19 novembre 202017:45

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 19 novembre 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

La situation relative à la prolifération du coronavirus dans le monde continue, malheureusement, de suivre une dynamique négative alarmante.  La Covid-19 frappe pratiquement partout. Le nombre de personnes infectées augmente rapidement et, au 19 novembre 2020, il était supérieur à 56 millions. Les experts épidémiologistes internationaux envisagent l'avenir proche selon les pires scénarios.

Dans la plupart des pays, notamment en Europe, les gouvernements décrètent des restrictions de quarantaine. La principale préoccupation est non seulement de réduire la vague de contaminations, mais également de diminuer la tension des systèmes nationaux de santé qui "étouffent" littéralement à cause de la pandémie. Les États disposant de stations balnéaires populaires vérifient rigoureusement les listes de pays dont les touristes pourraient venir sans grandes craintes d'importer le virus de l'extérieur. La situation évolue chaque jour. Les restrictions contribuent à la récession économique, dont l'ampleur menace non seulement de faire baisser l'activité d'investissement, mais également de provoquer un "effondrement budgétaire". On constate une hausse sans précédent de la colère sociale, des protestations, notamment de la part des couches les plus vulnérables de la population. Un nouveau phénomène marque cette "époque Covid": les manifestations de représentants des petites et moyennes entreprises, qui ont pratiquement épuisé leurs capacités de survie après que leur activité a été paralysée. Partout, la problématique de la vaccination, de l'élaboration et de la distribution du vaccin est débattue.

Le récent communiqué conjoint des "procédures spéciales" du Conseil des droits de l'homme de l'Onu appelle tous les pays à soutenir l'initiative de l'OMS pour la création et la libre et juste diffusion des élaborations anti-Covid de pointe, et à garantir un accès général non discriminatoire aux principaux services médicaux. Le document met l'accent sur le caractère inadmissible aussi bien du "nationalisme vaccinal" que de la commercialisation injustifiée des aspects entourant sa production et sa distribution.

Ce thème a été évoqué le 17 novembre 2020 lors du sommet en ligne des Brics, au cours duquel la Russie a noté l'importance d'élaborer des démarches internationales constructives pour lutter contre le coronavirus et renforcer la coopération entre les services nationaux épidémiologiques afin de protéger la vie et la santé des citoyens, notamment dans le cadre du Centre d'élaboration et d'étude des vaccins des Brics en cours de création.

Compte tenu de la situation dans le monde, dont nous vous informons régulièrement, nous voudrions attirer votre attention sur la nécessité de peser minutieusement les risques liés aux voyages à l'étranger, de ne pas s'exposer à des risques inutiles, et de surveiller les recommandations sur le site du Ministère des Affaires étrangères, sur les pages de nos ambassades sur internet et les réseaux sociaux, ainsi que dans l'application "Assistant à l'étranger", lors d'un déplacement dans d'autres pays.

 

Sur la demande russe de préqualification par l'OMS du vaccin "Sputnik V"

 

Le Fonds russe des investissements directs a envoyé à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) une demande de procédure accélérée d'enregistrement et de préqualification du vaccin "Sputnik V" contre le coronavirus créé sur la plateforme bien étudiée des vecteurs adénoviraux de l'homme. Ce faisant, la Fédération de Russie a été l'un des premiers pays à s'adresser à l'OMS pour préqualifier son vaccin contre le nouveau coronavirus.

Dans les conditions de la pandémie, l'enregistrement accéléré du vaccin selon cette procédure permettra de rendre le vaccin russe accessible pour le monde entier plus rapidement que dans le cadre des procédures ordinaires et de soutenir les efforts mondiaux pour la prévention du coronavirus. Le succès de la préqualification permettrait d'inscrire le vaccin Sputnik V sur la liste des médicaments à laquelle recourent les organisations d'achat internationales et les pays pour gérer les achats de gros de médicaments.

Vous trouverez de plus amples informations à ce sujet sur les ressources en ligne du Fonds russe des investissements directs consacrées à l'élaboration du vaccin.

 

Sur la fin de la 73e session de l'Assemblée mondiale de la santé

 

Le 13 novembre s'est terminée la 73e session relancée de l'Assemblée mondiale de la santé, principal organe dirigeant de l'OMS. En raison des restrictions liées à la pandémie de coronavirus, cette activité s'est déroulée au format virtuel. A son travail ont participé les représentants de différents pays, notamment une délégation interministérielle russe.

Les participants ont abordé les différentes questions relatives à l'activité de l'OMS, notamment la réaction à la pandémie de Covid-19, ainsi que le fonctionnement du système du Règlement sanitaire international de 2005. Les experts ont également évoqué d'autres aspects du secteur - la lutte contre la méningite, les maladies tropicales oubliées et d'autres maladies dangereuses. Les pays membres de l'OMS ont soutenu le projet de résolution russe pour lutter contre l'épilepsie soumis à l'Assemblée mondiale de la santé.

Une attention particulière a été accordée au fonctionnement efficace de l'OMS, aux questions budgétaires et administratives.

 

Sur la visite de travail en Fédération de Russie de Mohammad Javad Zarif, Ministre des Affaires étrangères de l'Iran

 

Lundi 23 novembre, le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif effectuera une visite de travail à Moscou, où il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Ils poursuivront l'échange d'avis sur l'ordre du jour international, notamment le Haut-Karabakh, le Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien, ainsi que la situation en Syrie, en Afghanistan et dans le Golfe.

Bien évidemment, l'agenda bilatéral sera évoqué, avant tout son versant commercial et économique dans le contexte de la réalisation des principaux projets communs dans le domaine de l'énergie et du transport. Les perspectives de renforcement des liens socioculturels seront également abordées.

Les relations russo-iraniennes continuent de se développer activement, ce dont témoigne le dialogue intensif et de confiance au plus haut niveau: cette année, les présidents de la Russie et de l'Iran ont mené quatre entretiens téléphoniques. Malgré la prolifération du coronavirus, nos pays maintiennent un contact régulier, notamment au niveau des ministères des Affaires étrangères: ce sera la quatrième visite de Mohammad Javad Zarif dans notre pays cette année. Nous entretenons également un dialogue actif au niveau des représentants des parlements, des ministères et d'autres institutions russes et iraniennes.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la Conférence internationale de Genève sur l'Afghanistan

 

Les 23 et 24 novembre se tiendra la Conférence internationale de Genève sur l'Afghanistan (en ligne) sous la présidence des gouvernements de l'Afghanistan et de la Finlande, ainsi que de l'Onu. Le 24 novembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion plénière de la conférence.

Nous trouvons cet événement très opportun. Il donnera à la communauté internationale la possibilité de réaffirmer son attachement à la contribution au développement et au rétablissement de l'Afghanistan dans le contexte des efforts du gouvernement afghan et des talibans pour lancer les négociations de paix interafghanes à part entière.

L'adoption d'un communiqué conjoint est prévue à l'issue de la conférence.

 

Sur la visite en Fédération de Russie de Fouad Hussein, vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères de l'Irak

 

Les 25 et 26 novembre, le vice-Premier ministre et Ministre irakien des Affaires étrangères Fouad Hussein effectuera une visite de travail à Moscou. Il s'agit de son premier voyage dans la capitale russe en tant que chef de la diplomatie irakienne.

Pendant leur entretien, prévu le 25 novembre, Sergueï Lavrov et Fouad Hussein évoqueront l'ordre du jour régional et international en mettant l'accent sur la situation autour de la Syrie, du processus de paix au Proche-Orient, dans le Golfe et au Yémen. Une attention particulière sera accordée à la consolidation des efforts pour lutter contre le terrorisme international.

Il est prévu d'évoquer en détail les tâches concrètes pour le développement de l'ensemble des relations bilatérales, notamment dans le contexte du travail de la Commission intergouvernementale russo-irakienne pour le commerce, la coopération économique, scientifique et technique.

Nous constatons avec satisfaction que le dialogue politique bilatéral est régulier et constructif. Il se distingue par un grand niveau de confiance, ainsi que la proximité ou la coïncidence des approches concernant les principaux problèmes moyen-orientaux et internationaux.

 

Sur la réunion conjointe des collèges du Ministère des Affaires étrangères de la Russie et du Ministère des Affaires étrangères du Belarus à Minsk

 

Les 25 et 26 novembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail à Minsk pour participer à la réunion annuelle conjointe des collèges des ministères des Affaires étrangères de la Russie et du Belarus.

Son programme prévoit une rencontre avec le Président biélorusse Alexandre Loukachenko et des pourparlers avec le Ministre des Affaires étrangères Vladimir Makeï, pendant lesquels il est prévu d'évoquer la situation dans la république et les principales questions de l'ordre du jour bilatéral et international.

Dans le cadre de la réunion conjointe des collèges de nos ministères des Affaires étrangères le 26 novembre sera évoqué la mise en œuvre du Programme des actions convenues en matière de politique étrangère de l’État de l'Union pour 2020-2021, dont la coordination des actions dans les organisations internationales, la coopération au sein de l'UEE, de l'OTSC et de la CEI. Il est prévu d'échanger les avis sur l'état des relations avec l'UE, l'éventualité de la participation de l'OTSC aux opérations de maintien de la paix de l'Onu, les perspectives de la création du Grand partenariat eurasiatique en unissant les processus d'intégration, ainsi que la coopération en matière de cybersécurité internationale.

A l'issue de la réunion, il est prévu de signer des documents conjoints, notamment le Plan de consultations interministérielles pour 2021 et l'Acte des deux collèges qui reflétera les accords sur les questions évoquées.

 

Sur la situation dans le Haut-Karabakh

 

Les efforts pour normaliser la situation dans le Haut-Karabakh se sont poursuivis cette semaine.

Le Président russe Vladimir Poutine s'est entretenu par téléphone avec le Président azéri Ilham Aliev et le Premier ministre arménien Nikol Pachinian afin d'évoquer les aspects pratiques de la mise en œuvre des accords fixés dans la Déclaration trilatérale sur le Haut-Karabakh du 9 novembre 2020. Ce thème était également au centre des entretiens téléphoniques du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec ses homologues azéri (15 novembre) et arménien (13 et 15 novembre).

Ce 17 novembre, le Président russe Vladimir Poutine a répondu en détail aux questions des médias concernant le processus de paix du Haut-Karabakh. Je ne vais pas réciter les détails de cette interview, vous pouvez la lire sur le site du Kremlin. Les autorités de notre pays sont en contact permanent avec les gouvernements azéri et arménien, coordonnant le travail pour le règlement post-conflit.

Il est important de garantir la mise en œuvre rigoureuse des accords. Nous notons avec satisfaction que les efforts de médiation de la Russie ont permis aujourd'hui d'imposer un cessez-le-feu durable, établi depuis le 10 novembre 2020 conformément à la Déclaration des dirigeants de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie, ainsi que d'engager des démarches importantes pour le retour à la vie pacifique.

Le déploiement des casques bleus russes se poursuit le long de la ligne de contact et dans le corridor de Latchin reliant le Haut-Karabakh à l'Arménie. Les militaires arméniens se retirent des régions d'Agdam, de Kelbajar et de Latchin.

Les questions humanitaires nécessitent un règlement prioritaire à l'étape actuelle. Le 13 novembre 2020, le Président russe Vladimir Poutine a signé un décret sur la mise en place du Centre interministériel de réaction humanitaire. Ce dernier a pour mission de contribuer au retour des réfugiés dans leur foyer, de les aider, de reconstruire l'infrastructure civile et de créer les conditions pour la vie normale dans la région du Haut-Karabakh.

Le Centre interministériel inclut des représentants du Ministère russe des Situations d'urgence, du Ministère russe des Affaires étrangères, du FSB russe, ainsi que d'autres services compétents. Le règlement des questions organisationnelles et autres liées à la création et à l'activité du Centre interministériel est pris en charge par le Ministère russe de la Défense.

Le groupe opérationnel du Centre veille au déplacement des réfugiés. La population de la région de Kelbajar afflue en grand nombre sur le territoire arménien. En même temps, les réfugiés reviennent au Haut-Karabakh. 3.054 personnes sont revenues au Haut-Karabakh depuis le 14 novembre. 385 corps ont été remis depuis le 13 novembre - ce chiffre comprend les victimes des deux côtés.

Nous comptons coopérer sur ce point avec l'OSCE et les organisations internationales compétentes: le Comité international de la Croix-Rouge, le Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés, la Haut-Commissariat de l'Onu pour les droits de l'homme et l'Unesco. Le 17 novembre 2020 à Moscou, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a évoqué l'échange de prisonniers de guerre et de détenus avec le Président du CICR Peter Maurer. La retranscription écrite de la conférence de presse est également accessible sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. Nous pensons que le CICR peut jouer un rôle important pour surmonter les conséquences humanitaires des événements dans le Haut-Karabakh.

Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, Andrew Schofer (États-Unis) et Stéphane Visconti (France), ainsi que le représentant personnel du Président en exercice de l'OSCE Andrzej Kasprzyk, sont en visite à Moscou du 17 au 19 novembre à l'invitation de Sergueï Lavrov. Ils ont participé à des consultations au Ministère des Affaires étrangères et ont rencontré des représentants du Ministère russe de la Défense, ont "remis les pendules à l'heure" sur la coopération du "trio" pour régler le problème du Karabakh après le cessez-le-feu.

Pendant la réunion du 18 novembre, le Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie a approuvé à l'unanimité la requête du Président russe Vladimir Poutine d'envoyer des casques bleus russes dans le Haut-Karabakh.

Dans l'ensemble, les mesures prises créent les conditions pour un règlement durable et à part entière de la crise sur une base juste, dans l'intérêt des populations de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan qui nous sont amicales.

Je voudrais souligner de nouveau que les contacts avec les parties ne cessent pas. Je peux même dire qu'ils se déroulent pratiquement 24 heures sur 24. Nos ambassades travaillent à un niveau d'experts élevé. Nous sommes en contact permanent. Nous vous transmettrons de manière réactive les nouvelles informations qui apparaîtront.

 

Sur les résultats de l'élection présidentielle en Moldavie

 

Nous avons suivi attentivement l'élection présidentielle en Moldavie, qui s'est déroulée en deux tours les 1er et 15 novembre 2020. Selon les observateurs internationaux, notamment russes, elle a été dans l'ensemble conforme aux normes démocratiques universelles. La campagne électorale s'est distinguée par son atmosphère libre et compétitive. A l'issue du vote, les électeurs ont fait leur choix en partant de leur vision du règlement des problèmes politiques, économiques et sociaux de la Moldavie.

Le Président russe a félicité Maia Sandu, qui a remporté l'élection et est devenue la nouvelle présidente élue de la Moldavie. Nous espérons que sous sa présidence, les promesses de campagne concernant le respect des droits et des libertés de tous les citoyens du pays seront tenues, indépendamment de la langue qu'ils parlent. Nous saluons les intentions déclarées de la présidente élue de contribuer au maintien des relations constructives entre la Moldavie et la Russie.

De notre côté, nous sommes ouverts au développement de la coopération russo-moldave mutuellement avantageuse dans différents domaines au profit des populations de nos pays, ainsi qu'à la coopération pour un règlement durable et viable de la question transnistrienne.

 

Sur l'entrée en fonction du nouveau président du Pérou

 

Le 17 novembre, après la démission de l'ancien chef de l’État, le nouveau Président du Pérou Francisco Sagasti a pris ses fonctions.

Nous souhaitons à l'administration qui entame son travail dans ce pays amical, avec lequel nos relations se développent progressivement, de la réussite dans l'accomplissement de son mandat et l'organisation des élections générales en avril 2021 conformément aux normes constitutionnelles dans le respect des principes démocratiques et des droits des citoyens.

Nous réaffirmons la volonté de développer les relations d'amitié et de coopération avec le Pérou dans différents domaines, notamment dans la lutte contre la pandémie de coronavirus.

 

Sur la situation en République fédérale démocratique d’Éthiopie

 

Nous suivons attentivement la situation qui s'aggrave en Éthiopie, où le gouvernement fédéral a annoncé l'état d'urgence dans la région du Tigray, au Nord, et le début d'une opération militaire spéciale pour le rétablissement de l'ordre constitutionnel dans le pays.

Nous sommes très préoccupés par les victimes civiles des affrontements armés entre l'armée gouvernementale et les troupes du Front de libération du peuple du Tigray, ainsi que par les manifestations de violence interethnique et interconfessionnelle dans d'autres régions de l’Éthiopie.

L'escalade de ce conflit engendre une menace aussi bien pour la sécurité nationale de l’Éthiopie que pour la stabilité régionale. Nous partons du principe que le gouvernement fédéral et les autorités de la région du Tigray doivent faire preuve de volonté politique pour relancer le dialogue afin de chercher des compromis visant à régler toutes les questions litigieuses pour maintenir l'unité et l'intégrité territoriale de l’Éthiopie.

Nous appelons les acteurs du conflit à empêcher la détérioration de la situation humanitaire et à prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de la population civile. Nous comptons sur la désescalade au plus vite du conflit intérieur et la normalisation de la situation en Éthiopie, avec laquelle la Russie entretient des relations d'amitié de longue date.

 

Sur l'adoption par le Sénat américain de l'"Acte Rodtchenkov" contre le dopage

 

Le 16 novembre, le Sénat américain a approuvé à l'unanimité l'"Acte Rodtchenkov" (RADA - Rodchenkov Anti-Doping Act). Il prévoit des poursuites pénales contre une large catégorie de personnes (médecins, entraîneurs, fonctionnaires, etc., sauf les athlètes) soupçonnées de machinations de dopage. Ce projet de loi doit être prochainement soumis à la signature du locataire de la Maison blanche.

Le RADA s'étend à toutes les compétitions sportives internationales organisées conformément aux règles de l'AMA avec la participation d'athlètes américains, ainsi qu'aux tournois sponsorisés par des compagnies travaillant aux États-Unis. Toute personne, de tout pays, serait ainsi passible d'une peine de prison jusqu'à 10 ans et d'une amende pouvant aller jusqu'à 1 million de dollars.

De cette manière, Washington s'est désigné une nouvelle fois en tant que "principal juge d'arbitrage", cette fois du sport mondial, en opposant l'application extraterritoriale de sa législation aux mécanismes antidopage internationaux universels.

Dans les faits, il est question de l'apparition d'un nouvel instrument contrôlé uniquement par les États-Unis pour discriminer les participants étrangers aux compétitions internationales. On ne doute pas que dans son application, les Américains seront guidés principalement par des motifs politiques. Nous connaissons déjà tout cela et y avons assisté plusieurs fois. C'est une tendance extrêmement dangereuse, qui mène à la destruction du mouvement sportif international.

Il semble d'autant plus cynique que, sur fond de dopage d'envergure et systématique aux États-Unis mêmes, les ligues sportives professionnelles de l'Amérique du Nord (NBA, NFL, NHL, etc.) sont exemptées par l'acte Rodtchenkov. Faut-il encore le commenter? Bien sûr que non. Tout est clair: on crée un autre mécanisme de lutte contre les exploits du sport mondial indésirables pour les États-Unis, une possibilité de sélectionner et de faire pression sur ce secteur de la vie internationale.

 

Sur la réaction américaine à la Conférence internationale de Damas sur les réfugiés

 

Nous avons été déconcertés par la déclaration du porte-parole du Département d’État américain Cale Brown concernant la Conférence internationale sur les réfugiés, qui s'est tenue les 11 et 12 novembre à Damas. En quoi la conférence internationale de Damas sur les réfugiés ne vous a-t-elle pas plu? Pourquoi une telle hystérie avant, pendant et après cet événement humanitaire international? Qu'ont fait nos partenaires américains cette fois? Ils ont tenté de remettre en question l'importance de cette conférence.

Je voudrais rappeler que pendant toute la période de préparation du forum, qui a été organisé par les Syriens avec une contribution russe active, Washington a entrepris plusieurs démarches auprès des capitales des pays participants potentiels, ainsi qu'au niveau des sièges des organisations internationales, afin d'empêcher leur présence à la conférence.

En même temps, malgré cette opposition active des Américains et le boycott de l'UE, le forum a eu lieu. Plus de 20 pays y ont participé. Nous partons du principe que la conférence de Damas n'est pas une activité isolée mais qu'elle fait partie d'un processus complexe qui connaîtra une suite.

Nous considérons les commentaires critiques des représentants américains comme s'inscrivant dans le cadre de la ligne de Washington visant à bloquer le retour des réfugiés syriens dans leur foyer. Chers collègues américains, vous êtes si préoccupés par le sort des Syriens à chaque fois, vous ne faites que ça depuis des années dans cette région: exprimer votre préoccupation au sujet des droits de l'homme en Syrie. Pourquoi, d'une manière aussi maladroite, vous dévoilez maintenant la vraie nature de votre politique en empêchant les gens de rentrer chez eux? Même l'aide américaine allouée aux Syriens est destinée principalement aux réfugiés syriens dans les pays voisins de la Syrie, afin de les encourager à rester dans ces pays et à ne pas revenir chez eux. Et ceux qui prennent la décision de revenir sont automatiquement privés des subventions. Il est donc possible d'aider les Syriens qui se trouvent en dehors de la Syrie. Et ils doivent constamment empêcher les Syriens qui reviennent en Syrie de reconstruire leur État, ou ne pas aider les Syriens qui s'y trouvaient initialement. C'est visiblement la coutume dans les sociétés démocratiques à l'étape actuelle. Or il faut savoir que les États-Unis mènent une véritable politique d'étouffement économique à l'égard des territoires contrôlés par le gouvernement syrien. Voilà le "truc", pour reprendre les éléments de langage du porte-parole adjoint du Département d’État américain.

La Russie prend des mesures concrètes pour contribuer au retour des Syriens, y compris les déplacés internes, à leur foyer. Presque 2,2 millions de personnes ont déjà réussi à le faire, dont plus de 850.000 depuis l'étranger. C'est également un aspect très important de la participation et de la contribution russe au rétablissement et à la normalisation de la vie dans ce pays.

Les structures publiques et les associations russes apportent constamment une aide humanitaire aux personnes dans le besoin sur la majeure partie du territoire syrien. Rien qu'au niveau du Centre pour la réconciliation des belligérants à Hmeimim, en cinq ans plus de 4.500 tonnes de nourriture et de médicaments, ainsi que de produits de première nécessité, ont été distribués. La conférence de Damas a coïncidé avec l'acheminement de 78 tonnes d'aide humanitaire russe. Plusieurs organisations russes aident la Syrie sans afficher leur activité caritative.

Nous regrettons que le Département d’État américain poursuive son jeu destructif devant le public autour du forum international sur les réfugiés qui s'est tenu dans la capitale syrienne, que diplomates américains n'ont pas réussi à empêcher malgré toutes leurs tentatives.

 

Sur l'organisation aux États-Unis d'essais pour l'interception d'un missile intercontinental

 

Nous avons remarqué l'information de l'Agence pour la défense antimissile auprès du Pentagone concernant l'organisation ce 17 novembre dans l'océan Pacifique d'essais prévoyant le lancement depuis une plateforme navale d'un missile intercepteur Standard 3 version 2A contre une cible imitant un missile intercontinental. C'est une nouvelle confirmation de la ligne dangereuse et déstabilisante de Washington en matière d'ABM et de son orientation antirusse évidente.

Pendant des années, les collègues américains nous assuraient que l'interception de missiles intercontinentaux russes par les systèmes américains Standard, y compris cette version, était techniquement impossible, et qu'ils avaient besoin de l'ABM mondial uniquement pour contrer de prétendues menaces régionales limitées. Souvenons-nous du thème iranien. Mais l'essai actuel confirme directement le caractère mensonger des affirmations américaines de la "non-orientation" de l'ABM mondial américain contre la Russie. C'est une preuve directe, un exemple concret montrant comment Washington a manipulé l'opinion publique de son pays, a menti aux partenaires internationaux et justifié ses actions sur la scène internationale par des prétextes complètement fallacieux.

Nous ne pouvons pas ignorer que ces derniers temps, les Américains parlent directement de leur intention de bénéficier d'un potentiel de défense contre les armements hypersoniques, bien que très peu de pays avec un grand potentiel militaire industriel soient en mesure disposer de tels armements. Dans la dernière version de la Revue de la politique américaine en matière d'ABM, publiée en janvier 2019, la Russie a été ouvertement qualifiée d'"ennemi potentiel".

L'essai d'antimissiles Standard 3 de version 2A pour intercepter des missiles intercontinentaux est également remarquable parce que de tels intercepteurs peuvent être installés aussi bien sur des navires américains que sur les bases américano-otaniennes en Roumanie et en Pologne, où sont ou seront déployés des systèmes de lancement universels de missiles identiques aux missiles mer-sol. Bien sûr, nous devrons prendre les mesures nécessaires de réaction, comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, pour garantir notre sécurité nationale et maintenir la stabilité stratégique.

En même temps, nous n'avons jamais fermé la porte à la poursuite du dialogue sur l'ABM. Il faut chercher des opportunités pour un dialogue constructif sur la garantie globale de la sécurité. Et les collègues de Washington ne doivent pas miser sur un gain illusoire dans la "rivalité des grandes puissances" qu'il a proclamée. Nous appelons de nouveau les autorités américaines à plancher sérieusement sur la recherche commune d'une solution aux problèmes accumulés dans le domaine de la sécurité, notamment liés à l'évolution de l'ABM mondial des États-Unis.

Nous espérons vraiment que cet épisode sera couvert par les médias en Europe, en UE, que ce thème ne sera pas laissé de côté, qu'ils remarqueront à la fois ce qui a été entrepris par Washington et la réaction de la Russie, notamment le dernier paragraphe de mon commentaire.

 

Sur l'adoption par la Troisième commission de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies d'une résolution sur la situation des droits de l'homme en Crimée

 

Mercredi 18 novembre, la Troisième commission de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies a adopté par un vote le projet de résolution initié par l'Ukraine sur la situation des droits de l'homme en Crimée.

Comme les années précédentes, cette résolution est politiquement engagée et n'a rien à voir avec la situation réelle sur la péninsule. Une nouvelle fois, l'Ukraine a utilisé l'Onu pour exprimer ses revendications politiques et territoriales infondées sur la Crimée. A cet égard, nous voudrions souligner une nouvelle fois que la question de l'appartenance territoriale de la République de Crimée et de la ville de Sébastopol a été réglée définitivement par ses habitants lors du référendum de mars 2014, qui est déroulé conformément aux normes du droit international. Le fait d'évoquer le statut et l'appartenance de certains territoires est d'autant plus déplacé dans le cadre de la Troisième commission de l'Assemblée générale des Nations unies, où sont évoqués uniquement les problèmes sociaux, culturels, humanitaires et des droits de l'homme.

Le caractère extrêmement politisé de la résolution est également confirmé par le nombre de délégations qui se sont abstenues ou ont voté contre, qui dépasse le nombre de ceux qui ont soutenu ce document. De plus, plusieurs pays ont préféré ne pas participer au vote, affichant ainsi leur attitude négative envers cette initiative ukrainienne.

Quant à la situation des droits de l'homme sur la péninsule, nous voulons souligner de nouveau que la Russie est attachée à la tenue de ses engagements internationaux sur l'ensemble du territoire de la Fédération de Russie, y compris la République de Crimée et la ville fédérale de Sébastopol. Nous sommes prêts au dialogue avec les organisations internationales compétentes sur le respect des droits de l'homme en Crimée dans le cadre des procédures applicables au respect par la Fédération de Russie de ses engagements en la matière sur le territoire de notre pays. Nous sommes également prêts à recevoir les missions des organisations concernées en Crimée, si elles étaient envoyées dans le cadre d'un mandat des structures appropriées en respectant les procédures en vigueur pour visiter la Russie.

Nous sommes prêts au dialogue. Nous rencontrons des problèmes pour faire participer à différentes conférences internationales les vrais habitants de la Crimée, pas ceux qui n'y vivent plus depuis des décennies et ne se représentent pas quelle y est la situation aujourd'hui, mais les représentants réels de la société civile et les journalistes. Auparavant, quand il n'y avait pas de problèmes avec la logistique de transport internationale, ils n'étaient pas autorisés à venir et on leur refusait la délivrance d'un visa. Aujourd'hui que ces forums sont passés au format virtuel, nous avons des problèmes même avec la connexion internet. Cela nous est constamment refusé. La délégation ukrainienne bloque constamment les discours des représentants de la Crimée, pensant qu'elle connaît mieux la situation sur place.

Plusieurs structures internationales prennent des décisions sur la situation humanitaire et des droits de l'homme en Crimée sans connaître la situation réelle, parce que, malheureusement, elles s'appuient sur les avis des autorités ukrainiennes qui n'ont aucune idée de ce qui s'y passe. Plusieurs prétendus "experts" internationaux expriment des conclusions en se faisant passer pour des spécialistes de la Crimée sans jamais l'avoir visitée et sans avoir eu la possibilité de comprendre eux-mêmes ce qui s'y passe. Ils ne jugent même pas utile d'utiliser les moyens techniques modernes pour un dialogue normal avec des représentants de la société civile de la Crimée.

 

Sur les résultats du forum "La coopération interrégionale russo-chinoise post-épidémie"

 

La coopération interrégionale entre la Russie et la Chine joue un rôle important dans les relations interétatiques russo-chinoises. L'une des plateformes importantes pour établir et renforcer les liens en la matière est le Conseil pour la coopération interrégionale du Comité russo-chinois d'amitié, de paix et de développement. Le 12 novembre, sous son égide s'est déroulée en visioconférence le forum "La coopération interrégionale russo-chinoise post-épidémie: possibilités et défis", auquel ont participé les dirigeants de différentes régions russes et provinces chinoises.

Les participants au forum se sont prononcés pour le renforcement de la coopération dans de nombreux domaines: le commerce électronique, l'agriculture, l'industrie du charbon, la santé. Ils ont évoqué le développement de l'infrastructure transfrontalière, l'augmentation du transport de transit, la reprise du flux de fret via les postes de contrôle automobiles. Ils ont noté que la coopération pratique entre les régions de nos pays s'était maintenue à un niveau élevé malgré l'épidémie de coronavirus.

 

Sur les élections législatives à Myanmar (Birmanie)

 

Des élections générales ont eu lieu le 8 novembre à Myanmar (Birmanie) pour la nomination de la nouvelle composition du corps de députés des deux chambres de l'Assemblée de l'Union et des assemblées législatives régionales.

Nous saluons le déroulement réussi des élections, qui ont marqué une étape importante dans le progrès  de Myanmar (Birmanie) sur la voie du développement démocratique et de la réconciliation nationale. Malgré la situation difficile qui perdure dans certaines régions du pays, la campagne électorale et le vote se sont déroulés, dans l'ensemble, dans une situation stable et pacifique, conformément à la législation birmane, et se sont distingués par un taux de participation élevé.

Nous réaffirmons notre disposition fondamentale à renforcer les relations russo-birmanes traditionnellement amicales et la coopération mutuellement avantageuse diversifiée dans l'intérêt des peuples de nos deux pays.

 

Sur les modalités du règlement du problème chypriote

 

Nous continuons de suivre attentivement la situation autour de la reprise des négociations sur Chypre, au sujet desquelles sont exprimés actuellement différents avis concernant les modalités pour chercher des solutions au problème.

La position de la Russie reste cohérente et inchangée. Nous prônons le règlement global, juste et viable de la situation sur l'île sur la base des accords entre les deux communautés chypriotes pour la création d'une fédération bizonale bicommunautaire, tel que le prévoient les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Les changements éventuels des cadres onusiens déjà existants doivent être approuvés par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Nous appelons les parties chypriotes à faire preuve de volonté politique pour relancer au plus vite les négociations.

 

Sur la déclaration du Ministère des Affaires étrangères de l'Iran concernant le retrait des forces américaines d'Afghanistan

 

Nous soutenons pleinement la déclaration de Rasoul Mousavi, Directeur général pour les pays de l'Asie occidentale du Ministère des Affaires étrangères de l'Iran, en ce qui concerne la nécessité d'un retrait responsable des forces américaines d'Afghanistan.

Nous pensons que Washington doit analyser et prendre conscience de toutes les conséquences de sa campagne militaire de vingt ans en Afghanistan, notamment des victimes civiles suite aux frappes erronées des États-Unis et de l'Otan ou des actions non autorisées de leurs militaires, ainsi que du préjudice infligé au peuple afghan suite aux longues activités militaires. De plus, à mesure de la réduction du contingent étranger, il est important d'accroître proportionnellement le soutien à l'armée afghane afin d'empêcher l'effondrement de la situation en matière de sécurité en Afghanistan et sur le plan des efforts communs pour combattre le terrorisme international.

 

Sur le discours de l'ambassadeur d'Allemagne en Lituanie lors de la cérémonie d'inauguration d'un monument au Porteur d'eau juif à Vilnius le 19 octobre 2020

 

Nous sommes indignés par le discours de l'ambassadeur d'Allemagne en Lituanie pendant la cérémonie d'inauguration du monument au Porteur d'eau juif à Vilnius le 19 octobre 2020. Dans la capitale lituanienne, le chef de la mission diplomatique allemande a déclaré que l'objectif de la libération de l'Allemagne du nazisme par l'Armée rouge était, ni plus ni moins, d'instaurer dans le pays vaincu la gouvernance stalinienne répressive.

Nous voudrions demander à nos collègues allemands si tout va bien chez eux. Nous qualifions de provocation grossière et cynique ces révélations du diplomate haut-placé du Ministère allemand des Affaires étrangères, inspirées par les sentiments antirusses cultivés depuis des décennies par les forces ultranationalistes en Lituanie. A cet égard, nous voudrions rappeler avant tout que la guerre de l'URSS contre l'Allemagne nazie était la Grande Guerre patriotique de ses peuples pour la liberté et l'indépendance, la lutte contre la menace de l'asservissement et de l'élimination par les nazis. Le Troisième Reich, obsédé par la folie de la théorie raciale de l'hitlérisme, a proclamé notre pays d'"espace vital" des Allemands devant être "débarrassé des sous-peuples", notamment des Slaves. Les offensives contre l'Union soviétique menées par la Wehrmacht, les unités SS et celles de leurs alliés et adeptes ne visaient pas seulement à la défaire, mais également à éliminer physiquement la population du pays, ce qui s'est accompagné de crimes et d'actes de cruauté contre la population civile sans précédent dans l'histoire, qui tombent sous la définition de génocide formulée ensuite dans le droit international. Pendant plus de trois ans, le peuple multiethnique soviétique s'est battu pour sa survie. C'est seulement en 1944, en libérant le territoire de l'URSS de l'occupation allemande, que l'Armée rouge a commencé à libérer l'Europe centrale et de l'Est de la terreur nazie au prix d'innombrables vies de soldats et d'officiers soviétiques.

Compte tenu de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et du rôle de l'Allemagne et de son peuple dans le conflit le plus sanglant de l'humanité, ce discours de l'ambassadeur allemand en Lituanie est particulièrement cynique et révoltant. Nous le considérons comme une provocation. Nous attendons de l'Allemagne des explications et une distanciation nette de cette attaque individuelle qui, malheureusement, n'est pas un cas isolé.

Force est de constater avec regret que ces derniers temps en Allemagne progresse de plus en plus activement une narration pseudo-historique assimilant l'URSS au Troisième Reich dans le contexte de la genèse de la Seconde Guerre mondiale et assimilant le régime communiste au régime national-socialiste. Cela est manifestement fait dans une aspiration à atténuer la responsabilité de l'Allemagne pour les crimes inhumains du nazisme. Cette approche suscite notre rejet absolu et remet en question le processus de réconciliation de l'après-guerre entre les Russes et les Allemands, qui était un exemple de surpassement de soi humain sans précédent.

C'est pour une telle amnésie historique, sa prévention et son traitement qu'est organisé le forum scientifique et pratique "Les leçons de Nuremberg".

 

Sur le forum scientifique et pratique "Les leçons de Nuremberg"

 

Demain le 20 novembre, au Musée de la Victoire sur le mont Poklonnaïa, commence le Forum international scientifique et pratique Leçons de Nuremberg, une grande activité assimilée au 75e anniversaire du début du procès de Nuremberg, l'un des événements clés de l'Année de la mémoire et de la gloire.

Nous ne voulions pas attirer l'attention de nos partenaires, de l'ambassade et des diplomates de l'Allemagne accrédités ici sur ce thème, mais après de telles attaques de l'ambassadeur allemand, nous le ferons.

A ce grand forum réunissant les représentants des communautés professionnelles, chercheurs, associations, personnalités culturelles et du monde de l'éducation, se joindront les participants de toutes les régions de la Fédération de Russie, ainsi que de 30 pays - voisins, d'Europe, d'Asie du Sud-Est, et d'Amérique du Nord. Compte tenu des restrictions en vigueur, la plupart d'entre eux participeront en ligne.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'adressera aux participants au Forum.

Le deuxième jour du forum, le 21 novembre, se réuniront neuf plateformes thématiques organisées par des ministères, des départements, des associations, des musées et des médias. Leurs participants étudieront les questions relatives au Tribunal et à ses décisions - historiques, juridiques, idéologiques, sociales, et éducatives, entre autres. Le Ministère des Affaires étrangères, avec le Ministère de la Justice et le Parquet, sont les coorganisateurs de la plateforme thématique "Le patrimoine de Nuremberg dans le droit national et international", à laquelle participeront des avocats internationalistes russes et étrangers connus ayant une vaste expérience scientifique et pratique.

Des tables rondes thématiques à part seront consacrées à l'activité des musées pour préserver la mémoire de la tragédie des peuples pendant la guerre; aux programmes éducatifs; ainsi qu'aux mythes et à la propagande dans l'espace médiatique actuel. Le forum fera également le bilan de plusieurs activités organisées en 2020 dans le cadre du projet "Sans prescription".

Pendant le forum sera également présenté le projet historique multimédia "Nuremberg. Le début de la paix" pour le 75e anniversaire du début du principal procès du XXe siècle, qui sera lancé par RIA Novosti du groupe médiatique Rossiya Segodnya. Ce projet parlera du Tribunal dans le format de podcasts, de reconstitutions en réalité virtuelle et de présentations à partir de témoignages d'archives et de musée uniques, de photos, de caricatures, de matériaux photo et vidéo. Le site du projet, nuremberg.media, est lancé aujourd'hui le 19 novembre, en russe, en allemand, en français et en anglais, et il fonctionnera toute l'année. Ce projet s'appuie sur des témoignages à la première personne. Parmi ses participants: des journalistes, des personnalités publiques, des historiens, des analystes, des experts militaires. L'objectif principal du projet "Nuremberg. Le début de la paix" consiste à apporter des preuves sans précédent du génocide du peuple soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale et faire de cette notion une base de l'évaluation internationale des crimes nazis en rétablissant la justice historique.

Aujourd'hui que plusieurs pays proclament de nouveau des doctrines nazies, entreprennent des tentatives cyniques de mettre au même niveau les victimes et les bourreaux, d'élever au rang de héros les nazis et leurs adeptes (j'en ai parlé en citant le discours de l'ambassadeur allemand), il faut diriger tous les efforts sur la défense de la vérité historique concernant la Grande Guerre patriotique en hommage aux millions de morts, pour protéger les principes fondamentaux de la démocratie et des droit de l'homme.

Nous sommes convaincus que le Forum apportera une grande contribution au travail pour lutter contre la falsification de l'histoire, à la formation d'une position de consolidation de la communauté internationale dans l'évaluation des crimes des nazis contre l'humanité.

 

Sur la situation entourant Alexeï Navalny

 

Nous voudrions attirer l'attention de nos collègues allemands sur le fait que des personnalités publiques russes exigent littéralement des preuves concernant l'affaire Navalny. Gleb Pavlovski, Matveï Ganapolski, Viktor Chenderovitch et bien d'autres demandent d'expliquer ce qui est finalement arrivé à leur ami et partenaire. Ils sont préoccupés par les versions qui se multiplient concernant cet incident et n'expriment pas du tout leur avis dans les médias publics russes, que certains qualifient de propagande. Non, ils s'expriment dans la presse libérale. Et ils reposent encore et encore cette question, et c'est de cette manière que nous la transmettons à Berlin.

Nous appelons les autorités allemandes à dévoiler les informations dont elles disposent sur l'affaire Alexeï Navalny, à présenter les résultats des essais et des analyses réalisés par les médecins européens. Nous exigeons, en réponse aux demandes de la Russie, de fournir un document normal et non censuré. Dans les documents présentés par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), toutes les preuves ayant une valeur ont été rayées au marqueur noir. Les données que nous avons reçues sont des réponses bureaucratiques qui ne comportent aucune information importante.

Le Parquet a formulé une multitude de requêtes, nous avons parlé plusieurs fois à nos collègues et diplomates allemands. Des représentants russes de différents ministères et services se sont publiquement adressés à Berlin. En vain. Berlin ne nous entend visiblement pas quand nous parlons russe. Je voudrais donc citer à nos collègues du Ministère des Affaires étrangères et du Ministère de la Justice de l'Allemagne un extrait du poème d'Heinrich Heine, La Loreleï, en allemand:

 

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,

Daß ich so traurig bin;

Ein Mährchen aus alten Zeiten,

Das kommt mir nicht aus dem Sinn.

 

Je ne sais dire d'où me vient
La tristesse que je ressens.
Un conte des siècles anciens
Hante mon esprit et mes sens. (Traduction de Pierre Le Pan)

 

Chers collègues allemands, votre histoire concernant Alexeï Navalny risque de se transformer en un autre vieux conte de fées comme la légende de Loreleï. Plus personne ne sait où est la vérité et le mensonge. Nous attendons les réponses à nos questions. A l'heure actuelle, Heine a plus de faits.

 

Sur la remise de la médaille Ouchakov à 17 vétérans américains

 

Je voudrais attirer l'attention des médias sur l'information publiée sur la page Facebook de l'Ambassade de Russie à Washington concernant la remise de médailles nationales russes à des vétérans américains. Un décret a été signé par le Président de la Fédération de Russie en août 2020 pour décerner la médaille Ouchakov à 17 citoyens américains ayant participé aux Convois de l'Arctique pour acheminer du fret et du matériel militaire en Union soviétique pendant la Grande Guerre patriotique.

Notre pays tient en grande estime la contribution des alliés de la coalition antihitlérienne à la Victoire commune sur le nazisme. Nous admirons la bravoure des héros-marins vertueux qui ont rempli leur devoir dans des conditions extrêmes. Leur acte héroïque restera dans nos cœurs à tout jamais.

Nous espérons que ces modèles de courage et de dévouement permettront aux nouvelles générations de représentants politiques et de personnalités publiques américains de mieux se repérer dans les décisions du monde contemporain et de s'orienter sur la coopération constructive avec notre pays. Nous y sommes prêts.

 

Sur la création d'un Observatoire de l'enseignement de l'histoire en Europe au sein du Conseil de l'Europe

 

Le 12 novembre 2020, le Comité des ministres du Conseil de l'Europe a adopté une résolution sur la création d'une nouvelle structure autonome: l'Accord partiel élargi "Observatoire de l'enseignement de l'histoire en Europe". Notre pays fait partie de ses cofondateurs avec 16 autres pays.

Je rappelle qu'il s'agit d'une initiative de la présidence française au Comité des ministres du Conseil de l'Europe avancée en septembre 2019. Nous avons soutenu ce projet depuis le début, avons participé au travail sur la charte de l'Observatoire. Nous avons toujours jugé nécessaire d'exploiter plus activement le potentiel de l'organisation strasbourgeoise afin de préserver la mémoire historique et de la transmettre aux nouvelles générations. Cela est d'autant plus important dans les conditions actuelles où, dans plusieurs pays européens, le révisionnisme historique est élevé au rang de politique nationale, des manuels scolaires glorifient les collaborateurs nazis, et des monuments et des tombes des guerriers libérateurs de l'Europe sont profanés.

L'Observatoire procédera à l'analyse comparative des programmes et des méthodes d'enseignement de l'histoire dans les systèmes de l'enseignement secondaire des pays membres, préparera des rapports et des recommandations, deviendra une plateforme pour des discussions d'experts et des échanges d'expériences. Nous partons du principe qu'elle ne doit pas se transformer en un nouveau mécanisme d'observation du Conseil de l'Europe, imposer des normes éducatives, et encore moins des dispositions idéologiques. Selon nous, sa principale vocation est le renforcement de l'entente et de la confiance entre les pays et les peuples du continent.

Au Conseil d'administration de ce nouvel Accord partiel élargi du Conseil de l'Europe, notre pays sera représenté par le Ministère de l’Éducation de la Fédération de Russie.

 

Sur le 40e anniversaire du Programme international pour le développement de la communication de l'Unesco

 

Mardi 24 novembre, l'Unesco célèbre le 40e anniversaire du Programme international pour le développement de la communication (PIDC), seul forum intergouvernemental du système de l'Onu orienté sur la protection de la liberté d'expression et le soutien aux médias indépendants dans les pays émergents. La décision de créer ce programme visant à construire un "nouvel ordre international de l'information" plus juste et démocratique a été prise pendant la 21e session de la Conférence générale de l'Unesco durant l'automne 1980 à Belgrade. A l'époque, l'amélioration de l'échange international de l'information et l'encouragement de la coopération sur les questions de développement de la communication nationale et internationale ont été définis comme les principaux objectifs du PIDC.

Notre pays a été l'une des sources du Programme et, au cours des quinze premières années de son existence, l'un des plus grands donateurs du PIDC. En particulier, l'URSS a construit plusieurs dizaines d'imprimeries et de stations radio dans des pays émergents d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, a accueilli pour des études et des stages des jeunes journalistes de ces régions, et a apporté une aide consultative pour la création d'agences de presse professionnelles.

La Fédération de Russie, et notamment le Comité russe du PIDC, participe aujourd'hui activement à l'activité du Programme, y compris à son Conseil intergouvernemental dont la prochaine session aura lieu les 25 et 26 novembre au siège de l'Unesco à Paris. Parmi nos priorités: l'éducation aux médias et à l'information, le développement de l'enseignement journalistique spécialisé, le renforcement des normes et de l'éthique journalistique, et le renforcement de la sécurité des journalistes dans les zones de conflits armés.

 

Sur la célébration du 60e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Fédération de Russie et la République fédérale du Nigeria

 

Ce 25 novembre marque le 60e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Fédération de Russie et la République fédérale du Nigeria.

Jusqu'à l'acquisition de son indépendance le 1er octobre 1960, le Nigeria a franchi le parcours long et difficile de la lutte nationale de libération contre les colonisateurs britanniques pour obtenir sa souveraineté nationale.

L'Union soviétique a immédiatement reconnu ce jeune État africain et a commencé à développer avec lui une coopération multidimensionnelle. Dès les premières années de l'existence du Nigeria indépendant, l'URSS lui a apporté une grande aide financière et matérielle, ainsi qu'une contribution significative au développement socioéconomique, notamment dans la création de sites industriels stratégiques ayant une importance prioritaire pour l'économie nationale. Des milliers de Nigérians ont fait leurs études dans des établissements scolaires russes et soviétiques.

A l'heure actuelle, les relations entre nos pays suivent une pente ascendante. Le dialogue politique est maintenu à haut niveau. La rencontre des présidents de la Russie et du Nigeria en marge du sommet Russie-Afrique à Sotchi en octobre 2019 a donné une nouvelle impulsion à l'élargissement de la coopération commerciale, économique, d'investissement et sociale. Les domaines tels que l'exploration géologique, la production et le traitement communs des hydrocarbures et l'énergie atomique sont perçus comme très prometteurs.

Nous félicitons sincèrement nos partenaires nigérians à l'occasion de notre fête commune, et leur souhaitons paix et prospérité.

 

Réponses aux questions:

Question: La nouvelle Présidente de la Moldavie, Maia Sandu, a déclaré qu'elle souhaitait normaliser les relations avec la Russie pour relancer les exportations moldaves et régler les problèmes de la Transnistrie. Quel sera l'ordre du jour russe du dialogue avec la nouvelle dirigeante? Quelle pourrait être la nouvelle étape du processus de paix transnistrien?

Réponse: J'ai commencé la conférence de presse par ce thème. Je peux répéter. Nous avons félicité au sommet Maia Sandu, qui a remporté l'élection. Nous espérons que pendant sa présidence seront complètement tenues les promesses de campagne concernant le respect des droits et des libertés de tous les citoyens du pays indépendamment de la langue qu'ils parlent. Nous saluons la déclaration de Maia Sandu selon laquelle il est prévu de contribuer au maintien des relations constructives entre nos pays.

Question: Pendant la première vague de la pandémie, le Ministère russe des Affaires étrangères a organisé le rapatriement des Russes qui le souhaitaient - une histoire de grande envergure. Ma question concerne les marins russes qui se retrouvent souvent en détresse, et à qui le coronavirus complique également la vie. Comme l'a écrit le journal Novaïa Gazeta, des dizaines de Russes se sont retrouvés littéralement en détresse à l'étranger sur des navires abandonnés ou saisis dans des ports étrangers (en Turquie, en Italie, en Liban, aux Philippines). Souvent, ces navires n'appartiennent pas à la Russie mais des Russes y sont néanmoins présents. Certains d'entre eux passent de longs mois sans argent, pratiquement sans nourriture, sans aide médicale, parce qu'il est difficile de la leur apporter à cause du coronavirus. D'un autre côté, certains pays interdisent de laisser les gens débarquer. Au final, les navires sont abandonnés, saisis, il est impossible de rentrer. Le Ministère russe des Affaires étrangères est-il au courant de ce problème, mène-t-il un suivi? Comment aide-t-il les marins russes?

Réponse: Je ne vois vraiment pas de lien entre la campagne pour contribuer au rapatriement de nos citoyens menée au format interministériel par notre pays, y compris évidemment au niveau du Ministère russe des Affaires étrangères et des établissements diplomatiques à l'étranger, et la situation des marins et d'autres citoyens russes qui rencontrent des problèmes juridiques à l'étranger, etc. A mes yeux, ce sont des choses différentes. La contribution au rapatriement n'a pas constitué un problème uniquement pour la Russie. Les citoyens d'un très grand nombre de pays se sont retrouvés pour la première fois dans une telle situation - notre planète n'avait jamais connu une crise des transports d'une telle envergure. C'est une chose sans précédent et incomparable. Il faut tirer des conclusions pour l'avenir. Il s'avère que c'est possible. D'après mois, il faut mener un travail actif d'information, notamment parmi les citoyens russes, en rappelant et en expliquant ce qui peut se passer, en apportant des recommandations, en mettant à jour les informations appropriées comme nous cherchons à le faire.

Vous avez raison, la question des marins est posée régulièrement, mais pas seulement cette année. Tout s'est compliqué avec le coronavirus, de nouveaux aspects sont apparus. Mais ce n'est pas un thème qui date d'un an ou deux. Malheureusement, il est à l'ordre du jour depuis des décennies.

Bien évidemment, nous avons remarqué l'article du journal Novaïa Gazeta. Si je comprends bien, il s'agissait d'une série de publications d'octobre-novembre 2020 sur la situation en détresse des marins russes qui se sont retrouvés, comme écrit le journal, "en otage sur leurs propres navires sans argent, sans aide médicale, eau ni nourriture". Il est questions de navires commerciaux abandonnés ou saisis pour dettes des propriétaires des navires, qui ont accosté dans des ports étrangers, ce qui rend le rapatriement des équipages plus difficile au vu de la situation épidémiologique dans le monde. Ces publications affirment que toutes les demandes d'aide qui ont été adressés aux institutions russes et au Président russe Vladimir Poutine personnellement n'auraient pas reçu l'attention voulue.

Le journal Novaïa Gazeta a pris connaissance de ce problème seulement maintenant, cette année, mais il existe depuis des décennies. Il existe, mais il est également traité. Malheureusement, en l'occurrence, nous ne voyons qu'une seule chose: une vision peu objective. Encore une fois, il est important de faire de l'information préventive sur de tels sujets.

La protection des droits et des intérêts légitimes des citoyens de la Fédération de Russie se trouvant en dehors de la Russie reste immuablement l'une des priorités de l'activité du Ministère russe des Affaires étrangères et des établissements étrangers qui en font partie. Le travail en ce sens est complexe et multidirectionnel, il consiste notamment en un perfectionnement dans le cadre juridique et réglementaire.

En parlant des marins russes, dont l'assistance auxquels est l'une des priorités de nos ambassades et consulats, il convient de mentionner le décret du Ministère russe des Affaires étrangères n°1692 du 10 février 2016 fixant les Règles de rapatriement de marins qui travaillaient sur des navires sous pavillon de la Fédération de Russie, ainsi que des marins citoyens de la Fédération de Russie faisant partie d'équipages de navires sous pavillon étranger. Ce document a été adopté dans le cadre des obligations de la Russie découlant de la Convention du travail maritime de 2006 et vise à réglementer les actions des responsables consulaires en cas d'impossibilité de rapatrier les marins par le propriétaire du navire ou l'autorité compétente de l’État sous le pavillon duquel ce navire navigue.

En 2016 a été publié un document auquel se réfèrent nos représentations et représentants diplomatiques et consulaires. Il prescrit l'assistance aux marins qui se sont retrouvés dans des conditions de vie difficiles. Sachant qu'il est question de citoyens russes se trouvant aussi bien à bord de navires russes qu'étrangers.

Les circonstances difficiles dans lesquelles les marins se retrouvent parfois à l'étranger ne peuvent pas être mises uniquement sur le compte du propriétaire du navire, même si des problèmes surviennent avant tout de l'autre côté. Il y a des éléments liés à l'impossibilité objective et parfois au refus intentionnel des compagnies malhonnêtes de tenir leurs engagements vis-à-vis des équipages de leurs navires. Ce n'est plus lié à la mauvaise activité des propriétaires de navires. Nous voudrions rappeler l'importance du respect par les Russes les lois et les coutumes des pays étrangers visités, des règles de base de sécurité et de conduite dans les lieux publics compte tenu de la spécificité locale, et en parlant des marins de choisir très minutieusement l'employeur potentiel quand il est question de s'engager sur un navire étranger, car c'est précisément l'origine de nombreux problèmes.

Bien évidemment, chaque incident de ce genre nécessite une approche laborieuse et individuelle. Il ne peut y avoir de "recette" universelle car chaque situation est particulière.

Hormis les requêtes des marins et des membres de leurs familles, le Ministère suit les publications des médias sur tous les nouveaux cas. Parfois, pour différentes raisons, les journalistes les apprennent plus rapidement que nos institutions à l'étranger. Parfois cela est dû au fait que dans le pays où un incident s'est produit il n'y a pas de représentation diplomatique russe, c'est pourquoi il est plus facile pour les gens de s'adresser aux médias, qui attirent ensuite notre attention. Nous procédons à une vérification et les mesures nécessaires sont prises pour réagir.

Les faits cités par le journal Novaïa Gazeta ne se sont pas tous confirmés. Nous les avons vérifiés. Le travail sur certains sujets (notamment concernant les marins dans les ports turcs) se poursuit. Des membres d'équipage russes de pétroliers arrêtés plus tôt pour non-paiement de la redevance aux ports de la Libye et de l’Égypte ont obtenu l'autorisation des autorités locales pour rentrer avec la contribution active des ambassades russes dans ces pays.

Selon l'affirmation du journal Novaïa Gazeta, les navires Khosrov Веу, General Shikhlinsky, et les pétroliers Gobustan et Zeynalabdin Tagiyev ont été saisis dans des ports italiens. Selon les informations obtenues par les établissements diplomatiques russes en Italie et les services portuaires officiels de Venise, d'Oristano et de Ravenne, l'information du journal concernant la présence sur ces navires de citoyens russes est fausse.

Selon le Consulat général de Russie à Milan, parmi les membres d'équipage du Zeynalabdin Tagiyev au port de Venise ni figure aucun russe (tous les marins sont des citoyens azéris). Il n'y a pas non plus de citoyens russes sur les navires Khosrov Веу et General Shikhlinsky accostés au port d'Oristano. Le navire Gobustan au port de Ravenne était le seul dont l'équipage comprenait 12 Russes. Selon la direction de la sécurité côtière, ils sont tous rentrés depuis longtemps en Russie par des vols en provenance de Milan. Les établissements consulaires russes en Italie n'ont reçu aucune requête de la part des marins "russes" mentionnés dans la publication ou de leurs proches.

Je souligne qu'en l'absence de requête auprès des établissements diplomatiques, il n'est pas logique de s'attendre à une réaction. Il est surprenant, honnêtement, que le journal traite les faits de manière assez superficielle et négligente. Je ne veux pas le qualifier de fakes. J'espère qu'il s'agit d'une publication mal travaillée. Je répète qu'il est toujours possible de nous contacter et que nous établirons rapidement les faits, les confirmerons ou les démentirons avant la publication si le navire existe mais qu'aucun Russe n'est présent à bord. Nous sommes toujours ouverts. Nous comprenons les émotions, mais il faut tout de même professer une approche pesée et responsable du travail, notamment dans le domaine de l'information, vérifier les informations, parce qu'elles sont destinées au grand public.

Je voudrais qu'on remarque également les exemples positifs. Nous en parlons parfois. Nous ne pouvons pas tous les dévoiler, notamment à la demande des marins, parce qu'au moment des complications beaucoup nous demandent de réagir. Et quand ils sont libérés ou que les problèmes sont réglés, certains demandent de ne pas afficher leur retour en Russie. Et ces exemples sont nombreux.

C'est le cas par exemple de la situation des marins du navire Zapoliarie de la Compagnie maritime de Mourmansk, qui se trouve en Espagne depuis son entrée le 1er juillet 2018 au port de Ceuta. Des marins y sont envoyés en rotation pour maintenir le navire en état opérationnel.

En mai 2019, avec la contribution de l'Ambassade de Russie en Espagne, la compagnie de Mourmansk a rapatrié neuf marins. Compte tenu d'une nouvelle plainte de l'équipage concernant l'absence de conditions de vie et de travail normales sur le navire, l'Ambassade russe a rapidement contacté la Compagnie maritime de Mourmansk pour demander de régler la situation en question et aider son personnel. Comme le montrent les démarches entreprises par la direction de la Compagnie, cette intervention a été productive. Les marins ont reçu de l'argent pour être logés, ainsi que, selon le spécialiste en chef des ressources humaines de la Compagnie de Mourmansk, le 16 novembre 2020 le navire a été vendu aux enchères, et les marins seront rapatriés d'ici un mois en Russie aux frais de la Compagnie. Ce n'est que l'un des exemples du travail global. Il est également impossible de travailler sans coopération avec les propriétaires de navires ou d'une structure (publique ou privée) qui supervise ce navire et qui emploie des marins. Le problème consiste souvent à établir l'appartenance de tel ou tel navire, à déterminer son propriétaire. C'est un travail laborieux.

Le Ministère russe des Affaires étrangères accorde une attention prioritaire à la protection des citoyens à l'étranger, notamment des marins, évidemment. Je souligne que ce n'est pas la seule catégorie qui nécessite notre attention. Cependant, l'aide du personnel consulaire est loin d'être toujours publique. Et ce pour plusieurs raisons telles que la non-divulgation de données personnelles et les problèmes spécifiques aux prises d'otages. Certains se réfèrent à leur droit à part entière à ne pas publier ces histoires.

Si vous avez des questions concrètes, nous y répondrons concrètement avec plaisir. Posez-les, s'il vous plaît. Nous y sommes toujours favorables.

Question: Le Président russe Vladimir Poutine a souligné, dans une interview franche accordée à Pavel Zaroubine, que le résultat principal de l'accord trilatéral était la fin de l'effusion de sang. Le Président russe avait auparavant attiré l'attention du Président azéri Ilham Aliev sur la nécessité de garantir la préservation des églises chrétiennes dans les régions du Haut-Karabakh qui seraient placées sous le contrôle de Bakou.

Le drapeau turc à la sortie de Chouchi, les radicaux, les éléments terroristes qui pénètrent dans les églises chrétiennes avec des cris "Allah Akbar!" soulèvent des questions non seulement concernant la sécurité des églises, mais également de la population chrétienne du Karabakh. A cet égard, quelles démarches peuvent être entreprises par la Russie pour empêcher l'activité étrangère dans le processus de paix, les provocations religieuses, l'apparition de la christianophobie et de tous les risques qui en découlent?

Réponse: Je séparerais votre question en deux parties. La première sera assez compacte et brève. La seconde partie est philosophique et déclarative. Je ne me la permettrai pas parce que cela prendrait trop de temps. Et une autre raison pour laquelle je ne vais pas entrer dans les détails est que ce travail est précisément en cours.

Bien évidemment, nous surveillons de près ce thème. Nous ne voulons pas anticiper avec des paroles et des commentaires le travail qui est en cours de mise en place et de réalisation à ce moment précis.

Pour revenir au bref commentaire, je peux dire que la question relative à la préservation des sanctuaires et des sites culturels est à l'ordre du jour de nos contacts avec les parties. Une importance particulière y est accordée. Je peux confirmer qu'elle fait l'objet d'une attention particulière de nos casques bleus qui y sont déployés. C'est une brève réponse pour faire comprendre et assurer que ce thème fait partie des priorités. Bien sûr, à l'heure actuelle il est avant tout question des gens, de la sauvegarde des vies, du retour des réfugiés, de la reconstruction de l'infrastructure, de la création des conditions nécessaires pour la survie. Mais votre question est évidemment très pertinente et figure à l'ordre du jour de nos contacts avec les parties.

Il y a de terribles photos et images auxquelles vous vous référez, des faits monstrueux de tentatives de profanation ou de destruction. Mais il existe également un autre aspect. Vous voyez l'activité de nos casques bleus dans cette région pour protéger et conserver les sanctuaires et les sites culturels. J'espère que je pourrai vous apporter une réponse plus détaillée et factuelle lors de la prochaine conférence de presse.

Question: Le 9 novembre, en réponse à la décision de la Norvège d'autoriser les États-Unis à utiliser le port de Tromsø, l'Ambassade de Russie à Oslo a déclaré que cette démarche avait détérioré les relations de bon voisinage avec Moscou. Peut-on dire que la coopération militaire se trouve actuellement dans une impasse? Quelles sont les initiatives russes pour rétablir la coopération?

Réponse: Nous espérons qu'Oslo a prêté attention au commentaire de l'Ambassade de Russie.

A l'heure actuelle, les relations bilatérales russo-norvégiennes traversent une période difficile. Nous avons parlé de nombreux faits. Les aspects négatifs apportés par Oslo après le début de la crise ukrainienne n'ont pas disparu. En 2014, le gouvernement norvégien a rompu de sa propre initiative tous les contacts avec la Russie au niveau militaire, et nous ne notons aucun signe de volonté de les rétablir aujourd'hui. La Norvège continue d'agir dans le cadre de la politique de sanctions de l'Occident, participe activement aux préparatifs militaires de l'Otan, et très activement à proximité immédiate de nos frontières. Contrairement à la "politique de base" respectée depuis 1949 par la Norvège, des militaires étrangers sont déployés à titre permanent sur son territoire. Nous constatons que leurs effectifs augmentent constamment. Les plans de développement des forces armées nationales, d'achat d'armement et de modernisation de l'infrastructure militaire suivent une ligne absolument antirusse. Le nombre d'exercices avec la participation de contingents étrangers augmente. Ce qui surprend surtout est que la Russie y figure en tant qu'adversaire.

Le territoire de la Norvège devient un avant-poste pour la pénétration de l'Otan en Arctique. Je peux citer un exemple: la réalisation de plans de déploiement de sous-marins de l'Alliance dans le port civil de Tønsnes près de Tromso au Nord de la Norvège dans le comté de Troms et Finnmark frontalier de la Russie. Tout cela s'inscrit dans le cadre des efforts pour renforcer l'infrastructure militaire de l'Otan à proximité de nos frontières.

Cela ne contribue pas à la désescalade de la tension en Europe et ne peut pas contribuer au renforcement de la confiance et à la formation d'un ordre du jour positif de dialogue. Les déclarations des autorités politiques de la Norvège sur la prétendue aspiration à préserver une "bonne coopération" avec Moscou vont à l'encontre de la ligne destructive menée réellement visant à contenir la Russie. Nous ne pouvons pas ignorer ces actions dans le contexte de la planification des activités pour garantir la sécurité nationale de la Russie.

En même temps, notre pays ne souhaite pas attiser la tension et reste ouvert à un dialogue équitable et constructif avec les parties intéressées afin de rétablir la confiance et d'élargir l'espace de sécurité en Europe. Dans ce contexte, nous appelons instamment nos partenaires à établir des relations réellement équitables, à renoncer à "l'approche sur deux voies" déstabilisante où l'interaction est basée sur une coopération sélective dans les domaines bénéfiques notamment pour la Norvège. Nous avons proposé plusieurs fois d'évoquer les problèmes qui nous inquiètent et nous préoccupent mutuellement. Malheureusement, nous ne recevons pas de réaction.

Nous voudrions souligner que la Russie est également prête à une discussion multilatérale sur le renforcement de la sécurité et des mesures de confiance. Je rappelle que la Russie a décrété un moratoire unilatéral sur le déploiement de missiles terrestres à portée intermédiaire jusqu'à l'apparition de tels moyens américains dans une région donnée.

Vous le savez, nous avons appelé l'Otan à étudier la possibilité de décréter un moratoire réciproque. Le 26 octobre 2020, le Président russe Vladimir Poutine s'est dit prêt à étudier les mesures de vérification qui permettraient de remédier aux préoccupations mutuelles. A cet égard, force est de constater avec regret que la Norvège n'a pas entendu nos arguments sur la situation concernant le Traité FNI: la lettre du Président russe Vladimir Poutine envoyée en septembre 2019 à la Première ministre norvégienne Erna Solberg concernant le Traité est restée sans réponse. Il n'y a pas non plus de réaction positive à la déclaration du 26 octobre susmentionnée.

Cela donne l'impression que les habitants de la Norvège n'ont aucune idée de ce que la Russie propose simplement parce que toutes les initiatives russes, bien qu'elles soient accompagnées d'explications de notre part et exprimées publiquement en détail, ne parviennent pas jusqu'au grand public norvégien. La presse locale n'y accorde pas l'attention nécessaire. Je pense que ce n'est pas dû au hasard. Il me semble que tout est fait pour que ce thème soit mal interprété ou s'accompagne d'arguments étranges pour que le public ait une vision déformée des initiatives mentionnées.

Nos multiples propositions aux autorités norvégiennes d'organiser des consultations sur l'ABM - la première remonte à 2017 - ont été de facto ignorées.

Les démarches proposées par la Russie pour garantir la sécurité dans les régions frontalières ne sont pas soutenues. En particulier, en mai 2020, la Russie a proposé de faire preuve de retenue militaire en écartant les exercices opérationnels de la ligne de contact Otan-Russie et en engageant d'autres mesures de transparence. Malheureusement, la réponse qui a suivi a montré que l'Otan n'était pas réellement disposée à entreprendre de telles démarches. La Norvège, tout comme ses alliés, rejette l'idée de relancer les réunions des chefs d'état-major des pays de l'Arctique. Quand nous disons Norvège, il faut préciser que nous parlons du gouvernement de ce pays, pas de sa population. Il faut comprendre que l'avis des gens ordinaires n'est pas demandé. Ensuite, on se réfère à ces derniers en tant que source d'expression de la volonté du peuple, mais en réalité ce qu'ils lisent dans la presse est, je pense, loin de la vérité.

Nous avons suggéré plusieurs fois aux partenaires, notamment aux Norvégiens, de songer à la relance du format de dialogue avec la Russie, les pays baltes et d'Europe du Nord au niveau des ministères des Affaires étrangères afin d'évoquer l'ensemble des questions accumulées, notamment en matière de sécurité. Il n'y a pas non plus de réaction claire à cette proposition.

Néanmoins, nous pensons qu'il n'y a pas d'alternative au dialogue, notamment pour régler les problèmes qui surviennent au niveau militaire. Des efforts actifs sont nécessaires pour combler le manque de confiance, renforcer la stabilité régionale et mondiale, ainsi que réduire les risques émanant de la mésentente et des différends en termes de sécurité internationale. Nous comptons sur une approche responsable et prévoyante des autorités norvégiennes de sa politique vis-à-vis de la Russie, sur l'abandon des démarches qui sapent la stabilité régionale et nuisent à notre bon voisinage.

Je voudrais souligner un fait très intéressant. Nous constatons une absence pratiquement totale de réaction des autorités norvégiennes à l'information récemment révélée concernant l'espionnage de la NSA en coopération avec le renseignement militaire du Danemark sur leurs alliés en Europe, dont la Norvège. C'est un fait établi. Ce ne sont pas des mythes diffusés sur notre pays ou l'absence d'information sur les initiatives de paix réelles (je fais allusion à la sécurité internationale stratégique, à la stabilité stratégique). C'est un fait concret et prouvé de l'implication d'un État étranger (qui n'est pas présent sur le continent) dans les affaires de l'Europe, et en transgressant toutes les normes du droit international. Néanmoins, nous ne voyons aucune sanction ni expulsion de diplomates américains d'Oslo. Il s'avère que là où sont présentes les preuves directes de l'activité d'espionnage américaine et d'ingérence dans les affaires intérieures, il n'y a aucune conséquence. Toutes les rumeurs non confirmées, les mythes, les spéculations autour du fait de savoir s'il s'agit de la Russie servent de prétexte pour réagir et essayer de contenir notre pays.

Question: Dans une interview sur le Haut-Karabakh, le Président russe Vladimir Poutine a déclaré que l'on pouvait penser ce que l'on voulait des actions de la Turquie, mais qu'il était difficile de l'accuser de violer le droit international. Est-ce une position universelle sur la Turquie ou concerne-t-elle uniquement le Karabakh? On pourrait rappeler que la Turquie enfreint le droit international en occupant une partie de Chypre.

Le Service des renseignements extérieurs a mentionné hier que l'Occident tentait de saboter la trêve et l'accord de paix au Karabakh. Y a-t-il du concret à ce sujet? En quoi se manifestent ces tentatives? Quelles informations peuvent être dévoilées?

Réponse: Cette interview était consacrée au processus de paix du Haut-Karabakh et aux actions engagées par notre pays dernièrement pour mettre en œuvre les objectifs initialement déclarés: faire cesser l'effusion de sang, stopper les activités militaires et relancer les négociations. Cette interview porte sur ce thème concret.

Concernant le sabotage des accords par nos partenaires occidentaux, il vaut mieux demander directement à l'institution que vous citez.

Du point de vue des experts, il est évident qu'il y a une réaction des autorités officielles et des médias des pays occidentaux. Nous voyons, au minimum, une réaction retenue à cette Déclaration qui, évidemment, a conduit à la réalisation concrète de ses termes. "Retenue" est le terme qui convient le mieux pour caractériser de nombreuses déclarations faites par les partenaires occidentaux.

Mais pourquoi? Il y a seulement un mois, un mois et demi, tout le monde voulait tellement un cessez-le-feu. Il a eu lieu, il a été obtenu et il est maintenu. Nous n'entendons pas de véritable réaction à part entière - dont l'Occident est capable. Or nous savons que quand ils réagissent sur un large front, cela retentit partout. Alors pourquoi cette situation concrète n'a-t-elle pas suscité une telle agitation, une volonté de commenter et de saluer cette Déclaration, d'inciter les parties à la réaliser, de noter le rôle d'intermédiaire de notre pays?

Nous voyons les médias où une main invisible remet de l'ordre. Le rôle de la Russie n'est pas du tout mentionné dans certaines déclarations des ministres occidentaux des Affaires étrangères. Comme s'il s'agissait d'une déclaration bilatérale. Ils ne disent même pas que c'est une Déclaration trilatérale. C'est étonnant, mais c'est un fait. Comme si le rôle positif et constructif de notre pays ne devait être présenté d'aucune manière dans les affaires internationales. Nous venons de citer plusieurs autres exemples, mais celui-ci est très révélateur. La Russie a accompli des exploits concrets en tant que médiateur.

Je ne me serais probablement pas permis un tel commentaire si vous ne m'aviez pas posé une question concrète sur l'interview du Président. Regardez le nombre de personnes qui revendiquaient le rôle de médiateur dans le processus de paix du Haut-Karabakh. Il y avait beaucoup de volontaires et de réclamations pour cette médiation, du moins en théorie. Répondez honnêtement à cette question: est-ce que beaucoup de responsables politiques qui parlaient de leur éventuel rôle de médiateur auraient pu donner une interview comme celle du Président russe Vladimir Poutine sur le processus de paix du Haut-Karabakh, montrant aussi bien l'immersion dans la partie contemporaine de la médiation et du règlement du conflit qu'une profonde connaissance de l'aspect historique du problème? La compréhension des objectifs, et surtout une véritable attitude amicale envers les deux parties, l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Je trouve que beaucoup auraient dû se poser d'abord cette question avant de parler de la possibilité de participer au processus de paix. Dans quelle mesure comprennent-ils la situation dans cette région?

Sur l'exemple de plusieurs autres situations, notamment de l'Ukraine, nous avons souvent constaté de la part de nos partenaires occidentaux une volonté de participer rapidement et de régler la situation. Bien des choses allaient mal, mais nous parvenions tout de même à obtenir un résultat positif. Puis nous comprenions pour quelle raison. Ils ne connaissaient pas l'aspect historique, si important pour régler les problèmes contemporains et notamment ukrainiens. Comme l'a "merveilleusement" noté un haut responsable américain en été 2014 (après le Maïdan, le coup d’État anticonstitutionnel, le référendum de Crimée, après la phase active qui a dégénéré en activités militaires dans le Donbass six mois plus tard): "Maintenant j'ai assez lu sur l'histoire de cette région pour comprendre ce qui s'y passe." Or c'est avant qu'il faut le faire, pas après.

Nous constatons en grande partie un silence médiatique, parfois même des tentatives de déformer l'information sur ce qui se passe autour de la mise en œuvre de la Déclaration trilatérale sur le Haut-Karabakh. Sur les autres points, je demanderai des précisions aux collègues. Mais je trouve qu'il vaut mieux s'adresser à la structure dont vous avez cité les déclarations.

Question: Puisque vous avez mentionné le règlement chypriote, d'après vous, la visite du Président turc Recep Tayyip Erdogan à Chypre et le spectacle qu'il a organisé sur les territoires occupés au Nord de l'île contribuent-ils à la paix et ne sont-ils pas une violation du droit international?

Réponse: Nous avons déjà exprimé notre avis. Je l'ai réaffirmé aujourd'hui en abordant notre position vis-à-vis du règlement chypriote.

 

 

 

 

 

 

 

 

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