1 octobre 202019:06

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 1er octobre, 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

La situation liée à la prolifération du coronavirus est de plus en plus alarmante, nous constatons qu'elle suit une dynamique négative. Le nombre de personnes infectées en un mois a augmenté de 9 millions dans le monde pour dépasser, au 30 septembre, la barre des 33,7 millions au total. Plus d'un million de personnes sont mortes à cause de ce virus depuis le début de la pandémie.

Le sursaut actuel de la morbidité liée à la Covid-19 intervient en période d'aggravation saisonnière des infections virales respiratoires aiguës, ce qui multiplie les risques de leur "superposition". La prolifération plus active du pathogène dangereux force les pays à revenir aux restrictions de quarantaine, qui sont pour l'instant locales et pas aussi longues qu'au début de la pandémie, mais qui ne passeront pas pour autant inaperçues pour leurs économies et secteurs sociaux - surtout qu'elles ont déjà entraîné de sérieuses difficultés dans les secteurs liés à l'industrie touristique, au transport de passagers, à la construction aéronautique et bien d'autres.

Il n'est possible de surmonter le défi planétaire actuel que grâce aux efforts collectifs de tous les membres de la communauté mondiale, et en ne les focalisant pas seulement sur la recherche et le développement de moyens de diagnostic modernes et efficaces, de médicaments efficaces. La Russie a avancé avec succès dans l'élaboration d'un vaccin sûr et fiable et elle est prête à une large coopération avec tous les partenaires étrangers intéressés.

Quand je dis qu'il ne faut pas se focaliser seulement sur l'élaboration de médicaments, je voudrais préciser qu'il s'agit également d'une coopération dans ce secteur. Il est important de travailler non seulement sur les élaborations scientifiques et leur progrès, mais également prévenir et empêcher ce que nous voyons aujourd'hui dans les médias mondiaux: des vagues de communication noire, malheureusement, utilisée au maximum pour discréditer les efforts russes en ce sens, avec la publication d'articles commandités, la formulation de thèses relayées par les médias mondiaux afin de faire passer l'envie à la communauté internationale de prendre au sérieux l'information provenant de Russie et sur la Russie concernant nos exploits dans la lutte contre la Covid-19. C'est pourquoi il est important, en plus de l'élaboration de médicaments, d'empêcher cette horreur qui monte en puissance à cause des campagnes médiatiques visant à discréditer de tels efforts.

 

Sur l'initiative du Directeur général de l'OMS concernant la participation de pays membres de l'Organisation aux essais de vaccins pour la prévention de la Covid-19

 

La Russie coopère activement avec l'OMS dans la lutte contre la pandémie. Nous apportons à l'OMS un soutien financier, organisationnel et d'experts. Des spécialistes russes ont notamment participé à l'initiative Solidarité pour l'échange d'informations scientifiques sur la Covid-19. Nous étudions avec intérêt la proposition du Directeur général de l'OMS sur son nouvel élément: les essais internationaux de vaccins contre le coronavirus.

Cette idée mérite que l'on y porte notre attention et nécessite un travail dans le domaine juridique, ainsi qu'en termes d'implémentation pratique. A l'heure actuelle, notre participation est éutdiée par les autorités compétentes russes.

 

Sur l'aide humanitaire russe accordée à la Zambie

 

Le 21 septembre, à Lusaka, a été livrée une partie de l'aide humanitaire russe au gouvernement de la République de Zambie pour contribuer aux efforts dans la lutte contre la pandémie du nouveau coronavirus.

Pendant la cérémonie officielle, Alexandre Boldyrev, Ambassadeur de Russie à Lusaka, a remis à Chitalu Chilufya, Ministre de la Santé de la Zambie, un lot d'agents réactifs suffisants pour procéder à 5.000 tests PCR individuels.

Dans son discours, le Ministre de la Santé de la Zambie a exprimé une profonde reconnaissance au gouvernement et au peuple de la Fédération de Russie pour son soutien opportun, tout en notant la nature solide et amicale des relations russo-zambiennes qui s'est manifestée dans cet acte de solidarité.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec les membres de l'Association des entreprises européennes en Russie

 

Lundi 5 octobre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov rencontrera les membres de l'Association des entreprises européennes en Russie. Cette structure réunit plus de 500 compagnies et banques des pays de l'UE, de l'Association européenne de libre-échange et d'autres États qui exercent leur activité en Russie. La communication dans ce format se déroule régulièrement (la dernière rencontre remonte à février 2019) et est devenue une bonne tradition.

Compte tenu de la pandémie, elle sera hybride cette année. Les représentants se rendront au Ministère des Affaires étrangères en tenant compte de toutes les exigences liées à la situation épidémiologique actuelle, et il y aura des contacts en ligne.

Les interlocuteurs évoqueront l'état actuel et les perspectives de la coopération entre la Russie et l'UE dans le secteur commercial et économique, notamment dans le contexte de la pandémie de coronavirus.

A l'issue de l'entretien est prévue une brève conférence de presse conjointe avec la direction de l'Association des entreprises européennes.

 

Sur la présidence russe du Conseil de sécurité des Nations unies en octobre 2020

 

En octobre, la Russie présidera le Conseil de sécurité des Nations unies, principal organe de l'Organisation mondiale, responsable du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Le calendrier de travail du Conseil de sécurité pour le mois à venir sera très chargé.

Le Représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l'Onu à New York, Vassili Nebenzia, en parlera dans le détail aujourd'hui.

Je vais simplement évoquer dans les grandes lignes ce que le Conseil de sécurité va faire en octobre. Les débats ministériels sur la situation dans le Golfe seront l'un des événements centraux de la présidence. L'importance de cette question s'explique par la hausse des tendances de crise dans la région, notamment à cause de la ligne destructive de Washington visant à exercer une pression maximale sur l'Iran et à saper la réalisation du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien et la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. L'objectif de la réunion consiste à évoquer en profondeur avec tous les acteurs intéressés la construction des relations interrégionales sur la base des principes de coopération mutuellement avantageuse et de prise en compte des intérêts réciproques. Nous sommes certains que la nouvelle Conception russe de la sécurité collective dans le Golfe peut constituer une base solide pour créer dans la région une atmosphère de confiance et une architecture de sécurité réellement inclusive.

Un autre événement central du programme de la présidence russe concerne les débats annuels ouverts sur le thème "Les femmes, la paix et la sécurité". Symboliquement, ils fêteront en octobre leur 20e anniversaire depuis l'adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a donné le départ au débat sur ce thème au Conseil de sécurité, où il fait l'objet d'une attention particulière. A l'issue de la discussion, il est prévu d'adopter un document qui s'appuiera sur les approches concertées pour la promotion du rôle des femmes dans les processus de paix.

Parmi d'autres questions importantes figurant à l'agenda d'octobre du Conseil de sécurité, on notera également le débat mensuel sur les aspects politiques et humanitaires de la situation en Syrie, la situation au Kosovo, le processus de paix au Proche-Orient, l'évolution de la situation au Yémen et sur le plateau du Golan. Le Conseil évaluera également le progrès du processus de paix soudanais, la normalisation de la situation dans la région des Grands lacs, en République démocratique du Congo, en Centrafrique, au Mali et en Colombie. De plus, il est prévu de prolonger les mandats du Bureau intégré des Nations unies en Haïti, et de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental.

En tant que membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie fera tout pour assurer son travail coordonné, constructif et évidemment efficace pour créer un ordre mondial juste et équitable basé sur la Charte de l'Onu, les normes et les principes du droit international.

 

Sur l'évolution de la situation en Syrie

 

Nous avons remarqué l'intention exprimée par le Ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas d'entamer un procès sur la Syrie à cause de prétendues violations des droits de l'homme par les autorités syriennes. J'étais certaine que les Pays-Bas commenceraient par l'Irak et par les millions de victimes civiles à l'issue de l'occupation des États-Unis et d'autres pays de la "coalition" de ce pays. Il y a un très grand nombre de victimes. Personne n'a même encore pris la peine de les compter. Mais, vous voyez, les Pays-Bas ne se sont montrés qu'au sujet de la Syrie.

A nos yeux, cette initiative est franchement cynique suite au récent scandale qui a éclaté au parlement de ce pays après une fuite d'informations dans la presse sur le financement, par le gouvernement néerlandais, de bandes armées considérées comme terroristes par le Parquet néerlandais sur le territoire syrien. Une position dure a été exprimée à ce sujet dans le communiqué de réponse du Ministère des Affaires étrangères de la Syrie. Elle nous semble adéquate. Tout comme les Syriens, nous pensons que de telles démarches destructives des partenaires occidentaux sapent les efforts internationaux pour faire avancer le processus de paix syrien.

A cet égard, il convient de mentionner la récente visite du représentant spécial du Secrétaire d’État américain pour la Syrie James Jeffrey dans le Nord-Est de la Syrie. Il s'agit clairement d'une nouvelle violation du droit international par Washington: bafouant la souveraineté du pays, le diplomate étranger haut placé s'est rendu en Syrie sans l'accord des autorités officielles. Les informations publiées au sujet de ce voyage par le Département d’État américain indiquent que les États-Unis mèneraient prétendument un travail pour unir toutes les forces opposées au "régime d'al-Assad" afin de régler pacifiquement la crise syrienne en s'appuyant sur la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il s'agit de la visite d'un représentant officiel de Washington dans un pays souverain. Cette logique suscite la confusion. Car la décision mentionnée de la communauté internationale vise à contribuer au dialogue entre le gouvernement syrien et l'opposition, et non à provoquer un conflit entre les Syriens.

Quoi qu'ait déclaré James Jeffrey durant son voyage au sujet de l'aspiration à préserver une prétendue unité de la Syrie, les faits témoignent des véritables objectifs des États-Unis à l'Est de l'Euphrate. Voyons lesquels. Poursuivant ses propres intérêts géopolitiques, Washington mène sa ligne visant à arracher cette région riche en ressources du reste de la Syrie. Sachant que nos partenaires américains ont trouvé un moyen sophistiqué de financer le séparatisme kurde grâce aux hydrocarbures locaux, qui sont pillés par les compagnies pétrolières américaines sous la couverture des militaires américains.

La ligne contreproductive de certains acteurs extérieurs visant à brouiller les Syriens entre eux se reflète notamment sur l'activité du Comité constitutionnel de Genève. Nous regrettons que son travail, qui avait repris en août après une longue interruption, ait été remis sur pause parce que les délégations syriennes n'ont pas réussi à mettre au point l'ordre du jour de la prochaine réunion, qui était prévue par l'envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu pour la Syrie Geir Pedersen dans la semaine du 5 octobre.

Autre thème important. Nous nous sommes prononcés à ce sujet hier. Nous sommes préoccupés par l'information qui circule concernant un recrutement massif de combattants au Nord de la Syrie pour leur projection dans la zone du conflit du Haut-Karabakh. Des internautes publient sur les réseaux sociaux des vidéos et des photos à ce sujet, ainsi que des listes de mercenaires tués en indiquant leur appartenance à tel ou tel groupe antigouvernemental syrien. Nous y voyons une nouvelle preuve du fait que sur les territoires qui restent depuis longtemps hors du contrôle des autorités légitimes syriennes continuent de se former des menaces pouvant représenter un danger, et pas seulement pour la Syrie.

 

Sur la situation dans le Haut-Karabakh

 

Nous sommes très préoccupés par l'escalade constatée depuis le 27 septembre dans la zone du conflit du Haut-Karabakh. Les échanges de frappes ont causé de sérieuses destructions de l'infrastructure militaire et civile, et on déplore de nombreuses victimes des deux côtés, notamment parmi les civils. Nous appelons les parties à faire preuve d'un maximum de retenue, à cesser l'effusion de sang. Nous présentons nos condoléances aux proches des victimes et exprimons notre compassion aux proches des blessés.

Des liens amicaux pluridimensionnels lient la Fédération de Russie à l'Azerbaïdjan et à l'Arménie. Sur notre territoire vivent d'importantes communautés arménienne et azerbaïdjanaise. La situation dans la région ne nous laisse pas du tout indifférents.

Nous sommes certains qu'il n'y a pas d'alternative au règlement pacifique du conflit dans le Haut-Karabakh. Le règlement des problèmes régionaux ne peut se faire que sur le plan politique et diplomatique.

Aussi bien au niveau national que dans le cadre du Groupe de Minsk de l'OSCE, dès les premières heures des affrontements la Russie a tout fait pour cesser immédiatement le feu et relancer le processus de paix. Le Président russe Vladimir Poutine a évoqué la situation avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian par téléphone les 27 et 29 septembre. Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est en contact permanent avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais. Un entretien téléphonique a eu lieu avec le Ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.

Les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE (la Russie, la France et les États-Unis) ont fait une déclaration condamnant l'usage de la force, ont appelé les belligérants à cesser immédiatement les activités militaires, ainsi qu'à relancer les négociations afin de trouver une solution définitive au conflit. A l'heure actuelle, ils continuent d'entreprendre des efforts solidaires pour la désescalade de la situation.

Le 29 septembre, la situation sur la ligne de contact a été soulevée au Conseil de sécurité des Nations unies et au Conseil permanent de l'OSCE. A été souligné le rôle central des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE dans le processus de paix dans le Haut-Karabakh.

L'effusion de sang qui se poursuit doit être stoppée immédiatement. Dans le contexte de ces événements dramatiques, nous jugeons contreproductives et irresponsables toutes les déclarations et actions belliqueuses de tiers susceptibles de provoquer une escalade qui risque de déstabiliser la situation en Transcaucasie et d'avoir les conséquences les plus imprévisibles.

 

Sur les appels du sous-secrétaire d’État américain Christopher Ford à renoncer à la coopération avec la Russie dans le secteur de l'énergie nucléaire

 

Nous ne pouvons pas ne pas réagir aux déclarations du sous-secrétaire d’État américain Christopher Ford à l'Institut de l'énergie nucléaire de Washington, où il s'est permis d'accuser directement la Russie, ainsi que la Chine, de l'usage de technologies nucléaires de "seconde sorte" en tant qu'instrument de pression politique sur nos partenaires.

Il est regrettable que l'administration américaine actuelle continue d'essayer d'ériger des murs là où il est possible et nécessaire de bâtir des ponts. Derrière cette rhétorique agressive et cette nouvelle tentative de coller des étiquettes se cache la volonté banale des autorités américaines d'assurer artificiellement des avantages pour leurs propres compagnies sur le marché mondial nucléaire très compétitif. L'analogie avec les secteurs énergétique, des hautes technologies et de l'armement est parfaitement évidente.

 

Sur le déplacement de la statue d'Alexandre Baranov à Sitka

 

Nous suivons attentivement la situation relative au déplacement de la statue du premier gouverneur de l'Alaska et chef des colonies russes en Amérique du Nord, Alexandre Baranov, de la place centrale de Sitka au musée historique municipal. Comme nous l'avons déjà déclaré, cette décision, qui a été prise sur la vague d'une grande campagne de destruction de monument et de révision de leur propre histoire aux États-Unis, a suscité notre plus grand regret.

Les autorités de Sitka ont affirmé plusieurs fois que le déplacement de la sculpture se déroulerait de "manière respectueuse et positive", et que de nombreux visiteurs pourront se familiariser avec l'exposition consacrée à l'Amérique russe. Selon les informations rapportées, le monument a déjà été déplacé au musée. Un piédestal est en cours de fabrication pour celui-ci.

Il faudra s'assurer, évidemment, que la composition sculpturale sera présentée dignement sans déformer la personnalité et le rôle historique d'Alexandre Baranov. Nous continuerons de suivre cette situation de près. Après la normalisation de la situation épidémiologique, nous comptons envoyer en Alaska une délégation interministérielle pour rencontrer les autorités régionales et municipales, les représentants sociaux, la communauté scientifique et muséale. Nous espérons qu'il sera possible de trouver des paramètres mutuellement acceptables de travail conjoint pour le maintien et la promotion du patrimoine culturel et historique commun.

 

Sur l'organisation, par plusieurs pays de l'Otan, de manœuvres militaires dans le Grand Nord

 

Nous soulignons que l'organisation, en septembre 2020, de manœuvres militaires dans le Grand Nord "en soutien à la liberté de navigation" par la marine britannique, américaine et norvégienne, conjointement avec l'aviation danoise, est très préoccupante. Nous sommes convaincus que ces activités et, dans l'ensemble, le renforcement de la présence militaire des pays de l'Otan dans des latitudes aussi élevées, ne contribuent pas du tout au renforcement de la paix et de la stabilité en Arctique. Au contraire, ils ne conduisent qu'à l'escalade de la tension dans cette région.

Malheureusement, nous constatons que vis-à-vis de l'Arctique Londres préfère se focaliser avant tout sur les aspects militaro-politiques. Ainsi, en 2018, le Royaume-Uni a été le premier des pays non arctiques à annoncer sa stratégie militaire nationale arctique. Des militaires britanniques participent régulièrement aux exercices de l'Otan dans des latitudes élevées. Nous pensons que si les Britanniques ne focalisaient pas leur attention sur le renforcement du potentiel militaire mais sur les possibilités de développer une coopération constructive en Arctique, cela contribuerait davantage au renforcement de la paix et de la stabilité dans cette région. C'est notamment l'objectif de la déclaration conjointe des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de l'Arctique adoptée en mai 2019 à Rovaniemi (Finlande). Je rappelle que le Royaume-Uni dispose du statut d'observateur auprès de cette structure.

 

Sur la basilique Sainte-Sophie à Istanbul

 

La Russie continue de suivre attentivement l'évolution de la situation autour de la reconversion de l'ancienne basilique-musée Sainte-Sophie d'Istanbul en mosquée active. Reconnaissant le droit souverain des autorités turques par rapport à cette basilique, nous voudrions souligner une nouvelle fois que la gestion d'un site du Patrimoine culturel mondial de l'Unesco signifie avant tout une responsabilité particulière pour garantir la préservation de ce monument de la civilisation eurasiatique.

Nous partons du principe que les partenaires turcs respecteront les sentiments des orthodoxes du monde entier, pour qui Sainte-Sophie sera toujours non seulement un patrimoine de la culture mondiale, mais également le plus grand sanctuaire chrétien placé sous la protection de la communauté internationale et de la République turque. Nous espérons que les démarches entreprises permettront à Ankara d'assurer un accès sans obstacles à ce site pour les touristes de toute confession, et d'y préserver toutes les œuvres d'art chrétiennes.

A cet égard, nous accordons une importance particulière à la mission de surveillance des experts du Centre du patrimoine mondial de l'Unesco et du Conseil international des monuments et des sites (ICOMOS) pour évaluer l'état de conservation de la basilique. Nous espérons que les conclusions de la mission, censée se rendre à Istanbul en octobre, seront présentées très rapidement et permettront d'évaluer objectivement l'état aussi bien du site même que de la multitude de mosaïques et de fresques qui en composent la décoration intérieure.

 

Sur l'intention des renseignements ukrainiens de poursuivre les utilisateurs ukrainiens du réseau social VKontakte

 

Nous avons été choqués par la récente déclaration du secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense de l'Ukraine, Alexeï Danilov, informant que les forces de l'ordre ukrainiennes allaient surveiller et dresser une liste des utilisateurs du réseau social VKontakte qui, selon lui, doivent être traduits en justice pour son utilisation. Que pensez-vous des valeurs de liberté et de démocratie dans l’État ukrainien?

Je rappelle qu'en 2017 VKontakte, tout comme d'autres réseaux sociaux et sites russes - Odnoklassniki, Mail.ru, Yandex - avait été bloqué pour trois ans sur le territoire de l'Ukraine par le président de l'époque Piotr Porochenko. Les espoirs qu'avec son départ la russophobie, la censure totale et la lutte contre la dissidence allaient disparaître étaient vains. En mai 2020, le Président ukrainien actuel, Vladimir Zelenski, un homme qui semble moderne et même avancé dans le domaine des réseaux sociaux, a prolongé les sanctions jusqu'en 2023.

Maintenant, les renseignements ukrainiens s'en prennent aux citoyens de l'Ukraine qui considèrent tout de même l'accès à l'information comme une valeur pour eux. Cette situation rappelle les pires pratiques des régimes totalitaires - dont on sait que les autorités ukrainiennes parlent tant. Il s'agit d'une impasse sur les normes internationales en matière de droits de l'homme, notamment la libre circulation de l'information et l'accès sans obstacles à celle-ci. L'Ukraine dérive à grands pas vers la construction d'un État policier - impossible de qualifier autrement cette situation. Les autorités de Kiev parlent sans gêne de leur attachement aux valeurs et aux principes européens.

Nous appelons les structures internationales des droits de l'homme, les institutions et les protecteurs occidentaux de Kiev à rompre le silence et à s'exprimer sur les grossières violations des droits de l'homme en Ukraine.

 

Sur la décision de la 6e cour d'appel administrative de Kiev concernant les symboles nazis de la 14e division de grenadiers des troupes SS Galicie

 

Le 24 septembre, la 6e cour d'appel de Kiev a annulé la décision du tribunal de première instance et a statué que les symboles de la 14e division de grenadiers des troupes SS Galicie ne tombaient pas sous la définition de symboles de régimes totalitaires nationaux-socialistes. Ainsi, selon les juges, en Ukraine Galicie et, en conséquence, les autres unités SS, ne sont  de facto plus des organisations nazies criminelles. Bravo! Autrement dit, vous bloquez VKontakte et en même temps vous dites que Galicie ne tombe pas sous  la définition des symboles de régimes totalitaires nationaux-socialistes. En d'autres termes, utiliser VKontakte est mal, mais se promener avec des symboles de Galicie est bien. Que quelqu'un demande à Vladimir Zelenski comment est-ce possible.

Je voudrais rappeler que les volontaires de la 14e division SS sont coupables du massacre monstrueux de milliers de civils et de résistants. En particulier, ils ont tué plus de 500 civils polonais du village de Huta Pieniacka, plus de 250 Polonais du village de Podkamen, des habitants de dizaines d'autres communes polonaises et ukrainiennes. Les actions des collaborationnistes s'accompagnaient de massacres de femmes et d'enfants, comme dans le village de Zabuce. Les criminels ont participé au massacre non seulement de résistants slovaques, mais également de la population slovaque qui le soutenait.

La rhétorique des pays européens est consternante, qui font l'éloge des valeurs démocratiques en Ukraine tandis que Kiev et les différentes organisations nazis créées avec son accord tacite, voire avec son soutien direct, glorifie les cruautés des SS pendant la Seconde Guerre mondiale, qui tuaient par familles entières la population de l'Europe de l'Est. Il convient de rappeler qu'en 2016 le parlement polonais a qualifié de génocide les crimes des soldats de la 14e division SS Galicie contre la population polonaise.

On peut s'exprimer sarcastiquement autant qu'on veut à ce sujet, mais il faut tout de même être intransigeant en la matière. Nous sommes indignés par cette décision de la cour d'appel. Nous appelons les autorités de Kiev à cesser de blanchir les crimes des criminels et des adeptes hitlériens, des collaborationnistes, et à faire enfin quelque chose pour dompter le déchaînement des nationalistes radicaux dans le pays, qui professent ouvertement des idées fascistes. Nous appelons l'Assemblée générale des Nations unies et d'autres structures internationales à durcir le travail pour lutter contre la glorification du nazisme et du néonazisme.

 

Sur l'anniversaire des Accords de Munich

 

Dans le même contexte, afin de rappeler (et nous le ferons régulièrement) notre histoire commune liée à la Seconde Guerre mondiale, je voudrais parler de l'anniversaire des Accords de Munich.

L'histoire de la diplomatie n'a probablement jamais connu de précédent plus scandaleux d'infraction des canons du droit international et des normes éthiques universelles que la conférence réunie rapidement à Munich les 29 et 30 septembre 1938 entre quatre puissances: l'Angleterre, la France, l'Allemagne et l'Italie. Elle est restée dans l'histoire comme l'un des événements les plus honteux et tragiques, comme une page de l'histoire dont la conséquence et la suite logique a été la Seconde Guerre mondiale. Il n'y a pas eu de discussion en principe, cette conférence était une confirmation formelle de l'entente préalablement conclue par les participants. Ils ont pris pour base le projet proposé par Benito Mussolini qui lui avait été communiqué de Berlin. Aucun représentant de la Tchécoslovaquie ni de l'URSS, qui avait un accord d'entraide avec la Tchécoslovaquie, n'avait été invité à la conférence. La délégation tchécoslovaque venue à Munich n'a pas participé aux négociations et a seulement été informée post factum de ses résultats.

La Hongrie et la Pologne ont également une part de responsabilité pour le partage de la Tchécoslovaquie, qui, lors de la crise tchécoslovaque, ont adopté une position franchement pro-allemande, puis ont avancé leurs propres revendications sur les territoires tchécoslovaques.

En fait, la conférence de Munich a été le point culminant de la politique de "pacification" d'Adolf Hitler, qui, en déliant définitivement les mains de l'agresseur, a été une sorte de prélude au début de la Seconde Guerre mondiale.

Les Accords de Munich, également appelés "complot de Munich", ont fait l'objet de nombreux travaux scientifiques et de publications documentaires. Rien que le Ministère des Affaires étrangères de l'URSS/Russie a publié sur cette période sept recueils documentaires. Je vais les énumérer: "L'année de la crise", "Les documents sur l'histoire du complot de Munich", "L'URSS dans la lutte pour la paix à la veille de la Seconde Guerre mondiale", le 21e tome de la série fondamentale "Les documents de la politique étrangère de l'URSS". Et la liste n'est pas exhaustive.

A première vue, tout est très clair. Mais même aujourd'hui sont entreprises des tentatives d'interprétation falsifiée des événements de cette époque, qui n'ont rien à voir avec la recherche d'une vérité objective. Les auteurs de différentes publications poursuivent des tentatives insistantes de justifier le complot de Munich, de déformer les véritables objectifs de ses organisateurs, de diminuer son rôle en tant que maillon primordial dans la chaîne d'événements ayant conduit au début de la Seconde Guerre mondiale. Nous considérons ces publications comme une aspiration à saper les visions établies de la guerre, à modifier à sa manière ses principaux événements, à créer une nouvelle version au profit de la conjoncture politique avec, au centre, l'aspiration à rejeter sur l'URSS une responsabilité pratiquement égale à celle de l'Allemagne hitlérienne pour ce qui s'est passé.

Malgré toute la divergence de regards sur la politique de différents pays entre les deux guerres mondiales, les accords de Munich, dans le cadre desquels l'Angleterre et la France, avec le soutien des États-Unis ont autorisé le partage puis la capture de la Tchécoslovaquie par l'Allemagne hitlérienne, se sont affirmés dans la conscience de la plupart des gens en tant que synonyme de la politique de trahison et de connivence avec l'agresseur.

 

Sur la remise d'une médaille norvégienne au vétéran de la Grande Guerre patriotique Mikhaïl Podgourski

 

Nous avons noté avec satisfaction la cérémonie de remise de la médaille nationale "Pour la participation" au nom du Roi de la Norvège au vétéran de la Seconde Guerre mondiale Mikhaïl Podgourski, organisée le 18 septembre à l'ambassade de Norvège à Moscou pour remettre.

Nous remercions les autorités norvégiennes pour l'attention portée à notre mémoire commune des événements de la Seconde Guerre mondiale liés à la libération du Finnmark oriental par des soldats et des officiers soviétiques en octobre 1944 dans le cadre de l'offensive Petsamo-Kirkenes. Indéniablement, l'histoire commune unit les peuples russe et norvégien.

Cette année, qui marque le 75e anniversaire de la Victoire, nous appelons tout le monde à ne pas oublier les terribles leçons de cette tragédie pendant laquelle les peuples de différents pays ont surmonté les différends et uni leurs efforts pour un objectif commun: la victoire contre le fascisme. Il est très important que la mémoire de cette guerre reste aujourd'hui dans le cœur des gens.

La Grande Victoire est l'un des événements de l'histoire mondiale les plus importants, une valeur spirituelle et un repère moral pour de nombreuses générations.

Nous souhaitons à Mikhaïl Podgourski une très bonne santé et une longue vie!

 

Sur la Journée nationale de la République populaire de Chine

                               

Le 1er octobre, le peuple chinois célèbre le 71e anniversaire de la formation de la République populaire de Chine (RPC) qui, après avoir traversé de sérieuses épreuves provoquées par l'épidémie de coronavirus, célèbre sa fête nationale dans le contexte d'exploits impressionnants dans le développement socioéconomique et du renforcement de ses positions sur la scène internationale. Nous nous réjouissons des succès du peuple chinois amical.

L'Union soviétique a été la première à reconnaître la naissance du nouvel État et, le 2 octobre 1949 déjà, a établi avec lui des relations diplomatiques. Il est réjouissant qu'aujourd'hui nos liens soient qualifiés à juste titre de meilleurs de leur histoire. Les contacts intensifs et de confiance entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président chinois Xi Jinping sont la principale force motrice des relations bilatérales dynamiques. A l'issue du sommet russo-chinois de juin 2019, il a été constaté que les relations de partenariat global et de coopération stratégique entraient dans une nouvelle ère.

Cette année, nos pays fêtent le 75e anniversaire de la Victoire dans la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle nous étions alliés dans la lutte contre le fascisme et le militarisme. La Russie et la Chine luttent fermement contre les tentatives de falsifier l'histoire et de réviser les résultats de la Seconde Guerre mondiale.

Nous renforçons continuellement nos relations dans les secteurs pratiques, ce qui correspond aux intérêts à long terme de nos populations. Le mécanisme de rencontres régulières entre les chefs de gouvernement joue un rôle efficace dans leur progrès.

Le nouveau grand projet, lancé cette année sur décision des chefs d’État, d'organiser des Années russo-chinoises de coopération scientifique, technique et d'innovation, est appelé à apporter une impulsion supplémentaire à la coopération dans les secteurs de pointe et d'innovation.

Les approches qu'ont nos pays des affaires mondiales coïncident ou sont très proches. Par conséquent, en coordonnant très étroitement leurs efforts en politique étrangère et en agissant ensemble, nos pays apportent une grande contribution à la promotion d'un agenda constructif sur les principales plateformes multilatérales, notamment à l'Onu et au Conseil de sécurité des Nations unies, à l'OCS, au sein des Brics, au G20, dans le cadre du Sommet de l'Asie orientale, au format Russie-Inde-Chine, et contribuent à la recherche de solutions efficaces aux problèmes régionaux et mondiaux d'actualité.

Nous prônons ensemble la construction des relations internationales sur les principes de respect mutuel, de justice et de coopération mutuellement avantageuse, une participation équitable de tous les pays à la gouvernance mondiale, le respect du droit international, la garantie de la sécurité égale et indivisible, le respect mutuel et la prise en cotre des intérêts, l'abandon de la confrontation et des conflits, ainsi que la formation d'un ordre mondial polycentrique plus juste et rationnel.

Je voudrais féliciter de tout cœur nos collègues chinois pour la Journée nationale de la RPC.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance de la République fédérale du Nigeria

 

Le 1er octobre, la République fédérale du Nigeria, avec laquelle notre pays entretient traditionnellement des liens d'amitié, fête le 60e anniversaire de son indépendance. L'Union soviétique a établi avec cet État des relations diplomatiques le 25 novembre 1960, c'est-à-dire immédiatement après la sortie du pays du protectorat du Royaume-Uni.

Le peuple nigérian, riche d'une histoire séculaire et qui englobe près de 300 différentes ethnies religieuses, linguistiques et culturelles, a fait preuve de cohésion face au régime britannique en s'unissant au nom de la liberté tant attendue, malgré les différends intérieurs. Ayant traversé plusieurs coups d’État et une guerre civile en 1967-1970, l’État nigérian, notamment avec le soutien de l'URSS, s'est développé continuellement et dynamiquement, en franchissant le parcours difficile qui l'a vu passer de colonie agricole de matières premières au statut de grande économie africaine, de membre influent des organisations sous-régionales, régionales et internationales, ainsi que de participant actif aux missions antiterroristes et de maintien de la paix sur le continent. Depuis l'indépendance nationale, la population du Nigeria a augmenté de 60 à plus de 200 millions d'habitants.

Aujourd'hui, les autorités du Nigeria remplissent avec succès les objectifs de développement socioéconomique et mènent une ligne pesée en politique étrangère. Nous félicitons nos partenaires pour la Journée de l'indépendance et leur souhaitons paix, bien-être et prospérité.

 

Sur le 62e anniversaire de l'indépendance de la République de Guinée

 

Le 2 octobre, le peuple guinéen, avec lequel nous entretenons également des relations d'amitié et de coopération de longue date, célébrera sa fête nationale - la Journée de l'indépendance.

Le parcours des Guinéens jusqu'à l'acquisition de la liberté n'a pas été facile. Jusqu'au début du XIXe siècle, les forts européens dans ce pays étaient des centres de traite intensive d'esclaves. La population était brutalement exploitée. Dans la lutte entre la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne pour le contrôle des territoires occupés, c'est Paris qui a pris le dessus. L'établissement de l'ordre colonial par les Français a rencontré une forte résistance des tribus locales. Le 28 septembre 1958, lors du référendum à ce sujet, 95,4% des Guinéens se sont prononcés contre l'entrée du pays dans la Communauté française. Le 2 octobre de la même année a été annoncée la création de la République de Guinée. La Guinée est ainsi devenue la seule colonie française dont la population s'est prononcée contre la Constitution française de la Ve République, en soutenant l'idée de l'indépendance totale de l’État.

La proclamation de la Guinée souveraine n'a pas été soutenue par les "démocraties" occidentales. La France a rompu avec Conakry les liens économiques, a retiré ses spécialistes et a décrété des sanctions avec les autres membres de l'Otan. Comment s'en passer. L'Union soviétique est venue en aide à la nouvelle République africaine en établissant avec elle, le 4 octobre 1958, des relations diplomatiques et a pleinement contribué à la mise en place de la structure étatique de ce pays. Avec le soutien de notre pays ont été mis en place en Guinée de grands projets dans le domaine du bâtiment, de l'industrie et de l'agriculture.

A partir de mars 2014, la Russie a activement participé à la lutte contre l'épidémie d'Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, ce qui a permis au final de vaincre cette maladie dangereuse en Afrique occidentale.

Nous continuons d'apporter une contribution diversifiée à la Guinée, notamment dans le secteur commercial, économique et social, et la formation de cadres nationaux. Nous sommes certains que les liens pluridimensionnels à l'épreuve du temps entre la Russie et la Guinée continueront de se développer productivement, de manière mutuellement avantageuse.

En ce jour de fête nationale, nous voudrions souhaiter au peuple guinéen amical de la réussite dans la garantie du développement socioéconomique durable, paix, bien-être et prospérité.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance du Royaume du Lesotho

 

Le 4 octobre, le Royaume du Lesotho, avec lequel la Fédération de Russie entretient des relations amicales, célébrera sa fête nationale - la Journée de l'indépendance.

De 1868 à 1966 le Royaume du Lesotho se trouvait sous le protectorat britannique. Le 30 avril 1965, ce pays a reçu une autonomie intérieure, et le 4 octobre 1966 il a été proclamé État indépendant. Les relations diplomatiques établies entre nos pays le 1er février 1980 s'appuient sur les principes d'amitié et de respect mutuel.

Notre pays apporte traditionnellement une aide au Royaume dans le domaine de l'éducation et de la formation de cadres. Nous fournissons à Maseru une aide humanitaire: en 2014, les Lesothans ont reçu via le Ministère russe des Situations d'urgence cinq modules médicaux mobiles et une aide alimentaire dans le cadre du Programme alimentaire mondial de l'Onu. En novembre 2019 ont été fournis 4 modules traumatologiques et 2 modules chirurgicaux prévus pour 400 opérations dans le cadre du projet financé par la Fédération de Russie visant à renforcer le potentiel de l'OMS en matière d'aide et de réaction médicale d'urgence.

Nous sommes satisfaits du niveau stable de la coopération entre la Russie et le Lesotho dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations unies et sur d'autres plateformes multilatérales. Nous sommes disposés à poursuivre la coopération dans le secteur politique, commercial, économique, social et d'autres.

Nous profitons de l'occasion pour féliciter nos amis lesothans pour leur fête nationale et leur souhaiter bien-être, stabilité, paix et prospérité.

 

Réponses aux questions:

Question: L'envoyé spécial du président américain pour la maîtrise des armements, Marshall Billingslea, a déclaré pendant sa visite au Japon le 29 septembre que dans les négociations sur la prolongation du START III (ou "New Start"), la balle était dans le camp de la Russie, et que les propositions avancées par les États-Unis étaient bénéfiques pour les deux pays. Êtes-vous d'accord avec cette affirmation? Quelles seront les démarches de la Russie à ce sujet?

Réponse: Je voudrais attirer votre attention sur le fait que l'Ambassadeur de Russie aux États-Unis, Anatoli Antonov, a déjà commenté en détail les perspectives de la prolongation du START III dans une interview accordée à une chaîne russe. Il a dit que ce texte représentait un équilibre des intérêts entre les deux grands pays, qui n'affecte pas le potentiel de défense des États-Unis ou de la Russie. C'est une excellente fondation pour construire des relations bilatérales normales, prévisibles et pragmatiques. De plus, l'absence du START entraînerait un vide. Pendant 50 ans nous avons créé une atmosphère de culture de négociation entre les États-Unis et l'URSS, puis la Russie. Nous avons élaboré une immense quantité d'activités de vérification. Il y a un immense niveau de confiance en la matière. Tout cela serait simplement détruit en un instant. La réponse à cette question a donc déjà été donnée. Je voudrais dire que dans l'interview d'Anatoli Antonov vous trouverez beaucoup d'informations utiles. Nous sommes donc entièrement solidaires des déclarations de notre Ambassadeur aux États-Unis.

Question: Ma question porte sur l'activité biologique militaire des États-Unis dans l'espace postsoviétique. Il est notamment question de la Géorgie, ainsi que des nouvelles informations révélées par l'investigation journalistique de ma collègue bulgare Dilyana Gaytandzhieva.

Il s'est avéré que les États-Unis planifiaient des investissements militaires conséquents (160 millions de dollars) dans les recherches biobactériologiques. Ils comptent également transformer la Géorgie et le centre Lugar, tristement célèbre, en une sorte de grand centre biologique en Europe et en Asie centrale. Les documents publiés prêtent à penser que les États-Unis élaborent une arme biobactériologique. Compte tenu de la situation liée à la pandémie de coronavirus, ainsi que de l'aggravation de la situation entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, où il existe également de tels sites à double usage, cela ne pose-t-il pas le problème de la nécessité d'élaborer d'urgence un mécanisme de contrôle pour la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction (CABT)? La Russie peut-elle soulever cette question au nom de la sécurité biologique?

Réponse: Nous commentons régulièrement ce thème quand de nouvelles informations apparaissent. En l'occurrence, vous vous référez à une investigation que nous avons déjà commentée. Des informations très détaillées sont disponibles sur notre site à ce sujet. S'il y avait de nouvelles informations, nous les analyserions, évidemment. Mais je peux dire que notre position au sujet des laboratoires biologiques militaires dans l'espace postsoviétique a été exprimée plusieurs fois. Nous réagissons avec une très grande méfiance à l'activité des États-Unis dans ce domaine. Honnêtement, il ne faut pas s'attendre à ce qu'ils fassent une percée scientifique. Nous pensons que la communauté internationale doit surveiller très rigoureusement ce qu'ils font.

Question: Le Ministère russe des Affaires étrangères a exprimé hier ses préoccupations vis-à-vis de l'envoi de mercenaires depuis le Moyen-Orient dans la zone du conflit du Haut-Karabakh. Ces informations viennent-elles de la presse? De déclarations faites par les dirigeants de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie? Ou y a-t-il des informations confirmées par les services spéciaux russes?

Réponse: Nous disposons de telles informations. C'est l'information en notre possession. Elle a été présentée dans les médias sous la forme d'informations provenant des réseaux sociaux et des publications, mais en publiant le commentaire d'hier sur le site du Ministère des Affaires étrangères, nous disposions évidemment de nos propres faits et informations.

Question: Dans votre déclaration, il y a la phrase suivante: "Appel au gouvernement des États intéressés." Vous ne mentionnez pas ces États.

Réponse: Non, nous ne parlons pas seulement des positions de la Russie, et aujourd'hui je n'ai pas mentionné seulement l'Azerbaïdjan et l'Arménie. Si vous l'avez remarqué, j'ai également mentionné le Groupe de Minsk de l'OSCE, j'ai énuméré les coprésidents. Hormis cela, il y a d'autres pays qui sont soit préoccupés, soit jugent possible, nécessaire et important de faire des déclarations à ce sujet, d'entreprendre des efforts. Ces États sont nombreux. Ce ne sont pas seulement des pays à titre national, mais également des organisations internationales réunissant plusieurs pays. C'est pourquoi notre appel s'adresse à tout le monde. Et j'ai mentionné aujourd'hui les États concernés. D'ailleurs, avant cela j'ai souligné que le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'était entretenu par téléphone avec son homologue turc. La Turquie a donc, elle aussi, a été mentionnée.

Question: Ma question était plus précise. Elle concernait votre déclaration au sujet de l'envoi de terroristes et de combattants. Vous n'avez pas mentionné qui les envoyait et comment.

Réponse: Ce commentaire souligne dans l'ensemble notre préoccupation vis-à-vis de ces faits. A l'étape actuelle, je ne souhaite pas divulguer les détails.

Question: Dans le cadre de sa visite en Grèce, le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a accusé la Russie de déstabiliser la région, notamment la Libye, ainsi que de diffuser de fausses informations et d'essayer de contrôler l’Église orthodoxe. Mike Pompeo a également déclaré qu'il s'était entendu sur une plus étroite coopération avec la Grèce afin de surmonter "l'influence russe négative". Que pouvez-vous dire au sujet de ces déclarations et des nouveaux accords éventuels avec la Grèce sur le renforcement de la présence militaire américaine?

Réponse: La position des États-Unis n'est pas une nouveauté pour nous. La question de savoir dans quelle mesure cela correspond aux intérêts d'Athènes doit être adressée au gouvernement grec. Les plans de Washington de renforcer sa présence militaire en Méditerranée orientale nous préoccupent à cause de leur orientation franchement antirusse, ce que personne ne cache. Ils reflètent la politique agressive des États-Unis et ne contribuent aucunement au renforcement de la paix et de la sécurité dans cette région.

En ce qui concerne les questions énergétiques (ce thème a également été évoqué activement), nous n'avons jamais revendiqué le rôle de fournisseur monopolistique que l'on nous attribue. Nous nous opposons absolument à la politisation de la coopération dans ce secteur. C'est aux pays consommateurs de faire leur propre choix en se basant sur la logique de la libre concurrence, de l'utilité économique et du profit.

Question (traduite de l'anglais): Que pouvez-vous dire de la situation actuelle à la frontière indo-chinoise dans la région de Ladakh?

Réponse: Nous continuons de surveiller la situation sur la Ligne de contrôle effectif indo-chinoise. Nous saluons l'entente visant la désescalade, conclue à l'issue des pourparlers par les chefs de diplomatie de la Chine et de l'Inde le 10 septembre à Moscou. Nous respectons la volonté des parties d'agir de manière autonome dans cette situation dans le cadre de leurs mécanismes multiniveauX de dialogue bilatéral, sans l'ingérence de forces extérieures. Nous espérons que les deux pays, en tant que membres responsables de la communauté internationalem pourront trouver des solutions pacifiques mutuellement acceptables pour réduire la tension au plus vite.

Question: Le 26 août, le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov, Représentant spécial du Président de la Fédération de Russie pour le Moyen-Orient et les pays d'Afrique, s'est entretenu par téléphone avec Qais Abd al-Karim (Abu Layla), membre du Politburo du Front démocratique pour la libération de la Palestine. Les deux interlocuteurs ont évoqué la situation du processus de paix israélo-palestinien. Le représentant du FDLP a salué la proposition d'organiser à Moscou une nouvelle réunion inter-palestinienne. A-t-on fixé une date pour cette réunion inter-palestinienne à Moscou? Avec quelles fractions palestiniennes Moscou est-il actuellement en contact à ce sujet?

Réponse: Nous sommes convaincus que la réunification palestinienne sur la plateforme politique de l'Organisation de libération de la Palestine est une prémisse importante pour lancer des négociations israélo-palestiniennes directes constructives. A cet égard, nous saluons et soutenons les démarches unificatrices des principaux mouvements et organisations politiques de la Palestine - notamment la téléconférence du 3 septembre sous la direction du Président de la Palestine Mahmoud Abbas avec la participation des responsables de 14 principales fractions palestiniennes, ainsi que les pourparlers récents entre les représentants du Fatah et du Hamas à Istanbul et à Doha.

De notre côté, nous réaffirmons la disposition absolue de la Russie à renforcer la tendance positive déjà enclenchée pendant la prochaine réunion inter-palestinienne planifiée à Moscou. Nous entretenons des contacts à ce sujet avec le gouvernement palestinien dirigé par Mahmoud Abbas, ainsi qu'avec toutes les principales forces politiques. Les dirigeants du Fatah, du Hamas et d'autres partis et mouvements palestiniens ont exprimé leur souhait de participer à une telle activité.

Malheureusement, en raison des restrictions épidémiologiques en vigueur il est trop tôt pour parler des délais concrets du déroulement de ce forum unificateur à Moscou. Nous avons l'intention de l'organiser dès que la situation se normalisera.

 

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