17 janvier 202012:54

Extrait des réponses du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie aux questions des médias reçues pour la conférence de presse sur le bilan de l'activité de la diplomatie russe en 2019

66-17-01-2020

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(En cas de citation, il est impératif de mettre un lien vers le site du Ministère russe des Affaires étrangères)

 

Question: Sur les relations Russie-UE, notamment la coopération dans le secteur énergétique. Concernant la réalisation du projet Nord Stream 2 dans le cadre de la pression des États-Unis.

Réponse: Les relations de l'Union européenne avec notre pays traversent une période difficile. C'est le choix des membres de l'UE, qui ont décidé, dans le contexte de la crise ukrainienne de 2014, de "geler" notre large coopération mutuellement avantageuse - des sommets aux dialogues sectoriels. Cette décision, couplée aux tentatives de forcer nos voisins communs à faire un choix artificiel "avec la Russie ou avec l'UE", a conduit à une sérieuse déstabilisation de la situation en Europe, a contribué à l'approfondissement de "lignes de démarcation" sur le continent.

L'association des perspectives de développement des relations UE-Russie au règlement de la situation dans le Donbass est tout aussi imprévoyante sur le plan politique. A cause de cette ligne, toute l'interaction diversifiée Russie-UE est devenue un otage des autorités de Kiev.

J'espère que l'Union européenne pourra voir de manière pragmatique les relations avec son plus grand voisin et renoncera à la politique contreproductive de "contention" de la Russie. La Russie et l'UE partagent largement plus d'éléments d'union que de désunion. Comme l'ont montré les récentes actions illégales des États-Unis sur le territoire irakien, entre autres, il est dans l'intérêt de la Russie et de l'Union européenne de s'opposer ensemble à la déstabilisation de la situation dans cette région importante pour nous, d'où émane une multitude de menaces transfrontalières et de défis comme le terrorisme, la migration clandestine, le crime organisé et le trafic de stupéfiants.

Nous voyons que l'Union européenne prend progressivement conscience de la nécessité de redresser la situation. La coopération se développe avec la plupart des pays membres de l'UE, les premiers contacts ont eu lieu avec sa nouvelle direction qui a entamé son travail début décembre 2019. Nous partons du principe que le début du nouveau cycle institutionnel en Union européenne offre la possibilité d'un "nouveau départ" dans nos relations.

Nous restons l'un pour l'autre des partenaires commerciaux et d'investissement importants. Je rappelle que pendant la période la plus prospère, nos échanges avec l'UE s'élevaient à 417 milliards de dollars par an. En l'absence de jeu de sanctions à Bruxelles, ce chiffre aurait pu atteindre 500 milliards de dollars, ce qui aurait permis à l'UE d'être en meilleure forme compte tenu de la concurrence mondiale grandissante. Même en dépit d'une baisse significative, les pays de l'UE représentent actuellement près de 42% des échanges russes. De son côté, la Russie est le quatrième plus grand partenaire commercial de l'Union européenne.

L'énergie reste indéniablement un secteur où la Russie et l'UE développent depuis plus d'un demi-siècle une coopération fructueuse et mutuellement avantageuse. Je rappelle qu'en 2018, Gazprom a livré en Europe une quantité de gaz record de 201,8 milliards de mètres cubes. On s'attend à un chiffre similaire en 2019. De plus, l'an dernier, les fournitures de gaz naturel liquéfié (GNL) russe en Europe ont considérablement augmenté.

L'exemple le plus récent de la contribution réelle de la Russie à la garantie de la sécurité énergétique des pays de l'UE a été le lancement, le 8 janvier dernier, du gazoduc Turkish Stream. Selon les informations disponibles, le gaz via cet itinéraire est déjà acheminé non seulement en Turquie, mais également en Bulgarie et en Grèce.

En dépit de toutes les difficultés se poursuit la réalisation d'autres grands projets d'infrastructure avec la participation russe, notamment le Nord Stream 2. Nous savons que ce projet est loin d'être salué par tous en UE. Il a des opposants aussi bien parmi les pays membres qu'au sein des institutions européennes. Nous savons bien comment, en UE, ont été adoptés les amendements à la "directive sur le gaz" dirigée uniquement contre le Nord Stream 2, malgré les efforts entrepris pour nous persuader du contraire.

On relèvera en particulier l'activité de Washington pour torpiller ce projet. L'adoption de dispositions de sanctions dans la loi américaine sur les dépenses pour la défense en 2020 est une ingérence non dissimulée dans les affaires européennes. Certains sénateurs américains se sont même permis de menacer directement les opérateurs qui réalisent la construction du Nord Stream 2. L'objectif est clair: il ne s'agit pas d'une préoccupation concernant la sécurité énergétique européenne, mais de l'imposition du GNL américain coûteux sur le marché européen. En d'autres termes, c'est un exemple scandaleux de concurrence déloyale sous couvert de slogans politisés.

Malgré la pression continue, le Nord Stream 2 sera achevé. Le profit d'un itinéraire d'exportation de gaz est flagrant pour les Européens sensés. Même s'il existe des pays prêts à travailler pour leurs maîtres américains au détriment des intérêts de leurs propres citoyens.

Par conséquent, la question de savoir qui contribue réellement au renforcement de la sécurité énergétique de l'UE est évidente.

Question: Sur les relations franco-russes en 2019, notamment compte tenu des accords conclus au sommet.

Réponse: L'année 2019 a été marquée par une détente dans les relations franco-russes. L'intensification des contacts bilatéraux et l'élargissement de leur ordre du jour témoignent d'un retour progressif du dialogue politique avec la France à un niveau qui correspond au statut de deux puissances nucléaires et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le vecteur et le rythme de développement des liens bilatéraux ont été fixés par les présidents Vladimir Poutine et Emmanuel Macron lors de leurs entretiens personnels et téléphoniques, ainsi que lors de l'échange de messages sur la coopération entre la Russie et la France, concernant la suspension du Traité FNI et le renforcement de la confiance et de la sécurité en Europe. A l'issue des pourparlers au fort de Brégançon, les chefs d’État ont pris la décision d'approfondir la coopération bilatérale dans le domaine de la sécurité et de la stabilité stratégique en Europe.

Parmi les autres événements marquants de l'année qui s'est écoulée, il convient de noter la reprise du travail du Conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité avec la participation des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, après sept ans d'interruption. Ce format reste un soutien important pour nos pays dans l'élaboration de réponses concertées aux défis qui surviennent pour la sécurité aussi bien dans les régions problématiques que dans le monde entier.

Le 24 juin, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev s'est rendu au Havre où il s'est entretenu avec le Premier ministre français Édouard Philippe. Une coopération productive s'est poursuivie au niveau du Conseil de sécurité de la Russie et du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale de la France. Le 15 novembre, des consultations interministérielles franco-russes sur la cybersécurité internationale se sont déroulées à Moscou.

La dernière session du Conseil économique, financier, industriel et commercial franco-russe (CEFIC) du 10 décembre à Moscou avait un contenu concret. Nous espérons que la réalisation des accords qui y ont été conclus permettra prochainement d'élargir le cadre de la coopération bilatérale dans les secteurs concernés et de dissiper les craintes des entreprises françaises de se retrouver sous le coup des sanctions américaines.

La France conserve ses positions d'investisseur central en Russie. Selon la Banque de Russie, au 1er avril 2019 le montant des investissements directs français cumulés en Russie s'élevait à 18,3 milliards de dollars. Les compagnies françaises Total et Engie, conjointement avec leurs partenaires russes, réalisent des projets ambitieux dans le secteur gazier comme le Nord Stream, Nord Stream 2, Yamal LNG, et Arctic LNG 2.

Il a été convenu d'organiser en France en 2020 le grand festival "Saisons russes" (plus de 270 activités dans 64 villes françaises), et en 2021 une Année croisée de la coopération interrégionale.

 

 

 

Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)

Conseil de l'Europe (CE)

Union européenne (UE)

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