28 septembre 202114:32

Allocution et réponse à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors d'une conférence de presse conjointe avec Bùi Thanh Son, Ministre des Affaires étrangères du Vietnam, à l'issue de leur entretien, Moscou, 28 septembre 2021

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Bonjour,

L'entretien avec mon homologue le Ministre vietnamien des Affaires étrangères Bùi Thanh Son s'est déroulé de manière constructive et amicale. Nous avons parlé et eu un échange d’avis profond sur un large éventail de questions d'intérêt mutuel. Nous avons réaffirmé notre disposition mutuelle à renforcer le partenariat stratégique global entre nos deux pays basé sur les traditions de longue date d'amitié, de solidarité et d'entraide.

Nous avons salué le dialogue politique régulier et nourri à haut niveau et au sommet, qui se poursuit malgré la pandémie de coronavirus.

Nous avons accordé une attention particulière à la mise en œuvre des ententes conclues entre nos dirigeants, notamment dans le cadre de l'entretien téléphonique entre nos deux présidents le 16 septembre dernier.

Sur le plan des liens commerciaux et économiques, nous étions unanimes pour dire que l'Accord de libre-échange de l'Union économique eurasiatique (UEE) avec le Vietnam a réellement contribué à augmenter les échanges bilatéraux. En 2020, ils ont augmenté de 15%, et d'encore 24% au premier semestre 2021. Nous avons également étudié la possibilité de redresser le déséquilibre dans les échanges, notamment en élargissant la présence d'exportateurs russes sur le marché vietnamien.

Nous sommes convenus de contribuer à la mise en œuvre au plus vite du projet d'organisation d'un assemblage partiel (semi knocked-down ou SKD) de véhicules russes au Vietnam. Parmi nos priorités: la réalisation d'importantes initiatives dans le domaine de la production industrielle, ainsi que dans le secteur de la construction d'infrastructure et de transport.

Nous avons évoqué les perspectives d'unir nos efforts dans les secteurs tels que la sécurité de l'information, la création d'un gouvernement numérique et de villes intelligentes, le secteur bancaire, l'industrie agricole et les communications.

Nous avons salué la situation dans le secteur pétrolier et gazier. Il a été décidé de continuer à créer des conditions favorables pour une activité efficace de Gazprom, de Zaoubejneft et de Novatek au Vietnam, et de Petrovietnam en Russie.

Nous avons réaffirmé l'intention de renforcer la coopération militaro-technique, l'interaction dans le secteur de la défense et de la sécurité.

Nous trouvons important d'intensifier le travail pour ériger au Vietnam le Centre de la science nucléaire et des technologies, ainsi que de garantir une activité stabile du Centre de recherches et de technologies tropicales conjoint russo-vietnamien.

Nous jugeons positive la coopération dans le domaine de l'éducation et de la formation de cadres, notamment en ce qui concerne les études de citoyens vietnamiens en Russie subventionnées par le budget fédéral. Pour l’année scolaire en cours, cette opportunité a été offerte à mille citoyens vietnamiens. Au total, notre pays accueille 6.000 d'étudiants, doctorants et stagiaires vietnamiens. Le Vietnam est l'un de nos premiers partenaires sur cet axe.

Nos approches de la majorité des problèmes de notre époque coïncident ou sont très proches. Nous avons parlé de notre interaction à l'Onu ainsi que de la situation dans la région Asie-Pacifique. Nous partageons le même avis sur la nécessité d'y créer une architecture de sécurité égale et indivisible basée sur les normes universelles du droit international, en accord avec les réalités actuelles. Nous sommes unanimes sur le caractère contreproductif des tentatives de tracer de nouvelles lignes de démarcation en Asie-Pacifique.

Notre entretien a été très utile. Il nous a permis de comprendre comment travailler efficacement sur la mise en œuvre des ententes entre nos deux dirigeants.

Merci.

Question: La journée d’hier était une date marquante - un an plus tôt était déclenchée la seconde guerre entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, qui a pu être stoppée grâce aux immenses efforts de la Russie. Que pensez-vous de la période post-conflit du point de vue de la mise en œuvre de la déclaration trilatérale? Quels sont les principaux exploits, selon vous? Dernièrement, les partenaires français et américains promeuvent activement la nécessité de régler le problème du statut du Karabakh. Ne pensez-vous pas qu'il est trop tôt pour remettre sur la table la question mentionnée? Quels sont les objectifs actuels du Groupe de Minsk? Prévoit-on des résultats pour le déblocage de transport et économique d'ici la fin de l'année?

Sergueï Lavrov: Le résultat principal, presque un an après le 9 novembre 2020, est l'établissement de la stabilité. Elle est maintenue. Le contingent russe de maintien de la paix contribue au fait que nous n'assistons pas aujourd'hui à des actes de violence. Les incidents mineurs qui ont eu lieu au départ ont été rapidement réglés. Je souligne que maintenant la situation est stable. Bien que les problèmes soient nombreux, notamment pour organiser la vie pacifique, terminer l'opération de déminage, le retour des détenus, etc.

L'objectif principal consiste à instaurer une vie calme, paisible et stable sur le terrain, à faire en sorte que les communautés arménienne et azérie rétablissent entre elles la confiance qui avait régné pendant des décennies avant la première guerre du Karabakh, à régler les problèmes du retour des réfugiés et d'autres problèmes quotidiens.

En ce qui concerne les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, récemment les trois coprésidents de la Russie, des États-Unis et de la France ont rencontré à New York les ministres des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie. À ce que je sache, ils sont convenus de relancer leurs visites dans la région pour rencontrer et parler sur place aux représentants arméniens et azéris, des réunions ont été notamment prévues à Stepanakert. Je trouve que leur objectif principal consiste à contribuer aux tendances positives qu'il faut consolider par tous les moyens, en assurant sur le terrain la coexistence, la coopération des communautés arménienne et azérie. Je ne tracerais pas de plans plus ambitieux à l'étape actuelle.

 

                                              

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