28 février 202013:54

Allocution et réponses à la presse de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, lors d'une conférence de presse conjointe à l'issue de son entretien avec Jean Asselborn, Ministre des Affaires étrangères et européennes du Grand-Duché de Luxembourg, Moscou, 28 février 2020

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Nous venons de mener un entretien très nourri, qui s'est déroulé traditionnellement dans une atmosphère de confiance. Il s'agit de la septième visite en Russie de Jean Asselborn, qui dirige le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères depuis plusieurs années.

Les relations entre nos pays ont une longue histoire. Cette année, nous célébrerons le 85e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre l'URSS et le Grand-Duché de Luxembourg. Et l'an prochain aura lieu le 130e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre le Luxembourg et l'Empire russe.

Notre dialogue bilatéral est très positif. Nous avons évoqué en détail les perspectives de nos relations, avant tout compte tenu des accords conclus au sommet. Nous avons accordé une grande attention à la coopération commerciale et économique. Le Luxembourg est l'un des plus importants investisseurs étrangers dans l'économie russe. Plusieurs projets communs sont réalisés dans le secteur industriel. Il existe de bonnes perspectives dans le domaine des innovations et des finances, notamment dans ce qu'on appelle aujourd'hui la "finance verte". Nous avons noté un intérêt mutuel pour la coopération dans le secteur spatial.

Des deux côtés, nous percevons positivement le travail de la Commission mixte pour la coopération économique entre la Fédération de Russie et l'Union économique belgo-luxembourgeoise. Nous sommes convenus de préparer sa prochaine réunion, qui devrait se tenir au second semestre cette année au Luxembourg.

Les liens interparlementaires progressent. L'an dernier, les Parlements russe et luxembourgeois ont créé des "groupes d'amitié". Une invitation des présidents des chambres de l'Assemblée générale à visiter la Russie a été transmise au président de la Chambre des députés du Luxembourg Fernand Etgen.

Les régions russes s'intéressent de plus en plus à l'établissement de contacts avec le Grand-Duché. Nous nous sommes mis d'accord pour approfondir la coopération interrégionale.

Les liens se développent de manière dynamique sur le plan humain. Cette année au Luxembourg est prévue la réalisation du grand projet culturel international "Saisons russes", dont le programme inclut une tournée d'artistes russes de renom.

Cette année, la communauté mondiale célèbre le 75e anniversaire de la Victoire dans la Seconde Guerre mondiale. Le Ministre luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes Jean Asselborn a réaffirmé que le Grand-Duc Henri avait accepté l'invitation du Président russe Vladimir Poutine à participer aux commémorations du 9 mai à Moscou sur la place Rouge.

Il a été convenu d'accélérer la mise en pratique de l'initiative avancée par les autorités luxembourgeoises d'installer sur le territoire du Luxembourg un monument en hommage aux citoyens soviétiques extradés pendant la Seconde Guerre mondiale pour effectuer des travaux forcés.

Nous avons échangé nos avis sur les questions régionales et internationales d'actualité. Nous avons beaucoup parlé de la situation malsaine dans les relations Russie-UE. Nous savons que les partenaires luxembourgeois prônent leur normalisation. Nous soutenons cette disposition parce que nous voulons exactement la même chose: que les relations entre la Russie et l'UE reviennent sur leur trajectoire constructive.

De notre côté, nous avons exprimé notre inquiétude quant au renforcement des capacités militaires de l'Otan près des frontières russes. L'ampleur des préparatifs de l'Alliance sort largement du cadre des besoins d'autodéfense. Cette ligne fait monter la tension et aggrave le manque de confiance. Même si nous sommes certains, et nous avons plusieurs propositions concrètes à cet égard, que l'Europe a besoin d'une architecture de sécurité égale et indivisible - et à ce sujet les dirigeants ont fait plusieurs déclarations politiques dans le cadre de l'OSCE et du Conseil Otan-Russe - pour l'instant la "sécurité égale et indivisible" ne s'est toujours pas traduite dans le langage de démarches pratiques sur le continent européen. Nous avons expliqué quelles actions nous avions déjà proposé à l'Alliance pour la désescalade de la situation et le renforcement de la confiance. Nous attendons la réponse.

A l'ordre du jour de nos contacts avec le Luxembourg figurent également d'autres questions relatives à la politique mondiale, y compris la situation au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, notamment en Syrie et en Libye. Dans les deux cas, comme dans tout conflit régional, la Russie prône l'établissement d'un dialogue inclusif entre toutes les forces politiques du pays concerné, le respect par tous les acteurs extérieurs de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des pays concernés. Nous estimons qu'il ne faut faire aucun compromis avec les terroristes qui ont relevé la tête après le Printemps arabe qui a éclaté en 2011.

La Russie et le Luxembourg, tout comme l'Union européenne dans l'ensemble, sont préoccupés par la situation dans le processus de paix israélo-palestinien. Nous avons réaffirmé qu'il fallait chercher les solutions à ce problème de la région, le plus ancien, à travers un dialogue direct entre les Israéliens et les Palestiniens sur la base des décisions déjà prises à l'Onu et de l'Initiative de paix arabe qui prévoit, dans le contexte du règlement du problème palestinien, une normalisation totale des relations entre les Arabes et Israël.

Nous avons partagé notre avis sur la situation en Ukraine dans le cadre des efforts pour mettre en œuvre les Accords de Minsk et compte tenu des recommandations adressées par le Format Normandie au Groupe de contact, au sein duquel doivent être entrepris les efforts principaux pour apaiser la tension sur le terrain avec la participation aussi bien de Kiev que de Donetsk et de Lougansk. Je souligne une nouvelle fois que le dialogue direct est la raison précise pour laquelle a été créé le Groupe de contact, que c'est un terme qui fait partie intégrante des Accords de Minsk, et qu'il faut être disposé à part entière à remplir cette exigence.

Dans l'ensemble, je trouve que nos consultations ont été très utiles. Nous continuerons d'entretenir des contacts étroits avec nos collègues du Luxembourg. Je remercie le Ministre luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes Jean Asselborn pour cet entretien très utile.

Question (traduite du français, adressée à Jean Asselborn): La Turquie a annoncé l'ouverture de ses frontières pour le passage des réfugiés syriens vers l'Europe. La situation en Syrie sera évoquée aujourd'hui pendant le sommet Otan-Turquie. Que pouvez-vous dire de ces vives déclarations de la Turquie? La décision d'Ankara était-elle une surprise pour l'UE, et cette dernière est-elle prête pour une éventuelle aggravation de la crise migratoire?

Sergueï Lavrov (ajoute après Jean Asselborn): Je voudrais soutenir ce que vient de dire Jean Asselborn concernant la nécessité, pour les acteurs extérieurs, d'unir leurs efforts, de coopérer pour la désescalade de la tension et, mieux encore, pour empêcher les crises. C''était précisément notre objectif dans le dialogue avec nos collègues de l'UE, de l'Otan et avec les États-Unis au niveau bilatéral. Il est important que cette compréhension de la nécessité de coopérer se manifeste à toutes les étapes, et pas seulement quand la foudre a frappé.

En 2003, nos collègues britanniques et américains ne parlaient d'aucune coopération quand ils bombardaient l'Irak sous le prétexte complètement fallacieux d'une prétendue présence des armes de destruction massive. C'était un véritable fake. Personne n'a consulté qui que ce soit: ils ont simplement lancé les bombardements. Ils en paient le prix encore aujourd'hui. Puis il y a eu la Libye, où l'Otan, sans consulter qui que ce soit, a grossièrement déformé la résolution du Conseil de sécurité et, au lieu d'établir une zone d'exclusion aérienne, a simplement bombardé ce pays, qui ne parvient toujours pas à se réunir: il a volé en éclats. Nous apprécions les efforts entrepris par nos collègues en Allemagne, en France, en Italie et dans d'autres pays, les efforts de l'Onu. Mais soyons honnêtes: réunifier ce pays est extrêmement difficile, cela ne se fera pas en deux ou trois essais.

C'est pourquoi je voudrais soutenir l'appel de Jean Asselborn à la coopération. Il faut le faire à toutes les étapes de l'examen de tel ou tel problème. Et le mieux serait avant qu'il ne se transforme en tragédie pour des centaines et des centaines de milliers d'habitants de l'Irak, de la Libye et de la Syrie - avec laquelle on a voulu faire la même chose qu'avec la Libye. En l'occurrence, nos partenaires occidentaux doivent être guidés, évidemment, par les intérêts de tous les acteurs impliqués dans le conflit, et pas seulement par leurs intérêts géopolitiques. Très souvent ces intérêts géopolitiques se résument à une tâche très simple: empêcher le renforcement de la Russie, de la Chine ou de l'Iran, et c'est la seule chose à laquelle pensent les "stratèges" géopolitiques en Occident. Ils ne pensent pas du tout au fait que ces tâches sont incompatibles avec le soulagement des souffrances de la population de ces pays. C'est pourquoi je réaffirme notre disposition, que nos partenaires occidentaux connaissent bien: entendons-nous sur l'aide aux pays de la région, à chacun de ces pays, pour assurer une paix stable. Laissons de côté les méthodes néocoloniales, voire coloniales, dans cette région.

Question: La situation s'est significativement détériorée ces derniers jours à Idleb, en Syrie. Les militaires turcs qualifient ouvertement de "cibles ennemies" les positions de l'armée syrienne. 33 militaires turcs ont été tués. Les médias turcs, et parfois le public, accusent ouvertement la Russie de la situation. Ankara appelle à des consultations urgentes avec l'Otan. Reste-t-il une place pour le dialogue? Quel sort attend le format d'Astana?

Sergueï Lavrov: Nous réaffirmons notre total attachement aux accords conclus entre le Président russe Vladimir Poutine et le Président turc Recep Tayyip Erdogan sur les actions à engager dans la zone de désescalade d'Idleb: séparer l'opposition normale des terroristes, démilitariser la ceinture intérieure dans cette zone de sorte que personne ne puisse bombarder les positions de la Syrie à partir de là, ni la base aérienne russe, et garantir une utilisation sans obstacles des autoroutes qui traversaient cette zone. Cela reste nos objectifs communs avec les collègues turcs.

En revanche, il est nécessaire maintenant de remplir ces objectifs, parce que rien n'a été fait en un an et demi. En réponse aux violations permanentes du cessez-le-feu depuis la zone d'Idleb, l'armée syrienne a évidemment parfaitement le droit de riposter, de réprimer les terroristes. En ce sens, nous ne pouvons pas interdire à l'armée syrienne de remplir les exigences prescrites par les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies concernant la lutte impitoyable et sans appel contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Un incident s'est produit hier. Le Ministère russe de la Défense a formulé un commentaire détaillé aujourd'hui confirmant que les militaires russes et turcs avaient établi un contact permanent et quotidien en temps réel sur le terrain, notamment compte tenu de la mise en œuvre des accords sur la mise en place de 12 postes d'observation de l'armée turque dans la zone de désescalade d'Idleb. Les militaires turcs informent quotidiennement (parfois plusieurs fois par jour) notre Centre de réconciliation des belligérants où se trouvent à chaque instant les militaires turcs dans cette zone de désescalade d'Idleb. Ces coordonnées sont évidemment transmises par les forces syriennes pour garantir à part entière la sécurité des militaires turcs lors des ripostes aux attaques terroristes. Et comme l'a annoncé aujourd'hui le Ministère russe de la Défense, les coordonnées transmises hier ne mentionnaient pas les lieux où ont été finalement tués des militaires turcs, qui se sont retrouvés dans les rangs des groupes terroristes. Dès que l'incident a été rapporté (le Ministère russe de la Défense explique cette situation), nous avons demandé aux collègues syriens de suspendre les activités militaires et avons tout fait pour garantir une évacuation sûre des blessés et expédier les corps des militaires turcs tués sur le territoire de la Turquie.

Le problème ne réside pas dans la présence d'un plan allant à l'encontre de l'accord initial sur la zone de désescalade d'Idleb. Le problème réside dans la mise en pratique des accords et le fameux "deconflicting", dont on parle tant concernant la situation dans l'Est de la Syrie et dans la zone de désescalade d'Idleb.

Il existe un accord entre nos militaires et s'il était respecté à part entière, notamment en ce qui concerne la transmission des coordonnées géographiques exactes des militaires turcs, de telles tragédies auraient pu être évitées. Nous présentons nos condoléances. Je répète que nous faisons tout pour assurer la sécurité des militaires turcs œuvrant à garantir la désescalade dans la zone d'Idleb, et nos militaires sur le terrain sont prêts à poursuivre ce travail.

Vous avez mentionné la requête turque concernant la tenue de consultations avec l'Otan. C'est le droit de tout membre de l'Alliance. Le traité de Washington sur les relations entre les membres de l'Otan prévoit la possibilité d'exiger des consultations si l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un pays est menacée. Il contient également l'article 5 consacré aux situations où l'un des membres de l'Otan est attaqué en Europe ou en Amérique du Nord. Dans ce cas est lancé un mécanisme de consultations et de réactions. Je ne pense pas que la situation actuelle en Syrie corresponde à l'une des situations prévues par ces chapitres du traité de Washington, qui a affirmé la nature uniquement défensive de l'Alliance et prévoit des contremesures en cas d'attaque de l'un des membres de l'Otan.

En ce qui concerne le sort du format d'Astana et la présence d'un espace de dialogue: il en existe toujours un. Aujourd'hui, le Président russe Vladimir Poutine s'est entretenu par téléphone avec le Président turc Recep Tayyip Erdogan à la demande de ce dernier. Ils ont évoqué en détail la nécessité de tout faire pour remplir les accords initiaux sur la zone de désescalade d'Idleb. Ils ont également abordé la possibilité de contacts nécessaires à un certain niveau très prochainement. Il y a une heure et demie, il a été annoncé que les négociateurs russes et turcs, qui ont travaillé hier et avant-hier à Ankara, avaient convenu de poursuivre ce travail aujourd'hui. Je ne pense donc pas qu'il s'agisse de problèmes insurmontables pour le format d'Astana. Je suis certain que si les militaires, les diplomates et les représentants des services de sécurité de nos pays pouvaient se concentrer sur les accords de base sur la zone de désescalade d'Idleb, ces accords pourraient être traduits dans le langage des actions pratiques.

Je voudrais attirer l'attention sur un autre aspect déjà abordé dans nos commentaires publics, mais il est important de le garder à l'esprit si nous voulons comprendre correctement ce qui se passe à Idleb, et quels objectifs sont poursuivis par les parties.

Le représentant spécial des États-Unis pour la Syrie James Jeffrey a déjà déclaré plusieurs fois publiquement que Hayat Tahrir al-Cham (la réincarnation du Front al-Nosra, également reconnu comme organisation terroriste par le Conseil de sécurité des Nations unies) n'était plus tellement terroriste, qu'il se débarrassait des éléments inutiles et des extrémistes, devenait partie intégrante du processus de paix en Syrie car il se transformerait, comme cela a été dit, en une force opposée au gouvernement de Bachar al-Assad - au "régime" comme aiment dire nos collègues occidentaux.

Cet avis a déjà été activement relayé par des politologues américains et occidentaux, notamment par l'International Crisis Group (ONG basée à Bruxelles). Commentant récemment les événements en Syrie, l'ICG a jugé possible d'interviewer le chef de Hayat Tahrir al-Cham Abou Mohammed al-Joulani, qui professait activement les thèses répandues par James Jeffrey. Il disait que Hayat Tahrir al-Cham était activement reforgé (ou s'était déjà reforgé) et ne se fixait pas pour objectif de commettre des attentats, mais de combattre le "régime" en Syrie. Les commentaires occidentaux vont de plus en plus en ce sens.

Je voudrais très sérieusement mettre en garde les collègues occidentaux contre la répétition de leurs erreurs, quand, pour parvenir aux fins géopolitiques de changer le régime dans tel ou tel pays, que ce soit l'Afghanistan, l'Irak, la Libye ou la Syrie, ils avaient misé sur une alliance avec les terroristes dans l'espoir qu'en utilisant ces derniers pour atteindre un objectif géopolitique concret, il serait ensuite possible de les contrôler. Cela n'est jamais arrivé. J'appelle tous nos collègues à se rappeler qu'il est impossible de s'entendre avec les terroristes, qui plus est de miser sur eux dans le règlement de tels problèmes dans le contexte du processus de paix syrien.

Question: Récemment, le vice-Président américain Mike Pence a déclaré: "C'est la liberté, et non le socialisme, qui a mis un terme à l'esclavage, qui a gagné les deux guerres mondiales et a transformé l'Amérique en lueur d'espoir." Il ne reste qu'à essayer de deviner ce que voulait dire concrètement Mike Pence. Comme s'il avait de facto rayé l'URSS de la liste des pays vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale. Étant donné que la Russie parle constamment de l'inadmissibilité de réécrire l'histoire, de la nécessité de rappeler le rôle majeur de l'URSS dans la victoire dans la Seconde Guerre mondiale, comment peut-on percevoir cette déclaration?

Sergueï Lavrov: Ce n'est pas la première fois que Mike Pence affiche une attitude aussi négligente, voire outrageante, envers l'histoire.

Le 23 janvier 2020, pendant la commémoration des victimes de l'Holocauste à Jérusalem, alors qu'il décrivait les sévices commis par les fascistes envers les Juifs, citant l'exemple du camp d'Auschwitz, il a décrit tout ce qui s'y passait et a dit: "Quand les soldats ont ouvert le portail de ce camp, ils ont été terrifiés par ce qu'ils ont vu." A ce moment les spectateurs dans la salle ont commencé à chuchoter en se demandant - les soldats de quelle armée? D'autant que le discours de Mike Pence a été précédé par l'intervention du Président israélien Reuven Rivlin, du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, du Président français Emmanuel Macron et de bien d'autres orateurs, chacun soulignant le rôle de l'Armée rouge dans la libération d'Auschwitz et le rôle des peuples de l'URSS dans la victoire sur le fascisme. Mike Pence a jugé nécessaire d'éviter de le mentionner.

Quant au fait que c'est la liberté et non le socialisme qui a mis un terme à l'esclavage - je suis entièrement d'accord avec lui. Sous le socialisme il n'y avait pas d'esclavage, il existait sous la liberté pendant des siècles, et a été éradiqué seulement dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans les années 1860.

Quant à la déclaration selon laquelle la liberté a transformé l'Amérique en "lueur d'espoir" pour toute l'humanité, à en juger par le comportement des États-Unis sur la scène internationale, cette lueur pourrait tout à fait être la traînée lumineuse d'un train qui écrase tous les autres. Laissons ces déclarations sur la conscience de Mike Pence.

Je trouve que pour le jubilé de la sainte Victoire, de notre Victoire commune à laquelle les alliés ont grandement contribué, à l'issue de laquelle a été créée l'Organisation des Nations unies, il faut éviter de commenter l'histoire et les événements actuels de manière hautaine, et se concentrer sur l'universalité des menaces qui s'accumulent et la nécessité d'un dialogue pour trouver un équilibre des intérêts afin d'écarter le monde d'un seuil dangereux. C'est ce dialogue qui est visé par l'initiative du Président russe Vladimir Poutine concernant la réunion du sommet des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

 

 

 

 

 

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