30 juillet 202017:39

Conférence de presse d'Alexeï Zaïtsev, directeur adjoint du Département de l'information et de la presse du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 30 juillet 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

La situation globale concernant la propagation de la Covid-19 reste alarmante. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a récemment confirmé que le monde faisait aujourd'hui face à un nouveau pathogène extrêmement dangereux ayant déclenché une pandémie devenue la situation d'urgence d'importance internationale la plus grave jamais annoncée par l'Organisation. On ne constate pas de signes de ralentissement de l'infection: au contraire, le coronavirus se répand rapidement à travers la planète. En un mois et demi, le nombre de malades a pratiquement doublé. La barre des 17 millions de personnes infectées a été franchie. La dynamique de la contamination dans différents pays et régions n'a pas diminué et montre qu'il faut être prêt à une seconde vague d'épidémie.

Nous notons l'initiative, avancée et soutenue par plusieurs structures compétentes de l'Onu et des institutions d'experts, récemment annoncée par l'OMS de créer une base de données commune sur l'expérience mondiale avancée en matière de régulation juridique et normative des efforts pour la lutte contre l'infection et ses conséquences négatives. Son lancement devrait permettre d'accroître le potentiel de lutte contre la Covid-19 au niveau national et international, de renforcer l'efficacité des mesures adoptées.

Comme l'ont montré les foyers locaux de la maladie dans certains pays où le coronavirus semblait être maîtrisé, une réversion dans la dynamique d'évolution de la maladie est tout à fait envisageable. Il est évident qu'il n'est possible de combattre efficacement ce défi transfrontalier sans précédent que par des efforts collectifs.

 

Sur les perspectives de rétablissement de la communication de transport

 

Les estimations de la situation épidémiologique actuelle dans le monde ne permettent pas à l'heure actuelle d'envisager une levée totale des restrictions provisoires, décrétées par le gouvernement de la Fédération de Russie en mars, à l'entrée dans notre pays de citoyens étrangers et d'apatrides, ainsi qu'à la traversée de la frontière nationale par les citoyens russes via les postes de contrôle autres qu'aériens.

En ce moment, le travail se focalise précisément sur la reprise progressive de la communication aérienne internationale.

Conformément au décret 1915-r du gouvernement de la Fédération de Russie du 24 juillet 2020, à compter du 1er août est prévue la possibilité d'entrer en Russie pour les personnes arrivant par avion - à condition qu'ils soient citoyens ou possèdent un titre de séjour ou tout autre document confirmant leur droit de résidence permanente dans les pays autorisés - en provenance du Royaume-Uni, de Tanzanie, et de Turquie. De plus, les personnes disposant d'un titre de séjour dans les pays mentionnés et étant des citoyens des États avec lesquels la Russie possède un accord de voyages sans visa peuvent profiter de la possibilité d'entrer en Russie à partir de ces trois pays.

Les établissements diplomatiques russes au Royaume-Uni, en Turquie et en Tanzanie rétablissent la délivrance de visas de toutes les catégories en régime habituel. Tout en sachant que pour l'instant les visas sont délivrés seulement aux citoyens des États mentionnés, ainsi qu'aux personnes ayant un titre de séjour (ou tout autre document confirmant le droit de résidence permanente) au Royaume-Uni, en Turquie et en Tanzanie. Les citoyens d'autres pays qui se trouvent temporairement sur le territoire des pays indiqués ne peuvent pas encore recevoir de visa.

En ce qui concerne les autres pays, un travail laborieux se poursuit en ce sens.Le Ministère russe des Affaires étrangères surveille les règles d'entrée des citoyens russes dans d'autres pays dans le contexte de la pandémie et envoie ses observations à Rosaviatsia et à Rospotrebnadzor afin de soumettre des propositions concertées pour l'ouverture de la communication aérienne régulière avec les pays concernés. Nous analysons notamment la disposition de nos partenaires à accueillir les vols étrangers et les exigences spéciales à cet égard (notamment la nécessité de présenter des certificats de dépistage, le placement des étrangers en quarantaine). Conjointement avec Rospotrebnadzor est organisé le suivi de la situation épidémiologique dans les pays étrangers afin de préciser la liste des pays avec lesquels il est possible de rétablir la communication aérienne.

Dans un avenir proche, nous étudions la possibilité de rétablir la communication aérienne avec d'autres pays qui correspondent aux critères fixés (morbidité de moins de 40 personnes pour 100.000 habitants depuis 14 jours; indice de hausse journalière moyenne de 1%; indice de prolifération inférieur à 1,0). Ces indices sont pris en compte lors des décisions prises par le gouvernement de la Fédération de Russie.

Nous soulignons également que toutes les personnes qui arrivent de l'étranger passent un contrôle sanitaire de quarantaine dans les postes de contrôle frontaliers russes. En traversant la frontière, les citoyens étrangers doivent présenter aux agents du contrôle sanitaire des certificats médicaux attestant de l'absence de la maladie Covid-19 (en russe ou en anglais) confirmant le résultat négatif du dépistage de la Covid-19 par l'amplification en chaîne par polymérase (PCR) effectué au moins 72 heures avant la visite en Fédération de Russie, soit des documents médicaux attestant de la présence d'anticorps.

 

Sur la contribution au rapatriement des citoyens russes

 

Comme à notre habitude, quelques mots sur le programme de contribution au rapatriement des citoyens russes dans le contexte de la pandémie de coronavirus. Nous avons déjà souligné plusieurs fois que la grande majorité des citoyens qui s'étaient retrouvés malgré eux dans une situation difficile à cause de la crise globale de transport a réussi à regagner la Russie. Depuis le lancement de l'algorithme de retour, ils sont déjà plus de 63.000, dont près de 53.000 ont été ramenés par les compagnies aériennes russes.

Néanmoins, malgré la reprise prochaine de la communication aérienne régulière entre certaines villes de la Russie et du Royaume-Uni, de la Turquie et de la Tanzanie, le travail pour l'établissement du calendrier des vols retour et leur mise en œuvre ne cesse pas. La semaine dernière sont revenus des avions en provenance de Tivat, de Séoul, de Bichkek, d'Erevan, de Tel Aviv, d'Alicante, de Nice et de Londres. De plus a été organisé un vol retour pour 170 citoyens russes qui étaient restés aux Philippines malgré deux vols déjà organisés plus tôt. Au final, plusieurs dizaines de compatriotes ont tout de même décidé de ne pas faire le voyage de Manille à Vladivostok. C'est leur droit. Nous partons du principe que s'ils le souhaitent ils pourront profiter des vols réguliers, après leur reprise, pour revenir en Russie.

La semaine prochaine seront organisés deux vols retour des États-Unis, depuis Miami et Los Angeles, d'où nous avons reçu un très grand nombre de requêtes. Nous constatons que leur nombre grandit avec l'approche de l'année scolaire. Nos compatriotes souhaitent rentrer en Russie en vue de la reprise du processus scolaire. Sachant que certains évoquent également à titre d'argument au profit du retour en Russie la situation compliquée du coronavirus aux États-Unis. De plus, il est prévu d'organiser des vols de Bangkok, de Phuket et de Goa.

Nous continuons de suivre en permanence la situation dans les recoins éloignés de la planète - d'où, pour des raisons objectives, les vols retour n'ont pas été organisés - pour apporter une aide maximale aux citoyens russes qui s'y trouvent. L'algorithme hybride s'est montré efficace. Nous espérons qu'avec l'élargissement des capacités de transit un plus grand nombre de citoyens russes pourra rentrer.

 

Sur les citoyens russes interpellés au Belarus

 

Nous attendons sous peu un commentaire de l'Ambassadeur de la Fédération de Russie au Belarus Dmitri Mezentsev sur la situation des citoyens russes interpellés au Belarus.

 

Sur l'aide humanitaire russe accordée aux pays de la Transcaucasie dans la lutte contre la prolifération du coronavirus

 

Depuis le début de la pandémie de Covid-19, la Russie apporte aux pays de la Transcaucasie une aide humanitaire diversifiée. Elle a notamment fourni gratuitement des systèmes de dépistage Vektor pour le diagnostic en laboratoire du nouveau coronavirus.

Dans plusieurs pays (Azerbaïdjan, Arménie), des brigades de spécialistes russes de différents établissements médicaux spécialisés continuent d'apporter une aide pratique, organisationnelle et méthodique.

Dans le cadre d'un accord avec les pays concernés, nos médecins militaires apportent également leur aide. A l'heure actuelle en Arménie se trouve un groupe de spécialistes militaires russes. Plus tôt, un détachement médical conjoint a effectué en Abkhazie des travaux pour désinfecter plusieurs sites sur le territoire de cette république.

De plus, au centre de référence de l'institut de recherche contre la peste de Stavropol, des experts d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud ont suivi une formation pour travailler avec les systèmes de dépistage Vektor.

 

Sur la signature d'un accord avec la FAO pour coopérer dans la lutte contre les criquets en Afrique

 

Le 27 juillet, en visioconférence avec Rome, a eu lieu la signature d'un accord entre le Ministère russe des Affaires étrangères et l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) pour le versement par la Russie au budget de l'Organisation de 10 millions de dollars pour lutter contre l'invasion de criquets au Kenya, en Éthiopie, en Ouganda et au Soudan du Sud. Côté russe, l'accord a été signé par le Représentant permanent de la Russie auprès de la FAO et d'autres organisations internationales à Rome, Viktor Vassiliev, et du côté de la FAO par sa première directrice générale adjointe Beth Bechdol.

Depuis le début de l'année, la population de criquets pèlerins dans les pays d'Afrique de l'Est, du Moyen-Orient et d'Asie a été multipliée par 400, ce qui a engendré une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire et a mis en péril la vie de plus de 40 millions d'habitants de ces régions. La situation se complique d'autant plus en raison de la pandémie de Covid-19.

Conformément à l'appel humanitaire de la FAO à réagir à la prolifération des criquets pèlerins dans les pays de la Grande corne de l'Afrique, plus de 300 millions de dollars seront nécessaires pour lutter contre ce fléau. Près de 130 millions de dollars ont été mobilisés à ce jour.

La contribution russe aidera non seulement à prévenir l'invasion de ce parasite agricole dangereux, mais confirme également la ligne visant à renforcer la coopération de notre pays avec les pays d'Afrique conformément à la déclaration finale du sommet Russie-Afrique adoptée à Sotchi le 24 octobre 2019.

 

Sur la situation actuelle au Venezuela

 

Nous continuons de suivre l'évolution de la situation au Venezuela. Selon les informations disponibles, la situation épidémiologique dans ce pays reste tendue, mais dans l'ensemble contrôlée par le gouvernement. Les principaux foyers de contamination par le coronavirus se situent dans les régions frontalières avec la Colombie, pays d'où reviennent des Vénézuéliens qui y avaient émigré. Malgré les sévères mesures de quarantaine, les autorités vénézuéliennes apportent toute l'aide nécessaire aux compatriotes qui reviennent. Nous appelons les pays sud-américains à élargir la coopération avec le Venezuela pour la prévention conjointe du coronavirus parmi les couches les plus vulnérables de la population.

Dans ce contexte, nous notons le lancement de la réalisation pratique de l'accord-cadre humanitaire signé le 1er juin par les autorités vénézuéliennes et l'Organisation panaméricaine de la santé. Récemment a été annoncé le déblocage, par les autorités américaines, des fonds appartenant au gouvernement du Venezuela. Cet argent sera utilisé par l'Organisation panaméricaine de la santé pour l'achat de moyens de protection individuelle et de diagnostic, ainsi que leur transport au Venezuela. Il s'agit d'une somme de 20 millions de dollars. Sachant que le montant total des fonds vénézuéliens bloqués aux États-Unis dépasse 116 milliards de dollars.

On remarque que ce déblocage est présenté par les médias de masse uniquement comme un mérite du député Juan Guaido. Étant donné qu'il a personnellement salué les sanctions illégales et la saisie des fonds vénézuéliens sur les comptes étrangers, nous trouvons ses tentatives actuelles de marquer des points politiques sur les souffrances du peuple vénézuélien pour le moins cyniques. Nous sommes certains que l'accord humanitaire du 1er juin doit être mis en œuvre conjointement par les trois camps qui ont signé ce document, et à un niveau qui correspond réellement aux besoins de la population.

Il est évident que les exemptions annoncées sont insuffisantes pour satisfaire les besoins humanitaires du Venezuela. Il faut que Washington renonce entièrement à sa politique de mesures de restriction unilatérales visant à bloquer l'activité économique extérieure de Caracas, en accordant au gouvernement vénézuélien la possibilité d'acheter sans obstacles des médicaments et des produits de première nécessité. C'est seulement après cela que le peuple vénézuélien pourra combattre efficacement la pandémie.

En décembre 2020, conformément à la Constitution, se dérouleront les élections législatives au Venezuela. Les préparatifs battent leur plein. Cependant, ces préparatifs s'accompagnent de différentes difficultés liées non seulement au coronavirus, mais également aux actions de certains acteurs extérieurs. Le règlement de la confrontation vénézuélienne intérieure sera impossible sans organiser un processus électoral. Telle est la nouvelle réalité dont ont déjà pris conscience les forces politiques responsables qui souhaitent une issue pacifique à la crise vénézuélienne. Nous saluons les efforts visant à faire participer un large éventail de partis politiques au processus électoral.

Nous réitérons notre position: nous considérons le processus électoral comme un élément clé du processus de paix. La société vénézuélienne est fatiguée de la confrontation. A cet égard, nous appelons les partenaires étrangers à s'abstenir de critiques non constructives et de tentatives de saper le processus électoral, sans parler des idées de renverser le pouvoir légitime au Venezuela par la force. Toutes les actions radicales risquent de provoquer une escalade de la tension.

Nous espérons que tous les acteurs de la communauté internationale contribueront à la création de conditions favorables pour l'élaboration, par les Vénézuéliens eux-mêmes, de solutions constructives et de compromis aux problèmes qui existent.

 

Sur la rencontre russo-américaine concernant la thématique stratégique

 

A Vienne vient de s'achever une réunion entre groupes d'experts dans le cadre du dialogue stratégique bilatéral russo-américain. Cette activité s'est déroulée sous la forme de réunions successives sur la sécurité spatiale, les doctrines et les potentiels, la vérification et la transparence.

Rappelons comment a évolué notre interaction avec les États-Unis sur le dossier stratégique ces dernières années. En 2014, à cause des actions et à l'initiative de l'administration de Barack Obama, le dialogue régulier, notamment sur la sécurité internationale et la stabilité stratégique, a été interrompu et de facto gelé pendant trois ans et demi. Durant l'été 2017, les présidents Vladimir Poutine et Donald Trump se sont entendus sur la nécessité de rétablir les contacts sur les questions stratégiques et la maîtrise des armements. Quatre cycles de consultations à part entière se sont déroulés depuis à ce sujet, au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères - en septembre 2017, en juillet 2019, puis en janvier et en juin 2020.

Jusqu'à présent, ces contacts pouvaient difficilement être qualifiés de réguliers. Cela était dû en grande partie à la situation en matière de cadres à Washington. A chaque réunion mentionnée, la délégation américaine arrivait avec un nouveau dirigeant et une composition très différente.

La délégation interministérielle russe est présidée traditionnellement par le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov.

Cette année, dans le cadre d'une directive des présidents de la Russie et des États-Unis, les contacts sur l'agenda stratégique ont été intensifiés. Ils ont permis d'apporter un contenu plus substantiel. En particulier, pendant le cycle de janvier du dialogue stratégique, il a été convenu de lancer une discussion d'experts sur les problèmes de la sécurité spatiale. Il s'agit de l'analyse de l'ensemble des questions en la matière, notamment les risques d'apparition d'armes dans l'espace extra-atmosphérique.

Lors du dernier cycle en date, le 22 juin, il a été décidé d'organiser une réunion d'experts sur la vérification et la transparence, ainsi que les doctrines militaires et les potentiels. Côté américain, la proposition initiale était de se limiter aux questions liées aux munitions nucléaires. Nous avons suggéré de voir plus large et de se concentrer sur tous les types d'armements susceptibles de remplir des tâches stratégiques et d'impacter la stabilité stratégique. 

Ces trois thèmes (la sécurité spatiale, les doctrines et les potentiels, la transparence et la vérification) ont été évoqués pendant la réunion dans la capitale autrichienne du 27 au 30 juillet par les experts des deux pays. La discussion a été concrète et professionnelle. Les deux parties devront analyser en détail ses résultats.

La Russie est ouverte à la poursuite du dialogue avec Washington sur les différents aspects du dossier stratégique. Nous le jugeons très important, notamment pour tenter d'empêcher la poursuite de la destruction des accords internationaux en vigueur dans ce domaine. Sachant que nous avons l'intention de construire les relations avec les États-Unis en matière de maîtrise des armements sur une base entièrement paritaire et en s'appuyant sur le principe de la prise en compte réciproque des intérêts et des préoccupations des parties.

En même temps, nous profitons de l'occasion pour remercier le gouvernement et le Ministère des Affaires étrangères autrichien pour leur aide dans l'organisation d'une nouvelle rencontre avec la partie américaine dans le cadre de notre dialogue stratégique.

 

Sur les fournitures d'armes américaines à Pristina 

 

Nous réagissons avec regret et inquiétude aux informations concernant la fourniture d'armes et de matériel militaire américains aux autorités de Pristina. Les États-Unis le font ouvertement, au détriment des efforts internationaux visant à garantir la paix et la stabilité dans les Balkans, qui sont incompatibles avec la militarisation de la "République du Kosovo" autoproclamée.

L'idée de Washington consiste à aider les Kosovars à créer leur propre "armée". Cela enfreint grossièrement les termes de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prévoit précisément le démantèlement de toutes les formations militarisées albano-kosovares, et admettant la présence sur ce territoire uniquement d'un contingent de maintien de la paix international.

Nous appelons tous ceux à qui importe la situation dans les Balkans et l'avenir de cette région sensible à empêcher les démarches susceptibles de la déstabiliser, d'accumuler un potentiel conflictuel dangereux.

 

Sur le respect des mesures visant à renforcer le cessez-le-feu dans le Donbass

 

Il y a une semaine, nous avons déjà annoncé que l'on s'attendait à un progrès positif dans le travail du Groupe de contact de Minsk. Le 22 juillet, Kiev, Donetsk et Lougansk, avec la médiation de l'OSCE et de la Russie, sont convenus de mesures supplémentaires pour renforcer le cessez-le-feu dans le Donbass. Ces mesures sont entrées en vigueur le 27 juillet. Nous soutenons totalement les accords conclus, visant avant tout à préserver les vies humaines et à empêcher la destruction de l'infrastructure.

Selon les informations disponibles, la trêve sur la ligne de démarcation est, dans l'ensemble, respectée pour l'instant. 

C'est un pas important dans la réalisation par étapes des Accords de Minsk et des décisions du sommet du Format Normandie (Paris, décembre 2019).

Nous espérons que le cessez-le-feu instauré continuera d'être respecté, ce qui permettra de régler plus efficacement d'autres questions dans le cadre du processus de paix en Ukraine, notamment en ce qui concerne les aspects politiques des Accords de Minsk.

 

Sur l'aide médicale accordée aux citoyens russes détenus dans des établissements pénitentiaires aux États-Unis

 

Près de cent citoyens russes se trouvent actuellement en prison ou en isolement provisoire aux États-Unis. La plupart d'entre eux purgent une peine pour des crimes non violents. Malheureusement, force est de constater que souvent les établissements correctionnels refusent de fournir à nos compatriotes en prison le service médical nécessaire, notamment à ceux qui souffrent de graves maladies chroniques. Malgré la nécessité d'aide médicale, leur examen global est souvent reporté ou n'est pas du tout organisé. C'est seulement après plusieurs requêtes de l'Ambassade de Russie aux États-Unis aux autorités américaines que certains d'entre eux ont pu bénéficier d'une aide médicale compétente.

Dans le contexte de la prolifération du nouveau coronavirus, nous constatons un manque de moyens de protection individuelle nécessaires chez les détenus (masques et gants). Les condamnés présentant des symptômes d'infection virale des voies respiratoires sont détenus dans des blocs de régime général. Certains des Russes détenus aux États-Unis ont passé des tests de coronavirus - tous avec un résultat négatif.

Le Ministère russe des Affaires étrangères accorde une attention particulière à la santé et aux conditions de détention des Russes condamnés et inculpés aux États-Unis. Dans le cadre de la pandémie de coronavirus a été intensifié le travail avec les autorités américaines pour apporter une aide aux citoyens russes dans les établissements pénitentiaires et défendre leurs intérêts. Nous continuerons d'exiger de Washington la libération de la catégorie la plus vulnérable des détenus dont la vie et la santé sont menacées.

 

Sur la déclaration du porte-parole du Service européen pour l'action extérieure au sujet de la situation en Crimée

 

Nous avons remarqué la déclaration du porte-parole du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) concernant la cérémonie du 20 juillet à l'occasion du début de la construction de deux bâtiments de débarquement universels au chantier naval de Kertch sur la péninsule de Crimée. Nous le considérons comme une nouvelle tentative d'ingérence dans les affaires intérieures d'un autre État. Les thèses évoquées par le SEAE témoignent une fois de plus de l'incapacité de voir lucidement les réalités dans la région, ainsi que de l'indifférence envers les attentes et les intérêts légitimes des habitants de la Crimée.

Nous voudrions souligner que notre ligne visant à renforcer le potentiel défensif de la flotte russe en mer Noire est appelée à y garantir la stabilité et la sécurité. 

Compte tenu des affirmations sur nos prétendues restrictions aux visites de la Crimée par des citoyens ukrainiens, nous voudrions noter que les mesures préventives temporaires décrétées par la Fédération de Russie au vu de la pandémie de coronavirus sont en vigueur pour les citoyens de la plupart des pays européen, l'Ukraine y compris.Quant aux violations des termes du droit international dont nous accuse l'UE une nouvelle fois, nous les observons précisément du côté des autorités de Kiev. De ce fait, nous suggérons à l'UE, au lieu de relayer les accusations infondées de l'Ukraine envers la Russie, de prêter attention aux actions inhumaines de Kiev qui bloque l'approvisionnement de la Crimée en eau et en électricité. Nous appelons l'UE à renoncer à la pratique scandaleuse de la "discrimination de visa" contre les Criméens, qui est également directement contraire au droit international et aux documents fondamentaux de l'UE.

 

Sur un article publié dans le magazine The Nation

 

Nous ne pouvions pas passer à côté de l'article paru le 24 juillet dans le plus ancien hebdomadaire américain, The Nation, qui décrit de manière très détaillée la situation réelle liée aux manipulations lors de la préparation du rapport de la mission spéciale de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) sur l'établissement des faits d'utilisation d'armes chimiques en Syrie concernant l'incident chimique résonnant de Douma le 7 avril 2018. Bien que tous ces faits soit largement connus, c'est la première fois qu'ils font leur apparition sur les pages d'une revue occidentale aussi solide et faisant autorité.

Ces manipulations sont évoquées depuis deux ans par de nombreux experts internationaux indépendants, les militants politiques et sociaux, et les journalistes. Une lettre collective a même été envoyée aux pays membres de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) et personnellement au Secrétaire général de l'Onu, en tant que dépositaire, appelant à tirer les choses au clair et à prendre des mesures immédiates visant à rétablir la confiance portée au Secrétariat technique de l'OIAC.

Avec les partisans des mêmes idées, nous soulevons constamment cette question à l'OIAC. Mais aucune réaction claire à ces multiples messages n'a suivi. Cela donne l'impression qu'on cherche simplement à étouffer ce problème afin d'empêcher que toute cette histoire odieuse soit diffusée, qui montre que les rapports de la mission spéciale de l'OIAC sont intentionnellement déformés pour justifier les actions des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France qui ont lancé des frappes de missiles contre le territoire d'un État indépendant en transgressant la Charte de l'Onu et les normes universelles du droit international. L'exemple de l'Irak et de la Libye montre clairement comment se terminent les aventures et les provocations militaro-politiques de ce genre.

Nous espérons qu'il sera tout de même possible de tirer les choses au clair dans cette histoire odieuse pour faire revenir le travail de l'OIAC sur une voie professionnelle, dépolitisée et technique, comme le prévoit la CIAC.

 

Sur la vérification du contenu publié sur le réseau social Facebook par le site ukrainien StopFake

 

Le New York Times a publié un article résonnant sur la coopération entre Facebook et le site ukrainien StopFake.

L'article évoque un lien entre le site ukrainien et les radicaux et les nationalistes de Kiev, tout en apportant plusieurs informations compromettantes sur StopFake. Rappelons que depuis avril 2019, Facebook collabore avec ce site afin de vérifier la véracité des informations publiées sur le réseau social. 

La Russie est au courant depuis longtemps de la nature franchement antirusse du site StopFake, de son suivi obsessionnel et de l'interprétation malsaine de toutes les publications russophones sur le réseau social, ainsi que de ses liens avec les radicaux de droite.

Nous sommes déçus par le choix d'une aussi grande compagnie que Facebook au profit de ce site extrêmement engagé dans le domaine responsable de la vérification de l'information. Les exemples de publications jugées comme fausses par StopFake ne laissent aucun doute que l'objectif de cette collaboration consiste à poursuivre la censure politique du contenu russophone sur Facebook.

Nous appelons la compagnie à adopter une approche plus responsable dans le choix de ses partenaires. Nous considérons ce comportement du géant technologique américain comme une nouvelle confirmation de la politique coordonnée des pays occidentaux visant à éradiquer le contenu russe dans l'espace mondial de l'information.

 

Sur le cessez-le-feu de trois jours en Afghanistan

 

Nous saluons le nouveau cessez-le-feu de trois jours annoncé par le gouvernement afghan et les talibans à l'occasion de la fête musulmane Aïd al-Adha. Nous constatons en même temps que cela ne règle pas l'objectif principal à l'étape actuelle, qui consiste à régler la situation dans ce pays par le lancement au plus vite des négociations interafghanes directes.

Nous appelons les belligérants à profiter de la pause actuelle dans le conflit armé afin de réduire le niveau global de la violence en Afghanistan, pour terminer l'échange de prisonniers et passer au dialogue constructif en vue de la réconciliation nationale.

 

Sur l'entrée en vigueur des amendements à la loi fédérale sur la citoyenneté de la Fédération de Russie

 

Vendredi 24 juillet est entrée en vigueur la loi fédérale 134-FZ du 24 avril 2020 sur les amendements à la loi fédérale sur la citoyenneté de la Fédération de Russie, conformément à laquelle l'obtention de la citoyenneté russe pour les personnes majeures ayant un parent citoyen russe résidant en Russie est prise en charge uniquement par les organes territoriaux du Ministère russe de l'Intérieur, à condition que le demandeur réside sur le territoire de notre pays.

Ces changements sont adoptés dans le cadre de la mise en œuvre de la Conception politique nationale migratoire pour 2019-2025 approuvée par le Président russe pour le développement démographique de la Fédération de Russie et attirer les étrangers capables de s'intégrer dans la société russe.

Les nouveautés prévoient également plusieurs mesures pour la simplification de l'obtention de la citoyenneté russe pour les personnes qui ont déménagé sur le territoire de la Fédération de Russie, notamment:

- pour toutes les catégories de demandeurs de la citoyenneté russe, il n'est plus exigé de renoncer à leur citoyenneté étrangère;

- l'exemption des conditions de délai de séjour en Fédération de Russie et de la confirmation des moyens de subsistance pour les personnes qui acquièrent la citoyenneté russe par la procédure simplifiée;

- la réduction de trois à un an de la durée obligatoire d'exercice d'une activité de travail en Fédération de Russie avant de déposer une demande de citoyenneté russe pour les personnes qui ont reçu un diplôme professionnel sur le territoire de la Fédération de Russie après le 1er juillet 2002;

- le droit de déposer une demande d'obtention de la citoyenneté russe par la procédure simplifiée aux citoyens du Belarus, du Kazakhstan, de la Moldavie et de l'Ukraine qui résident en permanence dans notre pays;

- l'établissement d'une procédure simplifiée pour l'obtention de la citoyenneté russe pour les étrangers et les personnes sans citoyenneté mariés aux citoyens russes résidant sur le territoire de la Fédération de Russie et ayant des enfants en commun.

 

Sur les commémorations devant la Chapelle russe près du col Vrsic (Slovénie)

 

Des commémorations traditionnelles ont été organisées ce 25 juillet en Slovénie devant la Chapelle russe en hommage aux prisonniers de guerre russes morts pendant la Première Guerre mondiale pendant la construction de la route dans la montagne. Ce site érigé sur les lieux de la tragédie en 1916 est devenu un symbole d'amitié, un lieu de rencontre annuel pour les représentants du gouvernement et de la société des deux pays.

La Slovénie était représentée à cet événement par le Président Borut Pahor, le président de l'Assemblée nationale Igor Zorcic, des ministres et des députés, des représentants des milieux politiques, les membres actifs des sociétés d'amitié et des ONG antifascistes, des personnalités culturelles et artistiques. Le président du Conseil d’État du pays, Alojz Kovsca, a été le superviseur d'honneur des festivités. La délégation russe était dirigée par l'Ambassadeur de Russie en Slovénie Timour Eivazov.

Nous remercions les partenaires pour leur diligence envers les mémoriaux militaires sur le territoire slovène. Nous considérons les cérémonies annuelles devant la Chapelle russe comme un hommage aux ancêtres, l'aspiration commune des peuples de la Russie et de la Slovénie à préserver la vérité historique, à développer les relations de bon voisinage.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance par la République du Bénin

 

Samedi 1er août, la République du Bénin, avec laquelle la Russie entretient traditionnellement des relations d'amitié, célèbre le 60e anniversaire de son indépendance et de sa souveraineté. Cela fait plus d'un demi-siècle que s'est terminée l'une des périodes les plus difficiles dans l'histoire du peuple béninois, liée à l'époque coloniale. Au XVIIe siècle, sur le territoire de Bénin et du Congo contemporains a été formé un État africain appelé Dahomey. A la fin du XIXe siècle, la France a mis la main sur Dahomey et a établi son protectorat sur la majeure partie du Bénin contemporain et, en 1904, l'a annexé à l'Afrique-Occidentale française.

Le peuple de Dahomey a commencé à combattre le joug colonial dès 1916-1917. Après la Seconde Guerre mondiale, la montée du mouvement de libération nationale a poussé la France à accorder à Dahomey le droit de créer son propre parlement, ainsi qu'une représentation au parlement français à titre de territoire d'outre-mer. Le 11 juillet 1960, la France a reconnu la souveraineté de Dahomey, qui a proclamé le 1er août 1960 son indépendance et a quitté la Communauté française. En novembre 1975, le pays a reçu son appellation actuelle: République du Bénin.

De nos jours, les autorités béninoises remplissent dans l'ensemble les tâches du pays de manière efficace, prennent des mesures pour améliorer la vie socioéconomique de la population, mènent une ligne pesée en politique étrangère.

Nous félicitons le peuple du Bénin à l'occasion de sa fête nationale et lui souhaitons paix, bien-être et prospérité.

 

Sur la célébration de la Journée de l'indépendance de la République du Niger

 

Lundi 3 août, la République du Niger, avec laquelle nous entretenons également des relations d'amitié et de coopération de longue date, célébrera le 60e anniversaire de son indépendance. Le peuple nigérien a parcouru un long chemin vers la liberté et la possibilité de disposer de son propre sort.

A la fin du XIXe siècle, la France a achevé la colonisation du territoire du Niger contemporain en faisant valoir ses droits sur ses nouvelles possessions suite à la conférence de Berlin de 1884. Les actions des colonisateurs français, qui ont établi le contrôle des régions conquises, s'accompagnaient de répressions et d'éradications de zones d'habitation entières. Le Niger est resté l'une des colonies les plus pauvres de la France en Afrique. Au début du XXe siècle, la lutte nationale de libération est devenue armée, et ces mouvements ont été violemment réprimés. En 1958, le Niger a obtenu les droits d'une république autonome au sein de la Communauté française, et, le 3 août 1960, il est devenu un État entièrement indépendant.

Aujourd'hui, le Niger avance sur la voie du développement démocratique, surmonte avec succès les problèmes dans le domaine socioéconomique, et apporte une grande contribution aux efforts africains collectifs visant à faire face à la menace terroriste dans la région du Sahara-Sahel.

Nous voudrions féliciter le peuple du Niger à l'occasion de cette date, et lui souhaiter de nouveaux succès, la paix et la prospérité.

 

Sur le prix international Khaled al-Khatib

 

Des correspondants de guerre de Russie, de Syrie et d'Inde ont récemment reçu le prix remis annuellement par RT aux journalistes pour les meilleurs travaux dans les zones de conflit.

Le prix Khaled al-Khatib (Khaled Al Khateb International Memorial Awards) a été fondé en hommage au journaliste Khaled al-Khatib, 25 ans, qui collaborait avec RT Arabic. Le jeune homme a été tué par un tir de roquettes du côté des terroristes dans la province syrienne de Homs le 30 juillet 2017. Dans ses reportages, il couvrait les batailles des forces gouvernementales de la Syrie avec les terroristes. En 2018, le Président russe Vladimir Poutine a signé un décret pour décerner à titre posthume à Khaled al-Khatib la médaille "Pour la bravoure", qui a été remise à sa famille lors de la première cérémonie de remise des prix.

Ce prix est décerné dans trois catégories: "Meilleur travail dans la zone de conflit: Courte vidéo", "Meilleur travail dans la zone de conflit: Longue vidéo", "Meilleur travail dans la zone de conflit: Texte". Des journalistes de 16 pays étaient en compétition.

 

Réponses aux questions:

Question: Que pouvez-vous dire de la situation des marins russes Konstantin Semenov et Ivan Voznikovtsev, inculpés en Grèce pour transport illégal de migrants?

Réponse: Le Ministère russe des Affaires étrangères suit la situation concernant l'arrestation de citoyens russes dans les eaux territoriales de la Grèce, accusés d'aide au transport de migrants clandestins. Nous sommes en correspondance avec les proches des marins russes, et l'accompagnement de coordination consulaire général mis en place dans de tels cas est assuré.

L'Ambassade de Russie en Grèce veille au respect de tous les droits et intérêts légitimes des citoyens russes interpellés et condamnés prévus par la législation grecque et internationale. Les collaborateurs de l'Ambassade prennent des mesures pour établir le contact avec les Russes arrêtés, informent leurs proches en Russie, cherchent à fournir des consultations dans le cadre de leurs compétences, veillent à garantir des conditions de détention normales, organisent des visites consulaires dans les prisons d'Athènes et de Nauplie, si besoin délivrent des attestations d'absence de casier judiciaire en Russie, envoient obligatoirement aux citoyens russes les listes d'avocats connus par l'Ambassade et les informations sur les modalités de transfert des individus condamnés à l'étranger pour purger leur peine sur le territoire de la Fédération de Russie.

Question: Des représentants officiels américains disent qu'ils évoquent, durant les réunions avec des représentants russes, la maîtrise trilatérale des armements. Font-ils allusion à l'implication de la Chine?

Réponse: Nous répétons qu'il s'agit de discussions faisant suite à l'entente entre les dirigeants de nos pays de mettre au point l'ordre du jour russo-américain sur la sécurité, la stabilité et la maîtrise des armements. Pendant le dernier cycle du dialogue stratégique en plein format, les parties ont confirmé leur volonté de poursuivre la coopération. Elles ont déterminé les thèmes pour un examen par les experts au format bilatéral à terme. Tout cela a déjà été dit aujourd'hui.

En ce qui concerne les discussions multilatérales éventuelles sur la garantie de la prévisibilité et la retenue dans le domaine nucléaire, notre position à ce sujet est bien connue, elle a été exposée plusieurs fois aux Américains, évidemment. La Fédération de Russie est ouverte à une telle discussion, tout en sachant qu'il serait contreproductif de "forcer" qui que ce soit à y participer. Une telle discussion ne peut se dérouler que sur la base d'un consensus et en tenant compte des approches et des intérêts légitimes de toutes les parties. Pour poursuivre le travail en ce sens, nous trouvons important d'y faire participer avant tout le Royaume-Uni et la France, qui sont des alliés des États-Unis au sein de l'Otan - qui se fait appeler alliance nucléaire.

Question: L'envoyé spécial de Donald Trump pour la maîtrise des armements a récemment déclaré que le Président américain n'accepterait jamais de restreindre la défense antimissile (ABM). Que pouvez-vous dire à ce sujet? Évoque-t-on des questions liées à l'ABM dans le cadre du dialogue stratégique?

Réponse: Après le retrait du Traité sur l'ABM, les États-Unis ont commencé à accroître sans limite leur système global de défense antimissile. Leurs actions unilatérales dans ce domaine sensible, notamment la création de segments de l'ABM mondial en Europe, dans la région Asie-Pacifique, et les efforts pour créer un échelon antimissile spatial, affectent très négativement le système de la sécurité internationale, compliquent considérablement les relations dans différentes régions du monde, contribuent à la création de prémisses dangereuses à la reprise de la course aux armements nucléaires. Il faut dire que la Russie et la Chine sont qualifiées d'"adversaires potentiels" dans la Revue de la politique des États-Unis dans le domaine de l'ABM.

Des représentants officiels russes ont exprimé plusieurs fois leur avis, notamment au sommet, concernant les actions américaines en matière de défense antimissile. Bien évidemment, nous continuons de poser ces questions aux Américains, notamment dans le cadre du dialogue stratégique. Nous avons également abordé le thème de l'ABM à la réunion de Vienne pendant la discussion d'experts sur les doctrines et les potentiels. Nous appelons les États-Unis  à se référer, dans la réalisation de leurs projets de défense antimissile, au principe universel d'inadmissibilité du renforcement de sa propre sécurité au détriment de celle d'autres États.

Question: Les négociations annoncées par la Turquie avec la participation d'une délégation sous la direction du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Verchinine, selon les affirmations des médias turcs, portent sur le contrôle de Syrte et des territoires environnants. La Turquie et Fayez el-Sarraj exigent de Khalifa Haftar et de prétendus "mercenaires russes" de quitter Syrte et la base aérienne d'al-Joufra. Quelle est la position de la Russie concernant ces "appels"? Quel est le fond et la logique des négociations avec la Turquie sur la Libye?

Réponse: Les consultations russo-turques qui se sont déroulées à Ankara les 21 et 22 juillet font partie de notre travail conjoint avec les Turcs, mené conformément à la directive directe des présidents de la Russie et de la Turquie afin de déboucher sur un cessez-le-feu durable et inconditionnel en Libye et de lancer un processus de paix inclusif.

Je rappelle que le premier cycle de ces consultations s'est déroulé à Istanbul mi-juin. A l'issue des pourparlers à Ankara, il a été décidé d'organiser une nouvelle réunion des délégations russe et turque à Moscou prochainement.

L'ordre du jour de ce travail inclut une multitude de questions techniques sur lesquelles nous essayons actuellement de nous mettre au point avec les autorités turques. Cela concerne notamment l'emplacement des forces belligérantes au moment de l'annonce de la trêve. Sachant que pour se mettre d'accord sur les différents aspects du processus de paix libyen, il faut avant tout se référer à l'avis des protagonistes libyens directement impliqués dans le conflit. C'est pourquoi les accords de compromis définitifs nécessiteront encore un certain temps.

Question: Les États-Unis, la Turquie et leurs représentants et médias accusent la Russie de violer l'embargo sur la Libye. Vous avez indiqué plusieurs fois que des milliers de djihadistes et d'autres combattants avaient été projetés de Syrie en Libye. Comment cela a-t-il été possible? Qui, au final, selon vos informations, enfreint l'embargo?

Réponse: Nous entendons souvent des accusations gratuites à notre égard, selon lesquelles nous violerions l'embargo sur la fourniture d'armes en Libye. Ce n'est pourtant un secret pour personne que plusieurs pays, notamment ceux qui en accusent la Russie, sont directement impliqués dans le conflit libyen en fournissant des armes, en projetant des combattants et de mercenaires étrangers dans la zone du conflit. Il faut donc adresser votre question au Comité des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Question: La Turquie a régulièrement souligné le rôle particulier de la Russie dans le règlement du conflit du Haut-Karabakh. Les dirigeants de la Russie et de l'Azerbaïdjan ont évoqué plusieurs fois ce thème, qui a été abordé également lors d'un récent entretien téléphonique à l'initiative des autorités turques. Les deux interlocuteurs ont exprimé leur disposition à coordonner les efforts afin de stabiliser la situation à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Peut-on parler d'une entente, ou du moins d'une vision commune de la Russie et de la Turquie, vis-à-vis du processus de paix dans le Haut-Karabakh?

Réponse: La Russie a réagi avec inquiétude à la récente aggravation de la situation à la frontière entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan, qui sont nos amis. Nous sommes convaincus que le conflit du Haut-Karabakh qui perdure, comme tous les autres différends sur la scène internationale, doit être réglé uniquement par des moyens pacifiques, par le biais de négociations diplomatiques. Notre position est constamment partagée par les coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE - les États-Unis et la France - ainsi qu'à l'Onu, au sein de la CEI et d'autres organisations internationales.

Le gouvernement russe a tout fait pour empêcher l'escalade, notamment à travers la coopération opérationnelle avec les principaux partenaires de la région. Lors des récents entretiens téléphoniques du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec ses homologues, Bakou et Erevan ont réaffirmé une fois de plus leur soutien à cette approche.

Avec les autorités turques, nous avons évoqué de manière approfondie la situation en Transcaucasie et, concrètement, dans le processus de paix du Haut-Karabakh au niveau des chefs d’État le 27 juillet et des ministres des Affaires étrangères le 23 juillet. Nous avons exprimé des deux côtés une sérieuse préoccupation quant à l'évolution des événements dans la région. La Russie et la Turquie partent de l'absence d'alternative à une solution politique et diplomatique des problèmes qui existent en s'appuyant sur le droit international dans l'intérêt des peuples de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie.

Nous sommes disposés à poursuivre le travail avec les partenaires, Turquie y compris, pour empêcher une nouvelle montée des tensions, stabiliser la situation générale en Transcaucasie et contribuer activement à l'établissement d'un dialogue politique entre Erevan et Bakou.

Question: Que pouvez-vous dire des communiqués du Ministère azerbaïdjanais de la Défense concernant l'intention d'organiser des exercices avec la Turquie, notamment à la frontière avec l'Arménie?

Réponse: Selon les informations dont nous disposons, des exercices opérationnels tactiques et des exercices de vol tactiques conjoints se déroulent du 29 juillet au 10 août sur le territoire azerbaïdjanais conformément à un accord turco-azerbaïdjanais sur la coopération militaire. Au total y participent près de 5.000 militaires, 150 véhicules blindés, jusqu'à 150 unités d'artillerie et de défense antiaérienne, ainsi que jusqu'à 30 avions tactiques, hélicoptères polyvalents et drones de reconnaissances et d'attaque.

Bien évidemment, nous suivons très attentivement la situation dans la région notamment compte tenu du récent conflit frontalier azerbaïdjano-arménien, et nous appelons instamment toutes les parties à faire preuve de retenue, notamment dans l'activité militaire actuelle.                                                                                                    

 

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