2 avril 202017:51

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 2 avril 2020

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Sur les mesures pour le rapatriement des Russes se trouvant à l'étranger

 

Le Ministère russe des Affaires étrangères contribue au rapatriement des citoyens russes de l'étranger en application des décisions du Conseil de coordination auprès du gouvernement de la Fédération de Russie pour la lutte contre la prolifération du nouveau coronavirus et du Quartier général opérationnel pour la prévention de l'entrée et de la prolifération du nouveau coronavirus sur le territoire de la Fédération de Russie. En coordination étroite avec le Ministère des Transports et Rosaviatsia, nous organisons, en utilisant tout le potentiel des établissements diplomatiques russes à l'étranger, le rapatriement des citoyens russes. Dans ses actions, le Ministère russe des Affaires étrangères s'appuie sur les décisions prises au format interministériel en tenant compte de la situation en perpétuelle évolution.

Le bloc de travail dont je vais parler inquiète de nombreux citoyens qui se trouvent actuellement à l'étranger et n'ont pas la possibilité de revenir dans le pays même s'ils en éprouvent le besoin car ils n'ont pas d'argent, de possibilité de payer pour le logement, ni de contact. Je voudrais évoquer les mesures et des décisions prises à l'heure actuelle, qui sont élaborées et seront appliquées.

A l'issue de la dernière réunion du Conseil de coordination, le 30 mars, le Ministère russe des Affaires étrangères a été chargé d'assurer la participation du Ministère russe des Communications, du Fonds de la sécurité sociale de la Fédération de Russie et du groupe de travail du Conseil d’État russe pour la lutte contre la prolifération du coronavirus à l’information sur les citoyens russes qui ont exprimé le souhait de revenir dans le pays, notamment par la transmission de leurs numéros de téléphone portable, afin d'organiser une information préalable par SMS concernant la nécessité de remplir un formulaire électronique sur le Site unifié des services publics.

Ces consignes chargent également le Ministère russe des Finances d'attribuer au Ministère russe des Affaires étrangères des fonds du budget fédéral pour 2020 pour soutenir les citoyens russes n'ayant pas la possibilité de revenir en Fédération de Russie ayant besoin d'un soutien matériel et ne disposant pas de logement dans le pays de séjour.

Actuellement, les établissements du Ministère russe des Affaires étrangères à l'étranger aident les citoyens uniquement dans la limite de leurs capacités. Nous partons du principe qu'une aide systémique globale sera déployée très prochainement à partir des décisions prises sous l'égide de notre gouvernement.

Je voudrais également rappeler à ceux qui reviennent actuellement, sont déjà revenus ou vont revenir en Fédération de Russie via des aéroports de Moscou et résidant dans la région de Moscou ou d'autres régions qu'ils doivent obéir aux prescriptions instaurées dans chaque région afin d'empêcher la prolifération de l'infection de coronavirus. Il s'agit d'un confinement de 14 jours à son domicile en ce qui concerne Moscou et la région de Moscou. Je voudrais souligner que dans chaque région de la Fédération de Russie ont été prises des décisions en la matière qui doivent être respectées par tous ceux qui reviennent dans notre pays.

 

Sur l'aide humanitaire accordée dans le cadre de la lutte contre le coronavirus

 

Je voudrais dire également qu'en ce moment tous les acteurs responsables des relations internationales ont conscience du nouveau risque et de la réalité qui nécessite d'unir toutes les ressources, les capacités et les efforts pour faire sortir la communauté mondiale de cette situation difficile.

A l'heure actuelle, les États s'accordent l'aide nécessaire. Nous voudrions exprimer notre gratitude à la Chine pour l'envoi en Russie d'une cargaison humanitaire. Le 1er avril, un avion militaire russe a transporté de Pékin vers Moscou des articles médicaux gratuitement fournis par le gouvernement chinois. La cargaison humanitaire a été envoyée, les explications sur son contenu ont déjà été apportées.

Je voudrais dire également que, de notre côté, nous réagissons également aux requêtes envoyées à notre pays en ces temps difficiles.

Vous le savez, la Russie et les États-Unis collaborent dans la lutte contre la prolifération du coronavirus dans le cadre d'une entente conclue entre les deux présidents durant leur entretien téléphonique le 30 mars.

Suite à cette entente, une cargaison d'équipements médicaux a été envoyée aux États-Unis par un avion de transport militaire du Ministère russe de la Défense. Des explications ont été données suite aux questions adressées à la Russie par les médias américains et russes.

Je voudrais une nouvelle fois répondre à toutes les questions. La moitié du prix du fret a été prise en charge par le Fonds russe pour les investissements directs (RFPI), et l'autre moitié par les autorités américaines. Vous le savez, le RFPI joue un rôle important dans la coopération d'affaires russe et américaine, il soutient les entreprises américaines en Russie.

Il convient de noter en particulier qu'actuellement la Russie a la possibilité d'aider à combattre cette menace commune. Je voudrais souligner qu'aujourd'hui tout le monde est d'accord sur le fait qu'il s'agit d'une menace commune. Durant l'étape décisive de la lutte de la Chine contre la prolifération de l'épidémie de coronavirus, Moscou a fait partie des premiers à apporter une aide à nos amis chinois. Et à présent nous recevons un soutien de Pékin. En ce moment les États-Unis réorientent leur industrie sur la fabrication des produits nécessaires pour contenir la pandémie de coronavirus. Nous sommes certains qu'en cas de besoin ils pourraient à l'avenir apporter un soutien à la Russie si c'était nécessaire.

Bien sûr, nous avons remarqué la déclaration du Département d’État américain concernant l'importance d'efforts communs dans la lutte contre le coronavirus. Elle stipule en particulier que "les deux pays se sont accordés une aide humanitaire par le passé et il ne fait aucun doute qu'ils le feront à l'avenir. C'est le moment de travailler ensemble pour vaincre l'ennemi commun qui menace la vie de tout un chacun". Nous partageons entièrement cette approche. Le moment est venu de travailler ensemble!

 

Sur l'aide russe apportée à l'Italie dans la lutte contre la prolifération du coronavirus

 

L'aide russe accordée à l'Italie a été reçue avec gratitude par la population italienne. L'aide apportée aux Italiens par la Fédération de Russie dans la lutte contre la prolifération du coronavirus est humanitaire et n'est associée à aucun agenda politique.

La décision d'envoyer une vaste aide dans la région des Apennins a été prise à l'issue d'un entretien téléphonique du Président russe Vladimir Poutine avec le Président du Conseil des ministres de l'Italie Giuseppe Conte le 21 mars, après la demande de ce dernier adressée au chef de l’État russe.

La reconnaissance des autorités italiennes officielles pour l'aide apportée par la Russie s'est exprimée par la présence du Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Luigi Di Maio et du chef d'état-major des forces armées italiennes Enzo Vecciarelli à l'aéroport de Pratica di Mare pour accueillir les premiers avions de transport militaire russes le 22 mars. Les Italiens ont réagi à l'aide russe avec un immense enthousiasme. Vous avez vu ces images. Le Ministère des Affaires étrangères et les établissements diplomatiques russes reçoivent des dizaines de lettres de gratitude, des centaines, voire des milliers de messages de la part de citoyens ordinaires et de différentes associations italiennes. Les habitants de Bergame ont accueilli le convoi de matériel russe avec des applaudissements et l'hymne russe. Ces images ont fait le tour du monde.

L'aide accordée à l'Italie par la Russie est très concrète et pratique. Je ne vais pas énumérer toute l'aide envoyée aux Italiens. Tout cela a déjà été communiqué et largement commenté par les représentants officiels des organismes chargés de l'envoi de cette cargaison. Dans l'ensemble, je peux dire qu'en plus de la cargaison humanitaire envoyée travaillent également sur place des spécialistes civils et militaires, du matériel spécial, qu'une aide est également envoyée en Italie par le Ministère russe de l'Industrie et du Commerce. Nous reviendrons sur ce thème sur notre site et les réseaux sociaux.

Je veux parler d'autre chose. Les exemples de coopération humanitaire civilisée, d'entraide, sont la meilleure illustration de ce qui a été accumulé par l'humanité durant toutes ces années. Mais tout cela est confronté à un autre aspect: à la volonté de déformer les objectifs réels de cette aide. Tous les mécanismes de propagande et de guerre de l'information sont utilisés pour diminuer la signification de ces actions humanitaires ou simplement les déformer. En utilisant des fakes et la désinformation. Bien évidemment, cela ne pourra jamais diminuer la signification de la coopération des pays, de leur entraide, rien ne pourra stopper l'aspiration absolument sincère et juste des pays, des peuples et des chefs d’État qui tendent une main d'amitié en cette période difficile pour l'humanité lorsqu'elle est nécessaire. Je trouve qu'il faut suivre ces exemples, qu'ils doivent être plus nombreux. Il faut se soutenir mutuellement en cette période difficile pour toute l'humanité.

 

Sur un article du journal italien La Stampa concernant une cargaison humanitaire de masques pour la région italienne des Abruzzes prétendument retenue en Russie

 

Le journal italien La Stampa s'était déjà distingué par plusieurs articles diffamants concernant l'aide humanitaire russe accordée à l'Italie. Récemment, il a publié un nouveau fake visant à déformer complètement les actions de la Russie par rapport à la crise sanitaire et épidémiologique en Italie.

Se référant à des sources douteuses (si elles existent), le journal a écrit un article sur une cargaison prétendument retenue en Russie et a fourni des informations entièrement fausses.

Bien sûr, nous y avons réagi au niveau de l'Ambassade de Russie et nous continuerons d'y réagir.

En réagissant à cette intox nous avons réussi à identifier l'intermédiaire: la société Giosar enregistrée à Londres, dont le représentant a absolument refusé de fournir toute information sur l'accord mentionné dans l'article et de répondre à nos questions, notamment concernant l'emplacement, le coût et les caractéristiques du fret, ainsi que son expéditeur et son destinataire.

En creusant, il s'est avéré qu'il s'agissait d'une opération purement commerciale que certaines structures étrangères avaient tenté d'organiser dans l'ombre. Sachant que les autorités russes n'ont pas été informées préalablement de cette livraison et n'y étaient aucunement liées. Tout cela est présenté par le journal La Stampa dans le contexte des efforts humanitaires de la Russie.

Je pense que tout le monde a déjà compris que certains commerçants avides tentaient manifestement de profiter du problème, du malheur, et en l'occurrence de cette tragédie pour l'Italie. Nous lutterons contre cette désinformation, fermement et régulièrement.

 

Sur la situation au Venezuela et autour

 

La situation mondiale liée à la pandémie de Covid-19 permet de mettre de côté tout le superficiel et de pointer l'essentiel: notre monde est effectivement petit et interdépendant. C'est pourquoi aujourd'hui l'humanisme dans les relations entre les hommes et les États, et leur solidarité mutuelle face à la menace commune, deviennent cruciaux.

C'est cette prise de conscience qui a dicté la proposition russe, formulée pendant le sommet extraordinaire du G20 du 26 mars, de créer des corridors verts exempts de guerres commerciales et de sanctions pour l'acheminement de médicaments, de nourriture, d'équipements et de technologies. Dans l'idéal, nous devons instaurer un moratoire solidaire sur les restrictions portant sur les produits de première nécessité, ainsi que sur les transactions financières pour leur achat. Pourquoi? La réponse est évidente. Pour que l'humanité ait une chance de vivre une nouvelle vie, une vie bâtie sur de véritables valeurs humanistes. Le Président russe Vladimir Poutine avait souligné que c'était une question de vie ou de mort, une question purement humanitaire qui devait être dépourvue de toute politisation.

Dans le même sens se sont exprimés d'autres dirigeants mondiaux, notamment le Secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres, le Président argentin Alberto Fernandez. Avec d'autres pays, nous promouvons cette initiative à l'Onu.

Les sanctions doivent notamment être levées contre le Venezuela, en particulier dans cette situation difficile. Je souligne que c'est une situation difficile pour tous les pays sans exception. De nombreux dirigeants internationaux influents ne cachent pas publiquement cette prise de conscience. Notamment la Haute-Commissaire de l'Onu aux droits de l'homme Mme Bachelet et la rapporteuse spéciale de l'Onu sur le droit à l'alimentation Hilal Elver. Même un groupe de sénateurs américains a demandé au Président américain Donald Trump de suspendre temporairement les sanctions qui empêchent d'envoyer au Venezuela des produits de première nécessité.

Des figures éminentes de l'opposition vénézuélienne se sont également exprimées dans ce sens. La lutte contre le coronavirus devient un facteur unificateur pour la plupart des principales forces politiques de Caracas, pour tout le peuple vénézuélien.

Malheureusement, nous voyons que certains groupes politiques à l'étranger continuent de suivre une logique de primates vis-à-vis de cette conjoncture politique, aspirent à profiter de la situation difficile dans le monde, de la situation épidémiologique au Venezuela notamment pour parvenir à leurs fins politiques. Ces forces politiques cherchent à réellement achever le pays et le peuple, parce que l'idée du coup d’État pour renverser le Président du pays Nicolas Maduro légitimement élu ne quitte pas certains esprits en Occident.

Nous avons fait objection au blocage de l'aide à Caracas du niveau du FMI, nous avons condamné le "mandat d'arrêt" américain contre le dirigeant d'un État souverain sous un prétexte fallacieux. Entre temps, comme pour se moquer, Washington a annoncé une improvisation sous la forme d'un plan de "règlement" dans le cadre de la création au Venezuela d'un "gouvernement de transition". Par exemple, aujourd'hui a été rapporté le déploiement dans la région latino-américaine de la plus grande opération "antidrogue" depuis trente ans avec la participation de la marine américaine.

Dans ce contexte, la déclaration des représentants du Département d’État donne l'impression d'une absurdité totale.

Nous sommes contraints de réitérer un truisme. Ce que nous avons déjà dit. Seul le peuple du Venezuela, pays souverain, est en droit de déterminer son avenir conformément à sa législation et sans ingérence destructive extérieure. Pour ceux qui l'ont oublié je rappelle que c'est l'une des pierres angulaires pour comprendre la démocratie dans les relations internationales.

En analysant le plan américain absurde dans le contexte actuel de la pandémie, nous n'y voyons ni humanisme ni démocratie.

Dans des conditions où chaque jour compte pour prévenir la propagation incontrôlée de cette infection, plusieurs forces politiques imposent, malheureusement, leurs décisions. Dans cette situation aggravée par les sanctions extérieures, le gouvernement du Venezuela sous la présidence de Nicolas Maduro agit très efficacement, selon nous.

Ensuite. Aujourd'hui, à l'heure où le monde entier a décrété de facto un moratoire sur toutes les activités politiques et sociales importantes, il est suggéré d'élaborer et de convenir d'un calendrier des élections au Venezuela en mettant l'accent sur la réélection du Président du pays. Nous pensons qu'il faut avant tout penser au peuple vénézuélien et aux moyens permettant d'aider ce pays à sortir de cette catastrophe humanitaire (pandémie). On pourrait aussi parler des plans américains complètement détachés de la réalité vis-à-vis du Venezuela, mais je trouve que suffisamment de choses ont été dites, et nous continuerons de suivre ce thème.

 

Sur la critique de l'ONG Human Rights Watch au sujet des "conditions incroyablement difficiles" de détention dans les établissements pénitentiaires russes en l'absence du service médical nécessaire dans le contexte de la pandémie de coronavirus

 

Nous avons remarqué la publication de l'ONG Human Rights Watch affirmant que dans les établissements pénitentiaires russes les détenus se trouveraient dans des "conditions incroyablement difficiles" en l'absence du service médical nécessaire.

Je voudrais souligner que le Service fédéral d'application des peines de la Russie, en collaboration avec les services sanitaires et épidémiologiques, prend les mesures nécessaires pour empêcher la prolifération du virus. Nous pensons que dans n'importe quel pays, à l'heure actuelle, il est déplacé et indigne de profiter de la situation dans un contexte politique.

Quant à Human Rights Watch, la situation dans le pays où l'organisation siège nécessite de sa part une attention bien plus importante que dans le nôtre. Il faudrait prêter attention à la situation dans les prisons - et pas seulement - où cette ONG peut utiliser à plein son mécanisme de réaction sur la base de faits réels. Elle dispose d'une telle possibilité aux États-Unis.

Je pense que l'ONG sait qu'en 2017 1,5 million de personnes étaient détenues dans les prisons américaines. Dont des citoyens russes. Si Human Rights Watch notait, en cette période difficile, que depuis des années aux États-Unis sont emprisonnés des citoyens russes qui ont réellement besoin d'une aide médicale parce que leur santé a été détériorée, notamment par les actions illégales des autorités locales, ce serait aussi une bonne chose. Ce problème existe et nous en parlons. C'est pourquoi Human Rights Watch a toutes les clés en main pour utiliser son potentiel en ce sens.

Cela fait longtemps que nous exigeons de Washington la libération de Konstantin Iarochenko, de Viktor Bout, de Bogdana Ossipova, de Roman Seleznev et de bien d'autres. Il y a plus d'une semaine, le 24 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a envoyé au Secrétaire d’État américain Mike Pompeo une nouvelle note à ce sujet, appelant à faire preuve d'humanisme au vu du danger réel pour leur santé. Ce serait une bonne chose que nos efforts, compte tenu de l'activité de Human Rights Watch, soient soutenus par les actions de cette ONG.

 

Sur les propos de Markus Ederer, chef de la Représentation de l'UE à Moscou

 

Nous avons remarqué le commentaire du chef de la Représentation de l'UE à Moscou Markus Ederer concernant l'aide accordée à l'Italie par la Russie. Ce commentaire suscite notre consternation.

Alors même qu'il a prononcé des mots justes de gratitude envers notre pays pour l'aide apportée à l'Italie amicale, le chef de la Représentation de l'UE en Russie a repris les propos absolument infondés de ceux qui sont chargés de la propagande en UE et qui accusent la Russie de prétendue désinformation, d'une campagne de désinformation. C'est un comportement indécent. Si la Représentation de l'UE à Moscou a des questions ou a connaissance de faits témoignant d'erreurs dans l'information, d'incohérences ou même de désinformation, nous sommes toujours prêts à répondre à ses questions, à étudier les publications visées. Vous ne fournissez pas ces informations tout simplement parce qu'elles n'existent pas. Vous faites vous-mêmes de la désinformation. C'est honteux de le faire à une période si difficile pour l'humanité. Et pour l'UE, d'ailleurs.

 

Sur la reconnaissance par les Pays-Bas de la mort de civils suite aux bombardements du territoire irakien en 2015

 

Les informations en provenance des Pays-Bas nous font revenir au thème des bombardements de la ville irakienne de Hawija perpétrés en juin 2015 par l'aviation néerlandaise. En décembre 2019, la Russie s'était déjà exprimée sur cet incident. Cependant, à cette époque, La Haye niait obstinément son implication dans la mort de plusieurs dizaines de civils.

Sous la pression du public et des députés, la Ministre néerlandaise de la Défense Ank Bijleveld a enfin reconnu que 70 civils avaient effectivement été tués au cours de cette opération de l'aviation néerlandaise.

Toutefois, la Ministre de la Défense de ce pays a tenté de se justifier. Elle a prétendu que jusqu'à récemment les Pays-Bas ignoraient l'ampleur réelle des faits parce que les États-Unis "ne fournissaient pas les données définitives sur les victimes du raid aérien". Une histoire intéressante. Une fois au pied du mur, avec les faits entre les mains, La Haye a soudainement trouvé un coupable: les États-Unis. Alors que ce sont les autorités néerlandaises qui donnent à tout le monde ces dernières années des leçons sur le respect des droits de l'homme, la transparence de l'information, la lutte contre la désinformation, et comment faire en sorte que les criminels soient en prison et reçoivent une peine juste. Occupez-vous de vous-mêmes d'abord. En cinq ans vous n'avez pas pris la peine de vous intéresser au sort des gens qui ont été simplement bombardés dans un autre pays. Sachant que des ordres ont été donnés - pas par erreur, pas par hasard. Quelqu'un a donné l'ordre et 70 personnes ont été tuées. Car dans les statistiques de la coalition anti-Daech concernant les victimes civiles ces 70 personnes étaient prises en compte depuis avril 2017.

La conclusion est très simple. Les autorités néerlandaises étaient parfaitement au courant des conséquences des agissements de leurs forces armées et ont simplement caché cette élimination massive de civils irakiens à leur public. Souvenez-vous en la prochaine fois que les autorités néerlandaises vous dirons la prétendue "vérité".

 

Sur la première livraison européenne dans le cadre de l'Instrument de soutien aux échanges commerciaux avec l'Iran (INSTEX)

 

Les médias ont annoncé que des produits médicaux avaient été livrés en Iran dans le cadre de l'instrument créé par les pays de l'UE en 2019: INSTEX.

Évidemment, le progrès dans l'implantation de ce mécanisme visant à contribuer au maintien d'une interaction d'affaires normale et d'une coopération commerciale et économique légitime avec l'Iran dans le cadre de la pression par les sanctions américaines ne peut qu'être salué - et c'est d'ailleurs ce que nous faisions quand son élaboration était en cours. En même temps, il convient de noter que ce travail soi-disant préparatif a pris pratiquement un an - une partie était réellement préparatoire, mais une autre, malheureusement, était une "bataille contre des moulins à vent". L'information sur son lancement est apparue encore en juin 2019.

Nous comprenons que la création d'instruments efficaces permettant de niveler l'impact des sanctions unilatérales illégales des États-Unis sont une chose nouvelle et difficile pour l'UE. Néanmoins, un certain résultat a été atteint, et à présent il faut poursuivre les efforts en ce sens en perfectionnant continuellement les méthodes élaborées et en améliorant leur qualité et dynamique. Nous pensons que le gage d'efficacité de ce mécanisme réside dans l'implémentation des opérations avec les produits qui tombent sous le coup des restrictions américaines et l'élargissement du nombre de promoteurs de ce mécanisme grâce aux pays non membres de l'UE étant de grands partenaires commerciaux de l'Iran. Dans ces conditions, il est possible d'espérer que l'INSTEX se renforce et justifie les espoirs en devenant un élément efficace de l'infrastructure anti-sanctions globale. Nous commenterons également les détails et fournirons des informations. Ces instruments sont d'autant plus sollicités dans le cadre de la lutte générale contre les défis tels que la pandémie de coronavirus. Le recours aux sanctions unilatérales dans ces conditions est absolument inadmissible, cynique et immoral.

 

Sur le blocage d'un site d'information en Serbie

 

Nous avons également remarqué le blocage par le réseau social Facebook de la page du site vostok.rs, connu pour ses publications se référant aux sources d'information russes.

La raison de la sanction est inconnue, elle a été formulée comme une prétendue "violation des normes de la communauté", mais le fait que cette punition ait suivi la publication sur cette page d'articles consacrés au nouvel anniversaire de l'agression de l'Otan contre la Yougoslavie en 1999 prête à penser que cette coïncidence n'en est pas une. Apparemment un administrateur ou modérateur des réseaux sociaux, de Facebook en l'occurrence, n'apprécie par la mention des événements tragiques datant de vingt ans et du rôle peu attrayant joué par les pays qui ont commis une agression contre un État souverain. Tout cela a été fait en douce, étant donné que l'attention du public est actuellement absorbée par les nouvelles sur le coronavirus et la lutte contre cette pandémie. C'est évidemment une nouvelle preuve de la violation de la liberté d'expression, de la censure politique avec une orientation antirusse flagrante. Même en période de terribles épreuves, alors que l'humanité tente de vaincre l'ennemi commun qu'est la pandémie, plusieurs structures politiquement engagées, notamment les médias et les services de communication, utilisent de telles méthodes indignes pour censurer l'actualité, alors qu'il faut plancher sur d'autres choses aujourd'hui.

 

Réponses aux questions:

Question: Il a été décidé que les ambassades devraient aider les citoyens russes en situation difficile avec leur propre budget. Comment seront remboursés ces frais à l'ambassade étant donné que le virement de fonds supplémentaires n'est pas possible dans tous les pays à cause des sanctions, et que le courrier diplomatique ne sera pas livré? A-t-on élaboré un plan de fonctionnement des ambassades?

Réponse: J'ai commencé par ce thème parce qu'il est central dans l'agenda actuel du Ministère russe des Affaires étrangères: l'aide aux citoyens russes. J'ai dit aussi que notre travail se déroulait actuellement sur deux axes: l'aide au rapatriement des citoyens en Russie et l'élaboration de mesures systémiques (par le gouvernement russe, puis appliquées par le Ministère des Affaires étrangères). Je répète: des mesures systémiques globales pour aider ceux qui se trouvent sur place et ont cruellement besoin d'argent.

En l'occurrence le travail se déroule en direct. Dès que ce mécanisme sera élaboré en détail (nous partons du principe que cela sera fait dans les jours à venir), les ambassades recevront les instructions appropriées. Actuellement, les établissements diplomatiques à l'étranger utilisent de manière ponctuelle leurs moyens pour aider les gens dans le besoin sur différents problèmes: la logistique, la préparation de documents nécessaires, leur délivrance, la navette jusqu'à l'aéroport, l'aide au logement. Il existe des exemples d'attitude personnelle, informelle - dans certaines ambassades les diplomates se mettent à la place des citoyens et aident avec leur propre argent. C'est un exemple très digne car aujourd'hui nous travaillons effectivement davantage en fonction de la situation que nous voyons qu'en appliquant les instructions.

Très souvent les gens nous disent qu'ils ne parviennent pas à contacter par téléphone le Ministère russe des Affaires étrangères. En période de pointe nous recevons jusqu'à 200 appels à la minute - aucune structure n'est capable de gérer un tel nombre d'appels. Nous recevons entre 10 000 et 15 000 appels par jour. Je voudrais souligner que dans certains pays le nombre des individus qui ont exprimé la volonté de revenir dans le pays dépasse des centaines de fois le nombre de collaborateurs des établissements diplomatiques, dont le travail ne consiste pas seulement à répondre au téléphone et aux messages. Ils doivent avant tout effectuer un travail pratique: délivrer des documents de vol; établir et envoyer les listes (qui changent constamment parce que des individus y sont ajoutés ou partent), préparer cette liste compte tenu des quotas; préparer les documents pour les gens (lettres de prolongation de visas, demandes de copies des documents - toute aide en termes de documents); gérer la logistique du transport des gens. Et ce avec un tel nombre d'appels et de messages.

Question: A quelle étape se trouve l'organisation des commémorations consacrées au 10e anniversaire du crash de l'avion gouvernemental polonais Tu-154M et du 80e anniversaire de la tragédie de Katyn? Les autorités polonaises ont-elles adressé une demande officielle, une délégation sera-t-elle envoyée compte tenu de la situation actuelle?

Réponse: La Pologne a envoyé une demande officielle pour aider à organiser la visite d'une délégation polonaise sous la direction du Premier ministre du pays Mateusz Morawiecki à Smolensk et à Katyn le 10 avril 2020 à l'occasion du 10e anniversaire du crash de l'avion présidentiel et du 80e anniversaire des événements de Katyn.

Nous analysons cette question en contact direct avec les partenaires polonais compte tenu de la situation dans le monde liée à la propagation du coronavirus Covid-19.

Question: Ce 30 mars à 19 heures, l'Azerbaïdjan a violé une fois de plus le cessez-le-feu. La région arménienne de Tavouch a été bombardée. L'attaque a fait des blessés parmi les militaires arméniens, un enfant a été blessé par balle et se trouve en réanimation. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Selon les informations rapportées, des violations du cessez-le-feu se poursuivent à la frontière. Sachant que les attaques visent des sites civils, notamment des moyens de transport. Il y a des blessés, notamment parmi les civils.

Nous appelons les parties à faire preuve de retenue, à s'abstenir de l'usage de la force et, dès les conditions objectives seront réunies, à revenir à la table des négociations.

***

Nous poursuivrons nos conférences de presse pour répondre aux questions posées, donner rapidement des commentaires sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères et sur les pages des réseaux sociaux. L'aide à nos citoyens à l'étranger reste la priorité de notre travail. A cela sont consacrés tous les efforts de l'Appareil central et des établissements du Ministère russe des Affaires étrangères à l'étranger. Je veux que nos citoyens le sachent.

 

 

 

 

 

 

 

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