12 décembre 201910:06

Interview d'Andreï Roudenko, vice-Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, au magazine Soiouznoe gossoudarstvo, publiée jeudi 12 décembre

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Question: Monsieur Roudenko, selon vous, qu'avons-nous atteint en 20 ans d'existence de l’État de l'Union?

Réponse: En effet, ce 8 décembre nous avons célébré le 20e anniversaire de la signature du Traité sur la création de l’État de l'Union. Ce dont témoignent surtout ces vingt années de construction de l’État de l'Union, c'est que l'intégration étroite apporte un effet économique palpable et influence positivement le niveau de vie des gens.

Les citoyens de l’État de l'Union sont pratiquement sur un pied d'égalité en matière de droit au travail, d'éducation, de sécurité sociale et de soins médicaux, ils peuvent choisir librement leur lieu de résidence, circuler librement - le tourisme culturel et éducatif, médical et écologique est extrêmement populaire, ce à quoi contribue l'absence de frontière entre la Russie et le Belarus. Ce n'est qu'une partie des possibilités dont profitent habituellement les Russes et les Biélorusses.

Question: En quoi l’État de l'Union pourrait devenir un exemple pour d'autres intégrations dans l'espace postsoviétique?

Réponse: Pas simplement "pourrait devenir": il l'est déjà. Les processus d'intégration russo-biélorusses ont renversé en grande partie les tendances centrifuges dans l'espace postsoviétique, sont devenus une locomotive de la formation de nouveaux formats régionaux tels que l'UEE (Union économique eurasiatique) et l'OTSC.

Les mécanismes de l'Union - le Conseil d’État suprême, le Conseil des ministres, le Groupe de haut niveau - offrent la possibilité de trouver des solutions mutuellement bénéfiques sur toutes les questions dont la couverture dépasse largement le cadre de l'UEE. Par exemple, dans le domaine de la migration de travail.

Question: Peut-on qualifier le Belarus de principal partenaire stratégique et allié de la Russie dans les conditions géopolitiques actuelles difficiles?

Réponse: Les alliés ne se divisent pas en "principaux" et "secondaires". Ils sont fiables ou non. Le Belarus est un allié fiable. Et le développement global des relations d'allié avec Minsk est l'une des priorités fixée dans la Conception de la politique étrangère de la Fédération de Russie.

Question: Peut-on dire que la politique étrangère de la Russie et du Belarus au niveau international est concertée? En quoi cela consiste-t-il?

Réponse: Bien sûr. Nos pays coordonnent étroitement leurs efforts sur les principales plateformes internationales, notamment l'Onu et l'OSCE. Cette coordination s'appuie sur les programmes d'actions concertées adoptés tous les deux ans par les États membres du Traité sur la création de l’État de l'Union. Le programme pour 2020-2021 a été signé lors d'une réunion conjointe du collège du Ministère des Affaires étrangères de la Russie et du Ministère des Affaires étrangères du Belarus à Moscou le 18 novembre dernier. Il comprend, entre autres, la promotion de nos initiatives conjointes pour le désarmement, la protection des valeurs traditionnelles, la lutte contre les falsifications de l'histoire, le néonazisme et la traite des êtres humains. Il existe une pratique unique d'échange de stages: des diplomates biélorusses viennent en stage dans nos bureaux de l'OSCE et du Conseil de l'Europe, et les collaborateurs russes dans les établissements compétents du Ministère des Affaires étrangères du Belarus.

Question: Quels thèmes de l'agenda des relations russo-biélorusses pouvez-vous souligner?

Réponse: Le dialogue russo-biélorusse est très diversifié, c'est pourquoi, selon moi, il serait incorrect de souligner des thèmes en particulier. Bien sûr, le secteur commercial et économique est un pilier primordial de notre dialogue d'allié. Mais d'autres sujets sont tout aussi importants, comme notre coopération étroite en politique étrangère ou le travail dans le secteur social visant à garantir des droits égaux pour les citoyens des deux pays. Ou encore la participation aux programmes de recherche communs de l’État de l'Union, l'interaction dans l'industrie de l'armement, le secteur spatial, pharmaceutique, la santé, la culture, l'art. C'est pourquoi ma réponse est la suivante: tous les aspects de notre dialogue, et ils sont nombreux, ont leur propre fonction et sont importants en soi.

Question: Quand, selon vous, sera signé l'accord sur la reconnaissance réciproque des visas?

Réponse: Le travail sur le texte du projet d'accord a été achevé en novembre 2018. Les autorités russes ont accompli les procédures nationales nécessaires pour sa signature. Dès que nous obtiendrons l'information sur leur accomplissement de la part des autorités biélorusses, ce document pourra être signé. Nous espérons que cela se produira prochainement - cet accord crée une base pour le franchissement légal de la frontière russo-biélorusse par des citoyens étrangers et est dans l'intérêt des deux pays. Il apportera une véritable contribution à la création d'un espace migratoire commun.

Question: Vous rendez-vous souvent au Belarus? Vous y sentez-vous comme chez vous?

Réponse: Je me suis rendu plusieurs fois à Minsk et dans d'autres villes biélorusses. Mes impressions sont des plus positives, ce à quoi a grandement contribué l'hospitalité biélorusse traditionnelle dont je suis très reconnaissant.

Question: Que pouvez-vous souhaiter aux citoyens de l'Union entre la Russie et le Belarus à l'occasion du 20e anniversaire de l’État de l'Union?

Réponse: Je leur souhaite ce que je souhaite à mes amis proches: à toutes les familles russes et biélorusses du bien-être, de la santé et du bonheur. Et de se rappeler toujours de notre histoire commune, des victoires communes et des aspirations communes: garantir une vie pacifique et prospère à nos petits-enfants.

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