12 février 202022:02

Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 12 février 2020

253-12-02-2020

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Sur la participation de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la 56e Conférence de Munich sur la sécurité

 

Du 14 au 16 février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera, en qualité de chef de la délégation russe, au travail de la 56e Conférence de Munich sur la sécurité.

En marge de cet événement sont prévus de nombreux entretiens, contacts, pourparlers, ainsi que la participation à différents formats (bilatéraux et multilatéraux). Ces nombreux formats de la Conférence, notamment les sessions plénières et les tables rondes, prévoient un examen global des problèmes de sécurité dans différentes régions du monde, notamment au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en Arctique, dans les Balkans, ainsi que des problèmes d'actualité en matière de sécurité énergétique et dans le domaine de la santé. Les participants se pencheront sur la situation actuelle dans les relations transatlantiques, les nouveaux risques et défis, notamment les changements climatiques, ainsi que l'impact du protectionnisme grandissant dans le commerce et de l'accélération du progrès technologique sur la sécurité internationale.

Dans son allocution à la session plénière de la Conférence, qui aura pour thématique "Le désordre mondial: d'autres chances pour un nouvel ordre du jour", le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov compte exposer les approches fondamentales de la Russie en matière de garantie de la sécurité internationale et de stabilité mondiale dans les conditions de fragmentation grandissante de l'ordre mondial contemporain. Un discours à part du Ministre est prévu pendant la table ronde du forum des Lectures Primakov intitulée "Les priorités de la politique étrangère de la Russie à l'époque d'une nouvelle confrontation entre les grandes puissances".

La Conférence offre traditionnellement la possibilité d'organiser à sa marge des contacts informels. Le planning est en cours de mise au point. Nous vous informerons rapidement une fois qu'il sera fixé. La participation conjointe du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et du Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas est prévue au traditionnel déjeuner d'affaires avec des représentants des milieux d'affaires russes et allemands. Plusieurs entretiens bilatéraux de Sergueï Lavrov sont prévus avec ses homologues étrangers le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas, le Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, le Ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi, le Ministre croate des Affaires étrangères Gordan Grlic Radman, le Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de l'Intégration africaine du Togo Robert Dussey, ainsi que le Haut représentant de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité Josep Borrell.

En prévision du 75e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la cérémonie solennelle de remise aux vétérans russes de médailles du 75e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 au Consulat général de Russie à Munich. Les détails sont en cours de mise au point. Nous vous les communiquerons un peu plus tard.

 

Sur l'entretien des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la Russie et de l'Italie au format "2+2"

 

Mardi 18 février à Rome se tiendra une nouvelle réunion des ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la Russie et de l'Italie au format "2+2", à laquelle participeront, côté russe, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le Ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, et côté italien le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Luigi Di Maio et le Ministre de la Défense Lorenzo Guerini.

Ce format a été instauré conformément à l'entente entre le Président de la Fédération de Russie et le Président du Conseil des ministres de l'Italie et fonctionne depuis 2009.

Il s'agit de la quatrième réunion dans ce format. Il est prévu d'évoquer un large éventail de questions internationales avec un accent sur la stabilité mondiale et le règlement des plus graves problèmes interrégionaux. Les questions relatives à la maîtrise des armements et à la garantie de la sécurité en Europe, ainsi qu'au processus de paix aux Proche-Orient et à la situation en Afrique du Nord, sont à l'ordre du jour.

Dans le cadre des consultations à Rome sont prévus des entretiens à part du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Luigi Di Maio, ainsi que des contacts bilatéraux entre les deux ministres de la Défense. Les interlocuteurs échangeront leurs points de vue sur l'état des relations bilatérales.

 

Sur la visite en Fédération de Russie d'Ayman Safadi, Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés du Royaume hachémite de Jordanie

 

Les 18 et 19 février, Ayman Safadi, Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés du Royaume hachémite de Jordanie, effectuera une visite de travail à Moscou. Il s'entretiendra avec le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov le 19 février.

On prévoit un échange d'avis en profondeur sur l'agenda régional et international avec un accent sur les conflits au Moyen-Orient. Une attention particulière sera accordée au processus de paix syrien dans le contexte du règlement de graves questions humanitaires relatives à la contribution au retour des réfugiés syriens dans leur foyer, ainsi qu'à la situation autour du dossier israélo-palestinien. Il est prévu d'évoquer en détail le développement multivectoriel de la coopération entre Moscou et Amman, notamment l'élargissement du partenariat commercial, économique et d'investissement.

Nous remarquons le caractère nourri du dialogue politique russo-jordanien, qui se distingue par un haut niveau de confiance et la proximité ou la coïncidence des approches de nombreux problèmes de notre époque.

 

Sur les mesures liées à l'épidémie de coronavirus en Chine

 

Tout d'abord, je voudrais souligner que le Président russe Vladimir Poutine a envoyé le 31 janvier au Président chinois Xi Jinping un message pour exprimer son soutien et sa compassion en lien avec l'épidémie de coronavirus. Il a également proposé tout le soutien nécessaire à nos amis chinois.

Le 1er février, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s'est entretenu par téléphone avec Wang Yi, membre du Conseil d'État chinois et Ministre des Affaires étrangères, pour confirmer encore une fois notre volonté d'aider la Chine à combattre l'épidémie.

Sur ordre du Premier ministre russe Mikhaïl Michoustine, la Russie a créé un état-major opérationnel visant à prévenir l'introduction et la dissémination de la nouvelle infection du coronavirus, dont la Vice-Première ministre russe Tatiana Golikova a pris la tête. Le Ministère russe des Affaires étrangères, tout comme d'autres organes compétents fédéraux de pouvoir exécutif, participe aux travaux de cet état-major. Nous avons régulièrement présenté des informations à ce sujet. Nous avons adopté un plan d'action national. Le Ministère des Affaires étrangères a également formé son propre état-major opérationnel pour assurer la coordination des travaux dans ce domaine. J'espère que vous recevez toutes les dernières informations de nos missions à l'étranger: des ambassades, des consulats généraux et des représentations permanentes. Je voudrais également rappeler que nous avons des numéros verts, des pages sur les réseaux sociaux, les comptes du Ministère des Affaires étrangères, les sites du service consulaire et de nos établissements à l'étranger. Je voudrais attirer votre attention sur l'application "Assistant à l'étranger" que vous pouvez télécharger sur différents appareils  (smartphone, tablette, ordinateur) afin de recevoir rapidement, pratiquement en direct, toutes les informations pendant votre séjour dans un pays étranger. 

La Russie adopte actuellement, en coopération étroite avec ses partenaires chinois, toutes les mesures nécessaires visant à prévenir la dissémination du nouveau coronavirus sur le territoire de la Fédération de Russie. Le Gouvernement russe a déjà adopté plusieurs décrets en ce sens - № 140-r du 30 janvier 2020, №153-r du 31 janvier 2020 et № 194-r du 3 février 2020.

L'Ambassade et les consulats généraux de la Russie en Chine suivent attentivement la situation, maintiennent le lien avec les citoyens russes qui se trouvent en Chine, dans les zones affectées par l'infection.

Le 5 février, les avions du Ministère russe de la Défense ont opéré, en coopération étroite avec l'Ambassade russe à Pékin, l'évacuation de citoyens de la Russie et de plusieurs pays de la CEI depuis Wuhan (province de Hubei) vers le territoire russe. Tous les compatriotes russes qui avaient exprimé leur volonté de partir du foyer de l'infection en Chine ont été rapatriés.

Dans les régions frontalières, des corridors d'évacuation sont mis en place régulièrement au niveau des postes de contrôle afin d'assurer le départ des citoyens russes depuis le territoire chinois et celui des citoyens chinois depuis le territoire russe.  

Les missions diplomatiques ont mis en place des numéros verts permettant aux citoyens russes qui se trouvent en Chine de contacter les diplomates afin de recevoir leur aide.

Le 9 février, un vol spécial du Ministère russe des Situations d'urgence a livré une aide humanitaire russe à Wuhan avec le concours du Ministère russe des Affaires étrangères. A la demande des Chinois, cette cargaison humanitaire de plus de 23 tonnes comprenait différents moyens médicaux de protection individuelle, dont le manque était bien visible dans les régions de la Chine touchées par l'épidémie. 

Je voudrais également faire une chose que je ne fais que très rarement. Nous présentons habituellement des estimations politiques, répondons aux questions. Parfois de manière émotionnelle. Nous confirmons toujours notre position par les faits. Dans le monde contemporain, il est probablement inutile d'appeler à la conscience, à la morale ou à l'éthique, bien que nous le fassions de temps en temps. Aujourd'hui, je voudrais mettre un accent particulier sur ce fait. Quand je lis la presse étrangère, que j'observe les publications des agences de presse occidentales, que je regarde les reportages à la télé ou que je lis les articles, je suis franchement terrifiée par le fait que tout cela est publié sur le territoire de pays qui non seulement se considèrent comme civilisés, mais aussi promeuvent les idéaux suprêmes de la démocratie, défendent les droits de l'homme sur les plateformes internationales. Honnêtement, je ne me rappelle pas avoir déjà entendu de telles moqueries, pratiquement ouvertes, par rapport à la Chine et à son peuple, comme celles que les auteurs de ces nombreuses publications se permettent en utilisant la désinformation et les fake news. Qui plus est, ils n'expriment aucun respect et aucune compassion dont ont aujourd'hui tellement besoin le pays et les gens qui font face à la dissémination sans précédent du nouveau virus. Il faut se raviser et revenir à la raison, se rappeler ou relire tout ce qui a été signé et proclamé au sein de l'Onu et de ses structures. On ne peut pas se souvenir de ces principes seulement au cours des réunions politiques. Ces principes doivent diriger la vie. Si un pays et un peuple combattent cette épidémie, ce mal, ce défi, il est possible et nécessaire d'exprimer sa compassion.  

Dans ce contexte, je voudrais soutenir le peuple chinois, nos amis chinois, de ma part ainsi que de la part de tous les citoyens russes sympathisants qui nous envoient des lettres et nous appellent en demandant de transmettre à la Chine des messages de soutien dans cette période difficile. Je voudrais m'adresser à nos amis chinois en chinois - c'est tout de même une langue officielle de l'Onu.

Chers amis,

Nous souhaitons sincèrement que la Chine et le peuple chinois se réunissent dans un élan commun et se soudent comme les anciennes tours du Grand Mur dans la lutte contre l'épidémie. A cette heure difficile, la Russie est de tout cœur avec la Chine. La Russie exprime son soutien absolu au peuple chinois et lui souhaite sincèrement de vaincre l'épidémie de manière définitive. 

 

Sur la situation en Syrie

 

La situation à Idleb s'est particulièrement aggravée dernièrement. Les terroristes du groupe Hayat Tahrir al-Cham et les groupuscules qui lui sont affiliés ont renforcé d'une manière sans précédent leurs attaques contre les positions des forces gouvernementales syriennes, ils bombardent les villes proches, dont Alep, et attaquent la base aérienne russe de Hmeimim avec des drones. Cela a entraîné depuis un mois 150 morts parmi les civils et 300 blessés. Parmi les militaires les pertes dépassent 400 morts et plus de 900 blessés. Nous estimons que la dégradation actuelle est due au fait que la Turquie - et ce de manière chronique - ne remplit pas les engagements qu'elle avait pris dans le cadre du Mémorandum du 17 septembre 2018, et à ce qu'Ankara projette des groupes d'opposition armée "modérée" au Nord-Est de la Syrie, dans la zone de l'opération Source de la paix et en Libye.

Néanmoins, la Russie reste attachée aux accords sur Idleb conclus au format d'Astana, et elle est disposée à poursuivre le travail conjoint pour les mettre en œuvre à part entière. Selon nous, les tâches principales dans ces conditions sont de faire baisser le niveau de violence sur le terrain, de garantir la sécurité des militaires des pays garants se trouvant à l'intérieur et à l'extérieur de la zone de désescalade, ainsi que d'empêcher un conflit armé à cause d'actions militaires irréfléchies.

Nous espérons que les représentants russes et turcs reprendront prochainement le travail pour mettre au point une solution au problème d'Idleb. Une délégation interministérielle russe s'est récemment rendue à Ankara, et à présent on établit le calendrier des contacts à venir au niveau interministériel - qui seront annoncés ultérieurement. Tout cela en soulignant que toutes les zones de désescalade en Syrie ont été créées à titre de mesure provisoire ne devant en aucun cas porter atteinte à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du pays ni empêcher la lutte contre les terroristes reconnus comme tels par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Le problème de la présence terroriste persiste également dans d'autres régions syriennes. En particulier, au Nord-Est de l'Euphrate, malgré les déclarations des États-Unis et de leurs alliés concernant la défaite de Daech, nous assistons à une activation de ses cellules dormantes. Des terroristes organisent des attaques sanglantes régulières contre des unités kurdes, et tentent d'endommager de sites d'infrastructure vitaux dans d'autres régions de la Syrie. Ainsi, le 27 janvier, des terroristes ont attaqué plusieurs réservoirs pétroliers dans la ville portuaire de Banias. Le 3 février ont été bombardés des sites pétroliers et gaziers dans la province de Homs. Une énorme préoccupation est suscitée par le camp de déplacés internes d'Al-Hol, où se trouvent des membres de famille de terroristes de Daech, des terroristes et des combattants étrangers. Le camp est au seuil d'une catastrophe humanitaire, l'accès de l'aide y est fortement restreint.

A cet égard, je voudrais noter les efforts de la Russie pour évacuer les enfants de nos citoyens de Syrie. Du 1er au 6 février, un groupe de travail interministériel russe envoyé sur le territoire syrien a permis d'évacuer d'Al-Hol 35 enfants russes. Le 6 février, 26 d'entre eux ont été rapatriés en Russie, 9 autres sont restés à Damas pour recevoir les documents nécessaires qui leur permettront de quitter le pays.

Parmi les facteurs déstabilisants figurent également les frappes israéliennes contre le territoire syrien. De telles actions unilatérales non seulement violent la souveraineté de la Syrie, mais mettent également en péril la vie et la sécurité des civils. C'est ce qui s'est passé le 6 février quand, à cause des actions de l'aviation israélienne, un avion de ligne avec 172 personnes à son bord a failli se retrouver dans une zone de tir.

 

Sur la déclaration de l'ancien vice-président américain Joe Biden concernant l'Afghanistan

 

Nous avons remarqué la déclaration de l'ancien vice-président américain Joe Biden concernant l'Afghanistan, faite dans le cadre de sa campagne électorale. Nous comprenons que désormais nous allons entendre beaucoup de choses extravagantes de la part de représentants américains compte tenu de la course présidentielle, qui entre dans sa phase finale. Joe Biden décrit d'une manière extrêmement négative la situation en Afghanistan et remet en question les perspectives d'émergence de ce pays en tant qu'un État multiethnique uni.

La Russie n'a pas été surprise par une telle déclaration d'un ancien responsable des États-Unis dont les représentants affirment que, depuis plus de 18 ans, ils combattent le terrorisme en Afghanistan tout en construisant un État afghan démocratique. Vous le savez, Washington n'a réussi à atteindre aucun de ces objectifs. Dans ce contexte, il faut comprendre les propos de Joe Biden comme une reconnaissance directe par l'establishment politique américain de sa propre impuissance en la matière et un échec de sa campagne afghane, comme l'a déclaré à plusieurs reprises la Russie. Je voudrais dire qu'il ne s'agit pas d'un militant des droits de l'homme, pas d'un individu représentant une structure humanitaire ni même d'un expert, mais d'un représentant du pouvoir exécutif suprême aux États-Unis qui tenait entre ses mains pendant des années tous les leviers pour pouvoir influencer, entre autres, cette situation. A cet égard, on comprend bien la réaction très négative des milieux sociopolitiques afghans, notamment des représentants du gouvernement afghan qui collabore étroitement avec les États-Unis, aux réflexions du politicien américain.

D'après nous, tout cela ne fait que confirmer que les États-Unis et leurs alliés ont épuisé la ressource de leur présence en Afghanistan. L'heure est venue de retirer le contingent militaire étranger du pays. Les Afghans eux-mêmes doivent s'asseoir à la table des négociations pour déterminer le sort de leur État, cas ils sont les seuls à pouvoir le faire.

 

Sur la situation dans l'espace médiatique de l'Ukraine

 

Nous célébrons aujourd'hui l'anniversaire de la signature des Accords de Minsk. Nous avons publié hier un commentaire détaillé concernant notre vision de cette situation dans l'ensemble et directement du stade de mise en œuvre des Accords de Minsk. Je ne suis pas certaine que le terme de "stade" convienne en l'occurrence. Je pense qu'il faut se concentrer sur le terme mentionné dans notre déclaration: un "simulacre" de mise en œuvre des Accords de Minsk par l'Ukraine. Je voudrais évoquer à part la situation dans l'espace médiatique de l'Ukraine.

Nous sommes contraints de revenir au thème de la liberté d'expression en Ukraine, où le régime de Kiev poursuit sa politique ciblée de renforcement du contrôle étatique sur les médias et de pression sur les sources médiatiques indésirables.

Les dernières initiatives législatives dans le secteur médiatique sont très préoccupantes. Les projets de loi sur les médias et sur la lutte contre la désinformation prévoient dans le fond des restrictions considérables pour les médias, instaurent de facto une censure étatique à l'égard des publications jugées indésirables par les autorités.

Difficile de ne pas voir dans ces initiatives antidémocratiques une orientation exclusivement antirusse. En particulier, nous constatons une nouvelle tentative des autorités ukrainiennes d'écarter entièrement le contenu médiatique russe et de priver la population de toute possibilité d'accéder à une information impartiale et objective sur les événements dans le pays et dans le monde. Même en partant du principe qu'une source ou un groupe de sources ne peut pas être qualifié d'entièrement objectif, il s'agit néanmoins d'une tentative de priver sa propre population d'un point de vue supplémentaire et alternatif.

Jugez par vous-mêmes. Le projet de loi contient une consigne directe pour les médias de couvrir l'activité des autorités russes sous un angle négatif. Il est prévu de fixer dans la loi l'interdiction de "populariser et de faire la propagande des organes de l’État-agresseur". Si l'on se base sur la politique menée par Kiev vis-à-vis des habitants du Donbass, l’État-agresseur est l'Ukraine. Le plus terrible est qu'il s'agit d'un État-agresseur contre son propre peuple. Le texte contient également un passage contre la justification ou le déni de l'agression armée et de l'annexion du territoire ukrainien, la violation de son intégrité territoriale et de sa souveraineté. Il est évident qu'en fonction de l'interprétation il est possible d'appliquer ces restrictions à n'importe quel article journalistique.

Il est également suggéré de refuser aux agences de presse étrangères dont les organes dirigeants se situent en Russie la possibilité de s'enregistrer. Quelles conventions européennes et universelles réglementant l'activité professionnelle des journalistes, des articles, accords et déclarations le stipulent? Quels documents insistent sur une telle conduite? Cette conduite est précisément critiquée par la communauté professionnelle tant au niveau national qu'international.

De plus, les compagnies dont les propriétaires ou les bénéficiaires sont des citoyens ou des résidents fiscaux russes ne pourront pas travailler sur le marché médiatique ukrainien. La retransmission de signaux depuis le territoire russe ne sera pas permise.

Les autorités de Kiev ne font pas non plus de cadeaux aux médias nationaux qu'elles jugent indésirables. La semaine dernière, le Service de sécurité ukrainien s'est distingué par une perquisition dans les bureaux de la chaîne 1+1, tout en déclarant que l'affaire pénale n'était aucunement liée à une "pression sur les médias ou l'oppression de la liberté d'expression". Qu'est-ce que c'était alors ? De la prévention? Ils ont vérifié le fonctionnement des prises de courant? De quoi parlons-nous? Où sont les structures internationales compétentes? Où sont tous ceux qui suivent à la loupe la situation des droits et des libertés des médias et des journalistes?

Le représentant de l'OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir, des ONG ukrainiennes et internationales, notamment l'Union nationale des journalistes ukrainiens, la Fédération européenne des journalistes, Reporters sans frontières, ont déjà exprimé leur préoccupation vis-à-vis des actions de force dirigées contre les journalistes et des dernières nouveautés législatives ukrainiennes. Mais le fait est qu'il s'agit d'une réaction ponctuelle, légère, pas comme dans le cas d'Oleg Sentsov et de Nadejda Savtchenko. Après tout, ils savent se réunir avec des affiches devant les ambassades, écrire des pétitions, organiser tous les jours des flashmobs, des actions de soutien. Il est possible de transmettre de la nourriture au bureau de la chaîne pour les soutenir. Je sais que les journalistes ukrainiens aiment et savent le faire.

Nous espérons que les autorités de Kiev écouteront l'avis de la communauté internationale, reliront les engagements signés par les autorités de Kiev, cesseront de faire preuve d'arbitraire contre les médias et reviendront vers le monde civilisé dont elles pensent suivre la voie. Une nouvelle fois, nous appelons Kiev à respecter leurs engagements internationaux en matière de liberté d'expression et de la presse.

 

Sur la situation des médias russes et russophones dans les pays baltes

 

Nous sommes alarmés par la détérioration de la situation des médias russes et russophones dans les pays baltes. Les actions similaires des autorités de différents pays à l'égard des médias russes, qui n'ont aucun autre fondement que politique, prouvent qu'il s'agit bien d'une pression sur les médias. Elles prouvent que c'est une campagne antirusse. C'est une campagne dirigée contre les médias et les journalistes russes. S'il y avait des preuves, elles seraient présentées. Il n'y en a pas, mais il existe des mesures politiques identiques de pression, de contention et d'agression directe.

Le 4 février à Riga, le Service de sécurité nationale du pays a perquisitionné les locaux de Baltijas mediju alianse, où travaillent 25 chaînes des pays baltes, et d'où sont diffusées les émissions des chaînes russes Perviy Kanal et Ren TV.

Le prétexte officiel avancé par Riga pour ces perquisitions repose sur les soupçons visant un certain groupe d'individus - notamment les copropriétaires et membres du conseil d'administration du média Oleg Solodov et Alexeï Pliassounov - d'enfreindre les sanctions de l'UE. En utilisant de telles formulations, on peut aller assez loin. Dans ce cas, il est possible d'appliquer une telle approche à pratiquement n'importe quel média. Cependant, dans le contexte des persécutions devenues systémiques des médias russophones par les autorités lettonnes, cette affaire paraît complètement fabriquée, et ces déclarations des services spéciaux lettons sont une tentative ratée de Riga de justifier sa politique discriminatoire et répressive envers les médias. De nouveau cette question: où est tout le monde? Où sont les foules de manifestants devant les ambassades des pays concernés, notamment de la Lettonie et d'autres pays de l'UE? Où sont les flashmobs, le soutien?

L'annonce, après cet incident, selon laquelle le tribunal administratif local du pays avait maintenu la décision du Conseil national pour les médias numériques de suspendre la diffusion de neuf chaînes russophones, est une preuve de plus que la Lettonie n'a pas l'intention de changer son attitude envers les médias russophones. De plus, hier, le Président letton Egils Levits s'est adressé à la commission parlementaire des droits de l'homme et des affaires publiques pour proposer d'augmenter le quota des émissions dans les langues officielles de l'UE sur les chaînes câblées de la République jusqu'à 80%. Que dire? Il est, bien sûr, préférable de mettre l'accent sur les langues des pays de l'UE de la vieille Europe (espagnol, portugais). C'est très pertinent pour la Lettonie. Personne ne le remarque non plus?

Nous considérons ces démarches comme une violation directe des droits et des libertés des médias et une discrimination de la population russophone du pays, qui restreint l'accès à l'information en russe.

Des tendances similaires sont constatées dans les autres républiques baltes.

Par une pression sans précédent sur le bureau de Sputnik Estonie, en recourant entre autres aux menaces de poursuites pénales contre les collaborateurs du média russe, les autorités estoniennes ont forcé l'agence de presse à suspendre le travail de la rédaction à compter du 1er janvier 2020.

En Lituanie, Sputnik subit également des pressions. En mai 2019, les autorités locales ont interdit de séjour pendant cinq ans le rédacteur en chef de l'agence Marat Kassem. Je rappelle que l'an dernier, le pays a imposé sous différents prétextes des interdictions de diffusion des chaînes russes RTR Planeta et Rossiya 24, et a bloqué les médias en ligne russophones.

Nous avons manifestement affaire à une campagne ouvertement russophobe. D'ailleurs, les représentants de ces pays ne participent-ils pas à différents niveaux (officiel, de la société civile), par exemple, au Forum de Paris sur la paix où il y a des sections entièrement consacrées à la liberté d'expression, aux processus démocratiques, à la liberté de presse? Comment s'y sentent-ils? Pourquoi se rendre à de tels forums quand, de retour dans votre pays, vous procédez à la destruction politique du point de vue alternatif? Qui plus est, vous vous moquez des droits des minorités nationales. Je trouve honnêtement que tout peuple, toute nationalité, mérite simplement d'être nommée. Puisqu'il est convenu de dire "minorité nationale", d'accord, mais c'est un outrage contre elles. Les gens qui sont nés, ont grandi et ont beaucoup fait pour la prospérité et l'établissement de ces pays, et ce en pensant et en parlant russe, méritent également le respect. Et surtout, leurs droits doivent être défendus au niveau international.

Nous appelons les ONG internationales des droits de l'homme et les structures internationales compétentes à s'exprimer sur la situation des médias et des droits des journalistes dans la région. Nous attendons avant tout une réaction de l'OSCE.

 

A l'occasion de la journée mondiale de la radio

 

Demain jeudi 13 février sera célébrée la Journée mondiale de la radio, proclamée par la Conférence générale de l'Unesco en 2011 et assimilée à la première émission de la Radio des Nations unies en 1946.

Cette année, le thème de cette journée commémorative est "La radio et la diversité". A l'ordre du jour figureront les thèmes du pluralisme d'opinions et de la lutte contre la discrimination des journalistes radio à cause de leur âge, de leur situation sociale, de leur race, de leur religion ou de leur sexe. Je vous dis tout cela après ce que vous saviez déjà, et que j'ai répété, en ce qui concerne notamment la radio Sputnik dans les pays de ce même espace qu’englobe l'Unesco. Comment est-ce possible? C'est un paradoxe.

Je voudrais souligner en particulier que les radios russes font dernièrement de plus en plus l'objet de discriminations, sont confrontées aux tentatives des autorités de plusieurs pays de restreindre leur activité par tous les moyens.

Voici encore quelques exemples. Le secteur radiophonique ukrainien. Après l'adoption de la loi sur la langue nationale en mai 2019, les autorités de Kiev ont décrété des quotas linguistiques à la télévision et à la radio déterminant que le taux de diffusion des médias nationaux et régionaux en ukrainien ne devait pas être inférieur à 90%. De facto, la censure étatique a également frappé le contenu radio. Comment détermine-t-on ces 90%? Par rapport à quoi? Par rapport au nombre d'habitants? A la popularité des langues? Comment est défini cet indicateur? Peut-être que les autorités ukrainiennes ont mené des consultations avec des partenaires internationaux, des ONG, des structures compétentes? D'ailleurs, il est également possible de demander à l'Unesco dans quelle mesure cette nouveauté correspond aux règles et aux normes internationales en la matière.

La radio Sputnik est confrontée à des obstacles politisés dans son travail aux États-Unis. En février 2019, sur ordre du ministère américain de la Justice, la société américaine RIA Global qui lui fournit du contenu a dû s'enregistrer en tant qu'agent étranger, ce qui complique son travail. Cela touche directement l'activité de la compagnie. Cela représente des frais financiers et juridiques et bien d'autres problèmes auxquels elle est confrontée à présent.

Hormis RIA Global, le ministère américain de la Justice a forcé à s'enregistrer en tant qu'agents étrangers plusieurs autres partenaires de Sputnik qui émettent sur les ondes FM et diffusent des émissions de la radio russe.

Souvent, les émissions de radio ne sont pas du tout un moyen pour transmettre des informations sociales importantes au public, mais un instrument de propagande, de désinformation et de mensonge. Sur le site du Ministère russe des Affaires étrangères, dans la rubrique consacrée à la démystification des publications qui propagent de fausses informations sur la Russie, nous avons déjà mentionné l'émission de radio "Crimée. Réalités" du 10 décembre 2019 dont les présentateurs ont accusé les autorités russes d'empêcher l'accès à la péninsule aux représentants officiels étrangers, aux observateurs internationaux et aux groupes d'observation. Nous lançons des invitations tous les jours, nous organisons des tournées de presse, des voyages, nous demandons aux journalistes de venir. Et beaucoup de personnes ici présentes ont participé à de tels voyages. Le but étant d'ouvrir la Crimée le plus largement aux visiteurs étrangers, aux délégations officielles, aux ONG, aux journalistes. Et en même temps sont publiés de tels fakes. La situation est diamétralement opposée. La Russie invite constamment des représentants étrangers, comme je l'ai dit, y compris les journalistes. Ce ne sont pas seulement des voyages organisés. Vous pouvez venir visiter vous-mêmes, je vous y invite. Vous avez besoin de nous seulement quand il faut apporter une aide et une contribution pour organiser des interviews, si c'est difficile ou bureaucratisé. Si vous voulez venir vous-mêmes pour tout voir de vos propres yeux, il n'y a aucun obstacle. Il faut voir de ses propres yeux la situation réelle sur la péninsule. Puis comparer avec ce qu'écrit "Crime. Réalités". L'entrée peut être interdite en Crimée uniquement à cause de la violation du régime de visa, mais c'est pratiqué par tous les pays et ne discrimine en rien les individus qui ont l'intention de se rendre en Crimée. Bien sûr, il existe des restrictions liées à la sécurité, aux mesures de lutte contre le terrorisme et l'extrémisme, en parfaite conformité avec la législation nationale, comme dans tous les autres pays. Mais il n'existe aucun autre obstacle en principe.

Nous espérons que la Journée mondiale de la radio ne servira pas de prétexte pour de nouvelles spéculations politiques, mais pour un débat honnête de la communauté professionnelle sur les problèmes des radios, les perspectives de développement du secteur tout en respectant rigoureusement les hauts standards du journaliste objectif et de qualité. Car en dépit de l'apparition ces dernières années de nouveaux formats médiatiques, les émissions de radio restent l'un des principaux moyens de diffusion pour le grand public et un canal de liaison socialement important.

 

Sur la parution en Guinée d'un dictionnaire de kpèllé préparé par la linguiste russe Maria Konochenko

 

En octobre 2019 à Sotchi s'est tenu le premier sommet Russie-Afrique de l'histoire, qui a apporté une impulsion supplémentaire importante au développement global des relations russo-africaines. Les travaux se poursuivent en ce sens, notamment sur le plan de l'élargissement des liens scientifiques et culturels. Ainsi, en Guinée est paru le dictionnaire de kpèllé préparé par Maria Konochenko, collaboratrice de l'Institut d'études linguistiques affilié à l'Académie des sciences de Russie. Il s'agit du résultat de plusieurs années de travail de la linguiste russe qui a passé plus de 20 mois dans la région de la Guinée forestière au Sud-Est du pays, en vivant principalement dans les foyers des locuteurs de cette langue de la famille des langues mandées d'Afrique occidentale, parlée par plus de 500.000 Guinéens. A Conakry a été organisée en plusieurs étapes une présentation de ce travail scientifique de Maria Konochenko, qui a reçu une grande résonance sociale. Voici donc un élément supplémentaire de la coopération sociale entre la Russie et l'Afrique, la Russie et la Guinée. D'une manière générale, notre soutien aux cultures linguistiques est évident.

 

Sur le discours de Vera Jourova, vice-Présidente de la Commission européenne pour les valeurs et la transparence, lors de la conférence "Les horizons de la désinformation: réagir aux futures menaces"

 

Notre attention a été retenue par le discours de Vera Jourova, vice-Présidente de la Commission européenne pour les valeurs et la transparence, lors de la conférence "Les horizons de la désinformation: réagir aux futures menaces".

Dans son intervention à la tonalité alarmiste, Vera Jourova a réitéré les fameux clichés concernant une prétendue "menace émanant de la Russie". Au lieu d'avancer des preuves, des spéculations sans appel ont été proférées une fois de plus sur la base d'études de centres engagés politiquement.

Cherchant à accuser la Russie, Vera Jourova a mentionné des thèmes tels que le crash du Boeing malaisien et "l'affaire Skripal". Des exemples remarquables. Il y a de quoi discuter avec Mme Jourova. Si, grâce à son statut de haut responsable de l'UE, Mme Jourova est au courant du déroulement des enquêtes sur ces incidents, alors nous la prions d'expliquer pourquoi il a été refusé à la Russie de participer à l'enquête alors que l'Ukraine, qui cache à ce jour les contrôleurs aériens qui suivaient le vol, fait partie des membres de la commission d'enquête. Et pourquoi il a été refusé de joindre aux dossiers de l'affaire les preuves matérielles et l'expertise fournie par la Russie? Voilà en ce qui concerne la désinformation. Ce sont des questions réelles qui concernent le thème de la désinformation.

C'est également avec un grand intérêt que nous prendrions connaissance de l'avis de Vera Jourova sur le prétexte invoqué par le Royaume-Uni, qui a entamé sa sortie de l'UE, pour refuser à la Russie un accès consulaire aux citoyens russes Sergueï et Ioulia Skripal, ainsi que sur leur dissimulation au public. Après tout, c'est une conférence sur les horizons de la désinformation. Ces horizons n'ont pas de limites au Royaume-Uni. Où sont les Skripal, puisque ce thème a encore été abordé précisément dans le contexte de la désinformation? Cela aurait été plus simple que de prendre toutes les publications des médias britanniques depuis presque deux ans, les analyser pour conclure qu'il est impossible de s'imaginer une campagne de désinformation de plus grande envergure qu'autour de "l'affaire Skripal". Pas une seule interview avec les figurants de cette affaire n'a été réalisée sur le territoire britannique. Nous avons entendu une seule déclaration, qui était manifestement lue sur une feuille ou sur un projecteur par Ioulia Skripal, enregistrée par un opérateur inconnu, par un média inconnu, or il s'agit certainement d'un enregistrement fait par les services secrets et présenté comme la lecture d'un texte. Il était impossible de lui poser des questions, les journalistes n'avaient aucune liaison directe ou indirecte avec elle. Et on ignore absolument tout de M. Skripal. Vous citez sérieusement cet exemple à titre de politique de désinformation par la Russie? Mais c'est absurde, ce n'est rien d'autre qu'un mensonge. Je ne me sens en rien mal à l'aise, gênée. Je veux répéter qu'il est mensonger de citer ces exemples concrets à titre d'exemples d'actions de la Russie destinées à la désinformation.

Nous ne pouvons pas passer à côté de la tentative de Vera Jourova, après certains de ses collègues de l'UE, de réécrire l'histoire en insinuant une prétendue responsabilité de l'Union soviétique dans le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

C'est loin d'être le premier cas où l'on observe que Mme Jourova applique ses convictions personnelles sur la position de la structure qu'elle représente. Qui plus est, elle la fait passer pour paneuropéenne. Nous jugeons cela déplacé dans les réalités historiques actuelles. Nous pensons qu'une personne doit assumer la responsabilité et s'expliquer pour de tels propos. Et à tous ceux qui ont des questions concernant la responsabilité des puissances dans la Seconde Guerre mondiale en particulier, nous préconisons de se référer au procès de Nuremberg. De nombreux documents ont été numérisés et sont accessibles sur les sites d'archives sur l'internet russe, notamment sur le site du Ministère russe de la Défense et des structures affiliées.

Une telle rhétorique conflictuelle n'ajoute rien de positif aux relations entre l'UE et la Russie, qui traversent déjà une période difficile. De plus, une telle permissivité verbale dans les attaques contre la Russie, sans appel, sans citer de preuves, est tout simplement dangereuse et peut entraîner des incidents comme récemment dans la ville polonaise de Torun, où des inconnus ont attaqué un groupe d'individus parlant russe. Si je comprends bien, il s'agissait de citoyens de différents pays. Il ne faut pas faire de telles provocations à un poste impliquant une telle responsabilité.

 

Sur le démantèlement du monument de Gratitude à l'Armée rouge à Leszno

 

En Pologne a été commis un nouvel acte de vandalisme étatique visant à détruire le patrimoine commémoratif soviétique sur le territoire de ce pays. Le 7 février à Leszno (Voïvodie de Grande-Pologne), sur décision des autorités, a commencé le démantèlement d'un monument érigé en 1946 en hommage aux guerriers soviétiques tombés pour libérer cette ville. Une fois de plus, en faisant l'impasse sur les engagements internationaux dans le cadre des accords russo-polonais, la Pologne poursuit une guerre honteuse contre les monuments soviétiques, en augmentant le préjudice déjà colossal infligé aux relations russo-polonaises.

A des fins conjoncturelles, dans la volonté de réécrire les événements historiques de la Seconde Guerre mondiale d'une manière qui leur convient et d'effacer les pages liées au rôle décisif de l'Armée rouge dans le sauvetage de la Pologne des occupants nazis, les autorités polonaises sortent du cadre de conduite des États civilisés et font outrage à la mémoire des 600.000 guerriers soviétiques tués pendant la libération du pays.

 

Sur une publication de l'Institut polonais des relations internationales

 

Nous avons remarqué la publication de l'Institut polonais des relations internationales (PISM) intitulée "La Seconde Guerre mondiale dans la politique étrangère russe", qui prétend que la Russie se référerait aux événements liés à la Seconde Guerre mondiale notamment pour attribuer à la Pologne le statut d’État antisémite afin de "saper l'unité européenne" et "renforcer les différends" qui existent dans les relations de la Pologne avec ses partenaires étrangers que sont Israël, le Belarus, l'Ukraine, la Lituanie, et l'Arménie.

J'ai des choses à dire, mais je voudrais m'éloigner légèrement du sujet. Outre le thème historique de la Seconde Guerre mondiale, la Russie serait "guidée par l'objectif de saper l'unité européenne". Est-ce que quelqu'un en Pologne a émis une telle critique à l'adresse du Royaume-Uni? C'est le bon moment pour émettre un communiqué au nom de la Pologne, de l'UE, de Bruxelles, de différents groupes de pays de l'UE pour vouer aux gémonies Londres et l'accuser de saper l'unité européenne. Il existe un prétexte direct pour le faire. Je n'ai pas vu de telle déclaration. Il ne faut pas se retenir. D'ailleurs, il est possible d'ajouter quelques sanctions contre le pays qui a quitté en traître l'UE. C'est pour cela qu'elles existent et sont prescrites par tous les documents et accords de l'UE. En quoi cela concerne la Russie? En quoi cela concerne la Pologne, la Russie et l'unité européenne?

Autre point intéressant. Nous entendons tout le temps des pays de l'UE parler de l'unité européenne. Très souvent, des collègues me disent que nous aussi, malheureusement, commençons à utiliser de telles expressions. L'unité paneuropéenne et l'unité de l'UE sont des choses différentes. L'UE c'est l'UE, l'Europe c'est l'Europe. Il existe un très grand nombre de pays, beaucoup d'entre eux occupent une grande place sur la planète Terre: ils ne font pas partie de l'UE mais sont européens. Ne l'oubliez pas, collègues européens.

Cet article stipule également que l'histoire est un instrument important de la "propagande russe" qui, à son tour, est relayée par les médias russes. A cette activité participeraient également les diplomates russes en utilisant l'Onu, l'APCE, l'OSCE, et ainsi de suite. Ce n'est pas nous qui avons commencé. Depuis la fin du procès de Nuremberg, nous respectons immuablement ses décisions, durant toutes ces années, indépendamment de l'appellation de notre pays, de son ordre étatique. Nous n'avons jamais remis en question ces thèses. Aucun changement n'a eu lieu dans notre politique. Ce sont la Pologne et plusieurs pays occidentaux qui changent leur position. Ce sont les dirigeants polonais qui changent leur position et leurs déclarations dans le sens diamétralement opposé. C'est la Pologne qui démantèle les monuments aux héros de Seconde Guerre mondiale. C'est la Pologne qui se met à mentir en disant que l'Armée rouge n'a pas libéré Varsovie, qu'elle est même une force d'occupation, d'après ces véritables menteurs. C'est l'Ukraine et la Pologne qui se sont mises d'accord - la Pologne donnait le ton - pour dire qu'Auschwitz a été libéré par une certaine armée ukrainienne, et non l'Armée rouge. Que ce n'est pas la Russie qui a fait tout cela. Je le répète, la Russie professait exactement les mêmes principes sur lesquels repose le monde de l'après-guerre et qui ont été fixés par le procès de Nuremberg. Par conséquent, chers représentants de Varsovie, si vous déclarez que l'histoire est devenue ou qu'elle est un instrument de propagande, vous parlez de vous-mêmes. Aucune thèse dans notre position par rapport à l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Grande Guerre patriotique n'a changé.

Nous considérons de telles publications et thèses comme l'aspiration de certains pays, de milieux dirigeants de certains États, à manipuler l'opinion publique, à priver leurs citoyens du droit d'accéder à l'information à partir de sources indépendantes. Malheureusement, cette tendance dans certains pays prend une ampleur vraiment inquiétante, se répand non seulement dans l'espace médiatique, mais également dans la science, ce qui est tout aussi dangereux. Dans plusieurs pays d'Europe de l'Est cette approche des autorités locales semble absolument cynique, car cela se rapporte aux tentatives de justifier les crimes nazis et leurs complices, ainsi que l'antisémitisme.

Comme cela a été souligné plusieurs fois, la Fédération de Russie s'opposera résolument aux tentatives de falsifier l'histoire. Les appels à bloquer la diffusion d'une image objective des événements du passé s'inscrit parfaitement dans le cadre de la ligne visant à effacer de la conscience publique du peuple polonais le souvenir de la libération de la Pologne par l'Armée rouge en 1944-1945. C'est du même ordre que la "guerre perfide contre les monuments" aux guerriers-libérateurs soviétiques par une vague de profanation des tombes de nos guerriers tombés pour libérer le territoire polonais du nazisme.

 

Sur l'incident impliquant des citoyens russes à Phuket, Thaïlande

 

Nous avons reçu de nombreuses questions concernant l'incident tragique ayant impliqué des citoyens russes sur l'île de Phuket, en Thaïlande.

Selon l'Ambassade de Russie en Thaïlande, le 10 février, sur la côte Est de Phuket, deux vedettes touristiques se sont percutées faisant 21 blessés russes. Tous ont été admis dans des établissements médicaux de Phuket avec des blessures plus ou moins graves. Deux mineurs russes sont décédés des suites de leurs blessures. A ce jour, tous les blessés ont quitté l'hôpital.

D'après nos informations, le Comité d'enquête russe enquête également sur les circonstances de la tragédie.

Le Ministère russe de l'Intérieur et les établissements diplomatiques russes en Thaïlande suivent de près cette situation, et leurs collaborateurs apportent la contribution nécessaire aux citoyens russes.

 

Réponses aux questions:

Question: Vous avez beaucoup parlé de réécriture de l'histoire. Vous avez récemment commenté une déclaration de la Pologne selon laquelle l'URSS avait occupé l'Ukraine et le Belarus. Nos collègues étrangers utilisent un procédé rhétorique: ils assimilent notre pays à l'Allemagne hitlérienne, le communisme au fascisme, Joseph Staline à Adolf Hitler. Ils disent que Joseph Staline a causé énormément de tort à notre pays et que des dizaines de millions de morts pèsent sur sa conscience. En effet, en Russie, l'attitude envers l'histoire de la fin des années 1930-début de années 1940 et envers la personne de Joseph Staline est très contradictoire. Selon des sondages du centre Levada (organisation reconnue comme agent étranger difficile de soupçonner d'éprouver des sympathies pour Joseph Staline), 70% des habitants de notre pays affirmaient avoir une attitude positive envers Joseph Staline en 2012. Si nous avons une attitude contradictoire par rapport à cette période de l'histoire, envers l'homme qui dirigeait notre pays quand nous combattions l'Allemagne hitlérienne, est-ce que cela affaiblit notre position de négociation à l'étranger quand nous parlons de la défense de la vérité historique et combattons contre sa réécriture?

Réponse: C'est une question historique rhétorique. C'est un sujet de discussion pour les communautés de chercheurs, d'experts, de spécialistes, les représentants de la société civile.

J'ai répété plusieurs fois aujourd'hui quelle était la base de notre position dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale. Ce n'est pas seulement notre attitude nationale, pas seulement la position de notre peuple, y compris les historiens, les militaires, les civils, les chercheurs, les experts et les journalistes. Il est question d'un procès international pour juger les criminels nazis, auquel ont participé les pays-vainqueurs conformément au droit international. Ils ne se sont pas seulement appuyés sur la position politique, mais ont également recouru au droit et à l'instrument juridique, probablement pour la première fois à une telle échelle, à leur douleur et à leur amertume nationale pour condamner définitivement et sans appel le nazisme et le fascisme; pour y mettre un point final et pour que cette question ne soit jamais réécrite, comme il est de règle dans le champ du droit. Je pense que les experts et les spécialistes chargés de cette question sont partis de la nécessité d'organiser un tribunal international de ce point de vue précis. Ils ne voulaient pas qu'il soit question de positions politiques, de positions de la génération de l'époque, mais d'une conclusion juridique pour des siècles. C'est pourquoi nous ne faisons pas seulement appel à la position nationale par rapport à ces événements. C'est un fait. Dans le contexte de la Grande Guerre patriotique, de la Seconde Guerre mondiale, nous indiquons toujours à nos collègues- polonais, de l'Onu dans un sens plus large, etc. - que tout changement des décisions du procès de Nuremberg est une réécriture des résultats de la Seconde Guerre mondiale. C'est inadmissible.

Question: Vous avez dit que Varsovie s'était "trop prise au jeu" et que vous aviez des informations sur des projets des autorités polonaises de neutraliser systématiquement les faits historiques sur la Seconde Guerre mondiale qui seront présentés par Moscou. Quel pourrait être le résultat des tentatives des autorités polonaises de remettre en question l'histoire? Quelles sont les conséquences possibles?

Réponse: Cela risque d'entraîner une nouvelle tragédie. Tout le monde doit en être conscient. Quand on ouvre une boîte de Pandore scellée par des cachets ayant un poids international et juridique avec un patrimoine sanglant et terrifiant, quand on en ressort des images et des tenues de l'époque, arborées par les générations actuelles et utilisées en tant que patrimoine historique, quand des criminels prennent la place des héros, et que les héros sont proclamés anti-héros, cela ne peut entraîner qu'une seule chose: la répétition des mêmes erreurs, avec des conséquences catastrophiques. Je n'impose en aucun cas l'avis du représentant du pouvoir exécutif à la communauté éducative et scientifique, mais je pense que s'il y avait une chose à suggérer, c'est depuis l'enfance, depuis l'école primaire, commencer les cours chaque semaine, chaque année par un rappel des conséquences catastrophiques et des immenses victimes subies par l'humanité pendant la Seconde Guerre mondiale. Comprendre et faire en sorte que les enfants depuis la tendre enfance vivent avec le sentiment que l'humanité ne doit pas répéter cette tragédie. Un seul moyen permettrait de le faire: préserver la mémoire non seulement de la signification morale et spirituelle, non seulement la mémoire comme un hommage, mais la mémoire comme un vaccin contre les erreurs et les tragédies du passé. Malheureusement, peu en sont conscients aujourd'hui en Europe.

Dans l'ensemble, des processus internationaux très complexes se déroulent dans le monde. Ils sont liés à la migration, à l'érosion des traditions cruciales sur lesquelles étaient bâtis les États, auxquelles se référaient les peuples. Tout s'est mélangé aujourd'hui. D'une manière ou d'une autre, les religions ont cessé d'être un repère pour les civilisations européennes. La jeune génération soit refuse, soit ne le perçoit pas comme un repère, qui plus est de l'ordre étatique, de l'existence dans la société. Des amendements sont apportés  aux normes de la morale sociale et individuelle, du comportement social, qui ne sont pas du tout inhérents aux civilisations européennes. Le monde commence à vivre différemment. Dans ces conditions, la réécriture l'histoire d'il y a 75 ans revient à condamner nos futures générations à répéter ces terribles erreurs sanglantes.

Question: Le Ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a déclaré que le 16 février à Munich se tiendrait la réunion de la commission pour la mise en œuvre des décisions de la Conférence internationale sur la Libye du 19 janvier à Berlin. Sergueï Lavrov y participera-t-il?

Réponse: Nous sommes au courant de cette proposition allemande. A l'étape actuelle, la participation de la Russie et son niveau sont à l'étude.

Question: Vous avez noté que la situation en Syrie était extrêmement tendue. Le fait est que l'Otan pourrait y participer également parce que le gouvernement turc, selon le représentant du parti au pouvoir, pourrait faire appel à l'Alliance car ses troupes subissent des attaques en Syrie.

Réponse: Je n'ai pas vu ces communiqués en détail. Quelles conséquences sont attendues de la requête turque à l'Otan? Pour faire quoi?

Question: Les militaires turcs deviennent la cible des Syriens.

Réponse: Simplement en informer l'Otan? Comme si l'Otan ignorait ce qui se passe. Vu que l'Alliance, selon le Président français Emmanuel Macron, est en état de "mort cérébrale", je pense qu'il vaut mieux y réfléchir à deux fois avant d'y faire appel. Mais c'est le droit souverain des membres de cette merveilleuse organisation de décider ce qu'ils doivent faire. Je me demande: dans quel but s'adresser à elle? Si l'Otan avait le potentiel de régler les crises dans cette région, je pense qu'il serait utilisé depuis longtemps. Mais ce n'est pas le cas.

Question: L'Otan doit apporter sa contribution quand l'un de ses membres est attaqué, mais la Turquie se trouve dans un autre pays.

Réponse: Voilà, vous avez utilisé les mots que je voulais prononcer pour répondre. Il est difficile de faire l'objet d'attaques quand on se trouve sur le territoire d'un État qui ne vous a pas invité.

Question: Le gouvernement turc a ouvertement accusé la Russie d'attaquer des civils à Idleb. C'est ce qu'a déclaré le Président Recep Erdogan. Comment réagissez-vous à ces accusations?

Réponse: Nous n'acceptons pas ces accusations. Nous exprimons notre position. Nous ne contestons pas la présence de divergences avec la Turquie sur plusieurs questions, celle-ci y compris. C'est la raison pour laquelle nos experts viennent de rentrer de Turquie. Prochainement pourraient avoir lieu des contacts avec des collègues turcs (je vous l'ai dit) pour éclaircir et détailler toutes les questions complexes et difficiles qui figurent à l'ordre du jour.

Question: Sur la toile de fond du coronavirus, les journalistes rappellent de plus en plus les propos du Président russe Vladimir Poutine [pendant la réunion du Conseil pour le développement de la société civile et les droits de l'homme, 17 octobre 2017] selon lesquels les organisations occidentales recueillent activement des biomatériaux de Russes, et ce dans différentes régions et différents groupes ethniques. Nous nous souvenons qu'à l'époque le Président s'était interrogé sur la raison de le "faire de manière ciblée". Le directeur de l'institut de recherche Kourtchatov, Mikhaïl Kovaltchouk, avait déclaré à plusieurs reprises que l'Occident avait intensifié le travail sur la création d'une nouvelle arme bactériologique capable d'impacter certaines ethnies en épargnant les autres. A terme, cela pourrait devenir une nouvelle arme de destruction massive. A cet égard, admettez-vous une influence extérieure sur les événements qui se passent aujourd'hui en Chine au vu de la propagation du coronavirus? Il serait peut-être temps de tirer la sonnette d'alarme lors des hauts forums diplomatiques compte tenu de ce nouveau danger auquel pourrait être confrontée l'humanité à cause de l'apparition d'une nouvelle arme de destruction massive impitoyable?

Réponse: Il y a plusieurs points, dans votre question, sur lesquels je voudrais m'arrêter. Vous avez dit que le Président russe Vladimir Poutine avait posé une question rhétorique: "Pourquoi nos partenaires occidentaux agissent-ils ainsi? Pourquoi recueillent-ils des matériaux biologiques?" Il l'a déclaré publiquement pour que tout le monde se pose la question. Les experts connaissent très bien la réponse. Il n'y a aucune autre lecture. Les experts, les spécialistes, les représentants des services compétents savent parfaitement pourquoi et dans quel but sont recueillies les matériaux biologiques, ce que font les laboratoires biologiques. C'est pourquoi si souvent au cours de ces dernières années, pendant les conférences de presse, nous attirions l'attention sur l'activité des laboratoires biologiques situés dans les pays frontaliers de la Russie. Cela provoquait une vague de critiques à notre égard, comme quoi cela ne nous concernait pas; mêlez-vous de vos affaires; ce sont des pays souverains. Indéniablement. Et aujourd'hui nous voyons le monde entier bouleversé quand une épidémie fait rage sur le territoire d'un pays souverain. Personne ne sait comment la combattre sur le plan médicamenteux, ce qu'il faut faire pour une prévention à 100%. Par conséquent, nos interrogations étaient fondées.

La réponse à votre question concrète de savoir quelle est l'origine, comment s'est produite une telle contamination de masse, doit être donnée par les spécialistes après les recherches nécessaires. Il est impossible de répondre politiquement à cette question. C'est une question factuelle. Sinon nous deviendrons comme les politiciens britanniques tels que Theresa May, et utiliserons des termes comme "highly likely". Nous n'avons pas l'intention de le faire.

Sachant qu'indirectement, au deuxième ou troisième niveau, l'implication de pays étrangers dans la situation relative au coronavirus sur le territoire chinois est évidente. Regardez comment cette situation est utilisée dans les médias et les déclarations politiques afin de désinformer, de détériorer l'image et de saper la confiance dans la Chine. Pékin le dit en citant des faits et des informations, il le dément. Bien sûr, au deuxième et troisième niveau, l'implication de pays étrangers dans cette situation est flagrante. Et nous pouvons le dire avec certitude.

Il est temps pour la communauté internationale de se focaliser sur de tels risques et défis. Au lieu d'attraper à travers le monde des hackers russes qui n'existent pas, d'utiliser à ses propres fins des situations dans l'esprit du "highly likely", cela fait des années qu'il aurait fallu concentrer toutes les capacités et les acquis scientifiques sur ces problèmes précis.

Dans quelques jours s'ouvre la Conférence de Munich sur la sécurité. Les activités dans son cadre se déroulent sur différentes plateformes tout au long de l'année, mais l'événement principal aura lieu dans deux jours. En principe, elle doit être consacrée à ce genre de risques et défis. D'année en année, dans le cadre de la Conférence de Munich, on parle constamment d'une prétendue menace de l'Est, de la Russie. Tout cela n'est pas confirmé et devient indécent. Les gens qui spéculent sur ce thème sont des agresseurs et des accusateurs professionnels de la Russie. Ils sont subventionnés, travaillent pour de l'argent, reçoivent des thèses à promouvoir. Ils se trouvent hors du champ d'activité des personnes décentes. Néanmoins, ils sont invités et sont écoutés. Pendant ce temps, on omet de porter l'attention nécessaire aux véritables risques et défis que sont les manifestations de terrorisme, le développement de nouvelles formes d'extrémisme, les problèmes d'extrémisme parmi les adolescents, le trafic de stupéfiants, et à présent de telles pandémies qui, malheureusement, deviennent régulières (comme Ebola il y a quelques années). Ces problématiques requièrent pourtant qu'on y porte l'attention nécessaire.

Il a été annoncé récemment que le nouveau budget américain citait la Russie et la Chine parmi les menaces, et que les États-Unis voulaient allouer 700 millions de dollars pour lutter contre l'influence russe. C'est un communiqué se référant à un document officiel publié par la Maison blanche. J'ignore s'il sera mise en œuvre, mais cela a été publié par la Maison blanche. Vous imaginez quelle somme est allouée pour combattre notre pays sur le plan politique! Cet argent aurait pu servir à l'aide humanitaire, à soutenir des centres de recherche qui doivent trouver des solutions aux risques et défis de notre époque. Au lieu de cela, environ un milliard de dollars sont utilisés pour lutter contre la Russie.

Il a été récemment annoncé que le Département d’État américain avait instauré une nouvelle fonction de représentant spécial pour combattre la hausse de l'influence de la Chine à l'Onu et au sein des organisations internationales. Cela dépasse tout. Nous nous tournons de nouveau vers les origines des erreurs du début du XXe siècle, qui semblaient révolues. Non pas un représentant spécial pour les négociations, pour régler les questions complexes, pour trouver des solutions ou des consensus, mais pour faire face à tout un pays, alors que ce dernier n'a attaqué personne et a lui-même fait l'objet d'une agression. Comme l'a dit le Ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi à l'Assemblée générale des Nations unies, "la Chine est un pays de gens travailleurs et courageux", qui a des choses à proposer sur la scène mondiale. Créer un poste de représentant spécial pour faire face à un tel pays, cela dépasse la limite du bien et du mal, tout comme allouer de l'argent pour faire face à la Russie.

Question: La Russie continue d'être accusée d'enfreindre la souveraineté de différents pays. C'est ce qu'a déclaré récemment Kay Bailey Hutchison, représentante permanente des États-Unis auprès de l'Otan. Elle a déclaré que chaque pays de l'Alliance avait subi des attaques cybernétiques ou hybrides de la Russie. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

Réponse: Les ressources informatiques du Ministère russe des Affaires étrangères subissent des milliers d'attaques par jour. Quelqu'un les commet, après tout. Nous avons cité plusieurs fois l'an dernier des statistiques indiquant les pays depuis lesquels ces attaques étaient commises. Mais cela concerne seulement la géographie et ne nous donne pas un tableau de l'ensemble. Un individu peut se trouver sur le territoire d'un certain pays et commettre une cyberattaque, tout en le faisant dans l'intérêt d'autres structures, pays ou organisations.

Les déclarations selon lesquelles ces pays auraient été attaqués par la Russie nécessitent des preuves factuelles et documentées. Outre les organisations internationales, il existe des sociétés privées enquêtant sur les cybercrimes. Il est possible de les engager pour une investigation afin d'obtenir le résultat approprié. Tout ce qui est présenté aujourd'hui, sans preuves à l'appui, dans le cadre de déclarations politiques, n'est que de la propagande.

Question: Le 15 février marquera l'anniversaire du retrait de l'armée soviétique d'Afghanistan. Comment est perçue cette date aujourd'hui?

Réponse: Comme toutes les années précédentes. Notre position n'a pas changé à ce sujet. Il y a des publications officielles, je suis prête à vous les envoyer.

Question: Anton Kalinine, collaborateur de la Représentation commerciale de la Russie au Japon, a été convoqué pour faire une déposition à la police de Tokyo concernant le détournement d'informations confidentielles. Il a ignoré cette convocation et, le 10 février, il est rentré en Russie. Quelle est la position du Ministère russe des Affaires étrangères à ce sujet? Prévoit-on des actions diplomatiques de la part d'Anton Kalinine?

Réponse: Vous a-t-on demandé de poser cette question? Ou c'est une question de média? Si c'est une "passe" via les médias japonais en prévision de l'entretien du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec le Ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi, prévu à Munich, alors ce n'est pas une très bonne action de la partie japonaise - détériorer l'atmosphère avant l'entretien. Si les autorités japonaises ont des questions, elles peuvent toujours les poser via les canaux diplomatiques. Je tire cette conclusion vu la formulation de votre question. Si vous voulez demandez quelque chose se rapportant à la vie, je suis prête à entendre votre question. Mais telle qu'elle a été présentée cela montre que quelqu'un vous l'a certainement soufflée.

Quelles actions Anton Kalinine doit entreprendre sur le plan diplomatique? Que voulez-vous dire?

(Pas de réponse).

Alors j'avais raison, tout est clair.

Question: Le premier Président de l'Ukraine, Leonid Kravtchouk, a déclaré que la Russie était responsable de la guerre dans le Donbass. Il a dit notamment que la Russie avait profité des problèmes de l'Ukraine pour régler rapidement les problèmes "qu'elle portait en son sein" jusque-là.

Réponse: C'est lui aussi qui disait qu'Adolf Hitler et Joseph Staline s'était rencontrés à Lvov avant la guerre? Ne vous moquez pas de cet homme. Il est évident que cette déclaration est absurde. Il y a des acteurs dont les actions peuvent avoir une influence - des représentants spéciaux, des représentants diplomatiques, des envoyés spéciaux, des chefs d'institutions, des représentants des parties - leurs déclarations peuvent être absurdes, mais d'une manière ou d'une autre elles influencent l'agenda politique. Pourquoi parler des déclarations d'individus qui font des déclarations étranges, stupides et absurdes qui n'impactent pas l'agenda? Je ne juge pas utile de gaspiller mon temps ou le vôtre. Et s'il voyait des extraterrestres, nous devrions aussi le commenter? Il pourrait, soit dit en passant.

Question: Le 29 janvier, le Parlement estonien a soumis un projet de déclaration accusant la Russie d'aspirer à promouvoir sa vision particulière de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Ils le font visiblement après la Pologne et la Lettonie, qui ont adopté de telles déclarations. D'après vous, que peut-on faire avec cette "abomination"?

Réponse: Premièrement, constater, comme vous avez dit, que c'est une "abomination", ne pas passer à côté, avoir une réaction claire. Je vous assure que beaucoup de pays veulent mais ne peuvent pas se permettre un tel luxe - s'exprimer sur ce sujet. Il existe une discipline de bloc, la peur de représailles du "grand frère" ou la réticence à détériorer les relations avec les voisins - les problèmes sont nombreux.

Auparavant, la réaction était motivée par les vétérans qui avaient combattu contre le fascisme et le nazisme, exigeant de leurs gouvernements, partis politiques et dirigeants une réaction claire et digne. Cette génération s'en va, elle n'a plus de voix. Les enfants et les petits-enfants ne pensent pas que c'est prioritaire dans leur vie, à l'ordre du jour pour eux pour plusieurs raisons.

Parmi tout le reste, il ne faut pas oublier qu'en trente ans ces pays ont procédé à un travail intérieur pour changer l'attitude des gens envers ce thème. Ce travail a été essentiellement mené avec la jeune génération par l'intermédiaire de nouveaux manuels scolaires, une nouvelle littérature. Je me souviens très bien comment, même dans notre pays, au début des années 1990, était activement introduite la nouvelle lecture de la Seconde Guerre mondiale et de la Grande Guerre patriotique. Je me souviens qu'à la fin des années 1980-début des années 1990, des criminels, au sens premier du terme, sous des pseudonymes, publiaient livre après livre en se faisant passer pour des chercheurs. Des gens condamnés, des traîtres financés avec le même argent qui avait servi à financer des collaborationnistes, qui avaient ensuite fui en Occident, notamment pour échapper à la justice, etc. Tout cela se déroulait même dans notre pays, mais apparemment l'immunité était si forte que cette maladie n'a pas pris racine au sein de la population. Ces tentatives très puissantes ont été rejetées.

De nouvelles tentatives ont été entreprises récemment de repenser les principaux événements de la Seconde Guerre mondiale et de la Grande Guerre patriotique, le siège de Leningrad et l'exploit des habitants de la ville assiégée, en essayant de les présenter sous un angle complètement différent. Plusieurs autres moments historiques et éléments fondamentaux liés à la Seconde Guerre mondiale et à la Grande Guerre patriotique ont également été remis en question. En réalité, c'était une tentative directe de détruire notre rejet historique de la réécriture des résultats de la Seconde Guerre mondiale.

C'est pourquoi il ne faut pas passer à côté, il faut formuler des commentaires en s'appuyant sur des documents, les présenter, les numériser au maximum, les exposer, les traduire dans différentes langues étrangères, les promouvoir à titre de réponses.

Je crois qu'avant cela quelqu'un avait posé une question sur le fait que, selon nos informations, la Pologne avait une approche systémique, notamment au niveau de l’État. Oui, nous avons des informations selon lesquelles c'est au niveau de l’État qu'ont été prises les décisions de lancer une campagne spéciale pour désavouer tout ce que disait la Russie. Cette décision a été prise récemment. Je pense que cela explique la rafale d'articles en ce sens et complètement détachés de la réalité de diplomates polonais, de représentants du service diplomatique, à commencer par le ministre, ses adjoints et les ambassadeurs. Oser dire qu'en 1945 l'URSS a occupé l'Ukraine et la République du Belarus. Quand il a été déclaré qu'Auschwitz avait été libéré par l'armée ukrainienne et non l'Armée rouge, je pensais que c'était la limite, que nous n'entendrions pas de plus gros mensonge. Il y a des faits, des cartes, des photos, des chroniques vidéo. Mais quand on dit que l'URSS s'est occupée elle-même - c'est pathologique. Cela relève effectivement d'une propagande bâtie sur le principe "plus le mensonge est gros, plus de gens y croient".

Question: Quelles sont les attentes de la Russie vis-à-vis de la Conférence de Munich sur la sécurité?

Réponse: J'ai déjà dit quelles étaient nos attentes de la Conférence de Munich sur la sécurité. Premièrement, je peux dire que nous en avons. Deuxièmement, nous nous attendons à un dialogue constructif dans différents formats. Nous attendons de la productivité et de l'efficacité des rencontres bilatérales; une discussion intéressante pendant la réunion plénière - la possibilité de communiquer avec les partenaires sur les questions d'actualité. Voici les attentes que nous pouvons formuler.

 

 

 

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