16 juillet 202020:46

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 16 juillet 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

Je poursuis la revue de la situation actuelle liée au coronavirus dans le monde. Aujourd'hui, sa prolifération reste alarmante. Le nombre de personnes infectées ne cesse d'augmenter dans différents pays. Ce chiffre a franchi le seuil des 13 millions de personnes, et le nombre de morts a franchi la barre des 600.000. Le rythme et la dynamique de la propagation du virus sur la planète sont alarmants. Selon de nombreux experts internationaux, la pandémie continue de s'accélérer. Un record de hausse journalière du nombre de personnes contaminées a été enregistré récemment - plus de 230.000.

Le Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus a dit lors d'une récente visioconférence que la menace globale du Covid-19 persistait réellement. Il a de nouveau mis en garde contre un optimisme excessif et la hâte injustifiée dans la levée des mesures de quarantaine. Il a également souligné la nécessité d'être vigilant, de respecter les mesures de précaution décrétées dans différents pays afin d'empêcher la propagation du virus et de préserver les vies humaines. D'après le Directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, le pic n'est pas encore franchi dans le monde. Le non-respect, par la société, des principes fondamentaux de lutte contre le coronavirus et des mesures de précaution ne fait qu'augmenter les risques, et une nouvelle vague d'épidémie risque d'avoir des conséquences destructrices.

Dans les conditions actuelles de ce défi transfrontalier sans précédent, alors que beaucoup de choses dépendent des efforts solidaires des États et des gouvernements, des organisations et des structures multilatérales, la Russie participe activement aux démarches collectives de la communauté mondiale. En particulier, sur notre initiative, les aspects pratiques de la lutte contre l'infection ont été abordés le 14 juillet au format de la visioconférence internationale "La coopération dans le domaine de la sécurité en période de pandémie de Covid-19".

 

Sur le rapatriement des Russes

 

Passons à un autre thème devenu traditionnel ces quatre derniers mois: l'aide au rapatriement des citoyens russes. Le Ministère russe des Affaires étrangères, en coordination étroite avec d'autres institutions compétentes, les compagnies aériennes russes et étrangères, ainsi qu'avec la participation active des représentations diplomatiques russes à l'étranger qui se sont retrouvées en première ligne, continue de contribuer au rapatriement des compatriotes qui n'ont pas la possibilité de revenir pour différentes raisons - la logistique internationale, les restrictions intérieures dans la région, dans différents pays, etc.

Le programme de contribution au rapatriement des citoyens russes dans les conditions de la pandémie a continué d'être mis en œuvre pendant la semaine écoulée. Voici les statistiques. En une semaine nous avons réussi à rapatrier près de 4.000 compatriotes. Ainsi, le chiffre total s'élève depuis le lancement de cet algorithme à près de 55.000 personnes. Dont 45.000 sont rentrées avec des vols de compagnies russes.

Je rappelle également que pendant la réunion du Conseil de coordination près le gouvernement russe pour la lutte contre la prolifération du coronavirus hier, la vice-Présidente du Conseil Tatiana Golikova a déclaré que grâce aux efforts du Ministère des Communications, de Rosaviatsia, du Ministère des Transports et du Ministère russe des Affaires étrangères, sur toute la période de travail plus de 266.000 Russes étaient rentrés avec des vols retour.

Cette semaine ont été organisés des vols retour de Douchanbé, d'Almaty, d'Erevan et de Tachkent. Les possibilités s'élargissent pour le retour des citoyens qui se sont retrouvés bloqués dans les pays européens: les compagnies aériennes russes ont organisé pour nos citoyens de nouveaux vols de Barcelone, de Paris et de Londres à destination de Moscou.

Le 10 juillet, la compagnie Aeroflot a organisé le vol tant attendu de Los Angeles.

Je voudrais dire encore une fois que la géographie des vols s'élargit constamment. Le 10 juillet, 108 citoyens russes et un citoyen ukrainien résidant en Crimée ont été rapatriés de Windhoek (Namibie) à Kaliningrad avec une escale à Francfort-sur-le-Main. Cet itinéraire "hybride" complexe a été rendu possible par une coopération étroite entre les représentations diplomatiques russes, notamment en Namibie et en Allemagne, ainsi qu'avec la contribution active des autorités de la région de Kaliningrad.

Au sujet de l'expansion de la couverture géographique des vols, je me dois de mentionner la "tournée africaine" qui a commencé cette nuit pour rapatrier les Russes qui se sont retrouvés en Afrique dans des conditions très difficiles, de facto isolés du reste du monde à cause du lockdown mondial. Le Ministère russe des Affaires étrangères a réussi à organiser ce projet tant attendu et nécessaire pour rapatrier nos compatriotes. Il est question de pays tels que la Tanzanie, le Liberia, le Ghana, le Cameroun, l'Ouganda et le Kenya. Le temps de vol total devrait dépasser 100 heures. C'est un projet unique en son genre et il est prévu de le réaliser grâce à trois équipages. Nous vous tiendrons informés de l'évolution de la situation.

La préparation du projet a pris plusieurs semaines, a demandé un maximum d'efforts de la part d'un très grand nombre de personnes, et, ce qui est le plus important et réellement unique, est que le nombre de personnes impliquées dans la préparation de ce projet dépasse largement le nombre de rapatriés. Nous n'abandonnons pas les nôtres.

Ce vol a été rendu possible grâce aux accords conclus avec l'Union russe des industriels et des entrepreneurs. Il doit faire embarquer des Russes dans les pays les plus éloignés de nous, avec lesquels nous n'avons jamais eu de correspondance aérienne directe. Pendant la pandémie sa réalisation paraissait pratiquement impossible, mais nous gardons l'espoir. Un avion de la compagnie Royal Flight atterrira dans les capitales de sept pays. Nous avons gardé le contact pendant une longue période avec les nombreux citoyens qui attendent ce vol, nous les avons aidés, nous leur avons apporté un soutien matériel et moral. Nous espérons qu'ils se retrouveront enfin chez eux.

Dans les semaines à venir, le programme de rapatriement ne se limitera pas à l'Afrique. Une série de vols en provenance des pays de la CEI sera organisée. Sur le calendrier de rapatriement figurent également des vols traditionnels de New York, de Paris et de Francfort. Pour revenir au thème des escales et du transit jusqu'aux lieux d'organisation des programmes de rapatriement, ces escales sont disponibles pour tous ceux qui se trouvent dans les pays où la communication aérienne internationale a été rétablie et fonctionne.

Je voudrais rappeler que pour assurer le transit nous préconisons d'informer les établissements diplomatiques du pays d'accueil de votre intention d'embarquer sur un vol. Croyez-moi, l'information opportune vous prémunira contre les problèmes potentiels.

Autre information utile. Je voudrais souligner que sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères (https://www.mid.ru) se trouvent les informations constamment mises à jour sur les perspectives d'ouverture des frontières d'autres pays (https://www.mid.ru/ru/informacia-dla-rossijskih-i-inostrannyh-grazdan-v-svazi-s-koronavirusnoj-infekciej/-/asset_publisher/UUDFpNltySPE/content/id/4229073), ainsi que les informations sur tous les vols retour réalisés (https://www.mid.ru/ru/vyvoznye-rejsy). Ces informations sont mises à jour quotidiennement. Nous surveillons donc les changements dans la situation actuelle de la pandémie en temps réel, et mettons à disposition ces informations.

 

Sur le vol retour d'animaux domestiques depuis Shanghai

 

Je dois également dire que l'un des problèmes, l'un des thèmes les plus d'actualité pour nos citoyens, est celui non seulement de revenir chez eux, mais aussi de revenir avec leurs animaux domestiques. Si pour beaucoup cela ne paraît pas sérieux, nous avons vu au cours de ces quatre mois que c'était une question très palpitante au sens premier du terme. Je voudrais parler d'un cas qui a fait grand bruit. Ce 14 juillet a été organisé un vol retour Shanghai-Moscou assez extraordinaire, opéré par la compagnie Aeroflot. Un avion de fret spécial a été envoyé en Russie avec dix animaux domestiques, neuf chats et chiens, ainsi qu'un furet, pour retrouver leurs maîtres. Le public a suivi en retenant son souffle la réalisation de cette opération.

Je rappelle que plus tôt, le 4 juillet, un vol retour avait été organisé de l'aéroport international de Pudun pour les Russes bloqués en Chine, mais pour diverses raisons, notamment l'encombrement, tout le monde n'avait pas réussi à prendre ses animaux domestiques.

Il a été possible de rendre aux maîtres leurs amis à quatre pattes grâce aux efforts communs des projets de volontariat "Nous sommes ensemble" et "Nous n'abandonnons pas les nôtres", des activistes de différentes associations chinoises (notamment du Club russe de Shanghai) et, évidemment, des collaborateurs du groupe de transport de fret de la représentation d'Aeroflot. Nos diplomates, plus exactement le Consulat général de Russie à Shanghai, ont aidé à délivrer les documents nécessaires pour l'embarquement de passagers à quatre pattes.

Selon nos informations, au moment de la préparation de cette conférence, tous les animaux ont bien supporté le vol de neuf heures en soute chauffée et ont enfin été remis à leurs heureux propriétaires après un examen vétérinaire.

 

Sur la visite de Sabri Boukadoum, Ministre des Affaires étrangères de la République algérienne démocratique et populaire, en Fédération de Russie

 

Dans la continuité de l'entretien du dialogue sur l'agenda bilatéral et régional, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'entretiendra avec le Ministre algérien des Affaires étrangères Sabri Boukadoum mercredi 22 juillet à Moscou.

Vous le savez, notre pays est lié à l'Algérie par la Déclaration sur le partenariat stratégique de 2001. Cette dernière fixe des repères à long terme pour le travail conjoint. En presque vingt ans, nous avons réussi à renforcer significativement les fondations de la coopération.

Les liens mutuellement avantageux se développent avec succès dans le domaine commercial, économique, militaro-technique, scientifique et social. En 2019, les échanges entre nos pays ont atteint 3,4 milliards de dollars - c'est un chiffre très conséquent.

L'Algérie joue un rôle important dans la garantie de la stabilité régionale en Afrique du Nord. Ce pays apporte une contribution significative à la lutte contre le terrorisme dans la région du Sahara-Sahel, participe activement aux efforts internationaux pour l'entente nationale au Mali, possède un potentiel de médiation constructif dans le processus de paix libyen.

Nous partons du principe que les pourparlers à venir contribueront au renforcement de la coopération bilatérale multisectorielle.

 

Sur la visite à Moscou de Volkan Bozkir, élu à la présidence de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies

 

Volkan Bozkir (Turquie) se rendra en visite à Moscou du 22 au 23 juillet. Il a été élu à la présidence de la 75e session de l'Assemblée générale des Nations unies qui commence en septembre à New York.

Le jeudi 23 juillet, il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il est prévu d'évoquer l'agenda international de l'Onu, la hausse de l'efficacité du travail de l'Onu, ainsi que les modalités du déroulement de la prochaine session de l'Assemblée générale des Nations unies.

Pendant sa visite à Moscou, l'invité de marque rencontrera également la direction du Conseil de la Fédération de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie et de la Douma d’État de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Dans l'ensemble, nous considérons la situation sur le terrain en Syrie comme tendue. La situation la plus difficile est observée sur les territoires non contrôlés par Damas, notamment à Idleb et à l'Est de l'Euphrate.

Les militaires russes et turcs poursuivent leur travail à Idleb dans le cadre du Protocole additionnel du 5 mars. Les efforts principaux visent à mettre en place un "corridor de sécurité" le long de la route M-4 et des patrouilles conjointes régulières. Nous notons que le 7 juillet, il a été possible de débloquer entièrement cette route de Trumba jusqu'à Ain al-Hawr.

Néanmoins, les groupes terroristes actifs dans la zone de désescalade continuent d'opposer une forte résistance aux efforts russo-turcs et s'efforcent de déstabiliser la situation dans le Nord-Est de la Syrie. Sur le plan concret, les terroristes ont augmenté le nombre de tirs contre les positions des forces gouvernementales syriennes et les communes environnantes. De plus, ce 11 juillet, les terroristes ont tenté une nouvelle fois d'attaquer la base aérienne de Hmeimim avec deux drones d'attaque. Ce 14 juillet, une mine a explosé  sur l'itinéraire de la patrouille russo-turque près d'Arikha, faisant plusieurs blessés parmi les militaires. Bien évidemment, nous ne nous résignerons pas aux attaques des terroristes et nous nous y opposeront très fermement.

La situation à l'Est de l'Euphrate se caractérise par plusieurs facteurs dangereux: l'activation de Daech, l'impact déstabilisant de la présence illégale des États-Unis, la hausse des protestations de la population locale contre les oppressions des autorités kurdes et la détérioration de la situation humanitaire, notamment dans les camps de déplacés internes suite au refus d'accorder un accès humanitaire sans obstacles. Nous partons du principe que l'établissement de la sécurité et de la stabilité durable dans le Nord-Est et en Syrie dans l'ensemble ne sera possible qu'avec le rétablissement total de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du pays.

Coïncidence "étrange": dans les régions de la présence illégale des États-Unis non seulement les terroristes n'ont pas été éliminés, mais au contraire ils sont encouragés à agir. Il est rapporté que les Américains occupant la "zone de sécurité" autour d'al-Tanf entraînent et fournissent des armes aux combattants de groupes armés illégaux de Maghawir al-Thawra pour organiser des actes subversifs dans d'autres régions de la Syrie. Selon la presse, l'armée syrienne a récemment arrêté trois extrémistes qui ont reconnu avoir participé à la préparation d'attaques contre des sites russes et syriens sur ordre d'instructeurs américains.

La situation en Syrie s'aggrave notamment à cause de la détérioration des problèmes socioéconomiques, surtout dans le contexte de la prolongation et du durcissement des sanctions occidentales unilatérales, malgré l'appel du Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres à les assouplir au regard de la pandémie. Les adeptes de la pression par les sanctions ne cachent pas que leur but principal consiste à "étouffer" l'économie syrienne et à renforcer la souffrance des Syriens ordinaires afin de les inciter aux protestations sociales. Il est également dit ouvertement que les restrictions n'affecteront ni les régions non contrôlées par Damas ni l'opposition syrienne. Hormis les sanctions, des instruments humanitaires sont activement utilisés à des fins politiques. Les débats au Conseil de sécurité des Nations unies pour surmonter le mécanisme de fourniture transfrontalière d'aide humanitaire en Syrie l'ont clairement montré. Il est parfaitement évident que pour les représentants occidentaux, le plus important n'était pas d'apporter d'urgence une aide à ceux qui en avaient besoin, mais de réprimer la souveraineté de la Syrie et de saper l'unité du pays. De notre côté, nous déclarons de nouveau que la Russie prônait et prône la mobilisation de la contribution humanitaire internationale sur tout le territoire syrien sans discrimination, politisation ni conditions préalables en coordination avec le gouvernement syrien, comme le prévoient les normes du droit humanitaire international.

 

Sur la situation actuelle en Libye

 

La situation en Libye est très préoccupante. Même si aucune activité militaire de grande ampleur n'y a été constatée depuis un mois, la situation sur le terrain reste tendue. Selon certaines estimations, les belligérants libyens ont marqué une pause pour regrouper leurs forces et relancer la confrontation. Ce qui risque d'engendrer de nouvelles victimes parmi la population et de poursuivre la destruction de l'infrastructure socioéconomique.

La menace de l'internationalisation continue du conflit grandit. Suite à la demande du Gouvernement d'union nationale faite au gouvernement turc d'apporter son aide dans l'affrontement contre l'Armée nationale libyenne, la Chambre des députés siégeant dans l'Est du pays a pris récemment une décision qui autorise de facto l’implication des forces armées égyptiennes pour mener des activités du côté du maréchal Khalifa Haftar.

Nous appelons les belligérants libyens à empêcher une nouvelle escalade, à un cessez-le-feu immédiat et durable, et au lancement d'un dialogue politique inclusif basé sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et les décisions de la Conférence internationale de Berlin sur la Libye.

Nous partons du principe que la crise libyenne n'a pas de solution militaire. Tous les problèmes et les différends actuels doivent être réglés à la table des négociations. Nous l'avons directement dit au vice-Président du Gouvernement d'union nationale Ahmed Miitig et au Président de la Chambre des députés de la Libye Aguila Salah quand nous les avons accueillis à Moscou en juin et en juillet de cette année.

 

Sur le rapport du Ministère russe des Affaires étrangères au sujet du respect des droits de l'homme en Ukraine

 

Le Ministère russe des Affaires étrangères a rédigé un rapport sur la situation des droits de l'homme en Ukraine, qui a été publié sur son site officiel à cette adresse: https://www.mid.ru/web/guest/maps/ua/-/asset_publisher/ktn0ZLTvbbS3/content/id/4232144

Ce document reflète la situation négative dans ce domaine en Ukraine. On y constate des violations systémiques des libertés et des droits fondamentaux de l'homme. Les autorités ukrainiennes adoptent constamment des lois qui vont à l'encontre des normes de la législation nationale et des obligations internationales dans le domaine des droits de l'homme.

Sous le prétexte fallacieux de la nécessité de lutter contre l'"agression russe" et le "séparatisme" en Ukraine, les autorités persécutent les opposants politiques, les journalistes indépendants et les compagnies médiatiques, ainsi que les membres des associations jugées indésirables par les autorités. Ces faux prétextes justifient également les restrictions des droits des déplacés internes qui ont fui la zone du conflit intérieur dans le Sud-Est du pays, ainsi que les atteintes aux droits de la population russophone et des représentants des minorités nationales, notamment dans le secteur de l'éducation. Ces mêmes "arguments" servent à justifier les persécutions des prêtres et des fidèles de l’Église orthodoxe ukrainienne canonique, la campagne pour prendre de force les paroisses qui lui appartiennent. Ces derniers temps, on se réfère également au nouveau coronavirus pour justifier ces actions absolument odieuses.

Les autorités ukrainiennes mènent une politique ciblée visant à justifier et à glorifier les criminels nazis et leurs complices ukrainiens. Les interprétations déformées des événements historiques de l'époque, imposées par les autorités notamment dans le domaine de l'éducation, cherchent à inculquer un sentiment nationaliste auprès du grand public et notamment chez les jeunes générations.

Les organisations d'extrême-droite du pays font la propagande ouverte de la haine raciale, notamment de l'idéologie raciste, et suite à cette politique les personnes appartenant aux minorités ethniques ou nationales sont souvent confrontées à la discrimination et à la stigmatisation, et subissent des agressions physiques. Dans ce contexte, il n'est pas surprenant de constater une hausse significative du racisme, de la xénophobie, de l'antisémitisme, des actes de vandalisme envers les sites religieux et culturels. Il serait étrange que cela n'arrive pas après tant d'années de nationalisme radical absolument incontrôlable, ou, au contraire justement, contrôlé.

Les multiples problèmes qui existent en Ukraine sont régulièrement constatés par les structures de suivi internationales en matière de droits de l'homme, les organes conventionnels pour les droits de l'homme, des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme, ainsi que des ONG des droits de l'homme ukrainiennes et internationales. Toutes ces structures notent le caractère systémique des violations dans ce domaine et indiquent avec inquiétude que les problèmes identifiés nécessitent que les autorités s'y penchent de très près et entreprennent de sérieux efforts pour les régler.

Malheureusement, rien n'indique pour l'instant que les autorités ukrainiennes ont l'intention et la capacité de s'occuper du redressement de cette situation assez laide.

 

Sur le renforcement de l'aide militaire américaine au profit de l'Ukraine

 

Nous avons remarqué que les États-Unis augmentaient continuellement leur aide militaire à l'Ukraine. Le projet de budget américain pour la défense prévoit en 2021 250 millions de dollars à ces fins, dont la moitié servira directement à la fourniture d'armements. Il est également prévu d'élaborer un programme d'aide globale au développement des forces armées ukrainiennes.

Il est évident que les États-Unis sont disposés à octroyer à l'Ukraine le statut de partenaire de l'Otan avec des capacités élargies (la décision a été prise le 12 juin dernier) pour renforcer son influence sur le secteur de la défense du pays. Washington a toujours activement poussé Kiev à réformer ses forces armées et à passer aux normes otaniennes de l'industrie de l'armement.

En apportant ainsi un soutien au "parti de la guerre" de Kiev, les États-Unis encouragent de facto la ligne des autorités ukrainiennes visant à saboter les Accords de Minsk et à poursuivre les activités militaires dans le Donbass. Cela permet d'alimenter le mythe selon lequel il serait nécessaire de protéger l'Ukraine contre une prétendue "menace russe", de justifier le gonflement militaire du flanc Est de l'Otan et, évidemment, de régler leurs propres problèmes matériels compte tenu des moyens alloués à l'Ukraine parallèlement à l'adoption des normes otaniennes dans le secteur de l'armement.

 

Sur la reprise du dialogue entre Belgrade et Pristina

 

Nous soutenons les efforts du Président serbe Aleksandar Vucic visant à régler pacifiquement le problème kosovar, notamment dans le cadre d'un dialogue entre Belgrade et Pristina. Nous partons du principe que l'Union européenne, qui joue le rôle de médiateur dans ce processus sur décision de l'Assemblée générale des Nations unies, remplira consciencieusement ses fonctions en exigeant la mise en œuvre des accords déjà conclus par les deux camps. La formation de la Communauté des municipalités serbes du Kosovo (CMSK) revêt une importance primordiale, ce qui garantira les conditions pour la survie de la population serbe du territoire. Nous constatons avec regret que les autorités de Pristina sabotent depuis plus de sept ans leurs engagements de créer la CMSK.

C'est sous cet angle que nous voyons la reprise du dialogue entre les deux parties en visioconférence ce 12 juillet, ainsi que la rencontre en personne entre les participants à Bruxelles prévue aujourd'hui. Nous rappelons que cela a été rendu possible après l'annulation des mesures commerciales discriminatoires antiserbes décrétées par les autorités kosovares pendant plus d'un an et demi, comme nous l'avions indiqué à plusieurs reprises.

Je voudrais souligner que la position russe par rapport au Kosovo reste inchangée. Nous prônons une solution viable et mutuellement acceptable pour Belgrade et Pristina basée sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle doit avant tout être conforme au droit international et recevoir l'approbation du Conseil de sécurité des Nations unies, tenir compte des intérêts du peuple de la Serbie.

 

Sur la déclaration du Département d’État américain concernant les sanctions contre des projets gaziers russes

 

Nous notons que Washington, avec une obstination surprenante, continue de prouver au monde ce qui est devenu un axiome: le fait qu'hormis les sanctions, les États-Unis n'ont plus d'autres arguments à l'ordre du jour international. Les tentatives de pression visent très souvent tout ce qui est associé à la Russie, littéralement, ce n'est pas nouveau. Les alliés des USA en Europe ne sont pas épargnés. Cette fois, le chef du Département d’État américain en personne a annoncé des changements dans les explications publiées par son département concernant l'application de l'article 232 de la loi de 2017 sur la lutte contre les adversaires de l'Amérique par les sanctions. Désormais, a expliqué le Département d’État américain, cette loi sera également étendue aux projets de gazoduc, notamment le Nord Stream 2 et la seconde ligne du Turkish Stream. Il a également menacé d'engager des mesures de répression si les "transgresseurs" y participaient tout de même.

Plus je regarde les interviews du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo ces derniers temps sur de tels sujets, plus j'ai l'impression de regarder un film datant de la Guerre froide.

Il est de notoriété publique que, dans les cas mentionnés, il s'agit de projets purement commerciaux. Nous et nos partenaires européens l'avons dit plusieurs fois aux Américains - chiffres, faits et calculs en mains.

On se demande donc logiquement: est-ce que le Département d’État américain a lu cette fameuse loi et l'article 232 en question? Nous l'avons lu. Comme nous l'avons fait plusieurs fois quand nous parlions depuis cette tribune aux partenaires américains des accords internationaux et des lois nationales auxquels ils se référaient. Faisons-le encore.

L'article 232, mentionné par le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo, stipule que le Président américain peut décréter des sanctions uniquement "en accord avec les alliés". On se demande si ces décisions ont été convenues avec quelqu'un. Avec Berlin, peut-être, même si je pense que tout le monde a exprimé son attitude négative par rapport aux sanctions américaines hypothétiques contre des compagnies allemandes. Nous reviendrons sur la réaction de Berlin aujourd'hui.

Je voudrais encore une fois poser cette question: ont-ils lu jusqu'au bout la loi à laquelle se réfèrent le Département d’État américain et son chef?

Une chose est sûre: les États-Unis poursuivent leurs propres intérêts économiques conjoncturels, aspirent à s'affirmer en Europe en tant que fournisseur d'hydrocarbures. Tous les moyens sont bons. Il n'y a rien que Washington n'ait encore utilisé pour y parvenir. Sachant qu'il savait que son gaz coûteux ne pourrait être acheté que de force. Afin de persuader qu'il avait "raison", les autorités américaines ont fait tout ce qui était imaginable, notamment en recourant à la formule cliché sur la nécessité de protéger leurs amis européens contre la "Russie agressive". C'est notre citation préférée. Je voudrais souligner encore une fois que des déclarations aussi brutales du Secrétaire d’État sont inadmissibles. S'il vous plaît, relisez encore une fois l'article 232.

Maintenant, parlons de la réaction de Berlin. "Les États-Unis négligent le droit et la souveraineté de l'Europe en menaçant de sanctions le projet Nord Stream 2. L'Allemagne juge nécessaire d'élaborer une approche commune de la politique de sanctions contre la Russie, ce que les actions de Washington compliquent", a déclaré le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas. "Par sa déclaration sur les sanctions qui menacent également les entreprises européennes, le gouvernement américain néglige le droit et la souveraineté de l'Europe de décider elle-même comment et d'où nous recevons l'énergie. La politique énergétique européenne se décide en Europe, pas à Washington. Nous rejetons les sanctions extraterritoriales", stipule le communiqué du Ministère des Affaires étrangères allemand.

Impossible de contester cette phrase. Mais il y a un "mais": le problème est qu'elle a été prononcée seulement maintenant, et qu'il aurait fallu recourir à ces thèses plus tôt.

 

Sur la nouvelle extension de la liste des sanctions du Trésor américain

 

Nous regrettons la décision du Trésor américain du 15 juillet d'inscrire sur sa liste de sanctions dans le contexte soudanais trois citoyens russes, ainsi que cinq compagnies.

Nous avons déjà exprimé plusieurs fois notre position à ce sujet. Les affirmations concernant la "main du Kremlin" dans différentes régions du monde sont de la paranoïa américaine. En ce qui concerne les sanctions, elles ne font qu'ajouter du négatif dans les relations déjà difficiles entre nos pays.

 

Sur la réduction du contingent américain en Afghanistan

 

Nous avons remarqué la déclaration du porte-parole du Pentagone Jonathan Hoffman concernant la réduction du contingent américain en Afghanistan jusqu'au niveau prévu par l'accord de paix entre Washington et les talibans, ainsi que sur la remise de cinq bases aux forces nationales de sécurité de l'Afghanistan.

Nous saluons l'accomplissement par les autorités américaines des engagements dans le cadre de l'accord de Doha et appelons les États-Unis, les talibans et Kaboul à mettre en œuvre les autres accords dans le cadre du processus de paix en Afghanistan, notamment en ce qui concerne la fin de l'échange de prisonniers et le début des négociations interafghanes directes.

Nous sommes certains que le retrait total des forces étrangères d'Afghanistan et le dialogue interafghan inclusif direct avec la contribution des partenaires internationaux permettront de mettre un terme à la guerre sanglante qui dure depuis des années et contribueront à l'établissement d'une paix durable sur le sol afghan.

 

Sur la pratique de la peine de mort aux Etats-Unis

 

Notre attention a été attirée par la décision des autorités fédérales américaines de rétablir, après 17 ans de moratoire, l'application de la peine de mort. Nous sommes convaincus que cette démarche, couplée au maintien de la peine capitale dans plusieurs États, est contraire aux engagements des États-Unis dans le domaine des droits de l'homme. Cette pratique est inadmissible car l'usage d'injections mortelles viole l'interdiction par le droit international de la torture et d'autres traitements et punitions violentes, inhumaines et portant atteinte à la dignité. Compte tenu du risque élevé d'erreurs judiciaires et d'infractions procédurales, l'application de la peine capitale prive les condamnés du droit à un procès équitable.

Nous sommes également préoccupés par le recours à une application disproportionnée de la peine capitale aux États-Unis envers une certaine catégorie d'individus (avant tout en fonction de critères raciaux). Cette pratique sape les garanties d'égalité de tous devant la loi et la justice, et témoigne d'une discrimination des condamnés en violation des normes du droit international dans le domaine de la protection des droits et des libertés de l'homme.

La politique des États-Unis, qui se font passer pour des "leaders du monde démocratique", ne correspond pas aux normes internationales reconnues dans le domaine du traitement humain des condamnés. Les autorités américaines violent les droits non seulement de leurs propres citoyens, mais également des étrangers condamnés à la peine de mort. Ils sont souvent privés de garanties procédurales et d'aide, car les autorités américaines ne tiennent pas leurs engagements dans le cadre de la Convention de Vienne sur les relations consulaires de 1963 d'avertir en temps utile les consulats des pays d'origine des détenus. Il est regrettable qu'après avoir perdu les affaires LaGrand et Avena à la Cour internationale de l'Onu, les États-Unis se sont retirés de l'accord sur la juridiction obligatoire

Le gouvernement du Royaume-Uni a déclaré, en la personne de son Ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, qu'il ne voyait pas de preuves de "vaste ingérence" de la Russie dans les législatives britanniques de 2019, tout en qualifiant d'inadmissibles les tentatives de ce genre.

Dominic Raab a également parlé d'une certaine enquête pénale: "Une enquête pénale est en cours, et à l'étape actuelle il serait inapproprié pour nous d'ajouter du principal organe judiciaire de l'Onu concernant les litiges qui surviennent dans l'interprétation et l'application de la Convention de Vienne, ce qui affecte négativement le niveau de protection juridique des détenus étrangers dans les prisons américaines.

Nous appelons les autorités américaines à s'abstenir d'appliquer la peine capitale au niveau fédéral, à mettre un terme à cette pratique qui ne correspond pas aux normes actuelles des droits de l'homme dans les États où elle est légalisée et à remplir de bonne foi les engagements dans le cadre de la Convention de Vienne sur les relations consulaires.

 

Sur la déclaration du gouvernement britannique concernant une prétendue "ingérence russe" dans les élections de 2019

 

Le gouvernement du Royaume-Uni a déclaré, en la personne de son Ministre des Affaires étrangères Dominic Raab, qu'il ne voyait pas de preuves de "vaste ingérence" de la Russie dans les législatives britanniques de 2019, tout en qualifiant d'inadmissibles les tentatives de ce genre.

Dominic Raab a également parlé d'une certaine enquête pénale: "Une enquête pénale est en cours, et à l'étape actuelle il serait inapproprié pour nous d'ajouter quelque chose."

Cette déclaration est si floue et contradictoire qu'il est pratiquement impossible de la comprendre. S'il est inapproprié d'en parler, alors n'en parlez pas. Si vous parlez, apportez des preuves.

Voyons de quoi il s'agit. D'un côté, il n'y a pas de preuves, de l'autre, on parle de représailles éventuelles. Ce sont des choses qui s'excluent mutuellement. Cela donne l'impression qu'un nouveau cycle de la tactique "highly likely" commence.

J'ai regardé l'original. Visiblement, en analysant l'expérience des années précédentes, le gouvernement britannique a conclu à juste titre qu'il était inutile de continuer d'utiliser le terme "highly likely". C'est pourquoi ils ont utilisé un autre terme. Le gouvernement britannique nous a apporté aujourd'hui une nouvelle perle: "presque exactement". Ce "presque exactement" remplace "highly likely", mais la tactique est la même.

 

Sur les nominations à la tête des structures exécutives de l'OSCE

 

Samedi 18 juillet expirent les mandats du Secrétaire général de l'OSCE Thomas Greminger, de la Directrice du Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'homme Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, du Haut-Commissaire pour les minorités nationales Lamberto Zannier, et du Représentant pour la liberté des médias Harlem Désir. La Fédération de Russie ne s'opposait pas à la prolongation de leur mandat de trois ans.

Mais aucun consensus n'a été trouvé. Plusieurs pays étaient préoccupés par les questions à l'ordre du jour et ont exprimé des reproches vis-à-vis du travail de ces structures exécutives, reflétant les phénomènes de crise au sein de l'Organisation. Au final, la présidence en exercice albanaise de l'OSCE a annoncé un appel à candidatures pour ces postes dont la date limite pour postuler est le 18 septembre 2020. La nomination devrait avoir lieu pendant le CMAE de l'OSCE à Tirana les 3 et 4 décembre 2020.

Ces dernières années, la Russie a attiré plusieurs fois l'attention sur les lacunes systémiques dans le fonctionnement de l'OSCE, sur les déséquilibres géographiques et thématiques, sur l'absence de prise en compte effective de tout l'éventail des avis des États parties.

Cette nouvelle situation dans laquelle le Secrétariat et les institutions de l'OSCE restent sans direction à part entière confirme la nécessité de longue date d'une profonde réforme de l'Organisation, notamment l'élaboration de sa Charte (document constituant), des règles de travail des structures exécutives, de l'amélioration de l'efficacité de la préparation des consultations et des conférences multilatérales, etc. Nous espérons que la crise institutionnelle actuelle au sein de l'OSCE servira de motivation nécessaire pour un travail objectif en ce sens.

Nous jugeons indispensable que dans le choix des cadres pour occuper les postes de direction qui seront vacants au sein de l'OSCE soit corrigée la situation inadmissible dans laquelle, durant toutes les années de l'existence de l’organisation, il n'y a eu aucun représentant des pays de la CEI aux postes en question. C'est contraire aux principes fondamentaux du travail de l'OSCE, à ses normes procédurales et aux principes fixant l'égalité de tous les États parties.

Nous avons envoyé aujourd'hui une lettre au représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir, avec lequel nous avons coopéré avec succès depuis plusieurs années. Nous tenons en grande estime cette coopération. Elle ne s'est pas déroulée sans problèmes mais a été constructive. Je voudrais rappeler l'événement important qu'a été la Conférence pour la liberté des médias et la sécurité des journalistes qui s'est tenue à Moscou, à laquelle la Russie et l'OSCE ont directement participé en tant que coorganisateurs. C'est une lettre d'adieu à l'étape actuelle mais, qui sait, nous pourrions poursuivre une coopération avec Harlem Désir à l'avenir. Nous suivrons son sort étant donné qu'au cours de ces années il est devenu un véritable professionnel dans le domaine qui lui a été confié. Nous comptons sur la poursuite de la coopération.

 

Sur l'inauguration en Estonie d'une chapelle orthodoxe sur la sépulture de soldats de l'Armée rouge

 

Mardi 14 juillet, dans la ville estonienne de Maardu, s'est déroulée l'inauguration solennelle d'une chapelle orthodoxe érigée sur la sépulture de soldats de l'Armée rouge tombés en libérant ces territoires des occupants fascistes. Les fonds pour sa construction ont été réunis, sans exagération, dans le monde entier. Les habitants estoniens ont pris cette idée avec enthousiasme. La somme nécessaire pour la construction a été réunie dans un délai record, il a fallu moins d'un an pour que la nouvelle chapelle de Saint Georges ouvre ses portes aux paroissiens.

Des diplomates haut placés de Russie, de Biélorussie, du Kazakhstan, le maire de Maardu Vladimir Arkhipov, le maire adjoint de Tallinn Vadim Belobrovtsev, ainsi que des activistes d'organisations de vétérans ont participé à la cérémonie solennelle d'ouverture. La chapelle a été bénie par le métropolite de Tallinn et de toute l'Estonie Eugène.

 

Sur le 55e anniversaire de l'établissement des relations diplomatique entre la Russie et la République de Gambie

 

Ce vendredi 17 juillet sera célébré le 55e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Russie et la République de Gambie. A cette occasion, il a été convenu d'échanger des vœux au niveau des chefs de la diplomatie des deux pays.

Les liens russo-gambiens amicaux se construisent immuablement sur la base des principes d'équité et de respect réciproque. A l'heure actuelle, des initiatives sont engagées afin de mieux dévoiler le potentiel de la coopération bilatérale dans le domaine politique, commercial, économique et social.

Le peuple gambien a vécu une période difficile de libération de la dépendance coloniale, de mise en place de la structure étatique et d'acquisition d'une véritable souveraineté. Les Portugais ont été les premiers au XVe siècle, parmi les Européens, à s'installer sur le territoire de la Gambie, au XVIIe siècle c'est l'Empire britannique qui a établi sa domination. En 1963, la Gambie a obtenu une autonomie totale, et le 18 février 1956 est entrée en vigueur la Constitution de la Gambie indépendante.

Aujourd'hui, la République de Gambie avance sur la voie du développement économique et du progrès. Nous soutenons immuablement la disposition du gouvernement gambien à élargir l'ensemble des relations avec la Russie, nous sommes prêts à poursuivre une coopération mutuellement avantageuse. Nous profitons de cette occasion pour féliciter le peuple de la Gambie pour le 55e anniversaire des relations russo-gambiennes et lui souhaiter réussite, paix, prospérité et bien-être.

 

Réponses aux questions:

Question: Une réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l'Azerbaïdjan et de l'Arménie, ou à d'autres niveaux, est-elle envisageable dans le contexte de l'escalade à la frontière azerbaïdjano-arménienne? Est-ce que les belligérants se sont adressés à la Russie pour demander de régler la situation? Quels efforts sont entrepris? Comment le Ministère russe des Affaires étrangères décrit-il la situation actuelle?

Réponse: La déclaration du Ministère russe des Affaires étrangères et les communiqués de presse concernant les entretiens téléphoniques de Sergueï Lavrov avec le Ministre arménien des Affaires étrangères Zohrab Mnatsakanian et le Ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères Elmar Mamediarov, publiés sur le site officiel du Ministère le 13 juillet, ainsi que la déclaration des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE, appellent les parties à prendre les mesures nécessaires afin d'empêcher l'escalade et à reprendre au plus vite des négociations substantielles.

Si des informations apparaissaient sur d'éventuelles rencontres du Ministre avec ses homologues, nous les transmettrions en temps voulu aux médias. Je ne dispose pas de telles informations pour l'instant.

Le Ministère des Affaires étrangères et le Ministère russe de la Défense travaillent avec les parties azerbaïdjanaise et arménienne afin d'empêcher l'escalade de la situation et de la normaliser.

Question: L'article 9 de la Déclaration soviéto-japonaise de 1956 stipule que l'URSS accepte de remettre au Japon les îles Habomai et l'île Shikotan, et que ces îles seront transmises au Japon après la signature factuelle du traité de paix entre l'URSS et le Japon. Parmi les amendements récemment approuvés par référendum et officiellement inscrits dans la Constitution russe, l'un d'eux interdit les actions visant à aliéner les territoires de la Russie à l'exception de la délimitation, de la démarcation et de la redémarcation de la frontière nationale russe avec les États voisins. Ces exceptions s'appliquent-elles à la Déclaration soviéto-japonaise de 1956?

Réponse: Je voudrais dire avant tout que ni la démarcation ni la délimitation des frontières n'ont quelque chose à voir avec les négociations sur un traité de paix avec le Japon.

Dans le dialogue avec Tokyo, nous nous basons toujours sur le principe d'immuabilité de nos frontières et soulignons la nécessité pour le Japon de reconnaître les résultats de la Seconde Guerre mondiale à part entière, notamment l'appartenance légitime des Kouriles du Sud à la Fédération de Russie. Il ne peut y avoir aucun changement, simplement, désormais, cela est clairement reflété dans la Constitution de la Fédération de Russie.

A nos yeux l'objectif des négociations consiste à signer un document fondamental qui serait plus large qu'un simple traité de paix. Nous faisons allusion à un traité de paix, d'amitié, de bon voisinage et de coopération, qui constituerait une base juridique contemporaine solide pour faire passer les relations entre nos pays au niveau supérieur.

Question: Le mois dernier, une compagnie allemande spécialisée dans les services de paiement électronique a fait faillite après un scandale de fraude. Nous savons que le directeur des opérations de la compagnie a montré aux traders de Londres des documents qui auraient "fuité" de l'OIAC concernant l'empoisonnement par une substance neuroparalytique de Sergueï et de Ioulia Skripal à Salisbury en 2018 et d'autres personnes dans la ville voisine d'Amesbury, qui ont été également touchées par une substance neuroparalytique à la même période. Il n'a pas expliqué aux traders comment il avait mis la main sur ces documents. Un ancien chef d'un régiment britannique d'armement chimique et biologique a déclaré au Financial Times qu'il aurait pu obtenir ces documents "suite à une fuite de Russie" qui, selon lui, "a organisé une grande campagne de désinformation afin de discréditer l'enquête au Royaume-Uni et de saper la confiance en l'OIAC". Que pouvez-vous dire au sujet de ces déclarations?

Réponse: La question contient beaucoup d'information. Elle est révélatrice. Je voudrais répondre à cela que nous ignorons ce que la police irlandaise a découvert concrètement pendant la perquisition au bureau de Dublin de la compagnie allemande en faillite. Comme cela a été mentionné, cette société était spécialisée dans les services de paiement électronique et n'avait certainement rien à avoir avec l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

En ce qui concerne le rôle de l'OIAC vis-à-vis de "l'incident de Salisbury", il ne faut pas oublier que depuis le début les autorités britanniques ont rejeté notre proposition d'organiser des consultations sur "l'affaire Skripal" conformément au paragraphe 2 de l'article IX de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) et de lever toutes les préoccupations fictives. C'est pourquoi l'OIAC s'est limitée à une contribution purement technique dans le cadre du paragraphe 38 e) de l'article VIII de la CIAC. A la demande du Royaume-Uni, les spécialistes du Secrétariat technique de l'Organisation ont simplement confirmé la présence dans les échantillons obtenus de produits chimiques assimilés au Novitchok.

Aucun spécialiste n'est capable de déterminer l'origine géographique des substances chimiques découvertes. C'est pourquoi nous ne comprenons vraiment pas les arguments de ceux qui ont soudainement admis la présence d'une prétendue "trace russe" dans cette histoire très douteuse. Ces fantaisies (c'est ainsi qu'il faut les qualifier) doivent être perçues dans le contexte de la tactique d'accusation de la Russie choisie par Londres dans le style bien connu du "highly likely" (qui passe aujourd'hui au niveau supérieur avec l'expression "presque exactement").

Dans l'ensemble, il semble utile de demander des explications à ce sujet de la part des auteurs de cette intox russophobe. De toute évidence, cela a été fait simplement pour "maintenir à flot" toute l'histoire fabriquée sur "l'affaire Skripal". Pourquoi Londres repart pour un tour? C'est une grande question (dont la réponse semble évidente compte tenu des déclarations actuelles et de l'intérêt "fortuit" du Financial Times pour ce thème).

Question: Que pouvez-vous dire du fait que la Syrie se prépare au déroulement des élections législatives le 19 juillet? Quelle est l'importance de ces élections pour le règlement de la crise dans le pays? Que pense la Russie des élections à venir dans un contexte où les États-Unis ont durci la pression économique sur la Syrie en adoptant la loi César?

Réponse: Nous savons que les législatives vont se dérouler en Syrie. Il est important qu'en Syrie toutes les structures de pouvoir, législatives et exécutives,  fonctionnent normalement. C'est important pour maintenir la stabilité et empêcher un scénario libyen.

Nous trouvons important d'organiser des élections conformément à la Constitution en vigueur. Tous les autres commentaires devront être fournis à leur issue.

Question: La commission provisoire du Conseil de la Fédération pour la politique de l'information et l'interaction avec les médias a appelé ce 13 juillet le Ministère russe des Affaires étrangères et d'autres organes du pouvoir exécutif de notre pays, dans le cadre de ses compétences, à adopter des contremesures politiques et autres contre les autorités de la Lituanie, de la Lettonie et de l'Estonie pour leurs actions illégales envers les médias russes. Est-ce que les mesures du gouvernement russe peuvent être suffisamment dures pour faire passer l'envie aux autorités des républiques baltes d'avoir une attitude insolente envers la Russie? Y aura-t-il des sanctions économiques?

Réponse: Nous parlons des médias. Le Ministère des Affaires étrangères examine actuellement cette requête pour élaborer des propositions de mesures à prendre.

Question: Un article conjoint du député lituanien Emanuelis Zingeris et de la présidente de la communauté juive lituanienne Faina Kukljanski a été publié récemment sur le thème de la Seconde Guerre mondiale. Il déforme les faits sur l'histoire de la Lituanie datant de la Grande Guerre patriotique, mentionnés dans l'article du Président russe Vladimir Poutine. Que pouvez-vous dire au sujet de cette publication?

Réponse: Malheureusement, cette publication s'inscrit entièrement dans la ligne de politique russophobe menée ces dernières années par le gouvernement lituanien pour tenter de blanchir les complices lituaniens des nazis et des membres de bandes après la guerre, responsables de massacres de la population civile - les "Frères de la forêt" - et imposer une idéologie correspondante dans la société. De plus, les auteurs ont passé sous silence toutes les informations inconfortables concernant la taille de la communauté juive lituanienne et les raisons réelles de son changement pendant la guerre. Ils ont complètement omis le fait que pendant l'occupation du pays par l'Allemagne hitlérienne les nazis et leurs complices lituaniens ont éradiqué presque 95% de la communauté juive lituanienne. Ils ont également ignoré l'avis des experts du Mémorial de l'histoire de l'Holocauste de Yad Vashem concernant la réaction positive des Juifs lituaniens à l'adhésion à l'URSS et bien d'autres faits historiques.

En même temps, la réaction de différents représentants de la communauté juive lituanienne à cette publication indique qu'elle reflète l'avis de quelques individus qui tentent maladroitement de le faire passer pour l'avis de toute la minorité nationale du pays.

Par ailleurs, les manifestations de néonazisme (c'est flagrant, les faits le prouvent) et d'antisémitisme continuent de monter en puissance. En particulier, les médias rapportent plusieurs incidents qui ont eu lieu fin juin: le 23 juin, des radicaux ont envoyé des menaces au rédacteur du site musuzidai.lt Yakov Finkel, le 26 juin ont été profanés des sites religieux juifs à Vilnius, et le 29 juin la même chose est arrivée à Kaunas.

Des informations détaillées sur les manifestations de néonazisme, d'antisémitisme et de discrimination raciale en Lituanie sont citées dans le nouveau rapport du Ministère russe des Affaires étrangères consacré à la situation en Lituanie concernant la glorification du nazisme, la prolifération du néonazisme et d'autres pratiques qui contribuent à l'escalade de formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée. Ce document est accessible au grand public sur la page officielle du Ministère russe des Affaires étrangères. Il met en avant les efforts du gouvernement lituanien visant à falsifier l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et à imposer une vision infondée des événements, à accuser l'URSS et de l'Armée rouge de la libération des pays baltes des nazis, ainsi qu'à poursuivre des activistes civils antifascistes.

Nous suggérons aux auteurs lituaniens de cet article sur la Seconde Guerre mondiale de prendre connaissance des faits exposés dans le rapport du Ministère russe des Affaires étrangères au lieu de déployer des efforts peu convaincants pour déformer ces pages tragiques de l'histoire.

Question: Des médias ont rapporté que les autorités de Sitka ont décidé de déplacer le monument au gouverneur des colonies russes de l'Alaska Alexandre Baranov du parc municipal dans un musée où il sera présenté dans le contexte historique. Que pensez-vous de cette décision des autorités municipales? Êtes-vous d'accord avec la thèse mentionnée dans la résolution sur le déplacement du monument qu'Alexandre Baranov "supervisait directement l'asservissement des peuples Tlingits et Aléoutes", et que ces actions "causent à ce jour la douleur des peuples autochtones". Comptez-vous négocier un éventuel rapatriement du monument en Russie?

Réponse: Nous avons appris avec regret la récente décision des autorités municipales de Sitka de déplacer le monument d'Alexandre Baranov érigé en 1989 du parc municipal dans un musée. Il est évident qu'elle a été prise dans une atmosphère émotionnelle tendue sur la vague de la campagne de démantèlement des monuments aux Etats-Unis.

Nous savons que de nombreux Américains ont prôné le maintien de la sculpture à son endroit et dans l'ensemble ont beaucoup de respect pour notre patrimoine historique commun et le rôle de la Russie dans la conquête de l'Alaska. Bien sûr, il est incorrect et injuste de nier l'immense contribution constructive d'Alexandre Baranov conduisant à la construction de plus de 200 colonies, dont la capitale de l'Amérique russe Novoarkhanguelsk, rebaptisée ensuite en Sitka, avec la construction d'écoles, de bibliothèques et d'hôpitaux.

Il convient de rappeler qu'en 2004 déjà s'est tenue une cérémonie symbolique de réconciliation avec la participation de descendants du pionnier russe et de la tribu amérindienne de Tlingits. Les représentants de la communauté russophone de l'Amérique ont activement tenté de mener une discussion constructive autour du monument. Les pétitions du Conseil de coordination des organisations des compatriotes russes aux Etats-Unis et du Congrès des Américains russes ont réuni près de 6.000 signatures.

La situation a également suscité un écho dans notre pays. Des propositions ont même été exprimées concernant le rapatriement du monument en Russie, cependant les autorités de Sitka ont décidé de le laisser dans la ville en le plaçant dans un musée. De notre côté, nous continuerons de suivre le sort du monument.

Dans l'ensemble nous partons du principe que l'histoire commune doit faire l'objet d'un dialogue dans le respect mutuel et rapprocher les peuples de la Russie et des Etats-Unis, et non se politiser à des fins conjoncturelles.

Je voudrais également attirer encore une fois votre attention sur les commentaires de l'Ambassadeur de Russie aux Etats-Unis Anatoli Antonov à ce sujet.

Question: Ces derniers mois, le Ministère russe des Affaires étrangères a assumé la mission de rapatriement des citoyens russes d'autres pays. Cela a demandé beaucoup d'efforts de la part de missions diplomatiques russes dans d'autres pays et dans l'ensemble du gouvernement. A l'heure actuelle, nous savons que la Russie pourrait relancer les vols internationaux, ce qui signifie que les citoyens russes pourront de nouveau voyager à l'étranger. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Nous ne faisions pas du "rapatriement". Nous apportions une contribution au retour de citoyens russes qui comptaient le faire de manière traditionnelle mais, au vu du lockdown mondial, ne pouvaient pas le faire. Cela ne concerne pas seulement le Ministère des Affaires étrangères, mais également le travail de toute l'équipe sous l'égide du gouvernement russe, du Centre opérationnel, mené par plusieurs institutions russes et nos établissements diplomatiques à travers le monde.

En ce qui concerne ce que vous avez écrit sur la reprise des vols internationaux, des vols réguliers de compagnies russes, cette question est évoquée actuellement au format interministériel. La décision sera prise au niveau du gouvernement de notre pays.

 

 

 

 

 

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