19 mars 202021:20

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 19 mars 2020

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Sur les mesures pour le rapatriement des citoyens russes se trouvant à l'étranger

 

Pratiquement toutes les missions, visites et rencontres des hauts responsables et des représentants de moyenne envergure du Ministère des Affaires étrangères ont été annulées ou reportées.

Tous les efforts de notre Ministère se concentrent sur le principal objectif fixé: aider les citoyens russes à rentrer chez eux depuis l'étranger.

Je voudrais répéter ce dont nous avons déjà parlé. Récemment, pour la coordination interne du travail du Ministère et pour la coopération avec les organes fédéraux concernés du pouvoir exécutif afin d'aider les citoyens russes se trouvant à l'étranger et désirant rentrer en Russie dans le contexte de la propagation de l'infection au coronavirus, le Ministère russe des Affaires étrangères a créé un QG de coordination sous la direction du vice-Ministre russe des Affaires étrangères Oleg Syromolotov. Il inclut les représentants des services territoriaux et fonctionnels du Ministère. Un contact permanent a été établi entre les opérateurs de permanence des départements avec les membres du QG. Le principal est le Centre des situations de crise, qui assume la tâche principale de coordination du travail du Ministère, de nos ambassades et de la communication avec les citoyens.

Ce Centre possède un numéro vert disponible 24h/24. Les numéros de téléphone sont mentionnés dans le communiqué du Ministère des Affaires étrangères publié le 17 mars. Les opérateurs de permanence reçoivent et traitent les requêtes des citoyens russes qui se sont retrouvés dans une situation difficile à l'étranger suite aux restrictions adoptées par les pays étrangers afin de lutter contre la propagation du coronavirus. En moins de deux jours de travail opérationnel du Centre, ses opérateurs ont reçu plus de 6.000 appels, plus de 5.000 messages et appels via des messageries. Compte tenu du nombre grandissant d'appels nous avons l'intention d'élargir nos capacités de communication. A ces fins, sur les sites du Ministère russe des Affaires étrangères et du Centre des situations de crise, a été créée la rubrique "Enregistrement des citoyens russes qui souhaitent rentrer dans leur pays" https://sos.midhelp.ru/users/login, où se trouve un formulaire en ligne spécial pour que le citoyen s'identifie en indiquant ses coordonnées. Y sont publiés également les numéros de téléphone d'urgence de nos établissements diplomatiques à l'étranger.

Dans le cadre du QG de coordination, conjointement avec les établissements diplomatiques à l'étranger, le Ministère russe des Affaires étrangères travaille activement pour faire revenir au plus vite les Russes de différents pays s'ils en exprimaient le souhait. Les listes des personnes qui souhaitent rentrer dans leur pays sont en train d'être établies. A l'heure actuelle, le Centre des situations de crise du Ministère russe des Affaires étrangères dispose d'informations de contact de 5.500 citoyens russes. Les diplomates sur place travaillent avec les autorités des pays d'accueil dans le but d'obtenir une autorisation de vol et de régler d'autres questions afférentes, dans certains cas ils apportent une aide pour loger les gens quand c'est possible, mettent à disposition le transfert jusqu'au lieu de décollage quand c'est possible. Nous apportons également une autre aide dans les situations difficiles. Sachant que nous sommes parfaitement conscients du fait qu'il faut faire encore plus, car tout le monde se trouve dans une situation très compliquée.

Nous travaillons sur le rapatriement de citoyens russes de plusieurs pays. Actuellement, les vols d'Aeroflot, de S7 et d'autres compagnies aériennes ont réussi à transporter plusieurs centaines de personnes du Monténégro, d'Ouzbékistan, de Lettonie, et de Slovénie. Nous planchons sur le rapatriement des Russes des Philippines, du Chili, du Maroc, du Pérou et d'autres pays de l'Amérique latine. Les Canaries restent une zone problématique compte tenu du nombre de citoyens russes. Aeroflot continue d'assurer les vols réguliers dans les capitales de 17 pays et transporte nos citoyens en Russie.

Je voudrais dire également que le durcissement des restrictions par plusieurs pays, notamment européens, y compris la fermeture des frontières de l'UE, l'interdiction de circuler dans certains pays, ainsi que les annulations massives des vols et la fermeture des frontières terrestres ont fait d'un grand nombre de nos concitoyens, de facto, des otages dans certains pays. Parfois cela s'explique par des mesures forcées, parfois ce ne sont pas les mesures qui impactent le règlement des problèmes logistiques mais plutôt soit les éléments politiques, ou encore la lenteur et la désorganisation des autorités locales.

Il convient de noter que suite aux interdictions de quarantaine supplémentaire et aux restrictions, de nombreuses destinations touristiques populaires auprès de nos citoyens restent en situation "semi-suspendue" et "semi-assiégée".

A ce jour, un grand nombre de Russes ne peuvent toujours pas rentrer chez eux, certains sont expulsés des hôtels pratiquement dans la rue. C'est également la conséquence des mesures de quarantaine sur place. Cela engendre de nombreuses complications en matière de migration et de visa. Le Ministère russe des Affaires étrangères et les établissements diplomatiques à l'étranger font tout pour régler ces problèmes. Je peux vous assurer que ce travail est mené 24h/24. Je répète que nous ferons tout pour compenser par nos efforts les problèmes qui ne sont pas encore réglés.

Je voudrais encore une fois attirer votre attention sur le fait que tous les numéros de téléphone sont publiés sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères. Il est indispensable pour ceux qui restent à l'étranger et veulent rentrer en Russie de rester en contact avec les établissements diplomatiques russes. C'est nécessaire pour recevoir les informations sur l'état du traitement de la question concernant les vols de retour.

Je voudrais dire également que les diplomates ont concentré une partie importante de leurs efforts pour coopérer avec les autorités des pays d'accueil et les gouvernements. C'est nécessaire pour obtenir les données nécessaires, apporter une contribution au rassemblement des citoyens pour leur rapatriement et l'obtention d'une autorisation de vol pour les avions de retour.

Nous voudrions attirer l'attention sur la déclaration faite ce 14 mars par le Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine concernant les recommandations aux citoyens russes soit de reporter, soit d'annuler tout type de voyage à l'étranger. Ces recommandations sont très pertinentes aujourd'hui étant donné que heure après heure nous recevons de nouvelles exigences de quarantaine, de restriction de circulation et d'annulation des vols, soit simplement de suspension des vols dans la plupart des pays. Il est impossible de prévoir en principe comment se comporteront les autorités de différents pays pour régler leurs problèmes et tâches intérieurs. Il est impossible de prédire que prochainement la situation s'améliorera du point de vue de la logistique à l'étranger. A cet égard, nous réitérons la recommandation du Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine. Nous voulons dire que ce n'est pas le bon moment pour finir les voyages entamés, et qui plus est pour en acheter de nouveaux - des excursions à l'étranger à prix cassé ou d'autres moyens de sortie.

Nous assistons à une situation paradoxale, notamment en ce qui concerne les Philippines où plus de cent citoyens russes attendent de savoir comment ils pourront rentrer, alors que, selon nos informations, la vente de voyages dans ce pays continue, et, ce qui est encore plus paradoxal, c'est que ces voyages se vendent. Cela concerne non seulement les Philippines, mais également d'autres itinéraires touristiques dont comptent profiter nos citoyens. Cela peut devenir une décision complètement déraisonnable entraînant de sérieuses conséquences, notamment se traduisant par l'impossibilité de quitter le pays de destination.

A travers nos ambassades, sites et profils nous informons les citoyens de l'état du règlement des problèmes de sortie. J'ai déjà mentionné les points problématiques, mais je me permets de les rappeler pour que les gens sachent qu'ils n'ont pas été oubliés et que nous nous occupons de ce problème: la région de l'Amérique latine, le Monténégro (même si la situation se débloque depuis hier soir, mais des problèmes demeurent), la République dominicaine (c'est plus simple avec la logistique, nous espérons pouvoir régler définitivement ces problèmes), l’Égypte, les Philippines, ainsi que l'espace de la CEI, notamment la Moldavie. Ce sont les points les plus problématiques. Nous continuerons de vous informer en temps utile.

 

Sur la déclaration de Josep Borrell, Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au nom de l'UE concernant la Crimée et Sébastopol

 

Nous avons noté la déclaration faite au nom de l'UE par le Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell ce 16 mars, à l'occasion du 6e anniversaire de la réunification de la Crimée et de Sébastopol avec la Russie.

En fait, il s'agit d'une compilation assez primitive de différents reproches envers la Russie. Cela donne l'impression qu'ils constituent un puzzle de déclarations antérieures, tout cela est fait à la va-vite.

Il est regrettable que l'UE, malgré un récent changement de direction, continue manifestement de vivre prisonnière d'illusions concernant les événements datant de six ans, et ne prenne pas la peine de comprendre la situation. La réalité est tout simplement ignorée.

Nous considérons les commentaires de l'UE comme inamicaux. Nous trouvons inadmissible la remise en question de l'intégrité territoriale de la Fédération de Russie dans ses frontières actuelles. La diminution de la signification du référendum historique du 16 mars 2014, où les Criméens ont voté librement pour la réunification avec leur Patrie, ne fait pas honneur à l'UE. C'est une preuve de plus - et elles sont nombreuses - du détachement des partenaires de l'UE des normes démocratiques universelles et des droits de l'homme. Si l'UE trouve vraiment pertinent de parler des droits de l'homme, alors c'est possible de le faire sur l'exemple du respect de toutes les normes des droits de l'homme et des postulats dans le cadre de la lutte contre la propagation de l'infection au coronavirus. Parce que de nombreux pays sembleraient l'avoir oublié. Et ce n'est certainement pas sur le thème de la Crimée qu'ils devraient s'entraîner actuellement.

Nous regrettons que l'UE, aspirant à une prétendue "autonomie stratégique", soit de facto incapable d'analyser de manière autonome les faits concernant la situation sur la péninsule. Au lieu de cela elle répand des insinuations venues d'ailleurs, qui ont été écrites, selon nos suppositions, avec l'aide des autorités ukrainiennes, concernant soi-disant une détérioration de la situation des droits de l'homme et écologique en Crimée. Les problèmes écologiques existent sur toute notre planète. La Fédération de Russie accorde à ce thème une attention particulière. Mais l'UE l'ignore.

Nous trouvons absurde en soi l'accusation envers notre pays d'appliquer une politique de prétendue "substitution démographique" en Crimée grâce au déménagement des Russes en provenance d'autres régions du pays. Tout en oubliant que conformément à l'article 27 de la Constitution les citoyens russes ont le droit de circuler librement, de choisir leur lieu de résidence. Les auteurs de cette publication n'ont pas indiqué que, selon les statistiques officielles, l'an dernier, près de 10.000 (9.674) personnes ont déménagé pour s'installer en Crimée depuis l'espace postsoviétique, dont presque 80% (7.734) d'Ukraine. Sachant que le nombre d'Ukrainiens qui ont volontairement déménagé sur la péninsule a augmenté de 17% en 2019.

Nous trouvons tout aussi engagée la tentative de remettre sur le tapis la franche provocation de novembre 2018 dans le détroit de Kertch impliquant des navires militaires ukrainiens. Il est bien connu qu'elle a été planifiée à des fins électorales sur ordre direct de Piotr Porochenko.

Une autre provocation est préparée actuellement: "la marche sur la Crimée" le 3 mai. Ses organisateurs de l'assemblée des Tatars de Crimée ont littéralement l'intention de pénétrer sur la péninsule en violant la frontière nationale russe. Nous appelons à l'empêcher.

En attisant la situation autour de la péninsule, l'UE poursuit néanmoins la pratique antihumaine de "discrimination de visa" contre les Criméens, qui est contraire non seulement aux normes internationales des droits de l'homme, mais également aux documents fondamentaux de l'UE. Je sais que ce n'est pas le moment de parler des problèmes de visa quand l'UE a fermé son espace intérieur, que de nombreux membres ont bloqué leurs propres frontières en transgressant les règles fondamentales et les principes d'existence de l'UE. Mais nous avons vu que pendant la période de libre obtention de visa les Criméens étaient soumis à une discrimination directe.

L'appel aux "pays membres de l'Onu" à se joindre aux sanctions de l'UE visant à détériorer les conditions de vie des Criméens paraît particulièrement perfide sur fond de nécessité d'unir les efforts de toute la communauté mondiale dans la lutte contre le coronavirus.

Nous appelons l'UE à entendre enfin la voix des Criméens. Je souligne qu'hier le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères a publié une déclaration spéciale à l'occasion du 6e anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie. Je vous invite à en prendre connaissance. Il est temps de reconnaître le choix démocratique fait par la population de la Crimée et de Sébastopol et de voir les changements positifs dans sa vie au sein de la Fédération de Russie. D'ailleurs, cela a déjà été fait par de nombreux représentants impartiaux des milieux sociaux et politiques des pays occidentaux. L'anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie est un bon prétexte pour cela, et non pour de nouvelles attaques contre notre pays dans la volonté de faire le jeu de Kiev.

 

Sur la liste de représentants des pays membres de l'UE et des institutions européennes interdits de séjour en Fédération de Russie constituée par la Russie en tant que contremesure

 

Nous ne pouvons pas passer à côté de la décision prise le 13 mars par le Conseil de l'UE de prolonger de six mois les restrictions de l'UE visant différentes personnes physiques et morales russes. Bien évidemment, c'est une véritable catastrophe du point de vue de l'image et du contenu des institutions européennes. Le monde tente de tenir à flot et d'unir ses efforts, de trouver des points de convergence, conscient des conséquences des événements actuels. Ces restrictions supplémentaires, qui n'apporteront certainement aucun avantage aux habitants de l'UE, sont d'une stupidité catastrophique. Nous avons exprimé plusieurs fois notre position, et je répète que nous considérons le maintien et l'élargissement de telles listes noires comme des démarches inamicales qui restreignent sans aucune raison les droits légitimes de nos compatriotes. Bien évidemment, nous y réagirons toujours de manière symétrique.

Vous vous en souvenez, le 28 janvier 2020, le Conseil de l'UE a adopté des restrictions unilatérales illégitimes contre sept autres citoyens russes. Je rappelle que ce sont tous des représentants du gouvernement, des organes électifs du pouvoir d’État et des commissions électorales de la Crimée et de Sébastopol. Nous avons dit à l'époque que nous percevions cette démarche de l'UE comme une nouvelle tentative ratée de "punir" les Criméens pour leur choix libre effectué en mars 2014 au profit de la réunification avec la Russie. Nous avions mis en garde les pays membres de l'UE contre le recours à l'instrument illégal des sanctions unilatérales allant à l'encontre du droit international. Malheureusement, nos arguments n'ont pas été entendus. Je peux continuer de le répéter. Je voudrais attirer l'attention de nos collègues et partenaires européens sur une seule chose. Est-ce que vous comprenez ce qui se passe dans la politique internationale, qu'aujourd'hui toutes les forces politiques raisonnables, les experts et la société politique s'occupent du problème principal: la recherche d'une solution digne et efficace à la situation actuelle? Pourquoi adopter des décisions qui vous lieront les mains dans le règlement de vos propres problèmes?

Je voudrais dire que les autorités russes ont pris la décision d'élargir la liste réciproque (nous devons le faire, malheureusement) des représentants des pays membres et des institutions de l'UE interdits de séjour en Fédération de Russie. C'est une question de parité. Je répète que ce n'est pas notre choix, mais nous devons répondre.

Ces restrictions sont décrétées conformément à la Loi fédérale sur les modalités de sortie de la Fédération de Russie et d'entrée en Fédération de Russie du 15 août 1996 n° 114-FZ.

Je répète qu'aujourd'hui le monde se pose la question primordiale de savoir comment lutter non pas tant contre la propagation du virus que contre les conséquences de ce à quoi ont été confrontés pratiquement tous les pays. Quelles leçons seront tirées? Quelles réponses pourra formuler l'humanité pour les futures générations? S'occuper d'une telle broutille n'est certainement pas de l'envergure de l'UE.

 

Sur la situation au Venezuela

 

Je voudrais dire également que la situation autour de la pandémie de coronavirus est une véritable épreuve d'humanisme, notamment dans les affaires internationales. C'est une épreuve de notre aptitude et disposition à rester humains dans les moments les plus difficiles. C'est l'aptitude et la disposition non seulement de chaque individu concret, mais également des États dans l'ensemble à agir avec responsabilité et solidarité face aux défis mondiaux qui ne reconnaissent pas les frontières nationales.

Malheureusement, dans bien des cas, cette même solidarité est substituée par des motivations nationales ou idéologiques, l'égoïsme des forces et des pays qui revendiquent l'hégémonie mondiale et l'exclusivité. Au moment même où les États qui se proclament leaders mondiaux pourraient faire preuve de ce leadership, monter un exemple digne de soutien économique, comment il est possible dans l'espace intérieur et extérieur de faire face au nouveau défi, ils ne profitent pas de cette chance - pour une raison qu'on ignore. Tout ce que nous avons entendu durant des années sur un prétendu leadership mondial, de prétendues fonctions supplémentaires assumées par ces pays qui, selon eux, leur accorderaient le droit d'être exempts de règles et de lois, s'avère être une véritable chimère, un mythe, un mirage. Je dirais que la situation est complètement inverse. Leurs intérêts mercantiles poussent à oublier les droits de l'homme et à ignorer les intérêts des autres, des gens ordinaires.

Je ne peux pas passer à côté d'un cas scandaleux lié au Venezuela et à ses relations avec le FMI. On sait que le Fonds mobilise des ressources significatives (jusqu'à 1.000 milliards de dollars) pour aider les pays à surmonter les conséquences de l'épidémie de coronavirus. Caracas a officiellement envoyé sa demande au Directeur - de 5 milliards de dollars - signée par le Président Nicolas Maduro. Or le porte-parole du FMI a déclaré que le Fonds "ne pouvait pas" étudier cette demande en raison de "l'absence de clarifications concernant la reconnaissance internationale" du gouvernement vénézuélien par certains pays membres.

Depuis plus d'un an, voire plusieurs années, nous entendons constamment des déclarations faisant état d'une préoccupation vis-à-vis des droits de l'homme, des actions de la communauté internationale au profit des gens ordinaires, de la population du Venezuela. Il y a littéralement deux mois, la population vénézuélienne a demandé de l'aide quand elle en avait besoin, de la même manière que bien d'autres pays.

Je voudrais attirer une nouvelle fois l'attention sur le fait que tout cela se déroule sur fond de déclarations permanentes des représentants officiels américains concernant l'intention de durcir les sanctions antivénézuéliennes. On parle même de l'éventualité d'un blocus maritime du pays. C'est impensable à notre avis.

Qui sera touché par cette politique? Des gens ordinaires, des Vénézuéliens ordinaires. C'est une hypocrisie typique.

Les défis globaux dictent la nécessité de réponses globales dépolitisées. Nous avons noté qu'en réponse à la demande du Président Nicolas Maduro adressée aux voisins de l'Amérique du Sud d'oublier, du moins provisoirement, les différends pour mettre en place une interaction de travail afin de prévenir la propagation transfrontalière de l'infection, les premiers contacts ont été entamés - sous forme de visioconférence. C'est un signal positif, même s'il est clairement insuffisant. Les consultations d'experts au niveau de l'Organisation panaméricaine de la santé, malgré toute leur importance, ne peuvent pas annuler la signification de la coordination au niveau interétatique. Le coronavirus ne se préoccupe pas des divergences politiques des gouvernements et des différences dans leur vision de la démocratie. La discussion à ce sujet peut être remise à plus tard, quand sera réglé conjointement le problème du sauvetage des vies et de la santé des dizaines de milliers de Vénézuéliens, de Colombiens et de citoyens d'autres pays.

 

Sur l'activité de l'organisation pseudo-humanitaire "Casques blancs" en Syrie

 

Nous vous informons régulièrement de la situation en Syrie. Je voudrais dire qu'aujourd'hui ce commentaire sera relativement bref. Il y a tout de même une évolution qu'il est nécessaire d'évoquer.

Nous avons remarqué l'intensification des contacts entre les représentants politiques américains et l'organisation pseudo-humanitaire "Casques blancs" agissant en Syrie. Il semble important de le mettre en avant parce que de tels contacts se soldent généralement par de gros problèmes dans la région, sous la forme de provocations. Ce 17 mars, le chef de cette structure, Raed Saleh, a été reçu par le sous-secrétaire d’État américain Stephen Biegun, et ce malgré les restrictions décrétées par le Département d’État sur les contacts avec les étrangers au vu de la propagation du coronavirus, et le 11 mars le chef des Casques blancs s'est vu offrir une tribune au Sénat américain. Le 3 mars, le Représentant spécial du secrétaire d’État américain pour la Syrie, James Jeffrey, et la Représentante permanente des États-Unis auprès de l'Onu, Kelly Craft, se sont entretenus avec les représentants de cette structure à la frontière turco-syrienne. Une très bonne action de communication.

Ces entretiens ont eu lieu sur la toile de fond d'une nouvelle campagne médiatique antirusse irresponsable lancée par Washington en lien avec la situation dans la zone de désescalade d'Idleb. Je rappelle qu'elle est contrôlée par les terroristes de Hayat Tahrir al-Cham. Il est consternant que les Casques blancs, qui se positionnent comme une organisation exclusivement humanitaire, se retrouvent de nouveau au centre de manipulations médiatiques occidentales visant à déformer la situation réelle à Idleb. Le but principal est la discréditation des efforts antiterroristes du gouvernement syrien et le rejet de la responsabilité de la situation humanitaire dans le Nord-Est du pays sur Damas et ses alliés. Dans la liste des "victimes innocentes" du "régime syrien", de Moscou et de Téhéran sont inscrits les "héros sauveteurs" eux-mêmes pour mieux convaincre, mais, comme toujours, sans la moindre preuve.

Cela donne l'impression que la simple pensée de l'éventuelle mise en œuvre des accords turco-russes sur la zone de désescalade d'Idleb irrite à tel point Washington que ses représentants sont prêts à profiter du moindre prétexte pour alimenter l'hystérie antirusse et saper le processus de paix syrien. Dans ces conditions, les Casques blancs, que les Américains ont promis de soutenir financièrement, politiquement et en termes d'organisation, n'ont plus qu'à suivre rigoureusement les consignes de leurs sponsors et remplir la commande politique en question. Tout le monde comprend clairement désormais qui les a créés et pourquoi, qui continue de soutenir cette structure dont le but principal est la création d'un contexte médiatique mensonger pour une ingérence extérieure dans les affaires intérieures syriennes au profit des intérêts géopolitiques de ses commanditaires.

Je voudrais dire également que si ces actions et l'intensification des contacts avec les Casques blancs étaient une manière de combler le vide de la politique étrangère américaine, alors dans l'ensemble c'est une affaire habituelle. En revanche, après de tels contacts avec les superviseurs occidentaux dans la région se produisent généralement des événements tragiques. Cela donne l'impression qu'ils reçoivent des consignes directes pour des activités subversives, reçoivent un nouveau soutien financier, et ainsi de suite.

 

Sur la suspension de la diffusion d'émissions d'actualité sur la Première chaîne balte

 

A partir d'aujourd'hui est interrompue la production - et donc la diffusion - des émissions diffusées par le plus grand média russophone dans les pays baltes: la Première chaîne balte. Je rappelle que pendant plusieurs années le seul service télévisuel non public d'actualité de la Lettonie diffusait l'émission "L'Heure lettonne" et les émissions d'auteur "Hors caméra" et "Cinq kopecks". "L'Heure lettonne" était l'une des émissions d'actualité les plus populaires auprès de la population russophone de la Lettonie. Elle n'a jamais fait l'objet du moindre reproche de par son contenu.

Cette décision forcée du propriétaire de la chaîne Alliance média balte est le résultat d'une pression sans précédent et d'une persécution de la compagnie par Riga et Tallinn. Rappelons que le 4 février, le Service de la sécurité nationale de la Lituanie, en coordination avec la Police de sécurité de l'Estonie, a procédé à une perquisition des locaux du holding médiatique.

Les autorités lettones ont agi selon le scénario élaboré par les collègues estoniens sur l'exemple du bureau de l'agence de presse Sputnik à Tallinn. Elles ont poursuivi la politique systématique de longue date des pays baltes visant à éradiquer dans l'espace médiatique les sources d'information alternatives par la censure politique.

Nous le considérons comme une agression de la Lettonie et de l'Estonie contre les principes fondamentaux de la liberté d'expression, une campagne ciblée pour repousser les médias russophones de l'espace médiatique et une discrimination de la population russophone.

En plus des actions visant à écarter la langue russe du système éducatif en Lettonie sont avancés des amendements législatifs prescrivant une augmentation artificielle de la part du contenu sur le câble dans les langues officielles de l'UE et une limite de la proportion des émissions en russe à 20% de la diffusion totale. Il est prévu de le faire en augmentant le prix des forfaits incluant des chaînes russes. Autrement dit, au détriment des citoyens russophones de la République.

Nous avons noté également que l'attaque contre la Première chaîne balte a été lancée en prévision des législatives lettones du 25 avril. Elles ont été reportées à cause de la pandémie de coronavirus. Dans ce contexte, la campagne dirigée contre le holding médiatique ressemble à une tentative des autorités locales de priver les partis représentant les intérêts de la population russophone de ce pays de leur principale plateforme médiatique.

Nous jugeons absolument inadmissible cette situation dans laquelle les milieux dirigeants, poursuivant leurs intérêts politiques, bafouent les principes fondamentaux du droit international et les principes activement prônés par Bruxelles. Il est question des libertés démocratiques.

Nous appelons les structures internationales compétentes et les ONG des droits de l'homme à réagir. Ils ont désormais du temps pour se concentrer sur une réaction. Les forums dans l'espace de l'OSCE, les séminaires et les voyages ont été annulés. On peut se permettre de récolter via internet les informations et publier une réaction claire et détaillée. Tout le monde est passé à une communication à distance, par conséquent nous comptons sur une réaction plein format de la part de l'OSCE et de son représentant pour la liberté des médias Harlem Désir.

 

Sur la Fête de l'indépendance de la République tunisienne

 

Vendredi 20 mars, la République tunisienne célébrera la Fête de l'indépendance. Ce jour-là, en 1956, le leader du mouvement de libération tunisien Habib Ben Ali Bourguiba a signé avec le gouvernement français un protocole annulant le régime de protectorat français, et la Tunisie est devenue un État souverain. La même année, l'Union soviétique a établi avec la Tunisie des relations diplomatiques.

Aujourd'hui, la Tunisie est un partenaire important de la Russie en Afrique du Nord. Les relations commerciales et économiques entre nos pays se développent de manière dynamique. Je pourrais évidemment parler des stations balnéaires de la Tunisie, mais il ne me semble pas très correct d'en faire la publicité à l'heure actuelle. Je pense que nous en parlerons quand la situation dans le monde se stabilisera.

Nous félicitons le peuple tunisien à l'occasion de cette fête. Nous lui souhaitons bien-être et prospérité.

 

Sur la célébration du Jour de l'indépendance de la République de Namibie et du 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques russo-namibiennes

 

Le 21 mars marquera le 30e anniversaire de la proclamation de l'indépendance de la République de Namibie. La conquête de son territoire par les Européens avait commencé au milieu du XIXe siècle. En 1878, les Anglais ont pris le contrôle de la région de la ville de Walvis Bay. Le reste du territoire de la Namibie contemporaine a été placé sous le protectorat allemand dans les années 1890. Il s'appelait le Sud-Ouest africain allemand et a duré 30 ans. En 1904-1907 a eu lieu la révolte de la population autochtone contre l'administration coloniale allemande: près de 65.000 personnes (jusqu'à 80%) de la tribu Herero et 10.000 personnes (50%) de la tribu Nama ont été tuées pendant la répression.

Au début de la Première Guerre mondiale, en 1915, cette colonie allemande a été occupée par les forces sud-africaines sous commandement britannique. Cinq ans plus tard, la Société des nations a octroyé à l'Union d'Afrique du Sud (Afrique du Sud à partir de 1961) un mandat de contrôle sur ce territoire. Après la disparition de la Société des Nations, en 1964, les Sud-Africains n'ont pas réussi à inclure le territoire de l'Union d'Afrique du Sud dans leur pays ou à obtenir un nouveau mandat de l'Onu, cependant Pretoria continuait de la maintenir sous son contrôle. En 1960, les forces patriotes namibiennes ont créé l'Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO). Elle a commencé sa bataille pour l'indépendance du pays, qui a été reconnu légitime par l'Onu. En 1967 a été instauré le Conseil de l'Onu pour le Sud-Ouest africain (Namibie à partir de 1968).

Il est symbolique que le 30e anniversaire de l'indépendance de cet État, célébré ces jours-ci, coïncide avec une autre date importante: le 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques russo-namibiennes. Cela témoigne de la solidité des liens d'amitié et de solidarité entre nos deux pays. Je rappelle que la Russie avait été l'une des premières à tendre au peuple namibien une main amicale dans la lutte pour l'indépendance et l'auto-détermination. Dans les années 1960-1980, l'Union soviétique lui a apporté une aide militaire, financière, ainsi qu'en matière d'information et d'organisation. Les représentants du pays ont fait des études sur le territoire de l'URSS - en Crimée, au 165e centre de formation de militaires étrangers. Du matériel spécial, des transports, des armes d'infanterie légères et des munitions, des équipements et des produits lubrifiants étaient livrés.

Les premières élections présidentielle et législatives ont été organisées en Namibie en novembre 1989, qui ont conduit à la victoire du plus grand parti - SWAPO. Le 21 mars 1990 a été proclamée l'indépendance de la République de Namibie.

Nous félicitons nos amis de ce pays à l'occasion de leur fête nationale et de la date marquante qu'est le 30e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays, et nous souhaitons sincèrement au peuple namibien bien-être et prospérité.

 

Réponses aux questions:

Question: Que pouvez-vous dire de la situation autour des marins russes arrêtés en Grèce?

Réponse: La situation liée à l'arrestation de citoyens russes dans les eaux de la République grecque, accusés d'aider à transporter des migrants clandestins, est suivie par le Ministère russe des Affaires étrangères. Nous sommes en correspondance avec les proches des marins russes, nous coordonnons globalement l'accompagnement consulaire.

L'Ambassade de Russie en Grèce veille au respect de toutes les normes et des intérêts légitimes prévus par le droit international et national grec des citoyens russes interpellés et condamnés. Les collaborateurs de l'Ambassade informent leurs proches en Russie, apportent une contribution consulaire dans le cadre de leurs compétences et veillent à la garantie des conditions de détention normales, organisent des visites consulaires dans les prisons d'Athènes et de Nauplie, et si besoin délivrent des attestations d'absence de casier judiciaire en Russie, envoient aux citoyens russes les listes des avocats grecs connus par l'Ambassade et les informations sur les modalités d'extradition des personnes condamnées à l'étranger pour purger leur peine sur le territoire de la Fédération de Russie.

Il nous a été demandé de fournir des informations sur les démarches concrètes, c'est pourquoi elles sont si détaillées. Il m'a semblé important de les énoncer aujourd'hui.

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Pendant la conférence de presse a été rapportée une autre bonne nouvelle. Les collègues rapportent que grâce aux efforts du ministère russe des Affaires étrangères et de l'Ambassade de Russie au Monténégro l'avion de la compagnie aérienne S7 a décollé de Podgorica. Avec 176 personnes à bord. Nous continuerons de suivre la situation et d'apporter la contribution nécessaire.

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Question: Est-ce que votre Département étudie la possibilité de demander d'exclure des correspondants étrangers de la liste des personnes concernées par l'interdiction de traverser la frontière russe pendant la quarantaine? Nombre d'entre nous, basés à Moscou, couvrons également les événements dans les pays de la CEI ou dans les régions voisines avec la Russie. Nous ne travaillons pas pour une société, nous remplissons une fonction, j'espère, importante, pour l'opinion publique de nos pays.

Réponse: Non, le Ministère russe des Affaires étrangères n'a pas l'intention de ranger les journalistes étrangers dans une catégorie à part, de les exempter des consignes fournies par le gouvernement de la Fédération de Russie. Cette décision est basée sur des arguments de poids, à savoir traverser cette épisode de propagation de l'infection du coronavirus avec le moins de frais possibles. Selon nous, cette question ne concerne pas uniquement notre État. C'est la contribution de notre pays à la cause commune de la lutte contre cette pandémie. Il faut le comprendre.

Concernant la question du journaliste sur le fait que de nombreux correspondants basés à Moscou couvrent également les événements dans les pays de la CEI, et qu'il faudrait à ce titre les exempter de restrictions pour traverser la frontière - cette thèse n'est pas recevable. Les pays de la CEI eux-mêmes ont instauré des restrictions sur l'entrée des citoyens étrangers, que ce soit des journalistes, des touristes où même des détenteurs de visas de travail, etc. De plus, la communication entre plusieurs pays de la CEI n'existe pas: il est impossible d'entrer ni de sortir non seulement à cause des restrictions de visa, mais également en l'absence de la logistique nécessaire. Les avions ne volent pas, il n'y a pas de communication routière parce qu'elle est bloquée, la communication ferroviaire a été suspendue, etc. En l'occurrence il faut simplement l'accepter comme des mesures temporaires et utiliser les réseaux, internet, le téléphone. Ce n'est pas une question de mesures prise par la Russie de manière isolée, hors du contexte des événements mondiaux. C'est les recommandations que nous voyons, lisons et entendons de la part des structures internationales telles que - et en priorité de - l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). L'échange de données, l'expérience des pays qui combattent la propagation de l'infection virale montre également l'efficacité de telles actions. Malheureusement, nous devons également le constater et le prendre comme un dû.

De notre côté, nous sommes prêts à vous aider à obtenir les informations si c'est nécessaire. Nos ambassades travaillent et peuvent fournir les informations sur les différents pays. Vous pouvez les contacter.

Question: Les Russes "enfermés" dans les Canaries disent que le vol d'Aeroflot de vendredi prendra uniquement les passagers d'Aeroflot. Or il y a encore 250 passagers de S7 et ceux qui avaient acheté des vols de compagnies étrangères. Le Ministère des Affaires étrangères est-il au courant de cette situation? Étudie-t-on des mesures pour aider les autres citoyens russes à revenir?

Réponse: Oui, le Ministère des Affaires étrangères est au courant de la situation. L'Ambassade de Russie à Madrid dispose de la liste complète des citoyens russes se trouvant à Tenerife, possédant des billets et enregistrés pour un vol, ou possédant des billets mais pas enregistrés pour un vol car ces vols ont été annulés ou reportés. L'Ambassade à Madrid a informé Moscou et les départements concernés de la situation, du nombre de citoyens, c'est pourquoi nous travaillons à présent activement sur cette question.

Ce n'est pas le seul problème. Il existe également le problème du logement des touristes qui ont été forcés, pour une raison ou une autre, à quitter leur hôtel.

Comme nous en avons été informés par l'Ambassade, à l'heure actuelle le problème de logement des compatriotes a été réglé dans l'ensemble. Ils bénéficient d'un logement. Je parle seulement de Tenerife.

Nous sommes conscients de la nécessité de régler cette situation. Les départements compétents à Moscou disposent de toutes les informations.

Question: Pouvez-vous commenter l'information apparue dans les médias sur la décision du Conseil municipal de Kiev de rompre avec la Russie l'accord sur la location des terrains dans la capitale ukrainienne?

Réponse: Selon les informations disponibles, cette décision des autorités de Kiev n'a pas encore été publiée. Nous n'avons pas non plus reçu de notification officielle des autorités ukrainiennes. En l'absence du texte de la décision, il est impossible de le commenter. Nous suivons ce thème de près. Nous commenterons obligatoirement ce sujet si des informations officielles supplémentaires apparaissaient.

Question: Comment pouvez-vous commenter la décision du "gouvernement" du Kosovo de fermer les "frontières terrestres" sous prétexte de lutte contre le coronavirus à toutes les personnes sauf les "citoyens du Kosovo" au regard des liens qui existent entre la population serbe du Nord du territoire et la Serbie centrale?

Réponse: Nous qualifions cette décision de menace directe pour l'approvisionnement et les moyens de subsistance (y compris médicaux) au Nord du Territoire autonome du Kosovo. La situation épidémiologique complexe exige évidemment des mesures appropriées. Mais elle ne doit pas servir de prétexte pour saper les liens logistiques de longue date de cette région avec la partie centrale de la Serbie. Il est absolument inhumain de créer des obstacles artificiels à l'acheminement des cargaisons médicale destinées notamment aux établissements médicaux du district de Kosovska Mitrovica.

C'est la garantie de la survie des citoyens des deux côtés de la ligne administrative qui était prioritaire lors de la signature, en 2013 et en 2015, des accords sur la création de la Communauté des municipalités serbes du Kosovo dans le cadre du dialogue entre Belgrade et Pristina sous l'égide de l'UE. Les autorités albanaises kosovares avaient signé ces documents, mais depuis des années elles sabotent la mise en œuvre de l'entente. Dans les nouvelles décisions kosovares, présentées comme "antivirales", nous percevons un abus flagrant à des fins purement politiques.

Question: Des dizaines de citoyens chinois ont été interpellés ces derniers mois à Moscou pour infraction au régime de confinement après leur retour de Chine, et expulsés du pays. Des dizaines d'autres sont en attente d'expulsion. Le Ministère des Affaires étrangères est-il au courant de cette situation et ne trouve-t-il pas ces mesures excessives?

Réponse: Conformément à la législation de la Fédération de Russie en vigueur, les étrangers transgressant les prescriptions de quarantaine peuvent être expulsés.

En ce qui concerne le Ministère russe des Affaires étrangères, nous surveillons la situation liée aux citoyens de la Chine et d'autres pays. Il existe de nombreux exemples d'étrangers s'étant retrouvés dans des situations très difficiles à cause des mesures décrétées non seulement par la Russie, mais également par la plupart des pays. Nous réglons ces problèmes pratiquement en direct. Nous coopérons avec les autorités chinoises sur ce sujet compte tenu de la nature amicale de nos relations bilatérales.

Question: L'UE a adopté un document accusant Moscou d'avoir lancé une campagne de désinformation ayant pour but d'exagérer la menace réelle du coronavirus en Occident. Que pouvez-vous dire au sujet de ces accusations?

Réponse: Je trouve que les accusations de désinformation contre la Russie pour la propagation de fakes sur le coronavirus en Europe et dans le monde sont en elles-mêmes une désinformation et des fakes. Sachant qu'il n'y a rien à prouver en l'occurrence. Il suffit d'utiliser le droit à la présomption d'innocence - quand il y a des accusations, il faut des preuves. En l'absence de preuves, l'accusation ne peut pas être avancée et, qui plus est, être utilisée pour mener une campagne médiatique agressive. Nous le commenterons de notre côté, même si des explications ont été fournies ce 18 mars par le Service de presse du Président russe Vladimir Poutine.

Je voudrais ajouter que ce n'est pas la première fois que l'UE tente de mettre "sur le dos de Moscou" les problèmes intérieurs auxquels elle est réellement confrontée. Je rappelle qu'auparavant il était question d'une prétendue responsabilité russe pour la crise migratoire qui a frappé l'UE. Selon l'UE, la Russie était également responsable du Brexit. La montée en puissance des sentiments eurosceptiques était également attribuée à la Fédération de Russie. Souvenez-vous du séparatisme catalan: comment aurait-il été possible sans la main du Kremlin? Nous étions responsables de cela aussi - parmi bien d'autres choses. C'est pourquoi je trouve que les accusations de l'UE concernant la diffusion de désinformation sur le coronavirus arrivent avec du retard. Il fallait dire immédiatement, dans les premiers jours, sans attendre les conséquences douloureuses de cette situation pour les pays de l'UE, qu'a priori Moscou serait responsable de tout.

Pour revenir à une évaluation sérieuse de ce cas, selon nous, une tentative complètement amorale a été entreprise aujourd'hui de cacher ses propres problèmes dans la lutte contre la nouvelle infection à l'aide d'accusations antirusses gratuites. Au lieu d'unir les efforts dans la lutte contre ce nouveau défi mondial, de le faire aussi bien en UE qu'en collaboration avec son partenaire et voisin du continent européen, la Russie, sont publiés des rapports et des publications afin de détourner l'attention de sa propre population. Tout cela est déplorable et ne fait pas honneur à l'UE. Nos experts pensent que le mot "honneur" est admis ici, mais je trouve que non. Il me semble que de nombreux bureaucrates européens n'en ont plus depuis longtemps.

Nous suggérons aux collègues de Bruxelles de cesser d'utiliser des "mèmes" sur une prétendue menace russe et de se concentrer sur une véritable aide à l'Italie, à l'Espagne et à d'autres pays de l'UE les plus touchés par le coronavirus dans cette situation très difficile. C'est également un élément du théâtre de l'absurde: l'Italie victime (dans tous les sens du terme) du coronavirus demande de l'aide, notamment à la Russie. Alors qu'un État s'adresse à Moscou avec des mots de soutien et formule cette requête, il est indigne de pratiquer de telles choses à Bruxelles.

Question: Il a été rapporté que compte tenu de la propagation du coronavirus, la Russie avait apporté une aide à la Chine et à l'Iran en leur fournissant des moyens de protection médicaux. Actuellement, ce virus se propage également en Afghanistan. Compte tenu de la situation financière difficile du pays, peut-on espérer qu'en cas d'évolution de l'épidémie la Russie pourrait apporter une aide médicale à l'Afghanistan?

Réponse: Je voudrais dire que l'Afghanistan, la Chine ou l'Iran ne sont pas les seuls pays à demander de l'aide à la Russie. Tous les pays tentent de profiter de nos bonnes relations amicales, des canaux de coopération existants pour régler différentes tâches. Ils font ce que feraient tous les États qui veulent aider leur propre population.

Je voudrais répéter qu'en l'occurrence la Russie ne fait pas exception en tant qu’État à qui l'on demande de l'aide. Ces requêtes sont nombreuses sur différentes questions, les aspects pour prévenir la propagation de l'infection de coronavirus. Toutes les décisions sont étudiées et ensuite prises au niveau du QG russe dont nous parlons souvent. Toutes les requêtes des pays sont étudiées au format interministériel, puis une décision est prise sous l'égide du QG.

Question: Concernant les amendements à la Constitution en ce qui concerne l'interdiction pour les hauts fonctionnaires et les députés de posséder la double nationalité, plusieurs experts notent qu'au stade même de l'admission à plein temps au MGIMO (qui est la "forge" des cadres diplomatiques de la Russie) les étudiants de cette université possède une double, voire triple nationalité grâce à leurs parents influents. Dans la plupart des cas c'est la citoyenneté britannique, suisse, française, américaine, israélienne. Le Ministère des Affaires étrangères est-il conscient de ce problème? Quels efforts sont entrepris pour supprimer la double nationalité chez les diplomates russes?

Réponse: Je ne me focaliserais pas autant sur les amendements à la Constitution, parce que nous avons suivi cette règle, cette motivation depuis des années en tant que service public dont le personnel ne peut pas posséder une autre citoyenneté hormis la russe. Cette règle, cette consigne, fait partie des engagements contractuels conformément à la législation russe. Le Ministère des Affaires étrangères respecte ce principe depuis une longue période. Cela était toujours pris en compte lors du recrutement, notamment en stage, des étudiants du MGIMO et d'ailleurs qui voudraient à terme devenir collaborateurs.

Je voudrais dire au sujet du MGIMO en soi, en utilisant l'expression idiomatique, que le MGIMO est une "forge de cadres" non seulement pour le Ministère des Affaires étrangères mais également pour les fleurons des entreprises russes et étrangères de plusieurs secteurs: l'économie, la jurisprudence, les médias. Combien de grands journalistes sont diplômés du MGIMO! Il convient de le rappeler.

J'espère que vous savez que des centaines d'étudiants sont diplômés du MGIMO chaque année, des centaines de spécialistes formés qui ne pourront pas tous rejoindre le Ministère des Affaires étrangères. Certains d'entre eux rêvent de travailler dans les affaires, des métiers créatifs, pendant leurs études déjà ils sont passionnés par la science et suivent cette voie précise. Je trouve qu'en l'occurrence nous respectons rigoureusement la législation russe depuis de nombreuses années exigeant des fonctionnaires d’État de posséder uniquement la citoyenneté russe (ce n'est pas une recommandation mais une règle, une loi). Sachant que l'université offre la possibilité (cela fait partie de son programme d'enseignement, son domaine principal d'activité) de former des spécialistes pour différents secteurs. En fait, probablement pour tous les secteurs: de la jurisprudence à l'économie en passant par la créativité et le journalisme. Je voudrais également rappeler que le MGIMO forme un grand nombre d'étudiants étrangers. Cela fait également partie de la politique de l'université et des directives données par le Ministère des Affaires étrangères à son établissement. Je ne vois là aucune contradiction.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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