22 octobre 202018:31

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 22 octobre 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

La conférence de presse d'aujourd'hui se déroule dans un contexte de forte aggravation de la situation épidémiologique dans le monde, ce qui est très alarmant. La seconde vague de la pandémie risque manifestement d'être encore plus forte et plus dangereuse que la première. La montée en flèche de la morbidité pratiquement partout, d'après les statistiques des infections (actuellement le nombre de personnes contaminées dans le monde a déjà franchi la barre des 40 millions de personnes), renforce la sollicitation des établissements médicaux mobilisés d'urgence "pour le coronavirus" dans tous les pays. Plusieurs experts internationaux prédisent un nouveau stress puissant pour les économies nationales, qui ont à peine commencé à se remettre des troubles du printemps.

Le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a récemment mis l'accent sur la hausse des risques liée à la synchronisation actuelle de la prolifération rapide des pathogènes de la Covid-19 avec l'arrivée des maladies saisonnières respiratoires ordinaires à plus grande échelle. Le bureau européen de l'OMS avertit également que le sursaut épidémique actuel est lié en grande partie à l'assouplissement des mesures de distanciation sociale.

A cet égard, l'OMS appelle une nouvelle fois à consolider au maximum les efforts visant à lancer un "assaut" massif contre la pandémie, qui déterminera si la morbidité baissera ou aura de nouvelles conséquences encore plus lourdes. Les experts de l'Onu pensent que les actions anti-Covid doivent être entreprises compte tenu du fond épidémiologique concret, être ciblées et localisées, servir à la fois à la protection de la population et à l'économie. La recherche de telles formules "intelligentes" et de solutions souples est aujourd'hui l'objectif principal pour les gouvernements de la grande majorité des pays.

Nous sommes particulièrement préoccupés par la détérioration de la situation sanitaire dans plusieurs pays traditionnellement visités par les touristes russes. Ainsi, selon Rospotrebnadzor, de fortes hausses de morbidité liées à la Covid-19 sont enregistrées aux Émirats arabes unis, en Croatie et en Slovénie. Même dans les pays relativement calmes du point de vue du coronavirus aujourd'hui, tels que l’Égypte, la Thaïlande, les Seychelles, les Maldives et la Turquie, une "régression" n'est pas exclue, il existe un risque réel que la situation suive le pire des scénarios. Nous prions une nouvelle fois les citoyens de peser plus attentivement les circonstances quand ils prennent la décision de voyager à l'étranger, de calculer tous les risques éventuels, voire de renoncer à de tels voyages.

Encore une fois, nous attirons l'attention sur les recommandations du Centre opérationnel pour la prévention de l'entrée et de la prolifération du nouveau coronavirus sur le territoire de la Fédération de Russie.

 

Sur l'entretien du 23 octobre entre Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, et Rouslan Kazakbaev, Ministre des Affaires étrangères du Kirghizistan

 

Comme nous l'avons déjà annoncé, ce vendredi 23 octobre à Moscou, dans le cadre de sa visite de travail, le Ministre des Affaires étrangères du Kirghizistan Rouslan Kazakbaev s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Durant cet entretien, il est prévu d'évoquer les perspectives d'évolution de la coopération bilatérale, la participation des parties aux groupes d'intégration dans l'espace eurasiatique, ainsi que la réalisation des accords bilatéraux et multilatéraux à haut niveau et au sommet.

Une attention particulière sera accordée à l'organisation des activités de l'Année de la Russie au Kirghizistan et de l'Année du Kirghizistan en Russie. Plusieurs autres thèmes seront également abordés.

 

Sur la visite de travail en Grèce de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

 

Lundi 26 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en visite de travail en Grèce.

A Athènes, le chef de la diplomatie russe s'entretiendra avec le Ministre des Affaires étrangères Nikos Dendias, sera reçu par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, et rencontrera le président du principal parti d'opposition "Coalition de la gauche radicale" Alexis Tsipras.

Pendant les contacts avec les autorités grecques, il est prévu de parler de l'intensification du dialogue politique, de l'approfondissement de la coopération économique bilatérale, du renforcement des liens socioculturels. Un échange d'avis sur l'agenda régional et international est également planifié, notamment au sujet de la situation en Méditerranée orientale, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, dans les Balkans et dans le Caucase.

Au programme également: la signature du Mémorandum conjoint sur l'organisation de l'Année de l'histoire Russie-Grèce en 2021.

 

Sur la visite de travail en Bosnie-Herzégovine de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

 

Mercredi 28 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov se rendra en Bosnie-Herzégovine pour une visite de travail. Il rencontrera le Présidium du pays, le vice-Président de la Chambre des peuples de l'Assemblée parlementaire Dragan Covic, ainsi que la vice-Présidente du Conseil des ministres et Ministre des Affaires étrangères Bisera Turkovic. Sont également prévus à part un entretien avec le membre du Présidium du peuple serbe Milorad Dodik, et la signature du plan de consultations entre les ministères des Affaires étrangères des deux pays pour 2021-2022.

A l'ordre du jour: un échange d'avis sur le développement des relations bilatérales, ainsi qu'une discussion sur les perspectives d'approfondissement de la coopération dans le domaine politique, commercial, économique et socioculturel.

En prévision du 25e anniversaire de l'Accord-cadre général pour la paix en Bosnie-Herzégovine de 1995 (paraphé le 21 novembre à Dayton, États-Unis, signé à Paris le 14 décembre) seront évoquées les questions liées au règlement post-conflit en mettant l'accent sur la souveraineté et l'intégrité territoriale du pays, l'équité des trois peuples et des deux entités: la République serbe et la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, avec de larges pouvoirs constitutionnels.

Il est prévu d'aborder la situation dans la région des Balkans et les questions d'actualité des relations internationales.

 

Sur la visite de travail en Serbie de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

 

Les 28 et 29 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov effectuera une visite de travail en Serbie. Il rencontrera le Président serbe Aleksandar Vucic, et participera aux cérémonies à l'occasion de la fin des travaux de décoration intérieure de l'église Saint Sava, et d'allumage de la Flamme éternelle au Cimetière des libérateurs de Belgrade.

Il est prévu d'évoquer en profondeur la coopération russo-serbe et d'échanger les avis sur les problèmes régionaux et internationaux d'actualité, y compris le processus de paix au Kosovo.

 

Sur le 75e anniversaire de l'Onu

 

Ce samedi 24 octobre marque le 75e anniversaire de l'entrée en vigueur de la Charte des Nations unies, marquant le début de l'activité de l'Onu. Cet anniversaire est directement lié à une autre date marquante: le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Il y a 75 ans, les pays de la coalition antihitlérienne, mus par l'aspiration d'empêcher la répétition de la tragédie la plus destructive de l'histoire de l'humanité, se sont unis autour de l'idée de construction d'un ordre mondial juste basé sur le respect de la souveraineté, des intérêts et des préoccupations de tous les pays et peuples. Le rôle de pierre angulaire de l'ordre mondial d'après-guerre a été attribué à l'Onu, dont la Charte contient toutes les normes fondamentales du droit international, notamment l'égalité souveraine des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures et le règlement des crises par des moyens politiques et diplomatiques.

Depuis sa naissance, l'Onu a été confrontée plusieurs fois à de sérieuses difficultés, qui ont fait entrave, dans une certaine mesure, à son activité. Cependant, on peut affirmer qu'elle a rempli son objectif principal: empêcher un nouveau conflit d'envergure planétaire.

A l'occasion du 75e anniversaire de l'Onu, le 21 septembre à l'Assemblée générale des Nations unies s'est tenue une activité de haut niveau où a été diffusée l'allocution vidéo du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov au nom des États membres de l'OTSC.

A l'issue de la réunion a été adoptée une déclaration mettant l'accent sur la nécessité de renforcer une véritable multipolarité et l'impératif de respecter rigoureusement la Charte de l'Onu et d'autres normes du droit international. Sur la plateforme de l'Onu, notamment avec la participation active de la Russie, plusieurs activités festives et thématiques étaient prévues. Cependant, il a fallu les reporter à cause de la pandémie de coronavirus.

Il était prévu d'appuyer les activités anniversaires à New York par l'organisation d'activités commémoratives en Russie. En particulier, l'Association russe pour l'Onu prévoyait, avec le soutien du Centre d'information de l'Onu à Moscou, d'organiser une série de conférences scientifiques et pratiques, de forums et de tables rondes, ainsi que d'une soirée solennelle dans la salle de concert Zariadie. Il a été également décidé de reporter une grande partie des activités à cause des restrictions épidémiologiques.

En même temps, le 10 octobre au MGIMO s'est déroulée en visioconférence l'inauguration solennelle du Modèle international moscovite de l'Onu Vitali Tchourkine, à l'occasion du 75e anniversaire de l'Organisation.

Aujourd'hui, ce jeudi 22 octobre, le Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie a organisé une table ronde thématique pendant laquelle le rapport principal a été présenté par le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine. Il a notamment décrit les principales étapes de développement de l'Onu et a souligné son importance immuable dans le monde contemporain.

Un mois plus tôt, une déclaration à part avait été publiée à l'occasion du 75e anniversaire de l'Onu par la Douma d’État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie. Le document exprime un soutien inchangé à l'Onu en tant que maillon de coordination central dans les affaires internationales, et souligne le caractère inadmissible de la domination de pays à part au sein de son Secrétariat et de l'atteinte au principe de coopération multilatérale.

Notre pays a également édité une pièce de monnaie et un timbre commémoratifs consacrés à l'anniversaire de l'Organisation.

En tant qu’État fondateur de l'Onu et membre permanent de son Conseil de sécurité, la Russie continuera de contribuer au renforcement de l'autorité de l'Organisation en tant que plateforme sans alternative et universelle pour chercher des réponses collectives aux risques et aux défis de notre époque. Nous sommes prêts à un travail constructif en ce sens avec tous ceux qui partagent les mêmes idées.

 

Sur la situation actuelle dans le processus de paix au Haut-Karabakh

 

Nous poursuivons des efforts de médiation actifs visant à faire cesser l'effusion de sang dans la zone du conflit au Haut-Karabakh. Les questions relatives au Haut-Karabakh ont été notamment évoquées les 20 et 21 octobre à Moscou lors des rencontres séparées de Sergueï Lavrov avec le Ministre azéri des Affaires étrangères Djeyhoun Baïramov, et le Ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian.

Comme auparavant, nous travaillons en tant que coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE. La prochaine réunion des médiateurs est prévue demain à Washington.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

Différentes tendances se maintiennent en Syrie. D'un côté, les efforts de normalisation portent progressivement leurs fruits; de l'autre, des forces destructives continuent d'agir pour saboter ces processus.

La mise en œuvre des termes du Protocole additionnel russo-turc signé à Moscou le 5 mars, qui complète le Mémorandum sur la stabilisation de la situation dans la zone de désescalade d'Idleb du 17 septembre 2018, se poursuit. Conformément aux accords en vigueur, les militaires turcs ont entamé le retrait de leurs unités de plusieurs postes d'observation et de contrôle sur le territoire syrien, notamment à Morek, à l'Ouest de la province de Hama.

Par ailleurs, la situation au Nord-Est de la Syrie suscite une inquiétude grandissante. Nous avons notamment remarqué la récente déclaration provocatrice du coprésident du Conseil exécutif de l'Assemblée de la Syrie démocratique, Ilham Ahmed, selon laquelle la Russie aurait "failli à sa mission de garant" des négociations du Rojava avec le gouvernement syrien. Littéralement, directement après ces accusations visant notre pays, le 16 octobre, un nouveau grand convoi américain avec du matériel militaire est arrivé à l'Est de l'Euphrate depuis le territoire irakien. Les tentatives incessantes de Washington d'arracher les Kurdes à l’État syrien multiconfessionnel en attisant le séparatisme se poursuivent aux yeux de tous.

Plusieurs questions se posent autour de la décision prise la semaine dernière par l'administration autoproclamée du Nord-Est de relâcher de prison près de 600 terroristes de Daech. Il est évident que les Kurdes ne l'auraient pas fait sans la suggestion des Américains. Il n'a pas fallu attendre longtemps les conséquences dangereuses de cette démarche difficile à expliquer: on rapporte déjà l'intensification de l'activité des radicaux islamistes qui s'introduisent dans les régions contrôlées par les autorités légitimes syriennes et déclenchent des conflits locaux avec les militaires syriens.

Nous soulignons la position fondamentale inchangée de la Russie en soutien à l'unité de la Syrie, au respect de son intégrité territoriale et de sa souveraineté. Nous appelons continuellement Damas et les autorités autoproclamées du Nord-Est à un dialogue constructif afin de chercher des solutions mutuellement acceptables dans l'intérêt de la population locale et de tout le pays.

Nous notons les efforts du gouvernement syrien pour contribuer au retour des réfugiés dans leur foyer. Vous le savez, depuis 2018 a été lancée la campagne de rapatriement des Syriens activement soutenue par la Fédération de Russie. Dans le cadre de ce processus, le Président syrien Bachar al-Assad a signé plusieurs décrets d'amnistie et a été mise en place la procédure de régulation du statut juridique des citoyens qui avaient dû quitter le pays à cause de la guerre. Bien que l'objectif de créer les conditions pour le retour sécurisé et volontaire des réfugiés et des déplacés internes dans leur foyer et la reconstruction des régions touchées soit clairement prescrit par la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies, la contribution internationale à ce processus reste très modeste.

Les autorités syriennes comptent organiser les 11 et 12 novembre à Damas une conférence internationale pour contribuer au retour des réfugiés et des déplacés internes syriens. La Syrie a déjà envoyé des invitations à un grand nombre d’États et d'organisations internationales pour participer à cet événement. La Russie joue le rôle de coorganisateur de ce forum. Nous le considérons comme une plateforme où se déroulera une discussion objective sur toutes les questions liées à l'aide apportée aux Syriens pour revenir dans leur foyer, pour réunifier le peuple syrien. Nous espérons que la communauté internationale participera activement au règlement de ce problème humanitaire.

 

Sur les résultats des élections en Bolivie

 

Les élections du 18 octobre dans l'État plurinational de Bolivie se sont déroulées sans excès, dans le calme et en paix. La victoire a été remportée par le parti d'opposition Mouvement vers le socialisme dirigé par Luis Arce.

Mercredi 21 octobre, le Président russe Vladimir Poutine a envoyé à Luis Arce un télégramme de félicitations.

Les élections ont tiré un trait sur la période d'instabilité politique et d'incertitude juridique qui avait commencé en Bolivie il y a presque un an après le renversement du président de l'époque, Evo Morales, par des actions dont certaines caractéristiques relevaient du coup d’État.

Les résultats incontestables et convaincants du vote actuel ont montré que le projet politique réalisé en Bolivie au cours des 15 dernières années, s'adaptant évidemment à la dynamique des réalités politiques et socioéconomiques, est soutenu par la majorité de la population du pays. Dans ce contexte est fondamental l'appel du nouveau gouvernement bolivien à chercher des points de convergence entre les différentes forces politiques et à surmonter la division apparue il y a un an.

Les résultats des élections en Bolivie nous permettent de tirer une autre conclusion importante, d'après nous: les intérêts nationaux et la sagesse du peuple sont capables de surmonter toutes les tentatives d'ingénierie politique, notamment extérieure. Et cette leçon donnée aujourd'hui par les Boliviens a une importance allant bien au-delà de leur pays.

Nous félicitons Luis Arce pour sa victoire, et le peuple bolivien pour ce vote pacifique et démocratique. Nous lui souhaitons du progrès, du développement et de la prospérité. Nous réaffirmons notre disposition à renforcer le dialogue politique et la coopération commerciale, économique et d'investissement mutuellement avantageuse dans le domaine énergétique, scientifique, technologique, agricole, éducatif, socioculturel et dans d'autres secteurs d'intérêt mutuel.

 

Sur l'évolution de la situation au Mali

 

Nous continuons de suivre attentivement l'évolution de la situation au Mali. Nous constatons avec satisfaction le progrès important atteint lors des négociations de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Ecowas) avec les militaires à Bamako sur les modalités de la période de transition. Cela s'est notamment traduit par la nomination du président et du premier ministre par intérim, par la constitution d'un gouvernement avec la participation des principales forces sociopolitiques maliennes, ainsi que par la levée des sanctions de l'Ecowas contre le Mali. La formation du Conseil national, qui remplira les fonctions de parlement du pays pour la période de transition, est en cours.

Comme auparavant, nous partons du principe que les nouvelles autorités maliennes prendront toutes les mesures nécessaires pour normaliser la situation politique intérieure et la faire revenir dans le cadre constitutionnel, et garantiront le retour au plus vite du Mali à une forme de gouvernance civile en organisant des élections générales avec la contribution de l'Ecowas et de l'Union africaine.

Ceci étant dit, la détérioration de la situation en matière de sécurité au Mali suscite une très forte préoccupation. Dans le contexte des conséquences négatives liées à la prolifération de Covid-19, profitant de la formation d'un certain vide de pouvoir, de nombreux groupes extrémistes affiliés à Daech et à Al-Qaïda intensifient leur activité, notamment dans les provinces centrales et du Nord du pays où la vague d'attentats, notamment contre des militaires et des civils, ne s'apaise pas.

Le 16 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies a diffusé un communiqué de presse suite à l'assassinat, par des terroristes, d'un casque bleu égyptien de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans la région de Kidal, et à l'attaque contre son camp dans la région de Tombouctou. De notre côté, nous voudrions exprimer nos condoléances et notre compassion à la famille du défunt, à l’Égypte et à la Mission.

Nous tenons en grande estime l'activité de la Mission de l'Onu, qui reste l'un des principaux éléments permettant de garantir la sécurité au Mali. Malheureusement, les casques bleus, avec les forces armées des pays de la zone de Sahel et les civils, continuent de subir des attaques terroristes. Rien que cette année, 23 casques bleus ont été tués dans des affrontements contre les terroristes et dans des attentats.

Nous condamnons fermement toutes les attaques contre les casques bleus et appelons les autorités maliennes à trouver et à punir les coupables de ces crimes. La MINUSMA est devenue la mission la plus dangereuse en soutien aux opérations de maintien de la paix de l'Onu. Pour remplir efficacement ses fonctions, l'activité des casques bleus doit être encadrée par des mesures de sécurité supplémentaires.

La Russie continuera de participer de manière constructive, notamment en tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, aux efforts collectifs pour stabiliser la situation au Mali et dans la région du Sahara-Sahel dans l'ensemble, ainsi que de soutenir les pays de la région sur le plan bilatéral, notamment en ce qui concerne l'amélioration du caractère opérationnel de leurs forces armées et la formation des militaires et des policiers.

 

Sur les menaces américaines visant les pays entretenant une coopération militaro-technique avec l'Iran

 

Après deux défaites au Conseil de sécurité des Nations unies, les États-Unis s'obstinent dans leur ligne anti-iranienne complètement erronée en promettant de punir sévèrement les pays qui ne sont pas d'accord avec la politique américaine complètement discréditée de "pression maximale" sur Téhéran.

Cherchant, selon nous, à prendre sa revanche, Washington a décidé de recourir à sa méthode habituelle de sanctions unilatérales contre ceux qui coopèrent avec l'Iran. Le secteur militaro-technique, dans ce contexte, n'est qu'un aspect. A en juger par les déclarations du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo lors de sa conférence de presse du 21 octobre, l'objectif des États-Unis consiste à bloquer la coopération internationale avec l'Iran.

Malheureusement, les attaques et les menaces des États-Unis visant les différents pays et organisations internationales, dont l'Onu et l'AIEA, sont devenues une habitude. Washington place sa position iranophobe bien au-dessus du droit international et des décisions du Conseil de sécurité. Prenez l'exemple de ses promesses de décréter des sanctions contre ceux qui mettent en œuvre les projets prévus par la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies et le Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien. Un tel comportement est indigne d'une grande puissance et, qui plus est, est complètement inadmissible.

Nous sommes certains que le monde ne permettra pas aux États-Unis de remplacer le droit international par des dispositifs politiques conjoncturels. Tout le monde comprend que derrière l'attisement de la menace iranienne se trouvent les intérêts mercantiles de l'industrie de l'armement américaine, qui alimente en douce les pays du Golfe avec ses armes.

Si les Américains veulent se couper du reste du monde par un rideau de sanctions pour y cacher son incapacité à trouver un terrain d'entente, ses préjugés et complexes, c'est leur affaire. En revanche, d'autres pays, dont la Russie, continuent de mener une politique étrangère indépendante en choisissant eux-mêmes les partenaires et en coopérant avec eux dans les domaines d'intérêt et de profit mutuel. Cela concerne également l'Iran. Le partenariat avec ce pays se développe avec succès depuis plusieurs décennies, il est diversifié et se bâtit sur les fondations solides de la confiance, du bon voisinage et de l'attitude attentive envers les besoins et les avis réciproques.

En ce qui concerne la coopération militaro-technique, la politique de la Russie dans ce domaine correspond entièrement aux normes du droit international et est menée en parfaite conformité avec la législation russe, qui est l'une des plus strictes et, contrairement aux États-Unis, ne dépend pas des caprices et des attaches politiques.

 

 

Sur les accusations de piratage avancées contre six citoyens russes par les États-Unis et la déclaration du Ministère des Affaires étrangères britannique concernant de prétendues tentatives des services spéciaux russes de saboter les JO de Tokyo en usant de cyberattaques

 

La pandémie de coronavirus a mis en évidence de manière encore plus flagrante la vulnérabilité de tous les pays, indépendamment de leur orientation politique et de leur niveau économique, face aux problèmes mondiaux liés à l'usage des instruments numériques.

Alors que toute la communauté internationale saine d'esprit tente d'instaurer une coopération constructive dans le secteur de la sécurité internationale de l'information, et de trouver des solutions pour surmonter la "cyberpandémie", certains pays continuent d'accuser la Russie de crimes dans l'espace de l'information.

C'est ainsi que nous percevons l'accusation de piratage avancée contre des citoyens russes par les autorités des États-Unis et la déclaration publiée le 19 octobre sur le site officiel du Ministère des Affaires étrangères britannique concernant de prétendues tentatives des renseignements russes de saboter les JO de Tokyo par des cyberattaques. Je ne serais pas étonnée qu'ensuite apparaisse l'hypothèse que les JO auraient été reportés également à cause des hackers russes. Malheureusement, nous vivons encore dans le monde d'infodémie dont parlait le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres. Cette désinformation est, malheureusement, de l'ordre de la routine aujourd'hui.

Sur la toile de fond des spéculations permanentes de l'Occident concernant les actions de "hackers russes" tout-puissants, nos multiples  propositions d'organiser une réunion d'experts pour évoquer les reproches et les différends accumulés restent sans réponse.

Malheureusement, au lieu d'un cyberdialogue pragmatique entre experts, les États-Unis et leurs alliés préfèrent simplement utiliser de faux thèmes sur l'impact russe en attisant constamment les réclamations et en les poussant jusqu'à l'absurde.

Nous voudrions une nouvelle fois rappeler aux auteurs de cette campagne, qui attisent le thème des "hackers russes", que dans le contexte de la prolifération du coronavirus il est important de se concentrer sur la coopération internationale dans la lutte contre la cyberpandémie au lieu d'agir dans le sens contraire en aggravant la méfiance dans l'espace mondial de l'information, ce qui délie de facto les mains des véritables hackers.

 

Sur l'organisation en Allemagne d'exercices dans le cadre de "missions nucléaires conjointes" de l'Otan

 

Nous avons noté l'information relayée par les médias concernant l'organisation, pendant la deuxième décade d'octobre sur le territoire allemand, d'exercices de l'Otan à l'appellation incroyable: "Steadfast Noon" ("Midi inébranlable"). Selon les communiqués, ces manœuvres impliquaient l'entraînement des compétences d'utilisation de l'arme nucléaire dans le cadre de "missions nucléaires conjointes" de l'Alliance. Des chasseurs-bombardiers de plusieurs pays équipés pour utiliser des munitions nucléaires américaines déployées en Europe ont participé aux manœuvres. Pour rappel, les moyens nucléaires déployés par les États-Unis sont toujours présents non seulement en Allemagne, mais également en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie, ainsi qu'en Turquie. De plus, les Américains modernisent leurs bombes aériennes nucléaires, et les membres européens de l'Otan les avions qui embarquent de tels armements.

Force est de constater de nouveau qu'en situation de crise dans le domaine de la maîtrise des armements, le renforcement illimité des potentiels militaires par certains pays et leurs alliés, ainsi que par leurs alliances, et surtout la pratique révoltante des missions nucléaires portent préjudice à la sécurité internationale, déstabilisent la situation dans le monde et pourraient entraîner des conséquences catastrophiques.

D'ailleurs, ces fameuses structures otaniennes qui s'occupent de la lutte contre la prétendue menace de l'information russe pourraient utiliser leurs ressources pour parler plus en détail de ces exercices aux habitants de l'Europe, afin qu'ils comprennent quels exercices se déroulent sur leur territoire ou dans leur espace aérien. Il serait même possible de montrer des images ou des infographies, d'utiliser des modélisations numériques pour que les Européens comprennent quelles frappes ont été travaillées, même en test, sur leur territoire. Les collègues otaniens font généralement ce genre de choses sur la Russie: qu'ils en fassent sur eux-mêmes. Montrez à vos habitants quels scénarios vous travaillez, car ce sont bien des scénarios.

La pratique américaine des entraînements liés à la préparation et à l'usage de l'arme nucléaire par le personnel militaire de pays ne disposant pas de tels armements est une violation directe et scandaleuse des Articles 1 et 2 du Traité sur la non-prolifération de l'arme nucléaire (TNP), ce qui sape significativement sa viabilité.

Ce problème n'a qu'une seule solution: le retour de l'arme nucléaire américaine sur le territoire national des États-Unis, la suppression de l'infrastructure correspondante permettant de garantir un déploiement rapide de cette arme sur le territoire d'autres pays, ainsi que le renoncement aux exercices liés à la préparation et à l'usage de l'arme nucléaire par le personnel militaire de pays qui ne disposent pas de tels armements.

 

Sur les déclarations d'Annegret Kramp-Karrenbauer, présidente de la CDU et Ministre de la Défense de l'Allemagne, concernant l'élection présidentielle à venir en Moldavie

 

Nous avons remarqué la publication d'un message vidéo d'Annegret Kramp-Karrenbauer, Ministre allemande de la Défense et présidente de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), le 12 octobre sur la page Twitter officielle du parti. En prévision de l'élection présidentielle en Moldavie le 1er novembre, la membre du gouvernement allemand s'est clairement prononcée en soutien à la candidature de la présidente du parti Action et Solidarité, Maia Sandu, lors de la prochaine élection.

Nous considérons ces appels de la haute représentante officielle allemande comme une ingérence directe dans les affaires intérieures de la Moldavie. Les affirmations d'Annegret Kramp-Karrenbauer concernant un lien entre le choix de Maia Sandu et l'avenir européen du pays dépassent toutes les limites et ne peuvent pas être vues autrement que comme une tentative de chantage non dissimulé sur les électeurs moldaves. Ces déclarations sont complètement inadmissibles, car elles sont contraires à la pratique internationale universelle.

 

Sur la situation actuelle en Afghanistan

 

Dans un contexte d'impasse absolue autour des questions techniques dans les négociations sur la réconciliation nationale, on constate une hausse de la violence ces derniers temps en Afghanistan. Des activités militaires se déroulent sur une grande partie du territoire du pays. La semaine dernière, la situation s'est aggravée dans le Sud, dans la province de Helmand. Des affrontements actifs se déroulent autour du centre administratif de la province de Lashkar Gah. Une situation militaro-politique difficile est observée dans d'autres régions de l'Afghanistan. Des civils meurent, le nombre de réfugiés augmente.

Nous appelons les belligérants afghans à réduire le niveau de la violence dans le pays et à rediriger les principaux efforts sur les négociations. Nous espérons que les délégations de Kaboul et des talibans à Doha déboucheront prochainement sur un consensus au sujet des questions procédurales litigieuses et entameront la discussion sur les points centraux de l'ordre du jour de la réconciliation nationale.

 

Sur l'attaque contre le siège du Parti démocratique du Kurdistan à Bagdad

 

Nous sommes préoccupés par l'attaque commise le 17 octobre contre le siège du Parti démocratique du Kurdistan à Bagdad. Le bâtiment a été saccagé et incendié.

Nous sommes certains que les différends accumulés au sein de la société irakienne ne peuvent pas être réglés par la force. Le règlement de ces différends n'est possible que dans le cadre d'un dialogue mutuellement respectueux pour déboucher sur une entente nationale.

A cet égard, nous appelons les forces politiques de l'Iran à faire preuve de retenue et à chercher, à la table des négociations, des solutions dans l'intérêt de tous les groupes ethno-confessionnels du pays.

 

Sur la réalisation en Ouzbékistan d'un projet pour améliorer la qualité de l'enseignement du russe et des matières générales en russe

 

Conformément aux accords entre la Russie et l'Ouzbékistan sur la prise de mesures pour améliorer la qualité de l'enseignement du russe et des matières générales en russe en Ouzbékistan, le 6 octobre à Tachkent est arrivé le premier groupe de méthodistes russes (31 personnes). Leur mission consiste à procéder à un suivi initial du niveau de russe des enseignants et des élèves dans les régions de la République pour déterminer les composantes concrètes du travail à venir.

Le 11 octobre, le Ministère russe de l’Éducation, le Ministère ouzbek de l’Éducation populaire et la Fondation caritative Art, science et sport, à Tachkent ont signé le Mémorandum sur l'adoption du projet commun en ce sens, ainsi que le Programme de base sur sa mise en œuvre par étapes. A l'issue du diagnostic et de l'ouverture en Ouzbékistan de centres de coordination, il est prévu d'envoyer cette année 100 spécialistes russes pour organiser la formation professionnelle des cadres et travailler dans les écoles. La présence des enseignants russes devrait augmenter jusqu'à 1.000 personnes d'ici 2030. Jusqu'à 30.000 pédagogues du pays suivront différentes formations.

Ce projet sera financé par le budget fédéral de la Fédération de Russie avec une participation financière de l'Ouzbékistan, ainsi que grâce au sponsorat du célèbre homme d'affaires et mécène Alicher Ousmanov. 

Une étape importante dans le développement de la coopération sera marquée par l'ouverture à Tachkent en 2020 d'une filiale de l'Université d’État pédagogique russe Guertzen (Saint-Pétersbourg). L'Ouzbékistan a pris cette décision le 8 octobre. En plus de la préparation de diplômés de licence et de master, la filiale prendra en charge la formation professionnelle des pédagogues. 

Nous considérons ce projet russo-ouzbèke comme une démarche réelle pour renforcer les liens sociaux entre les peuples de nos deux pays.

 

Sur l'arrivée d'enseignants russes au Tadjikistan

 

Dans le cadre du projet social d'envoi d'enseignants russes au Tadjikistan, 50 professeurs de 18 régions russes sont arrivés le 15 octobre à Douchanbé pour enseigner différentes matières en langue russe dans les écoles locales.

Cette initiative vise à améliorer le niveau de russe des élèves de ce pays. Elle est mise en œuvre avec succès depuis quatre années consécutives. 173 enseignants russes de langue et littérature russes, de physique, de mathématiques, de chimie, de biologique et d'informatique y ont déjà participé. L'enseignement a été dispensé dans plus de vingt écoles de sept villes et de six régions du Tadjikistan. Ce projet a été grandement apprécié par le gouvernement de la république et a reçu un écho positif au sein de la société.

 

Sur le forum "Association de l'Union économique eurasiatique et de l'initiative chinoise "La Ceinture et la Route""

 

Les 26 et 27 octobre se tiendra le forum en ligne "Association de l'Union économique eurasiatique et de l'initiative chinoise "La ceinture et la route"". Cette activité s'adresse aux milieux d'affaires de l'UEE qui souhaitent développer les contacts avec les partenaires chinois. Elle est organisée par la Commission économique eurasiatique avec le soutien général du Conseil d'affaires de l'UEE, de l'Union russe des industriels et des entrepreneurs et de l'association panrusse "Delovaya Rossiya" ("La Russie des affaires").

Dans le cadre du forum à venir seront évoqués les défis économiques globaux et le rétablissement des économies après la pandémie, ainsi que la coopération pratique entre l'UEE et la Chine dans le domaine des livraisons de produits agricoles d'exportation, de l'écologie, du développement durable, et de l'intégration de solutions numériques dans les processus logistiques et de transit. Les participants aux sessions débattront du développement des systèmes financiers souverains et des opérations dans les monnaies nationales, ainsi que de la complémentarité dans le secteur agroindustriel.

Au travail du forum participeront des responsables d'institutions commerciales, économiques et de politique étrangère de la Chine et des pays membres de l'UEE, des représentants des milieux d'affaires et de la communauté d'experts. La Russie sera représentée par le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Igor Morgoulov.

Nous invitons toutes les personnes intéressées par ce thème, avant tout les représentants des médias russes et étrangers, à participer à la couverture du forum. Il est possible de se familiariser en détail avec son programme sur la page officielle de l'événement, dont le lien sera disponible dans la version texte de la conférence de presse.

De plus, une chaîne Telegram spéciale en libre accès a été créée pour les médias, où seront publiées pendant le forum les citations clés des participants. Le lien de la chaîne se trouvera également dans la version texte de la conférence de presse.

 

Sur l'anniversaire de l'indépendance de Saint-Vincent et les Grenadines

 

Je voudrais aborder à part un événement agréable et solennel: le 27 octobre, l'un des plus jeunes États de l'Amérique latine, Saint-Vincent et les Grenadines, fête son indépendance (1979).

Aujourd'hui, ce pays est probablement l'un des meilleurs exemples de création d'une véritable indépendance et autonomie. Son intransigeance dans la défense de la Charte de l'Onu, des normes et des principes du droit international, ainsi que des intérêts de petits pays, notamment de ses voisins des Caraïbes, a suscité un soutien inconditionnel à Kingstown de la part d'un groupe solidaire de pays (la candidature de Saint-Vincent et les Grenadines au Conseil de sécurité des Nations unies a été soutenue par 185 pays) qui ont attribué à cet État le statut de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour 2020-2021. Malgré toutes les circonstances extérieures, leur voix est ferme et ne tremble pas sous la pression extérieure.

Nous notons une synchronisation élevée de nos positions au Conseil de sécurité des Nations unies et à l'Assemblée générale des Nations unies. Nous sommes prêts à poursuivre le travail dans cet esprit constructif.

Cet État est l'un des partenaires les plus proches de la Russie dans les Caraïbes. Nous nous souvenons chaleureusement de la visite du Premier ministre Ralph Gonsalves à Moscou en début d'année, qui a indéniablement apporté une impulsion au développement des relations bilatérales et de la coopération sur les plateformes internationales.

Je voudrais en profiter pour féliciter, au nom du Ministère, le gouvernement et le peuple de ce merveilleux pays à l'occasion de cette fête, exprimer à nos amis les meilleurs vœux de paix, de prospérité et de bien-être.

 

Réponses aux questions:

Question: Dans son discours au Parlement azéri, le président du parlement turc Mustafa Sentop a déclaré qu'il était possible de constater aujourd'hui "la mort cérébrale" du Groupe de Minsk de l'OSCE. A ce jour, le Groupe de Minsk n'a avancé aucune initiative réelle pour régler le problème. Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères de cette déclaration de la Turquie au moment où se déroule un travail actif pour instaurer le cessez-le-feu dans le Haut-Karabakh?

Réponse: Beaucoup de déclarations sont faites actuellement concernant le processus de paix au Haut-Karabakh. Impossible de les commenter toutes. Je pense qu'il faut partir d'une autre tactique: de la position officielle de Moscou en la matière. Elle reste inchangée. Vous la connaissez très bien. Elle est appuyée par des actions et démarches concrètes.

En ce qui concerne le Groupe de Minsk de l'OSCE, nous venons d'annoncer aujourd'hui une nouvelle démarche dans son travail. C'est mieux que de commenter des déclarations à ce sujet.

Question: Une question sur l'opération antiterroriste. Le chef du Comité des affaires internationales du Conseil de la Fédération, Konstantin Kossatchev, a déclaré que l'Arménie devait adresser une demande officielle à la Russie pour mener une opération antiterroriste au Karabakh, pour organiser une telle opération et la participation de combattants étrangers au conflit en cas d'apparition d'une menace terroriste et s'il s'avérait nécessaire de mener une opération de maintien de la paix au Karabakh. Quelles démarches pourraient être entreprises par la Russie, qui a acquis une immense expérience de lutte contre le terrorisme international?

Réponse: Je n'ai pas très bien compris la formulation de votre question. Que dois-je commenter concrètement? La déclaration de Konstantin Kossatchev n'a pas besoin d'un commentaire supplémentaire, je trouve. Ses propos sont toujours pesés. Il n'y a rien à ajouter. Pouvez-vous reformuler la question directement pour moi?

Question: Je veux dire: en cas d'apparition d'une menace réelle de prolifération du terrorisme à cause de la projection de terroristes.

Réponse: Je peux dire que les experts militaires et les représentants des autorités compétentes suivent ce sujet de près. Il nous préoccupe. Nous en avons parlé, notamment publiquement. Je peux vous assurer que le travail non public est mené très activement. C'est effectivement un sérieux problème pour nous.

Question: Que pensez-vous du fait que des combattants du Moyen-Orient participent au conflit armé dans le Haut-Karabakh? Qui les envoie, à quoi servent les appels russes aux pays qui les aident à se déplacer? Qu'espère la diplomatie russe: que ceux qui les déplacent les retireront?

Réponse: La diplomatie russe compte sur l'éventail d'instruments dont elle dispose, et qu'elle utilise dans son travail. Ce ne sont pas des espoirs spéculatifs ou des rêves. C'est un travail concret. Il se compose dans un deuxième temps de déclarations publiques, mais dans un premier temps d'un travail appliqué, d'actions pratiques.

Nous sommes en contact avec nos collègues impliqués dans la situation dans la région. Je voudrais dire encore une fois qu'en ce qui concerne les combattants projetés dans le Haut-Karabakh, nous travaillons via les canaux diplomatiques. A cette activité participent également des experts militaires russes, des spécialistes, des représentants des autorités compétentes.

Vous savez très bien que ce travail ne nécessite certainement pas que l'on attire sur lui une attention supplémentaire du public. Mais le public doit être sûr qu'il est mené. Je souligne encore une fois que pour nous, ce n'est pas un simple problème spéculatif mais un problème concret. Nous avons parfaitement conscience des conséquences éventuelles et les évaluons.

Pourquoi en avons-nous parlé publiquement? Notamment pour apporter à ces efforts une dimension et souligner leur importance pour notre pays, parce que nous savons très bien quelles pourraient être les conséquences. Mais la partie publique du problème est secondaire. Le travail concret est prioritaire, et il est mené.

Question: Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a déclaré hier que le conflit au Karabakh n'avait pas de solution pacifique. De son côté, la Russie organise des rencontres bilatérales et trilatérales pour trouver une solution pacifique, à laquelle, s'avère-t-il, l'Arménie ne croit pas. Que pouvez-vous dire au sujet de cette déclaration?

Réponse: Je le souligne encore une fois: nous entendons un très grand nombre de déclarations à l'heure actuelle. Nous savons parfaitement pourquoi. La situation est tendue, c'est une phase active d'un conflit, malheureusement, sanglant. Des gens meurent - des militaires et des civils. Sachant que vous connaissez parfaitement la position russe. Elle a été exprimée plusieurs fois par les autorités de notre pays, par le Ministère des Affaires étrangères. Elle a été largement soutenue par la société. Nous nous prononçons pour la fin de l'effusion de sang et le début des négociations sans plus attendre. Bien évidemment, notre position n'a pas changé. Vous savez qu'elle est cohérente.

Question: Le coronavirus a-t-il significativement affecté la coopération politique et économique entre l'Iran et la Russie?

Réponse: Malgré la pandémie, les liens bilatéraux continuent de se développer activement dans tous les domaines au sommet, à haut niveau, ainsi qu'au niveau des régions. Cette année, les présidents des deux pays ont échangé quatre fois par téléphone, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a reçu trois fois à Moscou son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Le Président de la Douma d’État Viatcheslav Volodine s'est également entretenu par téléphone avec le nouveau Président du Parlement islamique d'Iran, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Moscou et Téhéran intensifient leur coopération sur les plateformes internationales. Un travail actif est mené au format d'Astana pour contribuer au processus de paix en Syrie, dont un sommet virtuel a été organisé le 1er juillet 2020 à l'initiative des partenaires iraniens. Il est prévu d'organiser un sommet en personne des représentants des États garants à Téhéran après la normalisation de la situation épidémiologique.

Les autorités russes et iraniennes se focalisent en permanence sur la lutte contre la prolifération de la Covid-19, notamment sur la perspective de la coopération pratique sur le vaccin russe Sputnik V. Un dialogue professionnel a été établi entre les structures compétentes des deux pays.

Même dans le cadre de la pandémie qui frappe l'économie mondiale, nous notons une dynamique positive des liens d'affaires bilatéraux, nous constatons une hausse des échanges et de bien d'autres indicateurs. Nous avons l'intention de continuer d'encourager le partenariat mutuellement avantageux entre nos pays, de contribuer à la réalisation du solide potentiel existant.

Question: L'Iran et la Russie peuvent-ils coopérer dans le règlement du conflit au Haut-Karabakh? Ces deux pays travaillent-ils ensemble sur les problématiques sécuritaires dans le Caucase du Sud?

Réponse: Les relations et les liens pluridimensionnels amicaux entre la Fédération de Russie et la République islamique d'Iran sont riches d'une longue histoire. Ils ont toujours visé à créer les conditions nécessaires pour la paix et la stabilité dans la région. Les deux pays souhaitent absolument que leurs voisins ne soient pas en conflit, et que les problèmes entre eux se règlent à la table des négociations dans le cadre du droit international et des principes fixés dans la Charte de l'Onu.

Depuis la reprise des combats, le thème de l'escalade dans le Haut-Karabakh a été évoqué plusieurs fois par les autorités russes et iraniennes aussi bien au sommet qu'à haut niveau. Nous constatons la coïncidence des positions des parties sur les points centraux du règlement de la situation et notamment sur le plus important à l'heure actuelle: l'absence d'alternative à la trêve et le début des négociations. Nous savons que Téhéran soutient et tient en grande estime les efforts quotidiens de la Russie en ce sens aussi bien à titre national que dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE.

Nous comptons poursuivre l'échange de points de vue avec les amis iraniens, d'avis et d'idées qui sont très demandés et sont attentivement pris en compte dans notre travail. Nous voyons que la position équilibrée de l'Iran est importante pour les belligérants et, nous en sommes certains, les aidera à prendre conscience du fait que la poursuite de l'hostilité et de l'effusion de sang est néfaste et n'a pas de perspective.

Question: Quelle est la position de la Fédération de Russie concernant la normalisation des relations entre les Émirats arabes unis et Israël et la reprise de la communication aérienne entre les deux pays?

Réponse: Nous notons que dans les documents sur la normalisation des relations d'Israël avec les Émirats arabes unis, ainsi qu'avec Bahreïn, est confirmé l'attachement à la poursuite des efforts pour un règlement juste, complexe et durable du conflit israélo-palestinien. Il faut appuyer ces intentions par des démarches pratiques. Cela contribuerait indéniablement à la normalisation de la situation générale au Proche-Orient.

Nous partons du principe que le problème palestinien reste grave et que son règlement permettrait d'élaborer un agenda unificateur basé sur le respect réciproque des États souverains et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures mutuelles. Nous appelons continuellement tous les pays du Proche-Orient à construire une telle architecture de relations.

Dans ce contexte, nous voudrions exprimer une inquiétude particulière suite à la décision prise par le gouvernement de Benjamin Netanyahu, après la signature le 15 septembre à Washington des accords mentionnés sur la normalisation, de valider un grand plan d'élargissement des colonies israéliennes en Cisjordanie. Nous constatons que plusieurs nouveaux projets de colonies prévoient la construction de sections supplémentaires du "mur de sécurité" à Jérusalem-Est. Cela signifie de facto l'annexion de territoires palestiniens conformément au "deal du siècle" promu par l'administration américaine.

A cet égard, nous réaffirmons la ligne fondamentale inchangée de notre pays en soutien à la solution à deux États au problème palestinien, basée sur le droit international. Nous appelons à l'établissement au plus vite des négociations directes entre les Israéliens et les Palestiniens sous l'égide de l'Onu pour un règlement mutuellement acceptable de tous les problèmes relatifs au statut définitif et pour déboucher sur une normalisation globale et durable.

Question: Certains analystes afghans pensent qu'avec le retrait des forces américaines, l'Afghanistan risque une guerre civile. Quelle est la position de la Russie à ce sujet?

Réponse: Nous pensons que la présence de forces étrangères en Afghanistan n'apporte pas un effet stabilisant sur la situation militaro-politique dans le pays: c'est plutôt un élément irritant pour l'un des belligérants - l'opposition armée. Les talibans considèrent les contingents des États-Unis et de l'Otan en Afghanistan comme des forces d'occupation.

A cet égard, nous sommes convaincus que le retrait total des forces étrangères d'Afghanistan pour ensuite déboucher sur des accords dans le cadre d'un dialogue interafghan inclusif est la condition sine qua non pour l'établissement d'une paix durable dans le pays.

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