12 mars 202019:42

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 12 mars 2020

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Nous organisons aujourd'hui une conférence de presse non traditionnelle. Nous l'organisons dans les conditions où l'OMS a annoncé une pandémie de coronavirus. Nous nous orientions notamment sur les recommandations de l'Organisation qui a suggéré à titre préventif d'organiser dans la mesure du possible des activités publiques en ligne en utilisant les technologies des communications, et c'est ce que nous avons fait. C'est la raison pour laquelle la conférence de presse d'aujourd'hui se déroulera à distance, mais elle est entièrement consacrée aux questions que nous recevons jusqu'à présent. J'y répondrai pendant la conférence de presse.

 

Sur l'ouverture de l'exposition consacrée au 75e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques avec le Venezuela

 

Mardi 17 mars se tiendra, avec la participation de la direction du Ministère russe des Affaires étrangères, la cérémonie d'ouverture de l'exposition des archives consacrée au 75e anniversaire de l'établissement des relations russo-vénézuéliennes. A cette activité sont invités des représentants du corps diplomatique accrédité à Moscou, des milieux sociopolitiques, scientifiques et culturels, des journalistes.

Dans le cadre de l'exposition il est prévu de présenter des documents et des photos sur l'histoire des relations entre nos pays, qui ont commencé le 14 mars 1945 par un échange de notes entre l'Ambassadeur de l'URSS aux Etats-Unis Andreï Gromyko et l'Ambassadeur du Venezuela aux Etats-Unis Diogenes Escalante.

Aujourd'hui, les relations entre les deux Etats se construisent sur des bases solides d'amitié, de solidarité et de coopération mutuellement avantageuse. Le Venezuela est un partenaire stratégique de la Russie. Ces dernières années nos efforts communs ont permis de progresser considérablement dans l'avancement de projets mutuellement avantageux dans le secteur énergétique, industriel, agricole et social. Nous renforçons continuellement les liens commerciaux, économiques, militaro-techniques et d'investissement, et élargissons l'interaction au niveau de la société civile.

Nos pays s'opposent aux tentatives de diktat par la force, défendent les normes et les principes du droit international, notamment la non-ingérence dans les affaires intérieures d'un Etat, ainsi que combattent l'usage de sanctions unilatérales illégales.

Cette exposition illustrant les étapes les plus importantes de l'histoire russo-vénézuélienne commune est appelée à devenir une preuve de plus des liens traditionnellement étroits d'amitié et de coopération entre les deux pays.

 

Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à l'heure des questions lors d'une réunion plénière à la Douma d'Etat

 

Mercredi 18 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à l'heure des questions lors d'une réunion plénière à la Douma d'Etat consacrée à la politique étrangère de la Fédération de Russie à l'étape actuelle.

Il est prévu d'aborder un large éventail de questions d'actualité relatives à la politique mondiale, y compris les relations avec les principaux partenaires étrangers, le règlement des crises en Syrie, en Libye et en Ukraine, la lutte contre la pression de l'Occident par les sanctions, la situation de l'infection par le coronavirus. De plus, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov exposera aux députés les perspectives de la mise en place d'un Etat de l'Union de la Russie et du Belarus, de l'approfondissement de l'intégration dans le cadre de l'Union économique eurasiatique (UEE), tout en évoquant également d'autres sujets.

Les rencontres régulières du Ministre avec les députés de la Douma d'Etat permettent d'améliorer le niveau d'interaction entre le pouvoir exécutif et législatif, ainsi que d'échanger les avis sur la situation internationale actuelle et d'accroître la coordination des efforts dans l'application de la politique étrangère unifiée de la Russie.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Peter Szijarto, Ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur de la Hongrie

 

Mercredi 18 mars, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov rencontrera à Moscou le Ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce extérieur Peter Szijarto.

Il est prévu d'évoquer les questions pratiques relatives aux relations russo-hongroises en mettant l'accent sur la mise en œuvre des accords conclus le 30 octobre 2019 à Budapest pendant l'entretien du Président russe Vladimir Poutine avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban.

Les deux chefs de diplomatie échangeront leurs avis sur l'agenda international, notamment le règlement de la crise en Ukraine et la garantie des droits linguistiques des minorités nationales en Ukraine, ainsi que la situation au Moyen-Orient, notamment dans le contexte de l'initiative russo-hongroise commune d'apporter un soutien aux communautés chrétiennes qui vivent dans cette région.

 

Sur l'entretien de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, avec Alpha Barry, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso

 

Du 19 au 21 mars, le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso Alpha Barry se rendra en visite de travail en Fédération de Russie.

Le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le recevra vendredi 20 mars à Sotchi. Les deux chefs de diplomatie évoqueront les perspectives de l'élargissement de la coopération bilatérale dans le domaine politique, commercial, économique et social.

Il est prévu d'échanger en profondeur les avis sur l'agenda africain et international avec un accent sur la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme dans la région Sahara-Sahel.

Nous espérons que la visite du Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Burkina Faso Alpha Barry apportera une impulsion importante à l'intensification des liens traditionnellement amicaux entre la Russie et le Burkina Faso dans différents secteurs.

 

Sur la situation actuelle du coronavirus Covid-19

 

Nous avons reçu un grand nombre de questions concernant le travail du Ministère russe des Affaires étrangères eu égard à l'infection de coronavirus, sa propagation, les recommandations de l'OMS, le travail de nos services, les mesures législatives qui sont prises à cet effet. Je reviendrais plus d'une fois sur ce thème aujourd'hui.

Une question a été posée: Quelles mesures de sécurité sont prises pour éviter la maladie au Ministère russe des Affaires étrangères?

Le Ministère des Affaires étrangères participe au travail du Siège opérationnel pour la prévention de l'entrée et de la propagation de la nouvelle infection de coronavirus sur le territoire russe. Le Ministère a également organisé son propre siège sous la direction du vice-Ministre des Affaires étrangères Igor Morgoulov. Les décisions sont prises en coordination avec les institutions russes.

Une question très fréquente: l'emploi du temps des diplomates a-t-il changé? Je peux dire qu'un grand nombre d'événements internationaux a été reporté. Le calendrier de ces événements internationaux est annulé ou modifié. En particulier, hier la Russie a obtenu le message du Président de l'Assemblée générale des Nations unies concernant les mesures supplémentaires et les changements dans le programme du travail de l'Assemblée générale entre mars et avril 2020. Il est prévu de réduire le nombre de diplomates qui se rendent au siège de l'Onu pour participer aux réunions de l'Assemblée générale des Nations unies, il est prévu de s'abstenir d'inviter des participants qui vivent en dehors de l'Etat et de la ville de New York. Le chef de l'Assemblée générale des Nations unies a également proposé d'annuler les événements parallèles, de reporter ou de réduire l'ampleur des festivités des dates concernées (journées nationales). Un ensemble de mesures sont prévues, les activités sont reportées ou modifiées. Bien évidemment, cela se reflète sur le travail des diplomates russes aussi bien de l'appareil central que des collaborateurs d'ambassades, de représentations permanentes et de consulats généraux.

Le Ministère russe des Affaires étrangères a décidé de réduire les missions de courte durée jusqu'au minimum nécessaire. Dans les établissements diplomatiques russes les décisions concernant les mesures préventives sont prises compte tenu de la situation dans le pays d'accueil et en coordination avec l'appareil central.

En ce qui concerne le travail de notre Département, nous avons transféré plusieurs événements médiatiques au format en ligne. Il existe toutes les possibilités technologiques pour cela.

Une autre question très répandue posée par des journalistes: comment est réglementé le travail des médias compte tenu du grand nombre de correspondants étrangers à Moscou? Chaque correspondant a reçu une réponse individuelle sur cette question, étant donné que cela concerne le journaliste personnellement.

J'ai parlé des mesures qui sont prises par le Ministère russe des Affaires étrangères.

Je vais également parler de la situation actuelle globale.

Ces derniers jours des cas de coronavirus ont été enregistrés dans un plus grand nombre d'Etats qui n'avaient pas encore été touchés par ce virus. A présent, l'infection touche plus de 110 pays, le nombre de malades a dépassé 119.000 personnes. Je répète, à cet égard l'Organisation mondiale de la Santé a qualifié le coronavirus Covid-19 de pandémie.

Pratiquement tous les pays, aussi bien touchés que non par l'infection, renforcent les mesures de prévention et de contrôle (en adoptant des régimes de quarantaine plus stricts, en fermant des postes de contrôle frontaliers, en annulant des activités publiques de masse). En particulier, je voudrais une nouvelle fois attirer l'attention sur la situation en Italie. Le gouvernement italien a adopté plusieurs mesures urgentes, notamment la restriction d'entrée et de sortie. Pourquoi je le répète? Premièrement, parce que, malheureusement, l'Ambassade d'Italie à Moscou a diffusé une information incorrecte en réponse aux mesures et aux avertissements russes. Deuxièmement, étant donné que l'interdiction sur la circulation intérieure entre les régions et l'organisation d'activités de masse, la fermeture d'établissements publics, de musées, de cinémas, de théâtres, de stations de ski et d'établissements de divertissement concerne un grand nombre de touristes.

Nous attirons une attention particulière sur le fait que dans le cadre de la réalisation par les autorités italiennes du plan de lutte contre la propagation de la maladie, les citoyens étrangers arrivant aux Apennins à des fins touristiques sont forcés à repartir par le même vol. Parmi eux – de nombreux Russes déjà, malgré tous nos avertissements. Sachant que les étrangers se trouvant temporairement sur le territoire italien sont autorisés à quitter le pays à condition de ne pas présenter de symptômes flagrants de maladie.

Nous préconisons une nouvelle fois aux citoyens russes de s'abstenir temporairement de voyager en Italie jusqu'à l'annonce officielle concernant la stabilisation de la situation. Ceux qui se trouvent actuellement sur le territoire de ce pays devraient prévoir leur retour en Russie au plus vite et prendre des mesures pratiques concrètes suggérées par les autorités compétentes russes.

Afin d'obtenir les informations d'actualité sur la propagation du coronavirus, nous préconisons une fois de plus de suivre les publications sur les sites du Ministère des Affaires étrangères et de nos établissements diplomatiques, ainsi que sur les réseaux sociaux et, évidemment, je ne cesse de le répéter, le fil d'actualité de l'application mobile "Assistant étranger". Je vous prie de télécharger cette application mobile et la suivre. Nous y publions les informations les plus récentes.

La situation de nos citoyens se trouvant en quarantaine à l'étranger et la contribution nécessaire à ces derniers demeure une priorité des établissements diplomatiques russes.

Ce thème sera encore abordé aujourd'hui car nous recevons des questions de différents médias.

 

Sur la situation actuelle en Syrie

 

Ces derniers temps nous avons réussi à surmonter le sursaut de tension dangereux dans la zone de désescalade d'Idleb. C'est devenu possible grâce aux accords conclus le 5 mars 2020 entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président turc Recep Tayyip Erdogan.

Sur le plan pratique, le Protocole additionnel au Mémorandum du 17 septembre 2018, signé à l'issue du sommet, a permis de faire cesser à partir du 6 mars les activités militaires sur la ligne de contact dans la zone de désescalade. Ce régime est respecté dans l'ensemble, ce qui contribue à une nette stabilisation de la situation à Idleb. De plus, il a été décidé de créer un corridor de sécurité le long de l'autoroute M4 et d'organiser des patrouilles russo-turques dans cette région. Selon les informations rapportées, des travaux sont en cours pour relancer la circulation sur la route M4.

A l'heure actuelle, les contacts se poursuivent au niveau des ministères de la Défense russe et turc afin d'assurer la mise en œuvre des accords conclus. Nous espérons que cela permettra de déboucher sur une stabilisation durable à Idleb, d'améliorer la situation humanitaire, permettra aux déplacés internes de revenir dans leur foyer.

Il convient de souligner que le Protocole additionnel affirme le ferme attachement à la souveraineté, l'indépendance, l'unité et l'intégrité territoriale de la Syrie. Tout en notant la détermination de poursuivre la lutte contre tous les groupes terroristes reconnus comme tels par le Conseil de sécurité des Nations unies, jusqu'à leur éradication.

Dans l'ensemble, la situation demeure stable dans le Nord-Est de la Syrie suite à la réalisation du Mémorandum russo-turc du 22 octobre 2019. Nous notons parmi les facteurs négatifs l'activation de "cellules dormantes" de Daech et la présence illégale de la coalition internationale avec les Etats-Unis en tête. La politique de Washington encourageant le séparatisme kurde et le pillage des ressources naturelles syriennes ne contribue pas non plus au renforcement de la sécurité.

De sérieuses craintes sont suscitées par l'absence de progrès dans le règlement du problème des camps de réfugiés d'Al-Hol et de Roukban, qui se situent sur des territoires incontrôlés par Damas. Nous appelons les parties qui contrôlent ces régions à assurer au moins les besoins fondamentaux des déplacés internes qui s'y trouvent et à empêcher une catastrophe humanitaire.

Nous sommes également préoccupés par la poursuite de la pratique d'Israël de frappes aériennes unilatérales contre le territoire syrien en transgressant la souveraineté des pays arabes voisins. La dernière attaque a été commise par des avions israéliens ce 5 mars depuis l'espace aérien libanais. Bilan: un militaire syrien tué et plus de 10 blessés. Nous estimons que ces actions arbitraires sapent la sécurité régionale et contribuent à une hausse de tension.

En même temps, sur fond de stabilisation globale de la situation en Syrie nous prônons l'intensification de la contribution humanitaire à cet Etat et de l'aide au retour de réfugiés. Nous remarquons à cet égard la coordination entre Damas et Beyrouth en la matière. En particulier, la semaine dernière, le Ministre libanais des Affaires sociales et du Tourisme Ramzi Moucharrafiyé s'est rendu à Damas et s'est entretenu avec le chef du siège de la coordination syrien pour le retour des réfugiés Hussein Mahluf.

En outre, nous soutenons l'établissement d'une coopération efficace entre le gouvernement syrien et les agences humanitaires internationales. Damas a été récemment visitée par le Président du CICR Peter Mauer, les directeurs exécutifs de l'Unicef, Henrietta Fore, et du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley. Les Syriens bénéficient également d'une aide bilatérale. Selon les informations rapportées, la Chine accorde à Damas une cinquième tranche humanitaire à hauteur de 14 millions de dollars. Le Japon a également fait part de son intention d'accorder une aide humanitaire à la Syrie d'environ 5 millions de dollars au niveau du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et du PAM.

Nous saluons la normalisation opportune des contacts entre la Syrie et les pays arabes. Nous pensons que ce processus profite au renforcement de la sécurité régionale et de la stabilité.

 

Sur l'évolution de la situation au Yémen

 

Moscou continue de suivre attentivement l'évolution de la situation militaro-politique et humanitaire au Yémen.

Malheureusement, la période relativement longue de baisse du niveau de la violence semble toucher à sa fin. Selon les informations rapportées, des affrontements violents ont commencé dans les provinces de Marib et de Jawf, et l'aviation de la "coalition arabique" qui se bat du côté du Président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi a relancé les frappes contre les positions du mouvement des Houthis Ansar Allah. De leur côté, les Houthis ont repris les bombardements du territoire saoudien.

La réalisation des Accords de Stockholm conclus en décembre 2018 par les belligérants continue de faire du surplace. De nombreux termes de cet accord relatifs notamment à la séparation des forces dans la région de Hodeïda et à la levée du siège de Ta'izz restent uniquement sur le papier.

Reste également d'actualité la tâche de mettre en œuvre les accords de Riyad entre le gouvernement d'Abdrabbo Mansour Hadi et le Conseil de transition du Sud du 5 novembre 2019. Nous partons du principe que de cela dépendra non seulement la situation dans le Sud du Yémen, mais également les perspectives de la stabilisation à l'échelle du pays.

Nous réaffirmons la position fondamentale de la Russie concernant la nécessité de cesser au plus vite la confrontation armée et de lancer sous l'égide de l'Onu des négociations inter-yéménites inclusives. Nous sommes persuadés que le progrès dans le règlement de nombreux problèmes du Yémen, y compris les questions relatives à l'ordre étatique et territorial, est possible uniquement à travers un dialogue en tenant compte de toutes les forces politiques importantes du pays.

Dans les contacts avec les parties impliquées et intéressées nous avons l'intention de contribuer pleinement à cet objectif.

 

Sur le projet de construction du barrage de la Renaissance sur le Nil

 

Question de la chaîne égyptienne Ten-TV: Ces derniers temps a grandi la tension entre l'Egypte et l'Ethiopie à cause du projet de construction  du barrage de la Renaissance sur le Nil et le refus de l'Ethiopie de signer un accord sur la régulation du travail du barrage. Au sommet Russie-Afrique de Sotchi, les autorités russes ont fait part de leur disposition à devenir médiateur dans le règlement de ce problème. La Russie peut-elle réitérer cette initiative maintenant vu l'aggravation de ce problème?

Réponse: Premièrement, je voudrais noter que la Russie entretient des liens traditionnellement amicaux avec l'Egypte et l'Ethiopie. Nous suivons attentivement l'évolution de la situation autour de la construction du barrage de la Renaissance sur le Nil bleu. La Russie souhaite que les différends entre Le Caire et Addis-Abeba soient réglés au plus vite par le biais de négociations dans le cadre des mécanismes existants – sur une base équitable, en respectant les normes du droit international, compte tenu des intérêts légitimes de chaque pays.

Nous avons l'intention de continuer de contribuer à la recherche de compromis mutuellement acceptables dans les contacts entre toutes les parties intéressées.

 

Sur le thème de l'Afghanistan

 

Question de 92 News Pakistan: La trêve tant attendue entre le gouvernement afghan et les talibans a été remise en question quand le gouvernement "a montré les cartes" en refusant de libérer les détenus parmi les partisans des talibans. Au lieu des 5.000 personnes prévues, seulement 1.500 ont été libérées.

Deux cérémonies parallèles d'investiture présidentielle ont eu lieu dans le pays, et cela donne l'impression qu'une véritable paix n'est pas à prévoir à court terme. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Question d'Asia News: Le Département d'Etat américain a publié une déclaration en objectant contre la création de structures gouvernementales parallèles après les élections afghanes. Quelle est la position de la Russie à ce sujet?

Réponse: Je voudrais attirer l'attention des journalistes qui ont envoyé ces questions et du grand public sur le commentaire publié sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères ce 11 mars. Il est entièrement consacré à ce thème.

Il évoque les deux cérémonies parallèles d'investiture du 9 mars à Kaboul à la présidentielle afghane Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah.

C'est inquiétant que la situation de crise actuelle, notamment par rapport au tableau global décrit ci-dessus, risque de déstabiliser davantage la situation politique déjà complexe dans le pays et d'entraîner des conséquences négatives pour le lancement des négociations interafghanes, dont les perspectives sont apparues après la signature de l'accord américano-taliban à Doha le 29 février 2020.

Je rappelle que la Russie a salué sa signature et espère qu'il sera entièrement mis en œuvre, comme nous l'avons dit plus tôt. Nous espérons que prochainement il sera possible de lever tous les obstacles sur cette voie, notamment régler le problème relatif à la libération de 5.000 talibans et de 1.000 militaires des forces gouvernementales à la veille de l'ouverture des négociations interafghanes directes sur la paix et l'ordre post-conflit du pays, comme le prévoit l'accord.

Nous appelons toutes les personnalités politiques responsables de l'Afghanistan à s'orienter uniquement sur les intérêts nationaux et à concentrer leurs efforts sur l'avancement du processus de paix afin de mettre un terme à la guerre civile et à rétablir un Etat pacifique, uni et autonome sans terrorisme ni crime de drogue.

Nous sommes prêts à apporter tout notre soutien au peuple afghan amical pour atteindre au plus vite les objectifs mentionnés.

 

Sur les publications mensongères concernant la possibilité d'envoyer des forces russes en Afghanistan

 

Nous avons remarqué la publication sur un site d'information que dans une conférence de presse à l'agence de presse Rossiya Segodnya le représentant spécial du Président russe pour l'Afghanistan Zamir Kaboulov aurait parlé de "la possibilité d'envoyer des troupes russes en Afghanistan pour combattre le terrorisme si les autorités afghanes le demandaient".

Je voudrais déclarer avec toute la responsabilité, en j'utilise sciemment cette formulation, que cette affirmation n'est pas du tout vraie et n'a été exprimée sous aucune forme par le représentant spécial russe. Aucun des médias présents à la conférence de presse, à l'exception de ce site d'information, n'a publié de tels titres, articles ou informations. Tout cela peut être perçu dans le meilleur des cas comme une interprétation très ratée des propos du diplomate russe. J'espère qu'il ne s'agit pas de l'intention de déformer les faits ou d'un fake. Je pense plutôt qu'il s'agit d'un problème de formulation chez ceux qui ont préparé ce sujet pour le site d'information.

La position russe à ce sujet est bien connue: en aucune circonstance la Russie ne planifiait et ne planifie d'envoyer ses forces en Afghanistan. Il peut être question uniquement de la possibilité d'élargir la coopération avec l'Afghanistan dans la lutte contre le terrorisme et la menace de stupéfiants à travers une coopération militaro-technique, ainsi qu'en entraînant des cadres compétents, ce qui se déroule déjà sous la forme bien connue. Nous avons régulièrement publié des informations à ce sujet.

Nous prions les médias à adopter une approche plus professionnelle de l'accomplissement de leurs obligations avec la part de responsabilité appropriée, parce que de telles interprétations et même déformations d'informations et de déclarations peuvent provoquer de gros problèmes dans la perception des déclarations dans différents pays. Nous sommes toujours prêts à répondre aux questions qui intéressent et à apporter des explications supplémentaires.

 

Sur le début du procès sur l'affaire du vol MH17 à la Cour de district de La Haye

 

Les 9 et 10 mars ont eu lieu les premières audiences à la Cour de district de La Haye sur l'affaire du crash du vol MH17 dans l'Est de l'Ukraine en juillet 2014.

Pendant la conférence de presse précédente, nous avons déjà fourni une réponse détaillée à la veille du procès en disant que les médias occidentaux ont lancé une campagne accusatrice sans précédent, qui a dégénéré en pression directe sur le tribunal et attisement des sentiments antirusses.

A présent, quand les premières audiences ont eu lieu, notre vision s'est confirmée. Bien que le tribunal se soit penché uniquement sur les questions procédurales, notamment le calendrier et l'ordre des audiences, la présence de leurs participants, l'agitation autour du procès ne diminuait pas et était alimenté par plusieurs politiques occidentaux, ainsi qu'enquêteurs et procureurs.

Ce qui a attiré l'attention, selon moi, c'est la ligne sans appel de la défense, qui force ouvertement l'examen de cette affaire et exige du tribunal de sanctionner formellement au plus vite la seule version imposée des faits. Je ne vais citer qu'un seul exemple. Les procureurs néerlandais à l'étape actuelle déjà ont commencé à citer les dépositions de prétendus témoins anonymes qui disposeraient de preuves irréfutables de la culpabilité des accusés. Sachant que le public est intimidé une fois de plus selon le principe du "highly likely" avec des thrillers sur l'activité de services russes qui tenteraient d'identifier les témoins, de les intimider et d'empêcher les efforts pour dresser le vrai tableau de la tragédie. De nombreux fakes ont été publiés dernièrement.

Je voudrais rappeler: la Russie n'est pas un acteur du procès. De plus, les affirmations concernant l'implication de notre pays à la catastrophe sont infondées et proviennent de sources douteuses.

Les accusations visent un citoyen ukrainien et trois citoyens russes, dont un bénéficie des services d'avocats. Ils ont déjà appelé le tribunal à étudier attentivement toutes les informations de l'affaire de plus de 30.000 pages. Avouez, cela demandera un certain temps (même les non-initiés sont de cet avis). La défense a soulevé à raison les questions posées par nous et par les députés néerlandais pour savoir pourquoi l'Ukraine n'avait pas fermé son espace aérien au-dessus de la zone des activités militaires et pourquoi l'enquête sur ce thème n'a toujours pas été menée jusqu'au bout. A ce jour restent sans réaction visible des dizaines d'autres questions justifiées posées à l'enquête non seulement par les autorités russes, mais également par les politiques, les journalistes et les représentants de la société civile qui n'ont pas accepté la version mainstream, qui leur a été proposée pratiquement de force.

Nous n'avons pas l'intention d'anticiper les décisions du tribunal. Nous espérons que le procès examinera de manière impartiale toute l'information disponible, et pas seulement les arguments de l'accusation. Si le tribunal était réellement indépendant et impartial, il devrait étudier en profondeur l'ensemble des faits autour de cette tragédie, de prescrire des expertises supplémentaires (c'est évident), interroger d'autres témoins et spécialistes, et non ceux choisis par les procureurs. Il faudra analyser en détail les actions ou l'inaction des autorités ukrainiennes, vérifier l'authenticité des informations photo, vidéo et audio fournies par l'accusation. Ce n'est qu'une vision primaire de ce que devrait faire le tribunal s'il était réellement impartial.

 

Sur le verdict de la Cour européenne des droits de l'homme sur l'affaire "Poliakh et autres contre l'Ukraine"

 

Nous avons noté le refus de la Grande chambre de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de satisfaire la requête ukrainienne de revoir la sentence prononcée le 17 octobre 2019 par la chambre de 7 juges sur la plainte de Poliakh et d'autres contre l'Ukraine. Ce décret a statué la violation des droits des hauts fonctionnaires ukrainiens par rapport à leur limogeage dans le cadre de la loi sur le "nettoyage du pouvoir". Ainsi, la décision initiale de la CEDH confirmant la violation par l'Ukraine de ses engagements dans le cadre de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est entrée en vigueur.

Nous espérons que les autorités ukrainiennes dans le cadre de leurs engagements en conformité avec l'article 46 de la Convention prendront toutes les mesures nécessaires pour appliquer cette décision de la CEDH, y compris les mesures d'exclusion de la pratique de lustration en Ukraine allant à l'encontre des normes européennes.

 

Sur la discrimination continue de la langue russe en Ukraine

 

Nous avons souligné plusieurs fois que la ligne de Kiev visant à ukrainiser le pays par la force était non seulement contraire aux normes universelles internationales en termes de garantie des droits des minorités nationales, mais provoquait également la division et la haine au sein de la société ukrainienne déjà polarisée.

Les exemples sont nombreux. Récemment, le lycée 45 de Lvov a subi une véritable persécution de nationalistes pour avoir annoncé l'admission d'élèves dans des classes russophones d'études secondaires. Certains commentaires sur les réseaux sociaux appelaient même à brûler cet établissement scolaire.

C'est barbare d'assister à ce nationalisme de caverne au XXIe siècle dans un pays qui affirme son attachement aux valeurs européennes et aspire à adhérer à l'UE.

Dans sa lutte fanatique contre tout ce qui est russe, les autorités ukrainiennes vont jusqu'à l'absurdité. Fin février 2020, le Conseil national ukrainien de la télévision et de la radio tristement célèbre a interdit la diffusion de trois chaînes russes se référant à la nécessité de "garantir la protection de l'espace de l'information ukrainien contre la presse audiovisuelle et écrite propagandiste de l'Etat agresseur". Une formulation aussi sérieuse pourrait prêter à croire qu'il s'agit d'émissions politiques et analytiques centrales où sont présents, selon eux, des points de vue de la propagande russe. Peut-être qu'il est question de chaînes russes diffusant des émissions de débat, d'analyse et d'information consacrées à l'agenda ukrainien? Mais non, cette grave formulation a concerné les chaînes comme Evrokino, Topchop TV et Zoopark, dont la faute principale consiste à être diffusées en russe.

Par leurs actes les autorités de Kiev négligent ouvertement leur propre Constitution, dont l'article 10 garantit la protection du russe. De plus, Kiev ne respecte pas ses engagements dans le cadre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, de la Convention des droits de l'enfant, de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, de la Déclaration sur les droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques, du Document de clôture de la réunion de Vienne de la CSCE de 1986, du Document de la réunion de Copenhague de la Conférence sur la dimension humaine de la CSCE de 1990. Et cette liste de documents juridiques internationaux est longue.

Une nouvelle fois nous appelons les institutions internationales des droits de l'homme à s'exprimer clairement sur les violations des droits de la population russophone de l'Ukraine et à pousser Kiev à renoncer à la politique de discrimination envers la langue russe.

 

Sur le Groupe de contact trilatéral pour régler la situation dans le Donbass

 

Dans le contexte de l'Ukraine, je voudrais également répondre à une question de l'Agence fédérale d'actualités: "Le Groupe de contact trilatéral pour le Donbass pourrait proposer dès le 25 mars un nouveau mécanisme de dialogue entre les belligérants dans le Sud-Est de l'Ukraine. Que pense le Ministère russe des Affaires étrangères du déroulement actuel du processus de paix dans le Donbass? Quand s'installera la paix sur le sol ukrainien?"

Dmitri Kozak, chef adjoint de l'Administration du Président russe, s'est exprimé en détail hier à ce sujet. Il a noté en particulier qu'il fallait "être prudent avec les accords pour ne pas les saper". De notre côté nous pouvons seulement appeler tout le monde à écouter ce sage conseil.

Ces dernières années, Kiev a fait un tel nombre de déclarations, notamment mutuellement exclusives, contraires au bon sens et à la logique, aux documents adoptés et aux engagements pris, qu'il faudrait depuis longtemps s'occuper des actions, et non des paroles. Si le gouvernement ukrainien actuel affichait une disposition constructive, une telle position, une telle disposition rencontrerait forcément un écho auprès d'autres acteurs, notamment dans le cadre du Groupe de contact à Minsk.

 

Sur "l'ingérence russe" dans les élections au Guyana

 

Je voudrais également parler d'autres thèmes, d'autres régions. Nous avons remarqué les publications au Guyana concernant l'ingérence russe dans les élections dans ce pays cette fois. Tant d'endroits où "nous nous sommes ingérés dans les élections", et maintenant c'est au tour du Guyana. Je veux dire qu'il ne s'agit pas seulement de publications, mais également de déclarations de représentants officiels de cet Etat concernant la déportation de ce pays de trois personnes "d'origine russe" à cause de leur prétendue "ingérence" dans les élections locales. Je voudrais réaffirmer la position fondamentale sur le rejet russe catégorique de toute forme d'ingérence dans les affaires intérieures d'autres Etats.

Je voudrais souligner également que nous n'avons reçu aucune requête officielle à ce sujet de la part des autorités du Guyana. Nous partons du principe que si nos partenaires ont des préoccupations réelles, ils doivent les adresser avant tout à notre pays via les canaux existants, au lieu de faire une telle improvisation publique dans l'espace médiatique. J'ignore pourquoi c'est fait, pour ses propres intérêts ou à des fins politiques, c'est difficile à dire. Mais quoi qu'il en soit nous attirerons forcément l'attention sur ces choses, les réfuterons et ainsi de suite.

Nous souhaitons au Guyana amical, avec laquelle nous avons des liens à l'épreuve du temps très solides de coopération constructive, de terminer avec succès le processus électoral dans le cadre du champ légal en respectant à la lettre la souveraineté de ce pays et du droit de son peuple de manière autonome, sans ingérence extérieure destructive déterminer son développement politique et socioéconomique.

 

Sur la situation à la frontière azerbaïdjano-arménienne

 

Nous avons également reçu une question de la Télévision publique arménienne. La question en soi ressemble déjà à une réponse toute prête, je me permets donc de réduire l'introduction de la question pour me concentrer sur le fond du sujet qui intéresse nos collègues arméniens: "Comment pouvez-vous commenter les actions agressives de l'Azerbaïdjan à la frontière azerbaïdjano-arménienne?"

Malheureusement, des violations du cessez-le-feu se poursuivent à la frontière et sur la ligne de contact. Il y a des morts et des blessés. A cet égard, je voudrais présenter mes condoléances aux proches des victimes.

Nous appelons les parties à faire preuve de retenue, à s'abstenir de l'usage de la force et d'intensifier les négociations visant à régler le conflit par des moyens politiques.

Je peux vous assurer que nous continuerons de suivre ce thème et laisser des commentaires en temps utile à ce sujet.

 

Sur le 52e anniversaire de la proclamation de l'indépendance de la République de Maurice

 

Jeudi 12 mars, la République de Maurice célèbre le 52e anniversaire de la proclamation de l'indépendance. On sait que l'île Maurice a été découverte par les Portugais au début du XVIe siècle. En 1598, elle a été occupée par les Néerlandais, en 1715 elle est passée sous le contrôle de la France, et à partir de 1810 elle était une propriété britannique. Le 12 mars 1968, Maurice a été proclamée Etat indépendant au sein du Commonwealth britannique.

Quelques jours après la libération de Maurice de sa dépendance coloniale, le 17 mars 1968, nos pays ont établi des relations diplomatiques qui continuent de se développer avec succès.

Néanmoins, le processus de décolonisation de Maurice ne peut toujours pas être considéré comme entièrement achevé – depuis des années la tâche prioritaire de la diplomatie de ce pays est le rétablissement de la souveraineté de Port-Louis sur les territoires aliénés par le Royaume-Uni en 1965, à savoir l'archipel des Chagos. D'ailleurs, nous nous sommes exprimés plusieurs fois à ce sujet.

Londres refuse obstinément de régler ce problème, refusant ainsi de respecter la Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux (résolution 1514 de l'Assemblée générale des Nations unies de 1960), ainsi que la résolution 2066 de l'Assemblée générale des Nations unies de 1965 qui prescrit au Royaume-Uni de n'entreprendre aucune action violant la souveraineté de Maurice.

En juin 2017, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution concernant la requête d'une conclusion consultative de la Cour internationale. Cela a donné le départ à un procès et, en février 2019, la Cour internationale a prononcé sa décision, en reconnaissant que la décolonisation de Maurice n'était pas dûment achevée tant que les îles litigieuses restaient sous le contrôle britannique.

En mai 2019, l'Assemblée générale des Nations unies a soutenu par la majorité des voix, la Russie a également voté pour, un nouveau projet de résolution mauricien sur les conséquences juridiques du détachement de l'archipel des Chagos du territoire de Maurice où, se référant à la conclusion de la Cour international, elle a exigé de Londres dans un délai de six mois après son adoption d'exclure Chagos de son administration coloniale. Malheureusement, le Royaume-Uni a une nouvelle fois refusé de se plier à la prescription de l'Assemblée générale des Nations unies.

Nous tenons en haute estime le caractère amical des relations entre la Russie et Maurice. En novembre 2017, le Ministre mauricien des Affaires étrangères, de l'Intégration régionale et du Commerce extérieur Seetanah Lutchmeenaraidoo s'est rendu en visite de travail à Moscou, qui a gardé de très bons souvenirs des entretiens et dans l'ensemble de notre pays. Je rappelle qu'un entretien a eu lieu avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Le 17 mars 2018, les deux chefs de diplomatie ont échangé des télégrammes de vœux à l'occasion du 50e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre nos pays.

Le 24 octobre 2019, en marge du sommet Russie-Afrique à Sotchi, le Président russe Vladimir Poutine s'est entretenu avec le Président mauricien par intérim Pillay Vyapoory.

Nous félicitons nos amis avec leur fête nationale et nous exprimons la certitude que les relations traditionnelles d'amitié et de coopération productive entre nos deux pays continueront de se développer au profit des deux peuples, de la paix et de la stabilité en Afrique orientale.

 

Sur la présentation au Ministère russe des Affaires étrangères d'un projet du Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies d'échange de données sur les passagers aériens

 

Le 5 mars, le Ministère des Affaires étrangères russe a organisé à l'initiative du Département de nouveaux risques et défis une présentation pour les représentants des organismes russes compétents d'un projet global du Bureau de lutte contre le terrorisme des Nations Unies d'échange de données sur les passagers aériens.

Le chef de la section chargée de la sécurité aérienne et de la lutte contre la circulation des terroristes de cette autorité Jelle Postma a présenté un logiciel qu'il est proposé d'utiliser par les Etats membres afin d'identifier les déplacements des individus impliqués dans l'activité terroriste.

Durant l'entretien ont été également évoqués d'autres aspects pratiques de la coopération entre la Russie et l'Onu dans la lutte contre le crime et le terrorisme international, notamment en ce qui concerne la lutte contre les combattants terroristes étrangers et le renforcement à ces fins de la sécurité frontalière.

La Russie a réaffirmé son soutien total aux efforts antiterroristes du Bureau de lutte contre le terrorisme.

 

Sur la discussion concernant l'affaire de Julian Assange au Conseil permanent de l'OSCE

 

L'affaire de Julian Assange a été examinée par le Conseil permanent de l'OSCE. Ce 7 mars, la délégation russe a soulevé la question concernant les représailles politiques qui continuent contre le fondateur du site WikiLeaks. Je répète, il s'agit d'une réunion du Conseil permanent de l'OSCE.

Nous avons critiqué la persécution du journaliste et la violation de ses droits. Je trouve que cette formulation est loin de la vérité pour la bonne et simple raison que nous pouvons déjà parler du recours à la torture, aux sévices directs, d'une personne concrète, d'un journaliste et d'un activiste poussé à bout. Ce n'est plus une persécution ou une violation de ses droits. Il s'agit d'un crime en direct qui peut se terminer fatalement.

Je rappelle la dure critique exprimée par les Reporters sans frontières et le rapporteur spécial de l'Onu sur la torture Nils Melzer. Le représentant spécial de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir et la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Dunja Mijatovic ont également appelés à ne pas extrader le détenu aux Etats-Unis. Ils ont souligné qu'aux Etats-Unis il risquait une peine démesurée, voire la peine de mort.

Pendant la réunion du Conseil permanent la Russie a pointé de nouveau l'inadmissibilité de priver le journaliste de la possibilité de bénéficier de l'aide médicale nécessaire (ce qui pourrait lui coûter la vie) et d'un contact avec ses avocats sans obstacles.

Cependant, le Royaume-Uni et les Etats-Unis adoptent une autre position. Ils sont d'avis que l'affaire Assange n'a rien à voir avec la liberté d'expression et des médias, et que l'information secrète qu'il a révélée "met en péril la vie de beaucoup de gens".

En d'autres termes, Londres et Washington accusent de facto le journaliste de propager la vérité en l'expliquant par une menace à la vie. En même temps, je voudrais rappeler que l'agression militaire de l'Occident ne serait-ce que contre l'Irak, qui a fait l'objet de l'investigation de Julian Assange, se présentait précisément comme une "défense de la vérité", alors que toute la campagne médiatique américaine et britannique se basait non seulement sur des impératifs mensongers, mais également sur des fakes notoires. C'est l'apothéose d'une logique impériale, du deux poids deux mesures et du mensonge – tout ce qui se passe autour de Julian Assange et en ce qui concerne avant tout les positions de Washington et de Londres.

Pour les vies menacées s'inquiètent ceux qui ont causé par leurs actes des victimes et ont créé non seulement une menace pour la vie des millions, mais qui sont également devenus la cause d'une agression directe et donc de la mort de centaines de milliers de civils, voire des millions, et je ne parle que d'Irak.

L’opinion publique n'a aucun doute quant à la motivation politique de la campagne dirigée contre Julian Assange. Nous appelons la communauté de défense des droits de l'homme et les structures internationales compétentes à déployer tous les efforts pour que la justice triomphe par rapport à Julian Assange ou du moins qu'il ne soit pas simplement tué actuellement par les efforts de Washington et de Londres.

 

Réponses aux questions:

Question: Moscou, le Ministère russe des Affaires étrangères, organise l'un derrière l'autre des entretiens avec des représentants de mouvements palestiniens. Quel est l'objectif final de ces entretiens? Est-ce que Moscou compte organiser pour les Palestiniens une conférence générale pour la réconciliation nationale?

Réponse: En effet, depuis fin février 2020, le Ministère russe des Affaires étrangères organise des contacts très intensifs avec les représentants des différents mouvements palestiniens. Voici quelques exemples. Le 27 février ont eu lieu des consultations détaillées avec le membre du Fatah Hussein al-Sheikh, le 2 mars – avec le président du bureau politique du Hamas Ismail Haniyeh, le 5 mars – avec le président de l'Initiative nationale palestinienne Mustafa Barghouti, le 11 mars – avec le secrétaire général du Jihad islamique Ziyad al-Nakhalah. Prochainement est prévue la venue à Moscou de leaders d'autres forces politiques de la Palestine.

Nous espérons que ces contacts déboucheront sur une nouvelle réunion palestinienne générale à Moscou. De notre point de vue, elle doit contribuer à trouver une entente sur le rétablissement de l'unité nationale sur la plateforme politique de l'Organisation de libération de la Palestine. Nous pensons que la condition clé pour surmonter la division entre Ramallah et la bande de Gaza réside dans l'ouverture de négociations israélo-palestinienne directes et durables afin de régler globalement le conflit israélo-palestinien sur la base universelle du droit international, y compris les résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale des Nations unies, ainsi que l'Initiative de paix arabe.

J'ai noté également de nombreuses publications qui ne perçoivent pas ces rencontres dans l'ensemble, les retirent du contexte. Je vous prie de vous orienter sur ce que je viens de dire, à savoir – sur la vision globale des efforts russes pour rencontrer les représentants de différentes forces politiques palestiniennes et sur les objectifs visés par la Russie – je viens d'en parler.

Question: La situation du coronavirus affectera-t-elle l'emploi du temps du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, notamment son éventuel voyage au Japon?

Réponse: J'ai commencé la conférence de presse par les changements qui ont lieu dans le calendrier des diplomates russes aussi bien en Russie qu'à l'étranger ou qui l'affectent. Bien évidemment, nous tenons compte des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), nous respectons toutes les mesures, recommandations et consignes du Siège opérationnel. Nous avons également nos propres mesures et recommandations, qui sont rapidement approuvées par la direction du Ministère et sont des directives pour les collaborateurs du Ministère russe des Affaires étrangères.

En ce qui concerne concrètement le Japon, je peux dire aujourd'hui que les dates du prochain entretien entre les chefs de diplomatie de la Russie et du Japon ne sont pas fixées, c'est pourquoi on ne peut pas parler d'un impact du coronavirus sur ce processus. Ces thèmes ne sont certainement pas liés entre eux.

Question: Comment a changé la situation pour les touristes français après les récentes recommandations de la mission diplomatique française d'annuler les voyages en Russie à cause de la propagation du coronavirus? Quelles étapes de vérification doit passer un citoyen français en entrant en Russie? Dans quel cas il peut être placé en quarantaine? Sous quelle forme est organisée la quarantaine en Russie – est-ce un hôpital spécial ou un hôtel?

Réponse: Nous recevons de nombreuses questions de ce genre. Je voudrais souligner encore une fois que les questions relatives à l'arrivée de touristes dans notre pays sont régulées par les décisions du Siège opérationnel russe, ainsi que les autorités des régions et des sujets de la Fédération de Russie.

Premièrement, je vous prie de suivre attentivement les nouvelles du Siège et, deuxièmement, d'utiliser pour obtenir des réponses opérationnelles les numéros de téléphone indiqués ou les contacts en ligne.

Question: La Russie compte-t-elle suspendre la communication de transport avec les républiques de Transcaucasie compte tenu de la propagation de l'épidémie de coronavirus?

Réponse: De telles décisions relèvent uniquement de la compétence du Siège opérationnel. Je souligne de nouveau: tout ce qui concerne les réglementations, les recommandations, l'adoption d'actes législatifs concernés sur la venue de touristes et de délégations dans notre pays depuis l'étranger, n'a aucune implication politique. La thèse principale, la raison et la méthodologie des mesures prises sont liées à la santé, à la médecine et à la sécurité. Sachant que nous tenons également compte des recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et nous accumulons l'expérience internationale dans la lutte contre ce qui est devenu à présent une pandémie dans différentes régions du monde.

Il n'y a pas de politique. Je peux affirmer que dans le cas présent le Ministère des Affaires étrangères ne fait que répéter les recommandations élaborées par le Siège. Je répète, un représentant du Ministère russe des Affaires étrangères participe au travail du Siège – c'est le vice-Ministre russe des Affaires étrangères Igor Morgoulov.

Question: Le Ministère russe des Affaires étrangères compte-t-il fournir des recommandations supplémentaires concernant la visite des pays où le coronavirus a été constaté étant donné que leur nombre augmente? Comment a changé le calendrier des voyages étrangers des diplomates russes?

Réponse: J'ai déjà répondu à la deuxième partie de la question.

Je répète: les questions relatives aux recommandations sur la visite des pays touchés par le coronavirus sont évoquées lors des réunions du Siège opérationnel pour la prévention de l'entrée et de la propagation de la nouvelle infection de coronavirus sur le territoire russe. C'est lui aussi qui prend des décisions appropriées – pas le Ministère russe des Affaires étrangères. Elles sont prises par le Siège au format interministériel, collectivement, en fonction des principaux objectifs et tâches pour lesquels il a été créé.

En ce qui concerne le calendrier des voyages, j'ai déjà dit que les missions de courte durée des diplomates russes étaient minimisées sur décision du Ministère russe des Affaires étrangères. Cette décision est entrée en vigueur il y a quelques jours. Nous nous y plions.

Question: La situation de propagation du coronavirus dans le monde évolue rapidement. Le nombre de malades augmente chaque jour. D'où la question de savoir si les représentants étrangers notifiaient le Ministère russe des Affaires étrangères via les canaux diplomatiques qu'ils ne pourraient pas assister à la célébration de la journée de la Victoire à Moscou? Si oui, quels pays ont envoyé de tels messages?

Réponse: Il y a littéralement deux heures, le porte-parole du Président russe Dmitri Peskov a commenté ce sujet. Je voudrais souligner que l'organisation de sommets et d'événements au sommet est la prérogative de l'Administration présidentielle et elle est commentée par ses représentants. Dmitri Peskov a déjà répondu à cette question.

Question: Sergueï Lavrov est-il disposé ou prêt à rencontrer son homologue polonais? Que pense la Russie de l'idée de relancer le travail du groupe russo-polonais sur les questions difficiles?

Réponse: Je voudrais souligner que la Russie, Moscou, les diplomates russes et d'autres représentants officiels n'ont jamais cherché à esquiver le dialogue avec Varsovie. Je rappelle également qu'un contact a eu lieu au niveau du Ministère des Affaires étrangères, notamment du Ministre avec son homologue polonais, en marge de la session du Comité des ministres du Conseil de l'Europe à Helsinki le 17 mai 2019. Nous entretenons un contact entre les ministères des Affaires étrangères et à d'autres niveaux qui n'ont pas été bloqués. Ce qui importe c'est le résultat, parce que ces réunions ne sont pas organisées juste pour être organisées, mais pour obtenir un résultat. Or le résultat est évident – c'est le développement des relations bilatérales et non leur blocage. Par conséquent, il n'y a aucun reproche à faire à Moscou en l'occurrence. Nous sommes toujours disposés au dialogue, nous partons toujours de la nécessité de développer les relations bilatérales au profit des peuples de nos pays et adoptons une approche responsable des déclarations publiques sur différentes questions, y compris difficiles.

En ce qui concerne l'activité du groupe bilatéral sur les questions difficiles découlant de l'histoire des relations bilatérales, vous le savez, ce format a été créé afin de décharger le dialogue politique. Dans les conditions où Varsovie a lui-même bloqué ce dialogue, a suspendu tous les mécanismes de coopération et a renoncé à l'Accord que la communication sans visa entre les habitants de la région de Kaliningrad et les régions concernées de la Pologne, nous pensons que l'approche sélective du redressement du dialogue correspond à la volonté déclarée par le Ministre polonais des Affaires étrangères d'améliorer les relations avec la Russie. Je répète, nous sommes ouverts à un dialogue normal et équitable avec Varsovie sous des conditions claires que j'ai évoquées aujourd'hui. L'objectif doit être évidement – c'est le développement des relations, pas leur blocage.

Question: Le journal français Le Monde a refusé au Ministère russe des Affaires étrangères de publier un démenti de l'article paru en janvier et contenant de fausses informations sur l'activité du Ministère des Affaires étrangères. Quelles mesures seront prises par le Ministère? A quelles mesures faut-il d'attendre?

Réponse: J'ai déjà fait un commentaire détaillé concernant la situation avec Le Monde. Nous estimons que de son côté le Ministère russe des Affaires étrangères a entrepris tous les efforts nécessaires pour régler ce problème par des méthodes et des moyens civilisés admis dans le monde entier, pour attirer l'attention de la rédaction de ce média sur l'erreur commise – la publication d'une fausse information. Nous avons accordé la possibilité (et même demandé) de corriger l'erreur commise.

Cependant, Le Monde n'a pas simplement décidé de ne pas le faire, mais il a également jugé possible d'exprimer démonstrativement sa réticence. Nous pensons que de tels actes parlent d'eux-mêmes: cette politique du journal montre clairement l'attitude du média envers son public et comment il règle les questions d'éthique dans la profession. C'est un coup pour la réputation de la rédaction.

Comme nous l'avons déjà souligné, en nous refusant la publication d'un démenti, la rédaction française a transgressé un principe fondamental de l'éthique de journalisme internationale – la garantie du droit de l'intéressé à répondre sur les pages du média en cas d'une inexactitude ou d'une déformation commise publiquement à son égard. Il est fixé dans plusieurs documents internationaux qui n'ont pas été simplement signés par la communauté journaliste française, mais qui a activement participé à leur élaboration sur la vague de véritables processus démocratiques dans les années 1950-1960.

Nous considérons les actions du journal Le Monde comme un exemple négatif du travail journalistique, une négligence des normes démocratiques et des principes dans le travail des médias, dont Paris aime tant parler. Nous continuerons de médiatiser cet épisode, l'utiliser en tant qu'exemple sur les plateformes internationales spécialisées, nous enverrons des notes appropriées à l'OSCE.

 

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Nous avons reçu de nombreuses questions de la part de journalistes japonais pour dire à quel point les mesures prises pour lutter contre la propagation de l'infection de coronavirus les concernent personnellement, ainsi que l'activité de journalistes concrets. Nous y répondrons individuellement.

J'ai été frappée par une question: la quarantaine pour un journaliste implique-t-elle un auto-isolement ou un placement forcé en quarantaine? Il y a des choses à expliquer aux collègues japonais concernant la différence entre l'auto-isolement et la quarantaine. Nous répondrons à part à toutes les questions car elles concernaient des aspects personnels de l'activité.

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