11 février 202120:40

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 11 février 2021

248-11-02-2021

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Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Robert Dussey, Ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration régionale et des Togolais de l'Extérieur de la République togolaise

 

Pendant la précédente conférence de presse, le 4 février 2021, nous avions annoncé l'entretien du 15 février entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue finlandais Pekka Haavisto. Lors de ces pourparlers à Saint-Pétersbourg sera évoqué un large éventail de sujets et d'aspects de l'ordre du jour bilatéral et international.

Le 16 février, Robert Dussey, Ministre des Affaires étrangères, de l'Intégration régionale et des Togolais de l'Extérieur de la République togolaise, effectuera une visite de travail à Saint-Pétersbourg. L'entretien avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov permettra d'évoquer les perspectives de développement des relations bilatérales traditionnellement amicales en mettant l'accent sur le renforcement du dialogue politique et l'élargissement des liens commerciaux et économiques.

Un échange d'avis approfondi est prévu sur l'ordre du jour africain, avec un accent sur la consolidation des efforts dans la lutte contre la menace terroriste dans la région du Sahara-Sahel, la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée, ainsi que contre la prolifération du nouveau coronavirus.

Nous espérons que cette visite du chef de la diplomatie togolaise Robert Dussey contribuera à l'intensification de l'ensemble des liens entre nos deux pays dans différents secteurs.

En marge des pourparlers est prévue la signature d'un accord entre le gouvernement de la Fédération de Russie et le gouvernement de la République togolaise sur la levée réciproque des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, ainsi que d'une déclaration conjointe sur le non-déploiement en premier d'armes dans l'espace.

 

Sur les infractions aux règles consulaires et diplomatiques par les responsables consulaires et des diplomates étrangers expulsés

 

Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs scandales diplomatiques, notamment par le rôle disgracieux des diplomates de plusieurs pays pris en flagrant délit d'ingérence dans les affaires de notre État, qui ont commis des actes incompatibles avec l'activité du diplomate et contraires à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques. C'est la raison pour laquelle ils ont été expulsés. A cet égard, je voudrais parler de l'aspect historique et juridique de cette affaire.

La Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 (p. 1 art. 41) et la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963 (p. 1 art. 55), tout comme la majorité absolue des conventions consulaires bilatérales, notamment la Convention consulaire entre l'URSS et la Suède de 1967 (art. 27) et la Convention consulaire entre la Fédération de Russie et la République polonaise de 1992 (art. 29), stipulent que sans préjudice à leurs privilèges et immunités, toutes les personnes qui bénéficient de ces privilèges et immunités ont le devoir de respecter les lois et règlements de l’État accréditaire. Elles ont également le devoir de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures de cet État. J'ai mentionné la Suède et la Pologne non pas parce que nous avons signé seulement deux conventions, mais parce qu'il est question de diplomates de ces deux pays et de l'Allemagne.

Dans un commentaire de la Commission du droit international de l'Onu aux projets d'articles constituant la base de la Convention de Vienne de 1961, "la participation aux campagnes politiques" est citée en tant qu'exemple le plus marquant d'ingérence dans les affaires intérieures transgressant les normes du droit diplomatique.

Les actions publiques qui ont eu lieu les 23 et 30 janvier dernier à Moscou et à Saint-Pétersbourg n'ont pas été convenues avec les autorités exécutives de ces entités de la Fédération de Russie tel que l'exige la loi fédérale sur les réunions, les rassemblements, les manifestations, les marches et les grèves du 19 juin 2004. Qui plus est, les organisateurs de ces actions avaient déclaré publiquement et en toute conscience qu'ils n'avaient pas l'intention de les faire approuver. Ils ont dit qu'à présent c'était leur tactique, qu'ils le faisaient sciemment et intentionnellement. Par conséquent, les participants aux manifestations, notamment des diplomates étrangers et des responsables consulaires, savaient parfaitement qu'ils enfreignaient les lois du pays d'accueil.

Ils ont également transgressé l'interdiction des activités publiques décrétée temporairement à cause de la pandémie de coronavirus. Le décret du Président de la Fédération de Russie n°316 du 11 mai 2020 sur les règles de prolongation des mesures de garantie de la sécurité épidémiologique de la population dans les entités de la Fédération de Russie compte tenu de la prolifération du nouveau coronavirus (Covid-19) accorde aux hauts responsables des entités de la Fédération de Russie le pouvoir de décréter des règles spéciales à ce sujet. Le décret du maire de Moscou n°12-UM du 5 mars 2020 a interdit l'organisation sur le territoire de Moscou d'activités de masse, publiques et autres. Les diplomates étrangers le savent parfaitement.

De cette manière, la participation de collaborateurs des consulats généraux de Suède et de Pologne et de l'Ambassade d'Allemagne aux manifestations du 23 et du 31 janvier représente non seulement une ingérence dans les affaires intérieures de la Fédération de Russie, mais également une violation intentionnelle et consciente des lois et des règles du pays d'accueil. Nous espérons que le motif argumenté de la décision prise sera rapporté au grand public occidental par les médias occidentaux qui suivent et commentent activement ce thème.

Les représentants de Pologne et de Suède se sont justifiés en disant que leurs responsables consulaires auraient agi en remplissant leurs obligations de service. La participation aux campagnes politiques dans le pays d'accueil ne fait pas partie des fonctions des responsables consulaires (et des collaborateurs diplomatiques) décrites dans les accords internationaux en vigueur. Le fait de remplir d'autres fonctions n'est possible que si ces dernières ne sont pas contraires à ces accords et à la législation du pays d'accueil. Dans le cas présent, il s'agit d'une infraction directe et flagrante de l'un et de l'autre.

Cette position a été expliquée à Berlin, à Stockholm et à Varsovie.

 

Sur les déclarations de représentants officiels des États-Unis et d'organisations des droits de l'homme internationales sur les violations des droits de l'homme et de réunion en Fédération de Russie

 

L'espace médiatique international a été submergé de déclarations inadmissibles, tant par leur ton que leur contenu, de représentants des États-Unis et d'autres pays occidentaux, ainsi que de certains représentants d'organisations internationales revendiquant le statut de défenseur des droits de l'homme, concernant les prétendues infractions au respect de la liberté de réunion et de manifestation pacifique des citoyens qui auraient été constatées en Fédération de Russie.

Je viens de citer les règles, les normes et les lois permanentes et temporaires qui sont appliquées par notre pays en ce moment au sujet de l'organisation des activités de masse.

Voyons comment cela a été présenté par le mainstream occidental. Comme vous l'avez deviné, il est question des rassemblements non autorisés et de leurs organisateurs, que l'on cherche à faire passer en Occident pour les leaders d'une opposition russe "non systémique". En réalité, aussi bien nous que nos partenaires occidentaux connaissons parfaitement le qualificatif qui s'applique à de tels représentants. Ce sont des agents d'influence. Beaucoup ont pris leur défense. Notamment le Secrétaire d’État américain Antony Blinken, le porte-parole du Département d’État américain Ned Price, le responsable de Human Rights Watch Hugh Williamson, ainsi que des dizaines d'autres ONG et médias de l'Occident collectif dont certains sont souvent financés par le Département d’État américain ou indirectement via d'autres structures affiliées.

Il s'agit manifestement d'une vaste provocation antirusse avec l'objectif illusoire de déstabiliser la situation politique intérieure dans notre pays. Ces tentatives sont vouées à l'échec. Je pense que les partenaires occidentaux le savent, c'est pourquoi ils s'insurgent davantage.

Il est étonnant et révoltant que les initiateurs et les exécutants de cette campagne médiatique dirigée contre notre pays recourent de plus en plus souvent à des méthodes illégales. Non seulement des méthodes "limites", qui peuvent être qualifiées de différentes manières, mais également des méthodes illégales. J'ai déjà évoqué certaines d'entre elles en parlant du thème précédent. Il y a également d'autres aspects. Ils tentent d'impliquer dans leurs jeux des mineurs en les utilisant comme "bouclier humain" ou comme public cible pour leurs attaques médiatiques lors des manifestations illégales dans les villes russes. C'est inadmissible. Nous ferons entrave à une telle ingérence dans nos affaires intérieures.

 

Sur les doubles standards dans les approches occidentales de la liberté des médias

 

Nous avons déclaré à plusieurs reprises que notre pays n'était pas la seule cible d'ingérence dans les affaires d'un État souverain. Nous avons cité plusieurs exemples. En voici un autre. Ce n'est peut-être pas le plus marquant, mais il est tout aussi représentatif.

Je lis l'actualité: "Les États-Unis sont profondément préoccupés par le fait qu'une radio hongroise d'opposition cesse d'exister - souligne le communiqué écrit du porte-parole du Département d’État américain Ned Price publié hier."

Je répète: c'est un exemple mineur mais très révélateur. Je pense qu'en s'appuyant sur sa législation, la Hongrie décidera elle-même de la manière dont elle doit vivre, notamment dans l'espace de l'information.

Le plus intéressant est que Josep Borrell, Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui s'est récemment rendu en Fédération de Russie, en a également parlé pendant une conférence de presse quand il lui a été demandé pour quelle raison des médias russophones fermaient dans plusieurs pays de l'UE. Il a déclaré espérer et croire que sur la base de leur propre législation et en respectant les normes internationales obligatoires pour ces pays, ces problèmes pourraient trouver une solution juste. A mes yeux, cela doit également concerner la Hongrie.

Voici un autre aspect. Je voudrais rappeler que c'est le Département d’État américain et ses structures  - les ambassades américaines - qui ont salué la fermeture de trois chaînes en Ukraine. Nous voudrions comprendre en quoi consiste la différence. Pourquoi la fermeture d'un média dans un pays est-elle critiquée, mais celle d'autres médias dans un autre pays est, au contraire, encouragée? Nous connaissons bien la réponse.

 

Sur la censure des réseaux sociaux en France

 

Comme nous l'avons déclaré à différentes occasions, le problème de la violation du principe de liberté d'expression par les compagnies internet américaines globales se pose sérieusement. J'attire de nouveaux l'attention sur la déclaration faite par le Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie sur les doubles standards, le parti pris non dissimulé, l'absence de régulation juridique civilisée et l'abus des normes en vigueur à ce jour.

Outre les exemples flagrants, comme dans le cas du blocage des comptes de l'ex-Président américain Donald Trump, il existe des cas moins notables mais tout aussi graves. Voici un exemple de répression de la liberté d'expression sur les réseaux sociaux en Europe, notamment en France (il est question de plateformes américaines). Fin décembre 2020, sur la base d'un prétexte complètement fallacieux et, au fond, parce qu'il a exprimé son avis, Twitter a bloqué le sénateur français Sébastien Meurant. Ce n'est pas un cas isolé. Le compte de la revue en ligne Boulevard Voltaire a connu le même sort pour avoir publié en tant que logo le fragment du célèbre tableau d'Eugène Delacroix La Liberté guidant le peuple. C'est un cas anecdotique. C'est un symbole de la France, un tableau connu non seulement des Français mais qui symbolise également ce pays pour plusieurs États et nations. Le réseau social a justifié cette décision en notant que l'image "[enfreignait] les règles de Twitter relatives à la violence explicite et au contenu pour adultes dans les images de profil".

Il est consternant que des cas aussi absurdes et incompréhensibles ne suscitent aucune réaction ni à Paris, ni dans les médias centraux français, qui défendent avec beaucoup de zèle la liberté d'expression dans les pays qui ne font pas partie du club d'élite sous l'enseigne du "monde libre". Pour une certaine raison les Américains gardent le silence à ce sujet, le Département d’État américain n'a pas fait de déclaration écrite. Nous attendons. Peut-être qu'ils changeront d'avis. Apparemment, lorsqu'il est question d'une censure exercée par les plateformes internet américaines, ces principes peuvent être ignorés.

Nous répétons que la pratique du "diktat numérique", de la censure et qui plus est de l'usage des réseaux sociaux en tant qu'instrument d'ingérence dans les affaires d’États souverains est inadmissible en principe, indépendamment du pays d'origine de ces plateformes. Nous rappelons que la garantie de la liberté d'expression est une obligation de tout État de droit démocratique. Les décisions prises doivent s'appuyer sur une base légale, ne doivent pas être pris en otage des opinions politiques d'un groupe d'individus. C'est fixé, d'ailleurs, dans la Déclaration universelle des droits de l'homme à laquelle aiment tant se référer les partenaires occidentaux, notamment les pays de l'UE et Paris.

Nous voudrions noter à cet égard que les médias russes se sont habitués depuis longtemps à ce que leur activité à l'étranger subisse la censure, et se sont adaptés à ces conditions de travail difficiles. Cependant, cette adaptation ne signifie pas que nous considérons désormais cette situation comme la norme.

 

Sur les contacts entre le Ministère des Affaires étrangères de l'Allemagne et le Conseil de coordination de l'opposition biélorusse

 

Notre attention a été attirée par les communiqués sur les contacts entre les représentants des autorités allemandes et certains responsables de l'organisation "Conseil de coordination de l'opposition biélorusse"  les 28 et 29 janvier 2021 à Berlin. Selon ses publications sur les réseaux sociaux, ainsi que les publications du holding médiatique public allemand Deutsche Welle, le Secrétaire d’État du Ministère des Affaires étrangères allemand Berger a notamment organisé une rencontre avec l'ancien diplomate biélorusse Pavel Latouchko, pendant laquelle la partie allemande a avancé l'initiative de créer une sorte de mécanisme international de poursuite pénale contre les individus responsables de violations et de crimes contre les droits de l'homme en Biélorussie. Dans le cadre de cette discussion aurait également été évoquée la situation politique intérieure au Bélarus "dans le contexte des relations avec la Russie". On remarquera que les commentaires des représentants de la diplomatie allemande concernant cet entretien taisent le fait que cette question a été abordée.

L'orientation antirusse d'une partie des leaders du mouvement protestataire au Bélarus, qui s'associent notamment au "Conseil de coordination de l'opposition biélorusse", n'est pas encore ouvertement affichée. Cependant, elle fait surface dans le cas présent.

Moscou ne se fait pas non plus d'illusions concernant la position de Berlin vis-à-vis des processus sociopolitiques actuels chez notre allié et aux relations russo-biélorusses dans leur contexte. Les pratiques de la diplomatie allemande dans l'espace postsoviétique sont bien connues. C'est pourquoi nous n'avons pas été surpris par la déclaration faite le 6 février dernier par le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas concernant l'intention du gouvernement allemand d'allouer 21 millions d'euros au soutien du mouvement protestataire "démocratique" en Biélorussie.

Compte tenu de tout cela, nous voudrions une nouvelle fois mettre en garde les partenaires allemands contre les tentatives d'ingérence et de semer la discorde dans les relations russo-biélorusses d'alliés, aussi bien directement que par le biais de tiers.

 

Sur les publications antirusses dans les médias néerlandais

 

Les revues néerlandaises Trouw et De Groene Amsterdammer ont publié des articles accusant la Russie et la Chine d'avoir prétendument envoyé des espions dans ce Royaume sous la couverture d'experts techniques. Elles ont publié un schéma selon lequel Moscou et Pékin auraient invité des spécialistes, leur auraient apporté un soutien en matière de visas et auraient réglé leurs questions migratoires. Selon les médias, ce "travail" était mené via des sociétés néerlandaises et les filiales d'organisations russes et chinoises sur le territoire des Pays-Bas.

De cette manière, les experts auraient recueilli des informations nécessaires, tandis que la Russie et la Chine se seraient renforcées dans le domaine de l'espionnage industriel et autre.

Comme toujours, personne n'apporte aucune preuve. Les publications de ces revues sont très probablement commanditées et sont appelées une nouvelle fois à apporter un élément de désinformation supplémentaire vis-à-vis de deux États souverains. C'est probablement une application directe des "manuels" diffusés par les services secrets locaux. C'est précisément les fameux fakes contre lesquels l'UE prétend lutter. Si c'est le cas, alors Trouw et De Groene Amsterdammer font l'objet de notre attention. Ils diffusent des fakes, de fausses informations. S'il existe des informations qui peuvent être utilisées comme des données factuelles, veuillez les fournir.

 

Sur le déploiement de bombardiers américains en Norvège

 

Notre attention a été attirée par l'information concernant la préparation du déploiement d'une escadrille de bombardiers stratégiques américains B-1B Lancer sur la base aérienne norvégienne d'Orland, près de Trondheim, afin d'organiser des exercices conjoints avec l'aviation norvégienne.

Nous considérons cette décision d'Oslo comme une nouvelle démarche d'une série d'actions similaires visant à renforcer l'activité militaire dans l'Extrême-Nord à proximité immédiate des frontières russes. Vous le savez, près de la ville de Tromso au Nord de la Norvège se termine la création d'un port pour la maintenance de sous-marins nucléaires américains. Des contingents d'infanterie de marine du Royaume-Uni, des Pays-Bas et des États-Unis auraient été déployés à titre permanent dans le but d'organiser des entraînements au Nord du pays. Le passage, en octobre 2020, de la présence militaire de fantassins de marine américain sur le territoire norvégien de "rotations" à une base "périodique" permet en réalité de décupler leurs effectifs sous prétexte d'exercices. Ce ne sont que quelques exemples.

Nous sommes confus par les commentaires du Ministre norvégien de la Défense Frank Bakke-Jensen, selon qui les actions de la Norvège auraient un "effet stabilisant" et qu'il n'y aurait aucun prétexte pour une vive réaction de Moscou. Difficile de parler de "calme" quand la tension grandit devant les frontières russes avec la création d'un très puissant avant-poste pour mener des activités militaires contre notre pays.

Nous estimons que cette activité d'Oslo représente une menace pour la sécurité régionale, et "tire un trait" sur la politique norvégienne traditionnelle de non-déploiement sur son territoire à titre permanent de bases militaires étrangères en temps de paix.

Nous espérons qu'Oslo mènera une politique responsable dans le Nord et s'abstiendra d'engager des actions sapant la stabilité régionale et portant atteinte aux relations bilatérales.

 

Sur l'interdiction de la diffusion de 16 chaînes en Lettonie

 

Le 8 février, nous avons commenté l'interdiction de la diffusion de la chaîne Rossiya-RTR en Lettonie. Il y a quelques jours, de nouvelles restrictions ont été décrétées dans l'espace médiatique letton.

Le Conseil national pour les médias numériques a décidé d'interdire à partir du 10 février la diffusion de 16 chaînes, parmi lesquelles NTV Mir Baltic et Ren TV Baltic. Il est déclaré que cette mesure est temporaire et qu'elle serait liée à la prétendue volonté du régulateur médiatique de déterminer l'appartenance juridique des propriétaires de ces programmes, notamment pour savoir s'ils ne font pas l'objet de sanctions de l'UE. Tous les aspects juridiques auraient pu être éclaircis sans couper la diffusion des chaînes. Nous sommes des adultes, nous comprenons tout. Ce mensonge non dissimulé surprend. Si vous prenez des décisions et que vous les trouvez fondées, alors expliquez votre comportement aux partenaires de l'UE. Après tout, vous êtes assis à la même table et dites qu'il faut décréter des sanctions contre la Russie "pour violation des principes démocratiques". Ne l'oubliez pas. Vous les violez sérieusement.

C'est une formulation bien familière pour les réalités baltes. Ils cherchent maladroitement à cacher la lutte médiatique contre la dissidence et la persécution de tout ce qui est lié à la langue russe - même les chaînes au contenu purement culturel, éducatif et social comme Kinomix, Notre nouveau cinéma et NTV Serial.

Tout cela peut être décrit comme la poursuite de la campagne d'hystérie antirusse qui a submergé la Lettonie en l'absence de réaction appropriée des institutions internationales compétentes contre Riga. Nous rappelons une nouvelle fois leur engagement à veiller à la liberté des médias et à la liberté d'expression dans les pays membres de ces organisations.

 

Sur la réaction d'Israël à la glorification de criminels nazis en Lituanie

 

Nous avons remarqué la réaction des représentants officiels et du public israéliens, qui ont condamné le discours du député lituanien Valdas Rakutis. Pendant la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste, ce dernier a tenté de blanchir les collaborateurs hitlériens, tout en rejetant une partie de la responsabilité pour les crimes commis des bourreaux sur leurs victimes. Bien sûr, toute la communauté internationale doit faire front uni face à de telles actions publiques de réécriture de l'histoire. Il est réjouissant que cette fois, les réflexions de ce - si vous le permettez - professeur sur la "collaboration" des Juifs avec les nazis, aient été réfutés également par d'autres membres de la communauté internationale, ainsi que par des politiciens politiques lituaniens qui ont conservé des vestiges de bon sens.

La Russie maintient sa ligne fondamentale visant à préserver la mémoire historique, notamment avec les partisans des mêmes idées. Le thème de la lutte contre les tentatives de réviser l'histoire et les résultats de la Seconde Guerre mondiale, de glorifier les nazis et leurs complices, de faire oublier les crimes de l'Holocauste, la mémoire des victimes du fascisme et l'exploit des libérateurs de l'Europe, a été abordé le 8 février dernier lors d'un entretien téléphonique entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre israélien des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi. Ils ont réaffirmé la disposition mutuelle à défendre systématiquement ces principes sur les plateformes internationales.

 

Sur la politique nationale de l'Ouzbékistan visant à renforcer les positions de la langue ouzbèke compte tenu de l'adoption par le Parlement du projet de "Loi sur la langue nationale de la République d'Ouzbékistan"

 

Le 27 janvier 2021 en Ouzbékistan a été adopté en premier lecture le projet de loi sur les amendements et les modifications à la loi ouzbèke sur la langue nationale de la République d'Ouzbékistan.

Nous notons qu'elle contient des termes concernant le statut d'autres langues (près de 100 ethnies vivent dans la République) et l'inadmissibilité de la discrimination linguistique.

Nous réalisons en Ouzbékistan plusieurs projets éducatifs communs visant à renforcer la connaissance du russe. De par sa diffusion et son importance sociale, il est en deuxième place après la langue nationale et c'est une matière obligatoire à étudier dans les écoles secondaires.

Nous jugeons qu'un pas important a été fait dans le développement de la coopération avec la décision, prise en octobre 2020 par la direction de la République, d'ouvrir à Tachkent une filiale de l'Université d’État russe de pédagogie Herzen (Saint-Pétersbourg) qui, outre la formation en licence et master, procédera à la reconversion professionnelle des pédagogues - dont nos partenaires constatent une pénurie. Près de 1.000 travaillent actuellement dans les universités ouzbèkes.

En octobre 2020, le Ministère russe de l’Éducation et le Ministère ouzbek de l’Éducation nationale, avec la contribution de la fondation caritative Ousmanov "Art, science, sport", ont lancé sur la base de l'Université d’État russe de pédagogie Herzen un projet à l'horizon 2030 pour améliorer la qualité de l'enseignement du russe et des matières générales en russe en Ouzbékistan. Il est prévu d'envoyer jusqu'à 1.000 spécialistes russes dans la République en 2020-2030 avec une couverture progressive de 14 centres régionaux d'amélioration des acquis et de reconversion des pédagogues du système de l'éducation nationale de l'Ouzbékistan, et jusqu'à 10.000 écoles de la République.

 

Sur le magazine La pratique et le service diplomatique

 

L'Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères vous présente le magazine trimestriel La pratique et le service diplomatique, publié en format numérique. Le premier numéro du magazine est paru ce 8 février.

C'est une publication d'un format unique, qui n'a pas d'équivalent dans le monde. Elle est appelée à apporter une grande contribution à la réflexion théorique sur la politique mondiale actuelle, le service diplomatique, et constitue une plateforme qui apporte un soutien d'information direct aux diplomates en service.

L'objectif de cette revue consiste à diffuser des actualités consacrées au service diplomatique contemporain, aux problèmes des relations internationales et de la politique mondiale. Les auteurs des articles sont des diplomates russes et étrangers, des représentants de structures publiques de la Fédération de Russie et d'autres pays, des experts internationaux russes et étrangers.

Le haut niveau de professionnalisme et les profondes connaissances théoriques et pratiques des auteurs, combinés à la pertinence des articles publiés, faisant écho aux tendances actuelles de la politique mondiale et des relations internationales, conditionnent le format unique du magazine.

Le contenu du journal est disponible sur le site de l'Académie diplomatique du Ministère russe des Affaires étrangères.

 

Sur la Journée de l’État de la République de Serbie

 

Le 15 février, la République de Serbie célèbre sa fête nationale: la Journée de l’État.

Le choix de cette date est très symbolique: le 15 février 1804, pendant la fête orthodoxe de la Chandeleur, a eu lieu le Premier soulèvement serbe qui a marqué le début d'une étape historique de la lutte des Serbes pour la libération du joug ottoman séculaire. Ensuite, le 15 février 1835, a été adoptée la première Constitution. Ces événements du XIXe siècle ont marqué un tournant dans l'histoire du peuple et de l’État serbes.

La Serbie est un partenaire traditionnellement amical et fiable pour la Russie. Les relations bilatérales diversifiées, devenues stratégiques, se développent activement. Nous coopérons étroitement avec Belgrade sur la scène internationale, nous le soutenons dans sa lutte pour le maintien de son indépendance et de l'intégrité territoriale du pays par rapport à la situation autour du Kosovo. La lutte conjointe contre la prolifération du coronavirus est un nouvel axe de la coopération dans les conditions actuelles.

Nous félicitons chaleureusement nos amis serbes à l'occasion de la Fête de l’État, et leur souhaitons paix, bien-être et prospérité.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance de la République de Gambie

 

Le 18 février, la République de Gambie célèbre sa fête nationale: la Journée de l'indépendance.

Le peuple gambien a franchi un parcours difficile pour établir sa propre structure étatique, acquérir une véritable souveraineté vis-à-vis de la domination coloniale. Les Portugais ont fait partie des premiers Européens à s'installer, au XVe siècle, sur le territoire de la Gambie contemporaine. Au XVIIe siècle, elle est passée sous le contrôle de l'Empire britannique. Les Anglais ont poursuivi l'exploitation brutale des terres capturées et la traite d'esclaves.

Les Gambiens n'ont obtenu leur autonomie totale qu'en 1963. La Constitution de la Gambie indépendante est entrée en vigueur le 18 février 1965. Aujourd'hui, ce pays avance avec confiance sur le chemin des transformations démocratiques, et règle progressivement ses problèmes dans le domaine du développement socioéconomique.

Les relations russo-gambiennes, dont nous avons célébré le 55e anniversaire l'an dernier, sont traditionnellement amicales et toujours basées sur les principes d'équité et de respect mutuel. A l'étape actuelle sont entreprises des initiatives afin de dévoiler davantage le potentiel de la coopération bilatérale dans le domaine politique, commercial, économique, social et autres.

Nous voudrions féliciter le peuple de la Gambie à l'occasion de sa fête nationale et lui souhaiter de nouveaux exploits, la paix, le bien-être et la prospérité.

 

Réponses aux questions:

Question: L'Islande voudrait savoir comment obtenir le vaccin Sputnik V et par quels canaux commencer?

Réponse: Premièrement, il faut commencer par une vérification des sources d'information. Si les gouvernements des pays occidentaux s'appuient sur les déclarations de ceux qu'ils soutiennent politiquement, qui qualifient l'opposition russe de "non systémique", c'est-à-dire ceux qui déclaraient il y a six mois que la Russie n'avait inventé aucun vaccin, alors, malheureusement, tout cela est voué uniquement à induire en erreur et à retarder le processus de coopération sur ce thème d'actualité. Deuxièmement, c'est l'établissement des contacts directement avec notre pays. En règle générale, cela est fait via nos ambassades. C'est la meilleure solution. Il est également possible pour l'ambassade de votre pays de s'adresser au Ministère des Affaires étrangères, mais généralement c'est fait via les structures publiques concernées des pays étrangers. Ils contactent les ambassades russes ou leur envoient des lettres, des notes proposant de coopérer, ou encore posent des questions, demandent d'organiser des réunions en ligne sur le thème du vaccin. De telles réunions sont organisées avec succès. Pendant ces réunions sont fournies des informations détaillées sur l'organisation d'une telle coopération.

Je voudrais répéter qu'un enregistrement est nécessaire pour les fournitures et l'utilisation du vaccin Sputnik V sur le territoire de tel ou tel pays. A l'heure actuelle, l'enregistrement du vaccin Sputnik V est approuvé dans 24 pays (Russie, Bélarus, Argentine, Bolivie, Serbie, Algérie, Palestine, Venezuela, Paraguay, Turkménistan, Hongrie, Émirats arabes unis, Iran, République de Guinée, Tunisie, Arménie, Mexique, Nicaragua, République serbe (entité de Bosnie-Herzégovine), Liban, Birmanie, Pakistan, Mongolie et Bahreïn). Cette liste s'élargit chaque semaine, avec trois nouveaux pays rien que cette semaine.

L'organisation de la production du Sputnik V à l'étranger et sa livraison dans d'autres pays sont prises en charge par le Fonds russe d'investissements directs. Pour obtenir des informations à ce sujet, vous pouvez vous adresser en tant que journalistes au service de presse du Fonds, dont les contacts sont indiqués sur son site. Les structures officielles peuvent toujours s'adresser à nos ambassades, qui sont en mesure d'organiser les réunions nécessaires, même en ligne.

Question: La Déclaration trilatérale des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020 implique l'ouverture des communications de transport, mais les Arméniens ne peuvent pas se rendre de Martakert à Vardenis. Les habitants des villages ont demandé de l'aide aux casques bleus. La question de la reprise de la circulation sur la route Vardenis-Martakert et Martakert-Stepanakert via Askeran peut-elle faire l'objet d'une discussion du groupe de travail trilatéral sur le Karabakh?

Réponse: Si je comprends bien, cette question concerne plusieurs itinéraires de circulation des habitants du Haut-Karabakh. Bien évidemment, ceux qui se trouvent sur le terrain possèdent la meilleure vision du niveau de nécessité de telle ou telle route dans la vie quotidienne des habitants du Karabakh. J'imagine que si les itinéraires mentionnés se trouvent dans la zone de responsabilité des casques bleus russes, alors cette question peut être posée au Ministère russe de la Défense. Je rappelle également que conformément au paragraphe 6 de la Déclaration des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020, la liaison entre le Haut-Karabakh et l'Arménie est assurée via le corridor de Latchin.

Question: A quelle étape se trouve actuellement la question relative au retour des prisonniers de guerre arméniens?

Réponse: Nous travaillons à la fois avec les collègues azéris et arméniens, notamment au niveau du contingent de maintien de la paix russe déployé dans la zone de conflit au Haut-Karabakh. Très récemment, avec la médiation du Commandant des casques bleus russes, a eu lieu un nouvel échange de prisonniers de guerre: un Azéri et cinq Arméniens sont rentrés chez eux.

Dans l'ensemble, nous partons du principe que la solution optimale à ce problème réside dans un échange de "tous contre tous". Vous connaissez notre position. Elle a été exprimée par le Président russe Vladimir Poutine et par le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Question: Une quarantaine stricte a été décrétée en Chine à cause de la pandémie. Cette situation affecte notamment les marins russes, qui ne peuvent pas bénéficier de l'aide médicale nécessaire en temps voulu. Que pouvez-vous dire de cette situation?

Réponse: Selon nos informations, dans plusieurs ports de la province chinoise de Liaoning, la situation de l'aide médicale urgente au profit des équipages des navires russes qui s'y trouvent est effectivement difficile.

Le Ministère russe des Affaires étrangères a envoyé une note à ce sujet au Ministère des Transports et à l'Agence fédérale de la pêche de Russie pour leur proposer de rapporter cette situation aux opérateurs économiques russes, ainsi que d'assurer le niveau nécessaire de protection de la santé sur les navires russes.

En parallèle, nous travaillons avec les autorités chinoises pour régler les problèmes actuels. Nous travaillons donc à la fois avec les collègues chinois et au format interministériel.

Question: Que pensez-vous de la profanation, par des Azéris, du monument au héros tombés lors de la Grande Guerre patriotique dans le village arménien occupé d'Avetaranots, dans la région d'Askeran au Haut-Karabakh? Ce monument se trouve sur le territoire du monastère Sainte-Gayané.

Réponse: Nous partons du principe que notre position fondamentale concernant la profanation des monuments est bien connue. Toute profanation de monuments est inadmissible, et quand il s'agit de monuments aux héros de la Grande Guerre patriotique, il ne peut y avoir aucune autre position en principe. Nous avons attiré plusieurs fois l'attention sur les actes de vandalisme et le démantèlement de monuments de la Seconde Guerre mondiale dans différents pays, notamment de l'UE, ainsi que sur les tentatives de manipuler ces thèmes sensibles dans les médias.

Nous avons contacté nos collègues azéris. Ils ont affirmé que les actes de vandalisme, de destruction de cimetières et de monuments aux héros tués pendant la Grande Guerre patriotique et consacrés à la Grande Guerre patriotique avaient été constatés en temps voulu par les autorités azéries. Une enquête est en cours pour identifier les auteurs de tels actes. Ceux qui commettent des actes de vandalisme sont traduits en justice. Les actes de ce genre sont fermement entravés et ne sont pas encouragés.

Plus globalement, à Moscou, à Bakou et à Erevan, nous devons nous rappeler que la Grande Guerre patriotique et la victoire dans celle-ci est un exploit de nos peuples. Et nous devons ensemble réagir aux actes de vandalisme ou de profanation des monuments aux héros de ces événements non seulement dans des cas isolés, mais également à chaque fois. Regardez combien de fois j'évoque ce sujet pendant les conférences de presse - pratiquement chaque semaine. Tantôt la Pologne, tantôt d'autres pays, principalement de l'UE, se distinguent dans ce sens négatif.

Je voudrais vraiment - c'est ma sincère volonté non seulement en tant que représentante du Ministère des Affaires étrangères, mais c'est aussi ma position civile - que nous ne soyons pas seuls dans nos tentatives de lutter contre la falsification de l'histoire, contre la profanation et le vandalisme visant les monuments, que nous soyons unis. Je trouve que tout phénomène horrible de ce genre au XXIe siècle doit être condamné par les États dont les nations ont donné leur vie pour que nous ayons un avenir avec vous. Travaillons ensemble en ce sens.

Question: Des réfugiés et des déplacés internes retournent au Haut-Karabakh. En trois mois, près de 52.000 personnes sont arrivées dans la zone de responsabilité des casques bleus russes. Travaille-t-on actuellement sur le retour au Karabakh de la population azérie, étant donné qu'il s'agit également de dizaines de milliers de personnes qui ont le droit de regagner leur foyer?

Réponse: Conformément au paragraphe 7 de la Déclaration des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie du 9 novembre 2020, "les déplacés internes et les réfugiés reviennent sur le territoire du Haut-Karabakh et dans les régions attenantes sous le contrôle du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés".

A l'heure actuelle, nous assistons effectivement à un retour assez actif des Arméniens qui avaient quitté leur foyer très récemment à cause des événements que l'on sait en automne dernier.

Nous partons du principe que ce paragraphe de la Déclaration trilatérale s'applique à tous ceux qui ont dû quitter leur ancien foyer.

Question: La décision de la Russie de proclamer personae non gratae des diplomates de Pologne, d'Allemagne et de Suède pour leur participation aux manifestations non autorisées en soutien au blogueur Alexeï Navalny a provoqué une réaction brusque en Occident. Les actions de la Russie ont été condamnées. L'Allemagne et les États-Unis ont réagi le plus brutalement. On perçoit une certaine concordance dans les déclarations faites. Des menaces d'élargir les sanctions contre la Russie sont proférées.

Le Secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a déclaré que c'était un acte arbitraire et injustifié de la Russie, un écart à ses engagements internationaux. Il a souligné que les diplomates expulsés n'avaient fait qu'observer les manifestations de janvier. La réaction de la chancelière allemande étonne aussi, qui a qualifié la situation d'expulsion infondée et d'écart aux principes de primauté du droit qu'il est possible d'observer actuellement en Russie. Selon elle, Berlin se réserve le droit d'élargir les sanctions contre Moscou. Avant tout individuelles. Le Ministère russe des Affaires étrangères a déjà noté qu'il ne fallait pas parler à la Russie par la pression et les sanctions, mais l'Occident collectif augmente sciemment le degré de confrontation et tente de profiter de chaque faux prétexte pour adopter de nouvelles sanctions contre la Russie.

Réponse: Les appels récents à décréter de nouvelles restrictions illégitimes contre notre pays ne surprennent pas. L'expérience d'interaction avec l'UE depuis 2014 indique clairement que Bruxelles attrape instinctivement le levier des sanctions quand il est confronté à la ferme disposition de la Russie et d'autres États souverains de défendre leurs propres intérêts légitimes, d'empêcher une ingérence non dissimulée dans leurs affaires intérieures et de ne pas se laisser faire par les architectes occidentaux d'un "ordre mondial basé sur des règles". Avant 2014, le thème des sanctions illégales était déjà à l'ordre du jour en Occident.

Il est symptomatique qu'une nouvelle récidive des idées fixes de décréter des sanctions contre la Russie sous prétexte de "violation des droits de l'homme" a eu lieu immédiatement après la visite à Moscou de Josep Borrell, Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, du 4 au 6 février 2021. Sachant qu'avant ce voyage certains représentants de Bruxelles, y compris Josep Borrell lui-même, se prononçaient de manière très sceptique concernant la perspective d'adopter de nouvelles restrictions antirusses, ayant conscience de l'inutilité de cette idée. Mais manifestement, la volonté de certains de prendre leur revanche de la tentative maladroite de compliquer la première visite du chef de la diplomatie européenne à Moscou depuis 2017 a pris le dessus, lui imposant un agenda conflictuel qui n'a rien à voir avec les intérêts stratégiques de la Russie et des autres peuples européens. Josep Borrell a exprimé son avis sur sa visite et les perspectives des relations bilatérales UE-Russie pendant sa conférence de presse.

La politisation aussi flagrante de ce thème, qui a commencé à l'issue de sa visite, ne laisse aucun doute sur le fait que les discussions sur les sanctions occidentales en tant qu'instrument de lutte contre les violations des droits de l'homme ou des régimes de non-prolifération ne sont rien d'autre que de la démagogie qui cache les intérêts politiques conjoncturels des pays occidentaux que nous connaissons bien. Rappelons qu'en créant en 2018-2019 des mécanismes de sanction "horizontaux" pour la prolifération et l'usage de l'arme chimique, ainsi qu'en réponse aux prétendues cyberattaques, l'UE les présentait comme n'étant pas directement liés à un pays concret. Il semblait sur le papier que ces mesures étaient prises au profit de "la coopération internationale et d'un ordre basé sur des règles" dans ces secteurs. Mais en réalité les premières cibles des restrictions illégales dans le cadre des régimes mentionnés étaient précisément les citoyens et les organisations russes. De facto, les efforts de la minorité antirusse en UE élargissent l'arsenal des moyens pour poursuivre la destruction continuelle de l'architecture des relations entre la Russie et l'UE méticuleusement construite pendant des années.

Nous voudrions mettre en garde nos partenaires de l'UE contre une nouvelle démarche imprudente. Elle sera forcément suivie d'une réaction symétrique. Il est absolument inadmissible d'utiliser les droits de l'homme en tant qu'instrument géopolitique. Cela paraîtra d'autant plus cynique sur la toile de fond des infractions scandaleuses des libertés des médias et des droits de la population russophone dans les pays baltes et en Ukraine ignorées par Bruxelles, qui ignore ses propres problèmes sur le territoire de ses propres pays. Il est question d'une brutale répression du mouvement protestataire et de la dissidence. Sur le plan global, cela risque d'exacerber l'arbitraire dans les relations internationales et d'éroder le droit international.

Une fois de plus, nous réaffirmons notre position fondamentale concernant l'illégalité des restrictions unilatérales contournant le Conseil de sécurité des Nations unies. Nous appelons l'UE à revenir à un dialogue équitable et constructif, à rechercher via les canaux diplomatiques, qui restent toujours ouverts, des compromis viables permettant de garantir un équilibre des intérêts. C'est au profit de tous les Européens qui ne veulent pas payer le prix de la confrontation géopolitiquement construite par certains pays membres de l'UE sur notre continent commun. Cette attitude serait pour nous et pour d'autres acteurs de la communauté internationale une expression visible de l'autonomie de l'UE. Dans le cas contraire, ce serait une preuve de plus que des superviseurs se trouvent derrière les décisions prises par l'UE.

Concernant le fait que les autorités américaines ont commenté l'expulsion des diplomates en disant qu'ils ne faisaient qu'observer les manifestations. Je voudrais rappeler aux collègues américains que l'Ambassadeur Sergueï Kisliak, qui a travaillé aux États-Unis, n'a pas du tout observé, participé ou inspiré de quelconque manière des processus politiques intérieurs aux États-Unis, qui plus est il n'a pas participé à des manifestations. Pourtant les États-Unis, dans les médias et les discours de plusieurs représentants politiques, sont allés pratiquement jusqu'à le qualifier d'espion. Il s'agit d'un spécialiste très compétent en matière de relations internationales. C'est un diplomate classique, un homme qui a travaillé pendant des années pour le développement des relations bilatérales avec les États-Unis au profit de nos peuples. Malgré cela, il y a quatre ans, il a fait l'objet d'une véritable persécution qui ne s'appuyait sur aucun fait qui permettrait de juger une telle campagne légitime. Cette fois, nous assistons à une participation directe (c'est attesté par des images vidéo) de diplomates étrangers à des manifestations non autorisées. Cela n'enfreint pas seulement le principe exigeant des diplomates de correspondre uniquement à leur statut et de ne pas participer à des activités incompatibles avec le statut diplomatique: ils ont directement transgressé des lois de la Fédération de Russie. Washington n'y voit rien de répréhensible. C'est une logique très étrange, mais c'est devenu habituel.

Question: Il a été rapporté que le Ministre ukrainien de la Défense s'était entretenu avec le secrétaire général adjoint de l'Onu Patrick Turner. Ils ont évoqué l'idée provocatrice d'autoriser l'accès à l'espace aérien de Simféropol. Que pense la Russie de cette déclaration provocante?

Réponse: Il vaut mieux adresser cette question au Ministère russe de la Défense.

Question: Comment les autorités russes ont déterminé que les diplomates d'Allemagne, de Pologne et de Suède expulsés avaient participé aux manifestations en soutien à Alexeï Navalny?

Réponse: Facilement. Je ne m'en occupe pas directement, mais je demanderai volontiers des précisions. Vous ne vous référez qu'à l'information sur le site du Ministère des Affaires étrangères? Ces images étaient accessibles et je trouve qu'il est possible de s'y référer. Et surtout, aucun des représentants des trois ambassades ne l'a démenti.

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