13 mai 202121:20

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 13 mai 2021

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Sur les condoléances concernant la tragédie de Kazan

 

Mardi 11 mai, une terrible tragédie s'est produite à l'école n°175 de Kazan, un crime monstrueux: le feu a été ouvert sur des enfants. Vous connaissez les détails.

Nous recevons en ce moment un très grand nombre de messages de soutien du monde entier. Nous continuons de recevoir des condoléances, des mots de compréhension et de compassion. La liste s'allonge chaque minute. Permettez-moi d'énumérer quelques-uns des expéditeurs: le Secrétaire général de l'Onu, le président du Parlement européen, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, la Secrétaire générale de l'OSCE, des chefs d’État (Abkhazie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Turkménistan, Finlande, Ossétie du Sud et d'autres), des premiers ministres, des ministres des Affaires étrangères (Lituanie, Serbie, Turquie, Finlande, Suède, Estonie et d'autres), des ambassadeurs et ambassades d'autres pays accrédités en Russie - tous nous envoient des mots de compassion et de soutien.

Sans oublier les citoyens ordinaires, les habitants, les personnalités publiques. Ils apportent des fleurs, des bougies, des jouets, des dessins devant les ambassades et les consulats de Russie à l'étranger. Ils laissent des messages dans les livres électroniques de condoléances ou publient sur leurs pages sur les réseaux sociaux.

Ces jours-ci, nous sommes unis dans notre rejet de tels crimes, nous sommes avec les proches et les parents des victimes et des blessés. Nous sentons un soutien dans le monde entier. Je voudrais remercier ceux qui ont envoyé des mots aussi sincères et touchants à notre pays et notre population. Je vous remercie!

 

Sur l'entretien à venir de Sergueï Lavrov avec le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la Sierra Leone

 

Lundi 17 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec David J. Francis, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la Sierra Leone, qui se rendra en visite de travail à Moscou du 16 au 18 mai. Il est prévu d'évoquer en détail l'intensification de la coopération bilatérale dans les secteurs politique, commercial, économique, social, et d'autres.

Les deux ministres se focaliseront sur le renforcement du partenariat russo-sierra-léonais dans les domaines tels que l'exploitation des ressources minérales, le secteur énergétique, l'infrastructure et la pêche.

Un échange d'avis en profondeur est prévu sur l'ordre du jour régional et international, notamment sur le règlement des situations de crise et la lutte contre le terrorisme sur le continent africain, ainsi que la lutte contre la prolifération de maladies infectieuses dangereuses, y compris la Covid-19. Les chefs de diplomatie aborderont les perspectives de réforme du Conseil de sécurité des Nations unies compte tenu de la présidence sierra-léonaise du Comité des dix de l'Union africaine pour la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que la progression de la coopération russo-africaine dans le contexte de la préparation de l'organisation du 2e sommet Russie-Afrique en 2022.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov avec les dirigeants des entreprises françaises qui travaillent en Russie et les entreprises russes qui coopèrent avec celles-ci

 

Lundi 17 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion des dirigeants des entreprises françaises qui travaillent en Russie et des entreprises russes qui coopèrent avec celles-ci, membres de la Chambre de commerce et d'industrie franco-russe.

Pendant cet événement, il est prévu d'évoquer l'état et les perspectives de développement des relations commerciales et économiques bilatérales au vu de la complication des relations entre la Russie et l'UE, ainsi que les solutions pour surmonter les conséquences socioéconomiques de la pandémie de coronavirus.

Il s'agira du second entretien du Ministre avec des représentants des milieux d'affaires russe et français dans ce format. La réunion précédente remonte à mai 2015.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'OTSC

 

Mercredi 19 mai à Douchanbé, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), présidée cette année par le Tadjikistan.

Il est prévu d'échanger les avis sur l'état et les perspectives du développement de la situation internationale en évaluant son impact sur la sécurité des Etats membres de l'Organisation, ainsi que sur le développement et le renforcement de la coopération multidimensionnelle dans le cadre de l'OTSC.

Les chefs de délégation approuveront les solutions proposées pendant la session d'automne du Conseil de sécurité collective de l'Organisation. Il est prévu d'adopter plusieurs déclarations conjointes sur l'ordre du jour international, ainsi que sur la coopération de l'OTSC avec les pays et les organisations internationales intéressés.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov à la réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique à Reykjavik (Islande), prévue le 20 mai

 

Les 19 et 20 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail en Islande, où se déroulera une réunion ministérielle du Conseil de l'Arctique à laquelle participeront les chefs de diplomatie des États membres de l'organisation.

Pendant la réunion de Reykjavik les ministres évoqueront le développement de la coopération entre les États arctiques, la coordination de leurs actions afin de garantir un développement durable de la région, la protection de l'environnement, la préservation de la culture, des traditions et des langues des peuples autochtones du Nord. Dans le cadre du programme d'activités seront présentés les exploits du Conseil de l'Arctique et de ses organes auxiliaires depuis deux ans.

Au cours de la session est attendue la signature d'une déclaration dans laquelle les États arctiques réaffirmeront leur attachement à la paix, à la stabilité et à une coopération constructive dans les latitudes Nord, et détermineront les axes principaux pour faire progresser la coopération internationale afin de garantir un développement durable de la région arctique. Une attention particulière sera accordée aux questions relatives à la protection de la nature, à l'amélioration de l'adaptation et de la résistance de la région aux conséquences des changements climatiques, et à la réalisation des projets de coopération prévus.

Pour la première fois de l'histoire du Conseil de l'Arctique sera présenté un document de planification: le Plan stratégique de l'activité de l'organisation sur dix ans.

A l'issue de la réunion, qui marque un jubilé pour le Conseil de l'Arctique - l'organisation célèbre son 25e anniversaire cette année - la Russie en prendra la présidence. En tant que président, la Russie poursuivra son travail visant à garantir le développement durable de la région dans trois dimensions: économique, environnementale et sociale. Il est prévu d'accorder une attention particulière à l'amélioration du niveau de vie de la population vivant en Arctique, à la création des conditions pour développer et préserver les langues, la culture et les traditions des peuples autochtones de l'Extrême-Nord.

Des réunions bilatérales de Sergueï Lavrov sont prévues en marge de l'événement. Suite à son entretien téléphonique avec le Secrétaire d’État américain Antony Blinken, il rencontrera ce dernier en personne à Reykjavik. Nous prévoyons également d'organiser d'autres rencontres. Nous partagerons ces informations au fur et à mesure que le calendrier se remplira.

 

Sur l'entretien à venir de Sergueï Lavrov avec le Ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire

 

Vendredi 21 mai*, Sergueï Lavrov s'entretiendra à Moscou avec le Ministre algérien des Affaires étrangères Sabri Boukadoum. Dans la continuité du dialogue politique régulier, les deux chefs de diplomatie évoqueront les relations bilatérales et l'ordre du jour régional.

En 20 ans, depuis la signature en 2001 de la Déclaration bilatérale de partenariat stratégique sur laquelle reposent les solides liens russo-algériens, beaucoup de choses ont été faites pour renforcer la coopération interétatique, qui se développe avec succès aujourd'hui dans les domaines commercial, économique, militaro-technique, scientifique et social.

L'Algérie apporte une contribution majeure à la garantie de la stabilité régionale en Afrique du Nord et à la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahara-Sahel. Nous tenons en grande estime le potentiel de médiation de ce pays dans le règlement pacifique des conflits les plus dangereux sur le continent africain, notamment libyen et malien.

Nous partons du principe que les pourparlers à venir déboucheront sur le renforcement de la coopération russo-algérienne multidimensionnelle.

*Les négociations sont reportées à une date ultérieure.

 

Sur la célébration de la Journée de la Victoire dans les établissements diplomatiques russes à l'étranger

 

A l'occasion du 76e anniversaire de la Grande Victoire, de nombreuses activités se sont déroulées au niveau du Ministère des Affaires étrangères et des établissements diplomatiques russes à l'étranger, auxquelles ont participé des diplomates et des compatriotes russes. Compte tenu de la situation compliquée liée à la pandémie de coronavirus, dans de nombreux pays une grande partie des activités planifiées s'est déroulée en ligne. De plus, comme le veut la tradition, les collaborateurs des missions diplomatiques russes ont rendu visite aux vétérans qui résident à l'étranger.

Une grande attention a été accordée à la prévention informationnelle visant à lutter activement contre les tentatives de déformer la vérité historique sur la Grande Guerre patriotique. Certains partenaires ont tenté de "déformer" cette fête, d'y injecter du fiel, c'est pourquoi nous avons pris les devants. En utilisant les capacités technologies modernes, notamment les réseaux sociaux, nous avons expliqué en détail au public étranger en anglais, en espagnol, en arabe et dans d'autres langues les événements réels, le contexte de la Seconde Guerre mondiale et la signification de la Journée de la Victoire. Ce travail est mené sans interruption, toute l'année, et à l'approche du 9 mai nous préparons chaque fois des séries de publications supplémentaires, notamment à partir des documents d'archives.

Un accent particulier est mis sur le projet "Visages de la Victoire": dans le cadre de cette initiative les ambassades, les consulats généraux et les représentations permanentes de la Russie ont parlé de nos chers vétérans qui célèbrent la Journée de la Victoire à l'étranger. Plusieurs d'entre eux ont été interviewés afin de préserver pour les générations futures la mémoire précieuse des événements de l'époque racontés par ceux qui y ont directement participé. Vous pouvez les visionner sur nos pages sur les réseaux sociaux. Nous y avons également publié nos notes historiques sur la guerre.

L'action internationale "Jardin de la mémoire" s'est également déroulée avec la participation directe de nos diplomates: les chefs des représentations diplomatiques russes, dans une atmosphère solennelle et en présence de hauts représentants étrangers, ont planté des arbres en hommage à ceux qui sont tombés pendant la Grande Guerre patriotique. Ces arbres et plaques traditionnelles rappelleront désormais pendant de longues années le rôle de notre pays dans la Victoire contre le fascisme.

Je ne peux pas passer à côté de l'interprétation de la chanson légendaire Katioucha par des diplomates russes de 54 établissements diplomatiques à l'étranger. Elle a été appréciée non seulement dans notre pays mais également hors de nos frontières, et a été diffusée par plusieurs médias étrangers. Je pense que nous perpétuerons cette tradition.

Il est important que cette année, nous affichions de nouveau avec nos amis et partenaires des pays de la CEI (et pas seulement) notre position commune vis-à-vis de la Grande Guerre patriotique et de notre passé héroïque commun, notamment sur les plateformes internationales.

Ainsi, à l'initiative de la Russie, les représentations permanentes de plusieurs pays de la CEI auprès de l'Onu ont mis en œuvre le projet "L'Art de la Victoire". Cette initiative traditionnelle au sein de l'Onu a été rejointe par le Musée de la Victoire de Moscou, le Service russe des actualités et les pages russophones de l'Onu sur les réseaux sociaux. L'objectif de cette campagne médiatique consiste à parler du rôle primordial de la culture pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que des œuvres d'art créées en hommage aux héros et aux victimes. Les participants au projet ont partagé avec le public international des histoires sur les personnalités culturelles de toutes les républiques de l'URSS qui ont soutenu le patriotisme et renforcé la volonté de gagner sur le front et à l'arrière. Dans le cadre de ces initiatives ont été publiés des enregistrements vidéo, des photos et des documents d'archives rares, notamment des musées commémoratifs nationaux.

A Washington, le 9 mai, a été publié le traditionnel article conjoint des chefs des missions diplomatiques des pays de la CEI à l'occasion du 76e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique. Nous avons rappelé ensemble que "Notre devoir sacré est de conserver pour les générations actuelles et futures la vérité historique sur la lutte conjointe pour libérer le monde du nazisme, ainsi que d'empêcher les récidives de l'idéologie de haine et de l'extrémisme".

Ces approches communes ont été également soulignées par la déclaration des représentants permanents de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie, du Bélarus, de la Bosnie-Herzégovine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Fédération de Russie, de la Serbie, du Tadjikistan, du Turkménistan et de l'Ouzbékistan auprès de l'OSCE: "Nous partons de la nécessité de respecter rigoureusement les décisions du Tribunal militaire international de Nuremberg sans prescription. Nous condamnons fermement les tentatives de réhabiliter et de glorifier les criminels nazis et leurs complices."

 

Sur les activités dans le cadre de l'action "Régiment immortel"

 

Les activités commémoratives à l'occasion du 76e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945, notamment l'action véritablement populaire "Régiment immortel", se sont déroulées dans plus de 110 pays. Compte tenu de la situation épidémiologique et du respect des exigences des autorités locales, cette année nos compatriotes, avec le soutien des établissements diplomatiques russes à l'étranger, ont réussi à organiser des marches en personne dans plus de 35 pays. Dans plus pays les actions ont également pu se doubler de dépôts de fleurs solennels devant les monuments aux guerriers soviétiques (au Royaume-Uni, en Norvège, en Ouzbékistan, à Cuba). Les activités les plus notables ont été également organisées en Australie, en Bulgarie, en Chine, au Tadjikistan, en Allemagne et en Ossétie du Sud. En Biélorussie elles se sont déroulées à Minsk, à Brest, à Vitebsk, à Grodno, à Novopolotsk et à Polotsk.  En Israël - dans plus de 40 villes avec la participation de presque 23.000 personnes. Des représentants gouvernementaux locaux ont personnellement participé aux actions au Kirghizistan, en Moldavie (avec de grandes marches du Régiment immortel jusqu'à 10.000 personnes), en Serbie, en Slovénie, au Turkménistan, en Ouzbékistan. En Autriche, le Président Alexander Van der Bellen et le Chancelier Sebastian Kurz ont prononcé des discours à l'occasion de cette date commémorative.

Au Kirghizistan, en République tchèque, aux États-Unis, en Ukraine et aux Seychelles ont été organisées des tours automobiles avec des symboles patriotiques et des portraits des participants à la Grande Guerre patriotique. Dans le cadre de la grande action "Chemin de la flamme héroïque", des activistes ont déposé dans les mémoriaux soviétiques dans les villes slovaques des particules de la Flamme éternelle de la Tombe du soldat inconnu de Moscou et l'ont solennellement allumée à Slavin dans la nuit du 8 au 9 mai. A Panama ont été déposées des fleurs dans le canal de Panama en hommage à sa traversée par des sous-marins soviétiques en 1942.

Les tentatives des autorités de plusieurs pays baltes de niveler l'importance de la fête, et souvent d'empêcher ouvertement son déroulement, n'ont pas empêché les compatriotes d'organiser les festivités. Malgré le cordon de police autour du Monument aux guerriers libérateurs à Riga, nos compatriotes ont déposé des fleurs et ont participé à des actions avec des portraits de vétérans, et dans la nuit du 9 au 10 mai des volontaires ont déposé les fleurs apportées autour du monument en forme d'étoile rouge. Dans la soirée du 9 mai, le Soldat de bronze de Tallinn était également inondé de fleurs, il a été visité par au moins 35.000 personnes approximativement en une journée. Malgré les restrictions en vigueur en Lituanie, les représentants de notre communauté et les Lituaniens ont déposé des fleurs devant les tombes des guerriers soviétiques au cimetière d'Antakalnis à Vilnius, ainsi que dans d'autres villes du pays.

Dans les pays où la situation épidémiologique reste compliquée, des milliers de compatriotes ont participé au "Régiment immortel" en ligne sur les réseaux sociaux et d'autres plateformes.

A l'approche de la fête, du 9 mai, les représentants de la diaspora russophone en personne et à distance ont organisé d'autres actions à travers le monde: "Jardin de la mémoire", "Bougie de la mémoire", "Ruban de Saint-Georges", "Dictée de la Victoire", des festivals, des expositions, des visioconférences, des compétitions sportives, des cours de courage pour les enfants et les adolescents. Et la liste n'est pas exhaustive: toutes les informations sont publiées sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères et sur nos pages des réseaux sociaux.

 

Sur l'inauguration d'un monument aux soldats de l'Armée rouge dans la municipalité d'Ajdovscina (République de Slovénie)

 

Dans la municipalité d'Ajdovscina (République de Slovénie) s'est déroulée l'inauguration solennelle d'un monument aux soldats de l'Armée rouge qui ont combattu pendant la Seconde Guerre mondiale dans les rangs des résistants slovènes.

Les recherches effectuées dans les archives russes par l'historien azéri Ilham Abbasov ont permis d'identifier 16 combattants de l'Armée rouge tués au printemps 1945 aux abords d'Ajdovscina et enterrés dans une fosse commune avec d'autres membres de la résistance antifasciste slovène. Leurs noms sont désormais gravés sur le mémorial rénové.

A la cérémonie solennelle d'inauguration du monument ont participé l'Ambassadeur de Russie en Slovénie Timour Eivazov, le maire d'Ajdovscina Tadej Beocanin, ainsi que des représentants des autorités locales et de la direction de l'Union des associations de vétérans en soutien aux valeurs de la lutte de libération populaire en Slovénie de 1941 à 1945.

A nos yeux, cet événement est un hommage aux pages d'histoire communes de la Russie et de la Slovénie, une confirmation de la coïncidence de nos positions en soutien à la protection de la mémoire historique - ce qui est particulièrement important à l'heure où l'on constate des tentatives de plus en plus fréquentes de falsifier l'histoire en Europe. L'attention que portent les Slovènes aux mémoriaux militaires russes et aux tombes des soldats des deux Guerres mondiales, tout comme le soin qu'il portent à leur entretien, témoignent du caractère amical des relations russo-slovènes tournées vers l'avenir. Nous remercions en particulier notre ami azéri l'historien Ilham Abbasov.

Toute l'année nous travaillons avec nos compatriotes, dont beaucoup nous envoient des propositions pour immortaliser la mémoire des héros de la Grande Guerre patriotique sur le territoire de différents pays, prennent soin des tombes des guerriers de l'Armée rouge et des victimes concernées par les histoires tragiques parmi les prisonniers des camps de concentration, etc. Nous sommes vraiment reconnaissants pour cette préoccupation. Nous ne traitons pas seulement chaque message mais exprimons des remerciements individuels, car c'est une "composante" spéciale de notre véritable unification.

 

Point de situation sur le coronavirus

 

La situation relative à la prolifération du coronavirus dans le monde continue de susciter une inquiétude justifiée. Les statistiques mondiales sont bien connues.

Ces dernières semaines, nous avons observé une propagation rapide de l'infection dans certains pays d'Asie et d'Amérique latine. La situation sur le continent africain suscite également une préoccupation certaine.

Plusieurs pays et groupes de pays ont avancé une initiative visant à ce que les producteurs lèvent volontairement les brevets sur les vaccins qu'ils ont conçus. Le Président russe Vladimir Poutine l'a soutenue. Il a déclaré qu'une telle idée "méritait l'attention, car non seulement elle ne contredit pas, mais elle correspond également à certaines règles de l'Organisation mondiale du commerce, qui prévoient la levée des brevets dans des situations d'urgence". Vladimir Poutine a noté que c'était précisément le cas de la pandémie.

Nous remarquons que certains pays, notamment en Europe, qui font preuve d'un optimisme prudent quant aux perspectives de la situation épidémiologique, réduisent la barre des restrictions anti-Covid et assouplissent les conditions d'entrée pour les étrangers, notamment pour les touristes.

Nous voudrions noter ceci. Tout comme ils annoncent la levée ou l'assouplissement des restrictions relatives à la Covid-19, ils peuvent de la même manière annoncer l'inverse. En règle générale, cela se produit sans avertissement, dans les conditions d'une situation d'urgence, très rapidement. Il est pratiquement impossible de s'y préparer. Quelques jours sont laissés pour changer les plans logistiques, etc. Il faut donc tenir compte des risques épidémiologiques et logistiques.

Plusieurs pays européens entreprennent de telles démarches pour des raisons économiques, en faisant passer au second plan la sécurité épidémiologique. Nous voudrions rappeler à nos citoyens qui prévoient des vacances à l'étranger la nécessité d'évaluer minutieusement tous les risques éventuels liés aux voyages dans tel ou tel pays. Hormis les avertissements et la situation actuelle, il faut savoir que la situation peut évoluer, comme cela s'est produit au Népal il y a quelques jours. Certaines personnes se sont retrouvées bloquées, elles ne peuvent pas quitter le territoire du pays car les frontières sont fermées et qu'il n'y a pas de communication aérienne. Certains disent avoir entendu des avertissements mais les ont ignorés en pensant que rien n'arriverait. Cela ne s'est pas passé comme ils l'attendaient. Nous vous prions de peser tous les risques en sachant que la situation dans le monde évolue régulièrement, pratiquement chaque jour.

 

Sur la situation politique en Moldavie

 

Nous continuons de suivre attentivement la situation politique en Moldavie, où se tiendront des élections législatives anticipées le 11 juillet. Nous espérons qu'elles se dérouleront dans une atmosphère de concurrence honnête et libre, et que leurs résultats refléteront à part entière la volonté des habitants de la république. Nous avons l'intention de participer au suivi du processus électoral au niveau bilatéral et au sein des missions des organisations internationales, dont la CEI et l'OSCE.

L'ingérence grandissante des États-Unis et des pays de l'UE dans les processus politiques moldaves est regrettable, nous la condamnons fermement. Les ambassadeurs de ces pays à Chisinau, sans aucune gêne, cherchent à influencer directement le gouvernement et les principaux organes de pouvoir de la république, notamment la Commission électorale centrale, au profit des intérêts politiques et économiques de leurs propres pays. Ils font régulièrement des déclarations publiques, notamment sur des plateformes internationales, pour critiquer les forces politiques moldaves qui prônent le maintien des liens avec la Russie et la coopération avec les associations d'intégration eurasiatiques. Il s'agit bel et bien d'une ingérence directe et d'une tentative d'influence avant le vote.

Nous constatons clairement des doubles standards. Les États-Unis et les pays de l'UE se comportent de manière diamétralement opposée vis-à-vis des actions similaires du président moldave actuel, tout comme celles de son prédécesseur. La même chose concerne les différentes fractions politiques du parlement moldave. De tels actes témoignent d'un irrespect envers la population moldave, la souveraineté du pays, et pourraient conduire à une plus grande polarisation et déstabilisation de la société.

Une nouvelle fois nous appelons nos partenaires occidentaux à renoncer aux doubles standards et à cesser l'ingérence non dissimulée dans les processus politiques de la Moldavie, qui plus est en cette période de préparation des législatives anticipées.

 

Sur la situation au Venezuela

 

Nous notons une certaine évolution de la situation autour du Venezuela. Nous constatons avec satisfaction le fait que le gouvernement vénézuélien mène un travail laborieux continu pour stabiliser la situation dans le pays, pour passer de la phase de confrontation entre les forces politiques à leur activité constructive commune. Le dialogue se développe de manière constructive entre les autorités et un large éventail de partis politiques afin de résoudre les problèmes urgents. Il est avant tout question du maintien d'un niveau de développement socioéconomique digne au vu des restrictions anti-vénézuéliennes illégales des États-Unis. Nous condamnons fermement ces mesures antihumaines qui réduisent la capacité du gouvernement vénézuélien à lutter efficacement contre la pandémie et à garantir les quantités nécessaires de nourriture et de produits pharmaceutiques sur le marché intérieur.

Nous saluons la validation, le 4 mai, de la nouvelle composition du principal organe du système électoral du Venezuela, le Conseil électoral national, qui a été approuvée par le parlement conformément à la Constitution du pays. Nous espérons que le lancement de son travail en plein format contribuera aux préparatifs de l'organisation, cette année, des élections régionales et municipales, ainsi qu'au renforcement des institutions démocratiques d'administration.

De notre côté, nous continuerons d'apporter au Venezuela tout notre soutien amical, de renforcer la coopération mutuellement avantageuse multidimensionnelle au profit de nos pays.

Une nouvelle étape importante en ce sens a été le lancement, le 1er mai, de la communication aérienne directe régulière entre Moscou et Caracas. Nous espérons qu'elle contribuera à l'intensification de la coopération commerciale et économique, à l'élargissement des contacts d'affaires et des flux touristiques réciproques. Le 15 mai à l'aéroport de Vnoukovo est prévue la cérémonie solennelle d'arrivée du premier vol de la compagnie aérienne nationale du Venezuela, Conviasa, qui assurera des vols directs entre la Russie et le Venezuela.

La disposition des autorités bolivariennes au développement pacifique et progressif des relations, au règlement des différends par les négociations, malheureusement, n'est pas soutenue par tout le monde. Dans ce contexte, nous sommes particulièrement préoccupés par l'aggravation de la situation à la frontière entre le Venezuela et la Colombie, où les forces armées vénézuéliennes résistent depuis plusieurs semaines aux tentatives de groupes armés illégaux et criminels s'adonnant au trafic de drogues de pénétrer sur leur territoire. Les affrontements, dont l'intensité a nettement augmenté ces derniers jours, ont fait de nombreux morts et blessés. La dégradation de la situation pourrait avoir des conséquences extrêmement négatives pour la stabilité et la sécurité régionales.

Nous sommes convaincus que l'établissement de contacts directs entre les autorités compétentes du Venezuela et de la Colombie contribuerait à la normalisation de la situation dans les régions frontalières. Le gouvernement de Nicolas Maduro a adressé plusieurs fois au gouvernement colombien des initiatives en ce sens qui, malheureusement, restent sans réponse. Nous appelons les autorités colombiennes à faire preuve de bonne volonté en réponse aux propositions des partenaires vénézuéliens.

Nous sommes certains qu'au final cela contribuerait pleinement aux intérêts de la Colombie elle-même, où ces derniers temps se sont intensifiées les protestations des citoyens. Nous partageons l'inquiétude exprimée par l'Organisation des États américains, par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, par l'UE, par les États-Unis et d'autres représentants de la communauté internationale concernant l'usage disproportionné de la force par les forces de l'ordre contre les manifestants, qui a fait des dizaines de victimes et des centaines de blessés parmi les citoyens colombiens.

Nous espérons que ces incidents feront l'objet d'une enquête minutieuse et que les autorités colombiennes prendront les mesures nécessaires pour empêcher que de tels événements tragiques se reproduisent.

 

Sur la situation autour du Traité Ciel ouvert

 

Fin avril, la Russie a envoyé une note aux États membres du Traité Ciel ouvert. Son contenu est reflété dans le discours de la délégation russe à la Commission consultative pour le régime "Ciel ouvert" du 26 avril publié sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. En voici un résumé.

Un groupe de pays, États-Unis en tête (rappelons que les États-Unis se sont retirés du Traité Ciel ouvert), tente de rejeter sur la Russie la responsabilité de la situation déplorable autour du Traité. Ils insistent pour que la Russie "répare ses infractions" avant que qui que ce soit commence à réfléchir à revenir dans le cadre du Traité.

Notre position en réponse à ces réclamations a été exprimée et argumentée plusieurs fois. De plus, nous avons engagé plusieurs démarches compte tenu des préoccupations d'autres États. Cependant, aucune réaction n'a suivi à ces signaux politiques importants.

De notre côté persistent plusieurs préoccupations concernant l'accomplissement des engagements par les alliés américains de l'Otan, ainsi que par l'Ukraine et la Géorgie. Nous avions également avancé de sérieux reproches aux États-Unis avant leur retrait du Traité. Cependant, et c'est déjà devenu une mauvaise habitude, ils n'ont pas pris en compte les préoccupations russes et, souvent, ne les commentaient même pas.

En principe, nous sommes prêts à nous pencher sur toutes les préoccupations mutuelles. Mais une telle discussion concrète ne sera possible que si les États-Unis déclarent clairement qu'ils ont pris la décision de revenir dans le Traité.

Il ne faut pas s'attendre à des concessions unilatérales de la Russie. Si le statu quo est maintenu, nos procédures internes préalables à la notification russe de la décision de se retirer du Traité s'achèveront sous peu.

Deux événements importants ont eu lieu pendant la première décade de mai. Début mai, le gouvernement de la Fédération de Russie a adopté le Décret sur la soumission au Président de la Fédération de Russie de la proposition de dénoncer le Traité Ciel ouvert, puis le Président de la Fédération de Russie a envoyé un projet de loi en question à la Douma d’État. Son examen est prévu la semaine prochaine.

Le délai de sauvetage du Traité Ciel ouvert expire bientôt. Si nos collègues souhaitent vraiment préserver le Traité, ils doivent persuader la Maison blanche de revoir immédiatement la décision de l'ancienne administration américaine, qui n'est pas dans l'intérêt de la sécurité européenne.

C'est un bref résumé de notre argumentation détaillée, disponible notamment sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères.

 

Sur l'entrée d'un sous-marin nucléaire américain dans le port de la commune de Tønsnes au Nord de la Norvège

 

Nous sommes préoccupés par l'entrée du sous-marin nucléaire américain New Mexico le 10 mai dans le port de la commune de Tønsnes au Nord de la Norvège, à 50 km de Tromsø. Ce port civil spécialement modernisé pour de telles visites - aux frais de Washington - à proximité immédiate de la frontière russo-norvégienne devient de ce fait un nouveau poste avancé de l'Otan sur le territoire norvégien.

Les affirmations du commandement militaire norvégien, visant notamment à rassurer les  citoyens du Nord de la Norvège en soulignant l'absence d'arme nucléaire à bord des sous-marins qui arrivent, n'inspirent pas confiance car, comme le reconnaissent les Norvégiens eux-mêmes, il n'y a pas d'informations fiables à ce sujet et aucun mécanisme de contrôle des actions des Américains n'est prévu.

Il est déroutant que les autorités norvégiennes attribuent un rôle soi-disant "stabilisateur" à de telles visites de sous-marins capables d'embarquer des ogives nucléaires, les qualifiant de "transparentes et prévisibles". Que peut-il y avoir de plus "transparent et prévisible" que l'entrée d'un sous-marin? Ce sont des messages mensongers qui n'ont rien à voir avec la dangereuse réalité.

Il est particulièrement regrettable qu'Oslo ait adopté une ligne dure visant à renforcer la militarisation de l'Arctique et à attiser la tension dans cette région traditionnellement pacifique, en plaçant l'aspiration à satisfaire les "partenaires aînés" de l'Otan au-dessus de la sécurité de sa propre population, ainsi que du bon voisinage avec notre pays depuis des années.

 

Sur la décision du Comité des ministres du Conseil de l'Europe concernant la situation des droits de l'homme en République de Crimée et dans la ville fédérale de Sébastopol

 

Mardi 11 mai, les pays de l'UE ont fait un pas de plus dans l'escalade dans les relations avec la Russie, malgré les affirmations faites la veille par Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Abusant une fois de plus de leur majorité au Conseil de l'Europe, ils ont approuvé le projet ukrainien de décision du Comité des ministres du Conseil de l'Europe (CMCE) sur la situation des droits de l'homme en Crimée.

Je trouve inutile d'analyser en détail cet éventail d'affirmations mensongères et d'accusations absurdes visant la Russie. Tous ces clichés concernant "l'occupation", "la discrimination" des Tatars de Crimée et des Ukrainiens sont bien connus. Tout cela n'a rien à voir avec la situation réelle en Crimée russe.

Nous sommes déçus par la présidence allemande du CMCE, par le biais de laquelle a été organisée cette attaque contre notre pays. Pendant ces six mois, Berlin ne s'est pas comporté comme un leader de l'organisation paneuropéenne mais comme un fleuron des forces antirusses. Il a placé les intérêts de bloc au-dessus de l'objectif assigné au Conseil de l'Europe: le renforcement de la cohésion entre ses membres. Beaucoup d'efforts d'États sensés seront nécessaires pour "recycler" un tel "patrimoine". Arriverons-nous à revenir à un ordre du jour unificateur ou est-ce une nouvelle crise qui nous attend? Cette question reste sans réponse. Il est déplorable que l'Allemagne termine sa présidence sur cette note alarmante.

Il est regrettable que les institutions strasbourgeoises profitent de plus en plus, sans aucune gêne, de la majorité occidentale dans le cadre de la politique visant à contenir la Russie. Cela inflige un préjudice irréparable au Conseil de l'Europe, sape son autorité et ses perspectives de perdurer en tant qu'organisation paneuropéenne.

Nous avons appelé plusieurs fois les collègues occidentaux à renoncer aux doubles standards et à cesser de fermer les yeux sur les problèmes réels qui nécessitent une réaction du Conseil de l'Europe. Cependant, ils préfèrent "ne pas remarquer" le blocus de l'eau contre la péninsule et d'autres crimes humanitaires des autorités de Kiev. Ils estiment avoir le droit de soumettre la population de la Crimée à une discrimination collective pour son choix fait en 2014 au profit de la réunification avec la Russie. Si les Criméens sont des "victimes d'occupation", comme l'affirment la décision du CMCE, alors pourquoi sont-ils punis avec des restrictions de visa et économiques? Est-ce une question rhétorique ou une impasse dans une idéologie imposée par l'institution paneuropéenne et le "frère aîné"?

Et surtout. Nous ne pouvons pas ne pas considérer ce verdict du CMCE comme une atteinte à l'intégrité territoriale de la Fédération de Russie. Le Conseil de l'Europe a franchi la limite en créant, par sa propre décision, des obstacles artificiels à l'activité normale de l'Organisation sur le territoire de ces entités de la Fédération de Russie.

Les décisions du Comité des ministres du Conseil de l'Europe sont purement indicatives. Mais même à titre de recommandation, nous ne reconnaissons pas cette décision.

 

Sur les affirmations de l'administration américaine concernant de prétendues "persécutions" de Radio Free Europe/Radio Liberty

 

Nous avons remarqué les déclarations permanentes de hauts représentants américains selon lesquelles la Russie enfreindrait les droits des journalistes d'exercer leur activité professionnelle. Ils citent l'exemple de Radio Free Europe/Radio Liberty.

Les "gémissements" concernant les obstacles au travail journalistique dans notre pays sont une fiction et un mensonge. Nous saluons l'activité des médias américains dans notre pays au même titre que celle des autres correspondants étrangers. Nous faisons tout pour que le pluralisme des médias fasse, dans la pratique, partie intégrante d'une communauté réellement libre à l'opposé de la pensée unique actuellement imposée par les États-Unis, avec leur "culture d'annulation" et d'autres "merveilles" de la dictature libérale contemporaine.

Les journalistes doivent seulement respecter la législation russe en matière de régulation de l'activité des agents étrangers (merci de transmettre cette information au chef du Département d’État américain). Cela a été élaboré en réponse à la législation sur les agents étrangers appliquée aux États-Unis à l'égard des journalistes russes, approximativement depuis 2017. En particulier, les journalistes américains doivent correctement marquer leurs publications. Nous trouvons ces exigences faciles à respecter au vu des lois américaines en la matière, qui prévoient des conditions bien plus strictes d'enregistrement et de notification des agents étrangers. Ce sont leurs exigences qui rendent insupportable la vie des médias étrangers et locaux reconnus comme agents étrangers aux États-Unis. Je pense que cette position évoluera quand cela sera transmis aux autorités américaines. Il est difficile de supposer que le Département d’État américain sait tout cela et tire de telles conclusions mensongères.

Les attaques des représentants officiels américains susmentionnées nous paraissent étranges et incompatibles avec la situation réelle, détachées du contexte. Malheureusement, plus il y a de déclarations, plus elles témoignent du véritable rôle de Radio Free Europe/Radio Liberty en tant que porte-parole de la propagande de l’État américain. Elles confirment que le "titre" d'agent étranger a été attribué de manière justifiée, et qu'il existe des raisons à cela.

 

Sur l'accusation de la Russie pour l'attaque de hackers contre SolarWinds

 

Voilà une situation illustrant très bien quand les accusations visant Moscou sont complètement infondées et paraissent de plus en plus absurdes. C'est dans l'esprit du fameux "highly likely", dans la tradition d'accuser Moscou de tous les péchés possibles et imaginables que l'administration de Joe Biden a justifié la "95e vague" de sanctions antirusses pour le piratage de la société SolarWinds concevant des logiciels utilisés par les institutions publiques américaines.

Regardons ce qui s'y passe en réalité. Bien évidemment, les personnes qui doutent - et il en existe tout de même malgré la dure pression du front de propagande médiatique américain - ont été immédiatement inscrites sur la liste des "agents du Kremlin" et des "agents de Poutine". Mais que faire des dirigeants des plus grandes compagnies informatiques américaines qui ont désavoué pendant les audiences, en février aux deux chambres du Congrès, les déclarations résonnantes de l'administration ayant servi de prétexte pour décréter des sanctions contre de prétendus "hackers russes"?

Ainsi, le directeur exécutif de la compagnie SolarWinds Sudhakar Ramakrishna, en répondant aux questions tendancieuses des législateurs, avait nié l'implication de structures publiques agissant "intentionnellement". Selon le patron de la compagnie FireEye Kevin Mandia, qui a été la première à découvrir le piratage, la plupart des utilisateurs de SolarWinds croient sur parole les renseignements, faute de pouvoir déterminer eux-mêmes qui se trouve derrière les attaques. George Kurtz, responsable de l'importante société de sécurité informatique CrowdStrike, a insisté sur le fait que ses experts n'avaient pas réussi à identifier les malfaiteurs.

Bien évidemment, personne n'ose supposer que les renseignements américains utilisent simplement un "faux drapeau" (terme utilisé dans ce milieu) pour des provocations attribuées aux "ennemis" afin d'obtenir des fonds supplémentaires tout en remplissant des objectifs opérationnels. Il me semble que c'est une voie "digne" pour organiser des investigations journalistiques.

D'autant que les sociétés informatiques sont contrôlées par les renseignements. Simplement, certains craignent d'aller contre la ligne officielle en risquant leur entreprise et même leur liberté, comme Julian Assange emprisonné au Royaume-Uni, et Edward Snowden qui a évité par miracle la vengeance du Big Brother. Manifestement, tout le monde a connaissance des représailles du système américain contre les personnes qui se permettent une certaine dissidence.

Cela fait penser à George Orwell et à ses célèbres romans La Ferme des animaux et 1984. On nous imposait l'idée que ces œuvres étaient consacrées à l'URSS. C'est faux. C'est encore un fake, c'est-à-dire un mensonge. Ces prophéties géniales étaient consacrées à la dictature libérale contemporaine avec son contrôle total des cerveaux et de la "double pensée", quand on préfère garder pour soi ses doutes seulement en les désignant prudemment de manière dosée, comme les sociétés informatiques mentionnées.

Voici un autre exemple de l'immense écart entre la réalité et les accusations. Personne ne veut faire le moindre pas dans la recherche de la vérité à cause de la peur paralysante face aux actions éventuelles des services américains.

 

Sur l'évolution de la situation autour de Sergueï Seredenko en Estonie

 

Les autorités estoniennes n'ont toujours pas l'intention de renoncer à l’utilisation d’une justice punitive à des fins politiques. Le 30 avril, la détention de Sergueï Seredenko a été prolongée de deux mois. Comme nous l'avons déjà fait remarquer, les accusations dont il fait l’objet sont absurdes et infondées.

Nous avons exprimé un avis ferme sur ces actions malveillantes de Tallinn vis-à-vis du militant des droits de l'homme russophone, aussi bien lors des contacts bilatéraux qu'au sein des organisations internationales compétentes. Comme nous pouvons le voir, notre position est partagée par des représentants politiques et des personnalités publiques de renom dans les pays baltes et ailleurs, qui ont notamment écrit des lettres au gouvernement estonien pour exiger de renoncer aux persécutions politiques.

La libération de Sergueï Seredenko pourrait constituer un signal positif de la part des autorités estoniennes pour relancer une discussion sérieuse concernant la sortie des relations bilatérales de l'impasse qu'elles ont créée.

 

Sur la décision du tribunal d'Aalborg (Danemark) concernant un citoyen russe accusé d'espionnage

 

Lundi 10 mai, le tribunal d'Aalborg a condamné le citoyen russe Alexeï Nikiforov, arrêté au Danemark et accusé de travailler pour les services de renseignement russes, à trois ans de prison. Des diplomates russes étaient présents dans la salle lors de l'énoncé du verdict.

Un appel a été déposé contre cette décision. L'Ambassade de Russie au Danemark continue d'apporter à Alexeï Nikiforov toute l'aide consulaire et juridique nécessaire et reste en contact avec son avocat.

Nous considérons cette décision de justice comme un exemple flagrant de la campagne antirusse qui a submergé ces derniers temps Copenhague, et l'Occident dans l'ensemble. Les tentatives des autorités du pays de trouver partout une prétendue trace russe touchent à présent nos compatriotes qui exercent légalement une activité scientifique sur le territoire du royaume.

Une telle activité des services de renseignement danois ressemble beaucoup à une "chasse aux sorcières". Elle met en péril le travail des chercheurs russes au Danemark, inflige un préjudice à la coopération scientifique et technique et aura inévitablement des conséquences encore plus négatives pour les relations bilatérales, déjà ternies par la position non constructive de Copenhague.

 

Sur la conférence internationale "La Russie et l'Afrique: construisons l'avenir ensemble"

 

Mardi 18 mai à 15h, l'Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères accueillera la conférence internationale "La Russie et l'Afrique: construisons l'avenir ensemble". Cet événement se déroule dans le cadre de la préparation du 2e Sommet Russie-Afrique prévu pour 2022.

A cette conférence participeront des députés de la Douma d'État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, la direction du Ministère russe des Affaires étrangères et d'autres institutions intéressées, des principaux opérateurs économiques russes, des représentants du corps diplomatique, des milieux académiques, du public et des médias.

Pratiquement tous les ambassadeurs des pays africains accrédités à Moscou participeront à cette conférence.

Il est prévu d'aborder un large éventail de questions relatives à la coopération russo-africaine dans le domaine de l'économie, de la science, de l'éducation, des innovations et de la coopération sociale. Les propositions sur les thèmes d'actualité du partenariat de la Russie avec les pays d'Afrique, avec un accent sur la composante économique, feront partie du contenu substantiel du sommet à venir.

 

Sur le début de l'Année de la coopération sociale avec l'Égypte

 

Le 4 mai à Moscou, la vice-Ministre russe de la Culture Olga Iarilova et l'Ambassadeur d'Égypte en Russie Ihab Nasr ont signé la Déclaration d'intention sur la coopération entre les ministères de la Culture de la Russie et de l'Égypte pour organiser l'Année de la coopération sociale entre la Fédération de Russie et la République arabe d'Égypte en 2021.

La cérémonie de lancement de l'Année est prévue en juin au Centre russe de la science et de la culture au Caire. Son programme inclut plusieurs activités dans le domaine de la culture, de l'éducation, du tourisme, de la politique de jeunesse, de l'archéologie, ainsi qu'un échange d'informations et d'expérience dans ces secteurs.

Nous partons du principe que le déroulement de l'Année de la coopération sociale de la Russie et de l'Égypte contribuera au renforcement de la coopération russo-égyptienne multidimensionnelle et au rapprochement entre les peuples de nos deux pays.

 

Pour le 30e anniversaire de la diffusion de la chaîne Rossiya et de l'émission Vesti

 

Cela fait exactement 30 ans, à 17h, qu'a été diffusée la première émission Vesti sur la chaîne RTV (actuelle chaîne Rossiya) qui a marqué le début d'une nouvelle période de développement non seulement de la télévision nationale, mais également de toute l'industrie médiatique russe. Je dirais même mondiale.

Aujourd'hui, Vesti est une remarquable équipe de professionnels, de maîtres de leur art, de correspondants qui travaillent dans les points les plus chauds et difficiles de la planète en risquant leur propre vie, en couvrant des conflits, des guerres, des situations d'urgence, qui placent les véritables valeurs du journalisme au-dessus du reste: l'honnêteté, l'objectivité, la véracité et surtout la transmission d’une information impartiale au public sur les événements les plus importants et actuels dans le pays et dans le monde. Voici ce qu'est le véritable professionnalisme.

Le programme Vesti est très populaire aussi bien auprès des spectateurs russes que des millions de compatriotes à l'étranger, constituant ainsi un pont reliant toutes les personnes qui ne sont pas indifférentes au Monde russe.

Nous tenons en grande estime la coopération étroite avec le collectif journalistique, les relations vraiment amicales qui se sont établies, comme l'a également noté le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov dans ses vœux adressés à la chaîne. Nous espérons poursuivre la coopération "afin de créer une image objective de la Russie sur la scène internationale". C'est un extrait de ses vœux. Ils sont publiés sur notre site.

Je voudrais encore une fois souhaiter aux collaborateurs de Vesti de l'inspiration créative, de conquérir de nouveaux sommets professionnels et tout le meilleur.

 

Sur la décision de la Commission européenne justifiant la suspension de la diffusion de la chaîne Rossiya-RTR sur le territoire de la Lettonie

 

Mercredi 12 mai a été annoncée la décision de la Commission européenne confirmant la conformité des actions des autorités lettones visant la chaîne Rossiya-RTR avec la législation de l'UE. Rappelons que le 15 février dernier, cette chaîne populaire auprès du public russophone en Lettonie a été bloquée sous un prétexte fallacieux.

Nous avons commenté à plusieurs reprises les attaques des autorités lettones contre ce média russe, qui avait déjà été bloqué pendant une période plus brève pour des raisons politisées. Une nouvelle fois, les présentateurs de l'émission "60 minutes" ont été accusés d'"incitation à la haine" et de "diffamation". Sachant que le format de débat de l'émission n'a pas été pris en compte, qui implique des avis incisifs, des débats et des polémiques. C'est justement ce qui distingue la propagande de masse d’une situation où les différents points de vue ne sont pas seulement exprimés, mais sont également portés à la connaissance du public.

Dans un contexte de démocratie, nous voudrions rappeler à nos partenaires des institutions européennes que le pluralisme et la liberté d'expression sont une condition obligatoire pour le fonctionnement non seulement des médias, mais également d’une société normale dans l'ensemble. Nous pensions que la direction de l'UE devait bien le savoir mais, à en juger par la décision mentionnée, il lui est plus important de contenir le caractère offensif des actions visant les médias russophones sur le territoire des Etats membres de l'UE. Il existe une explication à cela. L'UE n'est pas prête pour cette vérité, pour le pluralisme qui nous a longtemps été inculqué. La vérité, en l'occurrence, est que la liberté d'expression sur les chaînes russes est présente bien plus souvent que dans les médias occidentaux limités par l'autocensure et les ordres politiques auxquels se réfèrent les responsables européens.

Nous pensons que la Commission européenne fait une nouvelle fois preuve de complaisance envers la politique discriminatoire du gouvernement letton qui considère la population russophone, de son point de vue, comme indigne d'avoir son propre avis sur la situation dans le pays et à l'étranger, et n’ayant pas le droit à leur propre point de vue. C'est une violation flagrante des droits.

A cet égard, nous considérons cette décision comme politisée, non objective et, évidemment, contraire à tous les engagements que la Lettonie a adoptés et signés en tant qu’État.

 

Réponses aux questions:

Question: Dans une récente interview, Iouri Averianov, premier secrétaire adjoint du Conseil de sécurité, a déclaré que des microorganismes dangereux venant des biolaboratoires que les États-Unis et de l'Otan gèrent à proximité de la frontière russe pourraient se retrouver "accidentellement" dans l'environnement, ce qui affecterait un grand nombre de Russes et de citoyens des pays frontaliers. Depuis le début des années 2000, la Russie prône avec la plupart des pays la préparation d'un protocole à la Convention sur l'interdiction des armes biologiques qui mettrait en place un mécanisme de vérification de l'accomplissement par les États parties de la Convention de leur engagement de ne pas créer d’armes biologiques. A quel stade se trouve l'élaboration du protocole, quels pays y participent? La Russie essaie-t-elle de prendre d'autres mesures pour se prémunir d’une telle attaque éventuelle?

Réponse: L'élaboration d'un protocole à la Convention sur l'interdiction des armes biologiques (CABT), juridiquement contraignant et avec un mécanisme de vérification, est l'une des priorités de la Russie dans le contexte du renforcement de la CABT. Ce document permettrait de garantir la tenue fiable des engagements prévus par la Convention, ainsi que la prévisibilité de l'activité des États parties dans le domaine médico-biologique, épidémiologique, vétérinaire et phytosanitaire.

Le travail sur le protocole était mené dans le cadre du Groupe spécial d'experts des États parties de la Convention de 1994 à 2001 quand, à la veille de la 5e Conférence d'examen de la CABT, les États-Unis ont unilatéralement saboté l'adoption du projet de document. Depuis, Washington bloque systématiquement toute reprise des négociations sur le protocole, bien que formellement le mandat du Groupe spécial reste en vigueur. Le projet de protocole élaboré par les experts en 1994-2001 contient des obligations de divulguer certains types d'activités dans le secteur biologique, des mesures de vérification (notamment des visites des sites et des enquêtes sur toutes les infractions supposées de la Convention), ainsi que des mesures d'amélioration de la coopération et des échanges scientifiques et techniques.

La Russie prône continuellement la reprise du travail sur le protocole juridiquement contraignant à la Convention. En 2015, pendant la réunion des États parties de la CABT, nous avons avancé une telle initiative coécrite avec l'Arménie, la Biélorussie et la Chine. Nous avons l'intention de soumettre à l'examen des États parties de la Convention un projet de décision concernant les négociations sur ce protocole pour son adoption pendant la Conférence d'examen de la CABT en 2022.

Nous espérons que le bon sens prévaudra et que les États-Unis, en tant que dépositaires de la CABT, apporteront leur contribution constructive au renforcement du régime de la CABT au lieu de bloquer le travail sur le document.

Question: Pendant sa visite à Pristina le 6 mai, le Ministre croate des Affaires étrangères Gordan Grlic Radman a déclaré que la Croatie comptait ouvrir une base militaire au Kosovo. Dans quelle mesure les déclarations du Ministre croate sont-elles conformes aux termes de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Kosovo-et-Métochie qui régule, entre autres, la présence militaire étrangère dans la région au Sud de la Serbie?

Réponse: Nous n'avons pas connaissance du plan des autorités croates d'installer une quelconque base au Kosovo. En ce qui concerne la présence militaire étrangère dans cette région, conformément à la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, seule la Force pour le Kosovo (KFOR) possède une telle fonction.

Question: Il a été annoncé aujourd'hui que le Président serbe Aleksandar Vucic avait déclaré aux médias serbes que, selon les renseignements dont il disposait, l'un des États les plus influents du monde exigerait prochainement le départ de la mission KFOR et de l'Onu du Kosovo-et-Métochie. Que pense la Russie de l'éventuelle cessation de la mission KFOR?

Réponse: Il existe des structures compétentes, qui ont accordé des pouvoirs à la mission et l’ont envoyée dans la région. Ce genre de choses n'arrivent pas spontanément mais à l'issue de consultations entre les parties, de mises au point, etc. Ces décisions sont évoquées et adoptées dans le cadre de ces mécanismes. Ce n'est pas à un Etat de prendre la décision : c'est une décision collective qui s'appuie sur le droit international. C'est dans ce contexte qu'il faut évoquer toutes les questions à ce sujet.

Question: Pouvez-vous commenter les attaques, plus fréquentes dernièrement, contre les églises orthodoxes au Kosovo-et-Métochie?

Réponse: La KFOR susmentionnée et les présences internationales civiles dans la région, notamment la Mission de l'Onu et la Mission de l'UE en matière de primauté du droit, possèdent les mandats appropriés et doivent prendre des mesures pour garantir la sécurité des sites religieux et des croyants. Nous les appelons constamment à le faire.

Nous condamnons fermement les incidents et les violences des radicaux albanais du Kosovo visant les Serbes et les sanctuaires orthodoxes qui perdurent (non seulement devenus plus fréquents dernièrement, mais qui ont également une longue histoire). Ces faits témoignent clairement de l'inconsistance de la structure pseudo-étatique du Kosovo, de la transformation de la région en "trou noir" criminel sur la carte de l'Europe.

Question: Je voudrais en savoir plus sur la situation autour de la Palestine et d'Israël. Des informations alarmantes nous parviennent, faisant état d’une escalade du conflit lié à la mosquée al-Aqsa. Il semble dégénérer en guerre dans la région. Pouvez-vous commenter la légitimité des actions des autorités israéliennes, ainsi que les solutions éventuelles pour régler le conflit? La Russie y travaille-t-elle seule ou avec le Quartet des médiateurs internationaux? Ou la diplomatie russe engage-t-elle des démarches unilatérales parce qu'elle est en contact avec toutes les parties en conflit?

Réponse: Nous avons commenté il y a quelques jours dans le détail pratiquement toutes les questions que vous avez posées. Une publication a été faite à ce sujet sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères le 11 mai dernier. Vous pouvez en prendre connaissance. Littéralement hier a été publiée une interview détaillée du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine à l'agence de presse Rossiya Segodnya à ce sujet.

Voici ce que je pourrais répéter et accentuer. Nous condamnons fermement les attaques contre les civils, indépendamment de leur appartenance nationale et religieuse. Nous prônons également le respect inconditionnel du statu quo des lieux sacrés et la cessation totale de toute l'activité de colonisation sur les territoires palestiniens occupés conformément aux nombreuses décisions de l'Assemblée générale des Nations unies et du Conseil de sécurité des Nations unies.

La majeure partie de la communauté internationale, y compris les pays membres du Conseil de sécurité des Nations unies, sont du même avis que nous concernant cette situation.

La Russie, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, membre du Quartet des médiateurs internationaux pour le Proche-Orient, en coopération avec les structures régionales et internationales, continue de promouvoir systématiquement un règlement global et durable de ce conflit conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant la création de deux États, la Palestine et Israël, cohabitant dans la paix et la sécurité.

De plus, nous sommes en contact avec tous les acteurs intéressés au niveau bilatéral. Ce thème a également été abordé pendant un entretien téléphonique entre les présidents et les ministres des Affaires étrangères de la Russie et de la Turquie, il figure à l’ordre du jour des consultations avec le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres qui est arrivé à Moscou.

Question: Le Ministère bulgare des Affaires étrangères a demandé à la Russie de l'aide dans l'enquête sur les explosions dans les entrepôts d'armes entre 2011 et 2020. Les accusations avancées par le Parquet bulgare contre la Russie (selon la tradition européenne) ne s'appuient sur aucune preuve. La Russie a-t-elle examiné cette question? A-t-elle reçu une telle requête? Y a-t-il une interaction et des contacts entre la Bulgarie et la Russie?

Réponse: Nous n'avons reçu aucune requête via les canaux diplomatiques. De plus, jusqu'à présent, aucune preuve n'a été apportée pour appuyer les versions qui ont circulé dans l'espace public. Nous ne constatons que des désinformations infondées et gratuites pour exercer une pression directe et spéculative sur la Russie, des spéculations en tout genre en tant que prétexte pour avancer continuellement des accusations envers notre pays, décréter des sanctions illégales - ce que nous qualifions de "campagne médiatico-politique".

Nous partons du principe que Sofia et les autres capitales européennes qui participent à ce jeu médiatico-politique sont parfaitement conscients du fait que par de tels actes, ils infligent un grand préjudice aux relations bilatérales avec notre pays, tout comme aux relations internationales dans l'ensemble, détruisent de leurs propres mains les vestiges de la confiance réciproque.

Question: A l'issue des pourparlers du 7 mai entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et de l'Arménie a été annoncée la signature d'un mémorandum intergouvernemental sur la garantie de la sécurité biologique. Comme l'a noté le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, la Russie et l'Arménie promouvront également le thème de la sécurité biologique dans le cadre des structures multilatérales, notamment l'OTSC et la CEI. Compte tenu de la sensibilité et de l'importance de ce thème et du nombre très important de laboratoires militaires biologiques américains qui travaillent toujours dans l'espace postsoviétique de manière incontrôlée et opaque, la Russie fera-t-elle adhérer d'autres pays à la signature de tels documents ou à un autre type de coopération dans ce secteur pour garantir la sécurité biologique dans la région? Dans combien de temps commencera la mise en œuvre du mémorandum signé?

Réponse: J'ai déjà beaucoup parlé de la sécurité biologique, de nos initiatives et de notre position sur les plateformes internationales. C'est pourquoi je n'ajouterai rien sur la coopération internationale dans un contexte large pour me concentrer sur le document concret que vous avez mentionné.

L'objectif de diminuer les risques liés à la possibilité d'une propagation intentionnelle de maladies infectieuses, ainsi qu'à l'usage d'agents biologiques en tant qu'arme, occupe une place prioritaire dans notre travail visant à renforcer la sécurité biologique de la Fédération de Russie. L'un des éléments centraux de cette activité, qui n'est pas le seul, est la création d'une base contractuelle juridique à ce sujet avec les États de l'OTSC et de la CEI.

C'est pourquoi nous cherchons à signer avec les pays membres de ces organisations des mémorandums intergouvernementaux bilatéraux sur la garantie de la sécurité biologique. De tels documents ont déjà été signés avec le Tadjikistan, le Turkménistan et l'Arménie. Leur mise en œuvre, selon nous, apporte une grande contribution au renforcement des relations amicales et de la sécurité biologique de nos États, et contribue au développement de la coopération dans le domaine médico-biologique, épidémiologique, vétérinaire et phytosanitaire.

Nous avons l'intention de créer des formats consultatifs bilatéraux sur la garantie de la sécurité biologique afin d'optimiser et d'améliorer l'efficacité de la mise en œuvre des objectifs et des termes des mémorandums.

Nous comptons sur la signature de tels documents avec tous les pays de l'OTSC et de la CEI. D'après nous, cela contribuera au renforcement de la sécurité de nos pays dans notre espace commun de sécurité biologique.

Question: Le Ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab a déclaré que "les actions de la Russie et de la Chine dans le cyberespace [visaient] à détruire les fondements démocratiques". De plus, il émet l’hypothèse que "les régimes autoritaires" de la Russie, de la Corée du Nord, de l'Iran et de la Chine utiliseraient les technologies numériques pour saboter et voler des données. Que pense la Russie de cette accusation?

Réponse: J'ai beaucoup parlé aujourd'hui (en évoquant les États-Unis) des spéculations concernant de prétendus "piratages"  qui montrent à quel point la communauté américaine est segmentée et se contredit elle-même. Des accusations complètement infondées sont d'abord formulées, puis commence un travail segmentaire selon les groupes: les compagnies informatiques, les renseignements, les groupes politiques. Et chacun exprime sa version. Rien n'est mis en commun. Ils commencent soit à s'emmêler, soit à se réfuter les uns les autres. C'est pourquoi cette "décharge" se transforme en terribles scandales politiques, etc.

Je trouve inutile de commenter chaque cas d'accusation concernant de prétendus "hackers russes". Il faut apprendre à adopter une macro-vision de la situation. C'est une campagne médiatico-politique. Elle se déploie sur plusieurs axes. L'objectif est clair: fournir un prétexte permanent pour décréter des sanctions, des restrictions, pour diaboliser et ainsi contenir notre pays, ainsi que pour remplir des objectifs intérieurs, entre autres. Voilà quelle est leur méthode, primitive et simple, mais qui, selon eux, fonctionne avant tout pour leur propre consommation intérieure. Nos commentaires ne sont pas nécessaires en principe parce qu'il existe une macro-vision de toute cette situation.

Que peut-on dire au sujet de vos citations? C'est une situation complètement absurde, il n'existe aucune preuve. Elles n'ont été apportées ni par le Royaume-Uni ni par les États-Unis ni par les pays qui "tirent les ficelles" pour mettre en œuvre toute cette "solidarité fantoche".

De telles accusations infondées et gratuites ont également été formulées dans le cas de l'attaque contre l'opérateur américain d'oléoducs Colonial Pipeline. Le Président américain Joe Biden a lui-même récemment évoqué "l'absence de preuves de l'implication de la Russie dans le piratage".

C'est une impasse. Quand ils s’y retrouvent, ils se mettent à manœuvrer et à inventer de nouvelles versions mais n'y parviennent pas.

Depuis 2016, nous proposons instamment aux États-Unis d'agir: de s'asseoir à la table des négociations au niveau des experts pour comprendre ce qui se passe dans le secteur cybernétique.

Je rappelle que pendant la présidence de Barack Obama, quand Joe Biden était vice-président, la Russie et les États-Unis ont mis en place des structures compétentes pour régler les incidents cybernétiques. Mais, malheureusement, il n'y a pas de discussion professionnelle sérieuse. Nous ne dressons pas d'obstacles sur la voie d'un tel dialogue.

Nous appelons une nouvelle fois nos partenaires occidentaux à utiliser les canaux officiels d'interaction sur les questions sensibles au lieu d'utiliser le système de diffusion de mensonges dans les médias et les mécanismes fallacieux de mise en œuvre de toutes ces informations mensongères.

Question: Récemment, au Comité de la Douma d'État pour les affaires internationales, a été émise une hypothèse qui pourrait expliquer pourquoi le Premier ministre tchèque Andrej Babis a soudainement lancé une attaque antirusse. Il n'a jamais été un fervent russophobe ou un "atlantiste", mais il a soudainement adopté un comportement russophobe susceptible d'enterrer sa carrière politique. Le fait est qu'Andrej Babis est également homme d'affaires et milliardaire. Il est fort probable qu'on le fasse simplement chanter, qu'il ait été forcé à engager une démarche politique risquée au profit des États-Unis afin de protéger ses actifs. D'après vous, le ministère des Affaires étrangères peut-il évoquer de telles méthodes de travail du monde américain unipolaire et une telle "cohésion européenne" au nom des États-Unis?

Réponse: Je ne voudrais pas commenter de tels scénarios et propositions. Je ne voudrais pas m'abaisser au niveau de nos partenaires occidentaux qui avancent des accusations sans preuves. Les États-Unis ont exprimé plusieurs fois des menaces politisées vis-à-vis des particuliers, des hommes d'affaires, des associations de commerce et d'industrie, des structures bancaires, des corporations, et des institutions financières internationales. Il y a suffisamment de publications à ce sujet contenant directement des menaces sous la forme d'avertissements et d'intimidations. Ils le font depuis plusieurs années. Je ne pense pas qu'ils feront des exceptions dans des cas particulier si cela était bénéfique pour eux. Ce n'est pas une supposition, c'est un constat. Nous le voyons sur l'exemple du Nord Stream 2, le triste sort de plusieurs compagnies et structures bancaires européennes qui non seulement ont fait l'objet de déclarations et d'une rhétorique publique agressive des États-Unis, mais également de mesures de coercition allant des sanctions jusqu'aux "opérations spéciales". Tout cela est un fait. Vous pouvez en prendre connaissance non pas sur des sites conspirationnistes, mais sur les sites où sont publiés les discours et les déclarations des représentants américains officiels. Le plus fantastique est qu'au XXIe siècle, alors que son premier quart touche à sa fin, ce n'est pas une politique cachée mais, au contraire, largement affichée (une sorte d'élément de prévention d'intimidation).

En ce qui concerne les déclarations faites par les représentants tchèques ces derniers temps, les accusations contre notre pays, tout cela est infondé et contradictoire. Cela ressemble à un tapage intérieur interminable sous une supervision extérieure.

Au début, quand les représentants tchèques ont commencé, il y plusieurs semaines, à faire des déclarations sur la Russie, nous commentions chacune d'elles. Puis nous avons compris qu'il n'était plus impossible de le commenter non seulement de l'extérieur, mais également que la société tchèque elle-même s'était emmêlée dans les versions, les déclarations et les discours avancés par leurs hommes politiques chaque jour. Sachant qu'il ne s'agit pas de politiciens n’étant pas au pouvoir, mais de représentants publics officiels actuellement au pouvoir. Apparemment c'est une crise intérieure, créée en partie sous influence extérieure, qui doit être surmontée par la société tchèque.

Question: La terrible tragédie de Kazan fait de l'ombre à tous les autres événements. Le mal s'avère être bien plus proche de nous, des enfants meurent également en temps de paix. Ces terribles victimes auraient pu être plus nombreuses sans les enseignants. Elvira Ignatieva s'est courageusement mise devant un enfant.

Parmi de tels enseignants-héros se trouve le régiment immortel pédagogique de protecteurs d'enfants qui comptait dans ses rangs l'enseignant polonais Janusz Korczak, qui est entré avec des enfants dans une chambre à gaz en 1942, l'enseignant Ivo Stejskal de la ville tchèque de Brno, tué dans le Donbass par des néonazis en août 2014, et maintenant l'enseignante d'anglais Elvira Ignatieva. Il existe encore tant de pédagogues intrépides parmi nous dont la force ne réside pas dans le remplissage de formulaires, pas dans l'écriture de plans scolaires et de papiers insignifiants, mais dans l'attachement indéfectible aux enfants, à la vocation pédagogique, prêts à se sacrifier pour les enfants.

Les compatriotes proposent de proclamer la Journée internationale de l'enseignant-patriote, du protecteur des enfants contre le terrorisme.

Réponse: Ce n'est pas une question, c'est votre initiative. Elle doit être dûment formulée et peut être avancée comme une initiative civile et sociale. Ce n'est pas un conseil du Ministère russe des Affaires étrangères, c'est un commentaire sur votre réplique.

Si vous avez besoin d'un soutien consultatif ou informationnel, je l'apporterai volontiers. Vous pouvez envoyer vos idées à ce sujet, nous les transmettrons aux experts et vous répondrons.

Question (traduite de l'anglais): La guerre entre Israël et la Palestine se poursuit. 10 enfants ont été tués. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Je viens de commenter la situation dans la région en ce qui concerne directement l'aggravation du conflit. Deux grandes publications ont été faites par le Ministère russe des Affaires étrangères. Elles développent notre position dans le détail. J'en ai également parlé aujourd'hui en répondant à une question de votre collègue islandais.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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