1 juillet 202118:58

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 1er juillet 2021

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Sur l'entretien à venir entre Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, et Abdullatif Al Zayani, Ministre des Affaires étrangères du Royaume de Bahreïn

 

Comme nous l'avons déjà annoncé pendant la dernière conférence de presse, demain, vendredi 2 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Ministre bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif Al Zayani, qui se rendra dans notre pays en visite de travail.

Sergueï Lavrov et Abdullatif Al Zayani évoqueront en détail la situation en Syrie, le processus de paix israélo-arabe, les perspectives de la stabilisation durable dans le Golfe et d'autres aspects de l'agenda régional, ainsi que les questions centrales de la coopération russo-bahreïnie à l'Onu et sur d'autres plateformes multilatérales.

 

Sur la visite de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, en Asie du Sud-Est

 

Du 5 au 8 juillet, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra à Brunei, en Indonésie et au Laos.

Lundi 5 juillet, à Bandar Seri Begawan Sergueï Lavrov rencontrera le Sultan de Brunei Hassanal Bolkiah et s'entretiendra avec le Second ministre des Affaires étrangères Erywan Yusof. Il est prévu d'échanger les avis sur un large éventail de questions de l'agenda bilatéral, notamment la coopération dans les domaines politique, commercial, économique, social, de la défense et de la sécurité.

Il est prévu d'aborder la coopération entre les deux pays dans le cadre de l'Onu et sur d'autres plateformes internationales. Compte tenu de la présidence de Brunei dans l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est une attention particulière est accordée à l'avancement du partenariat stratégique ANASE-Russie, à la coordination des démarches dans le cadre des forums et des formats ANASE-centriques.

Mardi 6 juillet, à Jakarta Sergueï Lavrov rencontrera le Président indonésien Joko Widodo et s'entretiendra avec la Ministre des Affaires étrangères Retno Marsudi. Il est prévu d'évoquer tout l'agenda des relations bilatérales, l'agenda régional et international, ainsi que la coopération dans la lutte contre la prolifération du nouveau coronavirus.

Le programme de la visite inclut également l'organisation en visioconférence conjointement avec Retno Marsudi d'une réunion spéciale des ministres des Affaires étrangères ANASE-Russie à l'occasion du 30e anniversaire des relations ANASE-Russie et du 25e anniversaire de l'établissement d'un dialogue à part entière entre notre pays et les Dix. Elle sera focalisée sur le développement du partenariat stratégique avec l'Association et sur la formation de l'architecture de la sécurité et de la coopération dans la région Asie-Pacifique.

Une rencontre à part est prévue entre Sergueï Lavrov et le Secrétaire général de l'Association Lim Jock Hoi.

Mercredi 7 juillet, à Vientiane sont prévues des rencontres de Sergueï Lavrov avec le Président du Laos Thongloun Sisoulith, le Premier ministre Phankham Viphavanh, ainsi que le Ministre des Affaires étrangères Saleumxay Kommasith.

Dans le cadre des relations de partenariat stratégique entre la Russie et le Laos dans la région Asie-Pacifique, basé sur un dialogue politique constructif, la coopération mutuellement avantageuse et les liens d'amitié traditionnelle, les interlocuteurs évoqueront un large éventail de questions relatives à la coopération bilatérale dans les domaines économique, commercial, scientifique, technique et social, échangeront les avis sur l'agenda régional et international.

Voici les contours principaux du programme de la visite de Sergueï Lavrov. Nous vous tiendrons informés des changements éventuels.

 

Sur la cérémonie officielle d'ouverture de l'Année de l'histoire Russie-Grèce en 2021

 

Vendredi 2 juillet, à Athènes se déroulera la cérémonie officielle d'ouverture de l'Année de l'histoire Russie-Grèce organisée en 2021 sous le patronat du Président de la Fédération de Russie et du Premier ministre de la République hellénique.

Les présidents des comités d'organisation nationaux de l'Année, le conseiller du Président de la Fédération de Russie Vladimir Medinski et le Président de la Fondation grecque pour le parlementarisme E. Hadzivasiliu, signeront une Déclaration conjointe sur la validation du programme de l'Année. La liste des activités des deux côtés compte plus de 140 points, dont la réalisation a déjà commencé.

L'entente concernant ce grand projet socioculturel a été conclue à l'issue des pourparlers entre les ministres des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Nikos Dendias à Moscou le 6 novembre 2019. Pendant la rencontre à Athènes, le 26 octobre 2020, les deux chefs de diplomatie ont signé un mémorandum conjoint. L'Année de l'histoire a été officiellement annoncée par le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine à Athènes, le 25 mars dernier, en marge des festivités centrales à l'occasion du 200e anniversaire du début de la lutte grecque pour l'indépendance.

Il est très symbolique que l'Année de l'histoire soit assimilée à une date marquante célébrée cette année, le 200e anniversaire du début de la Révolution grecque. Il est certainement possible de dire que c'est notre fête commune. Sans exagération la Russie a apporté une contribution décisive à l'acquisition de l'indépendance par la Grèce, a contribué à la mise en place de sa structure étatique. Un rôle primordial dans le succès de la lutte a joué la victoire de l'escadre alliée de la Russie, de l'Angleterre et de la France contre la flotte turco-égyptienne dans la bataille de Navarin le 20 octobre 1827. En septembre 1828 déjà, l'Empire russe a établi des relations diplomatiques avec le nouvel Etat grec, ce qui a été la première reconnaissance internationale de son indépendance. Enfin, l'attribution par le gouvernement ottoman à la Grèce du statut d'autonomie a été constatée pour la première fois dans le Traité de paix d'Andrinople de 1829 suite à la victoire russe dans la guerre turco-russe de 1828-1829. Plusieurs activités dans le cadre de l'Année de l'histoire seront consacrées à la lutte du peuple grec pour l'indépendance et au rôle de la Russie dans la libération de la Grèce.

Les traditions d'amitié et d'entraide, de respect et de sympathie sincère à l'épreuve du temps constituent des fondations solides de la coopération gréco-russe à ce jour. L'objectif de l'Année consiste à souligner la nature particulière des liens spirituels et culturels entre nos peuples, à conserver la mémoire des pages communes marquantes du passé et à transmettre ce grand patrimoine aux générations futures.

A Athènes Vladimir Medinski s'entretiendra avec la Ministre grecque de la Culture et des Sports Lina Mendoni et le Président de la Fondation grec pour le parlementarisme, le président du Comité d'organisation grec E. Hadzivasiliu. A ces activités participera le coordinateur de l'Année Mikhaïl Chvydkoï, Représentant spécial du Président de la Fédération de Russie pour la coopération culturelle internationale.

 

Sur la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la Bosnie-Herzégovine

 

Mardi 29 juin, à l'initiative de la Fédération de Russie a été organisée une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la situation en Bosnie-Herzégovine. L'attention principale était accordée à la prétendue nomination du citoyen allemand Christian Schmidt au poste de Haut représentant pour la Bosnie-Herzégovine.

La Russie a mis l'accent sur le fait que tout candidat à ce poste sans l'aval du Conseil de sécurité des Nations unies et toutes les parties bosniaques serait non seulement illégitime, mais ne disposerait pas non plus d'un soutien politique suffisant pour contribuer réellement au règlement post-conflit. A l'heure actuelle, il n'y a pas de telle entente. Les tentatives de nommer à ce poste un nouveau représentant en l'absence d'un consensus dans le Comité directeur du Conseil pour la mise en œuvre de l'Accord-cadre pour la paix en Bosnie-Herzégovine (accords de Dayton de 1995), entre les parties bosniaques et en contournant l'Onu sont incompatibles avec les intérêts de la paix et de la stabilité durables en Bosnie-Herzégovine.

 

Sur les exigences de la République tchèque envers la Russie de verser des indemnités pour les explosions à Vrbetice

 

Le thème concernant les explosions à Vrbetice et des revendications tchèques rappelle de plus en plus des contes sur les aventures du brave soldat Svejk de l'œuvre immortelle de Jaroslav Hasek. La même fantasmagorie frôlant (et parfois dépassant) l'absurde. Un tel "concept" ne permet pas de parler de ces événements de manière rationnelle, la diplomatie devient impuissante en étant substituée par différents genres littéraires. Du Svejk tout craché. Je vais essayer de trouver un sens à ce qui se passe à Prague en s'appuyant sur des faits. Il est assez difficile de comprendre ce que la République tchèque veut et ce qui correspond vraiment aux intérêts des citoyens de ce pays à cause de contradictions systémiques et des déclarations absurdes de l'establishment politique de ce pays.

L'Ambassade de Russie à Prague a reçu une note tchèque dans laquelle, esquivant toute procédure juridique et sans même chercher à appuyer par des faits les différentes accusations infondées des représentants officiels, nos partenaires ont avancé des exigences absurdes pour que la Russie rembourse "le préjudice causé par un acte illégal international". C'est un nouveau terme dans le droit international. Je ne suis pas sûre que c'est quelque chose de rationnel, mais le terme est intéressant. Sachant qu'il convient de rappeler que le gouvernement tchèque lui-même n'est pas unanime sur l'avis et les versions concernant les explosions dans l'entrepôt de Vrbetice il y a sept ans, l'enquête sur l'incident n'est pas terminée, sans parler de la présence déjà d'un verdict de tribunal. Il est absurde non seulement de parler des exigences quelconques, mais également en principe il est étrange de parler des déclarations politiques sur un sujet qui est juridique et relève de la compétence d'un tribunal. Mais nous avons affaire à une situation sortant du cadre du bon sens. Je ne vais même pas essayer de demander où est la présomption d'innocence. Il serait possible d'en parler si des formalités juridiques avaient été respectées. Il n'y en a pas.

Notre verdict est simple. Prague s'est emmêlée dans les versions, dans ses propres intérêts (cela n'a rien à voir avec les intérêts nationaux) et s'est mis à créer une mythologie et à avancer ses propres fantaisies qu'il fait passer pour des faits.

Nous trouvons inadmissibles les propositions des autorités tchèques d'organiser une discussion sur leurs revendications. Nous exprimerons notre position envers ce cafouillage politisé prochainement au chef de la mission diplomatique à Moscou (qui sera convoqué au Ministère russe des Affaires étrangères).

 

Sur le rapport de l'UE sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde en 2020

 

Le rapport de l'UE sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde en 2020 récemment publié témoigne clairement du fait que Bruxelles poursuit sa ligne destructive visant à instrumentaliser les droits de l'homme et à promouvoir une approche politisée et franchement sélective du respect des droits de l'homme dans le monde.

Sachant qu'il est évident que le degré des revendications adressées aux autres pays est directement proportionnel à la détérioration de la situation en UE même et dans ses pays membres. Il est possible de constater en l'occurrence une logique: plus la situation locale est mauvaise, plus fortes et insistantes sont les attaques contre les voisins. Pas besoin d'aller trop loin pour trouver des exemples. C'est le phénomène honteux persistant de non-citoyenneté, les problèmes systémiques du respect des droits des minorités nationales et linguistiques, l'imposition de la censure sous prétexte de lutter contre la désinformation, les cas d'oppression des journalistes à cause de leur activité professionnelle qui se multiplient chaque jour, les marches solennelles d'anciens légions SS et de ceux qui glorifient les collaborationnistes dans les rues des villes européennes. Cela se déroule soit avec le silence complaisant de la bureaucratie bruxelloise, soit avec la participation des pays membres de l'UE.

Sur ce fond, nous considérons les tentatives sans gêne de l'UE d'imposer sa vision de la situation des droits de l'homme dans d'autres pays comme substantiellement et moralement pitoyables.

 

Sur le séminaire consacré à l'antisémitisme en Ukraine organisé au Sénat français

 

Nous avons remarqué le séminaire du 21 juin dernier au Sénat français consacré au problème de l'antisémitisme en Ukraine en prévision des 80 ans de la tragédie de Babi Iar. Cet événement a été initié par la sénatrice française Nathalie Goulet, qui s'est rendue début juin en Ukraine au sein d'une délégation parlementaire. Les principaux rapporteurs étaient le député ukrainien Vadim Rabinovitch et l'écrivain et personnalité publique français Marek Halter, ancien prisonnier du ghetto de Varsovie.

Les participants au séminaire ont présenté des faits avec des photos. Ils parlaient avec inquiétude de la tendance enracinée ces dernières années en Ukraine à glorifier des criminels et des collaborationnistes nazis, de la montée en puissance de l'antisémitisme, ont souligné une envergure sans précédent, selon eux, de la campagne de glorification des SS parmi les nationalistes ukrainiens, notamment de la division Galicie. L'attention du public et des autorités français a été attirée sur le problème évident depuis longtemps pour nous en Russie relatif au déchaînement du néonazisme en Ukraine, ce qui semble particulièrement perfide au vu de l'anniversaire du crime monstrueux des fasciste commis à Babi Iar près de Kiev. La sénatrice Nathalie Goulet a envoyé une question écrite au Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères de la France exprimant une préoccupation extrême par l'activation de partis néonazis en Ukraine formant dans leurs camps des combattants, notamment parmi les jeunes, et a demandé l'avis du Ministère des Affaires étrangères de la France à ce sujet. Nous ne cachons pas que la réponse de Paris à ce sujet nous intéresse beaucoup. Nous en prendrons connaissance avec intérêt, si elle était donnée, bien sûr.

Malheureusement, cet événement n'a pas été largement couvert par les médias français. Ce qui est également logique, puisque le rapport de l'UE sur les droits de l'homme et la démocratie dans le monde en 2020 n'a pas couvert ce thème en détail. En principe, la France et l'Occident préfèrent ignorer que le néonazisme et l'antisémitisme relèvent la tête en Ukraine, dans un pays dont le peuple a connu les horreurs du fascisme et avec d'autres nations de l'URSS a apporté une immense contribution à la victoire contre l'armée hitlérienne.

En même temps, l'organisation en soi de ce séminaire confirme, et nous le notons volontiers, qu'en France il existe des personnes qui voient et parlent honnêtement des processus alarmants et dramatiques qui ont lieu en Ukraine. Nous voudrions que les autorités officielles de toutes les pays européens sans exception y prêtent également attention. Il est temps.

 

Sur les perspectives du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien

 

Le 14 juillet marquera le 6e anniversaire de la signature, en 2015, du Plan d'action global commun. Cette entente internationale primordiale validée par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies a apporté au monde un espoir pour régler globalement l'un des plus graves et persistants problèmes dans le domaine de la non-prolifération nucléaire, qui était lié aux questions accumulées à l'époque à l'AIEA concernant le programme nucléaire iranien.

De cette manière, la diplomatie a pris le dessus, les discussions sur d'autres "options sur la table" se sont apaisées, alors que l'Agence a assez rapidement, en six mois, a réussi à compléter le tableau et à combler toutes les informations manquantes concernant l'activité nucléaire en Iran, en assurant sa totale transparence. Pendant plusieurs années l'Iran restait l'Etat le plus inspecté parmi les membres de l'AIEA. Nous sommes convaincus que cela a profité à la fois à Téhéran, à l'Agence et à toute la communauté internationale. Ceux qui se sont habitués à voir l'Iran comme une menace permanente ont été privés de l'un de leurs principaux arguments: la possibilité d'affirmer que le programme nucléaire iranien possède une orientation militaire.

L'AIEA a confirmé son efficacité et sa nécessité même quand l'une des parties impliquées, ayant activement participé à l'élaboration des accords, les Etats-Unis, a unilatéralement renoncé à tous ses engagements dans le cadre de l'accord nucléaire en réorientant toute sa puissance à la création d'obstacles à la mise en œuvre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies par tous les autres pays responsables et respectueux de l'accord. Force est de constater avec regret et préoccupation qu'en faisant part de sa volonté de revenir dans le Plan d'action l'administration américaine actuelle n'a encore engagé aucune démarche pratique qui témoignerait de l'abandon de la ligne destructive de ses prédécesseurs. Toutes les sanctions unilatérales décrétées contre l'Iran avec les restrictions et les interdictions de réaliser les projets du Plan d'action pour la reconfiguration du programme nucléaire iranien restent en vigueur. Les contremesures de Téhéran pour la suspension de plus en plus profonde de ses engagements dans le cadre du Plan d'action résultent directement de la politique irréfléchie de Washington basée sur l'iranophobie, sur les idées de changement de régimes, etc. Pour toutes les forces raisonnables dans le monde il est clair qu'il n'y a pas de politique plus ratée que la "pression maximale" à cause de laquelle les Etats-Unis se sont finalement retrouvés sous leur propre "rouleau-compresseur" en recevant une leçon historique d'isolement au Conseil de sécurité des Nations unies.

La question principale aujourd'hui ne consiste pas à savoir qui est responsable (la réponse existe), mais que faire. Les négociations actuelles visent précisément cet objectif. Le progrès fondamental de ces derniers mois a été l'accord de Washington de travailler ensemble avec les pays membres du Plan d'action, dont l'Iran, sur un schéma potentiel permettant aux Etats-Unis de revenir à l'accomplissement à part entière des termes des accords avec un mouvement réciproque de Téhéran en parallèle. Depuis avril dernier, six cycles directs de consultations intensives ont été organisés sous l'égide de la Commission conjointe du Plan d'action qui étaient accompagnés par un travail pratiquement ininterrompu au niveau des experts. Le nombre exact de contacts de travail est impossible à calculer. Nous notons dans ce contexte le rôle irremplaçable du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) et personnellement du Secrétaire général adjoint du SEAE Enrique Mora (Espagne), qui au prix d'incroyables efforts a réussi à bâtir un pont entre tous les partenaires intéressés, dont Washington et Téhéran, malgré l'interdiction de négocier directement avec les Américains pour les négociateurs iraniens.

Au cours de ces trois mois, les délégations ont réussi à avancer considérablement dans la mise en œuvre des paramètres et des modalités du processus de rétablissement dans le Plan d'action, à déterminer la réponse et l'ordre des démarches à engager par les Etats-Unis et l'Iran, à analyser comment seront fixés les engagements en question et sera garantie leur vérification. Bien évidemment, il est difficile pour les Américains d'avouer leurs infractions du droit international et les erreurs stratégiques commises, mais il n'y a pas d'autre solution. De son côté, l'Iran promet de revenir immédiatement sur ses positions de respect rigoureux de tous les termes de l'accord nucléaire de 2015. Nous espérons sincèrement que c'est ce qui arrivera.

En parallèle avec la révision totale des restrictions anti-iraniennes décrétées plus tôt par les Etats-Unis, qui entrent en contradiction avec le Plan d'action et la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, la reprise au plus vite de l'activité de vérification de l'AIEA en Iran au niveau prévu par le Plan d'action possède une importance primordiale. Cela permettra à l'Agence de surveiller constamment la situation dans le programme nucléaire iranien, car c'est sur la transparence que repose le régime mondial de non-prolifération nucléaire, dont le TNP est la pierre angulaire. Nous partons du principe que l'AIEA continuera de remplir sa mission à un haut niveau professionnel aussi bien en termes d'application des garanties en Iran par rapport au TNP qu'en veillant au respect des engagements nucléaires par l'Iran dans le cadre du Plan d'action.

De cette manière, le vecteur principal des efforts vise à faire revenir la réalisation du Plan d'action dans un cadre durable et prévisible et à créer les conditions pour normaliser la coopération internationale avec l'Iran dans l'économie, le commerce, le secteur scientifique et technique, y compris le nucléaire pacifique. La Russie le souhaite parce que l'Iran est notre voisin avec lequel nous avons plusieurs projets communs, des contacts d'affaires et des liens culturels. Il n'est pas question d'une révision ou d'un élargissement de la couverture des accords de 2015. Cela fait plusieurs années que des idées sont exprimées à ce sujet, mais il est parfaitement évident qu'ils n'ont pas de perspective et ne feront que bloquer l'avancement vers la reprise de l'accord nucléaire à part entière. Nous pensons que tout le nécessaire pour la reprise du Plan d'action se trouve dans le document en question cher payé.

La Russie, comme toutes les autres parties, cherche à terminer les négociations au plus vite, de préférence avant le 6e anniversaire du Plan d'action. Mais c'est plutôt une barre psychologique souhaitée. La véritable valeur est un résultat de qualité qui, nous l'espérons, sera atteint. Comme le montre la vie, le secret de l'endurance du Plan d'action est que ces accords n'ont pas d'alternative raisonnable, et sans eux la paix et la sécurité deviennent plus vulnérables.

 

Sur la situation en Ethiopie

 

Nous suivons attentivement l'évolution de la situation militaro-politique en Ethiopie amie. Nous pensons que la décision unilatérale, prise le 28 juin dernier par le gouvernement fédéral du pays, sur un cessez-le-feu immédiat dans la région éthiopienne de Tigré est un pas dans la bonne direction.

Nous espérons que la réalisation de cette initiative contribuera à une grande amélioration de la situation humanitaire, à la stabilisation socioéconomique progressive, permettra d'organiser la campagne de plantation, de faire revenir les déplacés internes dans leur foyer.

Nous appelons toutes les forces politiques à soutenir ces démarches du gouvernement éthiopien afin de faire revenir la région à la paix, à rétablir la vie normale de la population. Nous partons du principe que dans le règlement du conflit éthiopien le rôle décisif revient aux Ethiopiens eux-mêmes avec la contribution avant tout de la communauté africaine.

 

Sur la 16e conférence des villes partenaires de la Russie et de l'Allemagne

 

La 16e conférence des villes partenaires de la Russie et l'Allemagne s'est déroulée à Kalouga du 28 au 30 juin. C'est réjouissant qu'en dépit d'une situation épidémiologique difficile dans le monde cette activité a pu être organisée au moins dans un format "hydride réduit".

A noter en particulier que la coopération bilatérale régionale et municipale continue de se développer malgré une période difficile dans les relations bilatérales. A l'heure actuelle, des liens régionaux sont entretenus par 20 sujets de la Fédération de Russie et lands allemands, 120 accords de partenariat sont réalisés entre les municipalités de nos pays. Nous partons du principe que les liens entre les villes jumelées ouvrent de bonnes perspectives pour la diplomatie populaire, créent un terrain favorable pour élargir les contacts entre les citoyens, se reflètent positivement sur l'économie, le commerce et le tourisme, apportent une impulsion aux projets communs scientifiques, éducatifs, socioculturels et sportifs. Nous y voyons un signe de la présence d'une demande sociale dans notre pays et en Allemagne d'une amélioration des relations russo-allemandes.

La thèse concernant la nature prioritaire des liens municipaux pour faire avancer une dynamique positive des relations russo-allemandes a été évoquée pendant les salutations adressées aux organisateurs et aux participants au forum par le Président russe Vladimir Poutine, la Présidente du Conseil de la Fédération Valentina Matvienko, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le Président du Comité de la Douma d'Etat pour l'énergie, coordinateur du groupe parlementaire pour les relations avec le Bundestag Pavel Zavalny.

Mais sur ce fond, comme dit un proverbe russe, un peu de fiel a gâté beaucoup de miel. L'allocution vidéo du Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a fait dissonance, il a bien commencé mais a mal fini n'arrivant pas à s'abstenir de faire de nouvelles déclarations négatives envers la Russie. Nous considérons de tels actes comme inadmissibles et provocateurs.

Sachant que nous jugeons positifs les résultats de la conférence de Kalouga. Dans le cadre des réunions de ses groupes de travail ont été évoqués les aspects concrets de la coopération dans la lutte contre la pandémie, la coopération commerciale, économique et d'investissement, les échanges de jeunesse et d'autres afin d'améliorer le niveau de l'éducation professionnelle et technique. Une attention particulière a été accordée à l'importance de préserver la mémoire historique dans le contexte des 80 ans de l'attaque perfide de l'Allemagne fasciste contre l'URSS.

Nous pensons que le forum a contribué à l'avancement d'un ordre du jour positif dans le dialogue avec l'Allemagne, au renforcement des initiatives unificatrices dans les relations bilatérales et à l'entente entre nos pays et populations.

Une gratitude à part méritent les organisateurs de la conférence en la personne de l'administration de la région de Kalouga et de la ville de Kalouga, du forum germano-russe, de l'association internationale Villes jumelées, qui ont réussi à garantir son travail efficace dans des conditions épidémiologiques difficiles.

 

Sur la coopération russo-italienne pour la conservation des sites culturels de Gênes de la Crimée et du bassin des mers Noire et d'Azov

 

Je voudrais parler de la coopération russo-italienne qui se poursuit pour la conservation des sites culturels de Gênes de la Crimée et du bassin des mers Noire et d'Azov. Plus tôt, le 25 septembre 2019, nous avons déjà organisé dans le Centre de presse du Ministère russe des Affaires étrangères une activité pour informer le public du travail mené par les experts des deux pays pour étudier le patrimoine culturel italien en Crimée. Nous voyons que ce thème suscite un grand intérêt aussi bien en Russie qu'en Italie.

Le 22 juin, à Gênes (région de Ligurie) s'est tenue une réunion de la délégation du département moscovite de la Société géographique russe avec le maire adjoint de la ville italienne M. Niccolo et des représentants des organisations scientifiques et sociales régionales. Ils ont évoqué les résultats de l'expédition scientifique russo-italienne, qui s'est rendue en Crimée en 2019, pour faire l'inventaire, conserver et éventuellement inscrire sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco plus de 40 fortifications de Gènes sur la péninsule de Crimée. Ils ont établi les axes de la coopération, notamment l'échange de scientifiques et d'étudiants au niveau des universités des deux pays, l'intégration de solutions technologiques innovantes en utilisant la réalité virtuelle et augmentée, la robotique et l'intelligence artificielle.

Le 22 juin, la délégation russe a également participé à une conférence sous le patronat du Ministère italien de la Culture avec un large soutien des autorités locales consacrée à la protection et à la conservation des forteresses de Gênes dans les bassins de la Méditerranée, des mers Noire et d'Azov.

Nous voudrions souligner que ces activités se sont déroulées de manière positive et constructive. Les partenaires ont souligné l'absence de tout obstacle à la réalisation d'une activité de recherche scientifique internationale en Crimée. Par exemple, en mai dernier, un représentant de l'Université de Gènes à l'invitation de la Fondation Sébastopol a participé à la conférence internationale "La mer Noire au centre de la politique mondiale" à Sébastopol. Sachant que son voyage en Crimée ne s'accompagnait d'aucune complication.

De son côté, le Ministère russe des Affaires étrangères et les établissements russes à l'étrangers poursuivront leur travail visant à contribuer au développement de la coopération scientifique entre la République de Crimée et les partenaires étrangers.

C'est un exemple qui montre comment il est possible de développer la coopération sur la scène internationale indépendamment de la conjoncture politique afin d'étudier et de préserver l'histoire.

 

Sur la participation de militaires allemands aux exercices Loup de Fer 2021 en Lituanie

 

L'année des 80 ans de l'attaque de l'Allemagne fasciste contre l'URSS a eu lieu la participation scandaleuse des militaires allemands du groupe de présence avancée renforcée de l'Otan déployé à Rukla (Lituanie) aux exercices de l'Alliance, en mai 2021, sous une appellation de Loup de Fer symbolique pour les néonazis lituaniens. Rappelons que c'est précisément le nom du mouvement fasciste lituanien fondé en 1927, dont les membres ont activement participé aux massacres de Polonais et de Juifs. Plus tard, après l'effondrement de l'organisation, ses adeptes se sont empressés de rejoindre les collaborationnistes lituaniens pour poursuivre ensemble la participation à l'éradication systématique des Juifs de la Baltique.

Le Ministère allemand de la Défense, à en juger par la réponse de son représentant aux audiences au parlement, le 23 juin, n'a rien vu de préjudiciable dans la consonance entre les manœuvres de l'Otan et le mouvement fasciste lituanien. Peut-être qu'il connaît mal l'histoire, voire pas du tout. Mais la version que cela soit malintentionné est plus proche de la vérité. Le Ministère n'a pas non plus pris la peine d'expliquer le rapport entre la participation de l'armée allemande aux exercices visant à "endiguer la menace russe" sur le flanc Est de l'Otan et la responsabilité historique des Allemands pour l'attaque de l'Allemagne fasciste contre l'Union soviétique. Il a décidé de rejeter toute la responsabilité sur la Lituanie. Comme quoi l'appellation Loup de Fer est portée par une brigade à laquelle sont subordonnés les militaires allemands stationnés à Rukla. Et puisqu'il est question d'une série nationale d'exercices, Vilnius est libre d'appeler les exercices comme il le souhaite. Sachant que les hauts fonctionnaires, sans nier la présence évidente dans les symboles des manœuvres des emblèmes de nazis lituaniens des Loups de Fer, affirmaient néanmoins qu'ils dataient du Moyen-Âge. Comme quoi, c'est sous cette forme qu'ils trouvent une large utilisation en Lituanie "démocratique" contemporaine. Nous savons parfaitement que les marches et tout ce qui concerne le culte du feu dans l'ensemble ont également de profondes racines ancestrales, tout comme l'histoire de la croix gammée. Mais le monde a tiré les bonnes conclusions de la tragédie du XXe siècle est a donné son avis sur les événements de la Seconde Guerre mondiale, l'idéologie du fascisme et du nazisme et les symboles qui ont été des emblèmes pour le plus grand crime dans l'histoire de l'humanité. Les symboles du Troisième Reich possèdent des racines ancestrales, mais ils sont tout de même inadmissibles. Pourquoi inventer, faire des choses évidentes et leur accorder un "crédit historique"? Ces "flirts" avec le thème néonazi sont extrêmement dangereux. Berlin ne peut pas l'ignorer.

C'est loin d'être la première histoire peu attrayante impliquant le groupe militaire allemand déployé en Lituanie. Les faits confirmés par la suite par des dirigeants allemands ont été largement couverts par les médias allemands. En avril 2021, des militaires allemands stationnés à Rukla ont organisé une "célébration" de l'anniversaire d'Hitler en chantant des marches nazies, des chansons antisémites, en se moquant et en frappant leurs collègues. La Ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer a publiquement condamné le comportement de ses subordonnés et a retiré toute la section où servaient les fautifs. Toutes ces choses sont interconnectées. L'encouragement ou l'ignorance silencieuse des "flirts" avec l'idéologie et les symboles nazis conduisent à de tels résultats pratiques. Les inspections de service qui ont suivi ont mis en évidence de nombreux actes de harcèlement, de violences physiques, de manifestations d'antisémitisme, de racisme et d'extrémisme de droite. Tout a des origines. Il ne s'agit pas de simples majeurs, mais de militaires. Un manque important de munitions a été également établi. C'est terrifiant d'imaginer ce qui s'y passait compte tenu des faits révélés.

Ce n'est pas tant une nouvelle preuve de la désintégration du moral militaire au sein de l'armée allemande qui consterne que la perte de la mémoire historique progressive des Allemands. Ces facteurs réunis pourraient entraîner des résultats regrettables. Il s'agit clairement d'une incompréhension totale de l'histoire complexe des pays baltes en période d'occupation par l'Allemagne nazie et dans l'ensemble de ce que le monde civilisé considère comme inadmissible: le "flirt" avec le thème néonazi. Cela donne l'impression que les Allemands, comme à l'époque de la Seconde Guerre mondiale, continuent de considérer cette région comme leur fief en se permettant d'y faire tout ce que bon leur semble. Peut-être qu'ils se réfèrent au Moyen-Âge, mais nous vivons au XXIe siècle.

 

Sur un nouvel exemple de la politique nationale polonaise visant à falsifier l'histoire de la Seconde Guerre mondiale

 

En prévision des 80 ans de l'attaque de l'Allemagne nazie contre l'URSS, le conducteur principal de la politique historique polonaise contemporaine, l'Institut de la mémoire nationale, a organisé le 17 juin la conférence "L'attaque du Troisième Reich contre l'URSS en juin 1941 et son impact sur le problème polonais", alors que ses collaborateurs se sont distingués par une série de publications provocantes.

Varsovie et ses "pseudo-scientifiques" falsificateurs, qu'il est impossible de qualifier d'"historiens" nous ont habitué depuis longtemps au fait qu'ils ignorent les notions telles que la mémoire historique, le deuil et le respect de l'histoire.

Les cas de profanation des lieux de mémoire et des cimetières soviétiques et russes et les exactions antisémites sont régulièrement rapportés des rives de la Vistule. Nous ne pouvons pas passer à côté des tentatives polonaises de modifier le passer à partir des positions proches des complices idéologiques des nazis, des collaborationnistes.

Nous sommes profondément indignés par les tentatives sous couvert d'une activité "scientifique" de populariser des thèmes que "le conflit soviéto-allemand était bénéfique pour les Polonais", que "l'arrivée des Allemands en 1941 était considérée par les habitants des "anciennes périphéries polonaises" (c'est ainsi que l'Institut de la mémoire nationale appelle la Biélorussie occidentale et l'Ukraine, ainsi qu'une partie de la Lituanie) comme une délivrance". C'est étrange de rappeler aux Polonais que le régime hitlérien apportait l'asservissement et la mort pour eux, pour les Russes, les Biélorusses, les Ukrainiens, les Juifs, les Lituaniens et d'autres nations. C'est précisément ce qui a commencé, et non une "délivrance" en 1939 sur le territoire du gouvernorat général et des parties de la Pologne annexées par l'Allemagne et, à partir du 22 juin 1941, sur les territoires soviétiques où entraient les occupants allemands. Un terme y a été mis par l'exploit héroïque du peuple soviétique et de l'Armée rouge qui a défait le fascisme et a sauvé les nations de l'Europe contre la peste nazie menaçant par une extermination. Notamment des Polonais.

Les aspirations antirusses des autorités polonaises dans différents domaines au cours de ces dernières années ne connaissent pas de limites. En observant sur l'exemple de l'Institut polonais de la mémoire nationale une évolution progressive de "l'inconscience" à travers la russophobie et les falsifications historiques vers la justification partielle du fascisme haineux, nous voulons avertir tous ceux qui n'ont pas encore compris: c'est précisément le danger de la réécriture de l'histoire au profit de la conjoncture politique momentanée.

 

Sur les tentatives des autorités allemandes d'empêcher la diffusion de la chaîne RT DE

 

Fin 2021, nous attendons le lancement de la chaîne RT en allemand, ce qui a été annoncé en début d'année. Nous ne sommes manifestement pas les seuls à l'attendre, mais différemment.

Nous avons constaté plusieurs fois que la chaîne RT était confrontée à plusieurs obstacles, nous avons beaucoup parlé du blocage des comptes, de l'impossibilité d'"opérer" normalement sur le territoire allemand sur le plan financier, tout en respectant rigoureusement la législation allemande. Comme le montre notamment la politique discriminatoire de la Commerzbank, même s'il devrait être question d'un secteur purement commercial. Mais la politique est allée jusque-là. Sans aucune raison pour cela, sans explications la banque a clos les comptes de RT DE Production. Je rappelle que le plus grand détenteur des actions de la banque est la République fédérale d'Allemagne elle-même. Ce n'est pas un premier cas d'entrave à l'activité des médias russes en Allemagne. Nous avons tenté s'y attirer l'attention publiquement car les efforts de mettre en place un dialogue constructif sur différents niveaux n'apportaient pas de résultats. Les obstacles causés par les "structures purement commerciales" (mais nous comprenons qu'elles sont politisées) et la résistance opposée par plusieurs représentants de services publics ont été suffisants pour s'interroger s'il n'est pas temps de s'arrêter et de revenir aux grands standards en matière de liberté d'expression dont Berlin parle au monde entier.

Le journal Süddeutsche Zeitung a récemment publié une investigation sur la campagne de Berlin visant à empêcher la diffusion de RT Deutsch.

RT a demandé une autorisation à Luxembourg pour obtenir le droit de diffuser sur le territoire de l'UE. Le signal sera transmis de Moscou au satellite luxembourgeois Astra sur le territoire de l'UE. La requête a été déposée conformément à la législation européenne en matière de diffusion télévisée sous licence conformément aux critères qui s'appliquent. Avant la déposition même de la demande des bureaucrates allemands se sont fixés pour but de saboter tout cela. Comme l'écrit Süddeutsche Zeitung, il en était question pendant une réunion secrète avec la participation de membres du gouvernement allemand, ainsi que de diplomates et de représentants des renseignements allemands et luxembourgeois et des régulateurs médiatiques du Luxembourg. Nous espérons que des commentaires officiels seront faits à ce sujet, compte tenu du pédantisme avec lequel Berlin défend les principes démocratiques fondamentaux: la liberté d'expression et la protection des droits des journalistes. Nous voudrions entendre une explication.

Tout cela, en plus de la guerre de l'information interminable déclarée par les médias allemands à la chaîne russe, avec la participation de Bild, Spiegel, Focus, Frankfurter Rundschau, et d'autres éditions. RT DE est qualifiée de tous les noms: "porte-parole du Kremlin" et "arme de propagande". Leur comportement n'est pas simplement indécent, il est au-delà de l'éthique professionnelle. Ils répondent toujours qu'ils ne considèrent pas la chaîne RT comme professionnelle ni même comme un média. Premièrement, ce n'est pas à eux d'en décider. Deuxièmement, des millions de spectateurs et d'utilisateurs des produits de la chaîne à travers le monde ont confirmé que c'est RT qui fournit en grande partie un point de vue alternatif qui ne peut pas percer sur les ondes des plus grands médias mondiaux car ils sont engagés dans plusieurs domaines, ont confirmé ce que tout le monde sait: RT c'est des journalistes qui fournissent un contenu de qualité et remplissent de bonne foi leurs fonctions professionnels. C'est étonnant que la diffusion n'a pas encore lancée mais la chaîne a déjà été accusée de diminuer la popularité des Verts. Comment est-ce possible?

Il nous est étrange et triste de voir la violation et la déformation du droit fondamental à la liberté de diffusion et d'obtention de l'information fixé dans plusieurs accords internationaux considérés par Berlin comme une directive à suivre.

Peut-être que Berlin l'ignore, qu'il l'entende de notre part. Plusieurs journalistes allemands travaillent en Russie. Ils bénéficient des mêmes droits que les russes. Les médias russes ne se sont jamais permis à leur égard même une partie de ce que se permettent les journalistes allemands. Nous n'avons pas soulevé la question concernant l'activité sur le territoire russe, par exemple, de Deutsche Welle, holding "indépendant" directement financé par le budget allemand. Personne ne cause aucun obstacle à leur activité. Devons-nous tolérer et combien de temps nous tolérerons une telle attitude envers les médias russes en Allemagne, tout en offrant la possibilité pour exercer un journalisme libre, professionnel et de qualité des médias allemands dans notre pays? N'avons-nous pas approché d'un seuil dangereux de notre bonne attitude basée sur le respect de la liberté d'expression? Je trouve que si. L'Allemagne n'abuse-t-elle pas de notre patience et bonne attitude? Il est temps pour Berlin de s'arrêter dans la persécution et les attaques contre les journalistes et les médias russes.

Ce n'est pas le seul exemple d'approche engagée et d'irrespect de la liberté d'expression du côté des partenaires occidentaux.

 

Sur le blocage de plusieurs médias iraniens sur directive des Etats-Unis

 

Le 22 juin, des opérateurs internet américains ont limité l'accès à plus de trente sites médiatiques publics de l'Iran sous prétexte de "mesures coercitives" à leur égard. Le commentaire officiel n'a été fait que le lendemain. Le communiqué de presse du Département de la Justice américain publié le 23 juin stipule que le tribunal a décidé de les bloquer pour de prétendues accusations de diffuser de la désinformation et d'influence malveillante sur le territoire américain. A première vue, rien de nouveau. Les accusations de désinformation sont profondément enracinées dans la tradition politique de Washington en devenant une méthode pratique pour lutter contre les médias et les journalistes indésirables inscrits sur une liste particulière des politiques américains.

Les actions de Washington ont suscité une réaction attendue à Téhéran. Le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de l'Iran Saeed Khatibzadeh a qualifié cet acte de "violation scandaleuse de la liberté d'expression", de "nouvel exemple du deux poids deux mesures du côté des Etats-Unis" (je ne peux pas être d'accord, c'est une violation des normes et règles internationales) et l'a considéré comme une "approche absolument destructive" dans le contexte des négociations sur le Plan d'action. Nous partageons entièrement l'avis du collègue iranien. Même si nous pourrions le renforcer. Ce n'est pas du deux poids deux mesures, c'est une violation des normes et règles internationales. Le deux poids deux mesures n'est pas la fermeture des médias, mais quand ils font l'objet d'une approche engagée. S'ils commencent à être bloqués, c'est une persécution pour des motifs politiques.

Le cynisme avec lequel agit Washington dépasse déjà toutes les limites. Le changement de la direction à la Maison Blanche ne s'est pas reflété sur la liberté d'expression pour les "siens" et les "autres". Elle continue de parler du respect de la liberté d'expression et des droits des médias, tout en limitant en réalité l'accès aux sources d'information étrangère sans faire attention à leurs propres idéaux.

Cela donne l'impression que les Etats-Unis se sont trop pris au jeu des censeurs de l'internet. Tout en oubliant leurs engagements internationaux en matière de droits de l'homme. Par exemple, l'art. 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 fixant le droit de "chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit". Ainsi que l'art. 9.1. du Document de Copenhague de l'OSCE de 1990 prévoyant la "liberté d’exprimer des opinions ainsi que de recevoir et de transmettre des informations et des idées, sans ingérence de la part des autorités publiques et sans considération de frontières". Les documents peuvent être cités pendant longtemps. Il est important que les Etats-Unis ne les rejettent pas.

Sans parler de l'éthique des grandes entreprises avec d'immenses chiffres d'affaires et cotes d'actions en bourse. Ces géants technologiques (et nous savons qu'ils sont associés à Washington) ferment facilement les yeux sur les codes et les chartes de beaucoup de pages de leurs organisations et privent facilement des populations entières de la possibilité d'exprimer leur avis au monde. Tout cela a lieu en pleines discussions difficiles sur le Plan d'action à Vienne directement liées à la sécurité.

Nous savons que certains sites bloqués ont pu revenir à présent sur le réseau avec de nouvelles adresses de domaine, mais cela ne peut pas être considéré comme une solution à la situation. Nous appelons les compagnies d'internet et les autorités américaines à revenir dans le cadre du droit, à renoncer aux blocages politisés et à ne pas négliger les valeurs démocratiques au profit des intérêts d'un groupe de l'élite de Washington puisqu'ils n'ont pas encore renoncé à leurs grandes déclarations adressées à d'autres Etats en matière de liberté d'expression.

Une réaction impartiale est nécessaire de la part des structures internationales et organisations des droits de l'homme. La situation dangereuse causée par les Etats-Unis mérite l'attention de l'envoyé spécial du Secrétaire d'Etat de l'Onu pour la coopération numérique Fabrizio Hochschild.

 

Réponses aux questions:

Question: Après les communiqués que les dirigeants de l'UE, pendant la réunion à Bruxelles, ont décliné l'initiative de l'Allemagne et de la France d'organiser un sommet UE-Russie, la Chancelière allemande Angela Merkel a parlé plusieurs fois de la nécessité d'organiser des rencontres entre les dirigeants de l'UE et le Président russe Vladimir Poutine. D'après vous, un tel sommet est-il nécessaire pour la Russie? La normalisation des relations avec l'UE est-elle possible sans rencontres supplémentaires?

Réponse: La réponse à cette question a déjà été donnée le 25 juin par le directeur adjoint de l'Administration, le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov. Nous constatons avec regret la réticence de l'UE à relancer le dialogue avec la Russie.

Je rappelle que les sommets UE-Russie étaient traditionnellement organisés deux fois par an (32 rencontres ont eu lieu dans ce format). Ce format était au sommet de l'architecture d'interaction multiniveau difficilement construite. Il permettait de régler par le biais des négociations non seulement les différents problèmes pratiques, mais également de déterminer le vecteur stratégique des relations, ce qui était dans l'intérêt des habitants de la Russie et des pays de l'UE.

En 2014, quand le soutien du coup d'Etat anticonstitutionnel à Kiev par les pays occidentaux a provoqué une très profonde crise ukrainienne, avec une projection sur la situation dans toute l'Europe, Bruxelles a unilatéralement "freiné" le format des sommets UE-Russie. Ils l'ont fait sans raison réelle mais en fonction des intérêts conjoncturels et sous une forte pression: les Etats-Unis dictaient à l'époque leur volonté à l'UE. Ce n'était pas notre choix. Nous partons du principe que l'UE deviendra l'initiateur du rétablissement de ce format. Le récent sommet russo-américain a montré que le dialogue au sommet était possible et utile même quand les positions des parties divergent sérieusement.

Sachant que la coopération ne surgit pas de nulle part. Les rencontres juste pour se rencontrer, comme le disais le gouvernement russe à différents niveaux, n'a aucun sens. Pour tous les contacts politiques, qui plus est au sommet, doivent être créées les conditions appropriées. L'une d'elles est la présence d'une volonté politique pour un travail constructif commun. Mais les signaux que nous recevons ces derniers temps de l'UE témoignent de l'absence d'une telle disposition. Je voudrais attirer l'attention sur l'article du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov "Sur le droit, les droits et les règles" du 28 juin dernier qui couvre ce problème.

Question: Vous avez déjà parlé de la République tchèque aujourd'hui. Que pouvez-vous dire sur l'interpellation violente par la police tchèque du représentant de la communauté tzigane Stanislav Tomas, qui est décédé ensuite? Il est déjà qualifié de "Floyd tchèque".

Réponse: Cela s'est produit pendant la seconde moitié de juin cette année. Nous trouvons déconcertante la justification des faits par les autorités tchèques et l'absence d'une enquête officielle. A en juger par ce à quoi nous assistons concernant les explosions, l'absence d'une enquête est une norme pour Prague. Il a été possible d'attirer l'attention sur cet incident seulement en utilisant les sites de la communauté tzigane et, contrairement à la situation similaire aux Etats-Unis, cette tragédie n'a pas été commentée que ce soit par l'Etat ou par la communauté civile.

Il est apparemment question d'une manifestation systémique de la xénophobie, notamment envers la communauté tsigane en République tchèque, qui doit être remarquée par la communauté internationale. Cet événement concerne la situation défavorable dans le pays concernant les droits de la minorité tzigane, la ségrégation et la discrimination des Tziganes pour lesquelles la République tchèque est régulièrement critiquée par les structures internationales spécialisées: l'OSCE et le Conseil de l'Europe, y compris la Cour européenne des droits de l'homme.

Les appels adressés à Prague à respecter rigoureusement ses engagements juridiques internationaux dans le cadre de la lutte contre la discrimination des citoyens tchèques, en matière d'encouragement et de protection des droits des minorités nationales sont très justifiés.

Nous soutenons les appels de la direction du Conseil de l'Europe à organiser immédiatement une enquête indépendante sur la mort de Stanislav Tomas.

Question: Ces derniers temps, des médias étrangers et des représentants de pays étrangers expriment de plus en plus souvent leur inquiétude par le renforcement des positions des talibans en Afghanistan. Moscou n'est pas de cet avis. Cette semaine, l'Ambassadeur de Russie à Kaboul Dmitri Jirnov a déclaré que les talibans n'avaient pas suffisamment de forces pour faire quelque chose de sérieux en Afghanistan. Pouvez-vous expliquer pourquoi la position de la Russie est différente d'autres pays et parler plus en détail des approches de Moscou en la matière?

Réponse: Ces derniers temps, sur fond d'achèvement du retrait des forces étrangères d'Afghanistan nous assistons à une intensification de l'activité des talibans dans plusieurs régions du pays, notamment dans les provinces du nord et du nord-est, à proximité immédiate des frontières de pays d'Asie centrale. Plus de 30 districts sont passés sous le contrôle des combattants dans cette partie de l'Afghanistan au cours de ces dix derniers jours. Les forces nationales de sécurité afghanes résistent difficilement à la pression. En même temps, les grandes villes et les centres administratifs des provinces, y compris la capitale afghane de Kaboul, ne sont pas touchés, ce qui indique qu'à l'heure actuelle l'opposition armée ne dispose pas de ressources nécessaires pour cela.

Dans l'ensemble, nous ne sommes pas enclins à dramatiser l'aggravation traditionnelle pour cette période de l'année de la confrontation armée entre les forces gouvernementales et les talibans. Nous pensons qu'à l'issue de la "saison de combat" la situation militaire se stabilisera relativement dans le pays et les belligérants seront prêts réellement, et non en paroles, à entamer un dialogue de paix constructif.

Question: L'activité militaire des talibans et leur influence dans les régions au nord de l'Afghanistan s'est renforcée ces derniers temps. Est-ce que, selon la Russie, cela représente une menace pour les Etats voisins en Asie centrale?

Réponse: Selon les déclarations des représentants des talibans et selon nous, les talibans n'ont pas l'intention d'aggraver les relations avec les pays voisins.

En même temps, la hausse de la tension militaire dans les provinces afghanes frontalières avec les pays d'Asie centrale pourrait provoquer une crise humanitaire et une hausse du nombre de réfugiés dans la région, ce qui nous préoccupe.

A cet égard, nous appelons les deux belligérants afghans à cesser au plus vite les activités militaires et à entamer des négociations substantielles sur l'agenda de la réconciliation nationale afin que tout cela soit validé dans la pratique et pas seulement en paroles.

Question: Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a déclaré que l'UE étudiait la possibilité de décréter de nouvelles sanctions contre la Russie, qui seront présentées dans les mois à venir si "la Russie continue d'enfreindre le droit international sur le territoire des Etats membres de l'UE et des pays voisins". Toutefois, il n'a pas précisé quelles sont ces infractions. En même temps, Josep Borrell a déclaré qu'il travaillait sur des options d'interaction avec Moscou. Cela donne un oxymoron.

Que pense Moscou d'une telle intention de Josep Borrell à la fois de restreindre la Russie et de coopérer avec elle dans les "secteurs d'intérêts convergents"? Est-ce que la Russie réagira symétriquement en cas de nouvelles restrictions de l'UE?

Réponse: Nous sommes forcés à commenter plusieurs fois par jour les déclarations de l'UE, notamment les pensées philosophiques de Josep Borrell. La déclaration citée est apparue sur son blog personnel publié sur le site du Service européen pour l'action extérieure le 28 juin. Honnêtement, je doute qu'il écrit lui-même. On a le sentiment que quelqu'un le prépare pour plusieurs raisons. Le texte en question est basé sur une illusion et une autosuggestion dangereuse comme quoi il serait possible de parler à la Russie dans le langage des menaces et des ultimatums. Pourquoi avec une obstination qui mériterait un meilleur usage ils ne veulent pas voir et entendre nos déclarations qu'il est inadmissible de nous parler ainsi, que toutes les tentatives de dialoguer à partir d'une telle position sont vouées à l'échec, je l'ignore. Selon moi, nous nous sommes suffisamment exprimés à ce sujet pour s'en rappeler. Pourquoi ils n'entendent pas, ne voient pas ou ne se rappellent pas (je n'exclus pas cette option): cette question d'adresse à l'UE.

La triade des principes exprimés dans la publication lesquels Bruxelles compte appliquer dans les relations avec notre pays semble anecdotique: "la résistance, l'enchaînement et la coopération sélective". En principe, non seulement par rapport à notre pays mais également à d'autres Etats, peuples et organisations cela ne peut pas servir de base pour rétablir la confiance et construire des relations stables et prévisibles. C'est une logique préjudiciable. Cela contient une certaine sensibilité de la perception. Cela ne convient certainement pas pour le XXIe siècle compte tenu de l'immense expérience accumulée dans la politique mondiale.

La nouvelle "structure" (difficile de la qualifier de philosophie) possède les mêmes lacunes que les fameux "cinq principes de Federica Mogherini" de 2016. C'est une interprétation vicieuse des Accords de Minsk pour régler la crise en Ukraine, dont la mise en œuvre est systématiquement sabotée par les autorités de Kiev. Derrière le soutien déclaré des Etats concernés par l'initiative Partenariat oriental on perçoit de nouveau l'aspiration des structures européennes de placer les pays de l'espace postsoviétique devant le faux choix artificiel: avec la Russie ou avec l'UE. En laissant hors de la critique, parce que c'est illogique et déraisonnable, tout ce qui concerne les tentatives de présenter la Russie sous faux prétexte comme une menace pour les pays membres de l'UE, notamment dans la prétendue activité criminelle dans les cybersphère.

Nous avons cité des exemples qui montrent comment grâce à l'opération menée sur le territoire des pays de l'UE avec la participation de leurs organes compétents étaient capturés des hackers, des fraudeurs, des cybercriminels et des spécialistes informatiques du crime organisé. Mais ils écrivent tout de même que la Russie "reste une source de prétendues menaces et d'activité criminelle dans la cybersphère". Ils diffusent des publications qui sont basés sur des informations manifestement obtenues de manière illégale, par piratage. Personne dans les pays de l'UE et plus largement de l'Otan ne se demande comment sont obtenues ces informations, d'où elles viennent. Si c'est bénéfique pour eux, ils les utilisent sans se demander à qui appartiennent ces hackers. Tout cela témoigne d'une hypocrisie globale et de la réticence à tenir compte de la réalité.

Je voudrais rappeler que c'est l'UE qui esquive continuellement une discussion professionnelle sur les cybermenaces et la lutte contre la désinformation. Nous avons proposé plusieurs fois à tous nos partenaires, notamment occidentaux, de construire des mécanismes (ils existent chez nous, les Européens le savent) pour interagir notamment sur la cybersécurité, la sécurité de l'information internationale.

En terminant la réponse à votre question, je voudrais dire ceci. Il est inutile de parler à la Russie dans le langage des sanctions, du chantage et des menaces. Nous regrettons qu'au lieu de reconnaître ce fait évident et historique l'UE continue d'attiser la rhétorique conflictuelle qui l'éloigne de plus en plus de notre pays. En essayant, d'un côté, d'"enchaîner" la Russie et, de l'autre, de développer la coopération dans les secteurs où c'est bénéfique pour lui Bruxelles se retrouve en otage de son propre concept vicieux de principes mutuellement exclusifs et de préceptes pour normaliser les relations entre la Russie et l'UE.

La poursuite de cette ligne conduit à une crise de confiance sans précédent, à la stagnation inutile des formats de coopération entre la Russie et l'UE qui existaient avant le coup d'Etat en Ukraine en février 2014.

Il existe une alternative à cette ligne à courte vue. Il s'agit de la coopération mutuellement avantageuse et équitable compte tenu des intérêts réciproques. La construction des relations avec la Russie sur une telle base porterait ses fruits. Si l'UE ne veut pas l'entendre, au moins qu'elle ne bloque pas l'information à ce sujet pour que les nations de l'UE connaissent notre position. Nous espérons qu'au final les pays membres de l'UE en prendront conscience s'ils souhaitent garantir la sécurité et la stabilité sur notre continent commun. Et s'ils ne le souhaitent pas, qu'ils le disent franchement.

Question: Le Ministère néerlandais de la Défense a accusé la Russie de créer une situation dangereuse en mer Noire où naviguait la frégate néerlandaise Evertsen. Le Ministère néerlandais de la Défense a notamment déclaré: "Des chasseurs russes ont créé une situation dangereuse sur le Zr.Ms. Evertsen en mer Noire. C'est arrivé jeudi dernier quand le navire de guerre se trouvait au sud-est de la Crimée." Et d'ajouter que les actions de la Russie étaient contraires au droit de liberté de navigation.

Que pense la Russie d'une telle déclaration/accusation des Pays-Bas? Comment la Russie réagira-t-elle à une telle accusation?

Réponse: Le Ministère russe de la Défense a déjà apporté des explications exhaustives à ce sujet. Il reste seulement à rappeler que, contrairement aux affirmations des autorités néerlandaises, les vols des avions russes étaient parfaitement conformes aux règles internationales de l'usage de l'espace aérien. Notre aviation militaire a décollé uniquement quand la frégate néerlandaise Evertsen, naviguant en mer Noire au sud-est du littoral criméen, a changé de cap en direction du territoire russe. Afin d'empêcher la violation de la frontière des eaux territoriales russes des chasseurs Su-30 et un bombardier Su-24 ont effectué des survols à une distance sûre à proximité du navire néerlandais. Il ne peut être question d'aucune infraction du droit de liberté de navigation ou de création d'une situation dangereuse. Nous considérons toutes les tentatives de l'interpréter ainsi, comme l'ont fait les Pays-Bas, comme de la désinformation malveillante.

Nous ne comprenons pas pourquoi les Pays-Bas ont tant tardé (5 jours) à faire leur déclaration. Aucune explication ni preuve d'une "agression" ne nous a été apportée. Etant donné que l'incident avec l'Evertsen s'est produit le lendemain après le cas du destroyer britannique Defender, il est difficile de se refuser le plaisir de souligner que les Pays-Bas agissait en coordination aussi bien au niveau de l'Otan que directement en contact avec les partenaires britanniques. Ce qui prête à penser que la manœuvre dangereuse de la frégate néerlandaise a été une provocation intentionnelle.

Question: Les exercices Sea Breeze 2021 de l'Otan ont commencé en mer Noire. Des déclarations provocantes ont commencé à être faites au vu de la récente provocation dangereuse du Royaume-Uni près du cap Fiolent de la Crimée.

"Les navires de l'Ukraine et de l'Otan peuvent naviguer dans les eaux de la Crimée après le destroyer britannique Defender", cette supposition a été faite par l'ancien chef adjoint de l'état-major des forces armées ukrainiennes Igor Romanenko. Il a également ajouté que "les Russes comprennent seulement la force".

Comment la Russie considère-t-elle cette déclaration, comme une provocation ou une menace? En cas de provocation intentionnelle des participants aux exercices de l'Otan contre la Crimée, comment la Russie protégera-t-elle ses frontières? L'Otan organise-t-elle une provocation intentionnelle pour créer un conflit armé réel? Comment est-il possible de faire entrave à ces intentions dangereuses de l'Otan pour toute la région de la mer Noire?

Réponse: En ce qui concerne la déclaration d'Igor Romanenko, premièrement, c'est une aberration. Deuxièmement, c'est à la fois une provocation, des menaces et tout ce que cela concerne. Troisièmement, cette déclaration est destinée au public intérieur quand il n'y a pas d'autres raisons de "faire preuve de vertu", pas de nécessité de régler les problèmes actuels liés aux tâches et aux intérêts nationaux réels. En l'absence d'une telle possibilité commence une telle rhétorique.

Nous avons déjà déclaré plusieurs fois que des exercices de l'Otan (sur le territoire de l'Ukraine ou avec sa participation) étaient régulièrement organisés dans les eaux mentionnées. Ils sont organisés sur différents axes. Il s'agit évidemment d'un "jeu de muscles" provocateur. Plus de 30 pays ont été réunis avec des navires de guerre et près de 5.000 hommes. Ils l'ont qualifié d'"exercice" Sea Breeze 2021. Quel rapport avec les intentions bienveillantes? Quel rapport avec les exercices? Tout cela se déroule sur une base politique appropriée. Le déploiement opérationnel d'une telle envergure à proximité du territoire russe suscite une réaction appropriée de notre côté. De facto, la mer Noire est progressivement transformée par Washington et ses alliés d'un espace de coopération en zone de confrontation de force. C'est fait intentionnellement pour qu'une autre région du monde sous la direction des Etats-Unis devienne instable et commence à représenter une menace.

Il ne fait aucun doute que ces manœuvres possèdent un fond antirusse flagrant. Vous pouvez vous en convaincre vous-mêmes. Les exemples sont nombreux, vous les avez mentionnés vous-mêmes. C'est le destroyer britannique Defender qui a commis des actes provocants. Cela a manifestement commencé pour attiser le fond médiatique en prévision des exerces. La frontière nationale russe a été effrontément enfreinte. Le 24 juin, c'est la frégate néerlandaise qui affichait cette fois des intentions provocantes.

De notre point de vue, ces événements sont coordonnés. Cela témoigne de la poursuite d'une ligne agressive de l'Otan envers la Russie.

En parlant d'une disposition au dialogue, en réalité l'Otan déstabilise sciemment la situation sur le périmètre de nos frontières et accroît le danger des incidents armés. Si l'Otan voulait réellement réduire le degré de la confrontation, cela fait longtemps qu'elle réagirait aux propositions russes de désescalade et de diminution de l'activité militaire, notamment concernant l'éloignement des zones d'exercices de la ligne de contact, au lieu d'organiser des provocations avec des conséquences imprévisibles et des mensonges interminables pour justifier ses actions agressives.

Question: La citoyenne russe Sofia Sapega interpellée en Biélorussie a été récemment assignée à résidence. Cependant, il reste encore dans des prisons biélorusses des Russes également interpellés pour leur participation aux manifestations. Quel a été le rôle du Ministère russe des Affaires étrangères dans la situation relative à Sofia Sapega? Compte-t-il apporter son soutien à d'autres citoyens?

Réponse: La protection des droits des citoyens russes qui se sont retrouvés dans une situation difficile à l'étranger et leur soutien consulaire est l'une des priorités de l'activité du Ministère russe des Affaires étrangères. Elle est fixée dans les documents appropriés et elle est appliquée partout, et pas dans une région à part.

L'Ambassade de Russie à Minsk veille très attentivement au sort de Sofia Sapega et lui apporte tout son soutien en contact étroit avec ses proches et avocats. A la demande du beau-père de la Russe le Fonds de soutien et de protection des droits des compatriotes résidant à l'étranger a décidé d'allouer des fonds pour payer les services d'avocat et a commencé leur virement.

Le consul russe a personnellement rendu visite à Sofia Sapega en cellule de détention provisoire du KGB biélorusse.

A partir du 23 juin, la mesure coercitive de Sofia Sapega a été modifiée de détention à l'assignation à résidence. Une nouvelle visite consulaire de la Russe est prévue à son nouveau lieu de résidence.

La question relative au sort de Sofia Sapega est à l'ordre du jour des contacts russo-biélorusses, elle est surveillée. L'Ambassade de Russie en Biélorussie poursuit des efforts actifs pour protéger les droits de Sofia Sapega en contact avec ses proches et avocats.

En ce qui concerne d'autres citoyens. Nous avons également reçu des questions concernant un autre citoyen, Dmitri Popov. Il a été arrêté par le Comité d'enquête du Bélarus le 17 juin 2020 accusé d'avoir organisé des actions de groupe causant de graves troubles à l'ordre public, il se trouve actuellement en détention provisoire à Gomel. Des collaborateurs consulaires russes ont rendu visite à Dmitri Popov et sont en contact permanent avec son avocat.

Nos collègues de l'Ambassade de Minsk suivent également attentivement la situation concernant d'autres citoyens russes arrêtés pour avoir participé aux manifestations (Egor Doudnikov, Alexandre Guedjadze). N'en doutez pas.

Dans l'ensemble, 785 Russes sont détenus en Biélorussie pour différentes infractions. Dont 94 avec un statut de suspect, 163 accusés et 528 prisonniers. Je souligne que les diplomates russes suivent tous ces cas. Chaque interpellé bénéficie d'une assistance consulaire si nécessaire. Nous estimons qu'un citoyen russe doivent avoir le droit de défendre ses droits et de bénéficier d'un soutien approprié de la part des établissements diplomatiques à l'étranger. J'espère que vous ne ferez pas de différences, ne tracerez pas de lignes entre les citoyens et que vous vous intéresserez au sort de tous ceux qui ont besoin d'aide. Je trouve que ce sera juste et correct.

Question: Vous avez parlé d'Egor Doudnikov. Via son avocat il a transmis une note indiquant qu'il a subi la torture, il a été frappé, il a reçu des menaces des forces de l'ordre biélorusses? Est-ce que les diplomates russes sont au courant de cette information puisqu'ils sont en contact avec son avocat? Quelles actions sont entreprises dans le dialogue avec les autorités biélorusses pour protéger les droits du citoyen russe?

Réponse: J'ai déclaré que nous étions en contact avec les autorités biélorusses sur tous les cas. Sur chaque cas il y a ses détails, sa situation. Si les interpellés, les détenus ont besoin d'une visite d'un collaborateur consulaire, nous dressons un calendrier des visites. Je vous ai cité les chiffres. Vous pouvez vous imaginer le nombre de collaborateurs de notre ambassade et le nombre de personnes qui sont détenus en Biélorussie. Sur chaque cas nous travaillons conformément aux requêtes que nous recevons de la part des citoyens russes.

Je voudrais souligner ce qui fait effectivement partie de nos efforts quotidiens. Des citoyens russes se retrouvent dans des situations de vie difficiles concernant les interpellations, les restrictions de Covid et les difficultés dans la logistique internationale.

Je peux assurer, et cela a été dit par le gouvernement russe et par le Ministère des Affaires étrangères, que ce n'est pas seulement une priorité sur le papier, cela fait partie des efforts quotidiens de nos ambassades, services consulaires et consulats généraux.

Question: Nous nous souvenons de l'acte russophobe grossier du maire de Riga Martins Stakis dans la capitale lettone pendant le championnat du monde de hockey, qui a retiré le drapeau national de la Fédération de Russie dans le centre-ville. Outre le commentaire du Ministère russe des Affaires étrangères, est-ce que la Russie y a réagi d'une autre manière?

Réponse: Nous avons déjà commenté cette action russophobe sans précédent. Nous partons du principe qu'en occupant un tel poste il devrait être au courant de la norme universelle de respect des symboles étatiques.

Dans les conditions socioéconomiques actuelles difficiles de la Lettonie, le maire de Riga devrait plutôt songer au développement des liens commerciaux et économiques avec les régions russes, comme le faisaient ses prédécesseurs avec succès, au lieu de faire de l'hooliganisme politique. Ces liens apporteraient un profit réel non pas à une personne concrète pour marquer des points politiques russophobes, mais aux personnes qui vivent dans ce pays.

Ce qui sera bien plus difficile à faire à présent pour Martins Stakis. Il est inscrit sur la liste des personnes non grata en Fédération de Russie.

Question: Le maire de Tallinn Mihhail Kõlvart a récemment durement critiqué l'initiative du gouvernement estonien de faire passer définitivement le système éducatif en langue nationale d'ici 2035. Que pouvez-vous dire concernant cette déclaration du maire de Tallinn?

Réponse: Nous avons parlé à multiples reprises de la destructivité des intentions de Tallinn de détruire complètement l'éducation russophone dans ce pays balte. Nous avons dit pourquoi ils veulent le faire. Cette volonté vise à saper les droits fondamentaux des minorités nationales fixés dans les documents de l'Onu et du Conseil de l'Europe.

D'ailleurs, la position de la Russie correspond entièrement aux conclusions critiques des structures de surveillance de ces organisations internationales, ainsi que de l'OSCE concernant la politique linguistique des autorités lettonnes. Nous espérons que la pression sur Tallinn ne diminuera pas dans cette question fondamentale.

De son côté, la Russie continuera de suivre de près la situation dans le secteur éducatif de l'Estonie avec les organisations internationales compétentes sur la base juridique existante.

Question: Malgré la gravité du problème de Covid l'UE ne reconnaît pas le vaccin Sputnik V. Est-ce que cela affecte le travail des établissements diplomatiques russes à l'étranger puisqu'il est clair que plusieurs de nos collaborateurs sont vaccinés avec Sputnik V? Est-ce que cela cause des problèmes à nos collaborateurs à l'étranger car ils se trouvent sur un territoire où Sputnik V n'est pas reconnu?

Si ce n'est pas un secret, est-ce que vous personnellement et les collaborateurs du Ministère russe des Affaires étrangères sont vaccinés? Le Ministère russe des Affaires étrangères exige-t-il une vaccination obligatoire pour ses collaborateurs?

Réponse: Le Président russe Vladimir Poutine s'est clairement exprimé concernant la vaccination obligatoire en citant les justifications juridiques.

En ce qui concerne le Ministère, nous avons accordé et continuons d'accorder une attention particulière à la santé de nos collaborateurs. Ce serait bien plus simple si cette question n'était pas politisée, si tout cela se déroulait opérationnellement, de manière organisée, uniquement dans le cadre des normes et règles claires et établies. Malheureusement, ce n'est pas toujours et partout le cas, mais nous avons beaucoup parlé à ce sujet, nous ne nous répéterons pas.

Je préfère vous présenter des faits sans m'approfondir dans l'agenda personnel. Le Ministère russe des Affaires étrangères a envoyé des vaccins (Sputnik V et EpiVacCorona) dans 122 pays. La vaccination a déjà été réalisée dans 243 établissements diplomatiques russes à l'étranger. Je voudrais souligner qu'elle a été volontaire, et les désireux de se vacciner pouvaient choisir le vaccin quand c'était possible. La plupart ont été vaccinés avec le Sputnik V, mais certains ont profité de la proposition des autorités locales pour se vacciner avec des vaccins étrangers. Nous en avons également parlé, plusieurs ambassadeurs en ont parlé. Pourquoi? Parce qu'il n'y avait pas la possibilité d'acheminer le vaccin russe. C'était la difficulté: l'absence d'une licence, de certification ne permettait pas d'envoyer dans certains pays le vaccin russe pour vacciner nos collaborateurs. Par conséquent, ils ont reçu un vaccin étranger. A l'heure actuelle, près de 80% du personnel des représentations diplomatiques ont été vaccinés.

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