9 juillet 202019:10

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 9 juillet 2020

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Point de situation sur le coronavirus

 

Nous commençons notre conférence de presse, qui se déroule toujours à distance, par la situation actuelle liée au coronavirus dans le monde. Les dernières informations sur la propagation du coronavirus à travers notre planète indiquent qu'on ne parvient pas encore à renverser la tendance à la hausse du nombre de personnes infectées, et à atteindre un plateau stable. Le nombre de personnes contaminées dans le monde approche de la barre des 12 millions de personnes. Dans plusieurs pays où l'on observe une dynamique positive générale d'affaiblissement du virus, on assiste à l'apparition d'une seconde vague de foyers locaux d'épidémie.

La particularité de cette situation est que l'infection n'épargne personne, qu'elle se propage partout et pénètre même dans des régions pratiquement isolées de la civilisation contemporaine.

La direction de l'OMS continue de mettre en garde la communauté internationale en déclarant que le virus n'est toujours pas vaincu, qu'il se répand activement sur la planète et que la situation nécessite la plus grande prudence, la consolidation des États, l'entraide et la coopération.

 

Sur l'aide accordée au Kazakhstan dans la lutte contre le coronavirus et l'acheminement d'aide humanitaire

 

La Fédération de Russie apporte une aide diversifiée au Kazakhstan dans la lutte contre le coronavirus, notamment au niveau des autorités régionales.

Ainsi, conformément au décret du gouvernement russe du 4 juillet, un avion du Ministère russe des Situations d'urgence a acheminé ce 7 juillet à Noursoultan le premier chargement d'aide humanitaire (des tenues spéciales, des moyens de protection individuelle et des médicaments). Un autre vol du Ministère russe des Situations d'urgence décolle aujourd'hui, le 9 juillet. La valeur totale de cette cargaison humanitaire s'élève à 150 millions de roubles (environ 1,9 millions d'euros).

Le 6 juillet, un avion du Ministère russe des Situations d'urgence a envoyé à Noursoultan une brigade de 32 médecins et personnels médicaux pour mettre en place le système de surveillance épidémiologique et de diagnostic de laboratoire. Le jour même, le gouvernement de Moscou a envoyé une équipe de 23 spécialistes russes (infectiologistes, épidémiologistes, anesthésiologistes, pneumologues) à Almaty.

Récemment, le gouverneur de la région d'Astrakhan a décidé d'envoyer une brigade de médecins à Atyraou pour prêter assistance aux collègues kazakhs dans la lutte contre la pandémie.

Depuis février 2020, nous avons transmis gratuitement au Kazakhstan 18.000 tests et 44.000 agents réactifs pour diagnostiquer le coronavirus. Dans les jours à venir, compte tenu de la détérioration de la situation épidémiologique dans la république, nous enverrons 50.000 tests et agents réactifs supplémentaires.

Le Kazakhstan bénéficie également d'une aide au niveau des ONG russes. Plus de 100.000 masques, 20.000 paires de gants, des thermomètres, des antiseptiques et bien d'autres - voici la liste non exhaustive de l'aide qui sera apportée en juillet par les représentants russes du secteur civil aux régions du Kazakhstan.

A cette action participeront des ONG de Moscou, d'Ekaterinbourg, d'Oufa, de Saratov, d'Astrakhan, de Novossibirsk, d'Orenbourg et de Kazan. Le premier chargement d'aide humanitaire sera envoyé ce 15 juillet à Kostanaï par le club d'experts Oural-Eurasie (Ekaterinbourg).

Puis cette action s'étendra à Petropavlovsk, Kokchetaou, Ouralsk, Atyraou, Noursoultan et Almaty.

Cette initiative sociale dans l'esprit des traditions de bon voisinage et d'entraide apportera une contribution supplémentaire à l'aide russe au Kazakhstan dans la lutte contre le Covid-19.

De plus, en mai-juin 2020, le Ministère russe de la Santé et Rospotrebnadzor ont organisé les premiers cycles de conférences et de webinaires éducatifs pour les spécialistes kazakhs portant sur le diagnostic, les soins et la prévention du nouveau coronavirus.

 

Sur la situation liée au rapatriement des citoyens russes

 

Je voudrais aborder un thème qui nous concerne directement, à savoir le rapatriement des citoyens russes. Nous faisons traditionnellement le bilan de la dernière période de contribution au rapatriement des citoyens russes qui se sont retrouvés dans une situation difficile à l'étranger à cause de la pandémie de coronavirus. Depuis le lancement de l'algorithme concerné, le nombre de compatriotes rapatriés a atteint presque 52.000 personnes, dont plus de 41.000 sont revenues par des vols de compagnies russes, et les autres avec des compagnies étrangères ou des vols charters affrétés mais également avec la contribution des structures publiques russes.

La semaine dernière, nous avons achevé avec succès la campagne de rapatriement des pays d'Amérique latine. Un vol d'Azur Air a permis de rapatrier 264 personnes de Caracas, Quito et San José, notamment des familles avec des enfants en bas âge et nos compatriotes âgés. Je voudrais noter par rapport à cette région qu'en dépit de son éloignement géographique, dans de nombreux cas il n'était pas seulement question de ceux qui se trouvaient depuis longtemps sur le territoire de pays latino-américains, qui y vivaient et travaillaient, mais également de touristes qui s'étaient retrouvés littéralement en otage de la pandémie. Cette dernière les a pris au dépourvu à la fin de leur séjour et ils n'avaient effectivement pas la possibilité de rentrer. Nous étions en contact avec eux par correspondance et par téléphone, c'est pourquoi nous sommes bien au courant de la situation. Enfin, elle a été réglée pour eux. Ce vol retour a été la possibilité si attendue de se réunir avec leurs proches. A titre d'écho, nous avons reçu de nombreux lettres et appels avec des vœux et des mots de gratitude adressés à tous ceux qui avaient participé à la réalisation de ce programme. De mon côté, je voudrais remercier de tout cœur nos collègues du Ministère des Communications et de Rosaviatsia qui ont directement travaillé à la réalisation du programme latino-américain, les diplomates de nos ambassades, les collaborateurs du Département latino-américain du Ministère, la compagnie aérienne Azur Air qui a rapatrié nos compatriotes et même leurs animaux domestiques, dont la présence à bord est déjà devenue une bonne tradition. Tout s'est déroulé avec succès dans le cas présent. Nos établissements diplomatiques à l'étranger sont prêts à apporter toute la contribution nécessaire pour organiser des vols retour de compagnies russes depuis l'Europe pour tous ceux qui restent encore en Amérique latine pour différentes raisons, pour ceux qui ont pris cette décision à cause de circonstances personnelles. Toutes les informations sont disponibles dans les ambassades.

La semaine dernière ont été organisés de nouveaux vols de rapatriement de New York, de Séoul, de Shanghai, d'Amsterdam, de Paris, de Francfort, d'Asie centrale et de Transcaucasie.

D'ici 7-10 jours, nous planifions de nouveaux vols, notamment un vol très attendu par nos compatriotes depuis Los Angeles. Des Russes rentreront de Denpasar, de Goa, de Bangkok et de Phuket. La carte européenne des vols s'élargit avec la participation de compagnies russes supplémentaires au programme de rapatriement.

Je ne cesse d'attirer l'attention sur la possibilité, pour ceux qui se trouvent dans les pays d'où les vols de rapatriement ne sont pas prévus ou ne se pratiquent pas actuellement, de profiter de l'algorithme hybride: une escale avec des vols retour à partir de hubs européens ou asiatiques. Et je rappelle de nouveau qu'en rejoignant par transit un vol retour, même en s'enregistrant sur le site Gosuslugi, il est préférable de s'adresser tout de même à la représentation diplomatique russe la plus proche. Cela nous permettra non seulement d'avoir une vision plus complète du retour de nos citoyens mais permettra également aux citoyens de compter sur une aide maximale des diplomates russes en agissant de manière préventive et en réglant les problèmes avant qu'ils ne se produisent, notamment les questions frontalières, qui sont nombreuses, croyez-moi. Malheureusement, compter sur ses propres forces fait parfois défaut, et il est bien plus difficile de régler les problèmes qui surviennent au dernier moment.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, au forum international "Lectures Primakov"

 

Passons au calendrier du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Vendredi 10 juillet, le chef de la diplomatie russe participera à la réunion du 6e Forum international "Lectures Primakov". Ce forum se déroulera en visioconférence. Par conséquent, le discours de Sergueï Lavrov sera également diffusé en ligne dans le cadre du projet commun de l'Institut d'économie mondiale et des relations internationales (IMEMO) Primakov de l'Académie des sciences de Russie et de l'agence de presse Interfax. L'académicien Alexandre Dynkine, président de l'IMEMO, sera le modérateur du débat. L'événement sera diffusé en direct sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères, sur les sites de l'IMEMO et d'Interfax, ainsi que sur YouTube.

Cette réunion clôturera une série de sessions à distance dans le cadre du forum entre le 29 mai et le 2 juillet compte tenu de la situation sanitaire et épidémiologique difficile. Les discussions ont porté sur un large éventail de questions relatives à la politique mondiale, à l'économie et à la sécurité internationales. A ces discussions ont participé des représentants du Ministère russe des Affaires étrangères, des chercheurs et des experts russes et étrangers éminents.

Les "Lectures Primakov" sont un forum international sur la politique et l'économie mondiale créé en 2015. Il rend hommage à Evgueni Primakov. Au cours de son existence le forum s'est transformé en plateforme de discussion permanente prestigieuse permettant d'échanger de manière vivante et informelle les avis d'experts et de réfléchir à des solutions aux problèmes d'actualité. Aujourd'hui que le monde est confronté à de sérieux défis liés à la propagation du nouveau coronavirus, cette discussion est plus d'actualité que jamais.

 

Sur la présentation par la Russie, pour la première fois de l'histoire, de sa Revue nationale volontaire sur la réalisation des objectifs de développement durable de l'Onu

 

Mardi 14 juillet, dans le cadre du forum politique de haut niveau de l'Onu à New York, la Russie présentera pour la première fois sa Revue nationale volontaire sur la réalisation des objectifs de développement durable de l'Onu. Cet événement a été précédé par près de deux ans de travail préparatoire, notamment de recueil d'informations sur la réalisation de chacun des 17 objectifs de développement durable, ainsi que plusieurs cycles de consultations avec les représentants des organes fédéraux du pouvoir exécutif, d'ONG, d'entreprises et de la communauté scientifique.

Le document, élaboré à l'issue d'un processus en plusieurs étapes, continent une profonde analyse des transformations socioéconomiques en Fédération de Russie dans le cadre des objectifs fixés par la communauté internationale dans l'Agenda 2030, et donne également une idée des perspectives de réalisation dans notre pays des objectifs de développement durable dans les délais fixés par l'Onu, d'ici 2030.

Parmi les acquis les plus significatifs, il convient de noter l'éradication totale de la pauvreté en Russie selon l'échelle utilisée par l'Onu, la garantie de la couverture totale des services de santé, l'éducation garantie pour tous les enfants et l'accès à 100% à l'électricité pour tous les habitants du pays. Ce dernier fait a été récemment mentionné dans le rapport de mai de la structure de l'Onu Énergie durable pour tous.

Nous pensons que ce document sera intéressant pour ceux qui suivent l'application de l'agenda socioéconomique dans notre pays, et qu'il sera également sollicité pour comparer les résultats obtenus avec les indicateurs dans d'autres pays qui présentaient ou présenteront des revues similaires sur leurs avancées en matière de développement durable.

Cette revue sera présentée par le Ministre russe du Développement économique Maxim Rechetnikov, avant une session interactive avec la participation d'autres délégations et représentants de structures non gouvernementales. La diffusion commencera sur le site de l'Onu (www.webtv.un.org) à 17 heures 30, heure de Moscou. La version écrite du document en russe et en anglais sera également publiée sur le site de l'Onu.

 

Sur l'adoption par le Royaume-Uni de sanctions personnelles contre des citoyens russes

 

Nous considérons la décision annoncée ce 6 juillet par le gouvernement britannique de décréter des sanctions contre plusieurs responsables de notre pays dans le cadre de l'affaire Magnitski comme une nouvelle démarche hostile des autorités britanniques.

Les autorités russes ont fourni plusieurs fois des commentaires et des explications exhaustives sur toutes les questions relatives à la mort de Sergueï Magnitski, mais Londres préfère manifestement les ignorer. On ignore de quel droit il "désigne" des coupables et détermine une "punition" pour eux. Les agissements des autorités britanniques ne sont donc rien d'autre qu'une tentative d'ingérence dans les affaires intérieures d'un autre État et de faire pression sur la justice russe.

Je voudrais rappeler à Londres, qui a pris des décisions aussi arrogantes et condescendantes, que la réputation du Royaume-Uni est loin d'être irréprochable dans le domaine des droits de l'homme. Dans les meilleures traditions coloniales, le pays clôt en nombre les enquêtes sur les crimes commis notamment par des militaires britanniques pendant la campagne d'Irak; "l'affaire de pédophiles haut placés de Westminster" a été étouffée; et le recueil illégal par les renseignements britanniques d'informations personnelles sur leurs propres citoyens  fait surface. Des organisations non gouvernementales et gouvernementales internationales ont attiré plusieurs fois l'attention de Londres sur cela, et bien d'autres faits scandaleux.

Bien évidemment, cette décision politiquement engagée affectera très négativement les relations bilatérales entre nos pays, qui ont déjà subi un sérieux préjudice ces dernières années de la part des autorités britanniques.

Je rappelle également que le principe de réciprocité est fondamental dans les relations interétatiques. C'est pourquoi nous nous réservons le droit de prendre des contremesures et appelons Londres à renoncer au langage des accusations infondées en optant pour le dialogue civilisé sur les problèmes et les préoccupations qui existent.

 

Sur la situation du citoyen russe Konstantin Iarochenko

 

Nous continuons de suivre de près la situation du citoyen russe Konstantin Iarochenko, toujours détenu dans une prison américaine. Pour rappel, il a été arrêté illégalement par des agents américains au Liberia en mai 2010, puis extradé aux États-Unis où il a été condamné à 20 ans de prison. Les accusations contre lui étaient basées entièrement sur les témoignages d'agents sous couverture.

L'Ambassade de Russie à Washington communique régulièrement avec Konstantin Iarochenko, s'intéresse à son état de santé qui s'est détérioré suite aux "interrogatoires zélés" par les agents américains, à son long séjour en prison et au refus d'apporter une aide médicale en temps utile. Nous exigeons des autorités américaines de lui fournir les soins nécessaires. Après de longs efforts, certains examens médicaux importants ont été réalisés pour le Russe.

Nous voudrions souligner également qu'en réponse à nos multiples appels à libérer et à rapatrier Konstantin Iarochenko pour des raisons humanitaires, ainsi que tous les autres compatriotes qui restent aux États-Unis dans les établissements pénitentiaires ou sont poursuivis, aucune décision favorable n'a été prise par Washington. Il nous a été affirmé que tout était fait pour empêcher la propagation du coronavirus. En réalité, comme nous l'avons appris ensuite, dans la prison surchargée où se trouve Konstantin Iarochenko les détenus reçoivent un masque médical par semaine, alors que la hausse quotidienne du nombre de contaminés par le coronavirus dans le pays dépasse parfois 50.000 personnes.

Quand ils ont été informés de ces difficultés, les collaborateurs de notre Ambassade à Washington a tenté de transmettre des moyens de protection individuelle à Konstantin Iarochenko, mais les représentants pénitentiaires ont opposé leur refus.

A cet égard, nous appelons une nouvelle fois les autorités américaines à revoir leur approche et à permettre enfin aux Russes détenus aux États-Unis de rentrer chez eux, ce qui serait une marque - tant attendue - d'attitude humaine envers ceux dont la vie est mise en danger quotidiennement.

 

Sur la situation du citoyen américain Paul Whelan, condamné pour espionnage

 

Des médias affirment régulièrement que la Russie mènerait des négociations avec des représentants américains concernant un échange de Paul Whelan, condamné à 16 ans de prison dans notre pays pour espionnage, qui possède, hormis un passeport américain, trois autres citoyennetés. Nous voudrions donner des explications car toute cette histoire est activement alimentée par des fakes de la part de nos partenaires américains, des désinformations dans la presse, des commentaires qui ne correspondent pas à la réalité.

Le travail sur la protection des droits et des intérêts légitimes des citoyens russes détenus aux États-Unis est mené par le Ministère russe des Affaires étrangères avec nos établissements diplomatiques à l'étranger en permanence depuis des années. Tout est fait pour libérer au plus vite les compatriotes confrontés à l'attitude préconçue et politiquement motivée de la justice américaine. Il est notamment question du pilote Konstantin Iarochenko kidnappé en 2010 au Liberia par les renseignements américains, de l'entrepreneur Viktor Bout emprisonné suite à une provocation d'agents américains, de Bogdana Ossipova condamnée à une longue peine de prison aux États-Unis pour avoir sorti ses propres enfants du pays, ainsi que de bien d'autres citoyens russes.

Je voudrais souligner une nouvelle fois que les rumeurs sur les prétendues discussions avec les autorités américaines sur un éventuel échange de Paul Whelan contre nos citoyens sont fausses.

 

Sur le retrait des États-Unis de l'Organisation mondiale de la santé

 

Nous avons remarqué l'information concernant les nouvelles démarches des États-Unis de se retirer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Nous avons déjà exprimé plus tôt notre avis sur la position de ce pays par rapport à l'OMS. Nous la considérerons toujours comme non constructive.

Dans le contexte de ces communiqués de Washington, il semble difficile d'expliquer la participation de représentants américains au travail de la session de mai de l'Assemblée mondiale de la santé (AMS), organe dirigeant de l'Organisation. A son issue a été adoptée une résolution confirmant le rôle de coordination dirigeant de l'OMS dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. Ce document a été adopté par consensus, c'est-à-dire en tenant compte de l'avis de la délégation américaine.

On ignore si les États-Unis comptent poursuivre leur travail à l'OMS en tant qu'observateur, comme ce fut le cas notamment avec l'Unesco que les Américains ont quittée une nouvelle fois en 2017. L'administration de Donald Trump a laissé sans réponse la question de savoir si les États-Unis comptaient rappeler les spécialistes américains rattachés à l'OMS, qui occupent notamment des postes à haute responsabilité, ainsi qu'interdire à leurs experts de faire partie de nombreux comités d'experts de l'OMS. Honnêtement, on voudrait savoir si les États-Unis ont l'intention d'être cohérents et de se retirer de l'Organisation panaméricaine de la santé (qui reste formellement une structure indépendante, même si dans la pratique elle reste une filiale régionale de l'OMS) et de l'Agence internationale pour le cancer (une autre organisation associée à l'OMS). Il serait bénéfique que les autorités américaines répondent à ces questions.

En cette période difficile, nous ignorons également si Washington est prêt à cesser être une partie du Règlement sanitaire international adopté par l'AMS, un document juridiquement contraignant qui régule la coopération multilatérale dans les situations d'urgence dans le domaine de la santé, et à ne pas participer à la révision éventuelle du RSI compte tenu de l'expérience de la réaction à la pandémie de coronavirus.

Nous continuons de nous opposer à la politisation de la coopération mondiale dans le domaine de la santé. Nous soulignons de nouveau que le Covid-19 est un défi pour toute la communauté internationale, et que la lutte efficace contre la pandémie n'est possible qu'en agissant de concert avec la participation de tous les États.

Nous nous y référons dans la préparation de la session spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies sur le Covid-19, dont nous avons soutenu la réunion précédemment. Nous comptons sur une discussion non discriminante des démarches communes à entreprendre pour lutter contre la propagation de la pandémie et surmonter ses conséquences négatives.

 

Sur le blocage des chaînes du groupe RT en Lettonie, en Lituanie et en Estonie

 

Nous continuons d'assister à une violation cynique des engagements internationaux en matière de liberté de la presse dans les pays baltes, qui cachent de moins en moins leur obsession pour la russophobie et leur intention de se débarrasser par tous les moyens de la présence informationnelle russe dans leur espace médiatique. Nous parlons ici de l'attaque des autorités lettones, lituaniennes et estoniennes contre les chaînes du groupe médiatique RT. La coordination de cette attaque est flagrante, et est confirmée publiquement par les représentants de ces pays.

Je voudrais rappeler que le 30 juin a été annoncée la décision de bloquer la diffusion de 7 chaînes du groupe RT en Lettonie, sur laquelle nous nous sommes exprimés pendant la conférence de presse précédente. Cette décision était motivée par des "sanctions personnelles" de l'UE contre le directeur général de l'agence de presse Rossiya Segodnya Dmitri Kisselev, qui n'a rien à voir avec le holding RT, ce que nous avons rappelé plusieurs fois également.

Ensuite, le 1er juillet, la Commission de la radio et de la télévision lituanienne s'est dite prête à prendre les mêmes mesures que ses homologues lettons envers les mêmes médias, sous le même faux prétexte. La décision du blocage entre en vigueur aujourd'hui, chaudement soutenue par le Ministre lituanien des Affaires étrangères Linas Linkevicius qui a rappelé que "cela [faisait] déjà sept ans que la Lituanie [adoptait] des restrictions contre des médias russes". Il serait bénéfique que Bruxelles, l'OSCE et d'autres structures, notamment des ONG et des structures médiatiques compétentes, l'entendent.

Quelques jours plus tard, le 6 juillet, le ministre estonien des Affaires étrangères Urmas Reinsalu a soutenu les actions de la Lettonie d'interdire la diffusion des chaînes du groupe RT et a promis d'analyser l'efficacité de cette mesure en Estonie.

Faut-il encore commenter quelque chose après ces faits et les citations directes des représentants officiels de pays membres de l'UE, d'une union qui proclame pour objectif la défense des idéaux de la démocratie et des libertés fondamentales? Il est consternant qu'aucun des responsables de l'UE n'ait encore commenté la grossière violation de la liberté d'expression et la lutte contre la dissidence dans les pays baltes.

Nous estimons que c'est le silence inadmissible de Bruxelles concernant de nombreux épisodes de discrimination de médias russes dans les pays baltes qui a délié les mains de ces pays à tels point qu'ils ne prennent plus la peine de chercher des explications plausibles à leurs mesures et démarches vis-à-vis du holding médiatique russe.

Ces mesures antidémocratiques discréditent Vilnius, Riga et Tallinn aux yeux de la communauté internationale et sont contraires à leurs engagements internationaux en matière de garantie de la liberté de médias et d'accès libre à l'information. Nous le disons ouvertement à nos partenaires baltes, mais ils refusent manifestement de nous entendre.

Nous espérons que les structures internationales compétentes et la communauté des droits de l'homme réagiront à ces violations directes. Cela ne nécessite aucune preuve ou enquête. Il existe une directe violation des engagements assumés de leur plein gré par ces États et placés en priorité dans leur politique nationale et étrangère. De notre côté, nous enverrons des requêtes officielles à l'Unesco, à l'OSCE et au Conseil de l'Europe.

 

Sur la conclusion de la Commission de Venise concernant l'éducation en Lettonie

 

Nous avons attentivement pris connaissance de la conclusion formulée par la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission de Venise du Conseil de l'Europe) le 18 juin au sujet des amendements à la législation lettonne concernant l'éducation dans les langues des minorités nationales.

Malheureusement, les experts de la Commission de Venise, dont la plupart sont des représentants des pays membres de l'UE, ont montré leur position engagée et de facto ont soutenu la politique de la Lettonie visant la dérussification forcée du pays et enfreignant les droits linguistiques et éducatifs de la communauté russophone locale.

Nous sommes particulièrement confus par la tentative des membres de la Commission de Venise de justifier la discrimination du russe en Lettonie par rapport aux langues d'autres minorités parlant les langues des pays de l'UE. Nous sommes certains que la présence de tel ou tel pays au sein de l'UE ne justifie pas la création d'un "club élitiste" où sont garantis les droits d'un certain groupe au détriment des autres.

Nous appelons instamment Riga à se tenir aux normes universelles et régionales et aux mécanismes dans le domaine de la protection des droits des minorités adoptés dans le cadre de l'Onu, du Conseil de l'Europe et de l'OSCE. On voudrait également rappeler aux partenaires de l'UE que la Charte de l'Onu sur les droits fondamentaux interdit toute discrimination, notamment en fonction de l'appartenance aux minorités nationales.

 

Sur la journée de l'indépendance de la République des Kiribati

 

Le 12 juillet est célébrée la journée de l'indépendance de la République des Kiribati, atteinte en 1979 après presque 90 ans de domination du Royaume-Uni. Depuis le début du XXe siècle, la métropole y exploitait activement les ressources naturelles, notamment des phosphates, et en a épuisé pratiquement les réserves dans les années 1970.

En "héritage" de la Seconde Guerre mondiale, notamment de la bataille américano-japonaise de Tarawa en 1943, les Kiribati ont été confrontées au problème des munitions non explosées. L'écosystème local a été sérieusement touché par les essais d'armes nucléaires et à hydrogène après la guerre, et les autochtones de différents atolls ont dû déménager.

En prévision de cette fête nationale, nous souhaitons au peuple amical de la République, avec laquelle nous célébrons cette année le 30e anniversaire des relations diplomatiques, bien-être, prospérité et succès dans la construction d'un État souverain au développement dynamique.

 

Sur l'organisation des Jeux olympiques spéciaux d'hiver à Kazan

 

Les Jeux olympiques spéciaux d'hiver font partie des événements sportifs les plus prestigieux visant à créer un monde réellement inclusif pour les personnes en situation de handicap, quel qu'il soit.

Les Jeux olympiques spéciaux d'hiver devaient initialement se dérouler en Suède en 2021, mais fin 2019 Stockholm a refusé d'organiser les Jeux, et la Russie a été choisie pour le déroulement de l'Olympiade spéciale. Compte tenu de la pandémie mondiale le comité d'organisation a décidé de reporter les Jeux à janvier 2022.

Les Jeux de 2022 seront le premier événement international sous l'égide des Special Olympics International dans notre pays. 2.000 sportifs de 108 pays sont attendus, ainsi qu'environ 3.000 volontaires, 4.000 invités de marque et leurs familles, ce qui permettra d'en faire un événement d'envergure. Les Jeux olympiques spéciaux d'hiver permettront de créer des possibilités supplémentaires pour l'adaptation sociale d'environ trois millions de personnes avec des particularités de développement pour qui, selon nous, cet événement sera extraordinairement et particulièrement important.

L'Olympiade spéciale de Russie a été fondée en 1999 et fait partie des plus grands programmes nationaux dans le mouvement mondial. La Russie compte près de 130.000 personnes pouvant participer à cet événement sportif en raison de leur particularité. Près de 5.000 activités sportives municipales, régionales et nationales sont organisées chaque année pour elles dans le cadre du programme de l'Olympiade spéciale.

 

Réponses aux questions:

Question: Que pouvez-vous dire du meurtre d'un ressortissant tchétchène en Autriche?

Réponse: Ce 4 juillet, dans la ville de Gerasdorf bei Wien dans la banlieue de Vienne, un homme a été tué, après quoi les forces de l'ordre ont arrêté deux suspects. Selon les autorités autrichiennes, la victime et les assaillants sont des ressortissants tchétchènes.

Une enquête est actuellement en cours, notamment pour déterminer la citoyenneté de la victime et des interpellés. L'Ambassade de Russie en Autriche coopère activement avec les autorités compétentes autrichiennes.

Différentes versions des faits circulent dans la presse concernant ce crime. Les motifs criminels ne sont pas exclus. Nous constatons avec regret l'apparition dans certaines publications de spéculations concernant l'implication éventuelle dans le meurtre des autorités officielles de la République tchétchène. Nous réfutons fermement ces insinuations. Nous jugeons ces spéculations inadmissibles et estimons qu'elles empêchent une enquête objective.

Je voudrais également attirer votre attention sur les commentaires qui ont été faits aujourd'hui par l'Ambassade de Russie en Autriche.

Question: Les autorités tchèques reprochent à Moscou de retarder les consultations russo-tchèques sur l'agenda bilatéral. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Nous voudrions souligner avant tout la nature complètement infondée de tels reproches. En réalité, la situation semble complètement inverse. Depuis le début la Russie prône  l'organisation de telles consultations pour régler les problèmes survenus dans les relations bilatérales. Notre Ambassadeur à Prague a reçu depuis longtemps tous les pouvoirs nécessaires, ce dont les partenaires ont été notifiés plusieurs fois. Nous en avons parlé publiquement, nous avons appelé à intensifier le dialogue du côté tchèque. Il est réjouissant qu'après la nomination à la tête de la délégation de Rudolf Yindrak, directeur du département international de la Chancellerie du Président de la République tchèque, "la glace a été brisée" et les autorités tchèques ont commencé à envoyer des signaux appropriés. Cela permettra de ne pas tarder avec le début des consultations.

Nous réaffirmons notre disposition au dialogue au niveau des vice-ministres des Affaires étrangères des deux pays. Cependant, la situation sanitaire et épidémiologique ne permet pas d'organiser une telle réunion prochainement. C'est pourquoi nous appelons les collègues tchèques à entamer au plus vite les consultations au niveau des délégués de nos deux pays.

Question: Le président du Haut conseil pour la réconciliation nationale de l'Afghanistan, Abdullah Abdullah, compte se rendre prochainement au Pakistan. Que pensez-vous de cette démarche?

Réponse: Nous sommes au courant de la visite prévue du président du Haut conseil pour la réconciliation nationale de l'Afghanistan, Abdullah Abdullah, au Pakistan. Nous espérons que ce voyage contribuera au renforcement des liens entre Islamabad et Kaboul, au progrès du processus de paix en Afghanistan.

Question: Quel est le rôle des Kurdes dans la vision russe de l'avenir de la Syrie? On dit que le fédéralisme ethnique est étudié comme une forme possible de répartition des pouvoirs en Syrie. Que pense la Russie de la future répartition des pouvoirs en Syrie, quel sera le niveau d'autonomie pour les régions? Ces quatre derniers mois, on constate des problèmes d'alimentation en eau au Nord-Est de la Syrie. Les forces soutenues par la Syrie ont bloqué plusieurs fois l'accès à l'eau pour les régions kurdes. A présent, la Turquie a réduit de 60% l'approvisionnement en eau des régions kurdes. Comment la Russie compte-t-elle régler ce problème?

Réponse: Je trouve que votre question possède à la fois une profondeur historique et une actualité politique. Pendant des décennies, la Syrie était un pays où cohabitaient en paix les différentes ethnies et groupes confessionnels. C'était la "carte de visite" de la Syrie. Cela inspire le respect. Nous sommes certains que ces traditions historiques peuvent être maintenues et perpétuées.

Nous partons du principe que les Kurdes syriens font partie intégrante du peuple syrien. En s'appuyant sur cette position de principe, Moscou soutient le dialogue mené entre les Kurdes et Damas sur la future structure de leur patrie commune. Les Syriens doivent déterminer eux-mêmes quel sera leur pays afin que toute sa population, indépendamment de l'appartenance ethnique et confessionnelle, se sente en paix et en sécurité.

Il faut en tenir compte dans le contexte de la longue lutte contre les terroristes, notamment d'origine étrangère. Les Syriens ont aujourd'hui pour tâche de rétablir leur patrie sur la base de l'attachement commun à la souveraineté, à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriale de la Syrie.

La reconstruction doit porter également sur tous les sites de gestion de l'eau, dont beaucoup ont été endommagés par des attaques terroristes. En même temps, la question de l'exploitation des ressources en eau ayant une dimension non seulement nationale mais également régionale nécessite une coordination entre tous les pays traversés par ces artères d'eau, notamment l'Euphrate. La solution qu'il faudra trouver au final doit tenir compte des intérêts de tous les acteurs intéressés.

Question: Près de 130 pays membres de l'Onu ont soutenu l'initiative de l'Azerbaïdjan d'organiser une session spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies consacrée à la lutte contre la pandémie de Covid-19 et aux mesures pour amortir son impact. Que peut dire le Ministère russe des Affaires étrangères de cette initiative?

Réponse: A l'initiative du Mouvement des non-alignés et de l'Azerbaïdjan, qui en est le président, il a été décidé de réunir une session spéciale de l'Assemblée générale des Nations unies sur le Covid-19.

La Russie a soutenu cette proposition de son partenaire de la CEI. Nous sommes certains que la session spéciale se déroulera de manière constructive et se soldera par l'adoption de décisions substantielles. Dans ce contexte, nous nous attendons à une discussion intéressante.

Au vu de la situation épidémiologique difficile qui demeure à New York, cette session spéciale devrait se dérouler à distance. Les procédures appropriées sont en cours de mise au point.

Question: Israël compte annexer les régions palestiniennes à son territoire. Tout le monde musulman mais aussi d'autres pays, à l'exception des États-Unis, critiquent cette décision. Est-ce que la Russie soutient ce qu'on appelle le "deal du siècle"?

Réponse: Comme vous l'indiquez à juste titre dans votre question, l'extension de la souveraineté israélienne à la Cisjordanie pourrait être interprétée comme une réalisation unilatérale du plan américain pour le processus de paix israélo-palestinien, connu comme le "deal du siècle".

En effet, la plupart des pays du monde critiquent ces intentions d'Israël. Un consensus solide concernant la question palestinienne persiste également dans le monde arabo-musulman.

La position fondamentale de la Russie à ce sujet a été exprimée plusieurs fois. Elle est bien connue et a été dans l'ensemble exprimée au sommet. Elle est comparable aux avis et aux approches exprimés dans les dernières décisions de la Ligue arabe et de l'Organisation de coopération islamique. Nous trouvons que la tentative d'étendre la souveraineté israélienne aux territoires palestiniens non seulement réduira à néant la perspective de la solution à deux États, mais provoquera aussi très certainement un nouveau cycle dangereux de violence dans la région, attisera davantage les sentiments protestataires radicaux.

La ligne continuelle de notre pays en soutien à la solution à deux États du problème palestinien reposant sur la base universelle du droit international reste inchangée. Sachant que nous pensons qu'il faut relancer au plus les négociations directes entre les Israéliens et les Palestiniens sous l'égide de l'Onu et avec la contribution du "quartet" composé de la Russie, des États-Unis, de l'UE et de l'Onu pour régler tous les problèmes liés au statut définitif et parvenir à un règlement global et durable basé sur les résolutions de l'Onu et l'Initiative de paix arabe.

Nous sommes certains que le rétablissement de l'unité palestinienne sur la plateforme politique de l'Organisation de libération de la Palestine est une prémisse importante pour initier un processus de paix à part entière. A cet égard, nous saluons les démarches opportunes du Fatah et du Hamas vers cet objectif, qui ont été annoncées ce 2 juillet lors d'une conférence de presse conjointe des représentants du Fatah et du Hamas en visioconférence.

 

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