirer et s'asseyez à la table des négociations ». Certains autres déclarent : "Continuer à tirer, le régime tombera, nous vous promettons.

Voilàtout. Aucune résolution n'aidera pasici.

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