6 août 202016:12

Conférence de presse d'Alexeï Zaïtsev, directeur adjoint du Département de l'information et de la presse du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 6 août 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

La tension liée à la situation épidémiologique dans le monde ne retombe pas. Le rythme de propagation du coronavirus reste élevé. Le nombre total de malades dans le monde depuis le début de la pandémie a dépassé 19 millions de personnes. Le plus grand nombre de contaminations par la Covid-19 est recensé en Amérique du Nord et du Sud avec environ 10 millions de personnes touchées, et plus de 3,5 millions de personnes en Europe. Plusieurs pays, notamment l'Allemagne et l'Estonie, ont annoncé qu'une seconde vague d'épidémie avait commencé sur leur territoire.

Compte tenu de la hausse notable du nombre de personnes contaminées par le coronavirus à l'heure actuelle, plusieurs pays sont contraints de suspendre leurs plans de levée progressive des restrictions sanitaires vis-à-vis aussi bien des étrangers qui arrivent dans leur pays que de leurs propres citoyens.

Le 31 juillet s'est déroulée la quatrième réunion du Comité d'experts de l'OMS pour la situation d'urgence provoquée par l'épidémie de coronavirus, à l'issue de laquelle a été adoptée une déclaration faisant état d'un "caractère prolongé de la pandémie". Il est souligné que ses effets se feront sentir pendant des décennies. Cela nécessite de poursuivre les activités antiépidémiques au niveau local, national et mondial. Il a été suggéré au secrétariat de l'OMS et aux pays membres de recourir activement aux mécanismes multilatéraux, notamment le partenariat pour l'accès accéléré aux instruments pour combattre la Covid-19. Vous pouvez prendre connaissance de ces recommandations en détail sur le site de l'organisation.

 

Sur la contribution au rapatriement des citoyens russes

 

Vous le savez, le 1er août a été rétablie la communication aérienne avec trois pays: le Royaume-Uni, la Turquie et la Tanzanie. A partir du 10 août seront ouvertes des destinations supplémentaires depuis la Turquie: Antalya, Bodrum et Dalaman. De plus, la circulation via la frontière russo-abkhaze a été rétablie pour les citoyens des deux pays par décret du gouvernement de la Fédération de Russie. De plus, la liste des citoyens qui peuvent entrer en Russie a été complétée par la Suisse.

Par ailleurs, parallèlement à la réalisation de vols réguliers se poursuit le programme de contribution au retour de citoyens russes de l'étranger. Depuis la mi-mars plus de 275.000 personnes sont rentrées, dont plus de 67.000 depuis le lancement de l'algorithme de retour le 7 avril.

Les vols de rapatriement permettent en premier lieu de faire rentrer nos citoyens qui se trouvent dans les pays les plus éloignés de la Russie. Ainsi, à l'aéroport de Cheremetievo est attendu demain un vol d'Azur Air en provenance de Caracas (Venezuela) et de La Romana (République dominicaine) qui fera revenir plus de 150 compatriotes, ainsi que des citoyens des pays de la CEI.

Dans les semaines à venir sont prévus des vols depuis des pays avec lesquels, à l'étape actuelle, la communication aérienne régulière n'a pas été rétablie: les États-Unis (New York, Los Angeles), Israël, l'Allemagne (Francfort), la France (Paris) et les Émirats arabes unis (Dubaï), ainsi que des pays de la CEI. La rubrique dédiée aux vols retour à venir d'ici fin août est constamment mise à jour sur le site Gosuslugi («Services publics»). Nous vous invitons à suivre les informations actualisées.

L'algorithme hybride consistant en des liaisons avec escales de vols réguliers de compagnies étrangères avec les vols retour russes via Séoul, Dubaï, Francfort et Paris, fonctionne avec succès. Des centaines de compatriotes des quatre coins du monde sont déjà rentrés en toute sécurité de cette manière.

Nous attirons l'attention sur les règles de contrôle épidémiologique qui ont changé depuis le 1er août. Conformément au décret 22 de l'épidémiologiste en chef, les citoyens étrangers qui se rendent en Russie par des vols réguliers ou retour doivent être munis d'un certificat attestant d'un résultat négatif au test de dépistage de la Covid-19 par PCR réalisé moins de 72 heures avant l'arrivée sur le territoire de la Fédération de Russie. Il faut savoir que le temps de vol compte également, autrement dit, en planifiant le voyage il faut tenir compte des vols transcontinentaux qui durent plus de 10-15 heures. De plus, il est nécessaire de remplir un formulaire disponible sur le site officiel de Rospotrebnadzor.

L'exigence d'un confinement de 14 jours est maintenue pour les citoyens étrangers et les personnes apatrides qui arrivent en Russie pour travailler.

Les citoyens russes doivent, dans un délai de trois jours après leur arrivée, se soumettre à un dépistage de la Covid-19 par PCR et joindre le résultat au formulaire rempli à l'arrivée sur le site Gosulsugi (www.gosuslugi.ru/394604).

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Heiko Maas, Ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne

 

Mardi 11 août, le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas se rendra en visite de travail à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Son déplacement se déroulera à la veille du 50e anniversaire de la signature du Traité de Moscou du 12 août 1970 entre l'URSS et la RFA.

L'entretien entre le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et Heiko Maas est prévu dans la matinée. Les chefs de diplomatie de la Russie et de l'Allemagne évoqueront les questions centrales de l'ordre du jour russo-allemand, et vérifieront le calendrier des contacts à venir d'ici la fin de l'année dans le domaine politique, culturel et économique. Il est prévu d'accorder une attention particulière aux initiatives dites croisées.

Les ministres échangeront en profondeur leurs avis sur les principaux problèmes internationaux, notamment la situation en Ukraine, en Syrie et en Libye, la situation autour du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien, ainsi que concernant la stabilité mondiale et la sécurité stratégique. Bien évidemment, ils aborderont les relations UE-Russie compte tenu de la présidence de l'Allemagne au Conseil de l'UE au second semestre 2020.

Dans l'après-midi, Heiko Maas rencontrera le gouverneur de Saint-Pétersbourg Alexandre Beglov et communiquera en visioconférence avec les victimes du siège de Leningrad.

 

Sur le message de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, au maire et aux habitants de Hiroshima dans le contexte des 75 ans des bombardements atomiques

 

Aujourd'hui, le monde entier commémore les événements tragiques de 1945. En lien avec les 75 ans des bombardements atomiques du Japon par les États-Unis, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a envoyé au maire et aux habitants de Hiroshima un message où il a noté que l'année 2020 était marquée par le 75e anniversaire de la fin de la plus grande et sanglante guerre dans l'histoire de l'humanité.

Son message stipule notamment qu'aujourd'hui la Russie constate avec une grande préoccupation la dégradation du système international de maîtrise des armements, la destruction des accords, l'omission des principes de non-atteinte à la sécurité des États, et une hausse considérable des risques nucléaires. Des changements alarmants se produisent dans les doctrines militaires et politiques, qui tendent vers l'admissibilité de l'usage pratique de l'arme nucléaire en tant que moyen de guerre.

Le Ministre a souligné qu'il fallait exclure le risque de conflits armés entre les puissances nucléaires et la possibilité d'une guerre nucléaire. Il ne peut y avoir de vainqueurs et elle ne doit jamais être déclenchée. Grâce à des efforts communs, nous devons garantir que l'horreur et le malheur de Hiroshima et de Nagasaki ne se répéteront plus jamais.

Le texte intégral du message du Ministre est consultable sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. (https://www.mid.ru/ru/foreign_policy/news/-/asset_publisher/cKNonkJE02Bw/content/id/4279615)

 

Sur le 45e anniversaire de l'Acte final d'Helsinki

 

Le 1er août a marqué le 45e anniversaire de la signature de l'Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. Ce document a été mis au point dans une situation internationale tendue, grâce à la volonté politique de ses parties, à leur capacité à tenir compte des intérêts réciproques et à chercher des compromis. Il est devenu un symbole de la détente et l'un des piliers de l'architecture de sécurité européenne contemporaine.

Le système de sécurité européenne traverse de nouveau aujourd'hui une période difficile. On assiste à l'érosion des instruments du droit international visant à garantir la stabilité mondiale. On constate également que les lignes de démarcation n'ont pas été effacées mais seulement déplacées vers l'Est, et qu'à présent elles s'approfondissent. La réticence des pays occidentaux à renoncer aux approches conflictuelles de bloc et aux instruments de réalisation de leurs ambitions géopolitiques au détriment de la sécurité des autres sape la confiance au sein de la région euro-atlantique et à l'extérieur.

L'OSCE - organisation paneuropéenne unique, la plus représentative de par sa composition - traverse une crise et fait de plus en plus penser à un "club de discussion", au lieu de servir de plateforme pour élaborer des décisions collectives dans le domaine de la sécurité.

Les principes de base de l'OSCE, exprimés dans l'Acte final d'Helsinki de 1975, la Charte de Paris pour une nouvelle Europe de 1990, la Charte de la sécurité européenne de 1999, la Déclaration d'Astana de 2010 et d'autres documents fondamentaux, restent d'actualité. Il est important de faire en sorte que tous ces principes et engagements soient compris de la même manière par tous les États parties et s’applique dans la pratique sans sélectivité ni doubles standards.

La Russie prône la réforme de l’OSCE, ainsi que le renforcement de son statut juridique et de son autorité. Malgré tous les inconvénients et les problèmes, on ne peut pas tirer un trait sur les perspectives de l’Organisation. Il est tout simplement impossible de créer de nouveau un tel mécanisme dans la situation actuelle. Par sa large couverture géographique, son approche globale de la sécurité, la règle de consensus et la culture du dialogue, elle peut et doit jouer un rôle plus important dans le règlement des problèmes internationaux d’actualité.

Dans le cadre de la lutte globale contre les défis et les menaces de la nouvelle génération, notamment la pandémie de coronavirus, il faut créer et fixer à l’ordre du jour de l’OSCE des initiatives positives unificatrices, passer à un dialogue constructif au lieu d’un échange d’avis vide et sans perspectives. L’Organisation est capable de réaliser son potentiel et d’apporter une contribution considérable à la désescalade de la tension militaro-politique, à la lutte contre les menaces transnationales. Elle est aussi en mesure de contribuer à l’union des processus d’intégration en Eurasie et à l’amélioration de la vie des gens.

Il ne fait aucun doute qu’en revenant à l’établissement de relations vraiment équitables, les États parties de l’OSCE pourront surmonter tous les phénomènes de crise et avancer dans la mise en place d’une communauté unie de sécurité égale et indivisible et de coopération mutuellement avantageuse dans le vaste espace euro-atlantique et eurasiatique, qui demeure un repère stratégique.

 

Sur le rapport du Centre de coopération globale du Département d’État américain concernant la Russie

 

Nous avons noté le rapport présenté par le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo intitulé «Les piliers de l’écosystème russe de désinformation et de propagande» préparé par le Centre de coopération globale du Département d’État américain. Nous en aurons une lecture plus approfondie par la suite, mais même une consultation rapide laisse apparaître que c’est un exemple flagrant de la ligne politique menée par les autorités américaines dans le but de diaboliser la Russie. Washington critique toutes les sources d’information qui relaient des points de vue alternatifs, tente d’étouffer toutes les voix qui vont à l’encontre des approches et des directives américaines. La liste en question a été établie en partant de notions conjoncturelles et revêt un caractère manifestement préconçu.

Cette rhétorique envers notre pays est inadmissible. L’approche non constructive de l’administration américaine ne contribue pas à la reprise et à l’intensification d’une coopération entre nos pays dans les principaux domaines de coopération bilatérale et globale. Nous considérons ce rapport comme une nouvelle tentative des États-Unis de placer sous leur contrôle l’activité des médias, ce qui n’est rien d’autre, selon nous, qu’une atteinte à la liberté d’expression.

L’Ambassade de Russie aux États-Unis a publié un avis sur ce rapport. Ce commentaire appelle notamment toutes les forces sensées, aussi bien aux États-Unis qu’au sein de la communauté internationale, à s’appuyer sur les informations officielles russes concernant nos approches réelles du développement des relations bilatérales, et à ne pas s’abaisser à des accusations infondées contre notre pays.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance de la République de Côte d'Ivoire

 

Vendredi 7 août, la République de Côte d'Ivoire célèbre le 60e anniversaire de son indépendance. Il y a 60 ans, la Côte d'Ivoire s'est retirée de la Communauté française pour se lancer dans la construction de sa nouvelle vie, libre et indépendante de l'extérieur. Cet événement significatif a été précédé par une période très difficile dans l'histoire de la Côte d'Ivoire, liée à son passé colonial.

Les Européens ont commencé à débarquer sur le littoral de la Côte d'Ivoire contemporaine au XVe siècle, et les premiers colons européens ont été les missionnaires français venus en 1637. Cependant, la conquête plus active du territoire de la Côte d'Ivoire a commencé dans les années 1840. En 1846, les Français ont instauré leur protectorat pratiquement sur tout le territoire côtier. En 1893, la Côte d'Ivoire est devenue une colonie française à part, et en 1895 elle a été inclue à l'Afrique occidentale française. En octobre 1946, le pays a reçu le statut de territoire d'outre-mer de la France, et en 1958 celui d’État membre de la Communauté française. C'est seulement le 7 août 1960 que la Côte d'Ivoire a enfin acquis sa souveraineté et s'est retirée de la Communauté française.

Progressivement, le pays a cessé de jouer la fonction d'annexe agricole et de matières premières de l'ancienne métropole, et les premières bases de la production industrielle moderne ont été posées. En 1979 déjà, la République est devenue le leader mondial de la production de fèves de cacao.

Après avoir surmonté une période d'instabilité et de troubles intérieurs, la Côte d'Ivoire est aujourd'hui un membre influent de la communauté des pays d'Afrique occidentale. Elle participe activement aux processus d'intégration dans la région, et jouit d'une autorité méritée sur le continent africain dans l'ensemble. Les questions socioéconomiques sont prises en charge avec succès, notamment celle de l'amélioration du niveau de vie de la population.

Les relations entre la Russie et la Côte d'Ivoire se développent dans une atmosphère d'amitié et de respect mutuel. Nous entretenons le dialogue politique. Les liens commerciaux, économiques et sociaux s'élargissent. Une impulsion importante à l'intensification des contacts bilatéraux a été apportée par la participation de la délégation ivoirienne menée par le Président du pays Alassane Ouattara au sommet et au forum économique Russie-Afrique à Sotchi en octobre 2019. A l'issue de ces activités ont été déterminés les axes prioritaires de la coopération russo-ivoirienne à court terme.

Je félicite nos amis ivoiriens à l'occasion de leur fête nationale, et leur souhaite paix et prospérité.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance en République de Singapour

 

Dimanche 9 août marque le 55e anniversaire de l'indépendance de la République de Singapour. Pendant une longue période, elle avait fait partie de l'Empire britannique. Conscients de l'avantage de la position géographique de l'île, les Anglais y avaient de facto créé une usine commerciale qui a fonctionné pendant plus de cent ans (1819-1942).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Singapour a été occupée par le Japon, et à la fin du conflit elle est revenue sous le contrôle britannique, mais avec un haut niveau d'autonomie. A partir de 1963 elle a fait partie de la Fédération malaisienne, et le 9 août 1965 elle a proclamé son indépendance.

Depuis, Singapour a réussi à devenir un centre mondial de l'activité financière et d'affaires, a obtenu des résultats remarquables dans le secteur socioéconomique, et a gagné en notoriété sur la scène internationale.

Nous considérons immuablement Singapour comme un partenaire important et prometteur de la Russie dans la région Asie-Pacifique, un membre influent de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est. Nous avons accumulé une expérience unique dans différents domaines, et des prémisses favorables ont été posées pour développer les relations bilatérales diversifiées.

A l'approche de la fête nationale, nous voudrions souhaiter bien-être et prospérité au peuple ami de Singapour.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance de la République du Tchad

 

Ce 11 août, la République du Tchad, avec laquelle nous entretenons des relations d'amitié, célèbre le 60e anniversaire de son indépendance.

L'histoire du pays témoigne du parcours difficile qu'il a dû accomplir pour acquérir son indépendance nationale. Aux XVe et XVIe siècles, sur le territoire du Tchad contemporain, coexistaient trois Etats: le Kanem-Bournou, le Baguirmi et l'Ouaddaï, dont le développement autonome a été interrompu par l'expansion coloniale active de la France. En janvier 1910, le Tchad a été intégré à l'Afrique équatoriale française, devenant une colonie à part en 1914. En novembre 1958, le pays a été proclamé république autonome dans le cadre de la Communauté française, et le 11 août 1960 le Tchad s'est proclamé État souverain.

La priorité actuelle des autorités tchadiennes consiste à adopter des mesures efficaces pour stabiliser la situation en matière de sécurité, à relancer l'économie du pays, ainsi qu'à améliorer le niveau de vie de la population.

Les relations diplomatiques instaurées en novembre 1964 entre nos deux pays se développent progressivement. Nous entretenons le dialogue politique et coopérons pour former des cadres dans les universités russes avec un financement du budget fédéral. Une étape importante dans le développement des liens bilatéraux a été marquée par la participation du Président tchadien Idrisse Déby au sommet et au forum économique Russie-Afrique à Sotchi en octobre 2019.

Nous sommes vraiment ravis de féliciter nos partenaires tchadiens à l'occasion de leur fête nationale et nous leur souhaitons paix et prospérité.

 

Sur la publication du nouveau volume du «Messager diplomatique», annales du Ministère pour 2019

 

Les annales du Ministère russe des Affaires étrangères pour 2019 ont été compilées pour la nouvelle édition du «Messager diplomatique» du Département de l'information et de la presse, et viennent d'être publiées.

Ce recueil contient les discours, les interviews et les articles triés selon les rubriques du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sur les questions centrales de la politique étrangère de la Russie pour l'année écoulée, en russe et en anglais. Comme auparavant, ces annales s'appuient sur les publications et les photos du site du Ministère russe des Affaires étrangères. Leur version numérique est consultable sur le site officiel du Ministère (https://www.mid.ru/ru/ezegodnik-diplomaticeskij-vestnik-za-2019-g).

 

Réponses aux questions:

Question: Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères de l'activité biologique militaire des États-Unis dans l'espace postsoviétique?

Réponse: L'intensification de l'activité biologique militaire des États-Unis et de leurs alliés en dehors de leurs frontières nationales (notamment dans l'espace postsoviétique) suscite chez nous de sérieuses questions en lien avec la mise en œuvre de la Convention sur l'interdiction des armes biologiques (CABT).

Sous prétexte d'accorder une aide dans le domaine sanitaire et épidémiologique, le Pentagone a lancé la construction et la modernisation de laboratoires microbiologiques dans les républiques de l'ex-URSS. Il est impossible de contrôler le mécanisme et le niveau d'implication de tels sites dans les programmes de recherche fermés réalisés par le Pentagone. Les souches de maladies infectieuses obtenues par les biologistes militaires américains peuvent être ensuite utilisées à des fins incompatibles avec les intérêts de la sécurité nationale de la Russie et d'autres pays de la CEI.

A cet égard, nous prônons continuellement le renforcement du régime de la CABT, instrument fondamental du droit international pour contrer globalement les menaces et les risques d'utilisation d'agents biologiques en tant qu'arme et pour contribuer au développement de la coopération internationale dans le secteur biologique à des fins pacifiques. En particulier, nous proposons d'inclure dans le rapport annuel présenté par les États parties de la Convention, dans le cadre des mesures de confiance, les informations sur l'activité biologique militaire menée à l'étranger. Cependant, les collègues américains ne se montrent pas prêts à partager de telles informations.

Afin de coordonner les efforts pour garantir la sécurité biologique, nous exploitons activement les plateformes multilatérales compétentes. Nous faisons comprendre aux partenaires l'importance de poursuivre un dialogue approfondi sur ce problème.

Lors des contacts bilatéraux avec les pays de la CEI, nous attirons l'attention sur la nécessité d'un contrôle national strict de toute activité biologique menée sur leur territoire. Nous poursuivons la mise au point des mémorandums bilatéraux sur la garantie de la sécurité biologique. Le premier document de ce genre a été signé en avril 2019 avec le Tadjikistan. Sa réalisation apporte une grande contribution au développement de la coopération pour garantir le bien-être épidémiologique de l'homme et sert d'exemple positif pour d'autres pays de la région.

Afin de répondre aux questions liées à l'activité biologique militaire des États-Unis le long du périmètre des frontières russes, nous jugeons nécessaire de recourir au mécanisme de l'article V de la CABT, qui stipule que les États parties doivent se consulter au sujet du règlement de toutes les questions concernant l'objectif de la Convention ou vis-à-vis de l'accomplissement de ses termes. Nous appelons les États-Unis à s'asseoir à la table des négociations et à évoquer au format bilatéral toutes les questions accumulées concernant l'activité biologique militaire des États-Unis.

Question: Le conseiller du Président américain à la sécurité nationale, Robert O'Brien, a déclaré que la Russie "paiera le prix" si les accusations de complot avec les talibans se confirmaient. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Nous sommes habitués depuis longtemps aux allégations infondées des Américains. La Russie a été accusée de tout: d'ingérence dans la campagne présidentielle aux États-Unis, de cyberattaques, voire de détruire des «piliers de l'Amérique». Sachant qu'aucune des versions n'était appuyée par des preuves. Cette fois, les services secrets russes sont accusés de complot avec les talibans: selon ces accusations, ces derniers auraient été mandatés pour commettre des attaques contre des militaires américains en Afghanistan. C'est un nouveau mensonge qui, par définition, ne mérite aucun commentaire.

La question n'est même pas de savoir que ces déclarations de hauts responsables américains ne sont que le fruit de l'imagination agitée de ceux qui, à Washington, cherchent à saper notre dialogue bilatéral et à cimenter littéralement le défi systémique contre la Russie en tant qu’État. Ce qui est tout aussi dangereux est la remise en question de la logique même de la coopération russo-américaine sur le dossier afghan.

Nous avons noté à cet égard le récent commentaire fait par le sous-secrétaire d’État américain Stephen Biegun lors des audiences au Sénat américain, selon lequel toute supposition concernant l'implication de la Fédération de Russie ou d'une "quelconque partie du gouvernement russe" dans la fourniture de ressources aux combattants pour attaquer des soldats américains "aurait les conséquences les plus graves". Nous trouvons ces déclarations irresponsables et inadmissibles pour un représentant haut placé d'un État - quel qu'il soit.

Question: Pourriez-vous commenter la déclaration du conseiller du Président américain à la sécurité nationale Robert O'Brien selon laquelle, dans les mois à venir, les États-Unis et la Russie pourraient organiser un dialogue sur la lutte contre le terrorisme?

Réponse: Nous prônons la poursuite de notre dialogue interministériel avec les États-Unis sur la lutte contre le terrorisme, qui est objectivement nécessaire, et correspond à nos intérêts nationaux ainsi qu'aux objectifs visant à maintenir la paix et la sécurité. A ce jour, quatre réunions d'experts et de coordinateurs de ce processus ont déjà eu lieu à Vienne sous l'égide des ministères des Affaires étrangères des deux pays. Nos pays sont capables de faire beaucoup de choses ensemble pour combattre plus efficacement le terrorisme et d'autres défis dangereux de notre époque. Cependant, cette coopération doit se dérouler sans politisation et être mutuellement avantageuse. Nous sommes ouverts à la coopération avec Washington sur un large éventail de questions relatives à la lutte contre le terrorisme, tout en sachant que les Américains en ont besoin tout autant que nous.

En ce qui concerne notre coopération dans ce secteur, la balle est dans le camp américain.

Question: Que pouvez-vous dire des plans des États-Unis de réduire leur contingent en Afghanistan?

Réponse: Nous saluons l'intention de Washington de poursuivre le retrait du contingent américain en Afghanistan pour le réduire jusqu'à 4.000-5.000 hommes d'ici novembre prochain.

Nous trouvons que la déclaration du Président américain Donald Trump à ce sujet confirme l'attachement à sa promesse de campagne de retirer les forces américaines d'Afghanistan et la ferme disposition de la Maison blanche à remplir sa partie des engagements dans le cadre de l'accord de paix avec les talibans. Nous sommes certains que la mise en œuvre à part entière de cet accord entre les États-Unis et les talibans, ainsi que le lancement des négociations interafghanes directes, ouvriront la voie à la normalisation durable de la situation en Afghanistan.

Question: Que peut dire le Ministère russe des Affaires étrangères concernant le camp de migrants coincés dans les régions d'Orenbourg et de Samara, à la frontière du Kazakhstan? Quels accords ont été passés sur le corridor de transit de Russie vers le Kazakhstan pour les citoyens de l'Ouzbékistan et du Kirghizistan?

Réponse: Le 3 août, à environ 10 heures du matin, un groupe de citoyens de l'Ouzbékistan a tenté de franchir la zone frontalière de la région d'Orenbourg afin de traverser la frontière russo-kazakhe. Après les mesures prises par les forces de l'ordre et un avertissement, le groupe s'est dispersé.  

En même temps, trois citoyens de l'Ouzbékistan ont été amenés au commissariat de police du district Bolchetchernigovski de la région de Samara et ont reçu des procès-verbaux administratifs pour désobéissance. Le tribunal de Bolchetchernigovski de la région de Samara a placé ces individus en détention pendant deux jours.

A l'heure actuelle, à la frontière administrative des régions de Samara et d'Orenbourg, la situation est stable, aucun trouble à l'ordre public n'a été admis. Les citoyens de l'Ouzbékistan n'expriment aucune exigence particulière.

A la date du 5 août, sur le territoire du district Bolchetchernigovski de la région de Samara, se trouvent 849 citoyens de l'Ouzbékistan qui attendent pour traverser la frontière russo-kazakhe. Il est prévu prochainement de les envoyer à Tachkent par un train des Chemins de fer de l'Ouzbékistan depuis la station de Kinel, dans la région de Samara.

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