14 mai 202020:02

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 14 mai 2020

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Point de situation sur le coronavirus et l'aide au rapatriement des citoyens russes

 

Malgré les tendances rassurantes en matière de contention de la propagation de l'infection dans plusieurs pays, comme en témoigne notamment le ralentissement des statistiques de mortalité et l'augmentation du nombre de guérisons, cette semaine la situation liée à la pandémie de Covid-19 est globalement restée tendue dans le monde. La dynamique du nombre de personnes contaminées s'est maintenue à un niveau assez élevé. Le total des infections dans le monde a, malheureusement, franchi la barre des 4 millions. Les États-Unis restent en tête de liste des pays les plus touchés par le coronavirus. 

Suite au ralentissement de la propagation de cette maladie dangereuse en Europe, plusieurs pays poursuivent le processus d'assouplissement par étapes des mesures de quarantaine et de confinement. Nous suivons attentivement les approches nationales de la levée progressive des restrictions. Nous partons du principe que chaque pays élabore sa propre stratégie en fonction de la situation épidémiologique et de l'efficacité des mesures qui ont été prises pour contenir l'épidémie. Nous partageons la position de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant la nécessité d'une commensurabilité réelle des mesures de déconfinement prises, et du niveau de risque. Cela est nécessaire avant tout pour empêcher la possibilité d'une seconde vague de pandémie.

Dans ces conditions, la Russie continue d'agir pour le rapatriement organisé des citoyens qui souhaitent revenir de l'étranger. Le calendrier des vols tient entièrement compte de la situation sanitaire et épidémiologique dans notre pays, ainsi que des capacités logistiques et de transport. Une priorité est accordée à la présence de places pour placer les personnes qui reviennent en confinement dans les régions de séjour en organisant, évidemment, un suivi. Selon Rosaviatsia, 1.288 personnes ont été rapatriées en Russie de différents pays depuis une semaine. Je souligne, depuis une semaine. Au total, 15.935 personnes ont été rapatriées depuis la première décade d'avril.

Nous poursuivons le travail pour remplir le calendrier des vols de rapatriement, notamment pour les destinations "attendues". Dans le calendrier déjà confirmé: La Valette, Kuala Lumpur, Phnom Penh, Sofia, Bucarest, Vienne, Budapest, Malaga. De nouveaux vols partiront à Larnaka, à Bangkok et à Douchanbé.

Quelques mots sur les plans à court terme. Cette nuit, un avion de la compagnie Royal Flight a décollé de Moscou pour rapatrier nos citoyens de l'île Maurice et de Zanzibar, ainsi qu'un groupe de citoyens russes d'Afrique du Sud. En ce qui concerne l'Afrique du Sud, les possibilités techniques actuelles ne permettent pas de prendre tout le monde à la fois, mais, comme nous l'avons dit, nous travaillons à mettre en place un vol supplémentaire.

De plus, un vol avec nos citoyens a déjà décollé de New York. Nous attendons le retour de plus de 300 compatriotes, notamment des mineurs qui se trouvaient aux États-Unis dans le cadre des "programmes d'échange" qui ont fait tant de bruit.

Des compatriotes reviendront aujourd'hui en Russie de Goa. Ce vol est à destination de Moscou avec une escale à Rostov-sur-le-Don pour les habitants du District fédéral Sud. Il sera suivi par un autre vol de cet État indien populaire auprès des Russes, qui suivra l'itinéraire Krasnoïarsk-Ekaterinbourg-Moscou pour les habitants des districts fédéraux de Sibérie et de l'Oural.

Aujourd'hui, nous attendons également un autre vol d'Espagne en provenance de deux grands centres touristiques à la fois: Tenerife et Barcelone.

Le travail sera poursuivi. En principe, il ne s'est jamais arrêté.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la session ministérielle du Conseil des États de la mer Baltique

 

Mardi 19 mai, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la session ministérielle du Conseil des États de la mer Baltique (CEB), qui se tiendra en visioconférence.

Le CEB a été fondé en 1992. Il regroupe la Russie l'Allemagne, le Danemark, l'Islande, la Lettonie, la Lituanie, la Norvège, la Pologne, le Finlande, la Suède, l'Estonie, ainsi que l'UE.

Pendant la réunion, il est prévu de faire le bilan de la présidence danoise de cette organisation en 2019-2020. A l'ordre du jour figurent des questions telles que l'impact de la pandémie de Covid-19 sur la coopération régionale, la lutte contre les menaces transfrontalières, y compris le crime organisé, les défis climatiques et environnementaux, ainsi que le développement des contacts de jeunesse.

Les participants à la session approuveront la nouvelle rédaction des documents statutaires du CEB, qui a été préparée dans le cadre de la réforme de l'organisation en 2018-2020 et établit les mesures pour accroître l'efficacité du travail du Conseil, apporter à son activité une plus grande souplesse, et améliorer l'interaction avec d'autres formats multilatéraux de coopération.

A l'issue de cette session, il est prévu d'adopter une déclaration conjointe visant à développer la coopération multilatérale en mer Baltique.

 

Sur les événements de célébration du 75e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique organisés par les compatriotes russes à l'étranger

 

Dans le cadre de la célébration du 75e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique, des événements ont été organisés dans plus de 100 pays. Les plus marquants se sont tenus au Belarus, en Bulgarie, en Allemagne, au Kazakhstan, à Chypre, au Kirghizistan, en Moldavie, en Slovaquie, aux Etats-Unis, au Turkménistan et en France. Compte tenu de la situation épidémiologique défavorable et des interdictions d'organiser des activités de masse, les compatriotes, conjointement avec les établissements diplomatiques russes, ont concentré leurs efforts sur les projets en ligne, notamment sur l'action Régiment immortel. Selon les capacités des ressources internet, de nombreuses actions ont même eu une grande portée géographique et ont été enrichies d'un contenu artistique.

Selon les estimations, des centaines de milliers de personnes ont participé aux activités et aux actions festives, notamment des habitants locaux et des représentants des autorités (en Abkhazie, en Albanie, en Belgique, au Brésil, en Allemagne, à Cuba, en Croatie, en Suisse, en Ethiopie et dans d'autres pays). De plus, cette année, l'action Régiment immortel s'est déroulée pour la première fois au Mali et aux Seychelles (au nouveau format "naval" - avec la participation du navire de recherche océanographique de la marine russe Amiral Vladimirski).

De plus, 150 autres activités connexes ont été organisées (Ruban de Saint-Georges, Cierge de la mémoire, des visioconférences, des concerts en ligne, des festivals de chansons de guerre, des expositions photo, des plantations d'arbres, des cours de mémoire, des concours et des flashmobs). En dépit des restrictions en vigueur, les compatriotes ont activement participé individuellement au dépôt de fleurs devant les monuments et les tombes de guerre. Plusieurs actions ont été organisées dans le ciel. Ainsi, un avion avec un ruban de Saint-Georges de 30 mètres a volé pendant plusieurs heures au-dessus de Chicago et du lac Michigan, et au-dessus de Berlin un hélicoptère a décollé avec le Drapeau de la Victoire.

Certains pays ont tout de même réussi à organiser en partie des activités sur le terrain. Je souligne encore une fois que ce format a été déterminé par les règles de quarantaine en vigueur. Pendant les actions organisées physiquement, les compatriotes ont défilé avec des portraits de leurs proches ayant participé à la Grande Guerre patriotique (en Angola, en Géorgie, au Cambodge, au Luxembourg, en Slovaquie, au Tadjikistan, en République tchèque, en Suède, en Ukraine et dans d'autres pays). Dans plusieurs pays, des représentants des autorités locales ont participé aux activités de commémoration, notamment au niveau présidentiel (en Serbie, au Kazakhstan, au Kirghizistan, en Moldavie). L'anniversaire de la Grande Victoire a été largement célébré au Belarus et au Turkménistan.

Dans certains pays, les compatriotes ont organisé des auto- et moto-tours (au Canada, au Kirghizistan, au Liban, en Israël et dans d'autres pays). Nous notons le courage et l'ingéniosité des citoyens qui ont participé aux activités festives en Ukraine. Malgré l'interdiction du port du ruban de Saint-Georges dans le pays, ils ont accroché le ruban en écrivant les couleurs avec des mots.

Quand la situation épidémiologique le permettra, les compatriotes ont l'intention d'organiser l'action Régiment immortel au format traditionnel, probablement en la synchronisant avec le Défilé de la Victoire et les marches sur le territoire russe. Cela devra être décidé et mis au point une fois que nous surmonterons le terrible malheur qui s'est abattu sur le monde entier: la pandémie de coronavirus.

 

Sur la visioconférence des membres du Conseil de sécurité des Nations unies en formule Arria 

 

Vendredi 8 mai, au siège de l'Onu à New York, s'est déroulée une visioconférence entre les membres du Conseil de sécurité des Nations unies en formule Arria sur la thématique du 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

La discussion à ce sujet est une bonne occasion de rappeler les objectifs et les tâches de l'Onu. L'Organisation a été créée pour prémunir les nouvelles générations d'une nouvelle guerre. A cet effet, il faut respecter sa Charte et ses principes, fixés par ses fondateurs. Le dialogue sur cette base est également important pour lutter contre les nouveaux risques et défis tels que le terrorisme, la cybercriminalité et le trafic de stupéfiants. Sur cette toile de fond ressortent les problèmes auxquels le monde est confronté même 75 ans après la Grande Victoire: le néonazisme, les tentatives de blanchir les criminels, la réécriture de l'histoire.

Malheureusement, certaines délégations, notamment les organisateurs de la visioconférence, ont décidé de profiter de cette plateforme pour imposer une vision déformée des causes et des résultats de la Seconde Guerre mondiale, qui n'ont rien à voir avec la réalité de l'époque.

La Russie continuera de travailler dans le cadre de l'Onu et sur d'autres plateformes internationales afin de renforcer la coopération et de faire face aux nouveaux risques et défis. Le monde entier a pour objectif commun d'empêcher de nouvelles tragédies. C'est le meilleur moyen d'honorer la mémoire de ceux qui sont tombés pour la paix et la liberté.

 

Sur les activités organisées à New York concernant le "dossier chimique" syrien

 

Conformément au programme de travail validé du Conseil de sécurité des Nations unies, ce 12 mai devait se tenir une réunion interactive consacrée au "dossier chimique" syrien. Les représentants des pays occidentaux ont proposé que le Directeur général du Secrétariat technique de l'OIAC Fernando Arias y participe. L'objectif était flagrant: continuer d'imposer au Conseil de sécurité des Nations unies les conclusions falsifiées du premier rapport du Groupe "attributif" pour l'enquête et l'identification, créé suite aux manipulations politico-juridiques des pays occidentaux en transgression de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. Le rapport stipule qu'"il y a des raisons de penser" que le gouvernement politico-militaire syrien est responsable de l'usage de l'arme chimique à Al-Lataminah (24, 25 et 30 mars 2017).

Ayant conscience de la pertinence du problème de l'usage des armes chimiques en Syrie (pas par les forces gouvernementales mais par les terroristes) nous étions prêts à une discussion objective et franche. Nous avons exigé que la réunion soit ouverte pour permettre de demander à Fernando Arias des précisions fondamentales concernant le travail du Groupe "attributif" et des missions spéciales de l'OIAC dans l'ensemble.

Les pays occidentaux ont décliné cette proposition. Contrairement à leurs propres déclarations concernant "la nécessité d'accroître la transparence" dans le travail du Conseil de sécurité des Nations unies, ils ont simplement refusé de soulever les questions désagréables pour eux.

Tout cela indique que la direction du Secrétariat technique de l'OIAC et nos collègues occidentaux, qui parlent constamment de leur confiance totale et inconditionnelle envers le Groupe "attributif", craignent une discussion ouverte, objective et professionnelle sur l'activité, les principaux objectifs et les tâches du mécanisme "attributif" qu'ils ont créé, dont les conclusions antisyriennes des enquêtes sont "programmées" à l'avance, comme le montre la réalité.

La Représentation permanente de la Russie auprès de l'Onu a organisé une conférence de presse afin de rapporter au public international la véritable situation et de défaire les tentatives des pays occidentaux de cacher la nature préjudiciable du travail du Groupe "attributif" et des lacunes systémiques dans l'activité des missions spéciales de l'OIAC. Vous pouvez en prendre connaissance sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères et sur le site de notre Représentation permanente à New York.

Parmi les nombreuses questions soulevées, on peut souligner ce qui suit.

Nous voudrions obtenir du Secrétariat technique de l'OIAC des explications claires concernant toutes les circonstances très douteuses du prélèvement et du stockage des échantillons jusqu'à leur remise à la Mission d'établissement des faits d'usage de l'arme chimique en Syrie (MEF), car ce sont les rapports de la MEF qui sont pris pour base du travail du Groupe "attributif". Il est important de déterminer les raisons véritables et non fictives du refus du Secrétariat technique d'accepter l'invitation des autorités syriennes à envoyer des experts de la MEF à Al-Lataminah. Il est étonnant que le rapport du Groupe "attributif" cache le refus du Secrétariat technique de l'OIAC de satisfaire la demande de Damas d'envoyer des inspecteurs à la base aérienne syrienne de Chaïrat où, selon le Groupe "attributif", aurait été perpétrée une attaque chimique. On perçoit clairement dans ces rapports les doubles standards appliqués par rapport à Damas: d'un côté, accuser de refuser de coopérer; de l'autre, la négligence flagrante des informations pointant la mise en scène des incidents chimiques. En fait, le Secrétariat technique ignore le fait que les Syriens transmettaient régulièrement au Conseil de sécurité des Nations unies et à l'OIAC des informations sur les provocations chimiques préparées par les terroristes.

Il faut éliminer les lacunes systémiques dans le travail de la MEF:

- les enquêtes à distance au lieu d'un déplacement obligatoire sur les lieux de l'incident présumé;

- la violation du principe fondamental du déroulement des actions dans la garantie de l'intégrité des preuves matérielles (chain of custody);

- opérer avec des informations obtenues essentiellement de structures agissant dans l'opposition au gouvernement syrien.

La composition même du Groupe "attributif" (la grande majorité des experts est originaire des pays occidentaux) a été sélectionnée de sorte à ce que les avis qui ne conviennent pas aux pays occidentaux puissent être facilement réprimés. Tout cela est contraire à ce que le Secrétariat technique de l'OIAC a déclaré concernant la représentation géographique juste et ne colle pas du tout avec les déclarations sur le caractère "objectif et impartial" des enquêtes menées. De la même manière, le postulat du Groupe "attributif" sur de prétendus marqueurs uniques de sarin syrien soulève de sérieux doutes. Il est bien connu que les précurseurs de cette substance toxique ont été détruits par les spécialistes occidentaux en dehors de la Syrie. Il est évident que durant ce processus, ils ont fixé en détail sa recette.

Nous sommes sérieusement préoccupés par l'indisposition du Secrétariat technique de l'OIAC à confirmer par un document les conclusions tirées pendant les enquêtes menées par ses structures. Les renvois à de prétendues informations non confirmées et à des "expertises extérieures" inconnues ne peuvent pas être considérés comme une preuve. L'approche dans le style "croyez-nous sur parole" dans un domaine aussi sensible est absolument inadmissible. Cette liste de questions sera complétée à mesure que nous étudierons le rapport du Groupe "attributif" illégitime.

 

Sur les déclarations de l'envoyé spécial du Président américain pour la maîtrise des armements au sujet du Traité START

 

Notre attention a été attirée par l'interview de l'envoyé spécial du Président américain Donald Trump pour la maîtrise des armements, Marshall Billingslea, publiée dans le quotidien The Washington Times. Il y mentionne le Traité russo-américain START et les perspectives de sa prolongation. Le diplomate américain y parle activement - le terme "fantasme" conviendrait mieux - de prétendus "défauts" du mécanisme de vérification de ce traité et accuse Moscou de les utiliser de manière intentionnelle et malveillante au détriment de la mise en œuvre normale du Traité.

Cela donne l'impression que le fonctionnaire récemment nommé par Donald Trump au poste de sous-Secrétaire d’État pour la maîtrise des armements et la sécurité internationale, dont la principale spécialité jusque là étaient les sanctions, n'a pas eu le temps de se familiariser avec ses nouvelles obligations. En particulier, il n'a manifestement pas trouvé le temps de prendre connaissance du rapport préparé par son ministère sur la mise en œuvre des traités internationaux et des accords avec les pays étrangers, y compris la Russie.

Nous avons déjà eu l'occasion de commenter ce document tendancieux et extrêmement préconçu. Cependant, même ses auteurs ont dû reconnaître que notre pays respectait entièrement les termes du START. Cette fois, Marshall Billingslea a désavoué de facto aussi bien ses propres collègues que les représentants d'autres institutions américaines ayant un lien avec la mise œuvre de ce Traité.

Sur la vague de cette "réévaluation des valeurs", l'envoyé spécial se pose la question de manière ostentatoire: pourquoi les Russes cherchent tant à prolonger le START et quels profits pourraient tirer les États-Unis de cet intérêt?

La réponse est simple. Même si Washington n'arrive visiblement pas à le comprendre, la Russie est guidée à ce sujet avant tout par des notions de responsabilité pour le sort de la paix, de la sécurité et de la stabilité que les États-Unis cherchent continuellement à saper. Nous partons du principe que dans les conditions où l'administration actuelle a déjà brisé de facto le processus de maîtrise des armes stratégiques établi depuis des décennies, qui s'était incarné dans différents traités avec les Américains, il est important de préserver dans ce secteur des éléments de transparence et de prévisibilité réciproque. La prolongation du Traité START permettrait également de gagner du temps pour évaluer ensemble les risques et défis actuels pour la sécurité internationale, rechercher des approches optimales de la lutte politique et diplomatique contre les tendances alarmantes grandissantes dans ce secteur.

C'est pourquoi la Russie a proposé officiellement aux États-Unis de prolonger le Traité START tant qu'il était encore possible de le faire, et ce rapidement et sans conditions préalables. Nous sommes opposés à toutes les conditions artificielles qui remettraient en question le règlement de ce problème de plus en plus d'actualité. Il s'agit avant tout du problème complètement fictif de l'implication de la Chine dans les mécanismes bilatéraux russo-américains, comme nous l'avons dit plusieurs fois.

Notre position est bien connue et reste inchangée. Nous sommes prêts à soutenir tous les schémas multilatéraux susceptibles d'apporter une contribution au renforcement de la sécurité et de la stabilité internationales. Cependant, ils ne doivent pas être réalisés "de force", mais sur la base d'un consensus volontaire en prenant obligatoirement en compte les intérêts et les préoccupations de tous les acteurs potentiels. Sachant que notre priorité reste la participation des "alliés nucléaires" proches des États-Unis à de telles négociations, c'est-à-dire du Royaume-Uni et de la France.

Sur un plan plus large, nous ne pensons pas que l'agenda russo-américain bilatéral en matière de renforcement de la sécurité internationale et de maîtrise des armements soit épuisé. Nous sommes prêts à mener sur cette base un dialogue stratégique avec Washington - ce vers quoi les dirigeants de nos pays nous orientent.

 

Sur la capture de marins russes au large de la République de Guinée équatoriale

 

Selon l'Ambassadeur de Russie au Cameroun, qui représente les intérêts de notre pays en Guinée équatoriale, dans la nuit du 8 au 9 mai des pirates ont attaqué le navire Rio Mitong sous pavillon des îles Comores, accosté au port de Malabo. Suite à l'attaque des bandits, deux citoyens russes ont été blessés et ont été hospitalisés à Malabo. Un autre citoyen russe a été kidnappé et amené dans une direction inconnue.

En même temps, au port de Luba (40 km de la capitale guinéenne) les pirates ont capturé le navire Djibloho appartenant au gouvernement de la Guinée équatoriale. Deux citoyens russes de l'équipage ont été kidnappés.

Jusqu'à présent, les pirates n'ont pas établi de contact ni formulé d'exigence.

L'Ambassade de Russie au Cameroun interagit activement avec les autorités de la Guinée territoriale et la compagnie propriétaire du navire afin de contribuer à la recherche de l'endroit où se trouvent les citoyens russes kidnappés et leur libération au plus vite. Nous suivons ce thème de très près.

 

Sur la profanation d'un monument funéraire soviétique en Pologne

 

Je voudrais parler de la tendance alarmante à la réécriture de l'histoire. Ces derniers temps, malheureusement, nous en avons beaucoup parlé. Il est particulièrement regrettable que cela se produise lors d'une année jubilaire. Cette réécriture concerne précisément la Seconde Guerre mondiale et la Grande Guerre patriotique. Une nouvelle fois, nous sommes contraints d'attirer l'attention sur le thème de la "guerre" contre les sites mémoriels soviétiques en Pologne. Ces faits sont indissociables de la réécriture de l'histoire, ce sont les maillons d'une même chaîne. A la veille de la Journée de la Victoire nous avons appris qu'à Poznan, sur le territoire d'un cimetière dans le quartier de Milostovo, avait été renversée la pierre tombale d'un monument funéraire où reposent les dépouilles de 79 combattants de l'Armée rouge. Les actes des vandales paraissent d'autant plus cyniques que la profanation a été commise à la veille d'une fête sacrée pour nous, à l'occasion de laquelle le monde entier célèbre l'anniversaire de l'éradication de la peste brune au sein de l'humanité.

Malgré toute la démagogie concernant l'attachement de Varsovie aux traditions et aux engagements d'une digne préservation de la mémoire des personnes tombées sur le territoire de la République polonaise, les autorités de ce pays créent une atmosphère de permissivité et de complaisance par leurs actions visant à réécrire l’histoire. C'est une base motivante pour de tels actes révoltants envers les sites mémoriels soviétiques. Dans ces conditions, les vandales, persuadés de leur propre impunité, ont agi sans crainte dans le plus grand cimetière municipal de l'une des plus grandes villes polonaises.

Nous appelons les autorités polonaises à renoncer à la lutte contre la mémoire des héros soviétiques tombés et à prendre enfin des mesures réelles pour lutter contre les vandales.

 

Sur la situation des migrants du travail d'Asie centrale en Russie

 

Le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres a déclaré que le monde était frappé non seulement par la pandémie de coronavirus, mais également par l'infodémie - néologisme qui désigne l'abondance de fakes, de désinformations, de publications mensongères consacrées directement au thème du coronavirus ou aux thèmes annexes.

Ces derniers temps, plusieurs médias américains et financés par les États-Unis (notamment Radio Free Europe) relaient activement des publications orientées sur la prétendue discrimination dont souffriraient en Russie les migrants du travail des pays d'Asie centrale, la réticence des autorités russes à leur apporter un soutien en cette période difficile due à la pandémie de coronavirus.

C'est faux.

Conformément au décret 274 du Président russe Vladimir Poutine du 18 avril 2020 sur les mesures provisoires pour régulariser la situation juridique des citoyens étrangers et des personnes sans citoyenneté en Fédération de Russie compte tenu du risque de prolifération du nouveau coronavirus (Covid-19), le délai de séjour temporaire ou permanent pour les citoyens étrangers, s'il devait s'écouler entre le 15 mars et le 15 juin 2020, a été suspendu jusqu'à la fin de cette période de 90 jours. Les mêmes mesures sont prévues pour la durée des autorisations pour faire appel aux travailleurs étrangers, des autorisations de travail.

Il a été prescrit aux organes territoriaux du Ministère russe de l'Intérieur de s'abstenir d'utiliser contre les citoyens étrangers des mesures liées à l'expulsion administrative, la déportation, la réadmission pour la violation de la législation migratoire, et un travail explicatif est mené sur la nécessité de régulariser sa situation juridique en Fédération de Russie.

Notre pays adopte une approche attentive et souple de ces questions, compte tenu de toutes les circonstances et sur la base législative en vigueur. Pour les migrants du travail des pays de la CEI et de l'Union économique eurasiatique (UEE) sont prévues plusieurs garanties sociales, notamment une assistance pour obtenir une aide médicale urgente.

Nous notons en particulier qu'une grande partie des migrants du travail, durant toute la quarantaine, a travaillé sur les sites d'infrastructure critique, notamment dans les entreprises des services communaux qui n'ont pas cessé leur activité pendant les restrictions décrétées en Russie.

Mardi 12 mai, à Moscou et dans la région de Moscou, où se concentre le plus grand nombre de travailleurs d'Asie centrale, ont repris les travaux sur les sites de construction. A cet égard, nous comptons sur la normalisation totale au plus vite du marché du travail russe, ce qui est à la fois dans notre intérêt et dans celui de nos partenaires d'Asie centrale.

 

Sur les spéculations antirusses dans les médias étrangers concernant les statistiques des personnes infectées par le coronavirus

 

Nous pensons, malheureusement, que le nombre de fakes ne fera que grandir. Je réitère la thèse du Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres: c'est une véritable infodémie.

Nous avons remarqué une série de publications de différents médias occidentaux, notamment du New York Times et du Financial Times, sur la prétendue "sous-évaluation significative" du nombre de morts du nouveau coronavirus par les autorités russes.

Ces publications ont déjà été démenties par les autorités compétentes et le Centre opérationnel. Nous constatons également qu'elles sont incorrectes et contiennent un avis préconçu, une présentation unilatérale inadmissible du sujet. Je voudrais une nouvelle fois souligner que ces publications ont été rapidement commentées par un grand nombre de spécialistes compétents et représentants officiels de la Fédération de Russie.

Nous avons noté qu'il ne s'agissait pas d'une éventuelle erreur de journalistes qui n'auraient pas compris la situation, mais d'une réticence à la comprendre. En témoigne le fait que ces publications n'ont pas tenu compte de la position officielle de la Russie au moment de la préparation des publications sur ce thème. Si les auteurs souhaitaient trouver la vérité, la précision et l'impartialité, alors ils auraient dû vérifier leurs "trouvailles" en demandant des informations à ce sujet, sans lesquelles les publications n'auraient pu avoir lieu. Cette approche correspond aux traditions affichées de la presse occidentale. Mais cela n'a pas été le cas. Alors que tout le monde sait à quel point il est important, surtout en période de pandémie, non seulement d'être correct, mais également de vérifier les faits, d'avoir la possibilité de vérifier et de revérifier les informations, de tout faire pour que les publications n'infligent pas de préjudice et ne se transforment pas en désinformation.

Nous sommes préoccupés par l'apparition synchronisée des articles mentionnés et la similitude frappante de leur contenu. Les véritables fins de leur préparation ne font aucun doute. Nous voyons (et les preuves sont de plus en plus nombreuses) que certaines forces occidentales cherchent à profiter de la crise actuelle dans le monde entier pour discréditer les efforts des gouvernements de certains pays et déstabiliser la situation. Nous sommes consternés par les doubles standards de nos partenaires occidentaux et des médias qu'ils supervisent, qui appellent à lutter contre les fakes, notamment sur la pandémie, tout en menant une véritable campagne de désinformation contre d'autres pays en exprimant à leur égard des critiques qui n'ont rien à voir avec l'exposition de faits, d'une analyse ou d'un point de vue. Il existe des standards du journalisme en situation de crise, il y a des informations en surabondance fournies par les autorités russes qui peuvent être utilisées et actualisées. Tout est accessible, ouvert, les services de presse travaillent, et il est toujours possible d'obtenir ces informations. Du moins, quand on est persuadé d'avoir raison: il est possible et il faut toujours accorder à la partie sur laquelle vous écrivez la possibilité d'exprimer son point de vue.

A cet égard, nous avons adressé des lettres adressées aux rédactions des éditions mentionnées avec des explications et des demandes de publier des démentis des articles en question. Les démentis qui ont été faits au niveau des institutions russes, au niveau du centre, doivent être reflétés dans les articles des médias concernés. Ces lettres seront transmises via les ambassades de Russie aux États-Unis et au Royaume-Uni. Je souligne une nouvelle fois qu'elles contiennent des commentaires qui démentissent ces articles.

Nous enverrons des requêtes appropriées aux structures internationales compétentes, avant tout au représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir, à la directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay, les appelant à s'exprimer sur ce cas. Bien évidemment, nous informerons le secrétariat de l'Onu compte tenu, je le répète, de la détermination avec laquelle le secrétaire général de l'Onu a appelé tous les pays à faire face à la propagation non seulement de l'infection de coronavirus, mais également de l'infodémie.

 

Sur l'anniversaire de l'indépendance de la République du Paraguay

 

La République du Paraguay a acquis son indépendance de l'Espagne il y a exactement 209 ans.

Il est important de rappeler l'histoire de ce pays unique de la région latino-américaine dans le contexte de la préservation, dans différentes régions du monde, de la mémoire de l'héroïsme, du courage et du dévouement des militaires russes.

En ce qui concerne le Paraguay, il est question de la guerre du Chaco de 1932-1935, à laquelle ont volontairement participé 75 anciens officiers de l'Armée blanche émigrés au Paraguay après octobre 1917. Parmi eux: le général Ivan Beliaev, militaire et chercheur ethnographe, également connu pour ses études de la culture des tribus amérindiennes.

Le fait que la ville de Fortin-Serebriakov porte le nom d'un autre général et que 14 rues de la capitale paraguayenne portent des noms russes témoigne de la préservation de la mémoire des officiers russes.

La famille Fleischer a apporté une grande contribution au renforcement de nos relations. Igor Fleischer-Chevelev est depuis des années consul honoraire de Russie à Asuncion, et son oncle, Alexeï Fleischer, qui s'est retrouvé à Rome pendant la Seconde Guerre mondiale, est devenu une figure marquante parmi les combattants russes de la Résistance italienne.

Les Paraguayens éprouvent à ce jour une gratitude sincère envers nos compatriotes, et, par leur personne, envers la Russie, pour la main d'aide tendue en une période difficile. Le dirigeant paraguayen Mario Abdo Benitez l'a notamment rappelé durant sa visite en Russie en juin 2018. Nous tenons en grande estime le fait que la mémoire de notre histoire commune soit soigneusement préservée sur le territoire paraguayen.

Je me joins aux vœux du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov adressés à son homologue paraguayen, pour exprimer au nom du Ministère les meilleurs vœux de paix et de prospérité au peuple de ce merveilleux pays.

 

Réponses aux questions:

Question: Le Ministre tchèque des Affaires étrangères Tomas Petricek a déclaré que Prague comptait sur des consultations avec la Russie au niveau des chefs de diplomatie dans le cadre de l'accord sur les relations entre les deux pays. Cette déclaration intervient en pleine controverse suite au démantèlement du monument au maréchal Ivan Konev à Prague et après des publications dans les médias tchèques selon lesquelles un collaborateur de la mission diplomatique russe aurait apporté de la ricine à Prague. Le Ministère des Affaires étrangères prévoit-il des consultations avec les collègues tchèques? Quelles questions seront à l'ordre du jour?

Réponse: Le ministre tchèque a fait de nombreuses déclarations mais, malheureusement, elles étaient loin de toujours refléter l'intention de créer une atmosphère constructive dans nos relations.

En ce qui concerne l'organisation d'une discussion entre les ministres des Affaires étrangères, la discussion sur les problèmes accumulés, selon la pratique établie, commence par un travail préparatoire au niveau approprié afin de garantir une base solide pour la discussion à venir entre les chefs de diplomatie. Il est important de déterminer la disposition réelle des autorités tchèques à redresser la situation malsaine dans les relations bilatérales, causée sur leur initiative.

Notre ambassade à Prague a récemment envoyé une note à ce sujet au ministère des Affaires étrangères tchèque. L'Ambassadeur de Russie a pour consigne de mener des consultations avec la direction du ministère des Affaires étrangères tchèque dans le cadre de l'article 5 du Traité d'amitié et de coopération de 1993 entre nos pays, prévoyant une telle possibilité dans l'agenda bilatéral. Au moment de la préparation de cette conférence de presse nous n'avions toujours pas reçu de réponse des autorités tchèques. Le Ministre Tomas Petricek a également parlé dernièrement de son intention de rencontrer notre Ambassadeur pour évoquer la situation.

Selon les résultats, nous déterminerons les démarches à engager.

Question: Récemment, le Ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a envoyé au Secrétaire général de l'Onu une lettre rappelant le retrait unilatéral des États-Unis du Plan d'action global commun sur le nucléaire iranien il y a deux ans, et appelant l'Onu à s'opposer aux sanctions unilatérales américaines. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Le 8 mai a marqué les deux ans de la signature, par le Président américain, du Mémorandum sur la suspension de la participation des États-Unis au Plan d'action, et l'adoption de mesures supplémentaires pour lutter contre l'influence iranienne hostile et bloquer toutes les possibilités d'obtention de l'arme nucléaire par l'Iran.

Cet intitulé criant créait la conjoncture nécessaire pour l'administration américaine en assouplissant la perception internationale de la décision de Washington de renoncer à tenir ses engagements dans le cadre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui avait fixé le Plan d'action en tant que partie intégrante du droit international. Pour la première fois de l'histoire, l'un des États fondateurs de l'Onu a ouvertement défié le Conseil de sécurité en refusant de respecter ses décisions. Bien évidemment, de tels actes ne doivent pas rester impunis, tout comme les démarches entreprises par les États-Unis au niveau législatif et exécutif faisant suite au mémorandum en question, transgressant le Plan d'action et la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous sommes certains que les pays membres de l'Onu sauront trouver la réponse appropriée à cet arbitraire juridique causé par Washington. Il est inadmissible qu'un tel comportement érode les fondements du fonctionnement de l'Onu.

Qu'ont obtenu les États-Unis avec leurs décisions irréfléchies de se retirer du Plan d'action et de rétablir les sanctions contre l'Iran, ainsi qu'avec leurs menaces permanentes visant les autres pays et organisations internationales sous peine de punitions en tout genre pour la mise en œuvre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies? En étudiant objectivement la situation, les Américains ne peuvent s'attribuer aucun mérite. Aucun des objectifs fixés par les États-Unis n'a été atteint, alors que Washington s'est complètement discrédité en tant qu'acteur responsable des processus mondiaux capable de s'entendre sur une base équitable et mutuellement avantageuse, et de répondre de ses propos.

Ironie du sort: deux ans après avoir claqué la porte, le Département d’État américain a décidé de rappeler la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, visiblement pour profiter de ses termes à ses fins destructives. Il est étonnant de voir comment les mêmes personnes affichent qu'ils ne veulent pas remplir le Plan d'action, tout en revendiquant, dans le cadre de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, les droits qui sont accordés aux acteurs de l'accord nucléaire. La finesse étrange des juristes américains est connue pour ses larges capacités, mais en l'occurrence il faut comprendre que le Plan d'action et la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies sont indissociables.

La rupture unilatérale du Plan d'action et les actions de Washington qui ont suivi représentent une sérieuse violation des accords globaux et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies. Un pays qui ne respecte pas les termes de la résolution ne peut pas bénéficier des droits qui en découlent. C'est évident. Il convient de souligner que les États-Unis ont eux-mêmes choisi la voie de l'infraction, se sont rayés de la liste des acteurs du Plan d'action et ont perdu le droit de parole dans les affaires liées à la mise en œuvre des accords. Ils ne peuvent blâmer personne pour la réticence provoquée dans le monde face à la prétention actuelle de recourir aux mécanismes de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Il ne fait aucun doute que les autorités américaines doivent immédiatement interrompre leur ligne visant à saper le Plan d'action et contribuer à garantir le respect absolu de toutes les exigences de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies en revenant sur leurs actions et leurs décisions législatives antérieures illégales. L'érosion obstinée du Plan d'action par de nouvelles idées anti-iraniennes, dont fait partie la proposition de décréter contre l'Iran un embargo sur les armes à durée indéterminée, ne fait pas honneur aux États-Unis. Il est évident que cette ligne n'a aucune perspective.

Les efforts des acteurs du Plan d'action qui ont préservé leur attachement authentique et total à l'accord nucléaire, et continuent de lutter pour son maintien et son accomplissement durable, se poursuivront. Washington ne doit avoir aucun doute à cet égard, tout comme sur le fait qu'avec les autres acteurs du Plan d'action nous nous opposerons aux tentatives de substituer les objectifs de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies par de fausses dispositions avancées par les États-Unis.

Question: Pendant les visites de représentants russes en Ouzbékistan en 2019-2020 a été évoquée l'aspiration des autorités ouzbèkes à élargir les capacités pour l'apprentissage du russe et son utilisation, notamment pour accroître la compétitivité de l'économie nationale et créer dans le pays un "hub éducatif" régional. Cependant, il a été annoncé récemment que le Ministère de la Justice de l'Ouzbékistan avait préparé un projet de loi prévoyant des amendes pour les responsables qui ne mèneraient pas leur travail dans la langue nationale (ouzbèke). Cela veut dire qu'en cas d'adoption d'une telle loi, les fonctionnaires seraient sanctionnés pour l'usage du russe au niveau officiel?

Réponse: Je voudrais noter que dans le cadre des requêtes des autorités ouzbèkes, nous menons un travail commun actif sur la mise en place d'un programme complet d'enseignement du russe en Ouzbékistan. Il sera question d'accroître le volume de littérature pédagogique et de fiction, de l'ouverture de centres supplémentaires de langue russe, de l'envoi d'experts russisants dans des centres de reconversion et d'amélioration des acquis des enseignants, de l'augmentation du quota des places budgétaires dans les universités russes pour les étudiants ouzbèkes en spécialité "philologie russe", et d'autres.

Nous avons remarqué la polémique provoquée par ce projet de loi dans les médias. On a l'impression que pour l'instant ses partisans sont largement minoritaires. La plupart des commentaires indiquent que le maintien du russe au niveau officiel correspond entièrement à l'esprit de l'histoire et à la qualité actuelle de nos relations, et surtout aux intérêts de nombreux citoyens de l'Ouzbékistan qui optent souvent pour étudier ou travailler en Russie.

Question: Dans le contexte de la pandémie, l'Azerbaïdjan a appelé hier l'Arménie à procéder à un échange de prisonniers et d'otages au format "tous contre tous". Que pense la Russie de cette initiative?

Réponse: Les questions liées à l'échange et à la facilitation du sort des personnes détenues sur les territoires des deux parties sont constamment à l'ordre du jour des négociations sur le processus de paix du Haut-Karabakh. L'an dernier à Moscou a été prise la décision d'autoriser les proches à rendre visite aux détenus. Puis l'Azerbaïdjan et l'Arménie ont échangé un détenu chacune. Avec la contribution des coprésidents du Groupe de Minsk de l'OSCE se poursuivent les consultations sur le sort des autres prisonniers. Nous suivrons attentivement leur déroulement.

Question: Comment Moscou a-t-il réagi à la constitution d'un nouveau gouvernement à Bagdad? Y a-t-il eu des contacts avec ce dernier?

Réponse: Nous saluons la validation de la nouvelle composition du gouvernement du pays par le Conseil des représentants (parlement) de l'Irak le 7 mai. Après plus de cinq mois de consultations compliquées, les principales forces politiques de l'Irak ont réussi à parvenir à ce consensus tellement nécessaire. Le Président russe Vladimir Poutine et le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine ont envoyé au Premier ministre Mustafa Kazemi des télégrammes de félicitations.

Nous espérons que le nouveau gouvernement irakien justifiera la confiance qui lui est accordée et, en cette période difficile pour le pays, réussira à garantir un règlement efficace des questions centrales de l'agenda national afin de stabiliser la situation, renforcer la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale de l'Irak.

De notre côté, nous avons l'intention de contribuer activement au développement continu des relations russo-irakiennes traditionnellement amicales et à l'élargissement de la coopération mutuellement avantageuse et diversifiée.

Question: Est-ce que la Russie relancera la coopération militaro-technique avec l'Iran à la fin de l'embargo en octobre 2020, et profitera de son droit de veto contre la résolution américaine prévoyant la prolongation de cet embargo?

Réponse: Premièrement, je voudrais rappeler que la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies n'a pas décrété d'embargo sur les armes contre l'Iran. Il s'agissait d'un mécanisme temporaire selon lequel ce pays pouvait exporter ou importer certains types d'armement. Ce mécanisme expire le 18 octobre 2020.

Deuxièmement, l'Iran est notre voisin et partenaire traditionnel dans le secteur militaro-technique. Pourquoi ne devrions-nous pas travailler avec lui? Nous avons un tel droit, et Téhéran a le droit de garantir sa sécurité et ses besoins en matière de défense.

En ce qui concerne des idées des États-Unis dans le contexte de la résolution 2231 du Conseil de sécurité des Nations unies, alors le moment est manqué depuis leur sortie officielle du Plan d'action de manière pompeuse en mai 2018.

 

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