20 novembre 202019:00

Allocution de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors d'une réunion en visioconférence sur la mission de maintien de la paix russe dans le Haut-Karabakh

20-11-2020

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Monsieur Poutine,

Chers collègues,

Depuis le 13 novembre, nous sommes en contact étroit avec les coprésidents - les Américains et les Français - qui se sont rendus à Moscou. Je les ai rencontrés, tout comme mes collègues. Nous leur avons fourni toutes les informations qui ont confirmé une nouvelle fois que l'accord signé par les dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie le 9 novembre se déroulait entièrement dans le cadre des principes qui ont été convenus ces dernières années entre les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, et sont largement soutenus dans le monde.

A l'étape actuelle, Monsieur Poutine, comme vous l'avez dit, nous nous concentrons sur le travail avec les organisations internationales - avant tout le Comité international de la Croix-Rouge dont le Président, Peter Maurer, s'est rendu en visite à Moscou pour évoquer en détail au Ministère des Affaires étrangères, au Ministère de la Défense, au Ministère des Situations d'urgence, et avec d'autres de nos institutions impliquées d'une manière ou d'une autre dans ce travail, la situation et les perspectives de notre coopération.

Le caractère unique de la Croix-Rouge réside dans le fait qu'elle dispose d'une représentation à la fois à Erevan, à Bakou et à Stepanakert. Ils ont dû quitter Stepanakert pendant les hostilités militaires, mais cela fait déjà quelques jours qu'ils y sont revenus. Ils souhaitent le contact le plus étroit avec nos casques bleus et le Centre interministériel de réaction humanitaire. Vous avez déjà déterminé ces objectifs, nous les suivons activement.

Il convient d'en faire davantage au niveau des organisations de l'Onu. Cela concerne le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le Programme alimentaire mondial, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, et l'Unesco. Ces structures ne possèdent pas de représentations partout dans la région, même si des efforts sont entrepris.

Au niveau du Commissariat pour les réfugiés, il est important d'établir des statistiques véridiques sur le nombre de personnes qui ont besoin d'aide. Selon les estimations, il s'agit d'environ 90.000 personnes parties en Arménie, et d'environ 45.000 Azéris qui ont quitté les régions frontalières du Haut-Karabakh à cause des activités militaires.

Bien évidemment, nous souhaitons que cette structure soutienne toutes les parties concernées afin qu'elles puissent déployer leur travail, notamment en aidant à revenir ceux qui ont dû quitter leur foyer, tout en empêchant les expulsions violentes, comme cela a pu être le cas à Chouchi, qui dans l'ensemble n'a pas été significativement touchée et où se rendent actuellement de nombreuses personnes depuis l'Azerbaïdjan. Nos casques bleus contribuent activement à ces processus.

Et bien évidemment, une question à part est celle de ce qu'on appelle les réfugiés historiques d'Azerbaïdjan qui avaient quitté la région en 1992-1994, pendant la guerre. Le Programme alimentaire mondial a officiellement reçu une invitation d'Erevan. En même temps, ils sont entrés en contact avec l'Azerbaïdjan, même s'il n'y a pas de bureau du PAM à Bakou depuis 2013, mais une proposition a déjà été envoyée à Bakou avec des idées qui peuvent servir pour apporter une aide alimentaire notamment.

J'ai parlé aujourd'hui à la Directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay. Elle a fait aujourd'hui même une déclaration annonçant son intention d'envoyer dans la zone du conflit une mission spéciale de l'Unesco pour évaluer sur place la situation et l'ampleur de la tâche du point de vue du rétablissement et de la protection des monuments historiques, des lieux de culte, de l'aide dans le secteur de l'éducation. Bien évidemment, il est question d'une aide à la fois à la partie arménienne et à la partie azérie.

Nous partons du principe que toutes ces structures de l'Onu que vous avez mentionnées, Monsieur Poutine, doivent être incitées à proposer plus activement leurs possibilités aux parties. L'Onu connaît le mieux ces possibilités. Et nous avons appelé nos partenaires du trio des coprésidents - les Américains et les Français, d'autres membres et le Groupe de Minsk de l'OSCE et du Conseil de sécurité des Nations unies - à encourager pleinement cette activité des organisations internationales.

Malheureusement, il existe une tendance, nous la ressentons, qui vise à tenter de freiner la mise en œuvre des déclarations des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre, à empêcher la réalisation à part entière de cette déclaration, même si tout le monde est forcé de constater qu'elle est réalisée avec succès. Et nous constatons également des tentatives de changer la nature de l'opération de maintien de la paix, latentes pour l'instant mais qui ont bien lieu.

C'est pourquoi, avec le Ministère de la Défense, avec le Ministère des Situations d'urgence, avec les services frontaliers, nous participons à l'évaluation de la situation sur le terrain, nous corrélons de manière appropriée les signaux que nous envoyons aux organisations internationales en les encourageant à proposer le plus activement possible leurs capacités pour régler au plus vite les problèmes humanitaires et contribuer à la sauvegarde du patrimoine culturel dans la zone du conflit.

 

Source: Site officiel du Président de la Fédération de Russie kremlin.ru

 

 

 

 

 

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